Disclaimer : Si je vous dis que les personnages et le monde d'Harry Potter m'appartiennent, que c'est moi qui en réalité ai écrit ce roman et que Rowling en a méchamment profité, vous me répondez quoi ? Que l'espoir fait vivre ? Ah d'accord...


Accepter la vie

Chapitre 11 : Un problème ?

- Il faut que vous poussiez de toute vos forces pendant treize secondes cette fois, Hermione, c'est très important.

Prenant son souffle, elle le fit. Anderson continua de tâter le haut du corps du bébé, puis leva la tête vers les parents.

- Il y a un problème.

- Comment ça, un problème ?

Mais Anderson ne répondit pas à Ron, il se tourna vers la sage-mage.

- Allez me chercher un pédimage et un autre sage-mage, lui ordonna-t-il.

Elle sortit de la pièce, alors qu'Hermione se contractait et gémissait de douleur à cause d'une autre contraction. Anderson la regarda, ignorant Ron, et lui parla.

- Hermione, il faut que vous m'écoutiez attentivement. Vous allez prendre une grande inspiration dans cinq secondes, et vous allez pousser de toutes vos forces, encore plus fort que tout à l'heure. Et pendant quinze secondes.

- Elle n'y arrivera jamais, intervint Ron. Elle est crevée.

- Elle va y arriver, je vais l'aider. Ce sera votre dernière poussée, Hermione, et je tirerai le bébé vers moi pour que ça soit plus facile, doucement pour ne pas lui faire de mal. D'accord ?

Muette, la jeune femme hôcha la tête, puis prit une grande inspiration pendant qu'Anderson comptait jusqu'à cinq et avait reposé ses mains sur le bébé. Au même moment, deux autres personnes arrivèrent, accompagnant la sage-mage de tout à l'heure.

- Quatre, cinq, allez-y !

Serrant les dents en gémissant, elle ne put s'empêcher de crier à la septième seconde. Le guérisseur tirait le bébé vers lui, il avait ses mains de chaque côté du bébé, sous ses petits bras dégagés. Lorsque le bassin fut sortit, la main gauche du médicomage entoura le ventre et l'autre se posa sur son fessier. Le bébé fut entièrement hors du col de l'utérus de sa mère à la quatorzième seconde, et Anderson coupa le cordon ombilical d'un coup de baguette. Il emporta ensuite l'enfant avec lui, sans laisser ses parents le voir, et le posa sur une table près du mur.

La deuxième sage-mage et celui qu'on appelait pédimage, ce qui équivaut à un pédiatre chez les moldus, le suivirent, alors que la première sage-mage s'occupa d'Hermione. À l'aide de sa baguette, elle enleva le placenta de son col, le nettoya, et le soigna des petites écorchures. Elle lui fit ensuite boire une potion revigorante, presque semblable à celle qu'on lui injectait. Elle contrôla sa santé, les battements de son corps, son utérus, avec divers sorts dont Ron n'avait jamais entendu parler. Puis, la sage-mage lui fit un sourire réconfortant et épongea son front avec un linge humide. Elle releva le dossier de la table de travail et mit un oreiller moelleux derrière le dos d'Hermione.

- Vous êtes en parfaite santé, Mrs Weasley. Une bonne nuit de sommeil, en observation ici, et vous serez à nouveau sur pieds.

- Et mon bébé ? murmura difficilement Hermione, la gorge nouée d'avoir trop crier, les paupières à demi-fermées.

- Je vais aller voir comment il va, dit-elle, son sourire devenu figé. Mr Weasley, vous pouvez rester avec votre femme.

Ron n'avait rien dit jusque là, il hôcha simplement la tête, et s'approcha de son épouse. Il lui prit la main, entrelaçant leur doigts, et sourit quand elle se tourna vers lui. Il écarta ses mèches trempées de sueur de son front et l'embrassa sur la joue. Il ne voulait pas lui montrer à quel point il était inquiet pour leur fils. D'ailleurs, il réalisé difficilement que son fils était né, et qu'il était définitivement papa.

La sage-mage ne revint pas, restant auprès des autres médicomages pour les aider. Les deux parents attendirent pendant de longues minutes, une boule de stress dans la gorge pour l'un et l'estomac serré d'angoisse pour l'autre.

Exactement trente-six minutes plus tard, Anderson revint vers eux. Il n'avait aucune expression sur le visage, ce qui n'était pas pour rassurer les deux amoureux.

- Nous avons fait tout ce que nous pouvons, mais ça n'a pas marché...

Sa voix s'était cassée. Ron, qui avait perdu toutes ses couleurs, ne pouvait dire un mot, comme Hermione, qui avait senti son coeur rater un battement.

- C'est son coeur qui n'a pas tenu, continua Anderson. Il était pourtant rétabli après votre accident, mais son coeur était extrèmement fragile. La blessure n'avait pas disparu, même si elle était refermée. Les médicaments que vous avez pris auraient du la refermer totalement, puis la coupure aurait du disparaître toute seule. Ça n'a pas été le cas, la blessure s'est rouverte. Nous pensons qu'elle ne s'est pas rouverte seule, mais que la cause est le choc et les secousses produit par le transplanage de la mère. Le coeur a énormément saigné, et...

- Vous voulez dire, coupa Ron d'une voix étranglé, que notre enfant est ... m-mort ?

Anderson sembla mal à l'aise, surtout devant le regard d'Hermione qui le transperçait, son air figé et sa main serrée dans celle de son mari.

- Et bien... pas encore.

La brune ferma les yeux de fatalité et déglutit difficilement, une unique larme coula doucement sur sa joue, l'étreinte de sa main se désserra complètement,

- Quoi ?

- Bien, comme je vous l'expliquais, le coeur a beaucoup saigné, ce qui a causé son ralentissement, puis son arrêt. Mais avant qu'il ne s'arrête, nous avons pu refermer la blessure une nouvelle fois. Il s'est arrêté de battre pendant trois secondes, puis a repris doucement. Nous avons voulu continuer de le soigner, pour consolider la fermeture et lui administrer les premiers soins qu'on donne aux nouveaux-nés, mais à peine une minute plus tard, la coupure s'est rouverte, nous avons du tout recommencer. Cela fait dix minutes que la blessure est restée fermée, mais le coeur est en mauvais état, toujours aussi fragile. Il ne cesse de s'arrêter, puis il reprend un rythme soit trop lent, soit trop rapide. En fait, plus le temps passe, plus les moments où le coeur bats sont longs et plus le rythme cardiaque est normal, mais les arrêts sont de plus en plus longs aussi.

- Et alors ? bredouilla le roux. Ses mains tremblaient, ses jambes treamblaient, sa voix tremblait, son corps entier tremblait, la tête lui tournait, son coeur s'agitait...

- Nous craignons... nous sommes sûrs à quatre-vingt-dix pour cent, qu'à un moment l'arrêt cardiaque va durer trop longtemps pour que le coeur ne reprenne, ce qui causerait la perte définitive du cerveau qui a miraculeusement réussi à rester intacte jusque là, et donc...

- J'ai compris, interrompit sèchement Ron. Ses yeux étaient brillants de larmes qu'il retenait difficilement.

Il se retourna vers sa femme qui n'avait toujours rien dit. Mais sa voix, aussi basse qu'un murmure, s'éleva quand même, ses yeux humides fixés dans le vide.

- Il est toujours vivant, là ? On peut le voir ?

Anderson partit sans répondre et revint, quelques minutes plus tard, avec leur enfant emmitouflée dans une serviette blanche.

- Je dois vous prévenir, leur dit-il, que, si son coeur s'arrête, nous ne pourrons rien faire. Soit il recommencera à battre, soit il restera arrêté...

Il le posa dans les bras de Ron qui s'était levé, une larme coulant sur chacune de ses joues, puis il sortit de la pièce accompagné par les trois autres membres de l'hôpital. Le jeune père, tout en s'approchant de sa femme, embrassa le front de son enfant pendant de longues secondes, caressant ses joues, ses mains et ses pieds. Il le donna ensuite à Hermione, toujours allongée sur la table de travail, et il se baissa pour être juste à côté d'eux.

Hermione le serra longtemps dans ses bras, puis elle enfouit son visage dans son ventre et son cou, humant son odeur tiède et délicieuse de bébé et mouillant légèrement sa peau douce à cause de ses quelques larmes. Elle caressa sa peau, ses jambes, ses bras, ses mains, ses pieds. Elle embrassa son cou minuscule, ses bonnes joues douces, son menton rond, son nez en trompette, son front velouté, ses paupières fermées, le sommet de son crâne, et termina par sa bouche charnue. Elle passa aussi une main sur son coeur, et elle put le sentir commencer à battre après une ou deux minutes d'arrêt. Il battait très vite, normal pour un bébé.

- Lucas, murmura-t-elle tout près de son oreille.

Tout à coup, les yeux de l'enfant s'ouvrirent, et les deux parents restèrent le souffle coupé. Ses yeux n'avaient pas la même couleur, l'un était marron noisette, identique à celui de sa mère, et l'autre était bleu azur, entièrement semblable à celui de son père. Devant ses deux iris si peu communs, les larmes coulèrent en abondance sur les joues d'Hermione, sans qu'elle ne sache si c'étaient des pleurs de bonheur de voir la petite étincelle de vie dans ses prunelles ou la détresse car elle ne la verrait plus jamais.

Puis l'enfant les referma, soupira de bien-être, un légère sourire apparut sur ses lèvres et disparut aussi vite qu'il était venu. Les parents avaient lu quelque part qu'à cet âge, les sourires n'étaient pas commandés par le bébé, c'étaient plutôt des tics nerveux, ou des réflexes. Mais ils avaient oublié cela, ils se fichaient de tout ce qui n'avait pas attrait à leur petit Lucas et à son magnifique sourire, le plus beau qu'ils n'avaient jamais vu. Et sûrement le seul qu'ils verraient jamais...

Ron avait glissé son index dans le petit point de son fils, et faillit s'évanouir d'émotion lorsque ce minuscule petit être serra son doigt. Il se mit également à pleurer, silencieusement. Soudain, les lèvres de Lucas bougèrent et firent un petit bruit de succion. Il avait faim et cherchait à têter. Sa maman mit son petit doigt dans sa bouche, qu'il se mit à sucer énergiquement, et Hermione fut encore plus boulversée quand la main qui ne serrait pas le doigt de son mari alla se poser sur le doigt qu'elle lui donner à têter, exerçant une légère pression dessus.

Mais bientôt, ses mains sur les doigts de ses parents desserrèrent leur étreinte, et Lucas arrêta de têter. Sa poitrine, qui se soulevait à cause de ses respirations, devint rapidement immobile, et Ron, qui avait posé sa main sur le coeur de son fils, put sentir les battements cardiaques s'évanouir. Il retira sa main, s'accroupit par terre, posa ses coudes sur le lit et enfouit son visage dans ses paumes, parvenant à étouffer ses sanglots incontrôlables. Il sentit une main dans ses cheveux qui massait son crâne, et il se détendit légèrement.

Alors qu'il pensait s'être complètement déshydrater à tant pleurer, il releva la tête et vit sa femme lui sourire légèrement. Un sourire triste, blasé, mais serein. Un sourire qui cache la plus grande douleur du monde, qui signifie que sa propriétaire ne pourra plus jamais autant souffrir, mais qui signifie aussi qu'elle a accepté cette souffrance, qu'elle est en paix avec cela. Un sourire étrange, que peu peuvent se vanter d'en avoir vu un seul. Que personne n'aurait voulu voir tellement il vous remue et vous montre plus que jamais à quel point la vie est cruelle.

Hermione, dont le sourire s'effaçait peu à peu, posa une main sur la poitrine de son fils. Elle put voir, grâce à l'horloge de la salle qu'elle avait regardé lorsque le coeur du bébé s'était arrêté de battre, que cela faisait plus de cinq minutes qu'il ne battait plus. Tout en relevant ses genoux et plaçant Lucas en tailleur contre eux, elle réalisait, doucement, que quatre minutes d'arrêt cardiaque suffisaient pour tuer un nouveau-né. Lâchant son fils qui maintenant reposait tranquillement sur ses genoux, elle mis sa tête en arrière en lâchant un gémissement, qui devint un cri et se termina en pleurs. Des perles d'eau salées dévalaient sur ses joues, nombreuses, et elle leva les bras jusqu'à son visage pour l'enfouir dans ses mains.

- Oh, Merlin, chuchota-t-elle entre deux sanglots.

C'était le signe que Ron attendait pour réagir. Cela voulait-il dire que le bébé... Lucas... son fils... n'était, tout simplement, plus ? Non, impossible. Rapidement, presque brutalement, il prit le corps du nourrisson dans ses mains et l'allongea sur le lit. Il ouvrit la serviette, se pencha, souffla doucement dans la bouche du bébé une dizaine de fois, et lui fit plusieurs massages cardiaques, comme sa formation d'Auror le lui avait appris.

- Ron, arrêtes, dit faiblement sa femme.

Elle s'était relevé, les mains appuyée sur le lit, et le regardait avec un air suppliant.

- Ne l'abîme pas plus qu'il ne l'est déjà, implora-t-elle.

Cette phrase lui fit l'effet d'une douche froide, il se mit à genoux devant le lit. Il posa sa joue sur le drap, juste à côté du petite corps de sa progéniture. Puis il redressa le bébé pour qu'il soit de côté sur le lit, et le fit tomber sur lui. Le petit ventre était posé sur la joue de son père, la tête contre ses yeux, ses bras dans ses cheveux près de ses oreilles, ses jambes dans son cou. Ron ferma les yeux et respira un long moment l'odeur de son fils, alors que la chaleur quittait lentement ce petit corps.

- Pardon, pardon, pardon, pardon, pardon..., répéta-t-il à mi-voix, comme une litanie sans fin.

-Arrêtes, c'est moi qui devrait m'excuser, le coupa sa femme.

Etonné, Ron releva la tête pour la regarder. Il sécha ses lèvres, se leva et garda son fils nu dans ses bras, attendant une réponse.

- Tu comprends, si je n'avais pas transplaner..., mais elle ne finit pas sa phrase, sa voix s'étrangla dans un sanglot.

- C'est vrai que c'était pas très malin, répliqua froidement Ron.

Il culpabilisa cependant d'avoir dit cette phrase, vu que sa femme recommençait à pleurer. Même s'il ne regrettait pas d'avoir exprimer sa pensée. Non pas qu'il ne veuille considérer sa femme comme coupable de la mort de leur fils, mais il la soupçonnait d'avoir mal pris ses médicaments parce qu'ils n'étaient pas bons. Il pensait aussi qu'elle avait du ne pas assez prendre soin d'elle, et donc c'était pour cela que la plaie de leur enfant ne s'était pas refermée. Il avait également songé que, si sa femme avait transplané, c'était seulement pour que sa douleur due à ses contractions s'arrêtent plus vite...

Sa mine sévère se décomposa quand il se rendit compte de ses pensées. Il prenait carrément sa femme pour une meurtrière, l'assassin de son propre fils, leur fils ! Il se précipita vers Hermione qui pleurait toujours, posa Lucas à côté d'elle, mais il ne put faire un mouvement de plus, qu'Anderson revenait déjà dans le chambre.

- Alors ? demanda-t-il.

Les deux époux se fixèrent, une expression sur le visage et une lueur dans les yeux indéfinissables, puis Ron répondit.

- C'est fini. Son coeur a cessé de battre.

- Je suis vraiment désolé. fit le médecin.

Quelques minutes passèrent. Un ange passa. L'ange Lucas.

- Vous savez, l'hôpital peut vous offrir de...

- Je ne crois pas que ce que Sainte Mangouste peut nous donner pourra réussir à nous remonter le moral, répondit sèchement Hermione en se tournant vers Anderson, le défi brillant dans ses prunelles brunes.

- Je sais que rien ne pourra alléger votre peine, mais je ne vous propose pas non plus des billets pour des soins en institut ou une carte de fidélité de l'hôpital. Ron eut un léger sourire à cette phrase. Ce que je vous propose, c'est de faire des photos de votre fils. On pourrait l'habiller, lui mettre ce que vous voulez, faire des photos de lui, avec vous ou non, moldues ou sorcières. C'est comme vous le souhaitez.

Ron et Hermione, plus qu'étonnés par cette offre, se consultèrent un instant du regard, puis la jeune femme donna son accord. Ron fit apparaître un sac avec tous les habits de Lucas, et lui et sa femme préparaient la futur tenue de leur enfant. Le médecin leur offrit de baigner leur fils, ce que le roux refusa. Il pensait que donner le bain à un bébé ne valait pas le coup s'il ne bougeait pas, ne criait pas devant l'eau ou ne vous éclaboussait pas. Hermione accepta, se disant que ce serrait le seul bain qu'elle donnerait jamais à son fils.

Puis, ils l'habillèrent. Ils leur mit un t-shirt vert pâle à manches longues, des petites chaussettes vert pomme, et une salopette vert forêt avec un mouton sur le ventre, dont on ne voyait que le contour en argenté. C'était Draco qui leur avait offert cet ensemble, ils avaient tout de suite adoré, même si, selon Ron, il était aux couleurs des serpentards et que c'était une façon pour transformer son fils en futur petit Malfoy. Draco et Hermione lui avait rit au nez, alors que Harry n'était pas loin de penser pareillement que Ron.

Leur petit garçon était tout simplement adorable dans cet ensemble. Un instant, ils oublièrent que le bébé était sans vie, et qu'il n'aurait jamais l'occasion de jouer avec les boutons de sa salopette, d'enlever ses chaussettes avec sa bouche, ou encore de baver sur son t-shirt.

Hermione se rallongea dans son lit, la couette dessus, et ils commencèrent les photos. Les plus faciles et les plus agréables étaient celles où Lucas était seul, ainsi ses parents s'amusaient à le placer dans différentes positions.

Lorsqu'ils étaient tous les trois devant l'appareil, ou qu'Hermione soit avec Lucas, ou que ça soit Ron avec son fils, c'était assez difficile pour eux de sourire. Mais il voulait sourire, et non pas pour donner l'illusion de leur bonheur, mais parce qu'ils étaient quand même heureux d'avoir eu leur fils pendant neuf mois, et de l'avoir eu dans leur bras, vivant pendant quelques minutes.

Certains sourires étaient sincères, d'autres forcés, d'autres étaient des grimaces. Parfois, ils pleuraient, parfois ils fermaient les yeux pour ne pas avoir à regarder le bébé. C'était triste pour eux, un vrai déchirement, mais un grand soulagement. De savoir qu'ils ne pourraient jamais oublier leur fils, et cette journée, grâce à cette photo. De savoir qu'avec ces souvenirs, ils pourraient accepter ce décès et pourraient plus facilement dire au revoir à Lucas.

Lorsque les photos furent terminées, Anderson décréta revenir dans une demi-heure. Pendant ce temps, tous les deux s'amusèrent à déshabiller et habiller leur fils de toutes sortes de vêtements. Ils le contemplèrent pendant de longues minutes, l'embrassèrent, le touchèrent, l'enlacèrent...

Alors qu'Hermione avait Lucas dans les bras, Ron la regardait, et pensait aux horreurs qu'il avait pensé une heure plus tôt. Qu'il avait pensé que sa femme était la responsable de la mort de leur fils. Il se posta devant elle et se mit à son hauteur. Sondant ses prunelles marrons, il ne put soutenir son regard et déposa un léger baiser sur ses lèvres, aussi léger qu'un effleurement, tellement léger que tous deux crurent qu'il n'avait pas eu lieu. Il se recula, mais la jeune femme le retint avec une main sur sa nuque et ils engagèrent un baiser tout doux, très tendre, qui exprimait à la fois leur culpabilité et leurs excuses.

- Je suis désolé, pour tout à l'heure, fit Ron quand le baiser fut cessé, en appuyant son front sur celui d'Hermione.

- Moi aussi. Tellement désolée de l'avoir tué.

- Stop ! s'écria-t-il en s'énervant. Y'en a marre que tu crois que tout est de ta faute ! C'est pas vrai ! Déjà, pour l'accident, c'était pas non plus de ta faute si t'as voulu sauver des vies ! Et maintenant, c'est pas ta faute si t'as voulu aller à l'hôpital le plus vite possible pour sauver Lucas ! C'est pas ta faute si sa blessure ne s'est pas rétablie ! C'est-pas-ta-faute, finit-il en détachant bien toutes les syllabes.

Il s'était rapproché d'elle pour sa dernière phrase, à quelques centimètres de son visage, et il avait passé son regard d'un oeil d'Hermione à l'autre pour chaque syllabe. Tétanisée devant ce discours, elle regardait son visage, puis plongea dans ses yeux pendant quelques secondes où personne ne disait mot. Puis d'un coup, elle descendit son regard vers sa bouche et posa ses lèvres sur les siennes. Elle passa une main sur sa nuque et l'embrassa passionnément, ce à quoi répondit très vite son mari. Pendant quelques secondes, le baiser fut enflammé, et ils oublièrent. Tout.

Car ils en avaient besoin. D'enflammer leur sens, de se sentir vivant l'espace d'un instant, d'être capable de ne plus ressentir de tristesse. Même pas de ressentir de l'amour pour leur conjoint, mais juste la sensation grisante de l'excitation, du désir... ils avaient besoin de savoir qu'il y avait une vie après la mort...


Ron entra dans la salle d'attente de l'hôpital Sainte Mangouste en traînant les pieds. Il put voir son père, sa mère, Ginny, Fred, George, Percy, Charlie, Bill, ainsi que certains beaux-frères et belles-soeurs, Angelina, Matt et Coline. Fleur n'avait pas pu venir, étant de voyage en France chez sa famille, et cela n'étonna pas Ron que Krystel soit absente, vu que ni elle ni sa femme ne s'aimaient vraiment. Mais cela importait peu.

Et puis, bien sûr, il y avait Harry. Son meilleur ami, toujours là pour lui, dans ses moments heureux comme ses moments difficiles. Sans son Draco, heureusement. Il y avait aussi Parvati, Dean, Lavande et Neville, amis et ex-camarades de Gryffondor avec qui ils déjeunaient à peine deux heures plus tôt. Juste avant... Tout était tellement différent, à ce repas ! Tout le monde riaient, partageaient des anciens souvenirs amusants ou se racontaient de nouvelles anecdotes. Leur enfant était en bonne santé, ils étaient tous les deux heureux. Que ce temps semblait loin. Lointain et révolu...

Ron se posta devant toutes les personnes qui attendaient les nouvelles d'Hermione et du petit Lucas. Molly fut la première à le voir, puis sa soeur, Harry, ses frères et ses amis. Ils firent tous un grand sourire à Ron.

Harry aussi. Mais il se figea quand il vit les yeux et le nez rouges, les deux légères trainées roses où avaient couler des milliers de larmes, et la pâleur flagrante du reste du visage de son ami. Il avait aussi un air étrange, que peu de jeunes pères ont. Un air blasé, triste, un air qui disait "J'ai l'impression de vivre en plein cauchemar, et pourtant, c'est réel"...

Le brun se leva près de Ron, et lui demanda s'il allait bien. Ne répondant rien, le roux s'assit, la tête légèrement en arrière, et les larmes coulèrent à nouveau. Il baissa sa tête et l'enfouit dans ses mains, les coudes posés sur ses genoux. Son dos bougeait, tout son corps était secoués de sanglots plus ou moins étouffés. La famille et les amis de Ron le regardèrent, horrifiés, se doutant qu'un tel comportement n'était pas du à la joie d'être papa.

Ginny s'était agenouillée près de son frère, une main sur son genou, lui chuchotant des paroles réconfortantes et lui demandant doucement ce qu'il s'était passé. Le jeune homme avait laissé tombé une grande enveloppe marron de ses mains, et Harry l'avait ramassée. Sur l'enveloppe, il y avait marqué en lettres imprimées :

HÔPITAL SAINTE MANGOUSTE

Nom : Weasley

Prénom(s) : Lucas

Père : Ron Weasley

Mère : Hermione Granger, épouse Weasley

Groupe sanguin : A +

Date et heure de naissance : 27 janvier 2007, 14h33

Lieu de naissance : Londres, Hôpital Sainte Mangouste

Poids à la naissance (1) : 2.625 kg

Taille à la naissance : 49 cm

Date et heure de mort : 27 janvier 2007, 15h29

Lieu de la mort : Londres, Hôpital Sainte Mangouste

Poids à la mort (1) : 2.604 kg

Taille à la mort : 49 centimètres

Cause de la mort : insuffisance cardiaque dûe à une blessure lors du troisième mois de grossesse, trop grande fragilité du coeur, plusieurs arrêts cardiaques.

Capacités magiques : Quasi-inexistantes. A juste magiquement repoussé une fois le stétoscope, trouvant sans doute le métal trop froid pour sa peau.

Plusieurs secondes, Harry resta figé devant le papier. Puis, il ouvrit l'enveloppe et en sortit plusieurs photographies, dont les personnages étaient immobiles, des photos moldues. Sur la première, il y avait un bébé, allongé sur un meuble blanc, nu et à demi-drappé dans une serviette blanche. Il avait les yeux ouverts, mais Harry ne parvenait pas à en savoir la couleur. Sur la deuxième, on revoyait le même bébé dans un ensemble vert, et Harry reconnut celui que Draco avait acheté à son filleul, allongé sur le même meuble. Sur la troisième, on voyait le bébé dans les bras d'Hermione, assise dans un lit, les jambes sous une couverture, et Ron était juste à côté. Leurs yeux et leur nez étaient rouges, ils avaient les mêmes traînées roses sur leur joues, témoin de leur larmes, et leur visage était pâle. Mais ils souriaient. Un grand sourire qui se voulait difficilement resplendissant pour Hermione, un léger sourire triste et joyeux pour Ron.

Les autres photos représentaient soit Lucas, soit Hermione avec Lucas, soit Ron avec Lucas, soit la famille réunie. Les deux adultes faisaient à chaque fois un effort pour sourire. Parfois, c'étaient des sourires sincères. Des sourires sereins. Des sourires blasés. Des sourires tristes. Des demi-sourires, ou des grands sourires jusqu'aux oreilles. Quelquefois, ils étaient si petits qu'on ne voyait même pas leurs dents. Ils y avaient aussi des grimaces, soit par amusement, soit par incapacité de faire un vrai sourire.

Souvent, ils pleuraient sur les photos. Il y en avait une ou Lucas était adossé contre le dos de son père, sur ses genoux. Il avait un bras autour du ventre de son fils, et de son autre main il essuyait son oeil gauche, se mordant la lèvre pour ne pas pleurer. Une autre photo où Hermione, toujours dans le lit, avait son bébé dans les bras. Elle lui faisait un bisou sur la joue, les yeux fermés, les sourcils froncés comme si elle se retenait de pleurer, un air de pure douleur sur le visage, les larmes coulaient en abondance sur ses joues. Encore une autre, où cette fois ils ne pleuraient : Ron tenait l'enfant sous les aisselles, debout à côté du lit, et les petits pieds touchaient le drap. Hermione, toujours assise sur le lit, avait ses main sur les pieds, et tous les deux souriaient, ils rigolaient, même. Ils avaient vraisemblablement voulu faire marcher leur fils, et s'en était bien amusés. C'étaient ces trois photos qui avaient le plus touché Harry.

- Harry ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Il releva la tête vers Bill qui le regardait, inquiet. Harry n'avait même pas remarqué qu'il pleurait. Il rangea les photos, posa l'enveloppe sur une chaise et s'approcha de son meilleur ami. Faisant reculer Ginny, il prit Ron dans ses bras, sans plus de cérémonie, et tous les deux se serrèrent fort, pleurant l'un avec l'autre. Lorsque, quelques minutes plus tard, ils se séparèrent, ils se firent un léger sourire. Puis Harry s'assit à côté de son ami et posa son regard sur Bill. Celui-ci, l'enveloppe dans les mains, avait les yeux brillants et le teint dangereusement pâle. Il s'approcha de son frère et le prit dans ses bras, pendant quelques secondes.

- Vraiment, vraiment, vraiment désolé, Ron. dit-il en l'ayant relâcher.

- Quelqu'un nous explique ? demanda Molly, les sourcils froncés.

Arthur, Ginny et Angelina la regardait, alors qu'eux aussi avait les yeux brillants. Molly n'avait sûrement pas deviné ce qu'il s'était passé, mais eux oui. Bill et Harry se tournèrent vers Ron, qui prit la parole.

- Lucas est mort, dit-il d'une voix rauque.

- Lucas ? répéta sa mère, la mine décomposée.

- Ton petit-fils. Mon fils.

Molly porta une main à sa bouche, s'assit sur une chaise sous le choc, enfouit son visage dans ses mains en répétant à mi-voix de nombreuses fois : "Oh, Merlin. Oh, Merlin. Oh, Merlin. Oh, Merlin. Oh, Merlin. Oh, Merlin. Oh, Merlin. Oh, Merlin. Oh, Merlin...". Ginny vacilla un moment, les larmes coulant immédiatement, mais fut rattrapée par Matt, contre qui elle se blottit. Angelina prit la main de son mari et la serra fort, autant pour le soutenir lui qu'elle, et embrassa sa joue à chaque fois qu'une larme y tombait, pleurant elle-même. Lavande et Neville, choqués, n'avaient fait aucun mouvement. Parvati s'était brievement jeté sur Ron pour le serrer dans ses bras et l'embrasser sur les joues de nombreuses fois. Dean s'était mis derrière Ron et lui avait serrer l'épaule. Charlie avait rejoint Bill, Ron et Harry, tenant fortement les mains de son plus jeune frère. Arthur avait rejoint sa femme, qui s'était agenouillée près de Ron. Percy avait enlacé Coline et avait enfouit son visage dans son cou. Elle, elle pleurait, mais fixait George, qui lui avait le regard dans le vide, les lèvres pincées et ses poings se serrant convulsivement.

Lorsque toute la famille eut plus ou moins avalé la nouvelle, Ron commença son récit. Le transplanage d'Hermione. Le début de l'accouchement qui se passait bien. Le regard entre la sage-mage et le médicomage, l'annonce d'un problème. Le pédimage et la deuxième sage-mage qui était venu. Leur enfant qui leur avait été enlevé alors qu'il ne l'avait même pas touché. Les trente-six minutes où ils avaient du attendre, dans l'angoisse, des nouvelles de leur fils. Il leur rapporta ce qu'avait dit Anderson, ce qui avait causé la mort de l'enfant. Il leur décrivit les yeux si étranges mais magnifiques de Lucas, son sourire, son soupir de bien-être, le moment où il avait serré son doigt et où il avait tété celui d'Hermione. Il leur décrivit difficilement ce qu'on ressent lorsqu'on sent son enfant mourir juste à côté de nous.

Il leur parla des photos. Du pourquoi il n'avait pas voulu donner le bain à son petit garçon. Et il leur montra les photos. Il y eut peu de commentaires, juste sur à quel point l'enfant était beau et adorable.

Il leur dit aussi qu'après ces photos, Anderson était revenu et avait emmené Lucas. Dans un endroit spécial pour les enfants mort nés, peu utilisé heureusement, jusqu'à ce que les parents décident des funérailles de l'enfant.

- Lucas, murmura soudainement Molly, quelques minutes après la fin du récit de son fils. Lucas Weasley. C'est un beau nom, Lucas.

Ron lui sourit, l'embrassa sur la joue, puis décréta qu'il allait dormir dans la chambre d'Hermione. Un sage-mage l'avait amenée dans une chambre individuelle pour qu'elle se repose, et cela faisait plus d'une heure qu'elle dormait. Lorsqu'il entra dans la chambre, il s'attendrit devant le visage où toute trace de tristesse s'était envolée. Elle avait même un léger sourire. Peut-être rêvait-elle de leur fils, peut-être de lui, ou peut-être d'autre chose, en tout cas, elle était heureuse, et non triste. Il passa une main dans ses cheveux, sur sa joue, embrassa légèrement ses lèvres, puis il prit place sur le lit. Il colla son torse contre le dos de sa compagne, mêla leur jambe, passa un bras autour de sa taille, entrelaça ses doigts à ceux d'Hermione, enfouit son visage dans les cheveux bruns broussailleux. Il s'endormit vite, exténué par toutes les émotions qu'il avait ressenti lors de cette journée.

Pendant ce temps, dans un couloir désert de l'hôpital, près de la salle d'attente, George sirotait un café très fort. Il entendit des pas derrière lui et n'eut pas besoin de deviner qui s'arrêta derrière lui. Cette personne passa ses bras autour de sa taille, collant son torse à son dos, appuyant sa joue contre sa nuque, le serrant fort, mais pas assez pour que ça soit désagréable.

- Je suppose que t'y penses également ? demanda George, les yeux fermés, savourant cette étreinte. Pour toute réponse il n'eut qu'un bruit de sanglot étouffé, et sentit son t-shirt se mouiller rapidement.

- Coline... soupira-t-il.

Il se retourna vers elle, prit son menton entre ses doigts et remonta son visage vers lui. Il plongea ses yeux marrons dans le regard vert de la jeune femme, humide et triste. Il la serra fort dans ses bras, les bras de la sorcière autour de son cou, alors qu'elle pleurait contre lui. Lui aussi laissa échapper quelques larmes, et ils restèrent ainsi, enlacés, sanglotant, pendant plusieurs minutes.

Puis Coline Beaujan, épouse Weasley, sa belle-soeur, la femme de son frère Percy, se détacha de lui et le regarda dans les yeux une nouvelle fois. Elle fuya son regard, et le porta sur le mur.

- Si tu savais comme je regrette, murmura-t-elle.

- Tu n'as rien à regretter. Tu n'aurais jamais été ce que tu es, sinon, dit doucement George, lui prenant la main.

- Je pense beaucoup à lui, tu sais...

- Moi aussi. Surtout aujourd'hui.

Elle lui fit un léger sourire, puis plongea dans ses souvenirs.

Coline n'avait jamais été à Poudlard, mais avait étudié la magie avec un précepteur. C'est pour cela que, la première fois qu'elle vit George, ce n'était pas à Poudlard, mais à Londres. Un soir d'été 1996, alors qu'elle était seule sorti au cinéma (divertissement moldu qu'elle adorait) et qu'elle était venu au Chaudron baveur pour prendre un café, elle y avait rencontré George. Ils avaient parlé ensembles, ri ensembles, flirté ensembles, dansé ensembles. Ils s'étaient promis un rendez-vous trois jours plus tard et, ce mercredi 17 juillet 1996 (2), ils s'étaient embrassés pour la première fois.

Ils avaient choisi de garder leur relation secrète pour leur entourage, seul Fred était au courant que George voyait quelqu'un, sans savoir qui. Fin septembre, Coline présenta quand même son petit ami à ses parents, Mr et Mrs Beaujan. Quelques jours plus tard, George en fit de même avec sa famille. Tous les Weasley avaient bien aimé sa petite amie. Ils emménagèrent ensemble après un peu moins d'un an de relation. Les deux tourteraux avaient vécu deux ans de paradis ensembles. Tout le monde était sûr qu'ils allaient finir par se marier. Seulement, leur deuxième anniversaire de relation fêté, leur relation se détériora. Ils supportaient difficilement d'habiter ensemble, la routine et les disputes s'étaient installées, et eurent raison de leur amour.

Le 26 août 1998, ils rompirent d'un commun accord, sachant d'avance que leur couple était perdu. Mais, à peine dix jours plus tard, Coline apprit qu'elle était enceinte de cinq semaines. Elle l'annonça à George, car c'était lui le père. Il fut très heureux d'apprendre cette grossesse, proposant à Coline de commencer une nouvelle relation. Elle fut sur le coup très contente également, et tous deux décidèrent de partir en voyage, à Rome, une semaine pour fêter ça.

Mais, trois jours après leur retour, la future-mère eut un accident. Les deux amoureux se promenaient tranquillement dans Londres et, alors que George était parti acheter une glace pour lui et sa compagne, elle fut poussée par deux garçons qui faisaient du roller, et tomba dans un grand escalier, d'au moins quarantes marches. Le bébé n'aura pas survécu. Tous les deux furent effondrés d'en apprendre la nouvelle. Et, cinq jours plus tard, ils avaient définitivement rompus, réalisant qu'ils s'étaient remis ensemble juste pour leur bébé, dans l'illusion qu'ils s'aimaient toujours.

George fut très soutenu par sa famille, juste à cause de sa ruputure car elle n'était pas au courant pour le bébé. Il eut une nouvelle petite amie deux mois après ce triste évènement et, depuis, il a eut quelques relations qui n'ont jamais été sérieuses et n'ont jamais duré très longtemps. Coline, elle, perdit tout contact avec la famille Weasley, et mit beaucoup de temps avant de se remettre de sa fausse-couche et de cette rupture. Les mois passèrent, et elle était restée célibataire.

Mais, six mois après la mort de son bébé, elle rencontra Percy, au même endroit où elle avait rencontré Georges deux ans et demi auparavant. De toute la famille Weasley, Coline avait toujours préféré Fred, Angelina et Percy. Elle s'était très bien entendue avec eux trois et, si elle avait perdu le contact lors de sa première rupture avec George, Percy et elle retrouvèrent la complicité qu'ils avaient eu ensemble. Percy était célibataire, elle aussi, et une semaine après s'être revus, ils devinrent un couple.

Le jeune Weasley attendit plus de trois mois avant de révéler l'identité de sa petite amie à sa famille. Mais, un chaud jour d'avril 1999, Coline fut présenter une nouvelle fois aux Weasley. La nouvelle fut un choc pour toute la famille, surtout pour George. Coline, puis Percy, discutèrent avec lui pour savoir s'il n'avait aucun problème avec cette relation, et celui-ci affirma qu'il fallait juste s'y habituer et qu'il n'y aurait pas de problème.

Personne dans la famille Weasley ne savait que Coline avait été enceinte de George, qu'ils s'étaient remis ensembles pendant une quinzaine de jours avant de se séparer lorsque leur enfant mourra. Même pas Percy. D'ailleurs, les deux ex-petits amis n'en avaient jamais parlé à personne, même pas entre eux.

Mais, le 1er janvier 2000, le jour de l'an, Percy demanda à sa compagne de lui faire un enfant. Cela faisait un peu moins de neuf mois qu'ils étaient ensembles, cinq qu'ils habitaient dans le même appartement. Le lendemain, avant d'avoir donné sa réponse à son amoureux, Coline alla trouver George et tous deux discutèrent pour la première fois de la mort de leur enfant. Ils parlèrent de cela, de la demande de Percy, de leur ancienne relation, de la nouvelle relation de beau-frère et belle-soeur qu'ils avaient aujourd'hui. Et, après douze heures de discussion avec son ex, Coline alla trouvé son amoureux pour accepter sa demande.

Fin février 2000, elle tomba enceinte, et si la peur d'une nouvelle fausse-couche la prenait souvent, elle avait pris sur elle et sa grossesse s'était plutôt bien passée. Le 15 novembre 2000, Valérian Mark Weasley naquit, en bonne santé, tout comme la mère. La naissance du deuxième petit-enfant Weasley finit de faire totalement accepter Coline dans la famille. Elle avait retrouvé sa complicité avec Fred et Angelina, qui s'étaient récemment mariés à l'époque. Elle passa beaucoup de temps avec eux, et beaucoup de temps avec George.

Tout comme lorsqu'elle était en couple avec George, elle s'était remise à passer plus de temps avec les jumeaux, qu'avec ses propres amis, s'amusant tous trois. Ils étaient tous deux devenus ses meilleurs amis, tout comme Angelina et elle étaient pour chacune une confidente attitrée. Percy s'était par conséquent beaucoup rapprochés de ses frères, alors qu'ils n'avaient jamais été très proches. Depuis, ils étaient tous les cinq appelés "les inséparables". Surtout depuis que Kyle, fils de Coline et Percy, et Oscar, celui de Fred et Angelina ainsi que filleul de George, étaient devenus comme deux frères. L'ancienne relation de George et Coline n'était pas souvent évoquée lorsque toute la famille Weasley était réunie, mais elle l'était beaucoup plus, et était même un sujet de plaisanterie, entre les cinq "inséparables".

Et aujourd'hui, alors que Lucas Weasley était mort, ceci avait brutalement fait revenir à George et Coline leurs propres souvenirs lors du décès de leur enfant. C'était la première fois qu'ils en reparlaient depuis que la jeune femme avait demandé conseil à son ex sur la proposition de Percy d'avoir des enfants, en janvier 2000.

- Je me demande sans cesse, reprit Coline, ce qu'aurait été notre vie avec lui...

- Il ne faut pas que tu te le demandes, d'accord ? Aujourd'hui, tu es heureuse, tu as un mari formidable et quatre adorables enfants, une situation professionnelle honorable, trois supers amis (Coline sourit entre ses larmes à cette phrase), et une famille et une belle-famille qui t'aiment !

- Mais toi ?

- Quoi, moi ?

- Je veux dire, tu n'as personne, pas d'enfant, tu n'aurais pas voulu que ça se passe différement ?

George médita quelques secondes sur sa réponse, avant de caresser la joue de Coline avec un sourire.

- On n'aurait pas été heureux ensembles, ça aurait été pire avec un enfant. Avec tous ces problèmes de gardes, et tout... C'est sûr que j'aurais préféré évité une fausse couche, mais ce qui est fait, est fait.

- Tu sais, dit le roux après un moment, je crois comprendre pourquoi tu n'en as pas parlé à Percy. Mais par contre, je vois pas pourquoi tu ne l'as pas dit à Angelina ! Après tout, vous vous racontez absolument tout !

- Et toi, pourquoi n'en as-tu pas parlé à Fred ? C'est ton jumeau, après tout, ton meilleur ami !

- Tu as raison, je n'en ai aucune idée du pourquoi, répondit-il en passant une main sur sa nuque.

- Tu devrais le dire à Percy, tu sais ? reprit-il. Ça te soulagerait.

- Je... commença Coline, mais elle fut coupée par George qui la serrait dans ses bras.

Tous deux ne pleuraient plus, ils restèrent enlacés pendant quelques minutes. Puis ils se séparèrent, se sourirent, elle l'embrassa sur la joue et il caressa la sienne, puis partit sans un mot.

Avec un soupir à fendre l'âme, Coline se retourna vers une fenêtre. Elle appuya un bras sur la vitre, posa sa tête contre lui, et observa le jardin de Sainte-Mangouste, juste en dessous d'elle. Elle ne sut pas combien de temps elle resta ainsi, mais sursauta quand elle sentie une main contre sa hanche et un baiser dans son cou.

- George m'a dit que je trouverais ici, dit son mari. Un problème ?

- Percy, répondit-elle en se détachant de lui et en le regardant dans les yeux. Elle le vit lui sourire. Elle souffla un bon coup, puis décida de se jeter à l'eau.

- Il faut qu'on parle.


Salut à vous !

Alors voilà le 11e chapitre... j'espère que vous êtes pas trop triste ou déçu par la mort du bébé... A un moment, j'avais pensé à le laisser vivre, mais comme le thème véritable de ma fic est la mort d'un nouveau-né... D'ailleurs, pas mal de revieweurs avait deviné sa mort, donc c'est pas une surprise pour tout le monde ! J'espère que vous serez pas trop dégoutés par cette fic non plus pour arrêter de la lire ! Et non, elle n'est pas finie ! encore neuf chapitres !

D'ailleurs, j'ai fini de l'écrire Samedi 25 août, vers 19h, j'étais très fière de moi ! Ma première fic finie, vous vous rendez compte ! Enfin bref, j'espère que vous continuerez à lire cette fic, vous inquiétez pas, elle est pas triste tout le temps, il y a des moments heureux des fois ! SI, si, je vous jure, lol.

Sinon... je veux remercier :

aylala, cyndie, moi (originale, ton adresse e-mail !), guimette et nana (ba quand même !). Merci pour vos reviews qui m'ont fait très plaisir !

Alors voilà voilà... ah oui, je vais passer aux deux petites notes !

(1) : Lucas pèse 2.625 kg à la naissance et 2.604 à la mort. Si vous comptez bien, il a 21 grammes en moins quand il meurt. C'est un clin d'oeil au film 21 grams de Alejandro González Inárritu, avec Sean Penn et Naomi Watts. L'histoire du film n'a aucun rapport avec cette fic, à part peut-être la mort, mais à un moment, Sean Penn (qui va bientôt mourir), dit : On dit que nous perdons tous 21 grammes au moment précis de notre mort... Le poids de cinq pièces de monnaie. Le poids d'une barre de chocolat. Le poids d'un colibri. 21 grammes.
Est-ce le poids de notre âme ? Est-ce le poids de la vie ?

Ses paroles m'avaient énormément touchées, j'aimerais bien qu'on perde vraiment 21 grammes, le poids de notre âme, quand on meurt. Donc voilà, c'était juste un petit clin d'oeil, et, si vous ne l'avez pas vu, regardez ce film, il est vraiment su-per !

(2) : Lol, le 17 juillet 1996, c'est vraiment un mercredi, j'ai cherché un calendrier sur le net mdr !

Je vous préviens aussi que, si le 11e chap fait 11 pages, les autres seront beaucoup plus courts !

Donc voilà... je vous dis peut-être à la fin de la semaine, Samedi ou Dimanche, pour le douzième chapitre...

A bientôt, bisous à tous !

malilite