Wilfrid54 : Drago et Harry ont quand même passé un an ensemble à se côtoyer 24h/24, normal qu'ils aient fini par se supporter. Lol. En fait, tu as ici un début d'explication sur les trois sceaux mais ce n'est qu'un début. Serena…le mystère fait femme, on verra bien. Merci pour tes encouragements, je suis content qu'ils soient finis. Prions pour de bons résultats !

Harmonyforever07 : Moi aussi, je l'ai trouvé incroyablement longue (aussi bien à cause des partiels que de mon incapacité à écrire lol). La scène de la pensine n'est pas « impressionnante » mais elle a le mérite d'être instructive. Oui, dans la mesure du possible, je veux maintenir le rythme actuel (même s'il est tard, il n'est pas encore minuit mdr). Même en ayant repris les cours, je devrais pouvoir le maintenir. On verra ça lundi. ;)

Eterna de Solary : Et oui, les deux ennemis deviennent amis, j'aime bien rendre possible et crédible les choses impossibles par nature. :D Si tu t'es régalée avec le dernier, j'espère que celui là te comblera aussi.

Lena-Malefoy : De rien lol. Je me doutais que tu voudrais être sa copine mais je ne peux pas te mettre dans la fic quand même, non ? (ou alors j'aurais besoin d'énormément d'informations mdr) Oui, ils étaient ennemis avant alors qu'aujourd'hui, ils sont plutôt « amis », même s'ils ne le reconnaîtront pas facilement lol. Ah, est-ce que Serena va s'en prendre à nos deux valeureux sorciers ? Hmm…c'est une bonne idée. Tu as envie de voir mourir Drago :p Moi ? Cruel ? Mais où vas-tu chercher ça ? lol Rassure-toi, le vieux Voldy aura ton message. :D Ah mince, et moi qui croyais que le chantage marcherait ! Mais je publierai que le week-end si tu veux (je sais pas si ça plaira aux autres lecteurs par contre mdr). Ton impatience se termine maintenant. ;)

Saika Garner : Merci, j'espérais faire une potion agréable avec ce dosage. ;)

Naruto194 : Oui, j'ai pas tenu jusqu'à dimanche, je m'y suis mis vendredi, montre en main. Lol. Voici une partie de l'explication pour les sceaux !

Donc en résumé, un début d'explication pour les sceaux (mais comme c'est une mystère, je n'en dévoile pas beaucoup :p ) et aussi un rebondissement qui va peut-être plaire à certains à la fin.

Merci encore pour vos reviews et merci au groupe Lifehouse (car sans leurs chansons, plus particulièrement Everything, je n'aurais pas été en mesure d'écrire certains chapitres).

Bonne lecture !


Chapitre 10 : Sortilège héréditaire

Lorsque le jeune Potter rouvrit les yeux, il se trouvait dans un lieu qui lui était familier : le bureau du directeur de Poudlard. Il faillit sursauter en voyant Albus Dumbledore assis dans son fauteuil comme autrefois. Il avait l'air pensif mais il allait bien. Ses lunettes en demi-lune cachaient ses yeux bleus mais les quelques rides sur son front montraient son air soucieux.

L'espace d'un instant, Harry voulut penser que les événements de l'été dernier n'étaient qu'un mauvais rêve, et qu'en fait le vieil homme était toujours bien vivant.

Malheureusement, la silhouette qu'il vit entrer dans le bureau lui fit comprendre qu'il se trompait.

Il s'agissait de Gabriel, sans aucun doute, mais il était un peu plus jeune, âgé de dix-neuf ou vingt-ans. Ses cheveux bruns étaient un peu plus longs qu'à l'heure actuelle et son visage avait une expression moins sérieuse. Il était vêtu d'une longue robe de sorcier noire et d'une cape de la même couleur. Son visage exprimait un franc sourire alors qu'il refermait la porte derrière lui.

-C'est officiel, grand-père. Après avoir passé les épreuves, j'ai été désigné comme meilleur Auror de ma promotion et il y a de grandes chances que j'intègre les Séraphins.

-Félicitations. Sache qu'en tant que président de Magenmagot, je ne m'opposerai pas à cette décision, toutefois…

Le regard du directeur laissa clairement transparaître un doute. Mais un doute à quel sujet ? Le jeune Dumbledore s'avança jusqu'au bureau et posa violemment ses mains dessus, l'air visiblement irrité.

-On en a déjà discuté, grand-père !

-Gabriel…je sais quelle importance tu accordes à cette jeune fille, tout comme tu es conscient de ma désapprobation. Mais ce n'est pas de cela dont je voulais parler.

Quelque peu surpris, le jeune Gabriel s'assit sur sa chaise, son visage exprimant une profonde interrogation.

-De quoi s'agit-il alors ?

-Cela concerne Voldemort.

Le sang de Gabriel se glaça à l'évocation de ce nom. Mais Harry put constater que ce n'était pas à cause de la peur. Non, c'était plutôt une colère latente qui venait d'être soudainement réveillée. Les yeux bleus du jeune homme laissaient entrevoir une soif de vengeance et ses mains tremblaient de rage.

-Que s'est-il passé ? Demanda-t-il avec une excitation non dissimulée.

-Il est revenu à la vie hier soir, en manquant de peu de tuer Harry, près de la tombe des Jedusor.

Le jeune Potter ne put s'empêcher de frissonner en entendant les dernières paroles du directeur. Il est revenu à la vie hier soir… Cela signifiait que ce souvenir datait de sa quatrième année, le lendemain de la mort de Cédric !

Gabriel paraissait en revanche plus songeur, comme s'il venait de réaliser quelque chose. Relevant les yeux, l'air stupéfié, il s'exprima d'une voix calme.

-Il avait besoin du corps de son père, du sang de son ennemi qui constituait la protection d'Harry et du sacrifice d'un de ses partisans… C'est un sort de magie noir particulièrement puissant, j'en déduis donc qu'il a retrouvé la totalité de ses pouvoirs !

-Effectivement. Et maintenant qu'il est à nouveau à l'apogée de sa puissance, il va se remettre à la recherche des trois sceaux.

Harry put apercevoir le jeune Auror frissonner à l'évocation des trois sceaux. En connaissait-il déjà l'existence ? Alors pourquoi Gabriel l'avait-il envoyé voir ça ? Ça n'avait strictement aucun sens.

Le directeur se leva et se dirigea vers la cheminée, claquant des doigts pour allumer un feu. Gabriel n'avait pas bougé, le visage perdu dans des réflexions que le jeune Potter ne connaissait pas.

-Te rappelles-tu de ce que je t'ai dit sur les sceaux, Gabriel ?

-Comment aurais-je pu l'oublier ? « Les trois sceaux ont été créés par trois des quatre fondateurs de Poudlard : Godric Griffondor, Rowena Serdaigle et Helga Poufsouffle. Si jamais ils venaient à être brisés, ça causerait la fin du monde sorcier ». Mais tu ne m'en as rien dit de plus.

-C'est parce qu'alors, je n'en savais guère davantage. Toutefois…cela n'est plus le cas aujourd'hui.

Gabriel se leva à son tour et s'avança jusqu'à la cheminée, fixant, comme le vieil homme, les flammes qui y brûlaient et se mettaient à danser dans leurs yeux.

-Mais avant de t'en dire plus, j'ai besoin que tu me fasses la promesse que jamais tu n'en parleras à Serena.

-Pourquoi cela ? Tu sais que je lui fais entièrement confiance et…

Gabriel se figea net. Le regard que lui lançait Albus était sans appel et pour les rares fois où il avait vu ce regard, le jeune Dumbledore savait qu'il devait l'écouter.

-Me le promets-tu ?

-Je te le jure, sur mon honneur de sorcier et sur ma vie. Promit le jeune homme en le regardant dans les yeux.

Le directeur parut se détendre un peu et posa une main sur l'épaule de son descendant. Gabriel baissa légèrement la tête, le visage soudainement triste. Tous deux avaient l'air de partager un secret par ce silence pesant mais Harry n'avait aucune idée de ce dont il pouvait s'agir. Le vieil homme fut le premier à relever la tête et à reprendre la parole.

-Les trois sceaux sont trois objets magiques servant à garantir la stabilité de la source d'énergie magique de Poudlard. En effet, l'école a été construite sur une source de magie aussi puissante que dangereuse. C'est grâce à cette source de puissance que les sorts de protection de l'école sont actifs depuis des siècles. Toutefois, lors de la construction de Poudlard, trois des quatre fondateurs pensaient que l'énergie était trop instable pour être contrôlée, c'est pourquoi, à l'insu de Salazar Serpentard, ils y imposèrent chacun un sceau. Un sceau d'une puissance inégalée et qui se préserverait dans le temps.

-C'est impossible ! Tout sort de magie, même de très haut niveau, doit se dissiper au bout d'un certain temps et même les sorts de très longue durée prennent fin à la mort de ceux qui les ont lancés !

Le vieil homme esquissa un sourire. Harry connaissait ce sourire, il voulait le plus souvent dire que la théorie en soi était exacte mais que quelque chose clochait, quelque chose que seul l'esprit génial du directeur était capable de comprendre. Pourtant, Gabriel n'eut pas besoin d'aide pour résoudre l'énigme, juste de quelques secondes supplémentaires.

-A moins que…non, c'est formellement interdit par la Loi des sorciers !

-Nous parlons de faits qui datent d'il y a très longtemps, mon garçon.

-Alors ils ont vraiment lancé… un sortilège héréditaire ? Normalement, il faudrait l'extinction complète du sang parmi les descendants pour l'annuler mais ça reviendrait à disséminer le sortilège de manière beaucoup trop importante…il y a une condition au sort, c'est ça ?

-En effet, et comme je m'y attendais, tu as compris tout aussi vite que moi, peut-être même plus vite.

Harry remarqua le regard de fierté qu'adressait Albus à Gabriel. Mais ce dernier n'y faisait pas attention, préoccupé par ce sort dont il recherchait les spécificités.

-Un sortilège héréditaire est un sortilège jeté à son propre sang, et par extension, à tous ceux dont ce même sang coulera dans leurs veines, c'est-à-dire ses descendants. Toutefois, la durée d'un tel sortilège est le plus souvent d'un siècle, voire deux dans le meilleur des cas. Car le sang de l'auteur initial du sortilège finit par devenir minoritaire, puis quasi-inexistant avec les générations.

Ça, je le sais déjà grand-père ! Ce qui m'intéresse, c'est comment ils ont pu réussir à contourner cette règle ?!

-En réalité, c'est à cause de…

Mais Harry ne put entendre le reste des paroles du vieil homme car il se sentait attrapé en arrière. Il dut fermer les yeux un instant, se doutant qu'il allait quitter ce souvenir d'un instant à l'autre. Pourtant, il aurait voulu rester, rester en compagnie de Dumbledore pour tenter de comprendre…

-Harry ! Harry, réveille-toi !

Le jeune Potter rouvrit les yeux et se retrouva devant son professeur, qui l'observait d'un air inquiet. Harry poussa un soupir et s'assit sur la chaise derrière lui.

-Pourquoi ne m'avez-vous pas laissé voir la fin ? Demanda Potter sans préambule.

-Oh. Premièrement parce que tu n'as pas encore besoin de le savoir. Deuxièmement, je n'ai jamais dit que je te révélerai l'intégralité du secret tout de suite. Crois-moi, ce serait un coup trop dur à encaisser, même pour toi. Maintenant, dis-moi ce que tu as compris.

-Les sceaux maintiennent stable la source de magie de Poudlard. Ils ont été jetés par trois fondateurs et maintenus actifs grâce à leurs descendants. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir si Voldemort est au courant.

-Non, il sait que les trois sceaux sont très importants pour le monde sorcier et qu'ils sont la source d'un pouvoir extraordinaire. Et depuis quelques heures, il sait qu'ils se trouvent à Poudlard.

-Que devons-nous faire ?

Gabriel esquissa un sourire. Décidément, ce garçon était rapide à la détente, ce qui n'était pas pour déplaire à l'ancien Séraphin. Plus vite il comprendrait l'importance des sceaux, plus vite il agirait pour les protéger.

-Tu vas choisir les élèves que tu jugeras dignes de confiance et assez courageux pour affronter Voldemort. Quand ce sera fait, tu les emmèneras dans la Salle sur Demande pour les entraîner avec l'aide de Drago. Le professeur McGonagall est au courant mais ça ne doit surtout pas s'ébruiter.

-Je ne vois pas en quoi ça va nous aider à protéger les sceaux ? Demanda Harry, un peu perdu.

-Tu comprendras en temps utile mais l'important, c'est avant tout de protéger l'école. Et pour ça, on a besoin de sorciers prêts à affronter les mangemorts. Et surtout, ces mêmes sorciers devront être aptes à leur tenir tête, voire à les surpasser. Je peux compter sur toi ?

-Bien sûr. Je…je vais juste avoir besoin d'un peu de temps pour choisir.

-Je sais. Mais avant de commencer, tu me remettras une copie de cette liste pour que je vérifie que d'éventuels fils de mangemorts ne s'y trouvent pas. Tu peux y aller.

Le jeune Potter se leva et se dirigea vers la porte. Une fois entrouverte, il s'arrêta net et se retourna vers lui, lui jetant un regard triste.

-Pourquoi le professeur Dumbledore était-il méfiant à l'égard de Serena ?

Gabriel se crispa légèrement mais ne trembla pas. Il se contenta de plonger son regard dans les yeux verts du garçon, comme s'il le sondait de l'intérieur.

-Peut-être parce qu'il avait senti qu'elle pourrait me trahir. C'est l'une des seules fois où il était réticent à faire confiance à quelqu'un, j'aurais dû tenir davantage compte de son avis…

-Vous ne pouviez pas savoir…Commença Harry.

-Non, ce n'est pas ça. J'aurais pu savoir si j'avais été objectif mais les sentiments obscurcissent le jugement et aveuglent notre raison. Je n'ai voulu voir que le bien en elle et ce fut une erreur, erreur qui coûta la vie de mon grand-père. L'ironie du sort, c'est que nous avons tous les deux fait confiance à des gens qui ne le méritaient pas. Malheureusement, c'est lui qui est mort et j'ai survécu.

Harry sortit et referma brusquement la porte derrière lui. Il commençait à comprendre l'attitude de son professeur. Plus que la colère, la vengeance ou la tristesse…c'était la culpabilité qui l'avait changé. Car il se sentait manifestement coupable de la mort de son grand-père, mort dont il n'était pourtant pas du tout responsable…


Gabriel se rassit sur son fauteuil et ferma les yeux un instant. Cette entrevue avait été plus éprouvante que prévu mais le sorcier avait la certitude qu'il s'agissait d'un mal nécessaire. Harry devait savoir la vérité à propos des sceaux, car dans l'éventualité où lui-même perdrait la vie de manière fortuite, il devait savoir la vérité pour combattre Voldemort.

Il entendit alors la porte de son bureau s'ouvrir et se redressa, de nouveau alerte et prêt à affronter l'invité mystère qui lui rendait visite. Harry avait-il d'autres questions à lui poser ? McGonagall voulait-elle lui parler ?

Finalement, le cœur du jeune homme reprit un rythme régulier lorsqu'il aperçut la jeune femme blonde qui venait de pénétrer dans son bureau.

Claire s'avança vers lui, le visage marqué par l'inquiétude. Avait-il l'air si mal que ça ? Désireux de ne pas inquiéter son amie, il se força à esquisser un sourire. Mais cela n'eut pour effet que de l'inquiéter davantage. Elle ne s'assit pas sur le siège de l'autre côté du bureau comme l'aurait fait quelqu'un d'autre.

Il faut dire que la nouvelle professeur de Métamorphoses n'avait jamais fait les choses comme tout le monde…

-A quoi penses-tu, Gabriel ?

-Il y a quelques instants, je repensais à la mort de mon grand-père. Mais quand tu es entrée, je me suis rappelé comment tu étais quand nous étions à l'école.

Elle esquissa un sourire et se posta devant lui alors qu'il se levait de sa chaise. Contrairement à toute attente, elle n'ouvrit pas la bouche et se contenta de lui saisir la main pour l'entraîner vers la porte.

-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Gabriel, étonné.

-Tu as besoin d'air frais et d'espace, ce bureau est saturé de pensées tristes. Répondit-elle en lui faisant un clin d'œil.

-Mais…j'ai du travail ! Rétorqua-t-il.

-Tu n'en as plus. McGonagall nous a donné un jour de congé. Allez viens maintenant !

Et le cœur troublé, bien qu'un peu allégé de sa peine, le sorcier se laissa entraîner par la bonne humeur de son amie, qui déteindrait peut-être sur lui…


Il courait. Certains auraient pu dire qu'il fuyait mais non, il courait, tout simplement. La révélation sur les sceaux et le fait d'avoir revu Albus Dumbledore dans ce souvenir avaient fait mal à Harry, même si c'était un mal qui lui semblait nécessaire. Pour l'évacuer, il devait faire le vide dans sa tête et pour ça, rien de mieux que voler. C'est pourquoi il s'élançait à toute vitesse vers la tour des Griffondor, dans le but de chercher son balai et de s'envoler, rejoindre le ciel, sentir le vent fouetter son visage…les seules sensations qui arrivaient à l'apaiser.

Sans même s'en rendre compte, il avait déjà attrapé son Eclair de Feu et était sorti de la salle commune. Ce qu'il ignorait, c'était qu'il avait été vu.

Arrivant sur le terrain, Harry prit conscience des nuages noirs qui s'annonçaient à l'horizon. Mais il s'en fichait éperdument, seul le vol comptait à cet instant. Il s'envola l'instant suivant, enchaînant virage sur virage avant de remonter en chandelle…

Il exécutait mille et une cascades susceptibles de faire monter son taux d'adrénaline.

Au bout d'une heure, la pluie se mit à tomber et il lui fallut une demi-heure supplémentaire pour se rendre compte qu'il était trompé jusqu'aux os et qu'il grelottait.

Le jeune Potter redescendit alors doucement, et s'arrêta au niveau des vestiaires. Il savait qu'il n'y avait pas laissé de tenue de rechange mais il n'avait pas envie de rentrer tout de suite. S'il croisait Ron, ce dernier lui poserait mille et une questions et il ne voulait pas être interrogé pour le moment.

Il voulait juste être tranquille…tranquille pour à la fois oublier et assimiler les événements. C'est alors qu'il entendit un bruit de pas familier contre le sol pavé.

-Harry ?

Le Griffondor tourna la tête et discerna la silhouette d'Hermione qui s'avançait vers lui. Les nuages avaient rendu le ciel si sombre qu'on avait presque l'impression que la nuit était tombée. Il voulait lui dire qu'il allait bien, qu'elle devait le laisser un peu seul pour réfléchir et qu'il reviendrait en forme.

Mais il n'arrivait pas à parler. Ou plus clairement, il n'avait pas la force de lui mentir.

Elle arriva alors juste en face de lui, trempée elle aussi. La plus intelligente des Griffondor ne lui expliqua par comment elle l'avait trouvé. En fait, elle ne dit rien du tout.

Elle se contenta de s'asseoir à côté de lui et se plonger son regard dans le sien. Ce simple geste en disait plus que tous les longs discours qu'ils auraient pu faire. Harry prit conscience qu'il n'y avait pas besoin de mots, qu'elle n'était pas là pour assouvir sa curiosité quant à son entretien avec le professeur de Défense contre les Forces du Mal.

Non, au moment où elle se rapprocha un peu plus de lui pour le prendre dans ses bras, il sut qu'elle n'était pas là pour qu'il lui dise quelque chose. Elle était là pour lui donner quelque chose à lui, lui faire comprendre qu'il n'était pas seul, qu'il ne serait plus jamais seul.

Leur discussion de la veille lui revint alors à l'esprit et il ressentit les mêmes sentiments, cette même plénitude que dans la maison des Weasley où ils s'étaient enlacés.

Ils s'écartèrent légèrement l'un de l'autre et se regardèrent à nouveau. Là encore, les mots étaient inutiles à en voir les flammes qui brûlaient dans leurs yeux. Leurs yeux qu'ils fermèrent lentement tout en rapprochant leurs visages l'un de l'autre.

Elle était si près de lui qu'il pouvait sentir son souffle sur sa peau. Il réalisait pleinement que ce qu'ils s'apprêtaient à faire changerait à jamais leur relation. Car ils ne seraient plus seulement des amis. Non pas qu'ils n'aient pas réalisé l'évolution de leur sentiments, c'était juste que cela rendrait plus réel ce nouvel état de fait.

Puis toutes ces pensées s'envolèrent lorsque ses lèvres se pressèrent contre celles d'Hermione, avant qu'ils n'échangent un doux baiser. Bien qu'il eut honte de penser ça, il constata que cela n'avait rien à voir avec ceux échangés avec Cho ou Ginny. Il y avait quelque chose…d'électrisant dans ce baiser…quelque chose qui le poussait à ne pas arrêter et à resserrer son étreinte. Le baiser se fit plus passionné alors que leurs cœurs s'étaient mis à battre à toute vitesse, tout en restant étrangement synchronisés.

Au bout de quelques instants, leurs lèvres se détachèrent et leurs yeux se rencontrèrent à nouveau. Un sourire timide s'afficha sur le visage d'Hermione alors qu'Harry pressait sa main dans la sienne. Il eut alors une pensée pour Voldemort. Inconsciemment, il souhaitait que le lien psychique qu'il partageait avec le seigneur des ténèbres soit actif. Car si cela avait été le cas, il aurait pu faire savoir à son pire ennemi qu'il venait pour la première fois de ressentir ce qu'était le bonheur...