Réponses aux reviews :

CriticalFanfiction : Un grand merci à toi, pour tes reviews détaillées et pour le temps que tu as pris à reviewer chaque chapitre ! A chaque review, je retenais mon souffle, espérant que le chapitre suivant t'avait plu… ;) Merci pour tes encouragements, je suis contente d'être sur la bonne voie ! J'espère que cette suite te plaira tout autant !

Loufoca-Granger : Merci pour ta review. C'est marrant que tu trouves Draco ramolli, j'aurais plutôt dit amoureux… Il va se durcir un peu. J'aime bien ta dernière hypothèse du pouvoir d'Hermione sur lui et qu'elle s'en serve. J'y ai pensé, j'utiliserai peut-être ce pouvoir mais seulement pour « jouer » ou se venger. Je n'irai pas jusqu'au bout, comme tu l'as décrit, car j'ai une tout autre idée du dénouement. Enfin, pour l'instant… Bonne lecture !

Still-Hopee : Un grand merci pour tes détails ! J'apprécie que tu détailles ainsi les personnages et les impressions que tu as eues à leur propos. Tu es très exhaustive ! Je vais en effet approfondir cette histoire de poison, je te laisse lire la suite…

Anne : Merci pour ta review pressée et enthousiasmante ! J'espère que ce chapitre te plaira.

Tisami : Merci beaucoup pour ta review. Bonne lecture pour ce chapitre-ci.

Pommedapi : Ca faisait longtemps que je n'avais pas eu ton avis et je suis contente de le retrouver ) J'aime beaucoup tes quelques lignes car c'est vraiment de là que je suis partie : essayer de déjouer les plans de Rogue et Voldemort avec une Hermione qui se sert un peu de son cerveau J'espère que ce chapitre te plaira aussi !

Fiind-l0ve : Mon chapitre est en ligne, promis je m'occupe du tien ! Merci pour ta review très motivante, comme d'hab ! J'aime tes fantasmes sur Draco, ça fait parfois un peu peur mais je te connais comme ça ) Et puis ton jeu de mots sur « baver » m'a fait beaucoup rire, mà poulpette blonde ! Ce chapitre est dans la continuité du précédent et j'espère que tu ne seras pas déçue !

Love-OneTreeHill : Merci beaucoup pour tes encouragements, ça m'a fait chaud au cœur ! J'espère que ce chapitre te conviendra aussi, bonne lecture !

TeddyFordy : Je croyais que Teddy était un prince distingué qui parlait pas wesh wesh… Je te rassure, ce chapitre sera moins « cho » (pour te citer)… Il y aura de l'action, pour quelqu'un qui se plaint de la platitude peu avérée de ma fiction, huhu ! En attendant, révise bien tes chers oraux et bonne chance ! Héhé, comme qui dirait… J'ajoute : félicitations pour ton bac, tu es au top ! On est fiers de toi ;)

Malicia M. Dalriada : J'espère que tu as trouvé le courage d'attendre la suite ) Tu vas enfin savoir qui a osé les interrompre… Tu as raison pour Rogue, ce serait bizarre qu'il débarque, même si j'y ai pensé… Je te laisse lire ce chapitre, en espérant que ça te plaira !

P'tite jiji : Merci pour tes reviews, j'espère que la suite t'a plu ;)


Coucou amis lecteurs !

Je suis heureuse de trouver enfin le temps d'achever et de poster ce onzième chapitre ! Depuis que j'ai fini les cours, je pensais avoir le temps d'en publier au moins un par semaine ! Quelle naïveté ! Je vous remercie tous pour vos charmantes reviews, pour ceux qui prennent le temps de me laisser leur avis et leurs encouragements ! Ca me fait chaud au cœur et sans ça, je ne pense pas que je me remettrai à écrire de si tôt !

J'ai particulièrement aimé vos hypothèses et vos réactions par rapport au dernier chapitre. Je vous ai répondu, vous verrez la suite ici… Ce sera moins « agité » ^^. J'espère vraiment que cette suite vous plaira, qu'elle est dans la continuité du précédent chapitre. Au final, je suis contente de l'évolution, même si j'avais un peu l'impression que cette fiction « s'embourbait ». Car je vais faire plus de chapitres que prévu, même si la fin reste à remanier…

Ce chapitre a été plus long à écrire que prévu mais j'espère que ça ne donnera que des bonnes choses ^^ Merci pour votre patience. Je me suis bien amusée à l'écrire. Dites-moi ce que vous en pensez. Et félicitations pour les bacheliers.

Je vous souhaite une très bonne lecture, en espérant trouver vos avis à la fin du chapitre ! Merci de prendre ce temps, c'est inspirant pour moi !


Chapitre XI : FRIANDISES ET COUP DE POING


Harry suivit Ron des yeux. Ce dernier pénétrait dans la Grande Salle où résonnaient les cris joyeux des élèves dès le petit déjeuner. Ron avait eu du mal à se lever ce matin-là. Comme tous les matins, en fait. Sa robe de sorcier était mise à l'envers, ce qui arracha un sourire à Harry. Le Survivant était assis en face d'Hermione et il se demandait si, ce matin encore, Ron allait éviter la jeune fille et préférerait s'asseoir à l'autre bout de la table des Gryffondors d'un aire renfrogné et revêche. Harry songea que le rouquin était encore dans un état semi-comateux et qu'il était vraisemblable qu'il ne remarque même pas Hermione. Surtout si Harry l'appelait :

- Ron, viens là, je t'ai gardé une place ! Il y a de la brioche et du bacon !

L'interpellé ne se le fit pas dire deux fois et s'installa à côté de son ami. Il ne jeta pas son coup d'œil méfiant autour de lui, l'appel de son estomac étant apparemment irrépressible. Harry afficha un léger sourire de satisfaction que remarqua Hermione. Cette dernière poussa un soupir à fendre l'âme, agacée par ces calculs stupides qui en disaient long sur l'attitude puérile de Ronald Weasley. Hermione ne pipa mot et ne salua pas le rouquin qui se jeta sur la brioche qu'il beurra allégrement.

- Ron, ce soir, n'oublie pas notre entraînement supplémentaire !

- Che n'est pas le choir où ch'entraînent les Cherpentards ? questionna Ron, la bouche pleine.

- Je me suis battu pour que McGonagall réserve le terrain. Ce doit être Malfoy qui doit être content ! ricana Harry. Mais les Serpentards s'entraînent déjà deux fois par semaine !

- Ah ! fut la seule réponse de son interlocuteur, trop absorbé par sa tartine.

- J'ai eu une idée pour la stratégie de défense, il faut que je t'en parle ! Mais pas ici, souffla Harry en lançant des regards suspicieux autour de lui. Si on la met bien en place, on devrait empêcher ces serpents de s'approcher de tes buts lors de la finale !

Ron approuva d'un grand signe de tête alors qu'Hermione écoutait d'une oreille distraite. La finale de Quidditch était le cadet de ses soucis. Deux problèmes bien plus épineux la tourmentaient. D'une part, Draco Malfoy. Ce dernier arborait une mine revancharde et menaçante depuis cette sombre histoire de poison malencontreusement versé dans de la Bieraubeurre qu'il avait goulûment avalée. Hermione appréhendait douloureusement la réplique de Malfoy qui ne saurait tarder. De temps à autre, elle dardait son regard inquiet vers la table des Serpentards alors que son homologue avait le nez plongé dans son thé, l'air sombre. Et d'autre part, elle avait rendez-vous avec Rogue le soir même et s'attendait à ce qu'il la sermonne, la punisse et lui fournisse un autre extrait du fameux poison qu'elle devait donner à trois élèves. Et par la suite, elle allait devoir élaborer des stratégies pour mener à bien sa mission. Pour l'instant, elle devait reconnaître ne pas y avoir encore songé.

Lorsqu'elle eut terminé son petit déjeuner, Hermione se leva en se forçant à souhaiter à ses amis une bonne journée. Ron remarqua enfin sa présence et marmonna :

- Ah, mais elle est là, elle…

Le dernier mot fut prononcé avec tant de dédain qu'Hermione lui lança un regard venimeux et tourna les talons. Apparemment, Ron lui en voulait encore pour ses remontrances quand elle l'avait surpris avec Lavande en flagrant délit de bécotage dans la volière au beau milieu de la nuit.


La Gryffondor laissa défiler la journée sans se préoccuper grandement des cours. Elle était certes moins attentive mais son avance était telle qu'elle ne prenait aucun retard.

Le soir venu, Hermione se rendit à son cours de légilimancie avec le professeur Rogue. Comme elle s'y attendait, ce dernier était de très mauvaise humeur. Il ne lui laissa aucune minute de répit et la fit tellement travailler qu'elle acheva son cours épuisée. Des gouttes de sueur perlaient désagréablement sur son front, exténuée par l'effort fourni. Comme à son habitude, Rogue préféra attendre la fin de son cours pour faire part à son élève de ses propres réflexions sur les faits récents.

- Miss Granger, sachez que j'exècre particulièrement être réveillé en pleine nuit par un élève hurlant de douleur ! déclara le professeur d'un ton calme et menaçant, sans autre entrée en matière. Draco m'a expliqué la petite plaisanterie que vous vous êtes amusée à lui faire subir… J'imagine que votre esprit surdoué a particulièrement bien calculé qu'il pouvait en mourir…

La Gryffondor ne releva pas l'ironie mordante et sinistre de son professeur. Elle se contenta d'afficher naïvement un air aussi abasourdi que possible.

- C'est Draco qui a bu la Bieraubeurre ? s'exclama-t-elle, feignant la surprise. Mais… mais ce verre était destiné à… Cela explique sa réaction hier matin !

- Vous me prenez pour un imbécile, miss Granger ! grogna Severus Rogue d'un ton grinçant. Si vous avez envie de prendre Draco pour un idiot, grand bien vous en fasse ! Vos petites vengeances d'adolescents prépubères ne me concernent aucunement ! Par contre, ce qui me contrarie au plus haut point, miss Granger, c'est que vous avez trouvé amusant d'utiliser une des trois préparations que je vous ai données…

Hermione déglutit avec difficulté. Les cheveux huileux du professeur Rogue luisaient à la lumière des chandelles. Son teint cireux était plissé de rides qui trahissaient sa colère.

- Je pense que le Seigneur des Ténèbres ne sera pas très content de votre petite mascarade… Je vais vous donner une autre fiole, mais ayez bien conscience du geste généreux et exceptionnel que je fais pour vous… Vous êtes une stupide Sang-de-bourbe qui se croit encore supérieure et plus intelligente que tout le monde !

La jeune fille pâlit en entendant l'insulte.

- Le Maître a besoin des parents de ces élèves rapidement. C'est pourquoi je n'ai pas le temps de vous punir comme vous le méritez. Vous devez agir vite et accomplir votre mission le plus discrètement possible. Je vous conseille vivement, miss Granger, de vous dépêcher et d'obéir au doigt et à l'œil à mes consignes ! Vous avez encore deux jours pour administrer ces poisons aux trois élèves concernés.

Hermione ouvrit la bouche pour répliquer : il lui avait donné quatre jours pour effectuer sa mission et voilà qu'il raccourcissait – volontairement – le délai !

- Taisez-vous, sombre idiote ! tonna le maître des potions. J'enlève 120 points à Gryffondor pour mise en danger d'un de vos camarades ! Et vous écopez d'une semaine de retenue. Vous commencez demain soir, à vingt heures. Vous devriez me remercier pour ma clémence, au lieu de vous apitoyer sur votre sort. Cette sanction est amplement méritée, miss Granger. Vous pouvez regagner votre chambre.

Des larmes de rage et d'impuissance brouillèrent le regard de la Gryffondor qui s'empressa de quitter le bureau de ce tortionnaire. Comment allait-elle pouvoir effectuer sa mission si elle était en retenue les deux prochains soirs ?


Comme Harry le lui avait demandé, Ginny lâcha le Vif d'Or sans que ce dernier ne s'en rende compte, une dizaine de minutes après le début de l'entraînement. Harry voulait s'entraîner à attraper la petite balle dorée avant Malfoy. Pendant ce temps, les autres joueurs poursuivaient l'entraînement intensif que leur imposait leur capitaine dans une ambiance joyeuse. Harry leur avait demandé d'être présents sur le terrain de Quidditch une heure plus tôt que d'habitude afin de profiter davantage de la lumière descendante du soleil. Le rythme effréné leur convenait plutôt bien, à la grande joie de leur capitaine. Harry était ravi de l'enthousiasme et de la vitalité renouvelée de son équipe. Il espérait pouvoir battre Serpentard à la finale de Quidditch.

Auparavant, Harry avait essayé de discuter avec Ron d'Hermione. Le Survivant n'avait pas bien compris pourquoi les deux jeunes gens étaient – encore – en froid. Mais le rouquin préféra rester aussi vague que possible, marmonnant dans sa barbe des bribes de parole à propos de hibou, de Malfoy, d'Hermione et de baiser. Perplexe, Harry avait renoncé à faire un lien entre les mots disparates de Ronald Weasley.

Leur entraînement fut perturbé une heure plus tard par une équipe vert et argent qui envahit le terrain en insultant copieusement ses occupants. A la tête du petit groupe de Serpentards huant les Gryffondors se trouvait Malfoy, le visage déformé par la colère. Les lions atterrirent et se placèrent derrière Harry. Ce dernier posa son Eclair de Feu et avança de quelques pas en direction du capitaine des Serpentards.

- Je peux savoir ce que le club des fans du balafré fait ici, Potter ? demanda Malfoy d'un ton cassant.

Harry brandit le parchemin signé par McGonagall leur autorisant l'accès au terrain. Draco la parcourut, tremblant de rage.

- Ce papier ne vaut rien ! Ce terrain était réservé pour nous ce soir ! Dégagez !

- Etait réservé, Malfoy, était… répéta Ginny avec un sourire sarcastique. Si tu ne sais pas lire, on peut demander à McGonagall de te faire la lecture dans ton lit si tu veux, juste avant de dormir !

Les Gryffondors explosèrent de rire alors que les Serpentards grondaient derrière leur capitaine enragé.

- Toi, la traîtresse à son sang, ferme-la ! lança Schaeffer, l'un des poursuiveurs de l'équipe de Serpentard.

- T'es que la traînée de Potter !

L'insulte fusa, suivie par les rires gras des verts et argent qui applaudirent. Fulminant, Harry chercha des yeux celui qui avait prononcé ces mots. Ce n'était pas Schaeffer ni Malfoy qui se trouvaient face à lui. Harry et Ron avancèrent d'un pas, les poings serrés, près à faire ravaler ces insultes à celui qui les avait prononcées. Les autres joueurs de Gryffondor les retinrent alors que l'équipe adverse se tordait de rire. Condescendant, Malfoy les toisait d'un air supérieur. Ginny prit la main d'Harry et l'attira en arrière, lui murmurant que ces serpents n'en valaient pas la peine. Ils cherchaient la bagarre. Or, les Gryffondors étaient dans leur bon droit.

- Vous pouvez dire ce que vous voulez, nous avons une autorisation légale ! riposta Ginny d'un air belliqueux. Vous n'avez rien à faire sur ce terrain !

- De quel droit avez-vous réservé le terrain ? Les Serpentards s'entraînent ici tous les jeudis soirs ! affirma Malfoy.

- Tu n'as qu'à aller demander à McGonagall, la fouine ! rétorqua Harry, rouge de colère. Vous salissez déjà le terrain deux fois par semaine.

- McGonagall a donc pensé que vous n'aviez pas encore le niveau et que vous aviez besoin de vous entraîner deux fois plus si vous voulez avoir une maigre chance de gagner dans deux semaines… répliqua Malfoy, appuyé par les rires moqueurs de son équipe.

- On vous écrasera, Malfoy ! s'écria Ron en crachant par terre.

- Déguerpissez de ce terrain ! lança Harry en sortant sa baguette magique.

Les Serpentards firent de même. L'atmosphère à couper le couteau menaçait d'exploser si une étincelle supplémentaire mettait le feu en poudres. Les deux équipes rivales se jaugèrent du regard, l'air hostile. Un dernier sourire torve déforma la bouche du capitaine des Gryffondors.

- Je peux aller chercher McGonagall pour régler cette histoire, si vous voulez… Je suis certain qu'elle reconnaîtra sa propre signature en bas de cette autorisation !

- Je vais de ce pas voir Rogue !

Harry lui adressa un sourire victorieux : il savait pertinemment que cette démarche serait inutile. Malfoy était obligé de plier et de tourner les talons, ce qu'il fit avec le peu de dignité qu'il lui restait. Les Gryffondors les huèrent un instant, ramenés à l'ordre par leur capitaine qui voulait éviter d'autres émules. Alors que ses joueurs se félicitaient du départ des Serpentards, Harry leur ordonna de se remettre au travail. Il s'acharna encore deux bonnes heures sur ses poulains afin de tirer le meilleur d'eux, voire davantage… L'acharnement de leur capitaine leur fit réaliser à quel point il était impossible de perdre cette finale de Quidditch.


Trois noms inscrits sur un bout de parchemin jauni et froissé. Hermione s'était empressée de le déplier afin de découvrir l'identité des trois victimes. Quelle ne fut pas sa stupéfaction en lisant les trois noms ! Elle avait élaboré plusieurs hypothèses durant le cours de botanique mais au moins deux des victimes étaient une surprise totale ! La jeune fille tenta d'imaginer quelques secondes pourquoi Voldemort cherchait à faire pression sur les parents de ces trois élèves : chantage, vengeance, menace ?

Puis la Gryffondor secoua la tête, comme se parlant à elle-même : elle devait se concentrer sur sa tâche et trouverait des explications plus tard. Il était presque midi et elle avait trois potions à verser par inadvertance dans le repas de trois élèves qu'elle n'avait absolument pas l'habitude de côtoyer. Hermione songea qu'au moins une fiole devrait être vide avant les cours de l'après-midi. Il lui resterait ainsi la soirée et la journée du lendemain pour administrer les deux autres flacons de poison. La retenue que Severus Rogue lui avait donnée n'arrangeait en rien ses plans. Au contraire, le professeur de potions semblait prendre un malin plaisir à lui mettre des bâtons dans les roues pour lui compliquer la tâche le plus possible.

Hermione avait réfléchi durant toute la nuit à une autre issue que mener à bien cette mission et obéir à Rogue et Voldemort. Mais elle n'avait trouvé aucune alternative, aucun moyen d'éviter cet empoisonnement. Elle avait déjà essayé et sa piètre tentative s'était soldée d'un échec et d'une punition corsée. Les ASPIC approchaient à grande vitesse et les retenues de Rogue l'empêchaient de réviser. Et puis, si tout se déroulait comme prévu, Rogue administrerait l'antidote aux élèves empoisonnés et aucun ne devrait succomber. Du moins, c'était ce qu'Hermione espérait ardemment…

Elle chercha en vain une solution pour le premier nom. C'était difficile. Elle se souvint de la facilité avec laquelle elle avait eu Draco Malfoy. Mais elle avait appris à connaître ses points faibles et partageait ses appartements avec lui. Gardant la tête froide, elle réalisa que c'était ainsi qu'elle devait procéder : que connaissait-elle des victimes désignées ? Quels étaient leurs points faibles ?

Vincent Crabbe.

Gardes du corps attitrés de Draco Malfoy dès leur première année à Poudlard, Crabbe et Goyle étaient réputés pour leur bêtise et leur gloutonnerie. Comme tout un chacun, Hermione savait que le père de Vincent Crabbe était un Mangemort, un serviteur inconditionnel du Seigneur des Ténèbres. Ainsi, elle ne comprenait pas pourquoi Voldemort cherchait à empoisonner son fils pour ensuite lui procurer l'antidote si les parents de Crabbe obtempéraient. Crabbe Sr avait été-t-il désobéissant ? Il devait être comme son fils : costaud, stupide et méchant. Les Crabbe étaient plutôt du genre suiveurs que meneurs. Ce n'était pas par hasard que Vincent Crabbe léchait les bottes de Draco Malfoy sans ne jamais prendre aucune initiative. Hermione songea que Voldemort cherchait peut-être simplement à punir et effrayer les parents de Vincent Crabbe pour s'assurer une fidélité et une obéissance aveugle. Peu importait… Elle se promit d'éclaircir ses questions obscures plus tard.

Hermione se souvint avec quelle avidité Crabbe et Goyle s'étaient jetés sur les gâteaux dans un couloir désert quelques années auparavant. Ron, Harry et Hermione avaient injecté un puissant somnifère dans les pâtisseries afin de leur voler un cheveu qui leur avait servi pour prendre leur apparence grâce au Polynectar. Ron et Harry avaient ainsi pu pénétrer dans la salle commune de Serpentard et faire parler Malfoy. D'ailleurs, Hermione refoula le souvenir cuisant de l'erreur qu'elle avait faite : ce qu'elle avait cru être un cheveu était en réalité un poil de chat. Heureusement, Mme Pomfresh avait toujours un remède miracle dans son infirmerie.

La jeune fille décida d'opter pour le même mode opératoire. En effet, elle jugeait Crabbe trop bête pour avoir trouvé comment il avait avalé le somnifère auparavant. Il n'avait probablement même pas cherché. La seule difficulté serait d'isoler Crabbe pour que le gâteau soit dévoré par lui et lui seul. Sa gloutonnerie lui ferait encore défaut, Hermione n'en doutait pas un instant.

Ainsi, dès que son cours d'histoire de la Magie s'acheva, Hermione courut dans les cuisines et demanda gentiment à Dobby de lui cuisiner une religieuse au café, prétextant une petite faim gourmande. L'elfe fut ravi de pouvoir faire plaisir à sa jeune amie humaine si gentille avec ceux de son espèce. Il s'affaira et alors qu'il avait le dos tourné, la Gryffondor versa le contenu de la fiole dans la crème au beurre préparée par Dobby. Ce dernier ne se rendit compte de rien et enfourna les choux si vite qu'il se brûla le bout des oreilles. L'elfe de maison gesticula en couinant, tapotant douloureusement ses oreilles. Il plongea sa tête entière dans un seau d'eau. Cela fit rire Hermione qui le guérit d'un coup de baguette. Quand Dobby sortit les choux du four, il usa de ses pouvoirs pour rendre la pâtisserie encore plus appétissante.

- Ca a l'air délicieux Dobby ! le félicita la jeune fille en humant le parfum délicieux de café.

L'elfe baissa les yeux, gêné et peu habitué aux compliments. Hermione savait que la plupart des poisons résistaient à la cuisson et espérait que ce soit le cas pour celui-ci. Mais l'usage de la ricine de Paracelse lui donnait raison. La ricine, utilisée par le professeur Rogue pour masquer le poison et le colorer, s'adaptait très bien à la cuisson, même à très forte température. Elle promit ensuite à Dobby de lui rendre visite plus souvent et se sauva aussi vite qu'elle était apparue, emportant sa précieuse religieuse avec elle. Elle rajouta pour elle-même que la gentillesse et la rapidité de l'elfe méritait bien une demi-douzaine de paires de chaussettes dépareillées.

Hermione ignora son ventre qui criait famine et se précipita vers la Grande Salle où s'achevait le déjeuner. Au milieu du flot d'élèves, elle jeta un coup d'œil rapide et discret vers la table des Serpentards. Malfoy, Crabbe et Goyle achevaient leur dessert d'un air sombre. Les deux gorilles lançaient des coups d'œil vers leur ami Préfet-en-chef, guettant une parole, un signe. L'air fermé à toute discussion, Draco Malfoy semblait être en proie à de noires réflexions et Hermione songea que son absence au déjeuner devait y être pour quelque chose. Elle observa Crabbe et Goyle qui quittaient la table, tout penauds à cause l'absence de réaction de leur chef. Malfoy les congédia d'un geste brusque quand ils osèrent lui adresser un mot.

La jeune fille déguerpit de la Grande Salle avant que les deux gardes du corps de Malfoy n'atteignent la sortie. Elle emprunta le couloir qui descendait aux cachots et à la salle commune de Serpentard. Il restait environ une vingtaine de minutes avant que le cours commun de potions ne débute. Et les deux Serpentards n'étaient pas de ceux qui arrivent en avance. Hermione pria pour ne pas se tromper sur leur itinéraire. Elle aurait voulu peaufiner son plan mais l'urgence de la situation l'obligeait à beaucoup improviser.

Au détour d'un couloir, elle se dissimula dans l'ombre d'une alcôve et tendit l'oreille, le cœur battant. Plusieurs groupes de Serpentards la dépassèrent sans la voir. Quelques minutes plus tard, elle entendit des pas lourds résonner et des bribes de discussion plus proches des grognements bestiaux que de consonances humaines. Hermione avait choisi ce couloir et en particulier ce virage car les bruits se répercutaient en écho très distinctement. Elle espéra reconnaître les deux gorilles et déposa la religieuse au café au milieu du couloir, bien en vu. Puis elle recula de quelques pas dans sa cachette. Une silhouette trapue s'arrêta devant, le visage déformé par un rictus d'envie, manifestant sa gloutonnerie évidente. Avec son éternelle coupe au bol, Hermione reconnut sans peine Crabbe qui paraissait fortement intéressé par la pâtisserie. Goyle apparut derrière lui et grogna d'un air envieux :

- Hum, ça a l'air bon ! On partage ?

La jeune sorcière pria Merlin pour que la gloutonnerie de Crabbe ne soit pas une légende et qu'il refuse d'en céder ne serait-ce qu'une miette à son camarade.

- Non ! Je l'ai vue en premier ! se défendit Vincent Crabbe en ramassant la religieuse.

Hermione leva les yeux au ciel en entendant ces deux goinfres s'étriper pour un gâteau trouvé par terre. Ils étaient encore plus bêtes qu'elle ne l'avait cru ! Un instant, elle eut peur que Goyle saute à la gorge de son acolyte pour obtenir une bouchée. En dernier recours, elle avait prévu d'intervenir et d'interpeller Goyle en usant de son statut de Préfète-en-chef pour laisser le temps à Crabbe de manger la religieuse. Mais elle n'eut pas besoin d'en arriver à une telle extrémité. Sous les yeux catastrophés de Goyle, Crabbe engloutit aussi vite qu'il put la pâtisserie avec les doigts puis s'essuya la bouche sur sa manche. Vincent émit ensuite un rire gras qui signifiait qu'il était très content de lui. Goyle ronchonna et les deux Serpentards poursuivirent leur route. Hermione poussa un soupir de soulagement, adossée contre la pierre froide. Une fiole vide ! Elle avait cru que ce serait plus difficile mais ces deux gloutons avaient un appétit et une bêtise à la hauteur de leur triste réputation…

Severus Rogue ne put compter sur Hermione Granger pour sautiller sur sa chaise, le doigt pointé vers le plafond, afin de répondre à ses questions pointilleuses durant son cours commun aux Gryffondors et aux Serpentards. Il l'observa à la dérobée, se demandant ce qu'elle mijotait et qu'est-ce qui pouvait la préoccuper au point d'ignorer les questions de son professeur. Hermione lançait des coups d'œil fréquents vers le fond de la salle de classe où se trouvaient Crabbe et Goyle. C'était donc ça ! réalisa le professeur de potions. Vincent Crabbe. Ce dernier ne semblait pas dans son assiette. Une grimace l'enlaidissait en déformant son visage porcin. Rogue décida de ne pas intervenir, poursuivant son cours d'un ton cassant comme si de rien n'était. Crabbe serait allongé sur un lit de l'infirmerie bien assez tôt ! Ensuite le maître des potions procéderait à la phase suivante du plan…

Hermione cessa son remue-ménage quand Malfoy lui lança des regards soupçonneux. Elle se concentra davantage sur son mélange bouillonnant. Son esprit travaillait à toute allure pour échafauder un plan pour la deuxième personne inscrite sur le parchemin remis par Severus Rogue. En fin d'après-midi, la Gryffondor retrouva le sourire : une idée avait germé dans son esprit. Elle disposait de deux heures avant sa retenue du soir, deux heures qu'elle mettrait à profit pour administrer le poison à la seconde victime.

Romilda Vane.

Le nom de la jeune fille était celui qui avait le plus surpris la Préfète-en-chef. Romilda Vane était en cinquième année. Hermione se demandait pourquoi Voldemort s'intéressait à la famille de la jeune fille. Le plus surprenant était que Romilda appartenait à la maison des Gryffondors. Les Vane flirtaient-ils avec la Magie Noire ? Avec un effort surhumain, Hermione essaya de se souvenir de ce qu'elle avait pu entendre dans les couloirs à propos de Romilda Vane et de sa famille. Sa mémoire était particulièrement sélective quand cela concernait ragots et commérages. Rien d'utile ne lui revint en mémoire. Chacun connaissait Romilda Vane. Sa renommée de commère émérite dépassait les frontières de la tour de Gryffondor. Romilda appartenait à ce genre de filles qui se vernissaient les ongles en cours de botanique, qui roucoulaient dès qu'un septième année s'approchait à moins de deux cents mètres d'elles. Hermione se souvenait avec un léger sourire l'époque où Harry était la proie de Romilda. Cette dernière lui avait offert des chocolats où elle avait soigneusement versé un philtre d'amour. Malencontreusement, Ron avait été rattrapé par sa gourmandise et avait goûté les chocolats destinés à Harry et était éperdument tombé amoureux de Romilda Vane, jusqu'à absorption de l'antidote du professeur Slughorn.

Avant de passer à l'acte, la Gryffondor décida de glaner quelques informations. Elle savait que les Vane étaient de sang pur. Une riche famille. Rufus Vane, le père de Romilda, était le journaliste sportif le plus célèbre de la Gazette du Sorcier. Au-delà de ces quelques infimes informations, Hermione ne disposait pas de renseignement intéressant pour sa mission. Elle réfléchit donc à qui pourrait l'informer davantage.

Lavande Brown. Au palmarès des commères chevronnées, la septième année talonnait de près Romilda Vane. D'ailleurs, les deux jeunes filles se détestaient cordialement, comme mises en concurrence dans la course aux potins et aux garçons. Hermione avait besoin d'un nom, un simple nom pour effectuer une partie de son plan.

Lorsque le cours de potions fut achevé, Hermione alla à la rencontre de Lavande. D'un air désinvolte qui ne lui allait pas du tout, elle la héla :

- Lavande, tu as deux minutes ? J'aurais deux mots à te dire !

L'air méfiant de Lavande fit sourire Hermione. Elle lui glissa à l'oreille :

- C'est à propos de Romilda…

Lavande était tellement friande de potins que ses soupçons s'envolèrent en un battement d'ailes. Elle repoussa la compagnie de Parvati Patil et prit Hermione par le bras, l'entraînant dans le parc. Lavande voulait avoir l'exclusivité des informations que cette Miss-je-sais-tout allait lui livrer, surtout à propos de cette garce de Romilda Vane. Elle n'était pas dupe quant au jeu d'Hermione Granger. Cette dernière ne lui délivrerait aucune information sans contrepartie. Lavande était étonnée que la Préfète-en-chef vienne la trouver pour discuter de Romila Vane. Ce n'était pas du tout son genre. Lavande s'était toujours dit qu'Hermione devait être au courant de commérages croustillants grâce au poste qu'elle occupait et de sa place privilégiée dans le Trio d'Or. Mais elle n'en divulguait rien, plus intéressée par ses chers livres poussiéreux que par les sentiments qui pouvaient agiter les cœurs des adolescents. D'ailleurs, Lavande avait pris un plaisir malsain à commenter les faits récents qui agitaient les trois meilleurs amis, notamment à propos des amours agités de Ronald Weasley avec les jumelles Patil et la jalousie d'Hermione Granger.

- Tu voulais me parler de Romilda ? roucoula Lavande d'un air de conspiratrice alors que les deux jeunes filles marchaient autour du lac.

- Oui… confirma Hermione en prenant un malin plaisir à la faire mijoter. J'ai un… ami qui est intéressé par Romilda Vane…

Hermione songea avec une pointe de fierté qu'elle mentait avec talent.

- Nooonn ? s'étonna Lavande, l'air vivement intéressé, comme si c'était un secret d'état. Qui c'est ?

- Tu vois, Lavande, je n'aime pas beaucoup Romilda… Je ne veux pas que mon ami se transforme en prétendant désespéré avec elle. Je sais que tu es la mieux placée pour me dire où en est Romilda et comment elle se comporte avec ses copains…

L'orgueil de Lavande enfla et elle gonfla la poitrine d'un air légèrement prétentieux.

- Elle a quelqu'un en ce moment ? demanda explicitement Hermione.

- Non, confia Lavande en baissant d'un ton. Mais cela fait des semaines qu'elle est essaie d'avoir un Serdaigle, un sixième année.

- Ah oui ? fit Hermione, l'air faussement intéressé.

- C'est John Shiffler…

- C'est donc raté pour mon ami alors ? enchaîna Hermione, l'air déçu. Je ne veux pas qu'il souffre à s'accrocher à cette pimbêche ! Que me conseilles-tu ?

La Préfète-en-chef savait qu'elle caressait Lavande dans le sens du poil en lui demandant son avis.

- Ca dépend de qui est ton ami… dit-elle, pas peu fière d'être traitée comme une experte et curieuse de savoir qui pourrait s'intéresser à Vane. S'il est célèbre, beau et riche, il a des chances que Romilda change de proie… C'est une vraie mangeuse d'hommes ! cracha Lavande d'un air dégoûté. Elle traite ses copains comme un animal de compagnie !

- Oui, mon ami correspond plutôt à cette description : beau, célèbre et riche… approuva Hermione d'un air faussement détaché. Mais si Romilda a déjà une conquête, je ne suis pas certaine qu'il se déclare…

Lavande en eut le souffle coupé : qui, beau riche et célèbre, pouvait s'intéresser à cette garce ? Qui était assez proche d'Hermione Granger et pouvait espérer charmer cette séductrice diabolique ?

- Je te remercie pour ton avis, Lavande, tu m'as beaucoup aidée !

Hermione retourna au château aussi rapidement que possible, laissant une Lavande pantoise digérer les révélations factices qu'elle venait de lui divulguer. Puis la Gryffondor mit la deuxième partie de son plan à exécution.

Après le dîner, Romilda Vane retrouva ses amies dans la salle commune de Gryffondor. Comme chaque soir, elles commentaient les faits de la journée, chacune détaillant œillades brûlantes et autres sourires en coin.

- John t'a regardée ! Tu es sûre ?

- Mais oui, et il m'a même souri ! affirma Romilda, au centre de la discussion, ravie d'attirer des regards envieux de ses amies.

Des exclamations à peine forcées encouragèrent Romilda à décrire avec précision chacune des expressions faciales de John Shiffler.

Comme chaque soir, ce fut un Préfet qui les mit dehors à cause du bruit. Romilda Vane regagna sa chambre, le sourire aux lèvres : sa chasse au Serdaigle avait bien commencé et elle escomptait séduire John et le faire succomber avant la finale de Quidditch. S'afficher durant l'évènement sportif, pendue à son bras, serait une victoire. Lavande Brown en mangerait sa propre baguette de rage ! Cette garce avait parié que Romilda ne parviendrait pas à charmer le pauvre Serdaigle.

Sur son lit, Romilda eut la surprise de découvrir un paquet joliment enrubanné. Curieuse, la jeune fille s'empressa de l'ouvrir. Elle découvrit avec un ravissement non dissimulé un Fondant du Chaudron accompagné d'un mot.

De la part d'un admirateur secret.

J.

J. ? Romilda crut que son cœur manquait un battement. Elle se sentit transportée de joie. La Gryffondor embrassa amoureusement le bout de parchemin, intimement persuadée que John Shiffler en était l'auteur. D'ailleurs, la friandise était de très bon goût : elle adorait les Fondants de Chaudron ! Ce cadeau était si mignon et si romantique que Romilda songea qu'elle dormirait peu cette nuit, plongée dans des rêves éveillés et idylliques.

Romilda Vane ne s'était pas trompée : elle ne ferma pas l'œil de la nuit. Mais pas pour les raisons qu'elle avait imaginées…


Soucieuse, Hermione descendit dans les cachots pour sa retenue. Le nom de la troisième victime du poison de Rogue lui posait plus de difficultés que les deux précédents.


Hermione rentra de sa retenue épuisée. Severus Rogue lui avait fait récurer tous les fonds de chaudron de son laboratoire avec une brosse à dents ! La jeune fille avait mal aux ongles tant elle avait dû gratter pour que les chaudrons soient assez luisants et qu'on puisse s'admirer dedans. Pour l'instant, elle n'avait qu'une envie : se lover dans les draps frais de son lit !

Mais c'était sans compter Draco qui l'attendait patiemment dans la salle commune. Hermione soupira en l'apercevant. Elle avait remarqué que depuis l'empoisonnement accidentel du jeune homme, ce dernier ne lui avait pas adressé un mot et elle se demandait si elle devait s'en réjouir… Presque en courant, elle traversa la salle commune pour regagner sa chambre, priant pour que la présence du Serpentard n'ait rien à voir avec elle.

Peine perdue.

Malfoy avait anticipé sa trajectoire et l'avait retenue par le bras, l'attirant doucement vers lui.

- Granger, Granger… chuchota-t-il. Pourquoi cherches-tu toujours à t'échapper ?

- Laisse-moi, Malfoy, je veux aller me coucher !

- Bien sûr, bien sûr… J'avais juste deux mots à te dire auparavant ! l'avertit-il, accentuant la pression sur son avant-bras. Tu as bien dû remarquer que je te laisse en paix depuis deux jours…

Elle hocha vigoureusement la tête, préférant couper court à leurs joutes habituelles. La peur la gagnait. Elle ne parvenait pas à comprendre l'attitude de Draco.

- Je voulais que tu saches que j'obéis à Severus… Il m'a demandé de te laisser tranquille pendant que tu effectues ta mission. Mais sache que dès que tu l'auras terminée, ta vie deviendra un enfer…

D'un geste doux, le Serpentard passa une mèche de cheveux de la jeune fille derrière son oreille. Hermione tremblait, parcourue de frissons.

- Je n'oublie pas le mauvais coup que tu m'as joué, Sang-de-bourbe ! murmura-t-il en se penchant vers son oreille.

Il lui lança un regard étrange avant de poursuivre. Son souffle chatouillait le cou de la Gryffondor qui perdait tous ses moyens.

- Et je te promets que tu souffriras autant que j'ai souffert !

Sans crier gare, Draco déposa un baiser sur sa tempe, avec une tendresse qui jurait avec la violence de ses propos. Un geste intime, presque affectueux, qui contredisait totalement ses paroles. Douce torture. Il n'en fallut pas plus pour égarer encore davantage Hermione. La surprise se peignit sur son visage. Tétanisée, elle ne sentit pas le danger imminent arriver, secouée et épuisée par les évènements de la journée.

Presque amoureusement, Draco déposa un baiser sur ses lèvres, ne cherchant toutefois pas à l'assaillir. La violence du désir, qui dominait habituellement leurs échanges, était ici absente. Hébétée par ce revirement de situation, Hermione chercha une explication logique à ce comportement nouveau du garçon. Mais il ne lui en laissa pas le temps.

Il assena un violent coup de poing dans le ventre d'Hermione qui en eut le souffle coupé. Draco était redevenu ce qu'il était : un perfide et traître serpent. A terre, Hermione se maudit : elle n'avait pu résister à l'intensité de son regard polaire. Draco était un ensorceleur diabolique. Pas une seule seconde elle avait imaginé qu'il puisse la brutaliser après ce moment de tendresse insoupçonné et inattendu. Telle était la sournoiserie du Serpentard : réunir deux sentiments contradictoires, lui faire croire qu'elle était en sécurité pour ensuite la frapper. La chute n'en était que plus brutale.

Malfoy la surplombait maintenant de toute sa hauteur, les mains sur les hanches et l'air impitoyable. Il la contempla en train de serrer les dents pour ne pas crier de douleur, les genoux remontés contre sa poitrine.

- Ca, Granger, ce n'est qu'un avant-goût de ce que je te réserve…


Voilà ! Qu'en avez-vous pensé ? Qui pourrait-être le troisième nom ?

J'ai hâte de lire vos reviews, car ce chapitre m'a demandé beaucoup de temps (vous avez pu le constater... ^^). Je vais essayer de poster la suite plus rapidement. Donnez-moi vos idées !

Bonnes vacances à ceux qui en ont ;)

A bientôt !