J'étais allongé sur le divan, Alice était au dessus de moi en appui sur ses bras. Je sentais son souffle effleurer ma peau. Ce que nous nous apprêtions à faire nous allions sans doute le regretter mais aucune de nous ne voulaient s'arrêter. Nos lèvres entrèrent en contact et ce fut comme si le monde s'arrêta de tourner. Je n'entendais plus les "tic tac" de l'horloge au dessus de nous, je ne m'entendais plus respirer, j'avais même presque du mal à m'entendre penser.
Elle décolla son visage du mien et me regarda. Je passai aussitôt mes mains derrière sa nuque et exerçai une légère pression sur son cou pour qu'elle se rapproche de moi et que nos lèvres ne fassent de nouveau plus qu'un. Mon esprit cessa de fonctionner normalement, le monde n'existait plus, il n'y avait plus que elle et moi. Peu m'importait Edward, peu m'importait que Alice soit une fille, soit un vampire, je voulais profiter du moment présent, j'étais bien, je souhaitais que le temps n'avance plus.
Malgré le danger, j'entrouvris mes lèvres dans l'espoir que le baiser s'éternise. Alice répondit à ma demande et suivit le mouvement. Elle me suçotait les lèvres, je lui mordillais les siennes. Elle déplia ses jambes et posa délicatement sa taille contre la mienne, de telle sorte que tout ce qui se trouvait en dessous de sa ceinture fut collé contre moi. Cette position n'étant pas très adéquate, elle détendit ses bras et plaqua son buste contre le mien. Puis nos langues entrèrent en contact. Je m'attendais à ce qu'à l'instar de son frère, elle recule essoufflée et se plaque contre un mur, mais rien n'en fut. Il y eut juste son souffle qui s'accéléra et elle continua de m'embrasser. La sensation de ses lèvres contre les miennes n'avait rien de comparable à ce que je ressentais lorsque j'embrassais Edward. C'était beaucoup plus intense, beaucoup plus chargé en sensation, je dirais même, beaucoup mieux. Sa bouche était glacée mais tout mon corps était en ébullition. Mon cœur avait du mal à suivre le mouvement et battait de façon anarchique. C'était si puissant et si violent que je ne pensais plus aux remords que je pourrais avoir par la suite. Doucement nos mains commencèrent à se désengourdir et à se déplacer. Les miennes vinrent se poser sur les hanches de Alice et les siennes caressaient mes joues et mes cheveux. Ses mains, toutes aussi froides que ses lèvres, me firent ressentir comme une sensation de brûlure tellement le contraste entre la froideur de sa peau et la chaleur de la mienne était fort. Elle arrêta de respirer, par mesure de sécurité encore une fois, sûrement. Mais cela n'entrava pas la tâche qu'elle était en train d'accomplir. Elle lâcha quelques instants mon visage pour venir m'embrasser dans le cou. Je dus lutter pour retenir un soupir. Mais elle ne tarda pas à revenir capturer mes lèvres.
C'était tellement agréable, je n'avais jamais rien vécu de tel. Chacune de ses caresses me faisaient partir un peu plus, chaque pression de ses lèvres contre ma peau me rendaient folle et m'électrocutaient. Lorsque sa main descendit en effleurant mon bras pour arriver jusqu'à mon ventre je me sentis défaillir. Je commençais à perde pied. J'avais l'impression que je quittais mon corps. Dans un faible mouvement de survie je décollai ma bouche de celle de Alice et m'étouffai presque en reprenant mon souffle. Elle se recula et s'assit à côté de moi pour me laisser respirer et me regarda reprendre mes esprits sans dire mots. J'étais tellement gênée par ce qu'il venait de se passer que je n'osais pas regarder Alice, ni lui parler. Heureusement elle rompu le silence.
— Ça, ça va Bella ?
— Oui... Je crois.
— On devrait redescendre, les autres vont s'inquiéter.
— Et on leur dit quoi ? Ils vont forcement se demander pourquoi on a mit autant de temps.
— Eum... On a cas leur dire que tu ne t'es pas sentie bien, que tu avais la tête qui tournait et que tu t'es allongée un peu.
— D'accord...
— Par contre, il faut qu'on se calme avant de revenir les voir, parce que sinon Jasper va sentir nos émotions.
Fichus pouvoirs... Pouvoirs ! Je me rappelai que Alice aussi possédait un don et ne je ne pus m'empêcher de lui poser une question.
— Nous deux, tu nous avais vu ? Dans tes visions je veux dire.
Elle n'eut pas le temps de répondre que quelqu'un frappa à la porte. Cette personne entra avant même qu'on ne bouge pour aller lui ouvrir. Esmé passa la porte.
— Ça va Bella ?
— Euh oui, oui ! J'avais juste la tête qui tournait un peu et j'ai demandé à Alice de rester pour me tenir compagnie au cas où, mais c'est bon maintenant je vais redescendre !
— Ne te force pas, je te ramène chez toi si tu veux.
— Non, non ! Merci, mais ça va aller !
Elle me sourit et je me levai dans l'intention de descendre. Mais mes jambes n'étaient pas de cet avis. Aussitôt debout que je retombai sur le canapé. L'émotion m'avait scié les jambes.
— Alice ? Tu la portes jusqu'en bas, je vais dire à Edward de préparer sa voiture pour la ramener.
— D'accord Esmé.
Je me sentais vraiment bête. Alice hésita puis appela sa mère.
— Esmé !
— Oui ? répondit cette dernière dans l'embrasure de la porte.
— Je peux te demander un service sans que tu ne poses de questions ?
— Bien sûr.
— S'il te plaît, demande à Jasper et Edward de quitter le salon et de ne pas aller dans le garage. Ne leur dit pas, mais c'est pour qu'ils ne croisent pas Bella et pour qu'ils ne puissent pas exercer leur don sur nous. Je vais la reconduire.
— Je veux bien, mais Edward va vouloir voir Bella ne serait-ce que pour lui dire au revoir.
— S'il te plaît...
— Bon, je vais essayer, mais tu connais ton frère, il est têtu.
— Merci...
— Tu joues toujours la carte de la sécurité ? demandai-je à Alice quand Esmé fut parti.
— Dans l'état où nous sommes, c'est vraiment plus prudent. Sauf si bien sûr cela ne te pose pas de problème que tout le monde soit au courant !
Je ne répondis pas. Puis elle hésita longuement avant de me prendre dans ses bras. Elle mit même du temps à se lever et je me demandai si elle aussi avait du mal à tenir debout. Absurde vu qu'elle était invincible. Elle me souleva finalement du sol et descendit les escaliers prudemment. Cette position me rappela la première fois où j'avais ressenti un frisson au contact d'Alice. C'était juste avant notre départ pour Phoenix, comme aujourd'hui, elle me portait pour m'amener dans leur garage. Le souvenir de James s'imposa à mon esprit et je secouai la tête pour éviter d'y penser. Ma main droite se posa néanmoins instinctivement sur la cicatrice qu'arborait mon autre main.
Dans le salon il n'y avait qu'Esmé, qui nous apprit que tous les autres étaient montés à l'étage par le second escalier. Alice m'emmena dans le garage et m'assit dans une de leur magnifique voiture.
— La jaune ? m'étonnai-je
— Elle est tape à l'œil, mais à cette heure-ci personne ne nous remarquera, et puis son odeur de cuir m'apaise.
Elle monta côté conducteur, appuya sur une petite télécommande qui ouvrit la porte du garage et alluma le contact. Le moteur rugit et la Porsche sortit du parking.
— Pourquoi tu as tenu à me raccompagner ?
— Tu m'as posé une question, non ?
Je me rappelai alors lui avoir demandé si elle avait eu des visions à propos de ce qui était en train de se passer.
— Oui, chuchotai-je
— Hé bien, oui, je nous ai vus.
— Pourquoi tu ne m'as rien dis ?!
— Je ne voulais pas influencer tes choix !
— Si tu me l'avais dis, j'aurais sans doute fuis, et cela ne serait pas arrivé. Donc, tu voulais que cela arrive, sans quoi tu me l'aurais dit pour que cela ne se réalise pas.
Mon esprit embrumé ne m'aidait pas à sortir des phrases nettes et claires.
— Ça reste à prouver.
Je ne savais plus quoi dire, elle non plus. Elle appuya sur l'accélérateur et le compteur monta jusqu'à 180Km/h. Je m'apprêtai à lui demander de ralentir quand elle freina brusquement et se rangea sur le bort de la route.
— Alice ?
— Pardon, je-j'étais en train de penser à ce qui vient de se passer... bafouilla-t-elle en enfouissant sa tête dans ses bras croisés sur le volant.
— Tu-tu veux que je conduise ?
— Non, c'est bon, ça va aller !
Elle secoua la tête, et redémarra. Nous fûmes silencieuse jusqu'à notre point d'arrivé. Alice m'accompagna jusque sur le perron.
— Je peux entrer ? Il faut qu'on parle...
— Désolée Alice, je suis crevée et demain je me lève tôt.
— Bon d'accord... Bonne nuit Bella.
— Bonne nuit.
Elle se retourna, une moue triste sur le visage, et remonta dans sa voiture. J'attendis que la Porsche jaune quitte mon champ de vision pour ouvrir la porte. A ma grande surprise toutes les lumières étaient éteintes. Charlie dormait. Je montai dans ma chambre et me jetai dans mes draps sans même prendre la peine de me changer. Mon regard se fixa sur le plafond et des larmes perlèrent sur mes joues. Puis je finis par m'endormir avant d'avoir pu me repasser la soirée dans mon esprit.
Le lendemain je prétextai me sentir mal auprès de Charlie pour ne pas aller au lycée. Je n'étais pas en mesure d'affronter les Cullen, et surtout Edward et Alice.
Enfin le baiser ! Les ennuies commencent haha !
