Note de l'auteur: pour reprendre une expression d'Erilys (une amie rencontrée sur le net justement grâce aux fanfictions que Dieu te bénisse xD) qui m'a bien fait rire, on va dire que oui, j'ai craqué mon slip en écrivant ce chapitre MOUHAHAHA ! 8D Au programme, du gore et de la violence =P Et des passages que j'adore et d'autres que j'aime un peu moins ^^' J'ai eu du mal à écrire ce chapitre, et j'espère qu'il vous fera... euh... hurler ? 8D Ou au moins que vous ressentiez en le lisant ce que je voulais vous faire ressentir xD (il est trois heures trente du matin, cherchez plus la logique dans ce que je dis) Quoi qu'il en soit, ne sortez pas les fourches et les crucifix tout de suite, j'ai encore deux chapitres à finir et je répète à tout le monde que ma fic FNIRA BIEN !
Chapitre 11: Loin des yeux, loin du cœur.
Juste après avoir assommé Levy, Gajil avait demandé à ce qu'elle soit ramenée à Fairy Tail. Les membres du conseil s'y étaient engagés avec réticence et il avait été contraint de la leur laisser. Maintenant il espérait juste qu'ils tiendraient parole, parce qu'ils étaient très bien capables de lui faire la même chose que ce qu'ils lui avaient fait à lui. Il posa délicatement la jeune fille dans ses bras sur le sol et se fit menotter une nouvelle fois. Puis il sortit, entouré par trois gardes, la tête basse et les épaules voûtées pendant que le mot "trahison" hantait son esprit et ses gestes. Juste avant de passer la porte, il tourna la tête dans sa direction avant de reprendre sa marche en serrant les dents. Les larmes qui restaient sur les joues de la jeune fille le rendaient affreusement coupable. Il s'en voulait comme jamais auparavant, juste après s'être fait condamner pour l'avoir crucifiée, il l'avait frappée une nouvelle fois. Comme si cela ne lui suffisait pas et qu'il désirait encore se rendre coupable de lui avoir fait du mal. Il la blesserai toujours, il n'était qu'un monstre, jamais il n'aurait du l'approcher. S'il était resté loin d'elle, s'il n'avait pas été aussi égoïste, dur et méchant avec elle, elle pleurerait beaucoup moins, et certainement pas pour quelqu'un comme lui. C'était bien qu'il aille en prison, oui, ça lui convenait. Au moins il ne serait plus en mesure de faire du mal à personne.
A peine sorti, on l'embarqua dans un carrosse magique et il s'éloigna peu à peu d'Era, voyant l'immense silhouette du bâtiment du conseil disparaitre lentement. Toute cette histoire n'avait fait aucune vague, si Levy n'avait pas été présente, personne n'aurait jamais su ce qu'il était advenu de lui, il doutait même avoir droit à la moindre ligne dans le journal. D'un autre coté, il s'en fichait complètement, plus rien ne lui importait. Il était las de lutter, alors il se résignait. C'était un combat qu'il ne pouvait pas gagner, alors il acceptait ce qui lui arrivait, même si une partie de lui s'indignait, se révoltait, mais ne pouvait rien faire non plus. La tête posée contre la vitre arrière du véhicule, il regardait les paysages défiler avec indifférence, et pourtant il ne parvenait pas à s'en détacher. Il savait pertinemment que c'était sans aucun doute la dernière fois qu'il voyait cela. Au moins, il était seul à l'arrière pour ruminer ses pensées, les gardes avaient préférés s'installer devant. Au fur et à mesure que les kilomètres et le temps filaient, et qu'ils approchaient de l'endroit qu'il ne quitterai plus pendant quinze ans, le ciel s'assombrissait, comme pour le prévenir que là où il allait, il n'y aurait plus de lumière pour lui.
Et finalement, après un temps qui lui parut à la fois extrêmement long et court, il arriva à destination. En sortant, escorté par les gardes, il ne put s'empêcher de sourire en découvrant le bâtiment qui l'accueillerai dans ses murs pour pas mal de temps. Au moins, la prison était telle qu'il l'avait imaginée. Des murs en pierre grise qui le surplombaient dans toute leur hauteur projetaient leur ombre sur lui, et de simples carrés faisaient office de fenêtres. Il n'y avait rien d'autre, pas de surplus, juste ce qu'il fallait. D'un simple mouvement on le fit avancer et les grandes portes de la prison s'ouvrirent devant lui. Des portes qui permettaient d'entrer, mais rarement de ressortir. Et lui y entra justement. Le grincement de la lourde porte qui s'était refermée dans son dos sonnait pour lui comme s'il l'avait lui-même claquée au nez de ce qu'il appelait la vie et la liberté.
Ils traversèrent plusieurs couloirs sombres, mais il ne prêta même pas attention à ce qu'il y avait autour de lui, simplement conscient qu'il s'enfonçait un peu plus à chaque pas et que chacun d'entre eux le séparait de l'extérieur. Et voila, c'était maintenant qu'il désirait le plus sortir, quel idiot, il aurait dû en profiter lorsqu'il en avait encore le temps. Puis ils arrivèrent devant une autre grande porte cadenassée par plusieurs verrous et les gardes lui enlevèrent ses menottes. Ce geste le surprit mais il ne dit rien, il ne voulait pas adresser la parole à ces sales types qui osaient le condamner ici sans une once de regrets. Enfin, ils ouvrirent la porte et le poussèrent à l'intérieur sans plus de formalités avant de la refermer dans son dos. Une fois que le claquement sourd qui venait de le sceller eut disparu de ses oreilles, il put enfin se concentrer sur ce qu'il avait autour de lui. On l'avait jeté dans une grande salle sombre, où il était impossible d'utiliser la magie et où étrangement il n'y avait pas de cellules. Mais il n'était pas seul non plus, il y avait environ une vingtaine de personnes dans cette pièce. Sans aucun doute des détenus. Ils n'étaient pas attachés, ni ligotés, ni enchaînés, lui non plus d'ailleurs. Un point positif, au moins il était libre de ses mouvements. Il traversa la salle en ignorant les regards intéressés des autres, pour aller s'asseoir dans un coin sombre de la pièce, seul. Ce n'était certainement pas le moment de venir le déranger. Du coin de l'œil il observa les personnes dans la salle et distingua rapidement deux groupes. Le premier, celui qui comprenait le plus de personnes, était assis dans un coin tout comme lui, à peu de choses près. Ils avaient l'air terrifiés et leurs regards inquiets passaient du Dragon Slayer au second groupe, d'où la déduction que c'étaient eux qu'ils craignaient. C'était souvent comme ça dans les prisons: la loi du plus fort. Tu manges ou alors tu es mangé. Gajil n'allait pas s'ennuyer ici, il le sentait. D'ailleurs, pour en revenir au deuxième groupe, il ne s'agissait en fait que de cinq personnes assises en cercle, en train de discuter à voix basse. Et il y avait une fille parmi eux, mais qui ne lui inspirait pas du tout confiance. Elle avait de longs cheveux noirs et d'étranges yeux violets. Indéniablement, elle était belle, mais aussi dangereuse. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais son attitude hautaine le dégoutait plus que tout. Elle était entourée par quatre grands types qui eux aussi faisaient froid dans le dos, et dont la carrure massive dissuadait quiconque de s'approcher. Et au vu des bribes de conversation qui parvenaient à ses oreilles, ils parlaient de lui. Fantastique, il se faisait déjà remarquer dès le premier jour ! Mais si ceux-là lui cherchaient des noises, il n'hésiterai pas à leur faire comprendre à qui ils avaient affaire, et ce, malgré ses blessures. Parce que oui, il n'était pas encore guéri, et malheureusement pour lui, ça se voyait.
Il secoua la tête et détourna le regard vers l'un des rares trous qui faisaient office de fenêtre et observa les nuages défiler avec une lenteur et une monotonie sans pareille. Il s'ennuyait déjà, alors même qu'il venait d'arriver. C'est comme si le temps venait de ralentir brusquement. Soudain des bruits de pas résonnèrent à coté de lui et il tourna la tête pour découvrir la jeune fille aux cheveux noirs debout en face de lui. Il plissa les yeux et retint un grognement lorsqu'elle s'accroupit à coté de lui avec un air sérieux et un sourire légèrement hautain pendant que les quatre garçons qui la suivaient comme des chiens se postaient derrière elle. Gajil se sentait légèrement oppressé maintenant, et c'était clairement mauvais signe. A la fois pour lui et pour eux.
- Alors, on est nouveau ici ? Quel bon vent t'amène ? Demanda la jeune femme en penchant la tête sur le coté.
- Ça te regarde pas. Lâche-moi.
- Tiens, monsieur est grande gueule à ce que je vois. Tu me plais bien.
- Désolé je suis déjà pris. Et j'ai pas envie de côtoyer une vipère dans ton genre. Alors toi et tes potes, allez voir ailleurs si j'y suis.
Gajil se releva lentement, histoire de toiser ses adversaires avec un minimum de dignité. Il n'avait pas envie de se faire marcher sur les pieds par cette bande d'imbéciles qui venaient le déranger sans aucune raison. Et il savait très bien comment réagir et se défendre avec ce genre d'idiots, il était habitué.
- Apparemment t'as pas encore compris à qui t'avais affaire mon gars. Peut-être que dehors t'étais habitué à faire ta loi mais c'est plus le cas ici. Chad, montre lui qui est le patron.
Le dénommé Chad s'avança alors vers lui sur l'ordre de la jeune fille. Tout cela démarrait vraiment bien, voila qu'il allait se battre maintenant. Cet idiot aux cheveux blonds platine était encore plus grand que lui, ça compliquait les choses. Avec un grognement agacé, il se mit en position de combat. Il comprenait maintenant pourquoi personne n'était attaché. Pour que les prisonniers s'entretuent et libère de la place plutôt que de terminer leurs peines. Astucieux. Dans ce cas, il allait y avoir quelques places libres aujourd'hui.
Sans aucun avertissement, Chad se jeta sur lui, mais Gajil parvint à esquiver rapidement son crochet du gauche, mais pas sa main droite qui arriva juste après et le plaqua au mur. La douleur dans ses côtes se raviva soudainement et il grogna pendant qu'un léger filet de sang coula sur son menton.
- Tiens tiens… On dirait que tu n'es pas au mieux de ta forme, ironisa la jeune fille qui regardait le spectacle avec un air réjoui.
Gajil se contenta de la foudroyer du regard, elle ne méritait même pas qu'il lui parle. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il ne mourrai pas ici. Il donna un violent coup de pied dans le ventre de son assaillant et le fil reculer avant de lui-même retomber au sol. Il était hors de lui à présent et ressentait le besoin de se défouler, peu importe sur qui, même s'il s'était juré de ne plus être violent. Mais c'était une promesse qu'il ne pouvait pas tenir pour l'instant, et cela l'énervait aussi. Parce qu'on l'avait condamné, parce qu'on l'avait séparé de Levy et de ses amis, parce qu'on se mettait à bafouer sa fierté, et parce qu'on menaçait sa vie alors que lui n'avait rien demandé. Sur un simple ordre, les trois autres types se jetèrent sur lui en même temps que le quatrième revenait à la charge et il réagit au quart de tour. Il attrapa les deux premiers qui lui passèrent sous la main par les cheveux et leur cogna la tête l'un contre l'autre avec violence avant de les projeter contre les murs. Puis plus rien, le craquement qui en avait résulté prouvait qu'ils étaient morts. Il se retourna mais ne fut pas assez rapide et se prit un coup qui l'envoya à l'autre bout de la salle. Il avait réussi à faire face à un Dragon, qui plus est son père, alors il n'allait pas se laisser battre par ces chiens, ça jamais. Alors il se jeta sur eux et la suite ne fut plus que cris, insultes et coups portés sans même regarder qui ils touchaient. Et lorsque finalement une ouverture se présenta, Gajil attrapa Chad à la gorge et cogna violemment sa tête contre le sol. Lui aussi mourut sur le coup, maintenant ça en faisait trois à rajouter à son palmarès déjà bien rempli. Et le pire c'est qu'il s'était fait sacrément amocher par ces idiots. Sa tête s'était remise à saigner, sa vue se troublait une nouvelle fois et chaque respiration qu'il prenait était douloureuse. Mais comme il était quelqu'un de sérieux, il termina le travail en beauté et assomma le dernier qui restait, en plus de cette chienne qui l'avait provoquée et qui s'en était mêlée à son tour. Au moins maintenant ils ne reviendraient plus le provoquer. Et dire que tous les autres étaient sagement restés à leur place… C'était normal, ici il n'y avait pas de compassion, pas d'amitié, c'était juste une question de survie. Aucun remord, rien, il ne ressentait rien, si ce n'est de la colère contre lui-même après ce qu'il venait de faire. Il retomba lourdement au sol, affaibli et essoufflé. Ses mains étaient de nouveau pleines de sang, il avait encore une fois prouvé qu'il était un monstre, quel imbécile. Avec un profond soupir, il posa la tête contre le mur derrière lui. Au moins, maintenant il était sûr qu'on le laisserai tranquille, les autres n'avaient pas l'air de vouloir l'approcher pour l'instant. Tant mieux, il ne voulait parler à personne, il voulait juste qu'on le laisse souffrir en paix. Lentement il replia ses genoux contre lui-même et posa sa tête dessus, ignorant le fait que, très loin de lui, Levy faisait en fait la même chose.
Un étrange ronronnement tira la jeune fille de son profond sommeil et elle ouvrit une œil fatigué pour ensuite voir un petit chat noir aux oreilles rondes couché à coté d'elle, sa tête posée sur son bras. Elle connaissait ce chat, c'était Panther Lily. Mais ce qui la surprit plus qu'autre chose, ce fut avant tout de le voir. Elle se souvenait simplement s'être trouvée dans une grande salle du conseil magique d'Era, à regarder Gajil se faire condamner sous ses yeux. Puis il l'avait embrassée et ensuite frappée. Et après elle ne se rappelait pas, c'était le noir complet. L'avait-on emmenée à Fairy Tail ? Parce que c'était bien à l'infirmerie de la guilde qu'elle se trouvait. Même si cela n'avait plus beaucoup d'importance pour elle dorénavant.
Elle enleva la couverture qui la recouvrait, lentement pour ne pas réveiller le chat à ses cotés. Les derniers mots de Gajil et son dernier geste résonnaient en elle, repassaient en boucle. Mue par un besoin de savoir, elle souleva son haut et vit une grande marque violette qui s'épanouissait sur son ventre. Elle revoyait presque la main du Dragon Slayer la percuter à cet endroit là et son visage froid qui la fixait avec indifférence et qui contrastait tellement avec ses derniers mots. "Pardonne-moi". Il savait qu'elle souffrirai, une nouvelle fois par sa faute. Il devait s'en vouloir horriblement en ce moment même, et elle n'était pas à ses cotés pour lui dire qu'elle l'excusait. Parce que oui, elle ne pouvait plus lui en vouloir, même si intérieurement elle souffrait terriblement à cause de son geste. Elle souffrait à cause de lui, elle souffrait pour lui, c'était à croire qu'elle aimait ça. Des sanglots sortirent de sa gorge et elle tenta de les étouffer en cachant son visage dans ses mains, mais ils étaient tellement violents qu'ils restaient parfaitement audibles. Les hoquets qui secouaient sa poitrine finirent par réveiller le petit chat noir qui s'étira avant de se rendre compte de la situation.
- Levy tu es réveillée ? Qu'est ce que tu as ? S'inquiéta-t-il.
Elle ne lui répondit pas et se contenta de l'attraper désespérément pour lui faire un câlin. Elle ne verrai plus Gajil, il avait été emprisonné. La seule chose qui la rattachait à lui maintenant c'était le félin dans ses bras. D'ailleurs, ce dernier ne répondit pas immédiatement, le museau enfoncé dans la poitrine de la jeune fille alors qu'elle trempait peu à peu sa fourrure avec ses larmes. Cela lui était vaguement familier, Gajil avait fait la même chose lorsqu'il était arrivé sur terre. Disons qu'il en avait un peu assez qu'on le prenne pour une peluche. Sa petite taille l'handicapait plus que tout le reste. Mais ses problèmes à lui étaient bien moins importants que ceux de la jeune fille, alors il les oublia bien vite. Il lui tapota amicalement le bras pour l'apaiser, même si ça n'eut pas un grand effet. Toujours sans le lâcher, elle replia les jambes contre elle-même et posa la tête dessus, resserrant encore sa prise sur le pauvre Lily qui commençait sérieusement à se sentir à l'étroit. Il l'entendait balbutier son prénom d'une voix perdue, comme pour le supplier de l'aider.
- Ça va aller Levy. Calme-toi et explique-moi ce qu'il s'est passé.
Elle ne répondit pas immédiatement, noyée dans ses pleurs, jusqu'à ce qu'un mot ne parvienne finalement à franchir ses lèvres et n'arrive aux oreilles de Lily.
- Gajil…
Et elle repartit de plus belle, pleurant tellement fort que le chat ne pouvait pas placer un seul mot. Elle commençait d'ailleurs à être lassée de pleurer et fit tout pour s'arrêter. Et lorsque finalement sa peine ne s'exprima plus que par quelques sanglots, elle s'autorisa à demander d'une voix faible et enrouée:
- Je suis à Fairy Tail ? Qu'est ce qui s'est passé ?
Panther Lily se redressa à ce moment, se dégagea et s'assit sur les genoux de la mage avant de la contempler longuement de ses yeux ambrés et d'expliquer calmement:
- Il y a quelques heures des gardes du conseil t'ont ramenée ici et tu étais inconsciente alors on t'as déposée à l'infirmerie. Mais ils ont refusé de nous dire pourquoi tu étais dans cet état, et pourquoi Gajil n'était pas avec toi et ils sont repartis tout de suite après. Tu sais où il est d'ailleurs ?
- J-je ne sais pas exactement où il est, m-mais… En mission… Tout ne s'est pas passé comme prévu, bégaya-t-elle.
De nouvelles larmes et une boule dans la gorge l'empêchèrent de continuer mais elle s'y força et raconta en détail ce qui leur étaient arrivés depuis qu'ils étaient partis. De leurs disputes aux bons moments en passant par les angoisses et les peurs, les découvertes et les combats. Lily était la personne la plus proche de Gajil, il était le seul à qui elle pouvait se confier pleinement par rapport à tout ce qui était arrivé, elle le savait. Il l'avait écouté attentivement et s'était retenu de répliquer au moment où Levy en arriva à ce qu'il s'était passé à Era. Puis il s'était soudainement collée à elle et s'était mit à ronronner. C'était bien connu que les ronronnements d'un chat apaisaient les gens et c'était on ne peut plus vrai puisque la jeune fille se sentit mieux presque immédiatement, en plus d'être soulagée d'avoir dit tout ce qu'elle avait sur le cœur.
- On devrait en parler aux autres tu ne crois pas ? Je peux aller le faire si tu ne t'en sens pas capable, proposa-t-il soudain.
- J-je… Je ne sais pas. Je connais Natsu, s'il apprend que Gajil à retrouvé son père il va se précipiter à sa recherche pour lui poser des questions et s'attirer des ennuis. Et même, tous les autres voudront l'aider et ça va mal finir.
- Il faut quand même les informer de la situation, ça ne coûte rien, et Makarov est là, ne l'oublie pas.
La jeune fille hocha légèrement la tête après un long moment d'hésitation et le chat sauta du lit, ouvrit la porte et sortit. Il n'eut même pas besoin d'annoncer la nouvelle qu'aussitôt Jett et Droy se précipitèrent à l'intérieur pour se jeter sur leur meilleure amie enfin revenue.
- Levy tu nous à manqués ! Ça fait deux semaines que t'es pas rentrée et justement tu reviens escortée par des gardes du conseil ! On était inquiets pour toi, qu'est ce qui s'est passé ? Et où est Gajil, il a fait des conneries ? Il t'a bien traitée au moins ?
Puis ce fut au tour de Lucy qui poussa sans aucune gêne les deux mages et prit leur place en criant elle aussi.
- Levy tout c'est bien passé ? Vous en avez mis du temps, qu'est ce qu'il vous est arrivés ?
Et d'autres arrivaient encore à sa suite. Les questions fusaient et la jeune fille était tellement submergée qu'elle ne pouvait même pas répondre. Au bout de quelques minutes de cris, les mages finirent par s'apaiser et Makarov parvint enfin à se faire entendre et à se frayer un chemin parmi la foule jusqu'au lit. Avec un grand sourire, il accueillit chaleureusement la mage aux cheveux bleus, puis fit comme tous les autres: il posa des questions. La jeune fille répéta docilement ce qu'elle avait raconté à Panther Lily, mais en étoffant cette fois ci. Jett, Droy et ses amis n'avaient pas besoin de savoir qu'ils s'étaient salement disputés et qu'ils avaient été salement blessés. On reprochait déjà assez de choses à Gajil sans qu'on lui rajoute encore cela sur le dos. Dès qu'elle eut fini elle releva la tête et faillit rire en voyant Wendy à coté d'elle, la tête penchée sur le coté avec de grands yeux incompréhensifs. Natsu avait été étrangement calme en l'écoutant mais se reprit bien vite lorsqu'elle eut terminé. Sans un mot il se précipita vers la porte mais Grey et Erza le stoppèrent chacun à une main.
- Où tu vas Natsu ? Interrogea Lucy, les mains sur les hanches.
- Je vais voir Gajil bien sûr ! Attends, il à retrouvé son père, je veux lui parler, p'tet qu'il sait où est Ignir !
- Natsu il ne le saura pas. Si nous avions appris où se trouvait Ignir on te l'aurait dit, nous ne sommes pas comme ça. Mais Metallicana n'a rien dit à son sujet, à mon avis il ne sait pas non plus, expliqua Levy le plus calmement possible.
- M'en fous je veux quand même lui parler !
- Tu n'as pas compris qu'il est en prison et que tu vas te retrouver là bas aussi si tu tentes quoi que ce soit ? Reste ici Natsu ! Ordonna Erza en le forçant à s'asseoir.
Makarov qui avait été debout sur le lit de la jeune fille s'assit brutalement à coté d'elle et quelques regards se tournèrent vers lui.
- Cela n'aurait pas dû arriver. Gajil est à Fairy Tail, donc c'est à moi de prendre en charge et d'assumer, pas à lui ! Le conseil aurait dû me prévenir, je devais être avec lui ! Ils disent respecter la loi mais en voici le parfait contre exemple, ils n'avaient tout simplement pas le droit de faire ça ! Ces idiots du conseil vont voir de quel bois je me chauffe ! On m'appelle et on me donne une tonne de paperasse pour des broutilles, mais lorsqu'un de mes fils se fait arrêter sommairement, là y'a plus personne !
Sur ces mots énervés il sortit de la pièce et tout le monde le vit s'enfermer dans son bureau en claquant la porte. Les minutes passèrent puis ils entendirent soudain des cris étouffés par les murs accompagnés d'insultes. Apparemment le maître avait des membres du conseil au bout du fil. Donc maintenant le mot d'ordre était "attente".
Jett, Droy et Lucy ainsi que Natsu et Wendy restèrent avec la mage aux cheveux bleus qui, bien qu'elle soit capable de marcher, restait couchée dans le lit parce qu'elle n'avait pas trop envie de bouger. Ils lui posèrent encore quelques questions auxquelles elle accepta de répondre puis un étrange silence gêné tomba entre eux. Natsu finit par sortir accompagné de Lucy et Wendy, histoire de digérer tout ça avec une bonne boisson, et Levy se retrouva seule avec ses deux coéquipiers.
- Contents que tu sois enfin là, tu nous as manqués. Et euh… on est désolés pour ce qu'on a dit juste avant que vous partiez. Même si Gajil est un salopard, je pense pas qu'il mérite d'aller en prison. Déclara gravement Jett pendant que Droy hochait la tête.
Avec un léger sourire il lui tapa amicalement le bras, espérant réussir à lui remonter le moral. Levy sourit à son tour et le lui rendit bien. Avec un léger rire elle rétorqua:
- Ça remonte à loin tout ça, j'avais oublié qu'on s'étaient disputés pour ne rien vous cacher. Mais merci.
L'arrestation de Gajil et tout ce qui avait suivi lui avait légèrement mis un coup au moral, mais elle savait qu'elle pouvait compter sur ses amis pour l'aider et qu'ils vivraient cette période difficile avec elle. Maintenant, plus que tout le reste, elle voulait revoir le Dragon Slayer et le sortir de prison. Mais elle savait que les procédures seraient longues. Et d'après ce que Makarov disait, encore plus qu'elle ne le pensait étant donné que le conseil n'était pas vraiment pour qu'ils aillent le voir, et encore moins qu'ils le libèrent. Mais ils n'arrêteraient pas pour autant. Gajil ne méritait pas ce qui lui arrivait, tout le monde était d'accord sur ce point, et tout le monde était prêt à aider, même si cela impliquait de s'opposer à la loi.
Lorsque les gardes étaient entrés et avaient vu le carnage à l'intérieur même de la salle où ils gardaient les prisonniers, ils s'étaient pour ainsi dire, bien énervés. Et sur qui c'était retombé ? Sur Gajil évidemment. Il avait passé les insultes et les cris, trop fatigué et exténué par ses blessures qui s'étaient rouvertes pour pouvoir lutter contre ces sales types sans cœur qui ne pensaient qu'à eux.
Donc, après l'avoir classé comme quelqu'un de potentiellement violent et dangereux, que ce soit envers les autres prisonniers, ou bien les gardes parce qu'il avait osé en frapper un qui avait justement fait la même chose, il eut droit à un traitement de faveur. On l'emmena à l'étage au dessus, celui juste en dessous du toit de la prison. C'était une grande salle sombre, un peu comme un cachot, et cette fois il y avait des cellules. On l'enferma dans l'une d'entre elle, et malgré le fait qu'il était seul à l'intérieur, on l'attacha au mur, mais pas par les bras, non, par le cou, comme un chien. Ah il était tombé bien bas le Dragon Slayer. Il ne pouvait toujours pas utiliser la magie, et était vraiment seul, puisqu'il n'y avait personne dans les cellules voisines. Apparemment personne n'aimait se retrouver ici donc tout le monde se tenait correctement. Lui s'en fichait éperdument, il avait juste envie qu'on le laisse seul. Grossière erreur, encore une qu'il commettait. Parce que tout se retournait contre lui au fur et à mesure que le temps passait, sans même qu'il ne parvienne à le compter désormais.
La douleur mentale emportait la douleur physique de ses blessures qui ne guérissaient pas. Ici, entre ces quatre murs en pierre, il était totalement coupé du monde, comme si un fossé énorme le séparait du vent qui soufflait au dehors, du soleil qui brillait dans le ciel et de la chaleur de l'été qui arrivait lentement. La seule chose qu'on lui offrait du monde extérieur était un petit carré d'où l'on pouvait voir le ciel. Comme pour le narguer, pour lui dire qu'il ne verrait plus que ce petit morceau d'infini, et que jamais il n'attendrait le ciel une nouvelle fois.
Il ne tiendrait pas quinze ans, il le savait. Même avec toute la volonté qu'il était capable de mobiliser, il ne tiendrait pas. Il n'était pas fait pour vivre enfermé, personne ne l'était. La solitude qu'il avait tant recherchée était maintenant devenue son pire ennemi. Il s'était toujours écarté des autres, était resté seul, mais maintenant c'était la chose qu'il craignait le plus. Tout comme Makarov le lui avait dit: "Il y a des gens qui préfèrent rester seuls, mais personne ne peut supporter la solitude bien longtemps". Oui, il ne la supportait plus. Le seul contact humain qu'il avait était lorsque les gardes venaient vérifier s'il était encore en vie, et, frustrés de voir que c'était le cas, ils s'amusaient à réduire le peu de fierté qu'il lui restait à néant. Les injures, les coups, les sarcasmes, les moqueries, les punitions, voila ce qui perturbait sa si misérable routine. Au moins, il avait clairement le temps de méditer sur ce qu'il avait fait, de se traiter de monstre, de se haïr un peu plus à chaque minute, d'apprécier la souffrance, d'accepter ce qu'il subissait, de désespérer à loisir sur sa pauvre existence qui ne valait plus rien.
Il lui arrivait par moments d'essayer de se libérer, mais en vain. Parfois il se frappait aussi la tête contre les murs lorsqu'il se sentait oppressé, mais rien ne changeait, il était toujours prisonnier, traité comme le moins que rien qu'il était. Il bougeait de moins en moins, restait assis, ou couché, son regard vide et inexpressif fixait les barreaux, les murs, le sol, le plafond, les ténèbres. Seul un froid brutal l'habitait, bien plus poignant et douloureux que ce qu'il était possible de ressentir, même lorsqu'on touchait de l'acier par un jour d'hiver. Par moment, il se balançait lamentablement de droite à gauche comme un animal dépourvu de toute conscience. Seul le fait qu'il respire pouvait encore faire croire qu'il était en vie, son visage reflétait déjà l'envie qu'il avait de mourir au plus vite et d'être enfin libéré de ses chaines.
Il avait perdu la notion du temps. Il ne savait plus s'il était là depuis une semaine, un mois, ou un an. L'ennui était toujours présent et faisait se ressembler toutes ses journées, à tel point qu'il ne discernait plus le jour de la nuit. Il ne rêvait plus, ne pensait plus à rien. Le temps s'estompait pour ensuite disparaitre. Son passé le hantait, et son futur n'existait pas, tel une chimère inaccessible, puisqu'il avait perdu toute espérance de s'en sortir un jour. Sa vie n'avait plus de sens, il n'attendait plus rien d'elle et son quotidien s'était désintégré. Plus il s'isolait, plus son esprit s'enfermait, se dégradait peu à peu, le déconnectait de la réalité.
Il n'avait plus aucune identité. Qui était-il ? Il ne le savait plus, il ne s'en rappelait pas. Et Levy… Il ne voulait pas l'oublier. Et pourtant son visage, sa voix, son odeur disparaissaient lentement de son esprit. Sa présence était un manque qu'il ne pouvait pas combler, sauf dans les ténèbres qui l'entouraient. Alors son âme se déchirait, disparaissait elle aussi dans un tourbillon de noirceur. Et il frappait. Les murs, les barreaux, le sol, lui-même. Il s'était accoutumé à pleurer de rage et de désespoir, personne ne le voyait, personne ne faisait attention à lui, personne ne l'écoutait. Et celle qu'il aimait n'était pas avec lui. Le seul être qui le faisait tenir dans cet endroit maudit s'éloignait de lui et le plongeait chaque jour un peu plus dans le désespoir. Et la haine. Envers ce monde injuste, tous ces faux-semblants, et ces gens hypocrites. On l'avait déjà oublié, pas un de ses camarades n'étaient venus une seule fois depuis qu'il était entré ici. Elle aussi d'ailleurs. Elle n'était pas là. Avait-il si peu d'importance à ses yeux ? Alors même qu'il lui avait prouvé au-delà de tout qu'il l'aimait ? Mais peut-être que son dernier geste qui avait été de la frapper l'avait finalement rebutée. C'est vrai… elle ne pouvait pas l'aimer, personne ne pouvait aimer un monstre comme lui. Très bien, qu'on l'oublie ici comme la personne détestée qu'il était, qu'est ce qu'il en avait à foutre après tout ? Rien du tout, plus rien ne lui importait. L'image qu'on avait de lui ne l'affectait plus. Il aurait tout aussi bien pu n'être qu'un petit être chétif au lieu du froid et sanguinaire Dragon Slayer d'acier, que tout cela n'aurait plus rien changé à la situation.
Il ne dormait plus, ne mangeait plus, ne parlait plus. Ses jours et ses nuits étaient habités par des cauchemars sans fin et les fantômes de ses anciens ennemis revenaient le hanter. Ses insomnies le rendaient de plus en plus faible. Ses blessures n'étaient toujours pas guéries, les gardes qui revenaient toujours s'amusaient à le frapper, aggravant encore les choses. Il ne parvenait plus à bouger maintenant, mais même s'il ne se jetait plus sur les murs, sa tête n'allait pas énormément mieux que son corps. Poursuivi par des ombres, il sombrait dans la paranoïa, pour finalement atteindre peu à peu la folie.
Il ne savait plus où il était, ses souvenirs n'existait plus, tout comme sa propre existence. Il n'avait même plus conscience de la réalité autour de lui, son esprit était plongé dans un brouillard sombre qui estompait tout. Et pourtant il était plus lucide que jamais. Ses yeux d'habitude sans vie, brillaient maintenant d'un éclair fou qui lui rendait ses forces, et qui refoulait la douleur, la fatigue et la peine. Il mourrait à petit feu et ne s'en rendait plus compte. Il ne souffrait plus, il n'était plus seul, des ombres noires tournoyaient dans son esprit et lui parlaient, sans s'arrêter. Il ne ressentait plus rien, sautait sur la première chose qu'il voyait, que ce soit une feuille portée par le vent qui était entrée par inadvertance dans sa cage, son territoire, ou bien un garde qui s'approchait trop près des barreaux. Il se projetait même contre ce qui était immobile, s'ouvrant jusqu'au sang. Sa vue avait été obscurcie par le voile noir de la folie, et il croyait réelles les ombres que son esprit malade faisaient danser contre les murs. Parler ? Communiquer ? Qu'est ce que c'était ? Il ne savait plus que gronder, tel un Dragon rendu fou par l'ennui.
Sa solitude avait finalement eu raison de lui. Lui qui pensait que la prison lui permettrai de ne plus faire de mal à personne, à présent il vivait tout le contraire. Il devenait violent, agressif, bestial. L'envie de tuer revenait fréquemment en lui. Mais il n'essayait plus de lutter, il ne comprenait même plus ce qu'il ressentait, il obéissait aveuglément à ses pulsions, ses instincts, et c'était tout. Le sang l'appelait. Lorsque ses envies étaient trop pressantes, il n'hésitait pas à se blesser, juste pour avoir la satisfaction d'en sentir l'odeur et le goût dans sa bouche. Et il avait tué pour ça, deux gardes en avaient fait les frais. Le premier qui avait osé rentrer dans sa cellule n'avait rien vu venir. Personne n'aurait pu d'ailleurs. Il avait l'air endormi, couché sur le sol, mais était parfaitement conscient, puisqu'il ne parvenait plus à trouver le sommeil depuis bien longtemps déjà. Et il lui avait sauté à la gorge au moment où il s'y attendait le moins. Au premier sens du terme. Il se souvenait parfaitement de son geste et l'appréciait à sa juste valeur. Le garde n'avait même pas crié, la violence avec laquelle il avait enfoncé ses crocs dans son cou lui avait broyé la gorge et l'en avait empêché. Et pourtant, malgré cela, malgré le sang sur son visage et ses habits, il était loin d'avoir été satisfait. Il lui en fallait plus, toujours plus. Le deuxième garde à subir sa folie était arrivé un peu plus tard, justement pour sortir le premier. Il l'avait attrapé et l'avait démembré sans une once de pitié, en riant comme un dément, un possédé, un fou. Lui avait crié, même si la douleur qu'il avait dû ressentir les avait pas mal étouffés. Paradoxalement, ses cris de douleurs l'avaient à la fois apaisé et poussé à continuer, comme une délicieuse mélodie résonnant à ses oreilles, encourageant sa folie. Mais après cela, tous les autres étaient devenus méfiants, ils ne s'approchaient plus. Alors, vu qu'il n'avait plus personne à tuer et qu'il était en manque, il continuait de se mutiler.
Presque chaque soir, les cris et les rires déments qu'il poussait réveillaient tous ceux qui étaient à l'étage en dessous. C'était devenu la routine, " Redfox à encore craqué" qu'on disait. Tous les prisonniers s'attendaient un peu à ce que cela arrive. Ceux qui montaient là haut n'en ressortaient jamais indemnes, lui ne faisait pas exception. Après tout, personne ne pouvait supporter un tel isolement, même le plus fort des hommes finissait par céder un jour où l'autre. C'était un cercle vicieux, sans fin, et au fur et à mesure que le temps passait, tout le monde s'était habitué à entendre des coups sourds et des cris venant de l'étage au dessus. C'était même devenu le principal sujet de menace. Si un détenu se rebellait, ou n'obéissait pas, il était envoyé là haut, dans la même cellule que lui, à la fois pour justement être puni, mais aussi pour essayer de calmer le Dragon Slayer. Et le plus souvent il n'en ressortait jamais, ou alors n'était plus identifiable. Et ça ne le calmait pas pour autant, bien au contraire. Mais au moins, cela dissuadait les autres de tenter quoi que ce soit. Et peu à peu il sombrait dans "l'aliénation" comme tout le monde disait. Et plus le temps passait, moins il était capable d'en réchapper.
Après cinq longs mois d'attente désespérée, de procédures qui n'en finissaient pas et de problèmes à régler, Levy avait finalement reçu une bonne nouvelle. Elle pouvait aller voir Gajil. Le conseil avait vraiment tout fait pour retarder cela mais Makarov avait finalement obtenu une autorisation. Il avait été décidé que la jeune fille irait seule avec Panther Lily pour cette fois, déjà parce qu'ils étaient ses amis les plus proches, puis parce que tout le monde ne pouvait pas y aller et qu'il fallait donc faire un choix. Mais cela ne voulait pas dire que Makarov et les mages de Fairy Tail se tourneraient les pouces. Tout le monde était très affairé ces derniers mois. Se rebeller contre la loi impliquait beaucoup d'argent à dépenser. Le maître de la guilde s'occupait de la paperasse, les membres remplissaient les caisses. Et Levy irait voir Gajil. Elle se demandait comment il allait, après cinq mois passés en prison, enfermé. Pensait-il à elle ? Est-ce qu'il était en bonne santé ? Si seulement elle savait…
Lily et elle devaient prendre le train jusqu'à Era, où ils seraient ensuite conduits à la prison. Ils partirent tôt le matin et arrivèrent en début d'après midi. A la sortie de la gare, c'était un jeune garde qui était venu les chercher, les autres lui avaient dit de le faire justement parce qu'il était nouveau et parce qu'ils n'avaient pas envie de se déplacer. Il semblait différent des autres et pensait d'ailleurs que le système pénitencier était assez mal fichu à Fiore. Autant dire que Levy, Lily et lui s'étaient tout de suite bien entendus, déjà parce qu'il leur donnait des nouvelles de Gajil, même si elles n'étaient pas vraiment bonnes. Rien que la première phrase qu'il avait eu à son sujet: "Il est assez dangereux, je préfère vous le dire" les avaient pas mal inquiétés et tous les deux se demandaient ce qui avait pu arriver pour qu'il devienne "dangereux" au point qu'un garde lui-même en parle avec réticence et presque peur.
Ils arrivèrent rapidement à destination et ce fut lui aussi qui se chargea de les accompagner. La jeune fille se sentait assez mal à l'aise ici, et cela empirait à chaque salle qu'ils traversaient. Elle ne se sentait pas en sécurité lorsqu'elle sentait les regards des détenus fixés sur son dos, elle s'attendait presque à ce qu'ils sortent un poignard et n'arrivent par derrière pour la tuer. C'était peut-être des préjugés, mais c'était comme ça, elle avait peur. Si Gajil avait été avec elle, elle se serait sans doute déjà sentie mieux.
Ils gravirent une petite série d'escaliers et se retrouvèrent dans ce qui s'apparentait à un cachot. L'atmosphère austère qui y régnait stressait particulièrement la mage aux cheveux bleus. Elle regardait à droite et à gauche, s'attendant presque à voir un squelette lui sauter dessus depuis un coin sombre. Mais toutes les salles étaient vides, sauf une. Ils s'arrêtèrent devant une cellule et le garde fit un léger signe de la tête pour leur demander de ne pas faire de bruit. Levy tenta tant bien que mal de ne pas émettre le moindre son, mais la vision de Gajil couché au sol en face d'elle, lui tournant le dos, ne facilitait pas les choses. Lily avait planté ses griffes dans son épaule et essayait de faire de même, les yeux fixés sur son partenaire qui bougeait à peine.
- Vous êtes sûrs de vouloir entrer ? Chuchota le garde avec hésitation.
- Evidemment ! Répliqua la mage aux cheveux bleus sur le même ton que lui. Pourquoi n'aurait-on pas le droit de le faire ?
- Je vous avais prévenus lorsque vous êtes arrivés que c'était dangereux.
- Dangereux en quoi ?
- Ça va bientôt faire trois mois qu'il saute sur tout ce qu'il bouge.
- Q-quoi ? Comment ça ? Mais pourquoi ?
- Ce sont des choses qui arrivent, il n'a pas supporté de rester enfermé seul ici. Et les autres gardes étaient de vrais salopards avec lui, y'en avait pas un pour rattraper l'autre. Moi je suis nouveau, et j'approuve pas ce qu'ils font, alors j'essaye de me montrer gentil avec les prisonniers, après tout, c'est pas parce qu'ils ont été condamnés qu'ils n'ont plus droit au respect. Et ça me fait mal au cœur, parce que je l'ai vu changer petit à petit, et je pouvais rien faire pour l'aider. Mais si vous tenez vraiment à rentrer pour lui parler, vous aurez besoin de ça.
Il fouilla dans une de ses poches et déposa une seringue remplie d'un liquide jaune très clair, presque transparent, dans la main tremblante de la jeune fille qui réalisait peu à peu ce qu'avait du endurer son ami.
- Qu'est ce que c'est ? Demanda Panther Lily à sa place.
- Un sédatif très puissant. Vous en aurez peut-être besoin. Je vous ai dit, il attaque tout ce qui bouge, vous ne ferez pas exception, s'il tente le moindre geste agressif, donnez lui ça et sortez immédiatement, parce que malgré son dosage, il n'agit pas longtemps sur lui.
- D'accord.
Le petit chat attrapa la seringue avant que Levy ne la range. Il savait très bien qu'elle ne serait pas capable de faire ça au Dragon Slayer, lui aussi détestait cette idée et n'en avait pas envie, mais il valait mieux parer à toute éventualité.
- Je reviens voir dans une heure si vous n'êtes pas encore morts, ironisa gravement le garde dans une faible tentative d'alléger l'atmosphère, avant de sortir et de les laisser seuls.
Pendant un court instant les yeux de Levy passèrent de la porte qui venait de se fermer à Lily puis à la cellule que le garde venait d'ouvrir. Le petit chat noir retomba souplement au sol et se tint à ses cotés, attendant qu'elle bouge apparemment. Levy entra timidement dans la cellule, les yeux fixés sur le corps de son ami couché un peu plus loin. Mais elle s'était à peine approchée de quelques pas qu'il se mit à grogner et à trembler, la faisant s'immobiliser avec appréhension. Mais voyant qu'il ne bougeait pas, elle avança encore, ignorant le danger. Sauf qu'elle ne voyait pas son visage puisqu'il lui tournait le dos. Il souriait comme un dément. Enfin on lui offrait quelqu'un sur qui se défouler après tous ces jours passés sans rien. Rectification, il y en avait deux à ce qu'il sentait, tant mieux, aujourd'hui était un bon jour, il était content. Mais Gajil content ici signifiait que beaucoup de sang n'allait pas tarder à couler. Le premier garde qu'il avait tué était mort de la même manière, parce qu'il s'était trop approché en pensant qu'il dormait. Quelle naïveté. L'adrénaline et l'excitation à l'idée de tuer faisait battre son cœur plus vite maintenant, et finalement il se redressa à une vitesse folle, sans crier garde, et se jeta sur la jeune fille qu'il renversa au sol. Cela avait été tellement rapide qu'elle cria alors qu'elle était déjà plaquée au sol, l'incompréhension noyant son regard.
- Gajil lâche moi ! Hurla-t-elle en se débattant.
Il ne comprit même pas ce qu'elle venait de dire, ne pouvant se fier qu'aux intonations de sa voix pour savoir ce qu'elle voulait. Non il ne la libérerai pas. Un petit chat fonça sur lui mais il la dégomma rapidement d'un coup de poing avant de reporter son attention sur sa victime avec un énorme sourire qui ne présageait rien de bon. Il se délectait de son regard effrayé et entendait son cœur battre à toute vitesse dans sa poitrine. Il en avait l'eau à la bouche, cela faisait des semaines qu'il n'avait eu personne sous la main pour se défouler, maintenant elle était à sa merci. Elle sentait vraiment bon et ses gémissements ne faisaient qu'attiser le désir qu'il avait de voir son sang tâcher ses mains. Il attrapa son bras et laissa échapper un rire fou au moment où il tira dessus avec violence. Un bruit qu'il adorait de plus en plus résonna à ses oreilles et elle se mit à crier, encourageant sa frénésie. Jusqu'à ce qu'une énorme masse noire couverte de poils ne l'attrape par les épaules et le force à lâcher prise, le plaquant violemment au sol. Il se débattit comme un diable, se cabrant et ruant en poussant des cris rauques, mais ce dernier ne le lâcha pas pour autant. Lily savait qu'il ne tiendrait pas longtemps, même en parfaite santé, Gajil n'avait jamais été aussi fort lorsqu'ils s'entrainaient, il était totalement fou et intenable. Il le maintint difficilement au sol à une main, et de l'autre il lui enfonça la seringue dans le cou. Le mage d'acier mit au moins une minute à s'arrêter et le chat parvint enfin à reprendre sa taille normale. Juste à temps, il n'aurait rien pu faire sous cette forme si vulnérable. Levy était toujours au sol et se tenait le bras en gémissant, les larmes aux yeux. Il se dirigea vers elle à toute vitesse et l'attrapa, mais elle refusa de sortir et se dégagea.
- Levy qu'est ce que tu fais, sors de là ! S'écria-t-il.
- N-non.
Sans un mot de plus elle se releva en tenant son bras qui pendait mollement contre son corps et tituba vers son ami sous le regard noyé dans l'incompréhension du petit chat. Elle tomba à genoux à coté du mage d'acier, la gorge nouée. Presque aussitôt ses yeux assombris se posèrent sur elle et la fixèrent sans ciller avec un air de psychopathe. Une personne normale en aurait certainement eu peur, cependant pour elle, il ne fit que lui briser le cœur. Il haletait et de profonds râles sortaient de sa gorge, comme s'il était à l'agonie. Lentement, Levy posa sa main valide sur la joue du Dragon Slayer et la caressa avec douceur malgré ses tremblements incontrôlés.
- Gajil… T-tu te souviens de moi ? Demanda-t-elle d'une voix suppliante et désespérée.
Il ne lui répondit pas et gronda violemment à la place en montrant les dents. Lily arriva à coté d'elle pendant que des larmes de tristesse et de culpabilité tombaient des joues de la mage. Elle se sentait coupable de l'avoir laissé ici, tout seul, pendant si longtemps. S'il était comme ça, c'était de sa faute, elle l'avait abandonné.
- Levy. Viens, on sort, ordonna le petit chat en la tirant par ses habits.
- J-je ne veux pas sortir ! Je veux rester avec lui ! Cria-t-elle.
Elle se dégagea brusquement et se rapprocha encore de son ami, même si ses grognements menaçants tentaient de l'en dissuader.
- Tu ne peux pas Levy ! S'écria à son tour le félin. Crois-moi, ça me fait aussi mal qu'à toi, mais laisse le, il va te tuer lorsqu'il bougera à nouveau, et je ne serais pas capable de le gérer une deuxième fois ! Laisse-moi te protéger puisque lui ne peut plus le faire, s'il avait toute sa tête, il ne t'aurait pas déboité le bras, jamais il ne t'aurais fait mal ! Viens.
La mage aux cheveux bleus tenta d'étouffer ses sanglots pendant qu'il essayait de la tirer vers la sortie. Elle ne voulait pas le laisser seul, il l'avait été pendant cinq mois, presque une demi-année, et le résultat était catastrophique. Elle ne voulait plus le quitter.
C'est à ce moment qu'une phrase qui n'avait rien à faire ici résonna dans son dos et lui fit lever la tête.
- C'est vraiment pathétique, il est tombé bien bas.
Levy se raidit soudainement en entendant cette voix froide et dure qu'elle ne connaissait que trop bien maintenant. Mais ce n'était pas possible ! Qu'est ce qu'il faisait ici ? Elle se releva d'un bond et recula en voyant un homme adossé contre les barreaux de la prison. Il avait de longs cheveux argentés avec quelques mèches noires, comme ceux de Gajil. Et il avait des yeux rouges, d'une couleur légèrement plus claire que les siens cependant, et qui mettaient encore plus en valeur ses pupilles fendues comme les chats. Le grand sourire qu'il affichait laissait apparaitre ses crocs aussi, mais pas comme ceux de son ami, au contraire. Lui, toutes ses dents étaient pointues. Il avait l'air plus grand, et légèrement plus fin que le mage d'acier, mais n'en restait pas moins tout aussi menaçant.
- Qui es-tu toi ? Comment tu es entré ici ? Demanda Lily, le poil hérissé.
- Silence le chat. Déjà que je suis obligé de prendre cette horrible forme dégradante, tu ferais mieux de ne pas me pousser à bout, je suis assez susceptible aujourd'hui.
- Lily, je te présente Metallicana, le père de Gajil, siffla Levy en plissant les yeux, histoire de clarifier la situation.
- Tiens, regardez qui voila, je ne t'avais pas vue, je t'avais prise pour un de ces insectes rampant sur le sol, ironisa-t-il avec un méchant sourire.
La jeune fille ne répondit pas à sa provocation, elle savait comment tout cela se terminerai. Non à la place elle posa une simple question.
- Qu'est ce que tu fais ici ?
- Disons que j'ai eu l'envie subite de venir le narguer en demandant à cet imbécile si ça lui plaisait de se retrouver là à ma place. Mais ça me frustre parce qu'il ne me répondra pas, il ne comprendra même pas ce que je dis.
Lily gronda de colère et la mage aux cheveux bleus se contenta d'un reniflement méprisant. Il n'avait pas encore compris la leçon on dirait, malgré tout ce temps, il n'avait pas changé. Ils auraient pu continuer longtemps à se toiser du regard mais un éclair noir passa brusquement à coté de Levy et fonça sur le Dragon. Gajil se fit arrêter à une main et en quelques secondes il se retrouva balancé contre un mur avant de retomber pile à l'endroit qu'il avait quitté. Alors qu'elle ouvrait la bouche pour protester, Metallicana l'attrapa à la gorge et donna un violent coup de pied à Lily lorsqu'il voulut la libérer. Puis il la plaqua à son tour contre un mur et lui remit son bras en place avec violence avant de la laisser retomber au sol pendant que des larmes de douleur perlaient au coin de ses yeux.
Ignorant la mage et le chat, il s'approcha lentement du Dragon Slayer, toujours étendu au sol. Apparemment le sédatif avait cessé de faire effet depuis un moment puisqu'il se jeta sur lui une seconde fois avec un grondement et voulut le frapper au visage. Malheureusement pour lui, même si elles n'étaient pas visibles, les écailles de Metallicana étaient toujours là et coupaient lorsqu'il désirait qu'elles le fassent. Et ici c'était le cas puisque Gajil ne fit que s'entailler profondément la main en touchant sa peau. Le Dragon le repoussa violemment et il partit une nouvelle fois dire bonjour au sol.
- Eh mais ça va pas ? T'as vu dans quel état il est et tu oses encore le frapper ? S'écria enfin Levy en tentant de relever le félin étendu sur le sol.
- C'est lui qui a commencé, je n'ai fait que me défendre, je n'ai pas envie de me faire battre une deuxième fois par ce minable. Même si, au vu de son état, il ne pourra pas faire grand-chose cette fois.
- Mais c'est ton fils, comment-peux tu ne rien ressentir en le voyant comme ça ?
- Je te l'ai déjà dit petite. Déjà avant je ne le considérais plus comme tel, mais maintenant que je le vois ainsi, je ne le considère même plus comme un être humain.
Les traits de la jeune fille se crispèrent légèrement et elle grimaça, mais il l'ignora. Les yeux fixés sur Gajil il s'approcha encore d'un air menaçant. Mais ce dernier ne le remarqua même pas, occupé à lécher sa main blessée avec minutie, comme s'il ne voulait pas perde une seule goutte de sang.
- Normalement, un Dragon qui est devenue fou, on le tue rapidement, à la fois pour abréger ses souffrances mais aussi pour l'empêcher de nuire à autrui. Grogna méchamment Metallicana, sans lâcher son fils des yeux.
Avant même qu'il ne puisse se défendre, le Dragon l'attrapa à la gorge et le plaqua au sol. Cette fois ci, les écailles de sa main ne le blessèrent pas, mais son autre bras levé et la magie qui l'entourait signifiait très clairement qu'il était capable de le faire. La jeune fille cria et se précipita vers lui mais se fit rapidement projeter au sol elle aussi et comme la dernière fois elle ne parvint plus à bouger. Elle lui hurla d'arrêter lorsqu'elle vit qu'il allait exécuter son geste pendant que Lily faisait la même chose, même si lui ne tenait pas debout pour l'instant. Mais rien n'y fit, ce n'était pas ces misérables cris qui allaient l'attendrir et il le frappa tout de même. Ou au moins, il essaya, puisque, comme la dernière fois, il ne le toucha pas. Son poing s'enfonça dans le sol, juste à coté de la tête du Dragon Slayer. Les yeux écarquillés de surprise, il n'en revenait pas d'avoir à nouveau échoué.
- C'est pas vrai… Lâcha-t-il d'une voix rauque et sourde.
Pourquoi n'arrivait-il pas à en finir ? Depuis quand était-il devenu aussi faible ? Il était furieux contre lui-même à cause de cela. Il poussa un profond soupir vaincu et lâcha le cou de son fils avant de se relever, en même temps qu'il annulait sa magie. Il entendit alors des bruits de pas précipités et Levy passa devant lui sans même le regarder, avant de tomber à genoux à coté de Gajil et de passer ses bras derrière sa tête pour la lui poser au creux de son cou en tremblant. Tout comme lui, elle haletait, et était au bord des larmes, terrifiée après avoir failli le perdre. Etrangement le mage d'acier ne bougea pas cette fois et se remit à lécher consciencieusement ses mains, ignorant ce qu'il se passait autour de lui, pendant que le Dragon les observait d'un regard noir. Que la jeune fille lui rendit par la même occasion, peut-être même encore plus meurtrier que le sien. Lily s'approcha à son tour et grimpa sur les genoux de son ami qui grogna mais ne réagit pas plus que ça. Le silence s'installa, seulement rompu par les grognements du Dragon Slayer et les rares sanglots de Levy qui avait posé sa joue contre la sienne et avait fermé les yeux.
- Soigne le s'il te plait, ne le laisse pas comme ça, gémit-t-elle après un long moment en relevant la tête vers le Dragon.
- Non.
- Mais pourquoi ? Tu as vu par toi-même que tu n'arrives pas à lui faire du mal ! Parce que, même si tu ne l'admets pas, tu l'aimes quand même! Alors arrête de faire l'insensible et aide le, ça ne te fais rien de le voir ainsi ?
- La ferme ! Je pourrais le soigner mais cela ne servira à rien puisqu'il retombera une deuxième fois dans cet état ! Libère le d'abord et peut-être qu'après j'y consentirai.
Metallicana croisa les bras et tourna dédaigneusement la tête. Tous les Dragons avaient un pouvoir de guérison, mais ce n'était pas pour cela qu'ils devaient l'utiliser à tout va. Surtout pour cet idiot là.
- Mais ça ne fait même pas un an qu'il est ici, il n'en tiendra pas quinze ! S'écria Lily qui se mettait en colère à son tour.
- Ce n'est pas mon problème !
Tous ces cris commençaient légèrement à perturber Gajil, mais certainement pas dans le bon sens, puisque ses envies meurtrières revenaient à la charge, soudain encouragées. Le cou chaud de la jeune fille juste en face de lui l'hypnotisait et son odeur faisait remonter en lui sa frénésie d'avant. Il avait la furieuse envie d'y planter ses dents et de l'entendre gémir et agoniser pendant qu'il sentirait son cœur s'arrêter lentement et que son sang emplirait sa bouche. Le sien commençait un peu à le lasser, il avait absolument besoin de tuer pour être satisfait. Et personne ne faisait attention à lui, ils étaient trop occupés à brailler. Les voix dans sa tête lui hurlaient de l'attraper, de la tuer, de la ravager, mais au fond de lui le Dragon Slayer ne savait pas s'il le voulait réellement. Mais la folie était trop ancrée en lui désormais, il ne pouvait plus s'en défaire. Les yeux fixés sur le cou de la mage aux cheveux bleus et les pupilles dilatées par l'envie, il prit une légère inspiration et ouvrit lentement la bouche. Sa gorge était sèche et seul le sang et les cris pourraient l'apaiser. Il s'approcha doucement, mais au moment où il s'apprêtai à refermer violemment ses mâchoires, il entendit un grognement et on poussa violemment la jeune fille loin de lui avant de le tirer lui-même en arrière. Il venait de se refaire plaquer au sol par Metallicana, qui venait aussi de sauver Levy, accessoirement. Il le maintint au sol jusqu'à ce qu'il soit sûr qu'il ne bougerai plus et finit par se relever en s'époussetant tranquillement, comme si rien ne s'était passé. Même si la jeune fille le regardait avec des yeux ronds, comme si son geste n'était jamais arrivé et qu'elle avait simplement halluciné.
- On dirait que l'heure est passée, lâcha subitement le Dragon.
- L'heure ? Quelle heure ? Interrogea la mage sans comprendre, tentant déjà de se remettre de ses émotions.
Puis elle se rendit enfin compte qu'il parlait de l'heure qu'ils avaient passés ici et demanda alors:
- Tu vas nous aider oui ou non ?
Metallicana releva la tête vers elle et la toisa narquoisement. Sa magie illumina son corps, il hocha la tête affirmativement avec réticence puis disparut et à la place de son corps d'humain, Lily et elle virent un petit lézard gris aux yeux rouges sur le sol. La jeune fille le ramassa rapidement au moment où elle entendit la porte s'ouvrir et le posa sur son épaule pendant que le chat noir prenait place sur l'autre.
- Alors toujours en vie ? Ironisa le garde en arrivant devant la cellule.
Il semblait surpris de voir que c'était le cas. La mage aux cheveux bleus hocha la tête, se tourna une dernière fois vers le mage d'acier qui s'était couché par terre et esquissa un sourire triste et désolé Avant de ressortir de la cellule et ferma la porte derrière elle, sans plus oser se retourner. Jusqu'au moment où elle entendit un grand fracas métallique juste derrière elle et ne sursaute en même temps que le garde. Gajil venait de se jeter contre les barreaux et s'agrippait à eux, fixant la jeune fille en poussant des grognements. Elle se retourna alors et s'approcha lentement de lui, s'abaissant à son niveau tandis qu'elle essayait de refouler ses larmes.
- Je reviendrai te chercher Gajil, je te le promets, essaie de tenir le coup s'il te plait.
Il ne répondit pas et ne la lâcha pas du regard. Il trembla et un rictus méchant étira ses lèvres lorsqu'elle caressa lentement son front et ses cheveux, mais il ne chercha pas à lui faire du mal. Puis elle repartit et il ne se détourna que lorsque la porte eut claqué, le laissant seul à nouveau.
Ils firent le chemin en sens inverse et arrivèrent à la gare pour attendre le train qui les ramènerai à Magnoria. Ils étaient assis sur un banc à l'extérieur lorsque Metallicana, qui avait été bien silencieux jusque là, ne prenne soudain la parole:
- Je vous préviens, je ne monte pas dans ce train moi.
Levy se mordit la lèvre pour ne pas pouffer de rire. Apparemment le Dragon était capable de parler, même sous sa forme de petit lézard. Sauf que sa voix était devenue comme son apparence, petite en plus d'être aigue et nasillarde. Donc, au lieu de rigoler et de se faire tuer, elle opta pour une réponse simple.
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas envie de me retrouver enfermé avec tous ces misérables humains qui vont polluer mon air. Je préfère encore voler et suivre le train.
- Il ira trop vite, tu seras facilement distancé. Et puis tu ne peux pas voler, personne ne doit te voir, rétorqua la jeune fille, légèrement piquée au vif par ses remarques désobligeantes.
Enervé par ce qu'elle venait de dire, Metallicana lui mordit l'oreille, lui arrachant un léger cri, avant de piailler:
- Non mais pour qui me prends-tu ? Je suis un Dragon, je vole bien plus vite qu'un simple train et je sais passer inaperçu !
- D'accord, d'accord, je te crois !
Elle soupira en même temps que lui grogna, et le silence retomba pendant qu'ils attendaient patiemment. Et lorsqu'un coup de sifflet se fit finalement entendre au loin, Levy et Lily se redressèrent et Metallicana se changea en un énorme aigle étrangement gris avant de s'envoler avec un claquement d'ailes pour ensuite disparaître dans le ciel, prêt à les suivre dès que le train repartirait. Il arriva d'ailleurs en gare à ce moment là et le chat et la jeune fille embarquèrent rapidement et s'assirent dans le premier compartiment qu'ils trouvèrent. Puis le train s'ébranla et se prit de la vitesse, s'éloignant encore à chaque seconde qui passait d'Era, et plus loin encore, de Gajil.
La tête posée contre la vitre, Levy regardait les paysages défiler sans les voir, vidée de toute émotion. Depuis qu'elle avait quitté la prison un étrange sentiment d'oppression grandissait à l'intérieur d'elle-même et commençait à l'étouffer au fur et à mesure qu'elle s'éloignait.
- A quoi penses-tu ? Quelque chose te tracasse ? Demanda subitement Panther Lily.
La mage aux cheveux bleus reporta son attention sur lui et il se coucha contre ses jambes en agitant la queue, attendant sa réponse.
- C'est Gajil, je m'inquiète pour lui. Il avait l'air tellement perdu et il ne se souvenait même plus de nous ! Je m'en veux de ne pas être venue le voir plus tôt et de l'avoir laissé seul. Il ne serait sans doute pas comme ça si j'étais restée avec lui. Et puis j'ai peur que son état s'aggrave, qu'on ne puisse plus l'aider, ou même qu'on refuse de le libérer. Je ne veux pas qu'il meure, et surtout pas en prison.
- Ne t'en fais pas, ça s'arrangera, je le sais.
Lily n'ajouta rien d'autre, après tout, il nourrissait les mêmes craintes qu'elle et ne savait pas comment la réconforter puisque lui-même avait peur. Levy ravala difficilement ses larmes et caressa doucement la tête du petit chat en affichant un sourire triste. Elle ne devait plus pleurer, Gajil avait besoin d'elle, elle ne pouvait pas se permettre de faiblir. Elle se tût elle aussi et reporta une nouvelle fois son attention sur ce qu'il se passait dehors, et le silence perdura jusqu'à la fin du voyage.
Ils arrivèrent à Magnoria alors que la nuit commençait à tomber. Ils descendirent du train et se frayèrent un chemin vers la sortie de la gare qui était encore bondée même à cette heure. Ils étaient à peine sortis que Metallicana, toujours changé en aigle, se posa lourdement sur l'épaule de la jeune fille sans un mot. Des regards intéressés se tournèrent vers eux et elle rougit, vaguement gênée d'attirer ainsi l'attention, sans parler de la proximité de son ancien ennemi. Puis sans un mot ils se dirigèrent vers Fairy Tail. Restait maintenant à savoir comment elle allait expliquer aux membres de la guilde ce que Metallicana faisait avec elle et ce qu'ils avaient prévus pour la suite des opérations.
