Disclaimer: Happy JK, happy.
Note: Une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c'est que je vais bientôt publier mon premier one-shot, la mauvaise c'est qu'il faudra attendre une bonne dizaine de jours pour ça ainsi que pour le chapitre 12, vacances obligent. J'ai décalé le passage sur la formation d'Auror de Ron d'un chapitre, ne m'en veuillez pas mais il doit être construit et précis si je veux que vous vous y retrouviez dans l'enquête et je manquais un peu de temps dans l'immédiat. Ce chapitre ci est en sorte un début d'explication sur les rapports que Ron entretient avec les femmes en général et ses conquêtes en particulier. J'espère que vous aimerez.
Réponses aux reviews:
Anacofleb: Oui, ton résumé est dix fois supérieur au mien, donc merci :) Pour le one-shot, je le publierai à mon retour de vacances, il est presque terminé, j'espère qu'il te plaira. Les discussions entre Ron et Ginny, il y en aura d'autres, c'est un côté que j'adore exploiter, la fibre familiale Weasley. Franchement, vu le tour que prend le personnage d'Harry, je ne sais pas qui aurait envie d'être Mme Potter, mais Ginny a plus d'un secret en commun avec le Survivant, tu vas voir. Pattenrond, hé hé hé... il va en faire baver à notre pauvre Ron. Merci de me lire, bisous.
virg05: Retiens-toi, please, harry est quand même le héros, après tout, il ne faut pas le blesser, mais dès que j'en aurai fini avec lui, tu en feras ce que tu veux, promis :p
Emma & Danaé: Merci d'aimer et d'être fidèle. Voilà la suite. Bisous.
Mathilde: Ron est génial ? rooh, toi aussi, tu es membre de son fan-club ? Je suis contente que tu l'apprécies parce que c'est vraiment mon perso favori aussi donc il est quand même un tout petit peu le héros de ma fic :) Pour mione, Ron aussi est étonné de la voir si "rebelle" mais tu découvriras plus tard plusieurs autres facettes de son personnage, j'espère qu'elle restera logique avec l'image qu'en donne jkr. Harry sera sauvé, n'aie crainte, mais peut-être d'une façon qui ne plaira pas à tous, tu verras ça plus tard aussi, donc patience :) Merci pour tout, bisous.
Frudule: tu vas encore en apprendre plus sur Ginny dans ce chapitre mais pour les amours des personnages, tu as raison, ils n'ont pas de chance. Celui qui a brisé le coeur de gin... tu vas le lire plus bas. Pour le rythme de ma fic, ça va s'accélérer; oui, mais dès que je reviens de vacances, donc dans une dizaine de jours. Harry est au coeur de bien des mystères donc Ron va quand même devoir enquêter sur son ami, tu en sauras plus dans le prochain chapitre. Aaah, le match, ça va être mon premier morceau de bravoure, j'espère que tu aimeras. Merci pour tes remarques, bises.
aiglus: Merci de me rassurer, j'ai encore du mal à faire passer tout ce qui me trotte dans la tête, donc parfois ça me frustre et je trouve ça moyen. La fin de l'innocence de Ron, c'est en partie parce qu'il va être plongé dans une histoire qui le dépasse et que selon moi, Ron Weasley est un personnage "pur" et qu'il ne peut qu'être submergé par ce qu'il y a de plus obscur dans cette histoire. De qui parle Ginny ? Tu vas le découvrir de suite. Merci de m'être si fidèle, bisous.
Mélanie84: Aie, je crains que tu aies pas mal de concurrence. On est toutes amoureuses de Ron, pfff, c'est honteux ! Ginny est un peu la voix de la raison (du moins, tant que Luna n'est pas de retour) donc, évidemment elle essaie d'ouvrir les yeux de son frère. Mais Ron est têtu, et fidèle en amitié donc il aura encore besoin de sa soeurette pour lui mettre les points sur les i, malheureusement. Une nouvelle prophétie, hmmm, tu verras, je ne peux rien dire (et arrête ce regard, le chat potté ne me fait rien du tout, naaaan !) merci de me lire (surtout à 4h du mat) et de me dire ce que tu penses de l'histoire, ça fait toujours plaisir. Bisous.
aminteitha: oui, tu as raison, c'était un chapitre de transition et celui-ci en est en quelque sorte encore un mais il faut un peu replacer les personnages dans le contexte avant de les lancer dans la grande aventure ;) Je suis contente que les retrouvailles entre Gin et ron t'aient plu. Pour la phrase de Ginny sur Hermione, tu vas en savoir plus cette fois-ci. Pattenrond, je l'imagine très bien, mais il faut dire que j'adore les chats, donc il va faire des apparitions régulièrement dans l'histoire. Bisous.
Servane: la fin de l'innocence pour Ron, oui, il faut bien qu'il y passe, le pauvre, mais c'est un peu normal quand tu te retrouves face à tes amis à ce point transformés et l'histoire dans laquelle il se lance ne va pas se dérouler sans mal. Torturer Harry à la place de Ron, m'enfin ! Non, rassure-toi, je ne ferai pas de mal à ton rouquin préféré mais il ne faut pas me donner l'autorisation de me déchaîner sur Harry, je risque d'y prendre goût ;) Je suis très contente que tu aies apprécié la discussion entre Ron et ginny, elle est aussi un de mes personnages favoris et c'est une joie de la décrire. Je me suis fait une idée très précise de la famille Weasley donc j'essaie vraiment de rester fidèle à ce qu'en dit JKR, en leur autorisant des aventures supplémentaires donc ravie que tu trouves ça correct dans l'esprit.
La barbe de Ron, j'ai dû postposer un peu, mais dans le prochain chapitre, promis, elle tiendra la vedette ! Pour l'intrigue, tant mieux si ça te travaille parce que ça risque de durer encore un peu mais je ne te donnerai aucun indice, non non ! Ginny jalouse d'hermione, c'est presque ça mais disons qu'elle a plusieurs raisons de lui en vouloir, c'est quand même la fille qui a fait du mal à son frère préféré ! Les chemises à carreaux, ben, c'est dans l'esprit oui, mais c'est vrai uqe je ne passe pas des masses de temps à me préoccuper de ce que Ron se met sur le dos. De là à dire que je préfère l'imaginer nu, il y a un pas que je ne franchirai pas (tu t'en doutes)! Merci pour tes remarques, bon courage pour Culpabilité et bonnes vacances. Bisous.
Loufette: Merci d'adorer :) Et de prendre le risque de te faire engueuler par ton père pour me le dire... Voici la suite ! Bisous.
Voilà la suite de l'histoire, merci à tous et toutes de m'avoir fait passer le cap de la centième review, c'est une merveilleuse surprise !
J'ai chaud. J'ai très chaud. J'ai beaucoup trop chaud.
A côté, la douche coule déjà, signe qu'Hermione est éveillée.
Ce matin, je n'ai pas mon copain ourson face à moi qui me souhaite le bonjour. Oh non, ce matin, j'ai très chaud et j'ai très peur. J'ai dormi dans le canapé, trop crevé dans la nuit pour rejoindre la chambre du petit après la soirée avec mon amie.
Et si mon raisonnement est exact, et Merlin sait si j'ai crainte qu'il le soit, Pattenrond a dormi avec moi. Sale bête, sale bête, sale bête ! Et il ronronne, le monstre, il ose même grimper jusqu'à mon cou pour frotter ses moustaches à mes joues. Et il plonge ses petits yeux chafouins dans les miens, l'air de me mettre au défi de le repousser. Dégage microbe ! pourquoi tu ne couches pas avec ta maîtresse, hein ? On rêve tous de coucher avec ta maîtresse. T'as cette chance toi, alors profite et bouge de là !
La douche a cessé. Elle va m'entendre !
« Hermioooooooooooone ! »
Des pas précipités et la jolie propriétaire du félin malin apparaît dans toute sa splendeur matinale, les cheveux humides remontés en chignon, les épaules nues sous son peignoir de bain, et les jambes… Merlin, cette paire de jambes est un supplice…
« Quoi, Ron, que se passe-t-il ? »
« Miooooone, débarrasse-moi de ta carpette puante, s'il-te-plaît. »
Sa bouche dessine un O indigné.
« Ma carpette ? Ron ! Tu n'es pas gentil avec Pattenrond ! »
Je grogne dans ma barbe, gentil, gentil… elle me fait rigoler, Mione, le matin, je ne suis pas équipé pour être gentil. Grognon, bougon, peut-être, mais certainement pas gentil !
« Grumpf ! »
C'est moi qui ai fait ce bruit ?
« Grumpf ! »
Oh, par l'épée de Godric, les bruits viennent de Pattenrond, cet animal va me cracher dessus. Nom d'une banshee, il va même me vomir dessus.
« Argh, gneuf, proumpf »
« Bon sang, Hermione, dégage-le ! Viiiiiiite ! »
Hermione se précipite vers nous, mais pas assez vite. Pattenrond vient de m'éjecter au visage une splendide boule de poils collés de salive.
D'un bond, je me soulève pour repousser la teigne toujours avachie sur mon torse, mais le chat, certainement surpris par mon mouvement, ne trouve rien de mieux à faire que de planter ses griffes dans mes pectoraux et je sens avec une intense douleur ma peau se zébrer sous ses pattes.
« Bordel, bordel, ça fait mal ! »
Pattenrond a retrouvé son équilibre sur mes genoux et sans un regard en arrière, en saute pour disparaître par le balcon.
Hermione est à genoux à côté de moi et contemple avec horreur mon t-shirt où se devinent à présent de fines lignes ensanglantées.
« Oh Ron, je suis désolée, il a eu peur. »
« Putain, Mione, je suis vraiment navré d'avoir foutu la frousse à ton chat, mais là, je souffre assez atrocement donc il attendra pour mes excuses ! »
Elle se relève et me lance un regard où se mêlent agacement et désolation.
« Ron, s'il-te-plaît… »
« Ok ok, c'est pas de sa faute, il a eu peur. Mais, Merlin, ça fait vraiment mal, Mione. »
« Non, je voulais dire, Ron, s'il-te-plaît, viens avec moi. Il faut te soigner. »
Je la suis jusqu'à la salle de bain et m'assieds sur le bord de la baignoire pendant qu'elle sort une trousse d'une armoire.
« Retire ton t-shirt. Je vais chercher ma baguette. »
J'enlève le bout de tissu maintenant bon pour la poubelle. Le satané monstre m'a vraiment bien entamé la peau, ses griffes ont dessiné des petites crevasses de mes épaules à mon ventre. Je suis soulagé de constater qu'il a évité mes tétons dans le carnage.
Hermione revient avec sa baguette et sort de la trousse des flacons et des cotons hydrophiles.
Elle vient se placer face à moi et observe d'abord les coupures avant de laisser courir un doigt le long de celles-ci.
« Il ne t'a pas raté. Ca a l'air assez profond. » Elle se mordille les lèvres avant de plonger ses yeux navrés dans les miens.
« Tu as mal ? »
« voui… » Ma gorge est nouée et sèche et je commence à deviner très bien pourquoi.
« Je vais d'abord appliquer une potion pour désinfecter les blessures et puis j'essaierai de les soulager avec ma baguette. D'accord ? »
Je ne réponds plus, me contentant de hocher la tête d'un air convaincu. Ses mains sont partout à la fois sur mon torse, effleurant délicatement mes plaies à l'aide du coton. Les gestes d'Hermione sont d'abord précis mais je sens doucement divaguer le coton là où le chat ne m'a pas touché. Son souffle est chaud et saccadé dans mon cou et je vois ses doigts agiles, toujours armés du coton, se perdrent dans la légère toison de poils roux qui recouvre ma poitrine. L'onguent qu'elle a utilisé doit faire effet car les griffures sont moins douloureuses mais à présent, c'est mon corps tout entier qui semble fiévreux.
Mon amie est toujours concentrée sur sa tâche et elle refait sans relâche le chemin des épaules à mon abdomen avec le coton à présent sec et rêche. Je devine les hésitations de ses doigts à chaque nouvelle cicatrice qu'elle découvre, au détour d'une côte, une brûlure mal soignée, le long de mes omoplates, les preuves cuisantes de ma dernière rencontre avec un Ronflak. Le coton tombe et ses mouvements se figent quand elle étudie du pulpe de son majeur la marque étoilée laissée par Volde…mort un peu avant que Harry n'en finisse avec lui.
« Là… c'est moins douloureux, maintenant ? » Sa voix est rauque et timide.
« Oui, ça fait partie du passé. Je ne sens plus rien. Plus rien du tout. »
"Oh… donc ça ne te fait rien si je me permets ça." Elle pose un baiser léger sur l'étoile.
"Ca ne me fait pas mal." Mais je n'irai pas jusqu'à dire que ça ne me fait rien. A quoi joue-t-elle?
Elle se redresse un peu mais ses lèvres sont toujours à quelques centimètres de ma peau. D'instinct, je sais qu'elle va m'embrasser à nouveau, qu'elle va laisser courir sa bouche sur une autre blessure, puis sur une autre encore.
"Mione…"
"Chuut, Ron… Laisse-moi te soigner."
L'image de ses lèvres mobiles épousant chaque altération de mon torse s'estompe quand je ferme les yeux. Derrière mes paupières, tout est blanc, vague, cotonneux alors que vu de l'extérieur, je ne suis que rouge et brûlant. Une myriade d'émotions m'envahit. Je devrais l'arrêter avant qu'elle ne s'en veuille, je le sais. Mon instinct et mon envie se livrent un duel éperdu. J'ai envie qu'elle continue, qu'elle me parcoure plus bas encore, jusqu'à la barrière rigide de mon jeans, et je sais qu'elle en a envie aussi. J'ai eu assez de filles dans mon lit pour deviner quand elles me veulent. Aussi choquant que cela puisse être pour mon esprit, mon corps reconnaît qu'Hermione le désire.
Mais je sais aussi que cette femme n'est pas une de ces filles avec qui j'ai couché, qu'elle n'a pas connu beaucoup d'hommes, qu'elle est à Potter. Et que Potter ne lui donne pas ce dont elle a besoin. Et que ce que son corps confond à présent avec de l'envie n'est qu'une de ses formes primaires et animales de besoin. Hermione a besoin de quelqu'un pour toucher sa peau, Hermione a besoin de toucher une autre peau que la sienne. Et Merlin sait que je serais ravi d'être celui qui comble ses besoins mais que je me dégoûterais si, avec toute mon expérience, je la laissais aller au-delà de ce que son esprit tolère.
Avec toute la force dont je suis encore capable à cet instant précis, c'est-à-dire pas grand chose, j'emprisonne ses poignets entre mes mains.
"Mione…"
"Oh Ron, je suis.."
"chut, ça va, je comprends. JE suis irrésistible."
Ses joues rougissent quand elle me regarde mais ses yeux semblent prêts à me foudroyer.
"Oh, toi, tu es si…!"
Je lui souris. "Beau? Séduisant? Charmant?"
"Insupportable!" me lance-t-elle dans un grondement mais ses yeux noisettes ont perdu leur lueur redoutable.
"Ah oui, c'était le quatrième adjectif sur ma liste… insupportable."
Dans un mouvement, elle fait tournoyer sa baguette et me gratifie d'un sort de guérison indolore et instantané.
Ensuite, tout va très vite. Je me douche et me sèche en un temps record pour être prêt avant qu'Hermione ne songe à préparer quoi que ce soit d'immangeable pour le petit déjeuner.
Apparemment, j'ai bien fait de me presser car elle n'a encore eu le temps que de faire chauffer l'eau pour le thé. Pas de mal, en conséquence!
Je nous prépare vite fait un assortiment de toasts et de confitures et prends soin de ne pas laisser infuser le thé trop longtemps.
Hermione est déjà habillée et empile un tas de dossiers dans une caisse à côté du secrétaire.
"Madame est servie."
"Oh, merci, Ron. J'arrive tout de suite."
Elle vient s'asseoir face à moi dans la cuisine et plonge son nez dans un épais recueil pendant que je remplis sa tasse.
"Mione, ça, c'est pénible… Il va falloir qu'on mette quelques choses au point si tu ne veux pas que je te gronde."
"Quoi?"
Elle a levé les yeux vers moi et me lance un de ses profonds regards qui veulent dire "mais tu ne vois pas que tu me déranges dans une activité de la plus haute importance".
"Ca!" Et je lui ôte le livre des mains.
"Mais, Ron…"
"Chut, j'ai dit!" Elle se tait, ô miracle de l'homme qui impose sa loi.
"Je suis ici pour veiller sur toi. Ca veut dire que tant que je serai dans ton ombre, tu mangeras sainement, tu te coucheras à une heure raisonnable et perdras la mauvaise habitude de lire à table. Maman m'a appris que c'était très grossier et tu peux croire que ma mère a eu raison de Percy comme j'aurai raison de toi."
Elle prend un petit air pincé en mordant dans un toast mais reste, ô joie, silencieuse.
"De plus, j'aimerais que tu fasses entendre raison à ton satané animal. Faire ses griffes sur mon torse, mon dos, mes jambes ou mes bras, c'est mal! Faire ses griffes sur n'importe quelle autre partie de mon anatomie aussi, d'ailleurs."
Je devine son sourire derrière sa tasse de thé.
"Et puis, une dernière chose, Mione, afin qu'il n'y ait pas confusion…" Je lui prends la main et pose mes lèvres sur sa paume. "Tout à l'heure, dans la salle de bain, je ne voulais pas que tu t'arrêtes. Mais…"
"Je sais, c'est pareil que pour Pattenrond et ses griffes, c'est mal!"
"Oui, enfin non, c'est bien, mais dans le mauvais sens."
"Ca n'arrivera plus."
Oh Merlin, non, faites que ça arrive encore! Mais tais-toi, Weasley bougre d'âne!
"Oui, enfin, bref…"
Je n'ai pas l'occasion de terminer ma phrase car surgissent au même moment deux volatiles dont un ne m'est pas totalement inconnu.
"Hedwige, ma belle!"
La chouette d' Harry vient se poser sur mon épaule et picore à petits coups secs un bout du toast que je tiens en main.
L'autre oiseau, une jeune chouette effraie, se dirige directement vers Hermione qui lui ébouriffe les plumes d'une main pendant que l'autre détache le message qu'elle apporte.
"C'est Médée, la chouette de Mme Finnigan." Je salue amicalement Médée qui semble trop timide pour me fixer et disparaît sur le buffet dès qu'Hermione sort la boîte de Miamhiboux.
Pendant que la chouette grignotte, Hermione revient vers Hedwige qui lui donne des petits coups de bec pour l'empêcher d'atteindre sa patte.
"La lettre doit être pour toi." me suggère mon amie.
En effet, Hedwige gonfle ses plumes de contentement tandis que je déroule le parchemin.
"Harry veut me voir demain, pendant ma pause."
"C'est tout ce qu'il dit?"
J'acquièse d'un signe de tête. De fait, c'est tout ce que contient le message d'Harry, pas de remarque à l'intention d'Hermione, ni un salut. Elle semble vaguement déçue mais se reprend très vite en lisant le rouleau envoyé par la mère de Seamus.
"Fyfe arrive samedi, il paraît qu'il est infernal en ce moment, Mme Finnigan est au bord de la crise de nerfs."
Elle me décoche un grand sourire. "Tu vas rencontrer la terreur. C'est vrai qu'il ne tient pas en place mais il est adorable, beau comme un ange, têtu comme un âne. Il me fait beaucoup penser à toi. Ca doit être parce que c'est un petit rouquin agité."
J'éclate de rire en imaginant le diable que le gamin de Seamus promet d'être, d'après le portrait qu'en fait Hermione.
Mon amie met avec ménagement les volatiles dehors et dépose sur le balcon un plat rempli à ras bord de croquettes. Ce n'est pas encore aujourd'hui que la descente de lit graisseuse mourra de faim.
Deux pops plus tard, nous nous séparons dans l'entrée du Ministère et après lui avoir promis que je viendrai l'attendre à la fin de la journée, je regarde s'éloigner la silhouette fragile d'Hermione.
Quand j'arrive au Terrier, Ginny est déjà plongée corps et mains dans la fastidieuse corvée du dégnomage du jardin.
Je regarde tournoyer les affreuses petites créatures qui atterrissent dans le champ voisin à coups de "Fishmoilapaix fishmoilapaix". Face à ma redoutable petite sœur, ils n'ont aucune chance!
"Hey, soeurette! M'man est dans la coin?"
Ginny laisse s'échapper le gnome qu'elle tenait par le pied et me lance un regard furibond.
"Oh bonjour, Ron. Moi aussi, je suis ravie de te voir."
"Ca va, ca va… bonjour petite sœur adorée!" lui dis-je en lui plaquant sur le front un bisou mouillé qu'elle s'empresse d'essuyer.
"Maman est chez Pénélope. Hermès est passé ce matin avec un message de Perce. Elle a filé sans m'en dire plus."
"Oh, d'accord. On a la maison pour nous tous seuls donc, chouette!"
"T'emballe pas Ron, elle m'a laissé une liste de corvées pour la journée. Et comme tu es mon gentil frangin, tu vas avoir le plaisir de partager ma joie!"
"Grumpf!"
"Oui oui oui, moi aussi, je t'aime! Allez, remonte tes manches et haut les cœurs, frérot. Au boulot!"
Nous passons donc le reste de la matinée à rendre le Terrier un peu plus habitable et tandis que j'expédie aux cent mille diables le dernier gnome débusqué dans le jardin, Gin nous prépare un pique-nique léger que nous partageons à l'ombre d'un peuplier, sur la colline.
"Tu es prête pour dimanche?"
Ginny croque dans une pomme avant de me répondre, entre deux mâchouillages.
"Mouais, pas vraiment, mais l'entraîneur dit que je dois profiter de l'effet de surprise, les Crécelles ne m'ont pas encore vue jouer, ça devrait être un avantage pour nous."
"Je suis sûr que tout se passera bien. Ce sera un grand jour, après tout!"
"Un grand jour?"
Je sors mon paquet de clopes et m'autorise une bouffée avant de poursuivre.
"Ton premier match le jour de tes 22 ans, c'est ce que j'appelle un grand jour, Gin…"
Elle me sourit, apparemment agréablement surprise.
"Tu n'as pas oublié?"
"Evidemment que non! Je retiens les dates importantes, soeurette. Et ce n'est pas tout à fait sans raison si j'ai choisi cette période pour revenir… le match, c'est le plaisir supplémentaire!"
"Idiot! Comment je peux t'en vouloir quand tu donnes l'impression d'être presque humain, hein dis-moi?"
Elle me pique ma cigarette et en tire quelques coups légers avant de me la rendre, dégoûtée.
"Au fait, à-propos de dimanche, le club m'a donné 4 invitations. Bill et Percy en ont pris deux, je pensais demander à Neville de venir aussi. Il m'en reste donc une. Si tu as une conquête à impressionner, je te la cède volontiers…"
"Tsss… Ginny! Je t'ai connue plus subtile pour m'interroger. Si tu veux savoir quelque chose, vas-y. Je n'ai rien à cacher."
Elle s'assied en tailleur face à moi et prend une profonde inspiration.
"'kay, alors… Y a une fille en ce moment? A part Hermione, je veux dire."
"Humpf… non, pas vraiment."
"A part Hermione."
"Oui, à part Hermione."
"Tu l'as sautée?"
"Gin!"
"Quoi? Tu n'as rien à cacher, dis-tu. Donc, je repose ma question. Tu l'as sautée?"
"Elle est mariée, Gin."
Elle ricane un moment avant de se resservir à boire.
"Ouais, c'est ça… elle est mariée… Donc, tu ne l'as pas sautée?"
"Non!"
"D'accord… mais tu vas la sauter."
"Gin!"
Je maudis encore une fois mes oreilles écarlates qui me trahissent mais Gin n'y prend pas garde, la machine à questions est lancée et j'ai beau me recroqueviller contre le tronc du peuplier, je sais que je n'y échapperai pas.
"Bon, alors, Hermione est la future bienheureuse… Qui était la dernière? Luna?"
"Non."
"Oh… tu n'as pas sauté Luna?"
"Gin, ça ne te regarde pas vraiment."
"Allons, allons, tu me dois deux ans de confidences, Ronald."
"Non, je n'ai pas sauté Luna, j'ai fait l'amour avec elle, c'est différent."
"Pfff, des mots ça, Ron. Ca reste du sexe, après tout."
"Si tu le dis."
Devant la mine trop réjouie de ma petite sœur, je décide que j'ai droit aussi à quelques confidences.
"Et toi, Gin?"
"Quoi, moi?"
"Qui est le bienheureux, en ce moment?"
Elle soupire et rattache ses cheveux , prenant bien soin de me cacher son visage de ses bras.
"Oh, ça… Tu le verras dimanche."
Je prends un petit air goguenard.
"C'est peut-être pour lui que tu devrais réserver ta dernière invitation."
"Qui te dit que ce n'est pas déjà fait?"
Je m'étrangle avec mon jus de citrouille.
"Neville?"
"Hé hé hé… Pourquoi pas?"
"Sans déconner, Gin, Neville est un très gentil garçon, mais…"
Elle redevient sérieuse et me fixe d'un air indécis.
"Promets-moi de ne pas monter sur tes grands chevaux."
"Raaah, Gin, ne me dis pas ça!"
"Promets!"
Je grogne un bref instant mais ses yeux ne me quittent pas. Je déteste la bouffée protectrice qui m'envahit quand Gin s'apprête à m'avouer ses pires conneries, mais je ne peux pas m'en empêcher.
"Je promets."
Elle laisse échapper un sourire de soulagement puis me lance très vite, certainement de façon à ce que je ne comprenne pas.
"Rick Grubbs."
"QUOI?"
Là, elle a fait fort.
"Richard Alexander Grubbs?"
Très fort!
"Rick Grubbs, le plus jeune poursuiveur du Championnat?"
Très très fort!
"Richie Magic Grubbs, le capitaine des Canons de Chudley? Ton capitaine?"
"Voui…"
"Gin, tu connais la règle d'or au Quidditch?"
Elle me retourne un regard agacé.
"Oui, Ron, je sais. On ne sort pas avec son capitaine."
"Oui, exactement! Parce que si la relation foire, c'est toute l'équipe qui en pâtit."
Elle lève les yeux au ciel. "Oh, s'il te plaît Ron, je sais ce que je fais! Et puis, ce n'est pas comme si c'était la première fois."
"La première fois que quoi?"
"Que je couche avec mon capitaine!"
Là, mon cerveau fait très très vite l'inventaire des différentes compositions d'équipe dans lesquelles Gin a joué.
"Potter…" dans un murmure pour moi-même. "Harry? Tu as couché avec Harry?"
"Non, crétin, j'ai couché avec Angelina Johnson!"
"Hein?"
"Raaah Ron!" Là, c'est à moi de la prendre en flagrant délit de rougissement intempestif.
Je reprends, plus doucement cette fois. "Ginny, tu es sortie avec Harry? Quand?"
"J'ai couché avec Harry Potter pendant votre dernière année. Et Gryffondor a quand même remporté la coupe, donc la règle d'or ne s'applique pas toujours."
Je me rapproche d'elle sensiblement car je n'aime pas le ton haché avec lequel elle a formulé sa dernière phrase.
"Je ne savais pas. Il ne m'en a jamais parlé."
Un soupir amer.
"Il n'en était pas très fier. Et ça n'a pas duré. Ce n'était pas important."
Je me rapproche un peu plus.
"Arrête, Gin. Je te connais. C'était important."
"Pas pour lui, en tout cas."
Je lui attrape le bras et tente de l'attirer vers moi.
"Gin, viens là."
"Non, Ron. Ca ne sert à rien de vouloir me consoler à présent, c'est du passé. Et d'ailleurs, je t'interdis de jouer au grand frère protecteur et de foncer lui casser la gueule."
Godric, c'est qu'il y a donc une raison de vouloir démolir la face du Survivant… Une de plus.
"Il était …?"
"Le premier? Oui."
Merde merde merde!
"Oh, fais pas cette tête, frérot. Moi au moins, je me souviens de ma première fois!"
Garce!
"Mmmh, ça va ça va."
Elle rigole à présent, se fout même franchement de ma poire.
"Honnêtement, Ron… à ta place, j'aurais honte!"
"Grrr, Gin…"
"Oui, je sais, je laisse tomber. Mais, sincèrement… tu en as eu tant que ça?"
Je hausse les sourcils, un poil désespéré. Ce n'est pas la partie de ma vie que je préfère.
"Oui, y en eu pas mal. Trop, si tu veux savoir."
Là, c'est elle qui tente le rapprochement, serre ma main dans la sienne.
"Et depuis Luna?"
"Depuis Luna… deux. Une par continent."
Elle me donne un coup d'épaule mais continue à serrer ma main.
"T'es limite goujat, quand même, Ron. Tu sais ça?"
Je lui retourne mon plus beau sourire façon Weasley mais je sais que Gin est immunisée, c'est dans ses gènes.
"Sérieusement, soeurette., toutes ces filles, même celles dont j'ai oublié le nom, n'ont pas eu à se plaindre de moi."
Elle pousse un cri dégoûté.
"Merlin, je ne veux pas de détails, pitié!"
"Noooon, je ne parle pas de CA… quoique." lui dis-je avec un demi-sourire. "Non, Gin, ce que je veux dire c'est que je n'ai jamais rien promis à aucunes d'elles et qu'il aurait fallu être idiot pour croire que j'avais quoi que ce soit à offrir. Je n'en suis pas fier, crois-moi, mais j'espère sincèrement n'en avoir blessé aucune."
Elle me rend mon sourire, me coupe une large part de tarte aux myrtilles et m'assure qu'elle sait que je ne suis pas ce genre de type.
"N'empêche…" poursuit-elle, la bouche pleine de pâtisserie. "Ca ne doit pas être évident de retravailler au Ministère avec toutes tes ex qui rôdent."
Je n'avais pas vu les choses sous cet angle.
"J'ai des ex au Ministère?"
"Oui, au moins trois ou quatre, si je me souviens bien. Y en a une au département des sports et des jeux, une autre qui doit toujours travailler à la régulation des cheminées et puis une Serdaigle qui est aux transports, je crois."
Une illumination.
"Perks… Sally Ann Perks."
"Oui, c'est ça! Tu te souviens d'elle?"
"Pas vraiment. Une espèce de révélation tardive."
"Hmmm, je vois le genre. Ca doit être ton troisième œil qui te travaille."
Je la pousse dans l'herbe mais elle s'échappe avant la moindre tentative de vengeance et fonce tout droit jusqu'au Terrier.
Où attend maman, sa liste de corvées à la main.
En achevant ma part de tâches ménagères, je repense à la conversation avec Ginny.
Merlin! Sally Ann Perks, plus deux ou trois autres conquêtes non identifiées… Ronald, mon vieux, il est temps d'apprendre à marcher sur des œufs.
Voilà, un petit chapitre qui ne révèle pas de grands complots mais replace un peu Ron dans son contexte amoureux. Navrée pour le jour de délai, ma vie sociale prend un peu le dessus. La suite dans une grosse semaine. En attendant, allez lire "Culpabilité" et "Popularité" et réservez un accueil triomphal à la trad "Anam Cara" par ILivinparis, une très chouette fic, disponible en anglais sur checkmated. Bises à tous et bonnes vacances !
