Ooo, Dollop Head, prends soin de toi et guéris vite ! Oui, Kilgarrah c'est le grand 8 à lui tout seul... et j'adore le personnage d'Arthur ! C'est un vrai régal ! (j'aurais tant aimé qu'il m'appartienne, mais non... XD, alors tant que ça ne dérange pas la BBC que je l'emprunte... ! je me fais plaisir avec !). Ma : le voyage à dos de dragon de notre duo préféré, c'est quelque chose que je voudrais absolument voir dans la série ! Ce serait anthologique ! Julie : malheureusement, je ne vais pas réunir les 4, je ne peux pas à cause de la suite de mon intrigue... par-contre, je promets que Morgana et Gwen se reverront à un moment donné ;). Legend : hé oui, notre bon vieux Kilg est aussi un grand enfant, il ne refuse jamais une bonne partie de rigolade ! J'adore ce dragon (et tous les dragons en général ;)) Clia : c'est suite à ton com que j'ai inséré ce petit passage entre Morgane et Arthur, belle suggestion qui a fait plaisir à tout le monde !

Voilà la suite... une scène Merlin/Mordred que je n'avais pas prévue à l'origine, mais qu'il m'a semblé important d'ajouter... J'attends vos reviews avec impatience (surtout par rapport à quelque chose que vous allez apprendre dans ce chapitre !)

CHAPITRE 10

Les paroles d'Alator flottaient dans l'esprit de Merlin. Peu avant le départ du Catarre, Merlin lui appris qu'il s'était trompé sur Solel, puisque le jeune chevalier avait sauvé Arthur à Eastfold...

«Il l'a sauvé aujourd'hui, mais qui sait ce qu'il fera demain ?» lui avait répondu le Catarre.

Depuis, Merlin réfléchissait.

Quel était ce champ de bataille en chaos qu'avait vu Alator ? Pourquoi le jeune chevalier était-il le seul survivant du combat de sa vision ? Qu'est-ce qui avait permis à Alator d'estimer que les intentions de Solel à l'égard d'Arthur pouvaient être troubles ? Se pouvait-il qu'Alator ait entrevu le destin ?

Le destin était une chose étrange.

Bien qu'il ne soit supposément pas gravé dans la pierre, certaines visions tendaient à se réaliser inéluctablement... Merlin ne le savait que trop bien, c'était pourquoi il refusait de regarder dans l'avenir. Mieux valait ne pas chercher à apprendre certaines choses à l'avance... au risque de vivre dans la peur qu'elles ne viennent à se réaliser et de les faire advenir malgré soi.

Kilgarrah avait l'habitude de dire que les visions étaient un cadeau, et une chance de modifier l'avenir... Mais l'expérience que Merlin en avait faite jusqu'ici tendait à démontrer qu'elles représentaient plutôt une manière d'y faire contribuer à leur insu ceux qui les recevaient. Ironiquement, c'était en essayant de tout faire pour éviter qu'un évènement se produise qu'on finissait par le faire arriver. Merlin se souvenait de la manière dont il avait précipité les envies de meurtre de Morgane à l'égard d'Uther en la poussant dans les escaliers... Si elle n'avait pas entendu le Roi avouer qu'il était son père, aurait-elle décidé de le tuer aussi vite ? Ensuite, il lui avait fourni l'arme du crime, en se moquant d'Arthur et de la dague qu'il voulait lui offrir pour son anniversaire. Les filles aiment les bijoux, avait-il dit en riant, et le simple couteau de chasse s'était transformé en précieux poignard... De la même manière, regarder dans le cristal de Neathid ne l'avait pas empêché de délivrer Kilgarrah, qui avait attaqué Camelot. A quoi bon se torturer en regardant le futur ? Comment condamner quelqu'un pour quelque chose qu'il n'avait pas encore fait ?

Les gens ne pouvaient porter la responsabilité que des actes qu'ils avaient déjà posés...

Aujourd'hui, Solel avait sauvé la vie d'Arthur en se jetant devant lui pour être poignardé à sa place... Seul un cœur sincère pouvait aller sans réfléchir au-devant d'un tel sacrifice, voilà ce que savat Merlin.

Mais il avait besoin d'être certain de cette sincérité...

Il finit par se lever aller rendre visite à Solel. Après avoir été renvoyé au château, le jeune chevalier avait été emmené dans ses appartements par Gauvain lui-même, qui avait passé une bonne partie de la soirée à le veiller. Arthur l'avait visité avant de se coucher pour s'assurer qu'il se rétablissait bien Solel était alors profondément endormi il n'avait pas ouvert les yeux une seule fois depuis son retour à Camelot du fait du contre-coup du sort de guérison qui avait été utilisé sur lui...

Merlin se glissa dans sa chambre en silence et vint s'asseoir à son chevet.

Jusqu'ici, il n'avait pas eu beaucoup de contacts avec le jeune chevalier, et il avait du mal à s'imaginer de quelle manière aborder la conversation qu'il avait besoin de lancer avec lui.

C'est pourquoi il resta longuement silencieux à le regarder plongé dans son sommeil. Solel avait un visage d'une grande noblesse et d'une grande innocence. Il y avait à la fois quelque chose d'adulte, et quelque chose d'enfantin dans ses traits. Sa physionomie parfaite, couplée à sa grande jeunesse, lui valait l'adoration de la Cour toute entière elle ne risquait pas de s'amoindrir après son acte de bravoure d'aujourd'hui. Merlin savait qu'Arthur voyait en Solel l'image du jeune homme sans peur et sans hésitation qu'il avait été autrefois... Quand Merlin regardait le jeune homme, il se sentait troublé, parce que Solel lui faisait penser à quelqu'un, mais il aurait été incapable de dire de qui il s'agissait...

Après un long moment, Merlin posa la main sur le bras du chevalier et le secoua doucement.

Solel s'éveilla en sursaut, une expression de terreur inscrite sur ses traits.

Puis il se détendit subitement et secoua la tête en reprenant son souffle.

-Excuse-moi de te réveiller, lui dit Merlin. J'avais besoin de te voir. Je ne voulais pas t'effrayer.

-Ce n'est pas de toi que j'ai eu peur, dit Solel, en portant instinctivement la main à son cœur pour toucher sa blessure. L'espace d'un instant j'ai cru voir cet assassin face à moi...

Il regarda le bandage qui lui entourait le torse, puis, leva les yeux sur Merlin, d'un air incertain.

-Est-ce que... c'est toi qui m'a guéri ? lui demanda-t-il.

Merlin hocha la tête.

-Aucune médecine n'aurait pu te sauver. J'ai été forcé d'utiliser la magie. J'espère que ça ne t'ennuie pas.

-Comment cela m'ennuierait-il ? dit Solel. Sans toi... je serais mort.

Il disait ces mots avec incrédulité, comme s'il n'arrivait pas à croire que Merlin l'ait guéri.

-J'ai une question à te poser, dit Merlin. J'aimerais que tu me dises la vérité.

Il prit une inspiration, entendant encore Alator murmurer : la magie converge vers lui... Il pouvait percevoir ces remous à présent, tout autour de Solel. Il demanda :

-Est-ce que tu es un magicien ?

La vérité, c'était que Mordred avait paniqué quand ses yeux s'étaient ouverts sur le visage de Merlin. Il avait imaginé qu'Emrys avait découvert la vérité à son propos en le guérissant, ou peut-être, par la suite, peut-être en l'entendant parler dans son sommeil. Il n'avait pas peur qu'il puisse percevoir ses pouvoirs, parce qu'il s'était enchanté lui-même de telle sorte que son bouclier de protection masquait leur puissance à tout le monde. Mais il craignait de s'être trahi stupidement, d'une manière ou d'une autre, après avoir mis tant de soin à dissimuler son secret.

Il s'était raidi en prévision d'une attaque magique.

Mais le regard de Merlin était presque implorant tandis qu'il lui posait cette question, et le jeune druide comprit qu'il n'avait aucune preuve de ce qu'il avançait.

Il se demanda alors ce qu'il devait lui répondre.

Merlin... l'avait guéri.

Mordred laissa cette pensée faire son chemin en lui. Merlin le traître, qui l'avait livré aux soldats pour se débarrasser de lui alors qu'il n'était encore qu'un enfant, venait de lui sauver la vie.

Peut être existait-il une chance... pour qu'ils se réconcilient ? Après tout, Merlin avait rattrapé, par son comportement des dernières semaines, tant des erreurs qu'il avait commises de par le passé. Il n'était peut-être pas le parfait héros mais il n'était pas non plus si exécrable...

Et Mordred se sentait si las des mensonges et des faux semblants.

Aujourd'hui, il avait été prêt à se sacrifier pour sauver Arthur, un acte de foi qu'il ne regrettait pas un instant...

Et en ce moment, il aurait aimé, plus que tout, pouvoir répondre «non» à la question de Merlin tout en étant sincère. Parce qu'il ne pouvait pas répondre «oui» sans que les conséquences n'en soient terribles pour lui. Il était certain que s'il le faisait, il serait chassé, ou pire... et il ne voulait pas quitter Camelot. Pas après avoir vu ce qu'Arthur en avait fait... Mais il ne pouvait pas répondre «oui»... N'est-ce pas ? A moins que... ?

L'espace d'un instant, la tentation fut là, bien présente.

Oui, je suis un magicien, Merlin, un magicien puissant qui cache ses pouvoirs... Te souviens-tu de ce petit druide que tu as tant hésité à faire évader des cachots de Camelot il y a de cela des années ? C'était moi. J'ai grandi, depuis lors, mais bien que tu n'aies pas reconnu mon visage, je porte toujours le même nom. Mordred.

Il tenta de se représenter la réaction de Merlin : surprise ? colère ? peur ? reconnaissance ?

Il n'arrivait pas à se décider.

Il aurait tant voulu pouvoir lui avouer sa véritable identité...

Il aurait tant aimé pouvoir être accepté en tant que Mordred.

Il lui aurait révélé qu'il était venu à Camelot pour les détruire, lui et Arthur; qu'il était celui qui avait enchanté l'épée dans la salle du Conseil pour faire croire à tout le monde que Merlin était un assassin qu'il était celui qui avait soufflé au Roi de n'accepter son retour qu'à condition de lui faire subir les Rites, parce qu'il avait voulu se venger de lui en le privant de sa magie. Il lui aurait dit qu'il avait réalisé ses erreurs, et qu'il avait fini par changer d'avis.

Comme il aurait été soulagé, d'avouer tous ces crimes qui pesaient sur sa conscience à quelqu'un, et comme il aurait voulu, que Merlin soit capable de lui pardonner toutes ces ténèbres...

Mais au fond de lui, il se souvenait de la manière dont Emrys l'avait fait trébucher, ce jour-là, dans la forêt, bien qu'il ne soit qu'un enfant... et il savait que si ces mots franchissaient ses lèvres, il perdrait tout : son armure de chevalier, son siège à la table ronde, la confiance d'Arthur, tout ce qui lui était cher, tout ce à quoi il avait commencé à se raccrocher, tout ce qui lui avait rendu l'espoir en ce monde.

Merlin pourrait peut-être lui pardonner tout le mal qu'il lui avait fait à lui. Mais il était une chose qu'il ne lui pardonnerait jamais : Mordred avait tué Gaïus. Il l'avait étranglé son cœur vaillant dans son sommeil avec les doigts glacés de sa magie pour le forcer à s'arrêter de battre, parce qu'il savait que perdre Gaïus serait un enfer pour Merlin. S'il confessait tout ce qu'il avait fait d'autre, tôt ou tard, Merlin finirait par découvrir ce crime-là... et alors...Mordred perdrait tout ce qu'il possédait.

Il sentit son cœur se glacer d'horreur, et il prit sa résolution.

Personne à Camelot ne saura jamais que je suis magicien. Personne à Camelot n'apprendra jamais que j'ai été Mordred un jour.

A voix haute, il dit :

-Non. Non, je ne suis pas un magicien.

-Pourquoi as-tu hésité avant de répondre ? demanda pensivement Merlin.

-Parce que... bien que je n'ai pas de pouvoirs moi-même, mon père en avait, mentit Mordred. Malheureusement, il n'utilisait pas les siens pour le bien, contrairement à toi.

Merlin hocha la tête.

-Je comprends, dit-il.

-Il est mort quand j'étais très jeune, reprit Mordred. C'a été une délivrance. Ma mère et moi... nous étions terrifiés par lui.

-Je suis désolé, dit Merlin.

-Tu n'y es pour rien, répondit Mordred. C'est moi qui suis désolé... pour m'être montré si méfiant envers toi. Je pensais que tu n'étais pas digne de confiance. Mais tu as maintes fois prouvé que tu n'utilisais tes pouvoirs que pour le service d'Arthur, et uniquement pour faire le bien.

Merlin sourit, et hocha la tête.

-Tu étais prêt à donner ta vie pour lui. Peux-tu me dire... pourquoi ?

-Parce qu'Arthur a raison. Dans l'amour qu'il porte à son peuple, dans la vision de paix dont il tente de faire une réalité, et dans sa volonté de prouver que la magie n'est pas mauvaise. Arthur a raison, et je crois en lui. Je le crois capable de réconcilier l'inconciliable, et de changer le monde.

-Moi aussi, dit Merlin, avec un sourire, en posant une main chaleureuse sur le bras de Mordred.

-Comme tous ceux qui le suivent, dit Mordred en lui rendant son sourire.

-Pardonne-moi... d'avoir douté de toi, Solel, dit Merlin avec un soupir soulagé. Et aussi, de t'avoir réveillé... Maintenant, rendors-toi. Les sorts de guérison sont fatigants, tu dois te reposer... et reprendre des forces.