Les Morceaux de son âme
Broken Mind, Fractured Soul
Par: SensiblyTainted
Confiance brisée, Confiance retrouvée
Traduction : Orin
Le samedi, tout le monde était emmitouflé pour se rendre à pré-au-lard. Harry les regarda partir tristement avant de s'en retourner seul vers le château. Il était presque arrivé au bureau de Remus quand Fred et George l'accostèrent.
« Qu'est-ce que vous faites ? » Chuchota-t-il
« Nous sommes venus te donner un petit truc pour te remonter le moral avant de partir, » sourit Fred.
Après Ron et Hermione, les jumeaux étaient ceux qui se souciaient le plus de lui. Il leur sourit et leur assura que tout allait bien, mais ils n'en eurent rien à faire et l'entraînèrent dans une classe abandonnée. George ferma la porte et lança quelque sort pour assurer que leur conversation soit privée avant de se tourner vers Harry.
« Un cadeau de Noël avant l'heure, » dit-il avant de sortir un grand morceau de parchemin très usité de sa robe et de le placer près du bureau.
« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda Harry, regardant le papier vierge avec curiosité.
« Ça, Harry, c'est la clef de notre succès, » sourit fièrement George.
Harry fut de plus en plus impressionné à mesure que les jumeaux lui expliquaient comment le parchemin fonctionnait. Quand il vit la carte, il était aussi fasciné que Fred et George. C'était incroyable ! Il savait que Poudlard était grand, mais ce que l'on voyait depuis la surface n'était que la moitié du château. Les cachots étaient incroyablement complexes et il y avait plusieurs passages secrets qui traversaient l'école. Dont ceux qui menaient à Pré-au-lard.
Harry se mordit la lèvre. Il voulait voir Pré-au-lard comme tous ceux de sa classe. Il voulait faire des trucs normaux. Mais il ne voulait pas se mettre, ni mettre ses amis en danger. Il contempla la carte plusieurs minutes avant de se décider. Il prendrait sa cape d'invisibilité au cas où, et il serait très prudent, mais il irait. Il n'aurait pas cette chance après.
BMFS
Le tunnel menant à Pré-au-lard était sale, sombre, et très froid. Il serra le manteau que Rogue lui avait donné et sourit. Il était vraiment chaud. Il se dépêcha du mieux qu'il put, et après une demi-heure, il se retrouva à ramper hors de la cave de Honeydukes. Le magasin était tellement bondé que personne ne remarqua sa curieuse apparition. Il sourit joyeusement lorsqu'il aperçut Ron et Hermione en train de se disputer à l'avant du magasin. Il les rejoignit.
« Et pourquoi pas ceux-ci ? Tu penses qu'il les aimera ? » Demanda Ron en secouant un pot de Cluster de Cafard sous le nez d'Hermione.
« Non merci, » répondit Harry et il rit lorsque ses amis sursautèrent avant de lui faire face. Ils avaient tous deux la bouche ouverte sous le choc.
« Harry, » chuchota bruyamment Hermione. « Qu'est-ce que tu fais là ? Comment... ? »
« Je m'ennuyais, alors j'ai fait un peu d'exploration, » répondit-il en rougissant. Il ne voulait pas leur dire pour la carte. Il ne savait pas trop pourquoi. Peut-être que Silas avait quelque chose à voir avec ça. Harry savait que Silas n'aimait pas ses amis.
« Je ne pensais pas que le passage mènerait ici. »
« Waw ! Je suis impressionné ! » Sourit Ron avant de lui donner une tape dans le dos.
« Ron ! » Dit Hermione en jetant à Ron un regard noir. « Harry ne devrait pas traîner par ici et explorer Dieu sait quoi, si tu t'en souviens ! »
« Hermione, c'est Noël. Harry a besoin d'une pause. Black ne peut pas venir ici. Il y a des tonnes de Sorciers et de Détraqueurs qui patrouillent. Il est plus en sécurité avec nous que tout seul, et tu le sais. »
Finalement, Hermione se calma et ils explorèrent tous trois Pré-au-lard. La neige tombait en si gros flocon que Harry n'avait même pas besoin de sa cape. Il était très heureux d'être venu. Pré-au-lard était incroyable. Il était si enthousiaste qu'il ne remarqua même pas la tempête de neige. Mais il ne pouvait pas vraiment rester dessous, et les trois amis se rendirent aux trois balais pour se reposer et boire quelque chose de chaud.
Tous trois avaient le visage rougi par le froid, mais ils souriaient de bonheur comme des perdus. Toute la journée fut passée à parler bruyamment et rire. Ils ne s'étaient jamais amusés autant ensemble. Mais les problèmes semblaient toujours les traquer, bien qu'ils ne les cherchent absolument pas.
La porte de la taverne s'ouvrit brusquement et les professeurs de Poudlard apportant une bouffée d'air froid et de neige avec eux. Madame Rosmerta donna rapidement des ordres. Le ministre Fudge les vit et s'assit avec eux il invita également madame Rosmerta, puisque la taverne était plutôt vide.
Ron et Hermione étaient cachés dans l'ombre, leur table dans un coin. Harry était hors de vue, se cachant sous la table au cas où quelqu'un regarderait vers eux. Il ne pouvait pas en croire sa malchance et dut pratiquer les exercices de respiration pour essayer de contrôler sa panique. Il ne voulait absolument pas être attrapé hors de Poudlard. McGonagall ne lui avait toujours pas pardonné l'attitude de Gabriel. Mais il oublia tout cela lorsque la conversation parvint à ses oreilles.
Harry, Ron et Hermione étaient assis assez prêts pour arriver à comprendre ce qu'ils disaient. D'abord, ils se plaignirent des détraqueurs et combien ils étaient ingérables. Cela les mena naturellement à parler d'Azkaban, puis, bien sûr, du seul à s'en être échappé. Rosmerta parla avec émotion de Sirius et de combien il était mignon à Poudlard. Harry eut un froid lorsqu'il entendit que ce Sirius avait été le meilleur ami de son père, et qu'ils avaient étaient leader de leur gang qui incluait Lupin et Pettigrew.
Mais le pire vint lorsque les autres expliquèrent à la femme combien l'homme était malsain. Sirius Black avait trahi ses parents. Black était la cause de leur meurtre. Black était la raison pour laquelle il avait été forcé de vivre avec les Dursley. Et non seulement Black était le meilleur ami de son père, mais il était également son parrain.
Harry était choqué, mais savait que cela était vrai. Il comprenait à présent pourquoi Rogue avait suspecté Remus d'être celui qui avait aidé Black à entrer dans le château. Ils avaient été meilleurs amis à l'école. Remus savait qui était Black, ce qu'il avait fait le soir d'Halloween douze ans plus tôt. Snape le savait tout aussi bien. Tout le monde le savait. Sauf Harry.
« Harry, » demanda Hermione en tremblant, de la pitié et de l'inquiétude dans ses yeux.
Gabriel lui lança un regard méchant avant de se couvrir de leur cape. Hermione cria, mais il évita facilement ses mains. Ron essaya aussi de l'attraper, mais il était aussi maladroit que Hermione. Gabriel s'enfuit et alla rapidement au passage secret sous Honeydukes. Il fit le chemin retour à Poudlard en une course régulière. En un peu plus de dix minutes, il remettait leur cape dans son sac et entrait dans la classe de défense et le bureau de Remus.
« Harry, je me demandais quand tu te montrerais, » sourit Remus joyeusement en se levant pour saluer le garçon. Il fut choqué lorsque le garçon sortit sa baguette et la planta devant son nez. Son extrémité brillait et il y avait une détermination dans les yeux de Harry qui le clouait sur place.
« Pour quoi ne m'avez-vous rien dit ? » Demanda Gabriel à voix basse. Remus ne l'aurait pas entendu si la classe n'avait été si silencieuse.
« Pourquoi ne m'avez-vous rien dit sur mon Père ? Sur Black ? Sur vous ? Dites-le. »
Remus pâlit et s'appuya fortement sur son bureau. Il se tenait silencieusement, une main pour couvrir son visage, l'image parfaite de la défaite. Mais Gabriel n'avait pas bougé et s'avança lentement, sa baguette fermement empoignée. Remus sentit les larmes grossir dans ses yeux. Il avait voulu le dire à Harry lui-même, il l'avait vraiment voulu, mais il ne voulait pas perdre ce qu'il avait avec Harry et l'avait caché un peu trop longuement. Maintenant, il était trop tard, et il allait perdre Harry.
« Je suis tellement désolé », dit-il et il ne faisait aucun doute pour Gabriel qu'il l'était. Mais cela ne suffisait pas. Il plissa les yeux et sa baguette brilla davantage. Remus comprit et expliqua.
« Je n'avais pas l'intention de te cacher des choses, Harry. Je comptais tout t'expliquer, mais je ne cessais de le remettre à plus tard. J'avais peur que tu penses que la seule raison pour laquelle tu avais mon attention était d'être le fils de James et de Lily. Et je ne voulais pas que tu m'apprécies parce que j'avais été l'ami de tes parents. Je voulais que ce soit simplement nous, pour un moment. J'ai eu tort d'attendre si longtemps avant de t'en parler. J'ai trahi ta confiance. »
« Bien sûr que vous avez trahi ma confiance ! » Hurla Gabriel, furieux. « Vous êtes comme tous les autres ! Personne ne pense à nous, je veux dire... les élèves... »
Il n'arrivait pas à croire qu'il avait à ce point dérapé et se dépêcha pour distraire Remus de son phrasé plutôt curieux.
« Ils pensent que, juste parce que je suis jeune, je ne peux pas supporter ce qui arrive, mais vous vous trompez tous. Je suis un enfant, mais je suis également fort et me laisser dans l'ombre ne fait que me blesser davantage.
Tout le monde pense faire ce qu'il y a de mieux pour moi, mais en réalité, vous faites ce qui est bon pour vous ! Il n'y a personne à qui faire confiance, et quel genre de vie est-ce ? Est-ce qu'elle est plus enviable que celle dont on me protège ? Je ne pense pas. Je pense même que c'est pire. »
« Tu as raison, » dit Remus d'un ton défaitiste. « Tu as parfaitement raison. J'ai eu tort et j'ai été égoïste. J'aurais dû te le dire plus tôt. Je suis vraiment désolé, Harry. Je ne sais pas à que je pensais à te le cacher. Je t'en prie. Laisse-moi t'en parler à présent. J'ai voulu te parler de ton père depuis longtemps déjà. »
« Ne m'avez-vous pas entendu ? Je ne peux pas vous faire confiance, » dit Gabriel en le regardant droit dans les yeux et en abaissant sa baguette.
Sans un autre mot, il se retourna et sortit de la salle en claquant la porte. Il se dirigea vers les cachots. À mi-chemin, ses pas devinrent plus calmes et les bras de Harry cessèrent de se balancer et revinrent dans ses poches. Silas entra dans la classe de Potion. Elle était vide, comme l'était le bureau du professeur. Il se retourna et se dirigea nonchalamment vers les appartements privés du professeur. Quand il frappa, le professeur ouvrit la porte avec un regard irrité qui se changea bientôt en quelque chose de neutre et de curieux. Il entra tandis que la porte se refermait derrière lui.
« Je ne suis pas ici pour m'amuser que se soit, » interrompit Silas alors que Severus ouvrait sa bouche pour parler.
« Pourquoi ne nous avez vous pas dit ce qu'était Black lorsque vous nous avez prévenus qu'il était une menace ? »
Le visage de Severus se vida alors qu'il faisait face à Silas, qui se tenait à quelques centimètres de lui. Le corps du garçon était détendu, semblant relaxé et indifférent, mais il y avait une tension dans ses cuisses et ses épaules qui disait la vérité sur la situation. Il regarda Silas à la recherche de quelques faiblesses ou indécisions à exploiter. Il n'y en avait aucune.
« J'étais un ennemi d'enfance de votre père et de Black. Quand nous avons quitté Poudlard, j'ai appris à tolérer et occasionnellement travailler avec ton père, bien que j'admets que je le détestais toujours. Je n'ai jamais appris à en faire de même avec ton parrain. Tous ces problèmes irrésolus sont ce qui m'a rendu cruel envers toi pendant tes premières années à Poudlard. Si j'avais à t'aider de la façon dont je souhaitais, j'ai décidé de ne pas penser ou parler de James Potter ou de Sirius Black. J'ai pensé qu'il serait mieux de te dissocier de tout sentiment à leur égard. »
« Ce qui fut très difficile, quand on sait combien il vous est difficile d'abandonner toutes vos rancunes, » ricana Silas d'un ton détaché.
« Tu ne me connais pas, » dit si froidement Severus que même Silas se raidit. « Ne crois pas être capable de me juger. »
« Bien sûr que non, Professeur Rogue, » s'inclina Silas avec moquerie. « Qu'il était stupide de ma part de m'attendre à de la confiance de la part d'un homme dans lequel nous avions placé tant de notre foi. Et ce fut moi qui encourageai cette confiance ! À cause de cela, Harry a cru qu'il pouvait vous parler de tout. Nous savions que vous n'alliez pas faire de même, mais de nous cacher quelque chose d'aussi important... Vous avez rejeté ma confiance à ma figure. Vous avez prouvé non seulement qu'on ne pouvait placer la moindre confiance en vous, mais également que mon jugement ne pouvait être prit au sérieux. »
Severus sentit son masque se fissurer. Il n'avait pas pensé que c'était à lui de discuter de ses choses avec Harry. Il haïssait Potter comme Black. Sûrement que quelqu'un de mieux que lui aurait pu parler au garçon de ses parents. Sûrement que Lupin aurait pu. Mais le stupide loup-garou n'en avait rien fait. Personne ne disait à Harry ce qu'il avait besoin de savoir.
Tous les enfants avaient besoin de savoir des choses sur leurs parents. Mais Harry avait spécialement besoin de comprendre la complexité de la situation à présent que Black était à ses trousses. En tant que confident de Harry, cela avait été de sa responsabilité. Mais parce que c'était une tache déplaisante, menant dans des sphères émotionnelles avec lesquelles il était à la fois maladroit et incompétent, il s'était dérobé à ce devoir. À présent, il avait perdu quelque chose de précieux et était peu préparé à s'en trouver touché.
Silas regarda les expressions peinées passer sur le visage soudainement très lisible du professeur. Il ressentait la même chose, mais il y avait des lignes à ne pas franchir.
« Vous avez fait beaucoup pour nous, Professeurs. Nous en sommes reconnaissants, mais nous ne reviendrons pas pour des retenues ni ne continuerons la thérapie avec vous. Je suis sûr que vous êtes capable de comprendre pourquoi. Veuillez m'excuser. »
Et Severus comprenait très bien. Si leurs positions avaient été échangées, Severus n'aurait pas aussi bien géré la situation que le garçon devant lui. Il ne pouvait rien dire. Il n'avait rien pour se justifier. Il sentit ses points se serrer tandis qu'il regarder l'enfant qu'il en était venu à aimer lui tourner le dos et sortir par sa porte.
BMFS
Harry se tenait sur son lit, les rideaux hermétiquement fermé et ensorcelé contre les invasions. Ni Ron ni Hermione ne pourraient les ouvrir. Chuchotant un Lumos, il lut le résumé des confrontations de ses Autres avec Rogue et Lupin. Silas et Gabriel avait également fourni leur opinion sur les raisons et réactions des professeurs.
Harry ne savait quoi penser. Il pouvait comprendre la position dans laquelle les deux hommes avaient été. Il était heureux que Lupin l'apprécie pour ce qu'il soit et pas pour son père, mais il aurait pu le prouver sans garder le secret. Et il était touché que Rogue ne veuillent pas parler méchamment de son père en face de lui, mais il aurait sans aucun doute pu dire trois phrases pour le laisser voir la vérité sur Black. Harry écrivit ces pensées sur son journal et éteignit sa baguette. Dans le noir et le silence, il se roula en boule, se sentant très seul, et pleura jusqu'à ce que le sommeil l'emporte.
BMFS
Ron et Hermione étaient misérablement inquiets. Harry s'était enfermé dans son lit et ils ne savaient pas quoi faire. Ils étaient prêts à aller chercher un professeur lorsque Harry descendit dans la sale commune avant le déjeuner.. Il avait vraiment mauvaise mine et était fatigué, mais il ne voulait accepter leur réconfort et Ron proposa alors qu'ils aillent voir Hagrid.
« Ça nous fera tous du bien, » déclara-t-il.
Hermione n'était pas sûre que quitter le château soit une bonne idée, mais voir la tête d'Harry la fit rester silencieuse. Si cela pouvait aider un peu Harry, cela valait le coup. Et ils seraient avec lui. Il leur fallut moins de vingt minutes pour qu'ils se préparent et se rendent chez Hagrid. Ils frappèrent à la porte de la cabane, mais le semi-géant ne répondit pas.
« Qu'est-ce que c'est que ce bruit, » demanda Ron en mettant son oreille à la porte. Les autres l'imitèrent et entendirent un faible gémissement.
« Est-ce que c'est Fang ? »
« Peut-être devrions-nous appeler un professeur, » demanda Hermione avec inquiétude.
« Hagrid ! » Appela fortement Harry. « Est-ce que vous êtes là ? »
Finalement, après de lourds pas, la porte s'ouvrit et Hagrid tomba sur les trois adolescents, pleurant comme un bébé. Ils réussirent à peine à le remmener dans la cabane puis sur une chaise. Les trois restèrent quelques minutes assis et sans souffle pendant quelques minutes après ça.
Quand ils se sentirent mieux, ils tournèrent leur attention à leur ami en détresse. Lentement, ils comprirent ce qui s'était passé. Buck allait être poursuivi. Si Hagrid ne montait pas une solide défense, ils allaient exécuter l'animal. Tout ça à cause de Malfoy le premier jour. Les trois lui promirent de l'aider.
Tandis qu'Hermion et Ron s'occupaient de Hagrid, Harry partit rencontrer l'Hypogriffe qui dormait dans un coin de la cabane. Il savait que c'était celui que Gabriel avait monté et voulait le rencontrer lui-même. La créature n'était pas impuissante, mais elle était aussi affectueuse. Comparé à d'autres animaux de Hagrid, Buck était mignon et câlin. Il serait horrible de le voir mourir.
BMFS
Le jour suivant ils se trouvaient dans la librairie pour trouver quelque chose pour aider Hagrid à sauver Buckbeak. Au moins, ce travail méticuleux empêchait Harry de penser à Lupin ou Rogue. Il se plongea dans cette tâche et ses amis n'essayèrent pas une fois de le questionner ou de le faire parler sur ce qu'ils avaient entendu aux trois balais.
Ses cauchemars devinrent de pire en pire et il commença à regarder les classes vides devant lesquelles il passait en s'attendant à y voir Lockhart. Il prit les demi-fioles de Sommeil sans rêves, mais les sensations et les images filtraient toujours. Ron et Hermione étaient de plus en plus inquiets et lui de plus en plus nerveux et fatigué.
BMFS
Six jours plus tard, Harry était réveillé par Ron qui lui lançait des oreillers. C'était le jour de Noël et les deux garçons s'installèrent au bout de leur lit pour ouvrir leurs cadeaux. Parce qu'il n'avait pu aller à Pré-au-lard, Harry n'avait pu que faire des cartes à ses amis. Il se sentait mal pour ça, mais Hermione et Ron lui assurèrent que tout allait bien. Il savait que Hagrid, le professeur McGonagall et le directeur en seraient extatiques. Il en avait également fait pour les professeurs Rogue et Lupin, mais ne les avez pas envoyé, car il ne savait pas trop quoi penser.
Secouant sa tête pour éclaircir ses pensées, il prit un cadeau et l'ouvrit. C'était de Madame Weasley. La boîte contenait un chandail rouge avec le lion de Gryffondor tricoté à l'avant, une douzaine de petits pâtés maison, des biscuits de Noël, et une boîte de noix décortiquées. Lui et Ron rirent d'avoir les mêmes cadeaux et enfilèrent leurs chandails. Déplaçant la boîte à côté de lui, Harry trouva un second paquet long et mince. Il se saisit de la petite carte. Il lut :
Joyeux Noël
De la part des professeurs Rogue & Lupin
Dès qu'il eut fini de lire les mots, ils s'effacèrent. Il sentit quelque chose gonfler dans sa poitrine alors qu'il avançait des doigts tremblants vers le cadeau. Ron vit ce que c'était et étouffa une exclamation, se jetant quasiment au côté du garçon. Les deux garçons fixèrent bêtement le cadeau pendant plusieurs minutes avant de se regarder l'un l'autre. Ils sourirent tous deux au même moment.
« Je n'y crois pas, » dit Harry d'une voix rauque en se retournant vers l'éclair de feu. Et il ne le pouvait pas. Même s'ils étaient en froids, ses professeurs lui avaient tout de même offert quelque chose, et pas n'importe quel « quelque chose », mais un balai très cher. Harry se rappelait du respect que Remus avait montré lorsque Harry avait saisi les morceaux de son Nimbus 2000 en sentant des larmes au coin de ses yeux.
« Qui te l'a envoyé ? » Dit Ron sans voix, les yeux brillant d'incrédulité. « Y avait-il une carte ? »
« Non, » répondit Harry, sachant que Ron ne comprendrait jamais pourquoi le professeur Rogue lui offrirait un cadeau si cher. Du moins, pas sans expliquer sa condition et la vérité sur cet été, ce qu'il n'était pas prêt à faire.
« C'est beau, » chuchota Ron.
Harry hocha la tête parfaitement d'accord. Le manche de l'éclair de feu rayonnait et il le toucha de sa main. Il pouvait sentir les vibrations du balai sous ses mains tandis qu'il le sortait de sa boîte. Quand il le lâcha, il s'éleva de lui même à la parfaite hauteur pour être monté. Les brindilles du balai étaient parfaitement lisses et droites. C'était tout à fait splendide.
« Oh, Harry, qui t'a donné ça ? » Demanda Hermione, arrivant dans la pièce, Pattenrond sous le bras.
Ron fixait toujours le balai avec émerveillement alors Harry répondit :
« Aucune idée. »
« C'est le meilleur balai jamais conçu, » lui dit Ron. « Il coûte probablement plus cher que tous les balais de Serpentard réunis. Je ne peux pas attendre de voir la tête de Malfoy lorsqu'il te verra dessus, Harry ! Eh, je pourrais l'essayer après ? S'il te plaît ? »
« Je ne pense pas que qui que ce soit doive l'utilise pour l'instant, » dit prestement Hermione.
Les deux garçons la regardèrent comme s'il elle était folle, mais avant qu'ils ne puissent le lui dire, Pattenrond sauta depuis le lit de Seamus sur la poitrine de Ron. Le rouquin se recula vivement, hurlant de tout la force de ses poumons. Les trois adolescents se précipitèrent pour arrêter le chat avant qu'il ne puisse déchiqueter le pauvre Croûtard. Au bout du compte, Hermione s'en alla pour le mettre dans sa chambre.
Ron grommela pendant tout le trajet jusqu'à la grande Salle. Hermione l'ignora son nez en l'air de l'autre côté d'Harry. Harry, entre eux, poussait de nombreux soupirs. Il aurait vraiment voulu que ses amis s'accordent. Il était fatigué de leurs constants combats, mais au moins, ils n'avaient pas essayé de le prendre comme arbitre.
La fête de Noël était énorme. Il n'y avait que cinq élèves en comptant les trois Gryffondors ainsi Dumbledore ne fit dresser qu'une seule table, et ils mangèrent ensemble. Même Trelawney descendit. Harry essaya d'éviter les regards de Rogue et de Lupin, et il sentit ses joues brûler lorsqu'il croisait malencontreusement leur regard. Il finit par lui offrir un timide sourire et cela ne fit que garder leurs regards plus longtemps sur lui. Il tritura ses doigts sous la table et regarda ailleurs.
Après avoir mangé, Ron et Harry coururent jusqu'à leur chambre, planant de faire un tour avec l'éclair de feu. Ils allaient tout juste sortir du portrait lorsque le professeur McGonagall y entra avec une Hermione au visage rougi sur ses pas. Leur professeur les regarda sérieusement, et prit le balai pour y effectuer des tests. Harry ne pouvait y croire. Harry fixa sa professeur, seulement à moitié conscient des hurlements de Ron envers Hermione qui hurlait en retour que c'était seulement pour le bien de Harry.
Harry s'en alla en courant, sentant des larmes lui piquant les yeux. Ses amis crièrent en essayant de le rattraper, mais il les ignora. Ils n'avaient aucune chance de le rattraper. Il était devenu très familier avec le château, surtout après avoir étudié la carte fournie par les jumeaux. Il était à la porte du professeur Lupin en quelques instants.
« Harry ? » Demanda Remus avec inquiétude lorsque le garçon courut sur lui et serra ses bras autour de sa taille.
« Elle l'a pris, » sanglota Harry alors que les bras de Remus l'enveloppaient. « Elle va le mettre en mille morceaux ! Ils pensent qu'il est ensorcelé puisque je ne pouvais pas leur dire qui me l'avait donné. »
« Calme-toi, » dit l'homme d'une voix apaisante alors qu'il dirigeait le jeune garçon vers un siège. « Je vais faire en sorte qu'elle ne l'abîme pas, d'accord ? Le professeur Rogue m'aidera à te le restituer. »
Harry hocha la tête et s'essuya le visage de ses manches.
« Merci. Je n'ai jamais eu » de cadeau si beau avant et je l'adore. »
« J'en suis heureux, » sourit Remus en s'agenouillant.
« Je vous ai fait une carte, » admit Harry en devenant tout rouge. « C'est dans ma chambre. Je pourrais aller la chercher. »
« Merci Harry, » dit Remus en l'étreignant. « Je vais l'adorer, mais pourquoi ne me l'envoies-tu pas plus tard. Pour le moment, j'aimerai simplement te parler. Tu m'as manqué pendant toute la semaine. »
« Vous m'avez manqué aussi, » admit Harry. » J'étais juste trop confus et furieux et blessé. Mais... je comprends pourquoi vous continuiez à attendre pour me le dire. Je suis vraiment content que vous m'aimiez pour moi et non pour mon père. »
« Et c'est on ne peut plus vrai, Harry. Je t'aime. Tu es un enfant formidable, » lui assura Remus. « Et je suis désolé de t'avoir blessé. »
Harry hocha la tête et ils s'assirent en silence pendant quelques instants avant que Harry ne demande timidement.
« Pensez-vous pouvoir m'en parler ? De mes parents, je veux dire ? »
« Bien sûr, » sourit Remus, « pourquoi ne pas aller faire un tour ? »
« D'accord. Je vais chercher mon manteau et votre carte. Rejoignez-moi à la porte d'entrée. »
« J'y serai, » promit Remus avec un grand sourire.
BMFS
Ils se promenèrent autour du lac gelé. Le sol était couvert d'une épaisse neige poudreuse. Le saule cogneur était nu et gris. La cabane de Hagrid était petite au loin, de la fumée s'échappant par la cheminée. Harry était silencieux. Il attendait. Il pouvait voir la tension dans les épaules de son professeur, la douleur sur son visage. Ce n'était pas quelque chose qui lui serait facile.
« Je pense que je vais commencer par te parler de moi, » dit finalement Remus d'une voix décontractée en regardant toutefois droit devant et non vers Harry. « Tu sais que j'ai une... maladie. Tu as vu le professeur Rogue me donner une potion pour m'aider. J'ai eu cette maladie lorsque j'avais cinq ans. J'ai été mordu par un loup-garou. Cela m'a transformé en loup-garou également. Je deviens faible et agité pendant trois jours avant la pleine lune, et la nuit de la pleine lune je me transforme en un monstre assoiffé de sang mi-homme, mi-loup. Je ne pense plus comme une personne, je n'ai plus de mémoire, je suis un complet animal.
La potion me permet de garder mon esprit humain et m'empêche d'être une menace pour les gens. Mais lorsque j'étais petit, je n'avais pas ça et ma famille devait m'enchaîner chaque mois pour assurer leur sécurité. Certains auraient voulu me tuer, mais ma mère ne les laissa jamais faire. Pourtant, j'ai grandi comme quelque chose que l'on craignait. Je n'avais aucun ami les gens ne voulaient ni me regarder ni me toucher. Et quand les gens me parlaient, c'était avec des mots blessants. »
« Je sais ce que c'est, » offrit Harry.
« J'aurais aimé que non, » répondit Remus en lui retournant un sourire. Mais ma vie a changé, un peu comme toi, lorsque j'ai atteins onze ans. J'ai découvert que j'étais également sorcier. Le directeur savait ce que j'étais, mais il m'autorisa tout de même à venir à Poudlard. Il fit en sorte que chaque pleine lune, je sois enchaîné dans la cabane hurlante. C'était au milieu de ma première année que James et... Sirius Black se sont approchés de moi. Ils avaient remarqué que j'étais silencieux et sans ami. Ils demandèrent mon aide pour faire une farce à Petter Pettigrew. J'ai dit que je l'ai aiderai lorsque j'ai su ce que s'était. Petter trouva ça marrant et nous devinrent amis. »
« Quelle était cette farce ? » Demanda Harry, les yeux englués au visage de son professeur.
« Nous avons fait en sorte que son nez devienne rouge et clignote, » rigola Remus. « Peter nous dit seulement qu'il avait toujours aimé les guirlandes. Après ça, nous étions inséparables. J'avais des amis pour la première fois de ma vie. Nous avons fait beaucoup, beaucoup de farces et de canulars. C'était notre spécialité. Tu vois, ton père et Sirius étaient très intelligents et puissants. Ils furent très vite lassés de l'école et seul le Quidditch arrivait à les distraire autrement. Alors ils se dévouèrent aux canulars. La plupart d'entre eux visaient des Serpentards bien sûr. Nous étions tous Gryffondors et la rivalité était aussi forte que maintenant. »
« Vous avez fait quelque chose à Rogue, n'est-ce pas, » dit Harry alors qu'il commençait à comprendre. « Il a dit que vous étiez des ennemis d'enfance et qu'il n'avait jamais aimé ni mon père ni Black. »
« Oui. Severus en était victime plusieurs fois par semaine. Certaines blagues étaient drôles, d'autre humiliante, et un jour... un jour une « blague » de Sirius a failli le tuer. »
Remus resta silencieux un moment avant de se ressaisir et de continuer l'histoire.
« Je les aimais comme mes frères, mais je ne leur ai jamais avoué mon horrible secret. J'étais si honteux de moi-même. J'étais un monstre, et s'ils le découvraient, ils me laisseraient de côté. Au bout d'un moment, ils s'en sont rendu compte, et ne m'ont pas haï. Ils ont gardé mon secret. Je ne peux pas te dire ce que ça signifiait pour moi. »
« Je peux l'imaginer, » sourit Harry en prenant la main de Remus qui la serra. « Je vais garder ton secret aussi, je te le promets ! »
« Merci, Harry, » chuchota Remus et il se racla la gorge avant de continuer. « James a aimé ta mère pendant des années, mais elle était un peu comme Hermione et haussait des sourcils à toutes ses farces. Mais James a persisté et lui a montré combien il pouvait être sérieux et intelligent. Ils tombèrent amoureux pendant la septième année et ils se marièrent quelque mois après la fin de l'école. J'ai commencé ma formation pour devenir professeur. Peter et Lily firent tout ce qu'ils pouvaient pour aider l'effort de guerre, tandis que Sirius et James devinrent Aurors. »
« Alors ils se sont battus durant la guerre ? »
« Oh, que oui, » dit sombrement Remus. « Voldemort était actif alors que nous étions toujours à l'école, tuant des centaines de personnes. Les gens devenaient de plus en plus terrifiés et désespérés. Le camp de la Lumière perdait. Puis, une année et deux mois après ta naissance, Dumbledore eut vent que Voldemort allait essayer de tuer ceux qui causaient le plus de dommage à ses forces. Plusieurs familles se protégèrent sous le Fidelius. Dumbledore était déjà le Gardien du Secret pour de nombreuses personnes, alors James choisit Sirius pour être son gardien. »
« Je sais qu'il a trahi mes parents et dit à Voldemort où ils étaient, » dit Harry, pensant qu'il serait mieux s'il ne forçait pas Remus à répéter cette partie. « Que s'est-il passé après que Voldemort ait disparu ? »
« Sirius est venue te chercher, mais Hagrid ne voulait pas te laisser à lui. Alors il est parti se cacher. Peter est allé le chercher. J'étais parti et je n'ai entendu cela que plusieurs jours plus tard. Peter le trouva et Sirius le tua ainsi que douze autres innocents. Les Aurors le capturèrent enfin.
Il était mis à Azkaban le jour suivant. Je voulais te recueillir, mais je n'étais pas ton parrain, et je suis un loup-garou. Les Dursleys le firent. »
Harry se tendit et Remus le sentit dans la main qu'il tenait toujours. Il s'arrêta et s'agenouilla devant le garçon et le prit dans ses bras, ignorant la neige qui mouillait son pantalon. Harry hésita, mais passa finalement ses bras autour de l'homme.
« Je suis désolé de ne pas avoir jeté un œil sur toi. Je faisais le deuil de mes meilleurs amis, et lorsque j'ai demandé où tu étais, Dumbledore m'a dit qu'il ne pouvait me donner l'adresse. Il m'a dit qu'il serait mieux que tu restes caché. Je ne l'ai pas forcé parce qu'il était vrai que les Mangemorts restants voulaient te tuer pour venger la mort de leur Seigneur. Je pensais te protéger. »
« De quoi parlez-vous ? » Demanda Harry d'un ton raide. Il n'avait jamais rien dit combien il n'aimait pas les Dursleys ni qu'il le négligeait. Son sang se refroidit. Rogue lui avait-il dit ? Remus savait-il ce qu'ils lui avaient fait ?
« Ils ne t'ont pas traité correctement, » dit sombrement Remus. « Tu n'as pas besoin de me le cacher. Je peux le dire par la façon dont tu étais surpris et surpris lorsque je te touchais au début. J'étais exactement pareil avant que ton père ne m'aide. »
« C'est bon, » rougit Harry. « Vraiment. Dites-moi en plus à propos de lorsque vous étiez à l'école. »
Remus laissa passer pour cette fois. Il avait clairement fait savoir à Harry qu'il pouvait lui parler, mais il ne pouvait forcer l'enfant à lui parler de sa vie. Alors il rattrapa la main du garçon et ils continuèrent à marcher. Remus parla pendant des heures de canulars et de Poudlard. Il ne lui dit que des choses joyeuses et tenta de ne pas parler de nouveau de Sirius. Il laissa ce nom de côté et se concentra sur James et Lily.
Harry était heureux d'apprendre qu'il avait les yeux de sa mère. Il savait déjà qu'il ressemblait à son père. Les gens lui disaient souvent cela, surtout lorsqu'il volait. Il pensait pouvoir écouter les histoires de Remus durant des heures. Ils rirent et pleurèrent ensemble. Harry n'avait pas vu son professeur si vivant alors qu'il parlait du passé. Se sentant entouré et en sécurité, Harry resta avec Remus aussi longtemps qu'il le pouvait et ne retourna à la tour que bien plus tard cette nuit-là.
BMFS
« Entrez ! » Tonna Severus.
La porte de son bureau s'ouvrit et une masse de cheveux noirs ébouriffés fit son apparition. Severus fut surpris lorsque des yeux verts le regardèrent. Il posa précautionneusement sa plume et fit signe au garçon d'avancer. Son corps entier se tendit, effrayé que le garçon se retourne. Mais il ne le fit pas. Harry entra et s'assit nerveusement dans la chaise devant lui, triturant sa chemise d'une façon que Serverus connaissait par cœur. Il ne put empêcher le petit sourire qui vint orner ses lèvres.
« Merci pour le cadeau de Noël, » dit finalement Harry, les joues colorées. « C'était merveilleux ! »
« J'ai entendu que Minerva l'avait pris ? »
Harry hocha la tête misérablement, les yeux bas.
« Ne t'inquiète pas. Lupin a déjà pris des dispositions et nous gardons un œil sur l'affaire. Il te sera restitué comme neuf. »
« Merci monsieur ! » dit Harry avec des yeux radieux, mais le sourire fondit trop vite au goût de Severus. « Monsieur ? Euh... Je … J'ai parlé avec Remus, je veux dire le professeur Lupin et je comprends pourquoi vous ne m'avez pas parlé de Black. Je... J'aimerais… pouvoir continuer ma thérapie... avec vous, si vous le voulez toujours ? »
Le visage de Severus était neutre et calme lorsqu'il dit :
« Bien sûr, Harry. Je serai heureux de continuer. C'est un petit peu... trop calme sans tes régulières visites. »
Le sourire de Harry revint et resta en place.
« J'ai fait ceci pour vous. Je ne pouvais pas acheter quelque chose, mais... »
« Non. »
Severus prit la carte de Noël dessinée à la main et l'examina lentement. C'était un dessin du Lac gelé entouré de neige, la forêt interdite en toile de fond.
« C'est bien fait. Merci. »
« Ce n'est rien, » rougit Harry. « Rien comparé à l'éclair de feu. Je ne peux pas vous remercier assez... »
« Tu l'as déjà fait, » dit Severus en fronçant les sourcils et en écartant d'un geste de la main tout ce qu'Harry aurait pu dire d'autre.
Harry sourit à ce geste familier. Rogue lui avait manqué autant que Remus, et il était très heureux que tout aille bien entre eux. Il sentit la même chaleur que le jour précédent grossir dans sa poitrine. Et pensant à que tout ce que Rogue avait fait et faisait toujours pour lui, elle se renforçait. Avec des grands yeux, il réalisa que c'était un peu plus qu'il ne pouvait gérer et l'inconscience le prit.
Severus se raidit alors qu'Harry s'asseyait proprement et croisait ses jambes. Il connaissait cette posture. C'était Rose. Il fronça les sourcils. Que pouvait-il s'être passé pour faire émerger l'Autre de onze ans ? Harry sourit timidement vers lui, les yeux verts brillant avec quelque chose que Severus ne pouvait reconnaître. Il... Elle semblait attendre quelque chose. Rose voulait avoir à faire quelque chose, pour lui plaire. C'était très clair.
« Je ne fais pas pousser mes ingrédients ici, » expliqua Severus en faisant en sorte qu'elle voit sa bouche.
« Puis-je ? » Demanda Rose en montrant le bureau jonché de papiers.
Severus réfléchit et accepta. Il savait où était chaque chose et n'avait pas besoin de les voir organisées, mais il avait besoin que la fille fasse autre chose que le regarder avec espérance. Aussitôt que les yeux de Rose le quittèrent, il se détendit. Il espérait que Harry soit bientôt de retour.
Mais il ne le fut pas. Severus passa toute la journée avec une Rose toute souriante et pleine d'espoir. Il était presque prêt à s'arracher les cheveux. Le couvre-feu approchait et il était désespéré de trouver une solution. Il soupçonnait que sa propre présence ait fait émerger Rose, alors peut-être que Harry irait bien s'il renvoyait Rose jusqu'au dortoir. Rose pourrait-elle retrouver son chemin ?
« Rose ? »
La fille était penchée dans un chaudron qu'elle astiquait et ne pouvait le voir. Elle ne réagit même pas lorsque Severus cria son nom. Severus soupira et toucha son épaule. Elle lui retourna des yeux brillants et un grand sourire.
« Il est temps d'aller au lit. Sais-tu où est ta chambre ? »
Elle hocha la tête sans regarder autre part.
« Bien, va dormir. »
« Merci »
« Bonne nuit, Rose, » dit-il avec lassitude.
« Bonn'ni, » dit-elle d'une vois pâteuse avant de s'avancer pour le serrer dans ses bras.
Severus bougea inconfortablement et lui fit un petit geste alors que l'enfant sortait de la pièce. Après un moment, il sortit derrière elle. Elle s'arrêta et se retourna. Elle l'avait senti grâce à son empathie. Bon sang. Il lui fit signe d'y aller avant de tourner dans la direction opposée. Il pouvait simplement espérer que les Autres garderaient Harry hors de tout problème.
BMFS
Silas ? Gabirel ? Que s'est-il passé aujourd'hui ? demanda Harry, sa lèvre inférieure serrée entre ses dents.
Je ne sais pas, écrit Gabriel. C'était étrange. Peut-être que Rose avait simplement besoin d'émerger un peu.
J'ai une théorie différente, écrivit Silas plus lentement, montrant qu'il réfléchissait. Je t'en dirai plus lorsque je saurai quelque chose avec certitude.
Ok, écrivit Harry, incertain.
Cela faisait longtemps qu'il avait eu l'impression de n'avoir aucun contrôle sur sa maladie. Il était vraiment content que Silas et Gabriel soient là pour lui. Il passa un peu de temps à écrire dans son journal et fit une note mentale pour parler à Rogue de ses rêves qui s'empiraient.
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Harry mangea le petit déjeuner avec Ron. Hermione s'assit en bout-de-table, toujours boudée par les deux garçons. Remus vint et demanda à Harry de venir dans son bureau après qu'il ait mangé, et il accepta rapidement. Ron proposa de venir, mais Harry composa une excuse avant de se précipiter en dehors de la grande salle. Il se rendit jusqu'à la porte de son professeur et Remus l'ouvrit avec un sourire radieux. Harry lui sourit en retour et entra. Il ne sut rien de plus.
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Remus fut choqué par le comportement de Harry et un horrible pressentiment s'installa dans son esprit. Harry était assis dans une chaise d'une façon plutôt bizarre pour un garçon de treize ans. Il faisait aussi semblant d'être sourd. En conclusion, ce n'était pas Harry. Il regarda le garçon, s'assurant qu'il avait bien son attention avant de dire qu'il voulait qu'il le suive. Harry accepta joyeusement, passant ses mains sur ses genoux comme qu'il portait une robe. Les yeux de Remus se rétrécir et il se rendit rapidement dans la classe de potions, Harry sur ses talons.
« Severus ! » appela-t-il fortement et l'homme arriva de son bureau avec une mine renfrognée.
Des yeux noirs lui demandèrent de le suivre et son visage devint un masque illisible. Avec plusieurs mouvements de sa baguette, toutes les portes menant à la pièce étaient verrouillées et de puissants sorts pour prévenir toute observation malveillante étaient mis en place. Remus sentit ses cheveux se dresser sur sa tête. Ce n'était pas un bon signe. Harry attrapa sa main et des yeux verts tout aimant le regardèrent, demandant ce qu'il fallait qu'ils fassent pour qu'il aille mieux. Il lui fit un sourire tremblant et tourna ses yeux vers Severus, exigeant des réponses.
Severus savait que le temps était venu de s'expliquer avec le loup-garou. Si Silas ne pouvait empêcher Rose d'émerger autour de Lupin, alors c'était qu'il pouvait être mis au courant. Et il était évident que Harry avait besoin de l'attention que pourrait lui donner Lupin. Il tourna ses yeux vers Rose. La jeune fille était focalisée sur Lupin, sentant probablement sa détresse. Il agita le bras et la fille tourna la tête.
« Rose, merci à toi. Tu t'es bien débrouillée. J'ai besoin de parler à Harry ou Silas à présent. Tu peux faire ça pour moi ? »
Elle sourit et enserra Remus. Elle le laissa puis courut en faire de même pour Severus avant de fermer ses yeux fermement. Pendant quelques longues secondes, elle resta immobile, puis l'expression de Harry devint liquide, et toute son attitude changea. Les yeux verts s'ouvrirent à nouveau et Silas se retourna pour faire face aux deux hommes. Severus se rapprocha du loup-garou pour que cela lui soit plus facile et la posture du garçon se relaxa un peu . Il y avait un soupçon de sarcasme sur son visage et Severus savait qu'il n'était pas heureux de se trouver dans la même pièce que lui. Apparemment, il ne les avait pas pardonnés simplement parce que Harry l'avait fait.
« Harry ? » Demanda Remus d'une voie serrée et confuse. « Que se passe-t-il ? »
« Oh, oui. Je t'en prie expliques-lui, Severus, » dit Silas d'une voix traînante et moqueuse sur le nom. « Dieu sait qu'il sera complètement apitoyé de ce qui est arrivé à Harry. »
En entendant Harry en référer à lui-même à la troisième personne, les yeux de Remus s'agrandirent d'horreur et de compréhension. Severus décida de verbaliser quelques points cependant.
« Harry souffre d'une condition connue sous le nom de Trouble de la personnalité multiple. L'Autre avec laquelle tu es arrivée est Rose. Elle a onze ans et est sourde. Lui est Silas, il a à peu près quinze ans. »
« Ne t'arrête pas à présent, » sourit l'Autre. « Tu as laissé de côté la meilleure partie, » dit-il en se retournant vers les yeux désemparés du loup-garou. « Je suis purement et totalement Serpentard. Vous ne pensiez pas que votre précieux petit Harry avait ça en lui, n'est-ce pas ? »
« Est-ce de l'animosité ? » Demanda calmement Severus. « As-tu quelque chose contre Harry. »
« Non, » répondit Silas d'une voix traînante, las, les mains se rapprochant de sa poitrine. Mon animosité est dirigée envers le loup. « Oh, et puis en vers vous également, si vous ne l'aviez pas remarqué. »
« Je vois, » répondit Severus en reflétant sa position. « Tu es toujours amer face à notre rétention d'informations. »
« Ça. Entre autres choses. »
Silas fit tomber son masque d'indifférence pour regarder froidement les deux hommes devant lui.
« Je sais ce que vous voulez. Vous voulez que je vous dise pourquoi Rose émerge. La seule chose que je vous dirais et que si vous souhaitez que cela cesse, vous feriez mieux de rester éloigné de Harry. »
« Qu'est-ce que cela signifie, » demanda Remus.
Il se tenait grâce à une main agrippé sur le bureau pour garder son équilibre et son autre main tremblait à son côté. Il ne pouvait y croire. Il ne pouvait imaginer ce qui avait bien pu arriver à son chiot pour se retrouver dans cet état.
Silas ricana et se retourna pour marcher jusqu'à la porte, mais aussitôt que sa main avait attrapé la poignée, tout son dos se tendit. Harry se retourna. Severus reconnut Gabriel dans le pas confiant habituel de l'adolescent lorsqu'il se dirigea vers eux.
« Désolé pour ça. Habituellement, c'est moi qui suis grossier, » dit Gabriel avec un sourire effronté. « Je pense que vous devriez vous asseoir avant de tomber. »
Severus regarda et fut d'accord avec Gabriel. Lupin était aussi blanc qu'un fantôme et semblait sur le point de s'évanouir. Severus eut un petit sourire narquois et conjura une chaise. Lupin s'y assit sans la moindre protestation, ses yeux ne quittant pas Harry un seul instant. Il soupira et conjura deux chaises de plus. Gabriel hocha la tête et ils s'assirent.
« Bon. Je ne savais pas trop ce qui se passait avec Rose, mais pendant que Silas était émergé, j'ai commencé à comprendre, je pense, » dit-il en souriant. « Silas réagit de cette façon uniquement lorsqu'il pense que Harry va être blessé. Mais je sais que vous n'allait pas lui faire de mal. Je veux dire, je vous aurais bien éviscéré, Rogue, mais j'ai appris qu'il y avait mieux à faire. Vous voulez tous deux ce qu'il y a de mieux pour Harry. »
« Va à l'essentiel, » grogna Severus
« Qui... Qui es-tu ? » Demanda Remus en tremblant.
Gabriel regarda vivement Rogue.
« Si vous voulez mon aide, vous avez intérêt à cesser cette attitude. Je ne vais pas me laisser emmerder. »
Puis il tourna un visage doux vers Remus.
« Je suis Gabriel. Je m'occupe des confrontations, batailles et autres du même type. Quoi qu'il en soit, je pense que Harry vous aime tous deux. Mais Harry ne peut pas aimer. Il a donné cela à Rose. »
Severus commença à comprendre et se sentit à la fois touché et inconfortable. Alors c'était cette émotion qu'il n'avait pas pu discerner dans les yeux de la fille. Il pensa que cela révélait beaucoup de choses sur lui même et grimaça.
« Harry ne peut pas aimer ? » Demanda Remus avec des larmes goûtant sur ses joues.
« Oui, eh bien. Je ne peux pas vraiment vous donner de détails, » dit Gabriel en secouant rudement sa tête.
Une main pâle vint attraper ses cheveux. Puis, Silas était revenu. L'adolescent leur jeta un regard noir à tous deux. Il se leva et sortit de la pièce. Les protections ne l'arrêtèrent même pas. Il agita deux fois sa baguette et ils s'effondrèrent sous son pouvoir, et sa colère.
Severus les remit en place et se tourna vers Lupin. Il y avait un bon nombre de choses dont ils devaient discuter. Et il était heureux qu'ils soient dans sa classe. Ils auraient besoin d'un bon nombre de potions calmantes.
Fin du chapitre
