Coucou à toutes et à tous !

Oh la la, je suis tellement tellement désolée pour cette absence inexcusable o.o considérez-la comme un hiatus si vous le pouvez, en tout cas, je m'applatis devant vous. Je suis passée par une période assez compliquée avec pas mal de problèmes personnels, mais les choses semblent s'être tassées pour l'instant. Je ne vous promets pas un nouveau chapitre pour la semaine prochaine car ça va être un peu difficile de retrouver le rythme, mais en tout cas ce sera bien moins espacé que cette dernière attente.

Voila donc la suite, avec une alerte à la scène explicite, aussi appelé smut. Amusez-vous bien et ne bavez pas trop, hahaha.

Bonne lecture !

PS: je ne répondrai pas aux reviews pour cette semaine mais je vais m'y ateler pour la suite. Mille mercis pour tous vos commentaires extraordinaires et votre soutient :coeur: je ne sais pas ce que serait devenue cette fic sans vous !


Merlin joignit le club des célibataires maudissant la carence féminine que subissait le château (Merlin joignant leurs diatribes à mi mots, conscient qu'il ne pourrait jamais s'identifier à leurs propres cas). Morgause ne manquait pas de cavaliers – il fut particulièrement surpris de la voir bondir du mur contre lequel elle avait été posée pour virevolter sans le moindre problème dans le bras des armures entrepreneuses – et Cenred bougonna tout au long de la soirée sans jamais réussir à avoir la main de celle que Merlin devina être l'élue de son cœur.

Ce ne fut pas faute d'essayer que de le convaincre à se faire plus ferme et à s'affirmer, mais Morgause semblait accaparée par tout cet agroupement d'armures que les chevaliers méprisaient. Ceux-là n'étaient, à leurs dires, qu'une bande de parvenus. Des gardes inutiles à l'origine qui avaient volé une métamorphose utile aux chevaliers devenus, par exemple, une ridicule serpillère. Ce dernier, Léon, et Lancelot étaient les plus maussades, pouvant difficilement faire valser ces dames sans être pourvus de bras ou d'extrémités qui y soient un tant soit peu semblables.

Merlin eut en tout et pour tout droit à deux danses ; l'une avec la mannequin des couturières commères – elle s'appelait Annie -, l'autre avec nulle autre que Gwen, bien évidemment, lors d'un vide improvisé dans son carnet de danse (ou plutôt à une vague crise d'agoraphobie due à une telle suite de valses avec des objets enchantés ou un monstre de prince).

Ce ne fut pas un instant des plus plaisants, mais Merlin pouvait se réjouir de sa prestation dans le rôle du meilleur ami ou, il l'espérait, de l'ex futur-fiancé qui se réjouissait du bonheur de son amie. Amie qui lui avait dérobé sa place, sa place au château. Oui. Car plus personne ne le remarquait, tous se concentraient sur cette beauté exotique parée de jaune et d'or qui semblait illuminer la salle de bal par sa seule présence, son doux rire et ses pas de danse.

Alors Merlin buvait sans retenue ce que Gwaine lui servait et se retrouva bientôt à rire peu gracieusement de ses propos déplacés et rumeurs inédites. Il ne tarda pas à être saoul, déglutissant, de plus, deux verres entiers de bière à chaque fois que le prince et la future princesse tournoyaient près de lui, ou tout simplement au centre de la salle, juste sous le lustre grandiloquent qu'il s'amusait à imaginer leur tomber dessus.

Arthur avait retrouvé tout de son ancienne confiance et n'avait plus besoin de rechercher la moindre forme de réassurance dans des yeux désespérant du moindre contact qu'étaient ceux de Merlin.

Ce dernier en eut bientôt assez de ce poids constant et doucereux qui lui brûlait l'estomac et ne tarda pas à soupçonner une mauvaise digestion des boissons explosives proposées par la pinte fêlée. De plus, il avait chaud, mal à la tête et tout autour de lui semblait bouger plus vite, si ce n'était seulement plus que nécessaire. Et il avait besoin d'aller aux toilettes, que ce soit pour y vider son ventre ou, ce qui était quelque peu moins glorieux, sa vessie. Il ne tarda pas à abandonner d'une main dangereusement peu sûre un Gwaine accroché à un des crochets de Cenred, ignorant ses appels, pour glisser entre les différents meubles à la recherche de la sortie, se cognant contre les nombreux et vicieux angles qui lui faisaient obstacle.

Tout défilait avec force autour de lui, ne faisant monter que plus vite la bile dans sa gorge. Après ce qui lui sembla une éternité de profusion de visages décidemment bien surnaturels, il déboucha de l'autre côté de la salle après s'être extirpé des battants d'une armoire particulièrement aguicheuse pour réaliser qu'il n'avait fait que la traverser à l'horizontale et ne se trouvait pas plus près de la sortie qu'au départ.

Dans la confusion brumeuse qu'était son esprit, il se sentit vaguement paniquer en réalisant avec beaucoup de lucidité qu'il n'arriverait pas à temps dehors. Merlin se pencha contre le mur, soutenu par ses bras tendus, pour tenter de respirer et retrouver un quelconque semblant de calme, mais tout était trop bruyant et musical, et quelqu'un le retournait avec force pour s'enquérir de son état, tandis qu'une autre voix, plus aigue encore, lui perçait les tympans sans se faire comprendre le moins du monde, une voix qu'il se surprit à détester aussi sûrement qu'il savait qu'une autre de ses catastrophes habituelles allait se produire. Sa magie frétillait. Littéralement. Il pouvait la sentir sautiller sur ses bras, stimulée à outrance par une trop grande quantité d'informations. La catastrophe se fit en grande pompe, une manifestation protectrice de la magie de Merlin qui fit se renverser, écho à ses précédentes pensées, le grand, grand lustre en cristal éclairé d'une centaine de petites chandelles en plein centre de la salle.

Des cris se firent aussitôt entendre. L'attention de ses deux sauveurs se tourna sur la catastrophe et Merlin s'enfuit aussitôt en direction du balcon, longeant les murs pour s'y précipiter bouche grande ouverte et les poumons alertes à l'idée d'inspirer profondément l'air frais de cette soirée d'hiver. Il fut accueilli par une grande bourrasque de vent qui lui remit rapidement les idées en place, du moins pour l'espace de quelques minutes.

Il cligna vaguement des yeux, tentant d'analyser de manière un peu plus conséquente les évènements sans pouvoir se concentrer sur autre chose que deux simples faits : de un, il n'avait jamais autant bu de toute sa vie et il était urgent qu'il remédie à ce problème ; de deux, sa magie lui avait échappé pour provoquer une situation des plus dangereuses.

Il tituba jusqu'aux escaliers menant aux jardins, les descendit en gardant une main avisée contre le mur et tomba aussitôt à genoux en rejoignant la pelouse négligée pour vomir la totalité des bonnes idées de Gwaine. Il toussa un long moment encore, la respiration entrecoupée de hauts le cœur et profita d'un bref répit pour invoquer sa magie, lui priant d'absorber, sinon de dissimuler quelques quantités d'alcool pour limiter ses effets sur ses actions. Il se laissa finalement tomber sur le côté et roula sur le dos, observant les étoiles qu'il pouvait percevoir en de fins sillons argentés.

Il entendit alors quelques échos de rires et sentit le soulagement l'envahir quand la musique résonna à ses oreilles.

Il était bien, là, seul et pathétique et malheureux comme les pierres. Le tourbillonnement incessant des choses, ou des ténèbres de ses paupières closes étaient même apaisantes, le rendit somnolant et adoucit même sa panique antérieure.

De longues minutes s'écoulèrent pendant lesquelles il apaisa les battements de son cœur précipité, et quand l'odeur de ses entrailles lui fut insoutenable, il se redressa lentement, très lentement, de peur de voir la réalité lui échapper à nouveau.

Il avança avec précaution, longeant le mur, songeant qu'une brève promenade ne pouvait qu'être avantageuse envers son état. S'éloignant petit à petit de la salle de bal pour rejoindre une nouvelle suite de jardins, il se laissa aller à des divagations poétiques sur la beauté de cette nature sauvage, de cette propriété laissée à l'abandon. Tout était sombre et s'élevait sans harmonie, fantômes et monstres à l'affut d'une quelconque âme innocente qui se révélaient, une fois que l'on s'en approchait d'assez près, n'être que de tristes branches ou buissons désolés et dépouillés de leurs feuilles.

Il continua son exploration pendant quelques minutes, quittant définitivement les abords du château pour s'enfoncer profondément dans ce qui se révélait être les restes d'un labyrinthe aux vieilles ronces insistantes qui se prenaient sans relâche dans ce qui avait été un pantalon flambant neuf. Il pouvait voir le labyrinthe se profiler au loin, les buissons trop maigres pour induire le moindre voyageur en erreur, et il voyait son centre qui s'élevait en des ombres droites qui interpelaient son esprit confus.

C'était là un bosquet des plus privilégiés, réalisa-t-il en débouchant enfin sur cet espace aménagé et taillé. Merlin invoqua une simple boule de feu pour éclairer les environs et se rendit compte de l'entretient étonnant de ces lieux. L'herbe y était verte et fraichement coupée, et des buissons taillés à angles droits s'élevaient haut dans le ciel sombre entourant une petite construction de pierre. Quatre simple murs de vieille pierre recouverte de lierre, dotés d'une porte somptueuse. Faite de métal rouillé, elle n'avait rien de semblable à l'opulence qui décolait la demeure du prince mais ne manquait cependant pas de raffinement.

Il poussa lentement la porte qui grinça sur ses gonds et, dans ce petit espace qui s'illumina aussitôt par magie, il vit un escalier s'enfoncer dans des profondeurs éclairées. D'un pas prudent, il l'emprunta pour, une fois arrivé quelques mètres plus bas, se retrouver avec le souffle entièrement coupé.

Des cristaux de lumière argentée flottaient dans cet espèce de temple en ruines, tout fait de vieille pierres et de colonnes à moitié brisées, soutenant une voute aux peintures effacées, scènes de dieux divers que Merlin n'arrivait pas à reconnaître. Le plus choquant, cependant, était cette quantité incommensurable de ronces qui dévoraient toute surface sur leur passage, à l'exception d'un sentier étrangement bien entretenu qu'il emprunta, menant à un espace rectangulaire auquel il accéda en descendant deux marches. Au centre se trouvait une petite table ronde en pierre, vers laquelle un entortillement de ronces tombait du plafond, porteur de deux seules et uniques roses. L'une était un bouton, et l'autre s'était déjà ouverte, d'une beauté sans pareille, rouge comme le sang, et dégageant une odeur enivrante.

La table était vide, si ce n'était recouverte de poussière sur les contours d'un objet quelconque, un objet rond et familier serti d'une sorte de poignée.

Le miroir.

Merlin écarquilla les yeux, dévisagea le lieu en tournant sur lui même, conscient de se trouver en un lieu sacré que nul homme, nul mobilier, nul être ne pouvait souiller de sa présence si ce n'était, au vu de son intuition aux origines très certainement magiques, Arthur.

Ce lieu était sacré. En quoi, Merlin ne pouvait le deviner. La seule certitude qu'il avait était que ses yeux étaient irrémédiablement attirés par ces deux roses et qu'en dépit de ce que lui disait sa conscience, il avait une urgente envie de les toucher.

N'importe qui de sensé aurait vu le piège gros comme une maison, et Merlin pouvait sentir la nouvelle catastrophe arriver. Mais c'était comme s'il était paralysé, envoûté, forcé à tendre ses doigts pour effleurer la pétale d'un rouge poignant, d'un geste si léger qu'il ne pouvait être vraiment sûr de l'avoir touchée.

- Je ne comprends toujours pas… résonna la voix d'Arthur

- C'était effrayant, non ? gloussait Gwen.

- Dangereux, oui.

- Mais tout va pour le mieux, n'est-ce pas ?

- Où est Merlin ?

Merlin retira aussitôt sa main pour entendre sa respiration saccadée. Il s'était cru un instant retourné dans la salle de bal, valsant dans les bras de sa meilleure amie, dans un corps bien loin d'être le sien. Une sensation si semblable à la possession des animaux. Il fronça les sourcils, hésita à nouveau puis, d'une main quelque peu plus sûre, caressa franchement la pétale de rose.

- Est-ce que tout va bien Arthur ? s'enquit Gwen, et Merlin put apercevoir l'espace de quelques instants ses sourcils froncés en une expression familière d'inquiétude.

- Je… commença Arthur avant de se dégager brutalement, un râle inquiétant s'échappant de ses lèvres. Je ne…

Merlin fronça les sourcils et recommença ce bref mouvement, seulement pour sentir un écho de son toucher sur ses parties intimes – non, pas les siennes, celles d'Arthur, qu'il sentit se figer sur place. Il recommença. Non, pas que là, mais comme une onde de plaisir qui transperçait tout son corps, de la tête aux pieds, qui enflammait ses reins et qui lui coupait – leur coupait le souffle à tous les deux. Et avant qu'il ne s'en rende compte, il s'était mis à caresser la fleur comme s'il s'agissait d'une amante, et, luttant contre cet appel des plus malsains qui leur faisaient, à tous les deux, retenir des gémissements au fond de leur gorge, Merlin s'enfuit, quittant ce lieu étrange pour rejoindre le château, passer par les passages les moins fréquentés pour rejoindre sa chambre.

Or, à peine atteignit-il le seuil de la porte qu'il se sentit brusquement agrippé par le bras et balancé contre le mur où il y resta coincé, dominé par l'entière hauteur de ce qu'il devinait être un Arthur à la respiration saccadée.

Merlin déglutit.

- Laissez-moi, qu'est-ce que…

- Qu'est-ce que tu m'as fait ? gronda Arthur.

Son souffle vint fouetter le visage de Merlin, emprunt de vapeurs d'alcool, et le jeune homme retint sa respiration en réalisant la proximité du visage du prince, reculant sa tête le plus possible, à en coller sa joue contre le mur.

- Je ne vois pas…

- Qu'est-ce que c'était… ça ? Qu'est-ce que tu as fait ? Je sais que c'était toi, je l'ai senti, je…

- Quoi, Arthur ? Je ne vois pas de quoi vous…

Arthur le cogna brutalement contre le mur pour le faire taire, un rugissement montant dans sa gorge. Merlin gémit, cligna lentement des yeux et les plissa pour tenter de discerner le visage de la bête et n'y voir que sa silhouette sombre. Il ne pouvait néanmoins s'empêcher d'imaginer ses crocs aiguisés retroussés près de son cou malheureusement exposé.

Il était terrifié par cette proximité. Or sa magie semblait palpiter, s'en réjouir, le gardant à fleur de peau, dans cet état dérangeant semblable à son excitation indésirable dans la cave aux ronces. Il déglutit une nouvelle fois, murmurant un « Arthur » anxieux en sentant le prince empiéter définitivement sur son espace personnel. Sa respiration lui réchauffait désormais le cou, et l'image mentale des crocs ne fit que s'accentuer, redoublant l'intensité de sa magie qui rendait ce non-contact presque insupportable au vu de la sensibilité de sa peau.

- Arthur, qu'est-ce que…

- C'est de ta faute, c'est toi, je ne sais pas, c'est toi, qu'est-ce que…

Merlin frissonna quand le nez d'Arthur le frôla et sans pouvoir se retenir, ses hanches le poussèrent en avant, s'agrippant à Arthur par la nuque. Aussitôt, le prince l'attrapa par la taille, se pressant contre lui, là où une proéminence des plus agréables se faisait sentir sur la sienne.

Il ne s'étonna qu'à moitié de la réaction de son corps, son esprit alors tout dirigé sur la langue d'Arthur qui le goûtait timidement, murmurant des insultes à peine compréhensibles. Sa respiration se faisait saccadée, en rythme avec les ondulations de leurs bassins qui cherchaient encore et toujours cette friction qui le faisait bouillonner, excitait sa magie qui semblait vouloir crépiter hors de lui.

Les mains d'Arthur quittèrent un instant sa taille et il gémit de mécontentement, uniquement pour que le prince ne lui donne un vague coup de la tête pour le maintenir en place, ses mains tirant sur sa chemise pour la dégager de son pantalon et les courir le long de son abdomen.

Les frissons se firent plus intenses que jamais auparavant et Merlin laissa échapper un râle brusque avant de retenir sa respiration, s'accrocher plus fort encore à Arthur et retenir un gémissement pénible au fond de sa gorge. Ses yeux étaient fermés et se plissèrent durement quand le pouce d'Arthur effleura son téton.

- Arthur, vous… essaya-t-il de dire d'une voix tendue mais le prince affermi sa prise sur le tendre bout de chair pour le faire taire et tout ce que Merlin put faire fut accentuer désespérément la friction contre le bassin du prince qui y répondit avec un enthousiasme brutal.

Une voix masculine se fit alors entendre à l'autre bout du couloir, suivi du rire gras et joyeux de Gwaine. En moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire, Arthur avait tiré Merlin par la peau du cou à l'intérieur de sa propre chambre - le plaqua à nouveau contre la porte - reprit l'exploration tendre de son cou d'un vague frôlement des lèvres.

Les chevaliers ne tardèrent pas à frapper à sa porte, laissant entrer les échos d'une dernière blague particulièrement amusante et des « Merlin ! » enjoués. Ce dernier hoqueta avant de sentir la main d'Arthur se plaquer sur sa bouche.

Merlin tenta de croiser son regard pour ne percevoir que le simple contour de son visage. Il leva une main timide, caressa du bout des doigts les écailles parsemant sa joue.

Sa tête tournait encore, rendant la situation plus surréelle qu'elle ne l'était déjà. Les chevaliers continuaient de l'appeler alors qu'Arthur reprenait l'exploration de son corps d'une main, maintenant sa bouche scellée de l'autre. Il la glissait le long de son torse, puis la redescendait, jouait avec la sensibilité de sa peau avoisinant sa ceinture. Il y a glissa un doigt, puis deux, avant d'entreprendre de défaire l'emprise du cuir sur son pantalon.

Une affreuse sensation de familiarité l'envahit alors, comme ces mains presque anonymes le touchaient si intimement, là, dans le noir, dépourvues de véritable identité de part à leur appartenance à un être mutilé et si loin de sa véritable apparence, de l'homme qu'il avait été. Un homme, une bête. L'aurait-il seulement envisagé, autrefois ? Ce qui le touchait n'avait pas d'identité et n'avait jamais été aussi précis, et l'horreur d'une telle idée mêlée à une exaltation des plus malsaines lui fit perdre tout contrôle.

Arthur y répondit avec avidité, soulevant ses jambes pour les coincer autour de sa taille et l'écarter de la porte pour s'asseoir sur le rebord du lit où Merlin se perdit en mille caresses, frottements et recherche d'un plaisir qu'il avait jusqu'ici craint et que le prince n'avait pu connaître depuis plusieurs siècles.

Ils ne remarquèrent pas les draps se refermer sur eux quand doucement, à bout de souffle et dans un mélange effrayant de doutes et satisfaction, ils se laissèrent tomber dans le sommeil.


Merlin ne sut trop s'il avait réussi à s'endormir ou non. Tout le reste de la nuit s'écoula en un affreux bourdonnement ensommeillé et que la présence inédite d'Arthur rendait impossible à affronter, rendant ses muscles impatients et tremblants. Il n'avait ni froid ni chaud, peut-être avait-il de la fièvre ou était-il tout simplement enfiévré. Sa conscience lui revenait par saccades, lui rappelant les évènements de la veille, les idéalisant ou les enlaidissant sans lui laisser le moindre répit. Il remuait sans cesse, ouvrait les yeux pour soupirer et les refermer avec force, et quand Arthur perdit patience, aux environs de l'aube, ce fut pour lui passer un bras ferme autour du torse et le maintenir contre le sien, immobile. Arthur enfouit son visage dans la nuque de Merlin et n'en bougea plus, et le sorcier se laissa petit à petit bercer par le sommeil pour se laisser réveiller d'un brutal accès de conscience alors que le soleil rejoignait le zénith.

Arthur était parti.

Il se redressa lentement, passant une main hasardeuse dans ses cheveux, laissant les draps glisser lentement le long de son corps et il ferma les yeux, laissant reposer son front sur sa main. Il laissa l'horreur à laquelle il s'était attendu toute la nuit le frapper de plein fouet et réussi à garder un semblant de contenance, ne laissant son angoisse se manifester que par une respiration plus sifflante que d'habitude. Il était en proie à une terrible migraine, et jamais sa bouche n'avait été aussi sèche.

Il en était à considérer une nouvelle fuite, cherchant dans sa tête le moyen d'endormir une nouvelle fois Arthur, quand un nouvel accès de conscience le frappa et il redressa la tête avec horreur pour vérifier la présence de Tristan et Iseult. À son plus grand soulagement, il les vit absents de leur place habituelle, au pied du lit – et sentit une sueur froide lui glisser le long du dos quand il se rappela la présence du lit-même. Lentement, il se retourna vers la tête de lit avec horreur, et il constata à son plus grand désespoir que le meuble lui souriait de toutes ses dents en une grimace débordant de sarcasme.

- Eh bien, dit Kilgharrah d'une voix enjouée. Cette nuit fut des plus intéressantes, n'est-il pas, jeune sorcier ?

Merlin cacha son visage dans ses mains au moyen d'un gémissement désespéré.


Hahaha, et voila ! J'espère que vous n'êtes pas trop déçus par ce chapitre après la longue attente. J'espère vous retrouver tous pour la suite, et mille merci encore pour votre soutient (je pense à toi Gargouilles, ton message m'avait vraiment beaucoup touché ! mille mercis encore :) ).

Merci d'avoir lu, et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, vous autres, mes pervers préférés :)

OaD