Les nuits sur le camp militaire étaient habituellement calmes, c'est l'une de ces nuits. Il y a quelques feux auquel les insomniaques, traumatisés par les horreurs de la guerre se regardent sans grande conviction pendant des heures, jusqu'au lever du jour parfois même.

Sur l'un de ces feux il y avait une silhouette encapuchonnée. Le message était clair « ne venez pas m'enmerder ». Malgré le message succinct, un téméraire alla vers l'encapuchonné. Il s'assit à ses côtés et lâcha un grand soupir pour marquer sa présence, cela déclencha un petit sourire en coin à l'autre. Toujours aussi discret celui-là

- Bon je sais que t'es pas d'humeur à faire la conversation, mais t'inquiète je la ferais pour deux. T'es même pas obligé de m'écouter si tu veux. Ah au fait, je m'appelle Maes Hugues. Maes pour les intimes ! » fit-il en tendant sa main vers l'inconnu et finissant son petit numéro par un clin d'œil. Il eut en réponse un petit rire que l'on essaye de camoufler « Je ne sais pas pourquoi tu ris, mais ça fait du bien à entendre »

- Oh je ris car ça fait du bien de voir que certains ne changent pas ! » fit l'encapuchonné en révélant son identité. La capuche laissa place à des cheveux blonds autrefois éclatants

- Et bin si toi t'es là, c'est qu'on est vraiment dans les embrouilles jusqu'au cou. » fit-il d'un ton désespéré tout en se passant une main dans les cheveux et sortant une cigarette d'on ne sait où.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là… et depuis quand tu fumes toi ! » fit Riza qui ne comprenait pas de quoi il parlait

- Réfléchis un peu blondinette, si ils t'ont fait venir ici cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu'on commence à avoir un effectif réduit puisqu'ils recrutent dans les écoles les graines de sniper tel que toi...

- Ils n'en sont pas encore à ce point, je suis tout de même diplômée ! »fit-elle en relevant le menton

- Oh que le temps passe vite alors » fit-il en passant son index sous le menton de la jeune femme. « mais bon assez parlé de la guerre et tout ça. Tu sais pas la nouvelle, malgré cette ambiance flinguée j'me suis trouvé une petite amie ! » fit il avec des rêves pleins les yeux « regardes, regardes c'est une photo de nous deux » avec un sourire Riza prit la photo que lui tendait Maes mais déchanta en voyant l'identité de la copine en question

- Maes, ce n'est pas ta copine c'est une prostituée ça…. Pou.. pourquoi tu me montres cette photo sérieusement !

- Ah non je peux te jurer que c'est ma copine !

- Ah oui vraiment, je crains le pire là….

- Crois le ou pas mais c'est ma copine puisque moi j'ai pas payé !

- Quoi tu as pris les services d'une prostituée et t'as même pas payé ! C'est quoi ton problème…

- Oh ça va mademoiselle la prude, je suis un homme j'ai des besoins comme tous les autres, d'ailleurs je crois qu'ils vont bientôt ouvrir une section…. » Riza lui avait plaqué sa main sur la bouche

- Stop ! Je ne veux plus rien entendre sur ton bordel est-ce que c'est clair ? » fit-elle avec un regard des plus froids

- Ok, ok mais dans ce cas de quoi veux-tu qu'on parle, j'ai un autre sujet mais je suis sûr qu'il te plaira encore moins que le précédent… » fit-il avec un petit sourire en coin

- Il sait que je suis ici ? » demanda-telle avec un regard inquiet

- Je ne pense pas non mais….

- Parfait dans ce cas, ne lui parle pas de notre rencontre je n'ai ni envie de le voir, ni envie de lui parler de toute manière

- Ah les femmes et leurs rancœurs ! » fit-il en levant les bras au ciel

- Ça n'a rien à voir je ne veux juste pas qu'il me voit ici, je veux qu'il garde l'image de la Riza d'autrefois. Il ne doit pas voir ce que je suis devenu…. » finit-elle en baissant la tête.

- Oh .. fit simplement Maes en réfléchissant à ses prochaines paroles…. « Tu sais ici, on est tous dans le même sac et ce qui t'arrives nous le vivons aussi… Tu sais il a de sacrés responsabilités sur le dos avec son titre d'alchimiste et il en voit des vertes et des pas mures tous les jours alors… je pense que te voir lui ferait du bien. » conclut le brun en prenant dans ses deux mains la main droite de la blonde.

- Je ne suis pas de cet avis » fit elle en recouvrant de sa main la poignée de Maes. « en effet tu dis qu'il souffre déjà beaucoup alors je n'ai pas envie de l'enfoncer encore plus… tu connais sa fâcheuse tendance à se faire des remords pour un rien.

- Mais Riza….

- Non Maes ma décision est prise et je souhaite que tu la respectes ! » fit-elle en se levant d'un bon puis en s'éloignant du feu afin de surement regagner son dortoir.


Eliminer était le mot d'ordre. C'était leur devoir en cet instant sur le terrain. Un véritable génocide ishbal auquel il participait. Sa participation à ce massacre le bousillait, l'arrachait de l'intérieur. Pas un seul moment en paix avec lui-même, pas un seul instant de repos total, pas une seule seconde de relâchement. Cette guerre le tuerait d'une façon ou d'une autre il le sentait. Il était en binôme avec l'autre fou furieux de Kimbley. Ce gars était un dérangé, un véritable, lui prenait plaisir voir jubilation, jouissance à ce carnage. Il n'avait pas peur de la mort qui pouvait le frapper ou celle qu'il imposait. Aucune pitié n'était lisible dans ses yeux seulement une soif de sang toujours de plus en plus grande. L'explosion était « son art » disait-il ; peut-on appeler un corps explosé contre un mur une œuvre ? Roy en doutait fort.

Lorsqu'on lui avait annoncé qui serait son binôme il faut avouer qu'il n'avait pas été des plus comblé au contraire. Il était donc dans une ruelle aux aguets d'un pour ne pas se faire sauter la cervelle par un ishbal et son fusil, mais aussi pour ne pas mourir en chef d'œuvre contre un mur, car il était de connaissance publique que ce malade ne faisait que peu de différence entre alliés et ennemis.

Roy rentra de sa mission carnage totalement épuisé. Il croisa en chemin son ami de toujours qui fit un bout de chemin avec lui. Ils parlaient sereinement dans l'enceinte du camp, lorsque tout à coup ils entendirent un coup de feu et virent un corps s'affaler et quelques mètres d'eux. Sur le qui-vive, ils sortirent leurs armes se mirent dos à dos et observèrent les alentours en s'approchant du cadavre qui s'avérait être celui d'un Ishbal.

- Mon frère je crois que l'on doit la survie de notre carcasse à un sniper » fit Hugues.

- Mhh » fit Roy en s'agenouillent près de l'ishbal et en lui fermant les yeux « nous ne sommes décidément nul-part à l'abri, je vais avertir le commandement que l'un d'entre eux a réussi à s'incruster dans notre camp. La sécurité va devoir être renforcée. » et il s'en alla sans même regarder d'où pouvait bien venir la balle soit la position du snipper. Il fallait mieux d'ailleurs, sinon il aurait aperçu une lueur blonde au-dessus des plus hauts toits.


Cette nuit était une folle nuit, une nuit de fête. On célébrait l'efficacité d'une mission sauvetage effectuée par les alchimistes d'état. En effet dans la journée cinq alchimistes avaient été réquisitionnés pour sauver plus d'une dizaine de leurs camarades tombés aux mains d'une bande d'ishbals redoutables. Les alchimistes en questions avaient eux reçus des ordres légèrement différents. En effet cela est surprenant de la part de l'armée d'envoyer cinq de ses meilleurs soldats dans une mission sauvetage pour des soldats dont elle n'avait que faire et qui étaient déjà mort pour elle. L'ordre remit les choses à leur place « ils tiennent nos hommes, ce n'est pas une mission de sauvetage, éliminez tout sur votre passage et ci sur celui-ci se montent des camarades n'hésitez pas si cela peut vous permettre de tuer un ishbal, il vous en sera surement reconnaissant. » c'était bien clair pas de quartier et les survivants seraient des chanceux. Au final sur la dizaine seulement trois ressortirent vivant de ce carnage. Tous les rebelles ishbals étaient tombés. Une mission efficace dirons nous…

Pour célébrer le retour des soldats et le succès de la mission un grand feu fut érigé sur la place d'arme. Certains avaient amené avec eux leurs instruments, une musique entrainante suivit de paroles de braillard emplissaient toute la place. C'était leur façon de lâcher prise. Certains de leurs camarades avaient été tués par d'autres de leur camarade mais ils n'en sauraient rien. Jamais….

Mustang avait fait partie des alchimistes. Décidément il n'était pas épargné par cette guerre. Lui qui était rentré dans l'armée pour protéger son peuple, il se retrouvait à l'assassiner… quand est-ce que tout cela avait-il pu déraper ?

Il était assis sur un tronc d'arbre qui faisait office de banc. Il était assez à l'écart des agitations ; il avait une pinte de métal rouillé dans laquelle il avait une boisson dite bière mais qui n'en avait ni l'aspect ni le goût. Il avait le regard perdu dans ce liquide, repensant à cette horrible journée de massacre, de peur d'effroi, de dégout, de mort. Lui n'avait tué aucun des siens mais avait eu le temps d'observer ses camarades. A croire qu'ils étaient satisfaits de la mission, peut importait qui ils envoyaient à la mort tant qu'ils y prenaient du plaisir. Basque-Grand et Kimbley entre autres. Les trois survivants c'était lui qui les avait sauvés au prix d'une balle dans le bras, mais que valait une blessure face à trois vies de sauvées ?

Par son geste il s'était mis à dos les deux bouchers, mais il n'en avait que faire. Il avait des valeurs et ce n'est surement pas à temps de guerre qu'il les perdrait bien au contraire.

Il sentit quelqu'un s'assoir à côté de lui, il se tendit quand il comprit de qui il s'agissait.

- Alors le Flame alchimiste. Toujours à jouer les héros toi. Ton bras doit te faire terriblement mal non ? » dit-il tout en appuyant sur la partie rouge du bandage. Roy réprima une grimace mais ne bougea pas

- Ce n'est pas des plus agréables c'est sur…

- Oh Mustang réveille toi, c'est la fête ! « fit son interlocuteur en s'agitant sur le tronc

- Je ne suis pas trop à la fête ce soir » fit-il en envoyant un regard noir à l'autre

- Oh… je vois… tu sais ton geste d'héroïsme va te valoir cher beaucoup plus que le prix de ces trois misérables soldats que tu as sauvé. Tu t'es mis à dos Basque-Grand… mais pas seulement….

- Qu'est-ce que tu insinues Kimbley ? » grogna le flamme alchimist

- Arrête de penser mon vieux et agis, c'est la seule façon pour que tu sortes d'ici vivant. Profite bon sang, ici nous sommes considérés comme des dieux, nous tuons leurs collègues de sang-froid et ils nous applaudissent. C'est le paradis sur terre ne penses-tu pas ?

- …

- Enfin déride-toi un peu Mustang, tu es encore en vie aujourd'hui alors profites en » cette phrase sentait la menace à plein nez « trouve toi une petite minette fais-toi plaisir et demain tu verras que cette journée était plutôt positive… en parlant de minette je te laisse Mustang à demain peut-être, si tu ne te suicides pas avant ! » fit-il en lui donnant une tape volontairement plus forte que ce qu'elle devrait être.

Roy souffla un grand coup que le malade mental fut partit « chasser de la minette ». Il repartit dans la contemplation du liquide ambré. Il ne sait pas combien de temps il resta là perdu dans ses pensées mais il en fut tiré par une agitation anormale près de tentes sur le côté. Des cris étouffés un petit rire sadique. Roy reconnaissait facilement les sons cela ressemblait à quelqu'un qui se débattait de la poigne d'un autre.

- Calme-toi sale garce ! » entendit-il. Son sang ne faisait qu'un tour. Il avait reconnu la voix de l'homme qui était venu l'importuner il y a peu. Kimbley.

Il se précipita donc vers les mouvements de tentes. Il approcha discrètement pour voir de quoi il s'agissait. Sa première intuition fut la bonne. Il tenait dans ses bras une jeune femme. Celle-ci se débattait de tous les diables, on peut comprendre pourquoi

- Lâche-moi Kimbley… tout de suite ! » une gifle glaça encore plus l'ambiance

- La ferme tu ne me donne pas d'ordre blondinette. Laisse toi faire maintenant cela sera plus agréable pour tous les deux.

- Va te faire voir espèce de malade ! » dit-elle en lui cognant les cotes de son coude. Sous le coup il la libera de ses bras et elle n'attendit pas son reste pour décamper, passant tout juste à côté de Roy toujours planqué derrière une tente. Il vit alors Kimbley bouillant de rage se remettre de son coup et poursuivre la jeune femme. Il décida alors d'intervenir

- Ah te voilà Kimbley ! » dit-il en sortant de sa cachette « j'ai réfléchis et tu as raison ! aller viens je vais te payer un coup à boire ! » fit-il en imitant une ivresse déjà bien avancée

- Chui occupé là double-Poney !

- C'est petit ça.. aller viens on va boire un coup ! « fit-il en empoignant un Kimbley bouillant de rage. Roy savait qu'au moindre faut pas il se retrouverait avec un membre explosait mais il prenait quand même le risque.

Il n'avait pas pu apercevoir le visage de la jeune femme, mais il l'admirait déjà pour la bonne dose de courage dont elle avait usé pour se dégager de l'autre fou. Il espérait juste que la jeune femme ne recroiserait plus la route de son collègue…


Le conflit commençait à s'éterniser et les interventions sanglantes des alchimistes étaient de plus en plus fréquentes. Aujourd'hui avait encore était une longue journée, mais les esprits étaient plus légers. En effet une bonne nouvelle avait fait le tour du camp. Ce soir certains pourraient se détendre.

- Elles sont là ! » cria un soldat en manque

- Coucou mes mignonnes ! » fit un autre en voyant les femmes peu habillées sortir des deux camions

- Salut mon choup » fit l'une d'entre elles

Des prostituées, voilà la bonne nouvelle. En effet le commandement avait bien compris qu'il fallait de temps à autres des moments de récréation aux soldats et la venue une fois par mois des prostituées était comme une bouffée d'air frais pour tout le monde.. sauf pour les femmes militaires qui elles faisaient profil bas. En effet quelques viols avaient eu lieu lors de ces soirées arrosées où les hommes parfois n'étaient plus aptes à reconnaitre leurs collègues des prostituées…