CHAPITRE ONZE
Nous avancions avec peine dans les marais boueux des terres sauvages de Korcari depuis déjà cinq longues journées, cela faisait maintenant un peut moins d'un mois que nous étions partis de Fort-Céleste, la famille Pentagasht était restée sur place en tant qu'invitée, et j'eu une pensée compatissante pour Joséphine, qui devait gérer la bonne entente entre l'Inquisition, et les royalistes Nevarran.
Chevauchant mon Bal'Rah, j'étais à la tête du petit groupe, Sera, Morrigan, Iron-Bull, Dorian, et Varric formaient une longue ligne à cheval. Cassandra fermait la boucle, à cheval sur son Hahl appelé Ohtar, ce qui signifiait Guerrier dans ma langue natale, nous l'avions choisie ensembles après une longue nuit blanche à apprendre les thermes elfique, il y a de cela deux nuits, les tours de garde était long, et il fallait bien s'occuper.
Les pattes de ma monture était collantes de terre, certains chemins était absolument inaccessibles, nous avions due faire plusieurs demi-tour, avant que Morrigan ne puisse enfin trouver une nouvelle route à prendre.
La nuit commençait peut à peut à tomber, j'allumais une torche pour la fixer au devant de la selle, mes compagnons m'imitèrent sans attendre, nous devions absolument trouver un endroit propice au repos, jusque là nous n'avions pas put nous arrêter, pris de cours, nous étions forcés de poursuivre notre chemin, sans certitude de pouvoir monter un campement pour ce soir.
En réalité, je redoutais plus que tout l'heure du coucher, je prenais la concoction amère de Morrigan chaque soir, même si la curiosité était bien présente, je ne voulais plus souffrir de délires nocturnes. C'était peut-être lâche, mais j'avais l'occasion de me reposer pendant le voyage, et j'en profitais autant que possible.
...
J'avais entendue bon nombres de légendes au sujet de Flemeth, notamment le fait qu'elle est engendrée une tripoté d'immondices avec les Chasinds pour se venger d'une histoire de coeur, toutes des filles selon les rumeurs. Lorsque je regardais Morrigan, je doutais fortement de la légende, elle avait tout pour plaire, bien qu'encore elle se montre parfois trop acide, elle était plus désirable que rebutante. Sortie de mes songes, j'apercevais enfin une petite clairière.
Le terrain plat en vue, j'accélérais la cadence. En s'engouffrant dans la prairie, je voyais d'ici la silhouette d'une demeure, celle-ci tortueuse, en hauteur d'un arbre massif imposant de sa superbe. La petite bicoque était assez modeste, le toit recouvert de mousse végétale, un habitat étroit cela va s'en dire. Je me retournais pour croiser le regards fauve de Morrigan, elle me semblait tendue, je lisais quelque chose d'inhabituel dans ses yeux, de la peur. J'étais donc certaine d'être arrivée à bon port. Descendant de ma monture, le derrière endolorie d'une chevauchée laborieuse, je m'étirais sous le regard incrédule de mes compagnons.
Sera ne semblait pas vouloir descendre de son cheval, et Varric s'agrippait à elle confirmant ce que je pensais, tout le monde avait une peur bleu de mettre pieds à terre.
*-C'est quand vous voulez...* Dis-je finalement, plus agacée qu'autre chose. Cassandra arrivait enfin, son pantalon boueux, ainsi que son hahl recouvert de terre humide, je comprenais sans peine qu'elle était tombée, et en vue de son regard courroucé, c'était récent. Je me retient de rire, aidant Varric a descendre, et forcer Sera a suivre le rythme, non s'en l'entendre rechigner.
Dorian et Iron-Bull allèrent immédiatement monter le campement, ils était vaillants et ne posaient que peut de questions, Varric et Sera les aidèrent sans attendre. Ne restait plus que moi, Morrigan et Cassandra devant l'escalier en colimaçon, fait de planches en chênes, nous menant au devant de la demeure.
Une fois arrivée devant la porte, Morrigan s'arrêta.
*-Je ne suis pas certaine...* Elle recula, se cognant à moi dans un sursaut, je la vis se retourner, pénétrer son espace intime était quelque chose d'agaçant pour elle.
*-ça va aller. Je penses qu'il serrait préférable qu'elle vous voit en premier, ça nous éviterais peut-être de recevoir les foudres d'une sorcière agacée de recevoir de la visite imprévue.* Dis-je, essayant de lui sourire, mais j'étais tout aussi tendue qu'elle, si ce n'est plus.
Inspirant profondément, Morrigan mis un temps considérable à frapper sur le bois de la porte. Personne ne répondit, hésitante, elle empoigna finalement la poignet de porte, et entra.
...
L'intérieur de la chaumière était véritablement chaleureux, les murs arrondies de la maisonnette offraient une forme coconeuse, comme un nid douillet. Il y avait toutes sortes de plantes suspendues au plafond, quelques herbes séchées a l'unique fenêtre arrondie non loin de la cheminée. Je regardais d'un oeil curieux les poupées et jouets de bois entassés sur les étagères, la vaisselle était en bois, tout était relativement modeste, et c'est le genre de bicoque que j'appréciais.
Mais pas l'ombre d'une vie. Le feu était pourtant haut dans la cheminée, la table comportait une écuelle aux bouillon encore chaud, l'odeur me fis gargouiller, cela faisait maintenant plus d'une trentaines d'heures que je n'avais rien avalée.
*-Elle était ici.* Dit Morrigan, celle-ci cherchait dans la bicoque le moindre indice de présence, mais l'évidence était là, nous étions seules.
Un fracas nous interpella, cela venait de l'extérieur, Cassandra se précipita au dehors, suivit de Morrigan et moi même.
...
Dorian, Iron-Bull, Sera et Varric étaient à quelques mètres du sol, flottant dans une sphère rougeâtre, aux lueurs menaçantes. Cassandra dégaina son arme sans attendre, ainsi que son bouclier, les deux objets lui fut arrachaient de force, virevoltant dans le vide jusqu'à s'écraser au sol, juste à côté des armes de nos coéquipiers.
Je cherchais du regard d'où venait la source magique, et ne fut cas moitié surprise de voir onduler la silhouette de Flemeth, juste sous la sphère où mes amis étaient emprisonnés. Elle s'avançait vers nous, relevant sa tête cornue pour observer de ses yeux fauve Cassandra, moi, puis Morrigan. Je jurerais à l'instant avoir lue une certaine surprise lorsque son regard se posa sur sa fille, avant de reprendre un air hautain, impérieux, plutôt désagréable de mon point de vue.
*-De la visite, et pas des moindre.*Dit-elle, montant lentement les marches de cet escalier miteux, aux planches grinçantes, chaque pas plus proche de nous me tordait le ventre, je ne savais absolument pas ce que j'allais dire, ni comment j'allais mi prendre. Reculant instinctivement, je sentais mes talons s'approcher du vide, et je commençais sérieusement à me demander pourquoi j'avais proposée un tel périple.
Flemeth arriva inévitablement à notre hauteur, juste devant le paillasson modeste de sa bicoque, elle claqua des doigts, et j'entendis d'ici mes amis tomber lamentablement au sol, les uns sur les autres. Je tant un bref coup d'oeil sur mon équipe, je voyais d'ici les chaussures de Varric sous un amas de Qunari, Elfe et Homme... cocasse, me disais-je.
*-Je ne m'attendais pas à te revoir de si tôt ma fille. Mais je suppose cas présent, je suis quelque peut forcée de vous accepter à ma table.* Elle baissa les yeux, observant Sera et Varric s'extirper d'Iron-Bull entassé sur Dorian. *Quand à eux ils restent dehors, un semi-homme à ma table fait mauvais genre, un garçonnet aux penchants douteux, un Qunari de confiance moindre, et une Elfe au comportement grossier, j'en aurais déjà assez avec ma fille, l'Inquisitrice et cette qui se prétend Chercheuse de Vérité.* Flemeth se tournait vers sa porte, la ré-ouvrant sans même la toucher, elle ne nous accorda pas un regard, instinctivement nous la suivions, j'échangeais un regard avec Cassandra, le genre d'œillade réconfortante avant la tempête.
...
Il était étrange de voir de mes yeux, l'illustre légende nous servir un simple pot au feu, serte l'odeur était succulente, mais je voyais Flemeth... disons, moins commune.
*-Ma fille, ton entourage est toujours aussi varié, mis à part les quelques boiteux pitoyables à l'extérieur, je suis curieuse de voir à ma table l'Inquisitrice en personne, et son amante fraîchement conquise.* Elle ricana entre ses dents, savourant une bouchée de pot au feu. *Je suppose que vous ne venez pas pour prendre de mes nouvelles naturellement.* Dressant ses arcades fines, elle jetait un regard bref a sa fille, Morrigan était bien plus silencieuse que la normale, mangeant sa gamelle sans broncher.
Cassandra était tendue, prête à mordre au moindre dérapage, quand à moi, je m'empiffrais honteusement, n'ayant aucun remord à savoir mon équipe à l'extérieur sans avoir la chance de goûter à cette merveille de pot au feu.
*-Au moins l'une d'entre vous sait rendre justice à mes talents culinaires.* Dit-elle, m'observant, mes joues étaient remplies à craquer, une goutte de bouillon coulant le long de mon menton, je sentais les regards se poser sur moi, et j'avala précipitamment mes aliments en bouche, retrouvant un peut de contenance en toussant derrière ma main.
*-C'est délicieux Madame.* Dis-je, j'étais en présence de Flémeth, et la seule chose que je trouvais à faire, était de me bâfrer...
*-Vous mangez pour deux, attendriez-vous un petit?* Me dit-elle, scrutant sournoisement la boutonnière de mon veston, j'hochais négativement du chef.
*-Comme vous pouvez le constater, je suis avec Cassandra, la logique voudrait que je ne puisse tomber enceinte.*
*-Dans le cas ou vous serriez fidèle oui.* Dit-elle, observant avec amusement le visage de ma compagne se décomposer. Cassandra me jeta un regard incrédule et ne put s'empêcher de me question ouvertement.
*-Pourquoi cette insinuation Tara?* Demande t-elle, un poils agressive. Je regardais à tour de rôle Morrigan et Flemeth, les deux sorcières avaient adopter un leger amusement dans leur regards.
*-Tu sais très bien que je te suis dévouée allons...* Fronçant les arcades, j'étais vexée, pire encore ma partenaire ne me faisais pas confiance. Je croisais mes bras, m'adossant à ma chaise l'air boudeuse.
*-Votre chien de garde semble joueuse, il suffit de lui tendre une perche pour qu'elle la mordre et y tire dessus de toutes ses forces.* Dit Flemeth, tout en accusant sans mal le regard irrité de ma compagne. Cassandra finit par hausser l'épaule, reprenant sa dégustation.
Un silence s'installa, Flemeth savourait nos airs bougons, quand enfin Morigan sue décrocher ses mâchoires pour dire deux mots.
*-Nous sommes ici pour le cas de notre Inquisitrice. Dans ses rêves, tu étais présente et...* Coupée par sa mère.
*-Je sais tout ça, inutile de rentrer dans les détails, ce n'est pas comme si, depuis un mois tout au plus, chaque nuit je devais me battre seule contre la stupidité grandissante de votre Grâce.* Flemeth balayait de sa main droite son coin de table, mais ses traits d'un calme imperturbable juraient avec son comportement global. Je me rembrunis à mon appellation, enfonçant ma tête entre mes épaules.
*-Mère?* Morrigan courbait ses sourcils d'interrogation, quand à Cassandra, ses poings était durement fermés sous la table, elle devait certainement lutter pour ne pas tout casser.
*-Je vois que mon enseignement patauge...* Elle jeta un bref regard à sa fille, Flemeth semblait légèrement agacée, avant de reprendre. *Votre chère, et si précieuse Inquisitrice, non contente d'être une mage d'exception, se voit dans l'incapacité totale d'user de ses dons sans en affecter l'Immatériel. Vous-êtes bien trop émotive, Lavellan, votre empathie vous perdra.* Reprenant un bouchée, elle m'observait, et je me sentais soudain le centre de ses attentions, j'en fut stupidement gratifiée, mon coeur elfique palpitant à tout rompre. Enfin, lorsque le rouge à mes joues se dissipait peut à peut, sous le regard jaloux de ma compagne, et amusé de Morrigan, j'arrivais enfin à lui répondre, les yeux dans le décolletée pour éviter le malaise de son regards acide... bien mal m'en fasse...
*-Je ne suis pas certaine de comprendre... Selon vous, tout ce qui m'arrive n'est que le fruit de mes actes erronés?* Demandais-je, la voix plus aiguë que la normale.
*-C'est pourtant d'un simple navrant!* S'exclama t-elle, presque impatiente. * Votre amour inconditionnel pour cette humaine, rend aveugle tous vos faits et gestes, avec un minimum de jugeote, vous cesseriez cette relation nauséabonde pour l'Inquisition. Les choses sont ce qu'elles sont Inquisitrice, à trop prêcher le désir, celui-ci vient à vous, sous toutes formes qu'il soit. L'esprit qui jadis fut aimé, ne peut accepter cette nouvelle attirance, à présent il se bat pour vous reconquérir, sous la forme la plus adaptée qui soit, les traits de votre amante.* Expliqua t-elle, mon regard s'illuminait doucement, réunissant les fragments de mes songes, je commençais à comprendre.
*-Naëllin...* Dis-je à mi-mot. Flemeth élargit un sourire, hochant en fermant les yeux l'espace d'un instant, comme pour me réconforter dans ma compréhension.
*-Naëllin?* Me questionna Cassandra, guère certaine d'avoir compris.
*-Il était mon fiancé, il y à de cela quelques années déjà. Mon...* J'hésitais à poursuivre, mais le regard de Cassandra supplicatif, désireux d'en apprendre plus me poussa à agir.* Et bien. Mon clan devait évoluer en son sein, il était impossible pour nous de nous mélanger à la population du coin, sans en affecter notre lignée. Mon père me choisit donc un époux à l'âge de huit ans, Naëllin Damatiel Lavellan. Il devait avoir cinq ou six ans de plus que moi à l'époque, il m'appris à chasser, à chevaucher correctement, et surtout à décupler mes dons en la magie, notre Archiviste veillait à ce que nous nous entendions bien pendant notre apprentissage. Naturellement je finis par m'attacher, et nous nous sommes mariés à mes seize saisons.* Je malaxais ma nuque, sentant le poids de la trahison sur mes épaules, lorsque je relevais mes yeux, je voyais Cassandra se décomposer en milles morceaux.
*-Poursuivez.* Me proposa Flemeth, très calme, alors qu'elle nous servait un thé chaud, aux senteurs aromatiques de grâces sylvestres.
*-Cela faisait deux ans jours pour jours que nous étions ensembles, Naëllin avait était un époux attentionné, aimant, jamais il ne m'avait déçue par un comportement nocif, agressif, ou menteur. Notre relation n'avait rien de maladroite, bien au contraire, tout était correctement orchestré, de notre première nuit à la dernière, ce jours là Naëllin s'était éloigné du campement pour accompagner les chasseurs, me sachant enceinte, Naëllin pris plus de risques quand temps normal, franchissant les limites de notre territoire habituel, il était partie voler quelques aliments dans une épicerie, volailles, fruits, légumes, tout ce que les caprices d'une femme enceinte désiraient.* J'haussais mon épaule, poursuivant d'un ton plus défaitiste. *Nous l'avons retrouvé attaché à un arbre, le corps criblé de coups et de plaies faites à la dague, une pomme enfoncé dans la gorge avec un message grossier à notre égard.* Je triturais le bois de la table, retenant ma rancœur du mieux que possible. *Une réprimande aurait largement suffit, si Naëllin n'avait pas eu le malheur d'être différent, d'être un Dalatien...* Je secouais la tête, dépitée, et sentie la main de Cassandra se refermer sur mon épaule, essayant de me rassurer, je m'attendais à des reproches, ils viendrons plus tard certainement...
*-Donc.* Repris Morrigan.* Si je comprends bien, l'esprit de Naëllin dans l'Immatériel se refuse à céder sa place si facilement, qui à torturer son épouse?*
*-Ancienne épouse.* Se sentie de rajuster Cassandra, sous le regard amusé de Flemeth.
*-Ancienne oui..., peut-importe. Il ne doit même pas se rendre contre du mal qu'il vous fait, désireux d'exprimer encore son amour vivace... cela explique que Cassandra dans vos songes, soit si agressive, il veut nuire a son image, probablement vous en éloigner, il la perçois nocive. Ce qui, sur le plan affectif, me semble tout à fait cohérent.*
*-Et... le loup?* Demandais-je, évitant soigneusement le regard de ma partenaire.
*-Je dirais un ami fidèle, cependant, sur cette voie Inquisitrice, je ne peux vous guider, il y a des choses qui se dévoile qu'en d'autre temps, sachez garder patiente, acceptez seulement l'aide de ceux qui sont encore aptes à vous tendre la main.* Elle hocha à ses dires, avant d'ajouter.*Il est temps pour vous de déguerpir de ma modeste demeure, je serrais là pour vous rattraper lors de vos chutes inexorables dans vos songes, il faut parfois tendre l'oreilles malgré la douleur d'un passé idyllique refaisant surface au moindres perturbations sentimentales, écoutez ce que votre ami veut vous dire, et agissez en tant que tel.* Elle se releva sans accorder plus d'attention que nécessaire.
Je regardais Cassandra puis Morrigan, celle-ci semblait déçue, peut-être s'attendait-elle à un élan d'affection de la part de son aînée. En vain, nous nous relevions, quittant la table.
*-Merci.* Dis-je en me retournant, avant de passer le seuil de la porte, suivit de Cassandra.
Morrigan allait sortir à son tour, mais la voix de Flemeth l'interpella, celle-ci semblait s'être adoucie, du moins, c'est ce que je crue entendre.
*-Toi tu reste ici cette nuit.* Lui-dit elle simplement, Morrigan hésita un instant, avant de nous sourire, et de refermer la porte derrière nous.
