CHAPITRE 11 :

Yann regarda Kévin et ses yeux larmoyant reflétaient tant de sentiments qu'il se senti mal quelques secondes, mal de lui avoir dit tout cela, de lui faire ressentir ses peurs, ses doutes. Mais jamais il n'avait été aussi sûr de ses sentiments pour quelqu'un, et lui qui n'était pas doué pour exprimer ce qu'il éprouvait, avait enfin eu le cran de mettre son cœur à nu.

Il vit Kévin se pencher vers lui afin de remonter son corps à son niveau, et lui déposer un baiser presque hésitant sur les lèvres. Ses lèvres ; qu'il chérissait tant et dont il ne pouvait se passer, et chaque contact de leurs corps lui provoquait des sensations que jamais il n'avait ressenti.

Il était enfin heureux, épanoui auprès de son ange basque qui avait le don de toujours le mettre en valeur, sur un piédestal, ce qui avait parfois tendance à le déstabiliser car il n'avait jamais encore été confronté à un amour inconditionnel comme Kévin lui procurait.

Mais si le bonheur avait un nom, il ne doutait plus que ce soit celui de son mari. Sa vie était là, devant lui, il ne pouvait qu'en profiter, elle lui tendait les bras, et il n'avait plus qu'à se laisser glisser dans cette étreinte qui lui souriait et qui l'attendait, lui et son amant.

Kévin se redressa et leurs regards en osmose, il prononça ces trois mots que jamais Yann n'aurait pu imaginer entendre de la part de quelqu'un.

Kévin : Je t'aime

Le ton de cette simple phrase le fit frémir, et un sourire étira ses lèvres. Kévin avait vraiment le don de le transporter. Il l'embrassa de nouveau avant que leurs bouches ne se défassent dans un regret.

Kévin : Je vais prendre une douche.

Il se leva mais jeta un petit regard à Yann qui voulait tout dire.

Kévin : Rejoins-moi.

Puis il se dirigea vers la salle de bain, buvant encore les paroles prononcées par son mari quelques minutes plutôt. Jamais Yann n'avait ouvert son cœur à ce point, et une telle marque d'amour de la part de son mari lui fit chaud au cœur, avant que les larmes ne se mettent, enfin, à couler.

Il mit le jet de la douche en route avant de s'inviter dessous et de laisser son corps se relaxer et ses larmes se confondre avec les gouttes. Jamais ils n'avaient reparlé de ce qui s'était passé entre eux après la sortie du coma de Yann, jamais ce dernier n'avait encore osé mettre de mots sur leur rencontre, sur leur relation, et il se sentit tout à coup libéré. Libéré de cette pression qu'il s'efforçait à endurer pour son mari, pour ne pas le gêner devant ses collègues, devant ses amis, pour ne pas l'accabler de sentiments. Mais après ce soir, il savait qu'il pourrait enfin être libre de l'aimer comme Yann devait l'être.

Kévin sentit deux mains enlacer sa taille et ferma les yeux avant qu'un frémissement ne parcours son corps au contact des douces lèvres de Yann sur son cou, qui continua à lui déposer de petits baisers furtifs mais remplis de douceur. L'eau coulant sur son corps parcouru d'un désir flamboyant ruisselait dans un torrent de gouttes que Yann ne pouvait s'empêcher de lécher. Kévin rejeta sa tête en arrière contre le cou de son mari, se laissant porter par les sensations diverses qu'il ressentait. Les mains de Yann tout d'abord, qui se mouvaient sur son ventre, sur ses hanches, sur son torse, et la douce torture que lui infligeaient ses lèvres si habiles et si tendres.

Il sentit Yann se coller encore un peu plus contre lui avant de sentir le désir de son mari se frotter avec passion et délicatesse contre ses fesses. Il ne put retenir un petit gémissement d'envie, avant qu'une de ses mains ne trouve la chevelure humide de son compagnon et ne s'y accroche avec ardeur, comme pour lui faire sentir ce dont il avait envie. Son autre main vint se poser au creux des reins de Yann, qui ne put réprimer à son tour un soupire de bonheur.

Il se senti retourner violemment, avant que ses yeux croisent les prunelles vertes émeraude dans lesquelles il aimait tant se noyer et leurs regards se figèrent, tout comme leurs caresses. Le temps sembla s'arrêter tout comme le monde autour d'eux. Ils se redécouvraient, comme à chaque fois. Et comme à chaque fois, leurs cœurs s'accélérèrent de par cette proximité faussement gênante qui les transportait dans un univers unique, LEUR univers.

Les gouttes d'eau sur le torse musclé de Yann, les frissons sur la peau de Kévin, ces sensations nouvelles mais communes, ces regards chargés d'éclairs passionnés qui s'échangeaient dans la tempête de leurs corps emportés par le désir irrépressible l'un de l'autre, et comme toute nouvelle excitation inconnue, ils se jetèrent l'un sur l'autre, goutant, léchant, étreignant le corps qui n'était pas le leur comme s'il était un fruit défendu, redécouvrant les zones érogènes qui permettaient d'entendre ces petits sons de plaisir qu'ils se provoquaient mutuellement. Et sans jamais se quitter, ils entamèrent un balai de leurs corps inassouvis et rongés par l'avidité et le désir d'être lié à l'unisson. Leurs mains trouvèrent leurs sexes douloureux et se mirent à les étreindre presque fortement, dans une envie de donner à l'autre tout le plaisir que l'un ressentait. Leurs mouvements, rapides. Leurs respirations, saccadées par le plaisir, le désir qui s'offrait à eux sous cette chute d'eau si propice à leur envie, et enfin, ils se donnèrent l'un à l'autre, leurs deux corps s'emboitant à la perfection pour ne faire plus qu'un. Un seul corps lié par la passion, le désir, l'amour qui les unissait et qui faisait d'eux un seul et même être.