Bonjour, bonjour ! Voici donc le 11e chapitre de En parallèle. Eh oui, le temps passe vite et quand je vois tout ce qu'il me reste encore à publier, je me dis que cette histoire n'est pas prête de se terminer. ^^

Ce chapitre est un peu particulier, car beaucoup plus "guimauve-drôle" que les précédents. Il y a aussi une bonne composante d'humour, qui n'est pas sans rappeler (pour ceux qui connaissent...) la série Sherlock et une de fic que je lui avais consacrée : Tea Time in London. J'ai essayé de faire quelque chose de pas trop OOC - je ne sais pas trop ce que ça vaut.

En tout cas, merci à tous mes lecteurs, anonymes ou revieweurs : c'est chouette de se savoir lue ! Un merci et une dédicace particuliers aux fidèles, pour leurs petits mots du chapitre 10 : Loukas-E-Stark, Siffly, CuteSnake Earfalas et So-DarkCorleone. C'est toujours aussi plaisant d'écrire pour vous ! ;)

Bonne lecture !


Sugar, please ?...

Manoir Xavier, comté de Westchester. – Un après-midi de septembre 1962.

Il s'étire un instant, fait craquer ses cervicales. L'entraînement a été rude. Violent. Tant mieux ; c'est comme ça qu'ils les aiment. La psychologie, ce n'est pas son truc. Il laisse ça à Charles. Lui, il les pousse dans leurs derniers retranchements – à la limite de leurs pouvoirs. Pour qu'ils voient que la limite n'existe pas. Qu'on peut toujours aller plus loin.

Il s'étire encore ; il aura des courbatures, ce qui est plaisant. Charles le sermonnera, car se dépenser sans méthode, juste pour oublier n'est pas une solution. Sans blague. Ensuite, Charles (la bonté incarnée, si prévisible) aura un sourire – ce sourire. Il le forcera à s'asseoir. N'importe où. Sur une chaise, un fauteuil, une table ; mais de préférence, dans la bibliothèque, leur endroit de paix. Il le fera asseoir et lui massera la nuque. Il lui dira en riant qu'il devrait se ménager, que les jeunes sont jeunes et que… de toute façon, Charles ne finira pas sa phrase – il ne la finit jamais ; un coup d'avertissement dans les côtes coupera son élan.

Il sourit. C'est ce que Charles à l'habitude de faire, s'occuper des autres. S'occuper de lui. Ce qui, malgré sa volonté à vouloir nier, à vouloir y échapper, n'est pas si déplaisant. – Alors, il le laissera faire. Parce que c'est la nature de Charles.

Les jeunes le dépassent en riant. Ils ont été… ils sont de mieux en mieux. Plus confiants. Plus habiles. Ils s'acceptent et avancent. Le Hurleur a été épatant, Hank impressionnant, et Raven... Mystique. Son admiration pour elle ne cesse de grandir. Elle s'accepte et avance ; elle devient forte ; elle… et lui ? – Il tâche d'oublier, ce qui est illusoire. Il l'a dit à Charles. Sans entrer dans les détails. Vouloir étouffer sa vengeance ne sert à rien ; c'est comme un coffret empoisonné qu'on jette dans un puits. Un jour, le coffret pourrit et le venin se répand.

Il presse le pas. Un seule chose compte : un jet d'eau chaude. Il arrive à sa chambre. Celle de Charles est en vis-à-vis. Il a la main sur la poignée – une pensée l'arrête.

« Erik. »

Il déteste quand il fait ça. – Non. C'est faux. – Non, c'est vrai. C'est… trop. Trop intime, trop tendre. Trop. Ses doigts tremblent.

« Charles. Pas là-dedans. Nous étions d'a… »

« Tu ne m'aurais pas entendu. J'ai besoin de toi. »

Inquiétude.

« Pourquoi ? »

« Entre. S'il te plait. »

La chambre de Charles. Il entre.

« Un problème ? J'allais prendre une douche. L'entraînement a été… »

Il s'arrête. Charles est à son bureau, le grand bureau de noyer devant la fenêtre. La tête dans les mains. L'air… – en trois pas, il est derrière lui.

« Qu'est-ce qu'il y a ? une migraine ? Je t'avais dit de ne pas… »

Il essaie de contrôler sa voix, de contrôler ses mains, de contrôler ses craintes. C'est dur. Il sait que Charles peut lire en lui, même sans ses pouvoirs. Rien qu'à son intonation. L'autre hoche la tête, las. Devant lui, des piles d'ouvrages, ouverts, fermés, marqués de signets, retournés. Des brouillons froissés, une machine à écrire, stylo, bloc-notes. Schémas, notes, théories avortées… l'élaboration complexe d'une réflexion qui lui échappe. – Et une tasse à thé japonaise. Vide.

« Oxford ? »

Il risque l'hypothèse. Charles travaille toujours comme professeur, en plus de sa collaboration officieuse avec la CIA. Il a à cœur de défendre la cause mutante, sur le terrain qui lui a toujours réussi : celui de l'intellect.

« Un nouveau projet. J'y planche depuis l'aurore. C'est… hm… long – et fastidieux. Mais ça avance. Je crois. »

La voix est rauque d'avoir peu servi aujourd'hui.

« Tu as mangé ? On ne t'a pas vu à midi. Raven a dit que tu… »

« Nnh. Pas faim. »

« Pas le temps. Je dois rendre ça bientôt. »

Les yeux de Charles brillent d'excitation. Mais sa peau est pâle Erik grogne :

« Tu aurais dû faire une pause. Sortir. L'épuisement va miner tes défenses. Ce n'est pas… responsable. »

« Et toi, tu n'aurais pas dû t'amuser autant avec les jeunes. Ne dis pas le contraire. Tu as déjà des courbatures. – Alors, qui n'est pas responsable ? »

Il y a un sourire dans la voix, alors Erik finit aussi par sourire. Il ne lui reproche même pas d'être dans sa tête.

« Je m'incline. Qu'est-ce que tu voulais ? »

Charles jette un coup d'œil à la tasse.

« Du thé. – La théière est sur le réchaud, près de l'entrée. Tu veux bien… ? »

Erik cligne des yeux.

« Du thé. Tu m'as détourné de la douche pour. Du thé. »

« S'il te plait. J'ai soif. »

« Tu pourrais lever tes fesses. »

« Tu contrôles le métal. La théière est en argent. Vois ça comme un entraînement. »

« Je ne risque pas de me battre souvent contre une théière. »

« Sait-on jamais… »

Il y a toujours le sourire dans la voix, alors Erik obtempère. – La prochaine fois, il lui fera payer. Du thé. Non mais.

xXxXx

Manoir Xavier, comté de Westchester. – Un après-midi de septembre 1962.

Il étouffe une exclamation de victoire. Sur son bureau, fac-similés, microfilms, monographies et rapports divers. Un bloc de brouillon y est presque passé, il a failli jeter la machine à écrire par la fenêtre… mais il touche au but. – Et surtout, il n'avouera pas à Erik que le thé n'est qu'un prétexte, et qu'il aime étrangement sentir son odeur après un entraînement.

La théière s'approche avec une évidente mauvaise foi… mais il y a un sourire dans le regard de l'Allemand, alors tout va bien. La tasse fume. Il va partir – Charles le retient.

« Erik. »

« Quoi, encore ? »

Le sourire est toujours là.

« Du sucre, s'il te plait ?... »

Silence. Sucrier en approche. Puis :

« Charles. »

« Hmm ? »

« Tu me dois un massage. »

Cette fois, le télépathe a de la peine à se contenir. Trop facile. – Un massage. Charles y comptait bien.


Voilà la fin... qui arrive encore trop tôt, allez-vous me dire ! Mais j'aime le suspens et j'aime être machiavélique (un petit côté Magneto, je pense... ^^). Quoiqu'il en soit, je vous promets la suite tout bientôt, avec un chapitre plus sombre : un chapitre de cauchemar, un chapitre de peur et de tendresse... et d'un rapprochement encore plus certain ! ;)

À bientôt !

Syriel.