Bonjour à tous ! Me voilà de retour de vacances, et donc voilà le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira, je me suis bien amusée à l'écrire ^^ Sinon je tiens à vous prévenir que le prochain chapitre sera également posté en retard (je repars en vacances, à Londres - je vais voir King's Cross ! - ce qui signifie donc pas d'ordi et pas d'écriture et pas de chapitres ... mais je pense qu'il sera là mardi prochain, le 25 donc ;)).

Petite réponse au reviews (enfin, à la review) :

Adenoide : Merci pour ta review ! j'aime beaucoup ta remarque à propos d'Hermione, elle m'a fait mourir de rire x) effectivement, je suis assez d'accord, Hermione est quand même une de ces gentilles qui pense qu'elle n'aura jamais à tuer, et que les pouvoirs de l'amour et de l'amitié vaincront à la fin ^^ enfin, son innocence est quand même quelque chose qu'on apprécie chez elle, il faut bien un peu d'optimisme quelque part, avant qu'elle ne sombre à son tour dans ce monde cruel ^^ A bientôt ;)

Je crois que c'est tout, bonne lecture !


« - Les septièmes années, dépêchez-vous ! On n'a que deux heures, et beaucoup de choses à faire !

Trainant les pieds, la vingtaine d'élèves suivit le professeur d'Histoire de la Magie à l'intérieur de la salle de classe. Ce cours était commun aux Gryffondors et Serdaigles, et les deux maisons étaient relativement mélangées dans la salle. Harry et Ron s'installèrent comme à leur habitude au dernier rang, regrettant le temps où ils pouvaient dormir pendant que Binns débitait son cours d'une voix monotone. Au contraire, Jeanne Lambert était énergique, et surtout catastrophée par le niveau de ses élèves, ce qui pour eux ne signifiait qu'une chose : ils allaient devoir travailler – beaucoup travailler.

Au premier rang, Hermione était assise à côté de Lisa Turpin, une Serdaigle qui passait autant de temps à étudier qu'elle, ce qui créa leur amitié. Les deux filles bavardaient à voix basse tout en sortant leurs plumes et parchemins qu'elles positionnèrent précautionneusement devant elle, sous le regard blasé de leurs camarades. Le silence revint rapidement dans la salle quand le professeur Lambert, qui avait disparu quelques minutes derrière son bureau à la recherche de ses copies, réapparut, ramenant une mèche folle derrière son oreille. Les élèves, qui avaient eu le temps de remarquer son manque d'organisation, eurent un sourire amusé.

« - Bien, commença-t-elle. Je vais vous rendre le devoir que je vous ai donné la semaine dernière. Terry, Piètre. Mandy, un Piètre également. Michael, …

L'avalanche de mauvaise notes continua, allant de Désolant à Piètre. Hermione laissa échapper un gémissement d'horreur quand elle reçut sa copie, surmontée d'un Acceptable – la meilleure note jusqu'à présent.

« - Padma, Piètre. Parvati, Désolant – vous passerez me voir à la fin du cours d'ailleurs. Sally-Ann, Désolant. Harry, Désolant également.

Il haussa les épaules.

« - Ça ne me change pas d'avec Binns, chuchota-t-il à son voisin.

Celui-ci ne répondit pas, figé sur sa copie avec un air horrifié.

« - Troll … Hermione va me tuer, gémit-il.

Harry faillit éclater de rire, mais un regard de son professeur l'en dissuada.

« - Bien, je n'ai pas besoin de vous dire que vos résultats sont catastrophiques. Je vais devoir reprendre le programme depuis le début. Nous allons donc étudier aujourd'hui les origines de la magie, poursuivit-elle en écrivant le titre du cours au tableau. Qu'est-ce que vous attendez pour écrire ? s'étonna-t-elle en se retournant.

Plus ou moins rapidement, les élèves se saisirent de leurs plumes, et commencèrent à griffonner sur leurs parchemins.

« - Très bien, qui peut me dire à quelle époque remontent les premières traces de magie connues ? Anthony ?

« - A l'Antiquité grecque ? hésita le Serdaigle.

« - C'est à cette époque que les premières baguettes magiques ont été créées, oui, mais ce serait oublier les premières formes de magies. Oui Hermione ?

« - Vous voulez parler de la magie des elfes de maison ?

« - Les créatures magiques utilisent en effet une magie différente de la nôtre, mais ce n'est pas exactement de ça que je voulais parler. Les rituels magiques utilisés par les prêtres de l'Egypte ancienne se pratiquaient sans baguette c'est également le cas des civilisations sud-américaines, les Mayas par exemple.

« - Mais la magie n'était pas la caractéristique principale de ces civilisations, les Moldus y étaient majoritaires, objecta Lisa Turpin.

« - C'est exact. Mais avant la création du Code International du Secret Magique – quelqu'un peut me donner sa date exacte ? Padma ?

« - 1692, Madame.

« - C'est exact, 5 points pour Serdaigle. Je disais donc qu'avant la création de ce code, sorciers et Moldus vivaient en bonne entente, du moins durant l'Antiquité, les choses se sont gâtées durant le Moyen-âge, mais nous verrons cela un autre jour.

Étouffant un bâillement, Ron nota la date sur son parchemin. Depuis que les sabliers avaient été fondus en un seul, il ne voyait pas l'intérêt de faire gagner des points à sa maison, et personne n'était pénalisé s'il en perdait. Harry ne supportait pas de l'entendre dire ça, mais rien ne l'empêchait de le penser. Il jeta un rapide coup d'œil au parchemin de son voisin, soupirant en se rendant compte qu'il avait manqué un paragraphe complet.

« - Toute l'histoire de la magie est fondée sur cette magie primitive. Ce qui différencie un sorcier d'un Moldu – vous le verrez plus en profondeur avec ma collègue – est la manière dont cette magie primitive influe sur notre organisme. Voyez, poursuivit-elle en dessinant un rapide schéma au tableau, un sorcier concentre une infime partie de cette magie brute dans son sang – oui Hermione ?

« - Ce n'est qu'une théorie, avança prudemment cette dernière.

Le professeur Lambert secoua la tête.

« - Non, de nombreuses études ont été menées sur la magie durant la dernière décennie, et l'analyse d'échantillons de sang de sorciers et Moldus ont menés à cette conclusion, même si nous ne savons pas exactement à quel niveau cette magie primitive se fixe dans l'organisme. La concentration de magie brute dans le sang, reprit-elle d'une voix forte, est la base de notre magie, et révèle la puissance d'un sorcier : notre baguette nous permet en effet de canaliser cette force brute, pour faire simple je dirais qu'elle transforme cette énergie en une magie travaillée qui nous permet d'utiliser des sorts complexes.

« - C'est pour ça qu'utiliser la magie nous fatigue ! comprit Morag McDougal.

« - Exactement, sourit-elle. Quand vous lancez un sort, vous utilisez votre énergie corporelle plus le sort sera puissant, plus la fatigue sera importante. Pour revenir à notre sujet : cette magie brute, qui coule dans les veines de chaque sorcier, se trouve également à l'état naturel. Si vous réfléchissez un instant, vous verrez que, de même que les hommes possèdent ou non de la magie, certaines créatures sont dites magiques – Hermione nous parlait tout à l'heure des elfes de maison – tandis que d'autres – par exemple, un hibou – ne possèdent aucune caractéristiques magiques. Le même raisonnement peut s'appliquer aux plantes.

« - Mais Madame …

« - Oui, Neville ?

« - Si l'on suit votre raisonnement, la magie brute, quelle que soit la manière dont elle soit arrivée dans les premiers organismes, se transmet avec la descendance mais comment cela se passe pour les plantes ? Est-ce que cette magie brute peut également se trouver dans l'air, ou dans le sol ? Dans l'eau peut-être ?

« - C'est une excellente question, Neville, cinq points pour Gryffondor. Nous avons longtemps cru que cette magie primitive était un élément que l'on retrouve dans l'air, mais des études menées au dix-neuvième siècle ont montré qu'elle était présente en une quantité trop faible dans l'air pour influencer la nature d'un être vivant. Avec les progrès de la science Moldue, et leurs découvertes sur la nature du sol terrestre, de nouvelles études ont été menées, ce qui a abouti à la découverte de veines de magie pure. Ces veines se croisent en certains points stratégiques, donnant naissance à ce que nous appelons des nœuds magiques.

A l'énoncé de ce terme, Hermione se redressa, se souvenant qu'Aileen avait évoqué des nœuds magiques lors de leur première rencontre.

« - L'emplacement de Poudlard n'a pas été choisi au hasard les Fondateurs l'ont placé ici en raison d'une forte intensité magique dans l'atmosphère, et après avoir sondé le sol, un nœud magique a été trouvé à l'emplacement exact du château. C'est également le cas d'autres sites hautement magiques dans le monde, comme Stonehenge par exemple. Connaissez …

La cloche retentit à ce moment là, interrompant le professeur. Sans plus attendre, les élèves jetèrent pêle-mêle leurs affaires dans leurs sacs, se dirigeant vers la sortie avant même que la sonnerie ait fini de retentir.

« - Je veux trente centimètres de parchemin sur les veines et nœuds magiques pour la prochaine fois ! eut à peine le temps de crier Jeanne Lambert avant que les premiers élèves ne quittent la salle.

Quelques secondes plus tard, celle-ci était vide. Seule Parvati, debout devant le bureau, attendait avec une moue ennuyée que son professeur lui explique pourquoi elle voulait la voir. En quelques mots celle-ci lui expliqua qu'elle comptait sur elle pour prendre les cours pour Lavande, qui était toujours à Ste Mangouste, dans un état critique. La jeune fille hocha la tête, et disparut aussi rapidement que ses camarades. Jeanne Lambert soupira puis, d'un rapide mouvement de baguette, effaça le tableau, remit un peu d'ordre sur son bureau, avant de se diriger vers la porte où les premiers élèves commençaient à arriver.

« - Les deuxièmes années, je vous attends ! lança-t-elle.


« - Hermione !

La jeune fille ralentit le pas, se tournant vers le garçon qui avait dû courir pour la rattraper. Lee Jordan s'arrêta dans un léger dérapage, appuyant ses deux mains sur ses cuisses pour reprendre son souffle.

« - Tu n'as pas vu Georges ? Je le cherche depuis cinq minutes, expliqua-t-il.

La jeune fille haussa un sourcil incrédule. Il l'avait vraiment arrêtée pour lui demander ça ?

« - Non, je n'ai pas vu Georges.

« - Bon, tant pis, soupira-t-il. Sinon, il n'y a pas une réunion de l'Ordre ce soir ? Elle est à quelle heure ?

« - Maintenant. Et on est en retard, dépêche-toi !

Lee écarquilla les yeux, avant de suivre la jeune fille qui se hâtait vers le quatrième étage, où l'Ordre du Phénix avait installé ses quartiers. La salle d'histoire de la magie avait dû être déplacée, mais au vu du grand nombre de salles inutilisées dans le château, personne n'y avait trouvé à redire. Les deux adolescents franchirent avec soulagement la porte de la salle, Hermione rejoignant Harry qui lui avait gardé une place au premier rang, tandis que Lee retrouvait Georges avec soulagement – celui-ci était simplement à l'heure.

Après la mort de son jumeau, beaucoup avaient craint que Georges ne sombre dans une léthargie profonde dont personne n'arriverait à le tirer mais la perspective de se battre contre Voldemort, et de venger son frère lui donnait la force de continuer, au grand soulagement de sa famille, qui espérait néanmoins que son désir de vengeance ne le consume pas. Se détachant de Georges, Hermione balaya la salle du regard, les lèvres pincées – Ron était encore une fois en retard. Il finit par arriver, quelques secondes avant que Kingsley ne prenne la parole.

« - Bien, je crois que nous sommes au complet, commença-t-il.

Ron, assis au dernier rang à cause de son retard, ne put s'empêcher de remarquer qu'ils étaient nombreux, voire très nombreux. Comptant rapidement le nombre de personnes présentes dans la salle, il parvint à un total de quatre-vingt-dix-huit personnes. Puis, il se rendit compte que la forte carrure de son frère Charlie lui cachait deux personnes, mais que Katie Bell avait changé de place pour discuter avec Olivier Dubois, et il recommença à compter depuis le début, ce qui le mena à un total de cent-trois personnes. Laissant tomber ses calculs, il en conclut qu'il y avait une centaine de personnes dans la salle, et qu'il avait manqué la moitié du discours de Kingsley.

« - Voilà pour la situation actuelle. Concernant la bataille à venir, je vous laisse venir vous enregistrer auprès d'Hestia Jones, qui se chargera d'organiser les équipes. S'il y a le moindre problème, n'hésitez pas à lui en parler ou à me trouver. Merci.

Il descendit de la petite estrade, sous l'œil médusé de Ron, qui n'avait rien compris à ses dernières paroles. Il attrapa Charlie par le bras avant que celui-ci ne se glisse dans la file d'attente qui commençait à se former devant le bureau occupé par Hestia, lui demandant rapidement de lui expliquer la situation. Celui-ci, comprenant que son cadet n'avait rien suivi, entreprit de lui résumer le discours de Kingsley en quelques mots.

« - Kingsley nous expliquait que les Mangemorts ne sont pas très actifs en ce moment, seulement des assassinats isolés de nés-Moldus ou de sorciers mariés à des Moldus – enfin, de tous ceux qui n'entrent pas dans leur idéologie. Par contre, le recrutement se fait de plus en plus actif, jusqu'en plein Chemin de Traverse – d'ailleurs, je pense que c'est Mondingus qui lui a donné cette info, il passe tellement de temps à fouiner dans des endroits peu recommandables que personne ne fait attention à lui, et personne n'imaginerait qu'il puisse faire partie de l'Ordre. Bref, reprit-il en remarquant que son frère commençait à s'impatienter, n'appréciant guère ses digressions, Kingsley en a parlé avec les membres les plus hauts placés de l'Ordre, et ils ont décidé d'une attaque éclair dimanche – tu comprends, il faut prendre les Mangemorts par surprise, et comme son entrainement commence à porter ses fruits, il pense que les Mangemorts fuiront rapidement, surtout les nouveaux. Reprendre le contrôle du Chemin de Traverse serait une grande avancée pour nous, et cela rassurerait les gens sur le fait qu'on est toujours vivant, et que notre action n'est pas inutile.

Tout en parlant, Charlie avait entraîné son frère dans la file d'attente, où tous les membres de l'Ordre s'étaient placés sans hésiter, et leur conversation se perdait dans le brouhaha ambiant. Souriant, Ron, qui n'avait pu s'empêcher de décrocher une fois qu'il avait compris l'essentiel du discours de Kingsley, écoutait avec nostalgie son frère parler. Charlie avait toujours été son frère préféré, plus que les jumeaux qui passaient leur temps à l'embêter, que Bill qui se comportait comme un deuxième père pour lui, où que le trop sérieux Percy. Au contraire, Charlie était toujours discret, préférant le jardin au salon trop bruyant. Mais pour Ron, qui l'avait toujours admiré et savait l'écouter, Charlie savait se montrer bavard, parfois même trop. Reconnaissant soudain la tignasse brune de son ami, Ron se retourna brusquement.

« - Harry ! Tu t'en vas déjà ?

« - J'étais au premier rang, j'ai pu m'inscrire en premier, se moqua-t-il. D'ailleurs, Hermione te cherche, et je crois qu'elle est en pétard – qu'est-ce que tu as encore fait ?

Le rouquin réfléchit une seconde, cherchant ce qu'il avait bien pu faire pour énerver sa petite amie, sous le regard narquois de son frère. Lui tapotant l'épaule avec compassion, Harry s'éloigna, ne respirant que lorsqu'il parvint dans le couloir. Il appréciait de plus en plus la solitude cette année, au contraire de Ron qui ne supportait pas d'être seul un instant. Il haussa les épaules, et s'apprêta à se diriger vers l'escalier, mais son geste à peine amorcé mourut brutalement quand il reconnut la personne appuyée contre le mur, face à la porte.

L'air détaché, comme à son habitude, Aileen attendait, comme si elle savait qu'il allait sortir à cet instant précis, ne doutant pas une seule seconde qu'il s'arrêterait auprès d'elle. Harry hésita un instant, la tentation de passer devant elle sans s'arrêter étant forte, mais ses jambes refusèrent de lui obéir, et il se retrouva devant elle, à marmonner un vague « bonjour ».

« - Tu m'évites depuis une semaine, Harry.

Son ton était froid, ne laissant aucune émotion transparaître, et Harry eut la très nette impression que se déplacer pour lui parler était un effort pour elle, et qu'elle attendait qu'il lui en soit reconnaissant. Il ne l'était pas, mais devait avouer qu'il appréciait qu'elle ait fait le premier pas.

« - Ne faites pas semblant d'être étonnée.

Elle lui sourit, et il eut l'impression que ce sourire était sincère. C'était un bon début.

« - Je pense qu'une petite discussion s'impose, lâcha-t-elle. Accepterais-tu de m'accompagner ?

Il acquiesça, la suivant docilement dans le couloir. Il s'en voulait d'être aussi faible, mais cette femme dégageait une telle aura d'autorité qu'il était incapable de lui dire non.

« - Je sais que tu es vexé, et à vrai dire, je crois que je peux le comprendre, reprit-elle, voyant qu'il ne semblait pas décidé à prendre la parole.

« - Non, vous ne pouvez pas comprendre, la coupa-t-il. Vous voyez, le grand drame de ma vie, c'est que personne ne s'est jamais intéressé à moi. Je sais ce que vous allez me dire, que je suis bien ingrat de me plaindre, que tout le monde m'adule, que j'ai des amis, et que beaucoup de gens s'intéressent à moi, mais c'est faux. Que ce soit Dumbledore, ou n'importe lequel des adultes que j'ai connu dans ce monde, tout le monde ne s'intéresse qu'à Harry Potter, Celui-qui-a-survécu, le Survivant, l'Élu. Mais Harry, juste Harry, qui s'intéresse à lui ? Vous avez raison, je n'aurais pas du être aussi vexé. Je devrais avoir l'habitude d'être utilisé. Mais ça fait toujours aussi mal.

Un silence plana, laissant son discours planer dans les couloirs. Contrairement à ce qu'il avait imaginé, Aileen ne parut pas surprise par sa déclaration.

« - Tu as tort, Harry. Il y a des gens qui s'intéressent réellement à toi. Les Weasley seront toujours là pour toi, et même si tu n'avais pas été l'Élu ils auraient été là pour toi. Ron et Hermione sont là pour toi. Ne doutes pas des gens ainsi. Tout le monde n'est pas Dumbledore. Je sais qu'il a toujours fait passer le bien du plus grand nombre avant son bien personnel, et il a fait de même pour toi sans te consulter. Tu as le droit de lui en vouloir, et je ne serai pas la première à le défendre. Mais tout le monde n'est pas lui.

« - Vous êtes comme lui, souffla-t-il.

« - C'est vraiment ce que tu penses ?

« - Ce n'est pas ce que vous m'avez dit ? objecta-t-il.

« - J'ai choisi d'être franche avec toi, parce que trop peu de gens le sont réellement. Oui, je veux tuer Voldemort, et oui tu es le seul à pouvoir le faire. Et je serai à tes côtés jusqu'à la fin. Mais après tout, suis-je la seule dans ce cas ? Toute la population magique d'Angleterre n'attends qu'une chose, que tu les débarrasses du tyran sans qu'ils n'aient à souffrir. Moi, je te propose de me battre à tes côtés, de souffrir à tes côtés, pour qu'un jour Harry, juste Harry puisse exister. Car tu sais comme moi que tu ne seras jamais libre tant qu'Il vivra.

« - Et après ? Est-ce qu'un jour, j'aurai seulement le choix ?

Sa voix se brisa alors qu'il dévoilait ce qui le hantait le plus : cette peur de n'être jamais vraiment lui.

« - Tu feras ce que tu veux. Tu peux les laisser jouer avec toi. Devenir l'effigie du Ministère, ou au contraire prendre les choses en main et devenir le Ministre. Tu peux tout laisser tomber pour faire du Quidditch, ou devenir un grand Auror. Tu peux faire ce que tu veux, Harry. Je sais que tu es assez fort pour choisir ce que tu veux devenir. Aie confiance en toi.

Leurs pas les avaient menés devant une porte, au deuxième étage, qu'Aileen ouvrit sans la moindre hésitation. Il devina qu'ils se trouvaient à ses appartements, et se sentit un peu stupide de n'avoir jamais pensé qu'elle puisse avoir une chambre dans le château. Elle y rentra, avant de ressortir quelques secondes plus tard, un livre à la main.

« - Pourrais-tu le rapporter à la bibliothèque pour moi ? Je n'ai pas très envie de croiser du monde, ce soir.

Il acquiesça et elle referma la porte, un léger « Bonne soirée, Harry », flottant encore dans l'air. Il resta figé un instant, les yeux comme aimantés à la couverture de l'exemplaire de l'Histoire de Poudlard qu'elle venait de lui passer. Il le retourna et, apercevant un bout de papier dépasser d'entre les pages, il tira dessus afin de le récupérer. C'était une photo, en noir et blanc. Un couple valsait, et il resta de longues minutes à les regarder tourner et tourner, encore et encore. Il reconnut sans peine Aileen comme étant la danseuse, mais son cavalier restait de dos et il n'arrivait pas à apercevoir son visage. Il la retourna, cherchant un indice. Une simple date était inscrite, d'une écriture ancienne, comme effacée par le temps : 31 décembre 1946. Il ne savait ce qu'il devait comprendre, et encore moins s'il voulait comprendre. Glissant la photo dans une poche de sa robe, il prit la direction de la bibliothèque, le cœur battant au rythme de son unique certitude : il découvrirait le secret d'Aileen.


Jouant des coudes pour se frayer un chemin à travers la foule qui envahissait le couloir, Blaise Zabini se permit un soupir de soulagement en atteignant enfin l'escalier. A la fin de chaque heure de cours, les couloirs s'emplissaient d'élèves, formant un bouchon compact, et la présence de nombreux membres de l'Ordre du Phénix qui circulaient toujours au mauvais moment n'arrangeait rien au problème. Perdu dans ses pensées, il traversa le hall en longeant les murs, puis percuta de plein fouet un élève à l'arrêt.

« - Tu peux pas faire attention ! s'exclama-t-il en direction de l'importun.

Luna Lovegood, qui étudiait rêveusement le sablier géant ayant remplacé les sabliers des quatre maisons, ne sembla pas l'écouter, perdue dans sa contemplation.

« - Tu ne trouves pas ça beau ? demanda-t-elle soudain, faisant tressaillir le jeune homme qui avait commencé à la contourner.

« - Si, si, marmonna-t-il, mal-à-l'aise, comme à chaque fois qu'elle lui adressait la parole. Reste pas là, tu vas être en retard en cours.

Elle haussa les épaules, sans pour autant bouger. Levant les yeux au ciel, il s'éloigna, en direction de la bibliothèque. Il n'avait jamais été un élève studieux, se contentant d'assurer le minimum de travail nécessaire, et préférant s'amuser avec sa promotion de Serpentards. Mais Drago, Théodore, Gregory et Vincent étaient des Mangemorts, Daphnée en voulait à la terre entière, Pansy s'inquiétait continuellement pour ses amis, et Tracey avait rejoint l'Ordre du Phénix. Il était seul, et sa dissertation d'Etude des Moldus s'annonçait comme sa seule distraction.

Pénétrant dans la bibliothèque, il soupira en se rendant compte que toutes les tables étaient occupées. Il laissa tomber son sac à côté de la seule chaise libre, faisant sursauter la seule occupante de la table.

« - La bibliothèque est pleine, se justifia-t-il immédiatement en sentant son regard se poser sur lui. Sinon je ne me serais jamais installé en face de toi.

« - Je n'ai rien dit, lâcha simplement Hermione Granger, avant de se replonger dans son parchemin.

Il en resta abasourdi. C'était tout ? Pas de cris, pas d'insultes ? Pas d'éclairs dans les yeux ? Se rendant compte qu'il devait avoir l'air ridicule, à rester planté à côté de sa chaise, il s'assit, sortant ses affaires, et se mit au travail. Après un quart d'heure de travail silencieux, la voix d'Hermione s'éleva soudain.

« - Je t'ai vu, tu sais.

« - Quoi ?

En un sens, il était rassuré. Une Hermione Granger silencieuse, et respectueuse de son espace de travail était définitivement trop bizarre pour lui.

« - Hier, à la réunion de l'Ordre. Personne ne t'a vu, mais moi je sais que tu étais là, appuyé contre la porte.

Il ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche, ne sachant que répondre.

« - Tu viendras ? Tu te battras à nos côtés ? demanda-t-elle, avec une telle confiance qu'il se sentit en colère sans comprendre pourquoi.

« - Non, je ne viendrai pas, siffla-t-il.

« - Pourquoi ? Je sais que tu n'es pas comme eux. Tu ne veux pas de leur monde.

D'un geste rageur, il rassembla ses affaires, les laissant tomber dans son sac.

« - Tu ne sais rien, ni de moi, ni d'eux.

« - Apprends-moi.

Deux mots, tout simples, qui le frappèrent plus qu'il ne l'aurait imaginé. Elle voulait vraiment l'aider. Elle croyait encore qu'elle pourrait sauver tout le monde, à commencer par lui. Attrapant son sac par la lanière, il le bascula sur son épaule, quittant la bibliothèque à grands pas.


Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Ce chapitre était plus long que ce que j'avais prévu, j'étais inspirée ^^

Alors, qu'en avez-vous pensé ? Est-ce que vous aimez Jeanne Lambert, et ses cours d'Histoire de la Magie ? Des idées sur l'identité d'Aileen ? Quelqu'un a remarqué les indices que j'ai laissé sur elle ? Est-ce que vous aimez Blaise ? Des idées sur son rôle dans l'avenir ? Est-ce qu'à vous aussi Hermione vous semble trop naïve ? Bref, j'attends vos avis !

Bonne lecture à tous, et à bientôt pour la suite ! (question bonus : une chocogrenouille à celui qui devinera de quoi parlera le prochain chapitre ! :p)