Yo'... Les publications durant le mois d'Août seront, comme pour le mois de Juillet assez bordéliques, car je vais me balader dans le pays pendant un petit moment Donc pas de chapitres la semaine prochaine ni celle d'après. Fin Août, retour à la normale. ^^
Merci aux reviews, favoris, aux gens qui suivent cette histoire ou qui même me suivent moi... ;)
La fois d'après ce fut dans la bibliothèque qu'il revit Loki. Le dieu était installé dans l'un des fauteuils de cuir brun, plongé dans un livre, un pied ramené sous lui-même. Il semblait totalement immergé dans sa lecture, qui semblait elle-même peser au moins 500 grammes. Un truc ressemblant davantage à une brique qu'à un vrai livre.
Tony ne vient pas ici très souvent. Les livres qui s'alignent dans les étagères sont assez anciens, la plupart d'entre eux étant des classiques de la littérature dont tout le monde se vante d'avoir lu mais sans l'avoir réellement fait (Tony y compris), ses propres sujets favoris de lecture étant davantage centrés sur les derniers développements de la science et de la technologie. L'idée de se plonger dans Macbeth ou Ulysse jusqu'à ce que ses yeux en saignent ne l'a jamais attiré.
Il s'appuie contre l'encadrement de la porte, regardant la scène devant lui. Loki est bien trop absorbé par ce qu'il est en train de lire pour remarquer qu'on l'observe, tournant lentement les pages de temps en temps. Cette fois le livre ne semble pas fait partie des Eddas, et Tony ne peut s'empêcher d'être curieux. Qu'est-ce qu'un dieu Nordique, des fourberies qui plus est, pourrait bien lire ? Surtout un aussi arrogant que Loki qui jugerait un livre écrit par un misérable mortel indigne de son attention.
Peut-être devrait-il laisser Loki tranquille à ses affaires et aller là où il avait prévu de se rendre – son lecteur DVD et le canapé où il avait prévu de s'affaler afin de regarder un film.
Mais, comme d'habitude, la curiosité s'empare de lui et au lieu de faire demi-tour et de partir, il se détache de l'encadrement de porte et s'avance nonchalamment dans la pièce, comme s'il avait quelque chose à faire ici et qu'il n'avait pas fait un détour juste pour voir si Loki se trouvait là.
Il s'assoit dans le fauteuil opposé à celui de Loki, s'étirant confortablement et baillant de contentement avant de s'installer dans une position confortable. Le cuir brun craque un peu alors qu'il s'installe, comme pour protester à l'intrusion malvenue.
Loki ne lève pas les yeux mais Tony peut dire que le dieu a arrêté de lire.
« Je vois que tu as trouvé quelque chose d'intéressant dans mon humble bibliothèque. Puis-je demander, quel est le titre du livre humain qui a réussi à captiver l'attention d'un dieu ? » La question sort davantage moqueuse et condescendante qu'il ne le voudrait, mais peu importe. « 101 Façons d'asservir la Race Humaine ? Comment Devenir un Souverain de la Terre en Dix Etapes Faciles? »
Loki se tend, mais le regard qu'il lance à Tony est vide de toute émotion. « Crime et Châtiment, » répondit-il simplement, pliant la couverture du livre afin que le titre soit visible.
Crime et Châtiment, hein ? Voilà bien un livre qui n'a jamais eu sa place dans la liste de lecture de Tony. C'est l'un de ces livres épais de la littérature Russe, mais c'est tout ce qu'il en sait. Mais qu'il pense que ça quelque chose à voir avec un meurtre, la Sibérie et les Goulags. Ou peut-être est-ce que ça vient d'un autre livre qu'il n'a pas lu non plus.
« Sujet fascinant, hein ? » il ne peut s'empêcher de commenter. « Je suppose que notre justice humaine diffère pas mal de la façon dont elle rendue à Asgard, pas vrai ? »
« En effet, » confirme Loki d'un ton atone, n'ayant pas envie semble-t-il de discuter davantage sur le sujet.
Tony n'a pas le même problème, en revanche. « Faut bien vous l'admettre à vous les mecs, vous avez vraiment des façons bien à vous de rendre la justice, mais si d'un certain point de vue c'est assez... pittoresque. » Il tapote son doigt contre son menton comme s'il était en contemplation avant de continuer. « Donc les gens sont souvent réduits à l'esclavage à Asgard ? Genre, je ne sais pas, pour avoir essayé de renverser le Père de Toutes Choses et ce genre de trucs ? »
« C'est connu pour être déjà arrivé. »
« Uh-huh. En revanche je parie que tu es le premier à être devenu l'esclave d'un mortel de Midgard. »
« Je ne suis pas familier avec d'autres cas de la sorte. » répond-il de façon laconique.
« Alors tu es un pionner Reindeer Games, tu es en avance sur ton temps et tout. Mais ça va, tout le monde doivent bien rester dans les livres d'histoires pour quelque chose. »
Le commentaire ne provoque pas de réponse, donc il décide d'en rajouter une couche. Il n'a aucune idée de là où ça va le mener, mais on ne va pas laisser passer l'opportunité de regarder Loki s'agiter dans son siège, tel un lapin pris au piège et incapable de s'échapper. Ou peut-être que la comparaison avec une vipère serait plus appropriée, une que Tony taquinerait avec un bâton juste pour s'amuser.
Ce n'est pas comme si Tony était connu pour être un bon gagnant, et parfois on ne peut s'empêcher de titiller quelque peu. Surtout lorsque le perdant est Loki.
« En sachant que l'esclavage institutionnalisé a été interdit dans les parties civilisées du monde depuis un long moment, je suis assez curieux de savoir comment tout ce système d'esclavage fonctionne en pratique. Qu'est-ce que les esclaves doivent faire, en réalité ? Parce que franchement, je ne vois pas trop toutes les possibilités d'usage que je peux faire de toi, » lance Tony, son commentaire faisant se recroqueviller un peu Loki.
Le regard que lui jette la divinité est suspicieux, comme s'il tentait de trouver un motif caché à la taquinerie de Tony. « Ils font ce que leurs maîtres leur disent de faire, » dit-il finalement, méfiant.
« Et ça consiste en quoi à Asgard généralement ? »
« N'importe quelle tâche domestique qui aurait besoin d'être accomplie dans une maison normale. Corvées de cuisine, prendre soin du bétail, nettoyer, servir à table, préparer les repas, et... d'autres choses. »
« Telles que? »
Loki change de position dans son siège. « Servir en tant qu'esclaves sexuels. »
Esclaves sexuels ? Comme dans... ? C'est désormais au tour de Tony de se trémousser dans son siège. Il regrette sincèrement d'avoir demandé. Rapidement, il cherche quelque chose d'autre à dire qui remettra la conversation sur une piste plus confortable. Peut-être importe le sujet.
Tu allais regarder un DVD avant de squatter ici, lui lança son serviable cerveau.
Ouais, ça devrait le faire.
« Sérieusement, ce livre a l'air vachement compliqué. Pourquoi est-ce que je ne te montrerais pas ce qu'il y a de nettement plus intéressant au niveau du divertissement culturel sur cette planète ? T'as déjà regardé un film, Rudolphe ? »
Non, Loki n'avait jamais vu de film auparavant dans sa longue vie, et franchement il n'a aucun désir d'être exposé à un tel divertissement humain et insignifiant.
Il aurait fort apprécié de décliner la proposition de Tony, mais son radar interne et son sens de la survie lui indiquent que la meilleure option est d'accepter. Les suggestions faites aux esclaves ne sont en général rien d'autre que des ordres déguisés, après tout. Et un Tony satisfait est mieux qu'un Tony mécontent, surtout si Loki est le responsable d'une telle indisposition. Il suit donc Tony dans le salon sans se plaindre, trois pas en retrait.
L'écran pendu au mur est gigantesque, en couvrant une bonne partie. Tony hoche la tête en sa direction et raconte plein de fierté quelque chose contenant les mots entièrement neuf et centimètres et dollars, mais ça ne veut pas dire grand-chose pour Loki. En ce qui le concerne, c'est simplement un écran plat sur un mur, donc il se contente d'écouter d'une oreille le blabla de Tony.
Ayant terminé son petit monologue, Tony s'accroupit au sol et commence à farfouiller dans une pile de sortes de boîtes plates, marmonnant dans sa barbe ce qui semblait être des commentaires désapprobateurs à chaque étui qu'il prend dans ses mains avant de le reposer sur le sol. Loki reste debout, l'observant depuis une certaine distance de sécurité. Il se doute que les boîtes avec des images dessus sont des films, mais Tony semble avoir beaucoup de mal à se décider.
Quelques minutes plus tard, Tony lève la tête.
« Assied-toi, tu veux ? C'est assez pénible, de te sentir là debout derrière moi comme un porte-drapeau mal placé. »
Il y a un canapé derrière lui, mais il n'est pas très grand et ne pourrait probablement qu'accueillir que quatre personnes serrées les unes contre les autres. Il hésite pendant quelques secondes, ne sachant que faire. A Asgard, les esclaves ne sont jamais assis au même niveau que leur maître, ou de celui d'autres personnes libres. S'il n'y a aucun banc plus bas ou de chaises alentours, les esclaves devront rester à genoux sur le sol, car tout autre endroit serait au-dessus de leur condition. C'est vrai, Tony le fait assoir à la même table que lui pour le petit déjeuner, mais c'est impossible même pour un esclave de manger à table tout en étant assis au sol. Un canapé c'est différent en revanche. Il observe le meuble, mais étant donné qu'il n'y a pas d'autres directives, il s'assoit sur le sol à la place.
De plus, plus il y a de distance entre lui-même et Tony, mieux c'est. Pour diverses raisons.
« Le canapé n'est pas assez bien pour toi ? »
Okay, on dirait bien qu'il a fait le mauvais choix.
« Je suis bien sur le sol, » répondit-il, mais le regard désapprobateur sur le visage de Tony n'est pas difficile à interpréter, donc il lève et se glisse en arrière avant de poser ses fesses sur le canapé, obéissant à l'ordre silencieux.
Le canapé est en fait plutôt confortable.
Apparemment satisfait, Tony revient à ses précédentes activités. « Alors quel genre de film tu préfères, Bambi ? Horreur, action, drame... » Il farfouille dans les quelques boîtes qu'il a dans les mains, regardant chacune d'un œil critique avant de la retourner et de la replacer à côté des autres sur le sol. « Nan, attends, je sais ! » Il pointe un doigt vers Loki. « Tu es le genre à aimer les comédies romantiques, pas vrai ? »
Il n'est pas vraiment sûr si cette question mérite d'être répondue, donc il se contente de dire qu'il n'a pas de préférences particulières. Ce n'est pas comme si Tony allait choisir ce qu'il aime de toute façon, peu importe la contribution de Loki.
« Tu ne m'aide pas du tout, Reindeer Games, » lui reproche Tony, ayant manifestement préféré une autre réponse.
Loki ne dit rien, se contentant de froncer les sourcils face à une autre de ces insultes typiquement Midgardienne. Franchement, il commence à être fatigué à force de les entendre, même si en vérité cela commence à dépasser la simple contrariété. Tony lui a déjà pris sa liberté, suivie ensuite de ses vêtements qui représentaient sa dernière connexion à Asgard, et, summum du summum, il refuse d'utiliser le véritable nom du dieu nordique. Comme s'il ne méritait même plus que l'on use de cette simple reconnaissance, comme si Tony s'était donné tout ce mal pour prendre tout ce qu'il lui restait, y compris son propre nom. Ce qui constitue en réalité tout ce qu'il lui reste, à part sa vie, ce qui ne compte pas vraiment puisqu'elle appartient techniquement à Tony désormais.
L'homme a une perception nettement plus accrue que ce que Loki pense, cependant.
« T'aimes pas quand je t'appelle « Reindeer Games», Bambi ? » Tony pose une main sur son cœur, comme s'il était meurtri par l'insulte, « Et moi qui venait de prendre un soin particulier à imaginer ce surnom juste pour toi ». Il claque des lèvres dans une tristesse feinte, secouant la tête.
De la moquerie ordinaire. Loki tente de se persuader que ça ne l'atteindra pas. C'est probablement un jeu que Tony joue, tentant de le provoquer pour pouvoir ensuite punir son esclave de son accès de colère.
Et Tony semble bien décider à y arriver, car il a de nouveau l'un de ses sourires carnassiers sur les lèvres.
« Mais si tu ne l'aimes pas, je suis sûr que l'on va pouvoir arranger le problème. Je t'appellerais par ton nom – Larry ou Lenny ou peu importe ce que c'est, j'ai oublié – si tu t'adresses à moi en m'appelant ''Maître''. » L'expression de son visage reflétant une joie mauvaise. « Qu'est-ce que tu en penses ? »
Loki se crispe intérieurement. Bien sûr, si Tony lui donnait un ordre, il n'aurait pas eu le choix, mais s'adresser à un mortel avec un tel titre est dégradant pour un dieu. Bien que, pour être honnête, il est assez surpris que Tony n'ait pas déjà insisté sur ce point – c'est l'appellation normale qu'un esclave utiliserait à Asgard, après tout. Pourtant, sa bouche donne l'impression d'être remplie de cendres à la simple idée de devoir appeler Tony de la sorte.
Ce dernier observe Loki pendant un petit moment, puis hausse des épaules et se détourne. « Bon, je suppose que nous n'avons pas d'accord alors, Reindeer Games. »
L'homme continue de fouiller dans ses piles de DVD en silence, tandis que Loki l'observe à peine. Soudain, Tony lève soudainement triomphalement la main, exhibant alentour sa prise.
« Et voilà – le film parfait pour cette nuit ! » Il tourne la boîte vers Loki afin qu'il puisse lire le titre.
Reindeer Games.
Son expression doit être amusante car Tony glousse avant d'insérer le disque dans le lecteur, puis de se laisser aller dans le canapé à côté de Loki.
Le film est tout aussi nul et insipide que prévu.
Pourtant, cela reste infiniment mieux que l'alternative d'être torturé à mort dans les donjons d'Asgard.
