Salut! Me revoilà avec le nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira et que les quelques mots en latin ne vous dérangeront pas trop. Bonne lecture!


PDV James

J'étais en train de perdre la tête. Il n'y avait absolument personne à l'infirmerie, mais j'étais pourtant certain d'entendre des voix et sorcier ou non, ce n'était jamais bon signe. Progressivement, les voix devinrent de plus en plus fortes et j'étais de plus en plus intrigué. J'avais envie de savoir d'où elles venaient et ce qu'elles disaient.

- James! S'exclama une voix indéniablement féminine plus proche et surtout plus tangible. C'est alors que je me rendis compte que c'était celle de Jennifer. Que fais-tu debout? Demanda-t-elle

- Est-ce que madame Pomfresh t'a laissé sortir? Demanda (oh surprise!) Sirius qui était à côté d'elle. C'est alors que leurs mots me frappèrent. Debout? Sortir? En regardant autour de moi, je me rendis compte que j'étais loin, très loin de l'infirmerie et que je n'avais aucune idée de comment je m'étais rendu ici, où que soit ici dans le château. J'avais présentement de très gros problèmes. Un, madame Pomfresh allait me trucider. Deux, le professeur McGonagall allait me faire la peau. Trois, si aucun des deux ne réussissait, ma mère allait se charger de me tuer définitivement. Quatre, mon père allait me déshériter. Cinq, j'étais soit déjà fou soit en train de le devenir parce non seulement j'entendais des voix, mais j'avais aussi des périodes d'absence. Cette journée de pouvait pas plus mal tourner. C'est alors que je remarquais une forme argentée se diriger vers moi et je me rendis compte à quel point j'avais tort. Pourquoi avais-je pris la peine de me réveiller?


PDV Peter

Remus fut celui qui nous annonça la bonne nouvelle : James était sorti du coma. Je devrais être heureux, sauter de joie, mais tout ce à quoi je pouvais penser, c'était qu'il y avait maintenant un ami de plus à qui je devais mentir. J'avais su dès le départ que plus je m'impliquerais dans le projet du Seigneur des ténèbres, plus je devrais mentir aux autres. Cependant, avec le coma de James, je n'avais pas vraiment eu d'explications à donner, mais cette époque était maintenant révolue. C'est maintenant que le vrai défi commençait : tromper la vigilance de tous les Maraudeurs. Je ne pouvais pas leur donner la moindre raison d'avoir des soupçons. C'était beaucoup trop tôt, je n'étais pas prêt. J'avais besoin de temps, beaucoup de temps. Mais le temps semblait s'écouler de plus en plus vite. Je ne pouvais me permettre de décevoir le Seigneur des ténèbres. Il avait pris un risque considérable en faisant appel à moi et je devais lui rendre la pareille au minimum. Je devais trouver le livre d'Arabus le Grand ou tout simplement un foutu indice.


PDV James

Le Patronus de ma mère. La pire chose qui pouvait m'arriver en ce moment à part voir le professeur McGonagall. J'allais mourir beaucoup plus tôt que prévu, et tout ça devant Jennifer. Oh Joie!

- Et merde! Ne pus-je m'empêcher de souffler. Jennifer me lança un regard interrogateur alors que Sirius me lança un regard compatissant, il avait vu le Patronus et connaissait son propriétaire. Je n'avais que quelques secondes pour trouver une solution. Que faire? Courir comme un dératé tel l'idiot que j'étais ou rester et affronter la tempête tel le courageux Gryffondor que je ne serais plus jamais aux yeux de mes parents? J'avais extrêmement mal à tête et je paniquais. C'est alors que mes oreilles se mirent à bourdonner et tout devint noir.

Je commençais à reprendre connaissance, je le savais. Cependant, je n'étais pas complètement réveillé et une voix obsédante m'appelait à elle. C'était impossible de résister à l'emprise de sa voix. Je sentais que je commençais à m'élever doucement quand j'entendis Jennifer crier. Je sentis alors une énergie m'entourer et je regagnai brutalement mon corps. Je sentis une main agréablement chaude sur mon front et mes narines se remplirent du parfum fruité de Jennifer. Ce fut alors qu'un agréable sentiment de confort m'envahit. J'eus l'impression de m'enfoncer sous une couverture chaude par une nuit tempétueuse d'hiver ou encore de prendre un bain chaud après être revenu trempé d'un entraînement de Quidditch, l'effet était le même. Je ressentis un grand bien-être et la fatigue prit le dessus, m'entraînant dans les bras de Morphée. C'est alors que je me retrouvai dans un lieu très familier, un lieu que je visitai chaque nuit ces temps-ci et que je n'avais visité qu'une seule fois en personne, la salle des destins au département des mystères, niveau 9, ministère de la Magie. Le plus « drôle » est que même si je me rappelais chaque minuscule détail de cette salle, j'étais incapable de me souvenir du comment ni du pourquoi je m'y étais rendu et encore moins ce que j'y avais fait ni comment j'étais sorti. Je ne me souvenais de rien, et ce souvenir manquant était comme un trou qui m'aspirait chaque nuit dans des rêves dont je ressortais horriblement mal.

L'atmosphère de mon rêve était brumeuse, je savais que je rêvais, mais j'étais incapable de me réveiller. Je savais que je ne pourrais pas bouger non plus tant qu'elle ne m'aurait pas donné son autorisation. Justement, quand on parle du loup, là voilà. La « custos, futurorum ostia », mais je l'appelais Jane (une blague entre nous). Elle avait la peau diaphane, une longue robe vaporeuse et une longue chevelure fluide. Je m'attendais à ce qu'elle me sourît et me permît de bouger, mais elle s'approcha de moi et s'écroula à mes pieds, révélant une tache de sang qui couvrait tout son abdomen. C'est alors que la salle se mit à trembler à s'écrouler. Je vis lors un morceau de plafond voler dans ma direction, malheureusement, je ne pouvais toujours pas bouger.


PDV Peter

Je rêvais souvent de tuer Malefoy. Je ne m'étais jamais vraiment considéré comme quelqu'un de violent, mais je voulais vraiment voir cet imbécile souffrir. Je souhaitais le voir se tortiller par terre et supplier pour mon pardon, pardon que je ne lui offrirais pas, bien sûr. Donc, je ne m'étais jamais considéré comme une personne violente, alors mes rêves de violence me surprenaient. Mais bon, je ne m'étais jamais considéré comme un traître non plus et on voyait où j'en étais. Et puis franchement, c'était Malefoy! C'était une personne exécrable et un allié médiocre. Tout ce qu'il faisait c'était rester dans son coin et jouer au petit chef alors qu'il ne faisait absolument rien! Il s'appropriait les succès alors qu'il n'y contribuait aucunement. Ce n'était qu'un horrible profiteur sans scrupules. Plus je passais du temps avec lui, plus je le haïssais. De plus, il ne méritait nullement l'attention que lui portait le seigneur des ténèbres. Il ne faisait absolument rien pour trouver le livre d'Arabus le grand. J'étais celui qui était obligé de mener les recherches chaque soir, celui qui passait ces soirées à trouver un moyen d'entrer dans la réserve interdite. Il me donnait envie de hurler avec sa mauvaise foi. Il s'attribuait chacun de mes succès et s'attribuait des mérites qui me revenaient! J'étais celui qui avait réussi à réunir chacun de ses égoïstes Serpentards autour d'un but commun, j'étais celui qui avait trouvé un moyen d'accéder à la réserve interdite. Moi, pas lui. Ses imbéciles d'amis qui préféraient leur gloire personnelle à une réussite commune ne valaient pas mieux. Ils ne valaient pas tellement mieux. Le seul qui vaille un peu la peine était Severus Rogue. Severus était mon seul « allié » dans cette situation improbable. Sans pour autant être amis, on se comprenait. Il comprenait mon sentiment d'impuissance, de colère et de dégoût de soi. On était deux personnes paumées sans porte de sortie d'une situation qui commençait à nous dépasser. Mais, on ne pouvait pas être amis, c'était l'une des limites que je m'étais promis de ne pas franchir. Devenir ami avec Severus Rogue serait une trahison encore plus énorme envers les Maraudeurs. Le genre de trahisons qui ne se cachaient et encore moins nous laissaient tranquilles. De plus, avec tout ce qu'on lui avait fait subir, je doutais qu'il souhaitait être mon ami. Quoi qu'il en soit, plus le temps passait, plus le Seigneur des Ténèbres s'impatientait et plus il s'impatientait, plus ma situation devenait précaire. C'est pour cette raison que je devais tenter le tout pour le tout et entrer dans la réserve interdite et trouver des informations, ce soir.


PDV James

Alors que le morceau de plafond allait m'écraser, le loup qui m'avait attaqué apparut et me projeta loin du morceau de marbre. Donc, le loup qui avait essayé de me tuer dans la réalité venait de me sauver la vie dans mon rêve. Soit j'avais des problèmes psychologiques, soit j'avais de gros problèmes psychologiques. Comment un animal qui m'avait attaqué et laissé pour mort pouvait-il devenir mon sauveur dans ma psyché? Je commençais sérieusement à m'inquiéter et puis je n'avais toujours pas compris la signification de ce rêve récurrent qui m'amenait dans la salle des destins. J'étais épuisé, perdu, bientôt mort, possiblement fou et je vivais une sorte de dédoublement de la psyché très tordu qui transformait mon agresseur réel en sauveur onirique. Sauveur qui avait une énorme dentition et qui se trouvait à quelques pas de moi. Je levai la tête et plongeai le regard dans une mer couleur noisette. Le loup avait exactement mes yeux. Ces yeux qui m'observaient dans un miroir chaque matin caché derrière des lunettes ou encore dans un étang au-dessus du museau d'un cerf. C'était incompréhensible. Le loup qui m'avait attaqué avait les yeux d'un bleu glacial, alors que le loup présent devant moi, qui lui ressemblait trait pour trait, avait mes yeux. Alors que je me disais que les choses ne pouvaient pas devenir encore plus confuses, le loup se transforma en lion et se jeta sur moi. Une fois me surplombant, le lion pencha sa tête jusqu'à ce que son museau touche ma tête. C'est alors qu'une douleur fulgurante me traversa et que tout devint blanc. Je me réveillai en sursaut, avec un énorme mal de tête pour plonger le regard dans les yeux bleus de Jennifer qui semblait soucieuse. C'est alors que deux choses me frappèrent simultanément. Un, on était seul et deux, j'étais dans un endroit inconnu. Oh, il y avait un troisième élément qui aurait dû me parvenir plus tôt, Jennifer avait une dague à la main.


PDV Peter

La réserve était sombre lorsque j'y entrai ce soir-là. J'avais jeté un sortilège d'invisibilité, mais avec mes capacités, ça ne valait pas grand-chose. Mon sort reposait entre les mains du sort que Rogue m'avait appris : Assurdiato. Je l'avais jeté sur le bureau de madame Pince (je penchais plutôt pour sa chambre, je ne la voyais pas s'éloigner de sa très chère bibliothèque) et Severus m'avait assuré qu'elle n'entendrait rien, ni ne sortirait de son bureau dans la mesure du possible. Encore une fois, étant donné que c'était moi qui jetait le sort, je devais donc me dépêcher pour éviter tout risque de me faire prendre. Je commençais par la section objets de pouvoir, mais je ne vis rien d'intéressant. Je passai donc à livres célèbres, mais encore là, rien d'intéressant. La chance finit par me sourire dans la section sorciers célèbres. Je trouvai le livre : « sorciers puissants et célèbres dont vous avez tout intérêt à ne pas connaître l'existence ». C'était un livre de vulgarisation sur les sorciers les plus puissants de notre histoire qui étaient tombés dans l'oubli et Arabus le Grand s'y trouvait.

Arabus Le Grand :

Jeune sorcier de la Grande-Bretagne qui avait un grand contrôle des éléments dangereux que représentaient le temps et le destin ce qui en faisait un adversaire redoutable pour ses amis. Il fut né à une époque lointaine. Si lointaine que nul ne s'en souvient. Descendant de la famille Peverell, il avait, selon certaines sources, possédé les reliques de la mort. Ce fut aussi un grand alchimiste. À sa mort, il rassembla toutes ses pouvoirs et ses connaissances et les scella dans un livre. Un livre connu sous le nom du livre d'Arabus le Grand ou encore le livre des Destins. Il fut dit que celui qui possédera ce livre aura un pouvoir infini et que le temps et le destin se plieront à sa volonté. Nul n'a jamais trouvé ce livre et le seul indice connu réside en une énigme qu'a laissée Arabus.

Temps et destin emmêlé

Sous le signe du lion

Panthère et loup unifié

Trouverons la voie de la révélation

Mon premier sera la rédemption

Mon deuxième sera l'audace

Mon troisième sera la réflexion

Mon tout sera la rosace

Du livre caché

Le sceau sera le salut

Par choix rejeté

Tout sera résolu

De nombreux sorciers ont cherché sans succès le livre d'Arabus le Grand. Tout ce que l'on sait à ce jour, c'est que l'énigme était sûrement une vision du futur dû aux talents divinatoires d'Arabus. De nombreux chercheurs se sont consultés et ont fini par se mettre d'accord sur l'emplacement le plus plausible du livre : l'école de sorcellerie Poudlard.

Ce livre était la clé de mon salut. Étant donné que je ne pouvais pas le sortir de la réserve, je n'avais d'autre choix que de le recopier. Une fois fait, je quittai la bibliothèque et me dirigeai vers la salle commune des Serpentards, pour partager mes découvertes, quand j'entendis des murmures derrière moi. Je fis semblant de rien et me cachai dès un tournant. Bientôt apparurent trois jeunes filles. Elles avaient l'air d'être en sixième année et étaient au nombre de quatre, une de chaque maison.

- Tu es sûre de toi? Demanda la Gryffondor à la Serpentard

- Affirmatif, répondit-elle. Peter Pettigrow est un Mangemorts ou un futur Mangemort. Il travaille avec Lucius et sa bande sur un truc. D'après ce que j'ai entendu, un livre ou un truc comme ça.

- Alors, ça veut dire que les Maraudeurs sont des Mangemorts eux aussi? Questionna l'élève de Poufsouffle.

- Claire, réfléchis un peu, rouspéta l'élève de Serdaigle. Les Maraudeurs ne travailleront jamais avec les Mangemorts.

- Peter l'a fait, rétorqua Claire.

- Sérieusement, qui considère Peter comme un Maraudeur? Demanda l'élève de Serpentard

- Il n'a jamais vraiment eu sa place parmi les Maraudeurs, rajouta l'élève de Gryffondor.

- Mallory a raison, renchérit l'élève de Serdaigle. Il a toujours un peu détonné parmi ses amis. Surtout qu'on voit à quel point il tient à cette amitié.

- Tu as raison Émilie, il trahit ses seuls amis pour leurs pires ennemis, on a déjà vu mieux comme preuve d'amitié, dit l'élève de Serpentard.

- Tu as dit qu'on prévenait les Maraudeurs, Cassidy, non? Lui demanda Claire.

- Si on ne réussit pas à le retrouver et lui demander des comptes, oui, répondit Cassidy.

- Oui, ajouta Mallory. D'ici demain matin, les Maraudeurs seront au courant de la trahison de Peter. Un tel traite ne mérite pas leur amitié.

Sur ses mots, je me mis à trembler. Elles venaient de livrer chacune de mes failles au grand jour. Tout ce que j'avais pensé tout bas sans jamais me l'avouer refluait en moi. J'étais triste, dévasté et surtout en colère. J'étais furieux contre Malefoy, cet abruti qui m'avait entraîné dans cette histoire. J'étais aussi furieux contre moi-même pour ma lâcheté et ma stupidité. De qui est-ce que j'essayais de me moquer? J'étais un traitre et je le savais, je savais aussi que je n'étais pas un vrai Maraudeur. J'avais toujours su que ma place n'était pas parmi eux. L'aisance avec laquelle Jennifer s'était intégrée dans le groupe n'était qu'un douleureux rappel de mon statut de cinquième roue du carrosse. Je n'étais et n'avais toujours été que le petit protégé des Maraudeurs, jamais un vrai Maraudeur en soi. Pour tous, je n'étais que le petit gros qui se tenait dans l'ombre glorieuse des Maraudeurs. Une ombre qui me protégeait, mais qui restait quand même une ombre. J'étais le dernier des Maraudeurs, l'oubliable, le négligeable. Il y avait Remus Lupin l'intelligent, le séduisant Sirius Black, l'incroyable James Potter et même la superbe Jennifer Harrison, mais il n'y avait pas de Peter dans ce groupe. Je n'étais rien, je n'étais personne, et encore moins un Maraudeur. Maintenant, j'étais en colère contre ses stupides gamines qui avaient brisé mon mur de déni. Ce mur auquel je me raccrochai pendant toutes ses années en me faisant croire que j'étais un véritable Maraudeur. Je ne pouvais peut-être pas atteindre Malefoy et j'étais beaucoup trop lâche pour me faire du mal, mais elles étaient là, à ma portée. J'allais leur faire payer tout le mal qui m'arrivait. Le sort fusa avant même que j'y réfléchisse à deux fois : Endoloris. Elles se mirent alors à hurler. Leurs hurlements m'étourdissaient, m'enivraient. Ce fut un long moment pus tard que j'émergeai de l'état second dans lequel je me trouvais. En me rendant compte de ce que j'avais fait, les larmes commencèrent à rouler sur mes joues. Je ne pouvais pas les laisser comme ça. Elles étaient au courant de mon alliance avec les Mangemorts et de la recherche du livre. Je ne pouvais pas les laisser prévenir quelqu'un et surtout pas les Maraudeurs. Encore une fois, je lançai le sort sans y réfléchir : Oubliettes.

Je partis alors en courant et me réfugiait dans un couloir désaffecté. Ce fut à cet endroit que Severus Rogue me trouva, en larmes. Il ne dit rien et se contenta de rester à côté de moi, en silence.


PDV James

Jennifer me lança un sourire rassurant. Elle avait un joli sourire, mais il était occulté pas la dague qu'elle tenait à la main. Elle remarqua mon regard sur sa dague et me lança un sourire moqueur. Ce sourire-là avait plus d'effet sur moi. Enfin, là n'était pas la question.-

- Que fais-tu avec cette dague? Lui demandai-je

- C'est un athamé et il me sert à te sauver la vie, répondit-elle du tac au tac. C'était dans de tels moments que je comprenais l'amitié qu'elle entretenait avec Sirius. C'était plutôt étrange la relation que nous avions. J'avais beau ne l'avoir rencontré qu'il y a environ 2 mois, j'avais l'impression de la connaître depuis des années. Impression qui était démentie par le manque d'interlude privé entre nous. Je pouvais compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où je m'étais retrouvé seul avec elle. C'était une situation étrange : elle et moi, seuls dans un lieu inconnu, elle avec une dague (pardon un athamé) à la main tout ça après notre baiser avorté de la veille. J'étais certain qu'elle pensait à la même chose que moi, car une certaine tension apparut dans l'air.

- Je vois, répondis-je d'une voix incertaine. Tu comptes me donner plus de détails? Demandai-je peu après face à son manque d'informations supplémentaires.

- Et si tu me racontais tes rêves avant, m'enjoignit-elle. C'était hors de question pour l'instant. Je n'avais jamais parlé de ces rêves à quiconque, même pas à Sirius et surtout, il était hors de question que j'en parle tant que je n'en avais pas compris la signification. Conclusion : je devais faire diversion.

- Ceux avec ou sans toi? demandai-je. Par Merlin, je n'arrivais pas à croire que j'avais dit ça, Jennifer non plus, car elle écarquilla les yeux avant de rougir légèrement.

- C'est comme tu veux, répondit une fois qu'elle eut repris contenance. J'étais un idiot fini, je venais de rendre nos échanges encore plus ambigus et maintenant, elle me regardait d'un air soupçonneux.

- Peut-être une fois que je saurais où l'on se trouve, lui dis-je. Je devais préparer ma retraite et le tout risquait de devenir embarrassant si je ne savais pas où j'étais.

- Salle sur Demande, tu as failli y passer plus d'une fois. Ce n'est pas vraiment le genre de choses que peut soigner Madame Pomfresh. Alors, Sirius m'a aidé à t'amener ici pour que je puisse utiliser ma magie sans baguette. Pendant tout son discours, elle me jetait des regards soucieux.

- Super, merci beaucoup Jenni, je vais y aller. Je comptais me lever et m'en aller, quand elle me retint par le bras.

- James, ce qui t'arrive est tout sauf normal. D'abord, tu te fais mordre par un loup le soir de la lune de sang, ensuite, ton esprit a failli quitter ton corps sans que tu le veuilles et maintenant tu as failli y passer dans tes rêves. Si tu me disais ce qui se passait, je pourrais t'aider davantage. L'inquiétude et la sincérité se lisaient dans son regard.

- J'aimerais t'en dire davantage, mais je n'en sais pas plus. Je veux savoir ce qui se passe avant d'impliquer qui que ce soit, murmurai-je en tenant son visage entre mes mains.

- D'accord, souffla-t-elle. C'est alors que je me penchai et l'embrassai sur la joue. Je ne pouvais décemment pas l'embrasser sur les lèvres si je ne voulais pas l'impliquer. C'est alors que je sortis de la Salle sur Demande. Dès que je me fus éloigné de quelques pas, les voix se firent plus fortes et m'écrasèrent. Je ne pouvais pas leur résister et sans que je n'ordonne rien, mes pieds bougèrent d'eux-mêmes et m'emmenèrent dans des lieux inconnus. Cependant, j'avais l'impression confuse de savoir où j'allais. La partie du château dans laquelle je me déplaçais était inexplorée et on voyait que personne n'y était allé depuis des années. Au bout de mon voyage, je me retrouvai devant une porte noire avec de magnifiques gravures. Sans que je sache d'où je les connaissais, je prononçais les bons mots et la porte s'ouvrit. « aperit scientiam ostium heres ». C'est alors que j'entrai dans un lieu que je visitai pour la première fois, mais que j'avais connu toute ma vie. Une fois entré, je savais ce dont j'avais besoin : un livre. Pas n'importe quel livre, mais « Le Livre ». Celui qui apporterait des réponses à mes questions. Dès que je touchai la couverture, une grande onde de pouvoir me frappa en plein fouet. C'était trop d'énergie en une fois, je débordais. Tout devint blanc cette fois-ci. Les voix devinrent plus distinctes et je pus comprendre ce qu'elles disaient.

Lorsque je repris connaissance, je gisais dans une salle vide au sol en marbre. Il y avait des veinures bleutées qui étincelaient sur les murs. Le livre reposait sur une chaire en bois de chêne au milieu de la salle. Mes lunettes se trouvaient à côté de la chaire. Je les pris et sortis de la salle, sachant que je pourrais revenir dès que j'en aurais besoin. Sans surprise, Sirius et Jennifer m'attendaient quelques couloirs plus loin. Ils avaient l'air inquiets.

- Où étais-tu? Me demanda Sirius d'un air furieux.

- De quoi est-ce que tu parles? Lui demandai-je. Je pouvais compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où Sirius avait été furieux contre moi. C'était en général quand je faisais quelque chose de stupide ou de dangereux ou encore de stupidement dangereux et qu'il s'était fait un sang d'encre.

- Comment ça de quoi est-ce que je parle? Il semblait de plus en plus furieux. C'est alors que Jennifer posa sa main sur son torse pour le calmer.

- James, dit-elle doucement, ça fait trois jours que l'on te cherche partout. Je ne pus m'empêcher d'écarquiller des yeux, elle dut voir ma surprise, car elle eut soudainement l'air encore plus inquiète. Où étais-tu?

- Trois jours? Demandai-je incrédule. Un, parce que j'étais surpris. Je ne pensais pas que le transfert avait duré si longtemps. Deux, parce que je ne pouvais pas leur parler de la salle.

- Tu veux nous faire croire que tu ne savais pas que trois jours s'étaient écoulés? Demanda Sirius. Je voyais bien qu'il balançait entre l'incrédulité et l'inquiétude. Il en avait par dessus la tête de mes « secrets » et ne savait pas trop si j'essayais encore de détourner son attention ou si je disais la vérité.

- J'ai l'impression qu'à peine quelques heures se sont écoulées depuis que j'ai quitté la Salle sur Demande, leur répondis-je.

- Ça devient de plus en plus inquiétant, murmura Jennifer. Elle avait l'air si inquiète que je m'en voulus d'être la cause de son tourment. Je dus me retenir pour ne pas lisser du bout du doigt les plis de son front.

- Sans déconner, marmonna Sirius. Bon, on discutera de ça plus tard. Il faut qu'on aille au banquet de ce soir. Si tu y es encore absent, McGonagall va se douter de quelque chose, sans oublier que Dumbledore a une annonce importante à faire.

- Te connaissant, je ne vais pas te demander comment tu sais que Dumbledore a une annonce à faire, lui répondis-je déclenchant son rire.

- Tu manquerais une bonne histoire, commença-t-il avant de se mettre en route. Je m'apprêtais à lui emboîter le pas quand Jennifer me retint par le bras.

- Tu en sais davantage? Me demanda-t-elle dans un souffle. Devant son regard azuré, je ne pus même pas considérer lui mentir.

- Pas assez, lui répondis-je de la même façon. Au fait, je ne crois pas t'avoir remercié.

- Pour? Demanda-t-elle déroutée. J'avais tendance à sauter du coq à l'âne ces temps-ci.

- Tellement que j'en ai oublié le compte, alors j'espère que merci pour tout suffira. Elle m'offrit un sourire éblouissant et cette fois-ci mes lèvres frôlèrent les siennes avant de trouver leur chemin vers ses joues. Elle avait légèrement rougi et nous ne pouvions nous empêcher de nous regarder dans les yeux. J'avais l'impression que nous aurions pu rester indéfiniment ainsi si la voix de Sirius ne nous avait pas tirés de notre rêverie.

- Hé les tourtereaux, on se grouille, dit-il d'une voix que l'on devinait amusée. Il me lança un sourire moqueur durant tout le trajet jusqu'à la grande salle. Une fois que nous rentrâmes, la rumeur habituelle enfla de manière disproportionnée.

- Ton absence n'a pas été des plus discrètes, se contenta de me dire laconiquement Jennifer.

- C'est ce que je vois, lui répondis-je. Le dîner fut une succession de personnes qui vinrent de dire à quel point ils étaient heureux de me voir sain et sauf. J'en étais toujours à la moitié de la table de Gryffondors quand le professeur Dumbledore se leva. Le silence se fit instantanément.

- Bonsoir, chers élèves, c'est un plaisir pour nous tous, j'en suis certain, de constater le réveil de monsieur Potter ici présent. Nous espérons qu'il se rétablira complètement le plus tôt possible. Je pouvais sentir la déception parcourir la salle. Ils s'attendaient tous à un peu plus d'informations ou encore mieux à des représailles. C'était quelque chose que ni moi ni le professeur Dumbledore n'allions leur fournir. À voir l'air crispé du professeur McGonagall, ils avaient plus de chances de son côté questions représailles.

- McGo a l'air de vouloir ta mort, me murmura Sirius. Je me contentais de hocher discrètement de la tête. Quelque chose clochait, mais je n'arrivais pas à déterminer quoi.

- J'ai aussi le plaisir de vous présenter notre nouveau professeur de Défense contre les forces du mal, le professeur Liber. C'est alors qu'entra notre nouveau professeur et mes alarmes internes atteignirent leur apogée. Jennifer me saisit vivement le poignet et nous échangeâmes un regard de reconnaissance. Je n'étais pas le seul à qui le professeur faisait cette impression bizarre. J'avais l'impression tenace de l'avoir déjà vu quelque part, sans oublier son tatouage en forme de rosace.


Et voilà! J'espère que ça vous a plu.

« custos, futurorum ostia » signifie plus ou moins «gardienne des portes du futur et du destin»

«aperit scientiam ostium heres» signifie plus ou moins «ouvre la porte à l'héritier de la connaissance»

Pour le prochain chapitre, une dispute et le mystérieux jumeau Steple à l'honneur. Je devrais poster ce chapitre le 26 mars si tout va bien. À la prochaine et laissez des reviews!