Titre : La couleur des souvenirs

Résumé : « Je n'ai jamais raconté mon histoire auparavant. Pourquoi l'aurais-je fait ? J'étais bien trop occupée à la vivre. Pourquoi maintenant ? Peut-être parce que je suis seule. Parce que je ne vis plus rien. Parce que je veux les revoir une dernière fois, ces instants avec lesquels j'ai passé la plus grande partie de ma vieillesse. Parce que je veux boire, encore, les couleurs qui composent le tableau de ma vie. » SS/HG

Rating : M

Note d'auteure : Tandis qu'Albus complote et se gave de bonbons au citron, Hermione tente de retrouver le Severus qu'elle aime. Ta dam ! Et pendant ce temps là, Minerva sévit ! J'ai eu du mal à mener ce chapitre à terme, parce que je sens que j'approche de la fin mais... C'est la vie ! J'espère en tout cas que vous aimerez !

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Coeur d'acier

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L'entêtement.

C'était sûrement ce qui caractérisait le mieux Hermione Granger.

Dans le cas présent, son entêtement lui était bien utile. Elle campait dans le jardin de Severus Snape depuis plus d'une semaine, à présent. Elle n'avait pas quitté sa pelouse depuis qu'il avait remporté son procès. Depuis qu'il s'était enfui. Depuis qu'elle avait croisé ses yeux vides de tout espoir, vides de toute étincelle de vie.

Elle n'avait pas hésité. Elle ne le laisserait pas partir de nouveau, pas après tous les efforts qu'elle avait fait pour le sortir de prison. Elle s'était précipité chez elle, en était ressortie un sac sur l'épaule, avait transplané devant la maison du maître de potions. Elle avait planté une tente sorcière dans sa pelouse, non sans s'être assurée que la maison était bien protégée.

Depuis, elle attendait.

Elle attendait que Severus Snape sorte, qu'il parle. Qu'il cesse de regarder le monde de sa fenêtre, les yeux fixés sur le lointain. Elle attendait qu'il redevienne celui qu'il était avant. L'homme qu'elle aimait.

« Il a besoin de temps, se répéta-t-elle pour la centième fois depuis le début de la semaine. »

Elle faisait les cents pas sur sa terrasse, s'arrêtait brusquement devant sa porte, prête à frapper, puis se ravisait subitement et faisait demi tour.

« Sirius aussi a eu besoin de temps en sortant de prison ! »

Elle fit quelques pas en direction de sa tente.

« Oui mais lui est resté plusieurs années à Azkaban. Il avait sa forme animagus. Et quand il est sorti, il y avait Harry. »

Elle s'approcha de la porte d'entrée. Elle retint son souffle et poussa la poignée.

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« Albus, vous êtes sûr que c'est une bonne idée ?

- Vous préféreriez qu'on la laisse se débrouiller toute seule, Minerva ? Vous savez que Severus a besoin d'aide pour s'en sortir. Et vous savez aussi qu'elle est la seule à pouvoir l'aider. Je ne fais que lui donner un léger coup de pouce ! »

Le professeur de métamorphose lui offrit un regard dubitatif.

« Allons ma chère ! Regardez-les, ces petits ! Ne sont-ils pas adorables ? Elle est sa chance de rédemption, vous le savez ! »

Sourire désabusé.

« Et vous êtes ma chance de rédemption. »

La directrice releva brusquement la tête. Le bureau était vide. Le nouveau directeur n'avait pas encore été nommé, la plupart des portraits étaient absents. Il ne pouvait s'adresser qu'à elle. De fait, son regard était fixé sur elle. Il la regardait par dessus ses lunettes en demi lune. Elle n'avait jamais pu résister à ce regard. Elle rougit.

« Qu'est-ce que vous racontez Albus !

- Vous êtes mignonne quand vous rougissez, Minerva. »

Il se détourna, bon joueur, pour la laisser reprendre le contrôle d'elle-même.

« Je maintiens ce que j'ai dit, Minerva. Et j'ajoute que je suis très heureux de vous avoir ici avec moi. »

Elle ne lui répondit pas. Elle était trop occupée à réfléchir à ses dernières paroles. Elle allait parler lorsque le prédécesseur d'Albus à la tête de l'école de sorcellerie fit son apparition. Le vieil homme l'avait envoyé en éclaireur.

« C'est fait, Albus. Le paquet a été transmis.

- Bien. Maintenant, nous n'avons plus qu'à faire confiance aux extraordinaires capacités réflexives de miss Granger, n'est-ce pas Minerva ? A présent si vous le permettez... »

Albus Dumbledore tourna les talons et, dans un tourbillons de robes, disparut du tableau. Minerva soupira. Décidément, Albus Dumbledore ne cesserait jamais ses manigances, même mort...

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La maison était dans un été déplorable. Comme si un ouragan en avait fait trois fois le tour avant de se décider à partir. Les meubles étaient renversés, les livres déchirés, une odeur de moisi flottait dans l'air. Une épaisse couche de poussière recouvrait l'ensemble de la pièce. Comme si personne n'avait vécu là depuis des années.

« Severus ? Essaya-t-elle. Severus, où es-tu ? »

Seul le silence lui répondit. Elle passa dans la pièce suivante. La cuisine. Là aussi, tout semblait mort. La plupart des placards étaient vides, les chaises avaient été renversées. Le lieu transpirait la désolation.

Elle avisa un escalier sur sa gauche. Elle hésita avant de poser le pied sur la première marche. Grincement. Un nouveau pas, une nouvelle marche. Toujours ce bruit ponctuant le moindre de ses mouvements. Elle se trouva enfin sur le palier, au premier étage. Un seul bougie éclairait le couloir. Le manque de lumière rendait l'endroit terriblement lugubre.

En face d'elle, une porte entrouverte.

Elle avança.

Il était là, assis à la fenêtre. Comme s'il n'avait pas bougé depuis des années. Elle pouvait presque discerner l'épaisse couche de poussière qui couvrait ses vêtements. Le parquet grinça sous son poids. Il n'eut aucune réaction.

Elle s'approcha, posa une main sur son épaule. Il tressaillit. Elle se pencha, plongea son regard dans le sien. Il était comme mort, vidé. Elle avait devant elle une coquille vide. Mais qu'avaient-ils bien pu lui faire pour le mettre dans cet état ? Et en si peu de temps ? Les larmes lui vinrent aux yeux. C'était injuste ! Maintenant qu'ils pouvaient être ensemble, il...

Elle fit quelques pas en arrière. Il ne bougea pas d'un pouce.

« Severus, je... »

Elle baissa les yeux. Ses mains tremblaient.

« Accroche toi, Severus Snape ! Ce n'est pas le moment d'abandonner. Je reviendrai te chercher, je te le promets, mais en attendant, accroche toi ! Pour moi ! »

Elle fit demi-tour et partit en pleurant.

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Autour de lui, tout était gris. Lui aussi n'avait plus aucune couleur. Le monde extérieur lui parvenait à travers un mince rideau de pluie, tous les sons semblaient assourdis. Et dans tout ce gris, lui n'était rien de plus que quelques atomes dans une mer d'existences. L'homme est si peu de choses...

Il lui semblait qu'il vivait ici depuis des années. Dans tout ce gris. Pourtant, parfois, quelques images en noir et blanc, vestiges d'un lointain passé. Parfois, toujours, ces deux orbes grisés, teintés d'une nuance de chocolat.

Il ne savait pas comment il était arrivé là. Il ne savait pas comment il s'appelait. Il avait quelques souvenirs, un nom, une odeur, sans rien à quoi les rattacher. Il se souvenait d'un « Potter », d'un « Albus », d'une « Minerva ». Il se souvenait d'un lieu nommé « Azkaban », mais il savait qu'il n'y était plus. Il ne savait pas comment, mais il le savait. Un nom lui manquait, pourtant, celui qui allait avec les deux yeux bruns. Il lui semblait que s'il retrouvait ce nom, il serait sauvé. Mais voulait-il être sauvé ?

« Severus ? »

Ah, oui. C'était son nom.

Severus, je m'appelle Severus.

La voix semblait assourdie, perdue dans un lointain brouillard, un nuage de sanglots et d'effroi.

« Severus, où es-tu ? »

Cet endroit avait-il seulement un nom ? Pouvait-on nommer l'indicible ? Il était là. Où était ce « là », personne n'en savait rien, mais il y était. Et ne pouvait sortir.

Un craquement. Un souvenir familier, une impression qui s'échappe, fugace. Il tenta de la rattraper, en vain.

« Severus, je... »

Qui êtes-vous ?

« Accroche toi, Severus Snape ! Ce n'est pas le moment d'abandonner. Je reviendrai te chercher, je te le promets, mais en attendant, accroche toi ! Pour moi ! »

Mais qui es-tu, bon sang ?

M'accrocher ? Et à quoi donc ?

Il tenta de saisir le vide où il flottait.

« Il n'y a que du gris, ici. »

Sa voix raisonna dans le silence de l'infini.

Il était seul.

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Lorsqu'Hermione ouvrit les yeux, elle était de retour chez elle. Dans la maisons de ses parents, cette maison où elle n'avait pas remis les pieds depuis la bataille. Elle était allongée sur le lit de son enfance, les yeux encore humide, l'oreiller chiffonné.

Elle se frotta les yeux. Elle ignorait comment elle était arrivée là, comment entre deux crises de larmes elle avait gagné le deuxième étage. Elle ignorait surtout pourquoi elle avait fui. Elle aimait Severus Snape, elle n'en avait aucun doute, mais l'homme qu'elle avait vu dans la maison, ses yeux, son regard si vide... Severus Snape était-il toujours Severus Snape ? Etait-il possible de sortir son amant des tourments qu'il s'était lui-même infligé ?

Elle attrapa sa baguette et, d'un mouvement fluide, conjura quelques ouvrages qu'elle avait un jour emprunté à Dumbledore.

« Prenez-les, ma chère, vous en aurez plus besoin que moi ! »

Elle soupira. Quel vieux fou !

Elle parcourut les titres du regard.

Promenade en Cornouailles, un essai sur le pouvoir des lutins de forêt.

Non, pas vraiment, non.

Les sorts de désarmements et leur utilisation en milieu hostile

Non plus...

Mille façons de séduire une sorcière

N... Par Merlin ! Mille façon de séduire une sorcière ? Elle vérifia le nom qui figurait sur la première page. Albus Dumbledore. Elle étudie d'un air perplexe l'écriture fine du vieux directeur. Alors comme ça, le plus grand sorcier de tous les temps avait une vie amoureuse ? Elle aurait toujours le temps de vérifier ça plus tard ! En attendant...

Les mystères de l'esprit – Mythes et réalités

Ca commençait à devenir intéressant ! Elle chercha le sommaire qu'elle parcourut rapidement du regard. Le sortilège d'Oubliettes ? Aucun intérêt. L'amortentia ? Non plus... Les brumes d'Azkaban ? Elle bondit jusqu'à la page qui était indiquée.

Elle referma le live au bout de quelques heures, découragée. L'auteur tentait d'expliquer de manière précise et scientifique ce qui arrivait aux prisonniers d'Azkaban. La présence des Détraqueurs les forçait en fait à construire une forteresse mentale dans laquelle ils se repliaient instinctivement, pour survivre. Plus le sorcier était puissant, plus les murailles étaient épaisses. Elles permettaient en fait d'isoler le prisonnier du monde réel mais aussi du monde de ses souvenirs, pour éviter que les Détraqueurs ne s'en servent contre lui. Le sorcier était alors prisonnier de son propre cerveau. L'auteur expliquait par ailleurs que, dans le cas – très rare - où le sorcier sortait de prison, il arrivait fréquemment qu'il soit incapable de briser les murailles qu'il avait mis tant de temps à construire.

Severus Snape était toujours prisonnier. A l'intérieur de sa propre tête.

Elle prit sa tête dans ses mains.

D'accord. Elle savait de quelle maladie était atteint Severus Snape. Il y avait du progrès !

Problème : elle ignorait totalement comment l'en guérir...

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« S'il vous plaît Minerva, juste pour cette fois !

- Non c'est non Albus. Vous n'aurez pas de bonbon au citron avant d'aller au lit ! Vous êtes un tableau, vous n'avez pas besoin de sucrerie à ce que je sache ! »

Devant l'air déterminé de sa collègue, le directeur tenta une nouvelle approche. Son ton se fit cajoleur, son timbre langoureux.

« Allons Minerva...

- Non Albus ! »

Elle le fusillait du regard, bien décidée à ne pas se laisser avoir une fois de plus.

« Minerva, vous êtes belle quand vous êtes en colère. »

Elle le fixait d'un regard ébahie, il en profita pour passer dans son tableau et lui arracher le paquet de bonbon des mains. Elle fronça les sourcils, consciente de s'être faite encore piéger. Albus Dumbledore évita de justesse le projectile qu'elle venait de lui lancer en riant. Il plongea sa main dans le paquet.

« Vous savez Minerva, quand j'ai dit que vous étiez belle, je le pensais vraiment...

- Et quand je vous ai dit que vous n'aurez pas le moindre bonbon avant d'aller dormir, je le pensais vraiment, dit-elle froidement avant de quitter son cadre. »

Le directeur haussa les épaules et fourra le bonbon dans sa bouche.

Il le recracha aussitôt.

Un bonbon au poivre. C'était un bonbon au poivre.

Sa bouche était en feu, ses yeux piquaient.

« Bien joué, Minerva, bien joué. »

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Hermione s'était endormie sur son grimoire. Encore. Sans trouver la moindre solution.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, cependant, l'atmosphère de sa chambre lui parut différente. Une légère teinte de bleu sur les murs, une lueur froide et tremblante. Elle sortit de son lit. L'étrange lumière venait du mur de gauche, celui qui donnait sur l'extérieur. Mais pas de la fenêtre, non, d'un objet posé sur le rebord de la fenêtre.

La jeune femme s'approcha, fascinée par les volutes bleutés de la Pensine. Elle n'en avait jamais vue. Le seul qui, à sa connaissance, en possédait une était Albus Dumbledore. Mais pourquoi lui aurait-il envoyé sa Pensine ? Et à quoi jouait-il ?

Qui pouvait savoir ce qui se tramait dans l'esprit dérangé du directeur ? Elle haussa les épaules. Elle se pencha légèrement en avant, pour voir si la Pensine contenait des souvenirs. Elle fut aspirée avant d'avoir pu émettre un cri.

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Un Severus d'une vingtaine d'années faisait les cent pas dans le bureau du directeur. Il semblait préoccupé. En fait, il avait l'air désespéré. Le vieil homme le regardait pensivement, une étrange flamme dans les yeux. Il se leva brusquement.

« Ecoutez, Severus. Vous avez fait des erreurs, comme j'en ai faites moi-même et...

- Non ! Vous ne comprenez pas ! C'était elle, c'était Lily, et moi je... Je l'ai tuée ! Parce que j'ai été profondément stupide, parce que j'étais jaloux, parce que je voulais le pouvoir... »

Le vieil homme s'approcha de lui et posa une main amicale sur son épaule. L'homme en noir s'en dégagea d'un geste vi, le visage fou.

« Vous ne pouvez pas revenir en arrière, Severus. Il ne vous reste plus qu'à avancer avec ce que vous avez fait, à vous rattraper comme vous le pouvez. Ne restez pas accrochés à vos souvenirs, ils ne font que vous entrainer au fond de l'eau... »

L'image se brouilla. Le bureau du directeur disparut. Hermione se retrouva alors face au portrait de l'ancien directeur de Poudlard. Celui-ci menait une discussion plus qu'animé avec le tableau d'une Minerva McGonagall enragée.

« Ecoutez Albus, vous ne pourriez pas admettre que vous avez eu tort ? Les gens normaux se trompent, parfois, ne venez pas de dire que vous ne vous êtes jamais trompé, espèce de vieille bourrique ! »

Le visage du vieil homme se crispa.

« J'ai commis deux erreurs dans ma vie, Minerva. La première vous concerne et je vous en parlerai en temps et lieu. La seconde... Concerne Severus. Je... »

Le vieil homme baissa la tête.

« Je suis responsable de l'état dans lequel il est actuellement, Minerva. C'est moi qui l'ai formé, c'est moi qui l'ai coupé de ses souvenirs ou plutôt du ressentiment lié à se souvenirs. Je lui ai appris à vivre détaché de son passé, parce que je pensais que ce passé ne pourrait lui permettre d'avancer sur la voie que je lui avais tracé. »

Le vieux directeur se fit amer.

« J'avais tort. »

Il regardait dans le vague, perdu dans ses pensées.

« Albus ? »

La voix de la directrice s'était faite plus douce. Le vieil homme secoua la tête et plongea son regard triste dans celui de sa collègue.

« Nous sommes la somme de nos souvenirs, Minerva. »

La scène se brouilla de nouveau et tout disparut dans un brouillard blanc.

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La jeune femme était allongée sur le sol, le souffle court. « Nous sommes la somme de nos souvenirs. » Les paroles de Dumbledore raisonnaient indéfiniment sous son crâne. « Nous sommes la somme de nos souvenirs. » C'était donc Dumbledore qui avait appris à Severus à se couper de tout souvenir capable de lui causer du tort ? Et s'il cherchait à réparer sa faute ? Il lui avait envoyé une Pensine. Une Pensine. Une boîte à souvenirs.

Elle ferma les yeux et le visage rieur du vieux directeur lui apparut. Elle pouvait presque entendre sa voix, encore un effort et...

« J'y suis ! »

Sa voix raisonna dans le silence de sa chambre à coucher. Elle s'empara de la Pensine et s'assit sur son lit. Fermant les yeux, elle posa le bout de sa baguette sur sa tempe et, murmurant la formule, se concentra sur ses souvenirs. Le premier filament fit son apparition, sitôt suivit d'une second, puis d'un troisième. Bientôt, tous les volutes tournoyèrent dans la Pensine.

Hermione ouvrit les yeux, soupira, satisfaite. Elle réduisit l'artefact d'un coup de baguette, s'empara de son manteau et dévala les escaliers en courant, traversant le salon vide... Elle avait quelqu'un à sauver !

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Il n'avait pas bougé. Elle était partie depuis plusieurs jours, et il était toujours au même endroit. Elle s'approcha, vérifia ses fonctions vitales. Il était vivant. Comment, elle l'ignorait. Il n'avait pas du se nourrir depuis qu'il était sorti de prison.

« Mais son esprit n'est plus là, il est ailleurs. Dans une autre dimension. Le temps ne passe pas de la même façon, se morigéna-t-elle en se mettant à l'oeuvre. »

Elle prit une profonde inspiration et le porta jusqu'à son lit. Ou plutôt voulut le porter jusqu'à son lit. Elle s'effondra bien avant, sur le tapis.

« Tant pis, ça ira bien ! J'espère seulement que je ne t'ai pas fait mal, chéri, ajouta-t-elle, un brin d'ironie dans la voix. »

Elle sortit de sa poche la Pensine miniaturisée et entama le processus. Elle fit apparaître un pendentif en cristal. Elle avait lu quelque part qu'il était nécessaire d'avoir un objet afin de canaliser le flux des souvenirs. D'une voix assurée, elle chantonna le sortilège destiné à permettre l'imprégnation des souvenirs. Elle plongea alors le pendentif dans la Pensine.

Une explosion de lumière plus tard et elle sortit le collier. Le pendentif brillait, à présent. De toutes les couleurs de l'arc en ciel, une pour chaque souvenir. A l'intérieur, il paraissait presque vivant, il était mouvance. Hermione soupira devant la beauté de l'objet. Devant leur beauté. Elle se tourna alors vers le maître de potions.

Elle avait longuement réfléchi à la meilleure manière de lui faire absorber les souvenirs. Elle ne pouvait pas l'emmener dans la Pensine alors qu'il était inconscient. Elle s'était alors souvenue de ses cours de divination. Ceux qu'elle avait arrêtés après la troisième année. L'image de la boule de cristal du professeur Trelawney s'était imposée à elle. Elle avait décidé d'essayer.

Elle s'approcha de l'homme inanimé et posa ses mains sur son torse. La jeune femme déboutonna le haut de sa chemise, de sorte que le pendentif soit en contact avec sa peau, et attacha celui-ci autour du cou de son amant.

Le bijou entra en contact avec l'épiderme de l'homme et commença à briller. A pas de loups, la jeune femme sortit de la pièce, laissant le pouvoir des souvenirs faire son effet...

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Autour de lui tout était gris.

Il flottait, entouré de gris.

Ses sens étaient endormis. A quoi bon, en effet, les éveiller puisque le gris n'avait ni goût ni couleur, pas même la plus petite odeur ? Il avait l'impression d'avoir passé une éternité dans cet endroit, loin de tout.

Son nom ?

Son âge ?

Il n'en avait pas la moindre idée.

Il sentit soudain un objet inconnu chatouiller les limites de son existence.

Pour la première fois depuis longtemps, il vit. Vraiment.

Il vit et la couleur le submergea, et il suivit la vague de sensations qui provenait de sa poitrine.

Severus Snape.

Je suis Severus Snape.

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Les choses s'arrangent un peu pour Severus et Hermione, mais il reste encore quelques chapitres ! J'espère en tout cas que vous avez aimé celui-ci ! J'en suis plutôt contente, même s'il y a quelques éléments dont je suis un peu déçue...

Bref bref !

Alors...

Review ?