Et voilà le onzième chapitre ! Il me plait assez, je dois l'avouer, j'ai pris plaisir à l'écrire autant la première partie que la seconde. J'espère que vous serez sensibles aux descriptions et aux jeux de regards qui sont, selon moins, importants dans un texte où l'amour est à l'honneur.

Vous vous êtes dépassés en commentaires, comme en vues. Le chapitre précédent a explosé les compteurs et je vois que nous sommes peu à peu rejoints par de nouveaux lecteurs, j'en suis ravie. Je vous laisse donc avec la réponse aux commentaires anonymes :

Lili Orya : Merci ! Contente que ça t'ai plu.

Claire : Il gère la fougère le Drago !

Delph : Oh oui j'aurai aimé aussi haha !

Ella-Zabini : En effet, l'allusion à la mère Noël m'a effleuré l'esprit, mais c'était de trop j'ai trouvé ! Merci pour ton commentaire, je te laisse découvrir comment se passe le rendez-vous !

Liyly : Oui un petit rapprochement, il fallait bien que ça arrive. A voir comment ça va se passer haha.

Karine : Drago est un roublard, ne l'oublions pas ! Pour le baiser, il faudra lire le chapitre du jour pour savoir où on en est !

Et surtout, bonne lecture !


Le temps avait paru interminable pour Drago. Après avoir quitté l'école, il était rentré chez lui et avait commencé à se préparer. Il avait choisi des vêtements élégants mais décontractés – c'était ce que faisaient les copains, non ? – il s'était douché, lavé les cheveux avec le shampooing à la fleur d'oranger qu'Hermione appréciait tant et s'était brossé consciencieusement les dents. Il avait ensuite enfilé son jean et sa chemise aussi grise que l'étaient ses yeux, et avait méticuleusement lassé ses chaussures. Moins d'une heure après, il était déjà prêt à partir Chez Merlin, soit exactement deux heures avant l'heure du rendez-vous.

Drago essaya de s'occuper l'esprit autant que possible, en vain. Il tourna les pages d'un vieux livre sans en lire le contenu, rangea quelques factures, lu son courrier – chose qu'il n'avait pas faite depuis des jours – rangea son appartement… Là encore, le temps sembla lui jouer des tours, car cela ne lui prit qu'une trentaine de petites minutes. Quand dix-huit heures sonnèrent, n'y tenant plus, il prit son manteau et transplanna chez Blaise. Son meilleur ami serait sa meilleure distraction en attendant que dix-neuf heures sonnent enfin. Quand il arriva devant la porte, il frappa deux coups secs et entra immédiatement sans attendre qu'on lui ouvre.

Il regrette presqu'immédiatement son geste quand il aperçut un bout de poitrine d'un blanc laiteux qui n'appartenait à personne d'autre qu'à Pansy Parkinson, totalement nue assise sur le comptoir de la cuisine. Drago ferma immédiatement les yeux au moment où Pansy prenait la parole.

─ Ah, te voilà enfin, roucoula-t-elle. J'ai une surprise pour toi.

De toute évidence, c'était Blaise qu'elle espérait voir arriver dans la cuisine. Drago posa une main sur ses yeux et entra à tâtons dans la cuisine, un sourire à peine dissimulé suspendu aux lèvres.

─ Désolée Pans' mais mon cœur est déjà pris.

Pansy laissa échapper un petit cri de surprise, et Drago l'entendit se rhabiller en hâte. Quand il rouvrit les yeux, elle avait enfilé une robe de chambre en soie noire très élégante.

─ Très drôle, Malefoy, grogna-t-elle en se rasseyant sur le bar. Qu'est-ce que tu fiches ici ?

Drago ne put s'empêcher de sourire et de la regarder d'un œil tendre. Elle était belle et altière, drapée dans sa soie et sa dignité. Elle avait conservé des escarpins vertigineux et était divinement bien maquillée. Sur le comptoir, à côté d'elle, deux verres de cristal n'aspiraient qu'à être emplis d'un vin rouge presque noir qui devait valoir aussi cher qu'une montre en or, provenant du sud de la France.

─ Qu'est-ce qu'on fête ? demanda finalement Drago en s'installant sur une des chaises haut perchées qui bordaient le bar.

─ Rien du tout, répliqua Pansy, boudeuse.

─ Eh bien, qu'est-ce que c'est quand vous avez quelque chose à fêter alors ? répondit Drago avec un sourire entendu.

Pansy leva les yeux au ciel et ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire. Elle resserra légèrement sa robe de chambre autour de sa gorge et soupira d'un air las.

─ Bon, puisque tu es là, je vais remettre cette bouteille dans la cave.

─ Tu n'as qu'à nous en servir un verre. Pour fêter…

─ Je t'ai dit que nous ne fêtions rien de spécial, grogna Pansy.

─ Vous peut-être, mais moi oui. Ce soir, je sors. J'ai rendez-vous avec Hermione chez Merlin à dix-neuf heures. Entre copains.

Pansy siffla d'admiration et jeta un coup d'œil à sa montre.

─ Et on n'est même pas à la moitié du mois. Chapeau ! dit-elle avec un sourire en coin.

Elle s'empara de la bouteille de vin et leur servit deux verres généreux. Drago s'empara du verre à pied et le fit légèrement teinter contre celui de Pansy.

─ A ton rencard avec Granger, dit-elle d'un air solennel.

─ Entre copains, ajouta Drago.

Il ne fallait pas précipiter les choses.

─ Ouais, entre copains, ricana Pansy en avalant une gorgée de vin. Blaise et moi aussi, on se voyait entre copain. Et regarde comment ça s'est fini ?

─ Complètement nue sur un comptoir ?

─ Exactement !

Ils éclatèrent de rire et avalèrent une nouvelle gorgée du vin millésimé. Il était excellent. Ses arômes glissèrent sur sa langue avec langueur, et il se surprit à le trouver plus sucré qu'il ne l'avait pensé. Au moment où il allait proposer à Pansy d'en resservir un verre, la porte s'ouvrit et Blaise apparut dans la cuisine. Il les regarda alternativement avec des yeux surpris.

─ Qu'est-ce qu'on fête ? demanda-t-il finalement.

Pansy et Drago se regardèrent et échangèrent un large sourire avant de raconter à Blaise ce qu'il venait de se passer ces quelques dernières minutes. Afin de ne pas froisser son meilleur ami, ni sa meilleure amie d'ailleurs, Drago ne prit pas la peine de mentionner qu'il avait aperçu le bout d'un sein de Pansy, et se contenta de leur raconter en détail comment s'était déroulée sa mission d'infiltration sous l'identité du fils du Père Noël.

Quand il fut dix-huit heure cinquante-cinq, il décida d'abandonner ses amis et de transplanner discrètement dans la rue adjacente à Chez Merlin – qui était, contrairement à ce que son nom pouvait le laisser penser, un restaurant moldu. Drago était de ceux qui aimaient être légèrement en avance. Cela lui permettait d'évaluer la situation et de garder le contrôle. Il ajuste le col de sa chemise, et enfonça les mains dans les poches avant de s'adosser au mur en face du restaurant, de cette manière il serait sûr de la voir arriver.

Comme il s'y était attendu, Hermione arriva pile à l'heure, au moment même où l'on pouvait entendre Big Ben sonner sept coups. C'était pour ainsi dire la ponctualité incarnée. En matière d'organisation, le couple Malefoy-Granger avait toujours fonctionné à merveille. Entre Drago, le maniaque du contrôle et Hermione qui était en permanence stressée par les dates de ses examens, à Poudlard, ils faisaient la paire tous les deux.

Hermione arriva devant la porte du restaurant, et regarda un bref instant autour d'elle. Son regard se posa presqu'instantanément sur Drago, comme si ses yeux étaient irrémédiablement attirés vers lui. Il la regardait, lui aussi. Ou plutôt, il la dévorait du regard. Elle n'avait pas fait d'efforts particuliers – du moins était-ce l'impression qu'elle voulait donner, car Drago qui l'avait connue par cœur, autre fois, remarqua immédiatement quelques détails qui auraient pu paître insignifiait aux yeux des simples mortels. Elle avait son bracelet porte bonheur, celui que lui avaient offert ses parents avant qu'elle ne passe ses ASPIC's, elle avait légèrement recourbé ses cils, et portait un rouge à lèvre tout juste rosé qui rendaient ses lèvres plus pulpeuses, plus séduisantes. Quand Drago s'approcha, il huma son parfum avec délice, parfum qu'elle n'avait pas mis pour aller travailler. Enfin, elle portait de ravissantes boucles d'oreille en aigue-marine, qui accrochaient la lumière et rendaient son visage plus lumineux qu'il ne l'était déjà.

─ Salut, souffla-t-il avec un sourire.

─ Salut, répondit-elle.

Ils se regardèrent de longues secondes sans un mot. Comme s'ils appréhendaient ce qui allait se passer. Pour la première fois depuis bien longtemps, ils allaient se retrouver en tête à tête sans que personne ne vienne les déranger. Drago la vit frissonner, et il poussa doucement la porte.

─ Rentrons avant que tu ne perdes un orteil, proposa-t-il simplement.

Elle ne se le fit pas dire deux fois, et Drago lui emboîta le pas à l'intérieur. En semaine, le restaurant n'est pas bondé, et l'ambiance cosy qui y régnait était d'autant plus agréable qu'elle n'était pas brisée par un brouhaha incessant de clients. Quelques tables étaient déjà prises, et la toute jeune serveuse les mena vers une table ronde dans un coin de la pièce. Celle-ci était joliment décorée de luminions, de guirlandes lumineuses, et de boules de noël suspendues au plafond, tandis qu'un magnifique sapin scintillant de mille feux achevait de magnifier le décor de Noël.

─ C'est ravissant, murmura Hermione en regardant tout autour d'elle. C'est…

─ Magique, répondit Drago avec un sourire.

Tout gentleman qu'il était, il tira la chaise d'Hermione et l'aida à s'installer, avant de prendre lui-même place face à elle. Quand ils furent installés, ce fut la gérante de l'établissement, Mrs. Merlin qui vint leur apporter leur carte. Elle les reconnut immédiatement et leur adressa un large sourire maternel.

─ Tiens donc, dit-elle d'une voix enjouée, cela faisait longtemps qu'on ne vous avait pas vu par ici.

Hermione rougit légèrement, tandis que Drago, s'occupait de répondre aimablement.

─ Ah, vous savez, les aléas de la vie, Mrs. Merlin. Mais nous sommes bien décidés à goûter votre meilleur vin ce soir. Et votre meilleur plat.

Il lui adressa un sourire charmant, et Mrs. Merlin, bien qu'à l'aube de la soixantaine, ne put s'empêcher de glousser comme une adolescente. Elle lui tendit la carte avant de repartir dans l'arrière-salle, non sans un ultime regard en direction de Drago qui n'avait déjà plus d'yeux que pour Hermione.

─ Tu lui as toujours fait de l'effet, dit Hermione d'une voix distraite en jetant un coup d'œil à sa carte.

Drago posa sa propre carte sur la table et regarda Hermione qui s'obstinait à ne pas lever les yeux.

─ Vraiment ? répondit-il d'une voix neutre.

─ Oui. A elle et à toutes les autres, ajouta-t-elle en faisant un geste de la tête en direction de la jeune serveuse qui les avait installés.

En effet, celle-ci était derrière le comptoir et jetait des regards insistant dans leur direction à chaque fois que l'occasion se présentait. Quand Drago croisa son regard, elle rougit mignonnement avant de détourner la tête et de glousser de manière très peu discrète. Drago eut un sourire amusé avant de reposer son regard argenté sur Hermione, toujours plongée dans sa carte.

─ Je devrais peut-être aller leur dire alors, dit-il simplement.

─ Quoi donc ?

─ Que je ne suis pas un cœur à prendre.

Il posa immédiatement ses yeux sur sa carte, tandis qu'Hermione relevait prestement la tête pour le regarder. Cette fois-ci, c'est lui qui fuyait ses œillades. Il ne voulait pas qu'elle le réprimande et lui rappelle une énième fois qu'ils n'étaient là qu'entre amis. Et puis de toute façon, Drago ne regrettait pas ce qu'il venait de dire. C'était la vérité, et tant pis si cela ne plaisait pas à Hermione.

Mrs. Merlin revint pour prendre leur commande. Elle avait remis du rouge à lèvres entre temps.

─ Et comment va Mr. Merlin ? demanda Hermione légèrement agacée.

Elle trouvait indécent le comportement de la gérante du restaurant. Elle n'était pas censée connaître leur histoire et Hermione était plus que consciente du fait qu'ils avaient l'air d'un couple. En tout cas ils l'avaient été. D'autant plus qu'à son âge, et toute mariée qu'elle était, Mrs. Merlin n'avait semblait-il pas la moindre chance de s'attirer les regards de Drago.

─ Bien, répondit Mrs. Merlin. Il est en cuisine pour vous mijoter de bons petits plats. Vous avez choisi ?

─ Oui, répondit Drago. Je t'en prie, Hermione, commence.

─ Un risotto aux champignons…

Mrs. Merlin commença à écrire.

─ Sans échalotte, précisèrent simultanément Hermione et Drago.

Drago eut un sourire.

─ J'y suis allergique, ajouta Hermione. Et un pavé de saumon.

─ Quant à moi, je prendrai l'entrecôte de bœuf saignante, et sa poêlée de légumes d'automne.

Mrs. Merlin acheva de noter, et Drago ajouta à la commande une bouteille de leur meilleur vin – qui serait sans doute bien fade à côté de celle que Pansy avait ouverte un peu plus tôt, mais qui ne pourrait être délicieux, puisque bu en très charmante compagnie.

─ Tu t'en es souvenu ? dit Hermione avec un sourire timide.

─ Bien sûr, répliqua Drago d'un air faussement outré et dédaigneux. C'est d'ailleurs la méthode que j'utiliserais pour te tuer, si ça devait arriver un jour.

Hermione eut un petit rire tout juste audible. C'était un son carillonnant que Drago n'avait pas eu le loisir d'entendre depuis bien longtemps. Et il n'était que trop heureux d'être l'instigateur de ce rire. Voilà une soirée qui commençait bien. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle se terminerait encore mieux.


Ce chapitre se divise donc en deux parties. D'une part, une Pansy nue chez Blaise qui attend le retour de son amant mais qui se retrouve en tenue d'Eve avec son meilleur ami. J'ai adoré écrire ce passage, c'était vraiment drôle. J'espère que vous avez trouvé ça sympa aussi !

Ensuite, la seconde partie avec cette bonne Mrs. Merlin qui n'est pas insensible aux charmes de Drago. Si Hermione veut se convaincre que c'est juste ce manque de politesse qui l'agace, gageons qu'une braise de jalousie somnole encore au fond de son cœur.

Des idées pour la suite du repas ? Si l'une de vos idées me plait, je la mettrai dans le chapitre suivant haha ! A demain pour de nouvelles aventures.