Ca arrive, ça arrive! Je publie moins vite qu'au début mais c'est parce que je retourne mes chapites dans tous les sens -et que j'en enlève et que j'en remet et que j'en réécrit x_x- pour vous chers lecteurs! n___n
Je vous dois au moins ça, non mais!
Amusez-vous bien!
Chapitre XI
Son écriture était nerveuse, un peu tremblante. Une fois chez elle, sur son bureau, elle devait encore rédiger quelques petites choses pour le prochain match. Mais l'agissement du quaterback était si profondément ancré dans son esprit qu'elle n'arrivait plus à se concentrer sur autre chose. Sa main était incertaine quand elle courait sur la feuille et elle se rendit vite compte que ses notes était illisibles.
Froissant la feuille couverte de gribouillis infâmes, Mamori soupira, le visage dans les mains. Il l'obsédait, c'était un fait. Mais elle se devait de coller à l'image que tout le monde avait d'elle. Elle était la responsable des mœurs après tout, et elle saperait sa réputation si quelqu'un le savait. Elle se frappa le front. Bon dieu Juumonji avait quoi de moins par rapport à ce dingue ? Elle fixa la feuille encore vierge trônant sur son bureau. Non, ils n'étaient pas comparable, c'était peut-être ça le problème.
Reprenant son stylo, elle se remit au travail. Les stratégies de la prochaine équipe adverse devaient être parfaitement analysées et détaillées pour demain. Elle tenta d'oublier son statut de jeune fille énamourée pour le remplacer par celui de manager, au moins pour ce soir là. Elle lutta contre l'appel de Morphée jusque très tard dans la nuit, en essayant vainement de prendre son rôle très au sérieux en remplissant cette fichue feuille de données.
Elle finit par s'endormir sur sa feuille, faisant baver l'encre encore fraiche sur sa joue. Tout était à refaire.
*****
Hiruma regardait sa montre avec agacement, cette fuckin' manager aurait déjà dû être là, à lui beugler dans les oreilles qu'elle ne « mangeait pas de choux à la crème en cachette ».
Il aimait bien lui rappeler cette faiblesse de temps à autre, ça lui donnait l'impression de reprendre le contrôle sur ce petit bout de fille –ce qui était en vérité absolument faux. Perdu dans ses pensées, il ne la vit pas arriver en courant, un monceau de feuilles noircies d'encre sous le bras.
Elle avait passé la matinée entière à tout réécrire, le dos et la main douloureux. Elle n'était pas trop en retard -l'équipe n'était pas encore arrivée- mais Hiruma détestait qu'on ne soit pas à l'endroit et à l'heure prévus. Une fois arrivée à sa hauteur, elle s'attendit à une engueulade en bonne et due forme, mais il se contenta de tapoter le verre de sa montre, un tantinet irrité.
« T'as un quart d'heure de retard, fuckin' manager.
- J'ai dû refaire les fiches, désolée. J'ai eu un contretemps, confessa-t-elle en lui tendant les dossier.
- Mouais. Bah ça ira »
Il jeta le dossier sur le banc après l'avoir négligemment feuilleté. Mamori s'offusqua du comportement du capitaine mais ne dit rien. Il devait sûrement déjà savoir ce qui se trouvait là-dedans. Alors pourquoi…
« Pourquoi tu me fais faire ce genre de choses ? Tu sais déjà tout ce que je vais mettre là-dedans, pas vrai ? Alors pourquoi tu me fais perdre mon temps pour ce genre de…
- Pour avoir des moments comme maintenant. »
Elle se sentait rougir et balbutia un faible « comment ça ? ». Il daigna tourner ses yeux noirs sur elle et lui prit le menton.
Mamori vira au cramoisi. Proche, trop proche. Elle ferma les yeux, anxieuse, mais aussi impatiente de recevoir ce qu'elle avait tant rêvé.
La pression des doigts fins d'Hiruma sur son menton disparu, et elle rouvrit les yeux, pour le découvrir en train de se diriger vers le local.
Kurita et Komusubi étaient arrivés plus tôt que prévu, comme à leur habitude et le démon pesta tout bas. Il avait lâché Mamori un peu hâtivement, trop soucieux d'être vu. Ces deux abrutis croyaient toujours bien faire. Sauf que « bien faire », c'était dans le cas présent savoir se taire.
Il doutait que ce soit le cas de Kurita, trop prévenant avec tout le monde. Ce fuckin' lineman serait au courant très vite et il ne devais pas courir le risque. Il se doutait déjà trop de quelque chose pour confirmer ses doutes.
Il regarda la jeune femme par-dessus son épaule. Elle semblait aussi déçue que lui, mais il saurait saisir une nouvelle occasion. Ce n'était qu'une question de temps.
*****
Mamori était resté sur le banc de touche, griffonnant quelques notes sur les prochaines stratégies à adopter dans tel ou tel cas… Elle était morose. Sa fierté de responsable des bonnes mœurs en prenait un coup car, comme l'avais dit Hiruma, il y avait des moments où elle ne pensait qu'à lui. Juumonji disparaissait de son esprit comme des cendres balayées par un bourrasque de vent.
Car sa relation avec Kazuki s'apparentait à cela : des cendres froides, vestige d'une faible flamme qui n'avait pas brûlé longtemps. Alors qu'Hiruma était un incendie violent, brûlant chaque parcelle de son être, mais pouvant aussi simplement la réchauffer, la rassurer.
Elle reprit juste à temps le fil de sa pensée quand le lineman s'assit à côté d'elle.
« T'as l'air préoccupée.
- Le match approche, je suis un peu nerveuse.
- Nous aussi, t'inquiète pas. »
Il but une gorgée d'eau et elle reporta son attention sur ses feuilles d'analyse. La conversation avec Juumonji avait toujours été aussi plate ? Elle ne s'en souvenait pas… Aucun moment passé avec lui n'était resté imprimé dans sa mémoire, aucun de ses gestes ou de ses mots n'avaient réussi à avoir de l'importance. Elle se mordit la lèvre, coupable.
Une fois que Kazuki était retourné sur le terrain, elle s'autorisa à craquer un peu. Quelques larmes étaient en train de diluer les mots qu'elle écrivait, pendant qu'elle gardait la tête basse, pour masquer son mal-être. Elle allait le blesser, cruellement et elle était trop gentille pour ne pas s'en vouloir.
Sena perçut un « tch » agacé de la part quaterback. Hiruma avait observé la scène avec amertume. Ce fuckin' type n'était pas foutu de ressentir l'état de la manager. Minable.
Il se devait de faire comprendre à Mamori qu'il était le seul à pouvoir la combler, le plus tôt possible.
Son cerveau lui déployait déjà un panel impressionnant d'idées machiavéliques, mais il l'ignora. Il devait juste attendre encore un peu, l'occasion se présenterait très bientôt. Il le savait.
