Donc, à J. K. Rowling la gloire et l'argent. Vous saurez bien reconnaître pourquoi. Et à Miranda Flairgold le reste des idées géniales en matière d'intrigue et de nouveaux personnages. Et à moi les fautes de français. Ce qui me console, c'est que le reste de la traduction l'est aussi. Merci pour vos encouragements, parce que, franchement, quand je compare ce que j'ai fait et ce qui me reste à faire…
Miranda n'a pas choisi d'engager Harry/Rahkesh dans une torride histoire d'amour. Mais en lisant entre les lignes, on peut spéculer sur certains points.
Pour répondre à la question de pegase, j'ai déjà fait quelques recherches pour cette partie-là de la traduction – en fait le passage me plaisait tellement que c'est le premier que j'ai traduit. Il y a une légende amérindienne sur le sujet. Ne cherche pas de traduction compliquée, et tu devrais trouver facilement (je ne voudrais pas gâcher le plaisir des autres).
Quant au reste de la traduction... je vais bientôt rédiger une liste des termes que les auteurs anglophones ne devraient jamais utiliser parce qu'ils sont tout simplement intraduisibles en français. Mais le pire, c'est quand même de vérifier que les néologismes de Rowling soient retraduits selon la traduction française officielle. Je n'ai pas toujours la patience de relire mes livres pendant une demi-heure pour vérifier telle incantation ou tel nom de sortilège, alors, si vous connaissez un site proposant directement les traductions françaises, ou si vous remarquez une erreur dans mes traductions, n'hésitez pas à me le dire.


Chapitre 11

Harry,

Maman dit que si tu ne viens pas la voir immédiatement elle sera forcée de te démembrer. Bon, elle ne l'a pas dit texto, mais tu sais comment elle est quand elle est vraiment furieuse. Je pense que ça veut dire que tu ferais mieux de te ramener. Le reste de la famille (mis à part Percy Tête-de-Thon) sera là, et Ron a aussi invité Hermione.

Merci pour les poulets en caoutchouc, ils sont super.

En espérant te voir très prochainement mon pote !

Gred et Forge

Rahkesh sourit en lisant le message : pas de questions, pas vraiment d'exigences. Il avait décidé d'écrire aux jumeaux parce qu'ils étaient de loin les plus calmes des quatre plus jeunes Weasleys. Rahkesh froissa le morceau de parchemin et le tint dans sa paume. Il le fixa du regard, concentrant toute sa volonté sur sa destruction, et transmit sa magie au matériau pour le faire brûler. Avec un doux crépitement les flammes le réduisirent en cendres dans sa main, laissant la peau indemne. Il reprit son souffle et sourit à nouveau. Il s'améliorait.

Il ajouta les derniers détails à la métamorphose de ses cheveux et se regarda dans la glace. Parfaitement décoiffé. Il préférait à ce désordre le style qu'il avait adopté ces six derniers mois, noir lustré et boucles longues. Les fausses lunettes ressemblaient en tous points à ses anciennes et ses yeux avaient retrouvé leur teinte verte habituelle. Il ne pouvait pas effacer la différence de taille, mais cela ne le dérangeait pas, il n'en avait pas envie.

Pour Noël, il avait envoyé aux jumeaux une paire de poulets en caoutchouc qui attaquaient leurs destinataires chaque fois qu'ils avaient le dos tourné. Tous les autres avaient reçu d'énormes flamants roses en plastique, qui se transformeraient plus tard pour révéler leurs vrais cadeaux. Il leur avait offert de petites sphères lumineuses qui pouvaient être conservées à l'intérieur de leurs baguettes, puis relâchées pour suivre leur propriétaire et l'éclairer. La plupart de ses amis devaient en effet utiliser leurs baguettes pour produire un lumos, ce qui la monopolisait. Pour lancer un autre sort, il leur fallait arrêter celui d'illumination. Les sphères leur procureraient suffisamment de lumière et les laisseraient libres de jeter d'autres sortilèges. Ses nouveaux amis d'Akren avaient eux aussi reçu des poulets en caoutchouc, qui se métamorphoseraient plus tard. Pour Ally, il y avait un collier contenant toute une série de très utiles potions et enchantements, disponibles en cas d'urgence. Pour les vampires, une série de rituels qui, s'ils étaient correctement menés, les rendraient indétectables aux sorts vampiriques. C'était la Salle sur Demande qui les lui avait procurés, via l'un des livres sur les vampires qu'il avait copié sans le lire.

Il ne resterait au Terrier qu'une nuit, le lendemain, et le surlendemain. Il pensait que ce serait une très mauvaise idée de s'attarder plus longtemps, surtout s'ils digéraient mal sa dernière aventure – une école dont il ne pourrait rien leur dire.

Rahkesh - non non, il était Harry désormais – transplana chez les Weasleys le soir même. Plutôt que de rentrer immédiatement, il attendit dehors, plaçant un sort d'espionnage qu'Ally lui avait appris.

« Ron, il faut qu'il nous le dise, nous sommes ses amis. Nous devons le persuader de rester, ou sinon de nous laisser repartir avec lui. » C'était Hermione qui parlait.

« Il me semble qu'il a vous a déjà donné sa réponse sur ce point-là. » intervint Fred.

« Harry est un gars solide. » ajouta George « Il s'en sortira. » Rahkesh… Harry, se corrigea-t-il, sourit. Il avait eu raison de faire confiance aux jumeaux.

« Oui, mais comment va-t-il passer ses ASPICs s'il n'est pas là ? » questionna Hermione.

« La vie ne se résume pas aux examens. »

« Tu étais bien prête à le suivre. »

« Alors comment aurais-tu passé les tiens ? »

« Je pense qu'Harry est beaucoup plus lucide sur les conséquence de ses actes que tu ne le crois. » C'étaient encore les jumeaux. Harry n'était pas parvenu à distinguer lequel des deux avait commencé.

« D'accord, nous partons avec lui alors. » Ginny venait de prendre la parole.

« Ou au moins nous le forçons à nous dire où il était. » ajouta Ron.

« Je ne comprends pas comment il a pu disparaître ainsi. Tout le monde l'a cherché. Nous avons envoyé des lettres à une dizaine d'écoles différentes ! J'ai fouillé tous les recoins de la bibliothèque et il n'y avait rien à propos d'une autre école donnant des cours sur les Horcruxes ! » Harry fronça les sourcils ; ils s'étaient vraiment dépensés pour le retrouver. Hermione détestait ne pas savoir quelque chose. Malheureusement pour elle, il n'allait ni rester, ni leur dire quoi que ce soit. Il se dirigea vers le porche et frappa. La porte s'ouvrit moins d'une seconde plus tard.

« Harry ! » Ginny lui jeta les bras autour du cou, puis le tira à l'intérieur. Harry ignora pour l'instant ses amis et se tourna vers les autres Weasleys pour les saluer.

« Bonsoir M. Weasley. » dit-il avec un sourire en serrant la main d'Arthur.

« C'est un plaisir de te revoir Harry. » répondit M. Weasley.

« Oh Merlin, comme tu as grandi. » commenta Mme Weasley en le guidant vers le séjour et en lui indiquant un siège vide. « Assieds-toi, assieds-toi. »

« Comment ça va Harry ? » demanda Charlie, levant brièvement les yeux de son échiquier. Bill et lui n'avaient presque plus aucune pièce mais ni l'un ni l'autre ne semblaient sur le point de gagner.

« Oh, je vais bien, et comment vas-tu Bill ? » interrogea Harry, inquiet des conséquences éventuelles de la morsure loup-garou reçue l'été précédent.

« Bien. Plus d'énervement ni de surexcitation pendant la pleine lune. Mais une superbe vision nocturne. Et je mange beaucoup plus de viande qu'avant le combat. » répondit Bill.

« Ni queue ni pattes velues alors ? » questionna Harry. Bill rit.

« Non. Merci Morgane. Les crocs auraient pu être intéressants pourtant. » Harry se détendit. Si Bill pouvait en plaisanter, ce ne devait pas être trop grave.

« Je parie que tu pourrais développer un animagus de loup assez facilement maintenant. » suggéra-t-il.

« Mm. Je n'y avais pas pensé. Ça pourrait être sympa. » songea Bill à voix haute, chassant le dernier cavalier de Charlie hors de l'échiquier.

« Avez-vous distribué les potions de chance à tout le monde ? » demanda Harry à Hermione.

« Oui, nous en avons tous une, et nous en avons aussi donné à Tonks. Nous avons décidé de laisser la dernière pour la grand-mère de Neville. Tu sais qu'elle est tout ce qui lui reste. » répondit Hermione. Harry hocha la tête. Il avait préparé une nouvelle série et l'avait apportée en cas de besoin. Il avait été très tenté de l'utiliser pendant la bataille mais il y avait renoncé. Il devait être capable de se battre seul. Dépendre d'une potion était très mauvais.

Le dîner fut, à sa grande surprise, un moment convivial. Fleur et Mme Weasley avaient composé un menu mélangeant influences françaises et anglaises. Elles semblaient très bien s'entendre. Après le repas, ils avaient nettoyé la table et tous étaient retournés dans le salon.

« D'accord Harry. Explique. » lui dit Ginny.

« Quoi ? »

« Où tu étais bien sûr ! » répliqua Hermione.

« Ailleurs. En train d'étudier. Je ne peux pas vous dire où ni quoi. » répondit Harry, déjà certain qu'ils n'apprécieraient pas sa réponse.

« Oh, allez, on est amis ! Tu ne peux pas disparaître comme ça et ne pas nous dire où tu étais passé ! » protesta Ron.

« Si, je peux. Je n'ai le droit de rien dire alors je ne dirai rien. »

« Mais Harry, tu peux au moins nous dire dans quel pays tu te trouvais ! » intervint Ginny.

« Non plus. Cela risquerait de vous aiguiller. »

« Harry, mon chéri, et s'il t'arrive quelque chose ? Il faut que nous sachions où tu es. » essaya Mme Weasley.

« Non. S'il m'arrive quelque chose, eh bien, cela arrivera. » déclara Harry avec fermeté.

« D'accord, qu'est-ce que tu apprends ? » demanda Hermione.

« Je viens de vous dire que je ne pouvais pas vous le dire. » lui rappela Harry.

« Mais Harry, et si ça ne fait pas partie du programme des ASPICSs ? »

« Alors tant pis. Mais je ne te dirai rien. »

« Et à propos des Horcruxes ? » interrompit finalement George. Harry le remercia d'un regard.

« Je n'ai pas encore réussi à déterminer ce qu'ils sont. Mais je suis en train d'apprendre un moyen plus simple pour les retrouver. Cela va prendre quelques années, mais à la fin, je devrais être capable de les localiser assez facilement. Bien sûr, j'ai l'intention de détruire Nagini aussi vite que possible. »

« Alors, comment vas-tu les localiser ? » demanda Hermione.

« Je ne peux pas te le dire. »

« Merde, Harry, il faut quand même que tu nous expliques ! » éclata Ginny avec fureur.

« Non, en fait, je n'en ai pas le droit. » Cette fois-ci ce fut Fred qui intervint avant que les cris ne commencent.

« Qu'est-ce que tu peux nous dire ? » Tout le monde attendit la réponse en silence.

« Que je vais dans une école spéciale, très élitiste. Les choses que nous y apprenons n'ont probablement rien à voir avec les programmes des autres écoles. Il y a des étudiants de toutes sortes d'espèces. J'ai plusieurs amis vampires. Je suis en train d'apprendre la magie sans baguette. Et c'est à peu près tout. » expliqua Harry.

« Des vampires ? » répéta Ron, « mais est-ce qu'ils, enfin, tu sais… »

« Non, je ne sais pas. Quoi ? » répliqua Harry. Ron ne remarqua l'avertissement présent dans le ton de sa réponse. Aucun de mes nouveaux amis n'aurait manqué cela, songea Harry, aussitôt furieux contre lui-même d'avoir formulé cette pensée. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Ally, Daray, Silas et lui étaient beaucoup plus sur la même longueur d'onde.

« Je veux dire, est-ce qu'ils ne boivent pas… du sang ? »

« Bien sûr. Ce sont des vampires. »

« Et ça ne te dérange pas ? »

« Non, pourquoi est-ce que ça me dérangerait ? » demanda Harry. Ron le fixa d'un air éberlué.

« Je pense qu'il essaye de te demander s'ils boivent ton sang. » finit par intervenir Bill.

« Oh, bien sûr que non. Ils boivent juste le sang des animaux qui sont abattus pour les repas de la cantine. » expliqua Harry en riant. Ron ne se détendit pas pour autant. Apparemment, l'idée même de boire du sang avait du mal à passer. « La plupart sont assez sympathiques. C'est une espèce intéressante. » poursuivit Harry.

« S'il-te-plaît, dis-moi que tu n'apprends rien d'illégal dans cette école. » l'implora Hermione.

« Je ne sais pas si c'est illégal. Je vous ai déjà dit que l'école ne se trouvait pas en Grande-Bretagne. » répondit Harry.

« Nous avons écrit à toutes les écoles que nous avons trouvées, aucune d'entre elles n'a dit avoir un élève correspondant à ta description. » déclara finalement Ron. Hermione lui jeta un regard furieux, visiblement, elle n'avait pas voulu le lui dire.

« Si je me trouvais dans un de ces établissements, vous ne pensez pas que je me serais déguisé ? Ou que je me serais assuré que le directeur ne dévoile pas ma présence ? » demanda Harry. « Et vous pouvez arrêter de chercher, vous ne trouverez pas mon école. »

« Bien. Peux-tu nous dire comment elle s'appelle ? » Harry foudroya Hermione. « D'accord. Je n'ai rien dit. »

« Et les assassins ? » questionna M. Weasley.

« Oh, Harry, tu es en grand danger. Pourquoi ne restes-tu pas sous la protection de l'Ordre ? » l'implora Mme Weasley.

« Excusez-moi, » asséna Harry avec dureté, « si je n'ai absolument confiance dans l'Ordre pour protéger qui que ce soit. Quant aux assassins » il se tourna vers M. Weasley, « je ne m'en fais pas trop. Il ne peuvent pas me tuer là où je suis, et s'ils savent que je suis revenu en Angleterre – ce qui n'est pas le cas – je suis déguisé, et en plus s'ils veulent me coincer ils n'auront vraiment pas la partie facile. » Son sourire avait l'amabilité exquise d'un loup sanguinaire.

« Harry, ce sont des tueurs professionnels. » protesta Mme Weasley.

« Et… ? » questionna de nouveau Harry, essayant de lui faire comprendre qu'il ne voulait vraiment pas qu'elle insiste.

« Harry ce n'est pas un jeu. Ce sont des tueurs professionnels, s'ils t'attrapent ils te tueront. Le Ministère et l'Ordre peuvent te protéger. » éclata Ginny.

« Oh, je suis parfaitement conscient que ce n'est pas un jeu. J'ai déjà éliminé l'un d'entre eux. Et ma confiance dans le Ministère et l'Ordre est réellement très limitée. Je suis en sécurité là où j'étais. » articula Harry sur le ton le plus froid possible. « Maintenant, si vous me racontiez ce que se passe par ici ? »

« Cette année Poudlard a rouvert tardivement. » commença George, en s'engouffrant dans le nouveau sujet de conversation.

« Ouais, le nouveau professeur de Défense est encore un pantin du Ministère. Absolument horrible. Ombrage fait maintenant partie du conseil d'administration, tu sais. On passe les cours de Défense à lire les manuels. » gémit Ron.

« Mais pendant la deuxième moitié de l'année nous ferons des exercices pratiques. La théorie d'abord, puis les sortilèges. Je pense que c'est un bon professeur, et il empêche Ombrage d'être trop malfaisante. » corrigea Hermione ; Ron lui lança un regard fulminant. Harry en conclut que le nouveau professeur était plutôt bien de sa personne, ou qu'il favorisait certains élèves.

« Les Serpentards répètent partout que tu es mort ou que tu t'es enfui. » ajouta Ginny.

« Beaucoup d'élèves sont partis, la plupart continuent leurs études à domicile ou à l'étranger. » reprit Hermione. « Il n'y avait que quatorze élèves en première année. »

« Pourquoi est-ce que tu n'es pas allée ailleurs ? » lui demanda Harry.

« Poudlard est la meilleure école. Et je ne pars pas, ça ressemblerait trop à une capitulation. » répondit-elle avec colère.

« Et si je te disais que Poudlard est en fait une école vraiment très moyenne, et que l'éducation y est de si piètre qualité que la plupart des étudiants qui sont partis à l'étranger ont dus être mis avec des élèves bien plus jeunes parce qu'ils avaient plusieurs années de retard ? » questionna Harry.

« Quoi ? » intervint Mme Weasley. « Poudlard est la meilleure école de sorcellerie. »

« Non. Si on la compare aux autres écoles publiques – il y en a soixante-et-une au total dans le monde – Poudlard n'arrive qu'au quarante-cinquième rang. » répondit Harry, observant leur surprise, et, dans le cas d'Hermione, leur horreur.

« Ce n'est pas possible, tu as dû te tromper. » finit par déclarer Hermione. « Je refuse de le croire. »

« Oh, c'est vrai. Les étudiants de Poudlard sont généralement obligés de rester en Angleterre parce qu'ils ne trouvent pas d'emplois dans les autres pays. Cela fait des années qu'on étouffe cette information, parce que si le public apprenait ce que les autres écoles pensent de Poudlard, il y aurait un mouvement général pour exiger des changements, et tu sais que le parti sang-pur s'y opposerait. Surtout si on considère le type de changements qui seraient nécessaires. » expliqua Harry. Il s'était renseigné sur les autres écoles de magie avant de revenir. La plupart utilisaient les sciences moldues pour aider à enseigner la sorcellerie. Comme lui-même avait appris à le faire, surtout en métamorphose. Connaître la nature des modifications, même sans savoir comment elles s'opéraient, était très important. Les Sangs-Purs ne l'accepteraient jamais.

« Sur la majeure partie du globe, les enfants commencent à aller à l'école à l'âge de huit ans. Les cinq premières années ils n'y vont que la journée. Ils rentrent chez eux le soir et reviennent le lendemain matin. Puis ils partent en pension dans une école secondaire jusqu'à l'âge de dix-neuf ans. Et après cela il y a encore un autre degré d'enseignement pour les étudiants de dix-neuf à vingt-quatre ans. Ils passent des concours pour rentrer dans des académies et se spécialisent dans le secteur d'activité où ils veulent trouver du travail. La majeure partie du monde considère le système européen comme inadéquat et horriblement rétrograde. Et ils ont raison. Le niveau des élèves de Poudlard est très inférieur à celui des élèves des autres établissements. » expliqua Harry, lisant la surprise sur leur visage, conscient que ces nouvelles causeraient un véritable traumatisme pour Hermione.

« Pourquoi est-ce qu'on n'en a jamais entendu parler ? » demanda Mme Weasley.

« Je ne sais pas vraiment. Je pense que c'est censuré, et si des étrangers osent critiquer l'école, tout le monde les ignorera par fidélité à Poudlard. Mais ce n'est vraiment pas une école de qualité. Les élèves qui sont partis sont ceux qui ont fait le bon choix. Chercher une meilleure éducation ce n'est pas la même chose que fuir. Et ils sont en sécurité. » répondit Harry. Il espérait qu'ils se laisseraient convaincre de partir. Ils seraient ainsi enfin confrontés au monde réel, puisque, à l'exception d'Hermione, ils avaient toujours vécu à l'écart ; ils recevraient un meilleur enseignement et seraient moins en danger. Mais eux seuls pouvaient prendre cette décision.

« Est-ce que vous avez utilisé les potions ? » demanda Harry.

« Non, nous les gardons pour la prochaine attaque de Mangemorts. » expliqua Ron. « Remus a eu l'idée de les cacher dans des compartiments spéciaux à l'intérieur de nos chaussures, ou dans des colliers. » Harry hocha la tête. Il irait visiter Remus avant de partir. Il lui manquait, et peut-être irait-il aussi voir Neville.

Harry repartit un jour plus tôt qu'il ne l'avait prévu. Hermione et Ginny avaient passé des heures entières à varier les questions pour essayer de le surprendre et lui arracher des détails, tandis que Ron tentait, pas très subtilement, de le convaincre de rester. Il en avait eu rapidement assez. Ils s'accrochaient à lui, leurs vies étaient si étroitement imbriquées dans la sienne qu'ils semblaient incapables de prendre leurs distances et de vivre par eux-mêmes. Il trouvait cela gênant ; ils ne pouvaient tout simplement pas se dire au revoir pour quelques années, ils étaient presque obsédés, désireux de savoir tout ce qu'il apprenait et où.

« Alors tu vas vraiment nous laisser sans rien dire ? » demanda Ginny alors qu'il les quittait.

« Oui. Désolé, mais je ne peux vraiment rien vous dire. » répondit-il, lassé de devoir sans cesse se répéter.

« Harry, est-ce que cette école nous accepterait ? Est-ce qu'on pourrait demander notre transfert et te rejoindre ? Je pense que cela résoudrait le problème du secret. » suggéra Ginny.

« Non. Ils ne prennent pas d'étudiants en milieu de l'année. Et je ne suis pas sûr que vous vous en sortiriez. L'enseignement y est très rude, il faut soigner soi-même toutes ses blessures, et d'autres choses du même genre. Les cours sont très différents d'ici. » expliqua Harry, songeant qu'après autant d'années avec des baguettes aucun des Weasleys ne possédait plus les dispositions adéquates pour la filimagie. Et Ron avait l'esprit trop étroit. Les vampires le mettraient en pièces.

« Harry, nous sommes tes amis. » reprit Hermione avec colère, elle était furieuse depuis qu'il avait refusé de leur dire ce qu'il étudiait.

« Vous êtes mes amis, alors s'il-vous-plaît, faites-moi plaisir et laissez tomber. Je vous reverrai dans quelques années, sans doute avant. Pourquoi est-ce que vous n'acceptez tout simplement pas ça ? » demanda Harry. Aucun n'avait vraiment de réponse.

« Parce que nous sommes justement tes amis, nous nous inquiétons pour toi. » déclara Ginny.

« Merci, mais ne vous inquiétez pas trop, je suis en sécurité. »

« Ouais, avec des vampires. » intervint Ron.

« J'apprécie assez certains de ces vampires, Ron, ils ne me font aucun mal. »

« Harry, s'il-te-plaît, tu ne peux pas faire ça. » l'implora Hermione.

« Si, je peux. Et je le dois. » annonça Harry, et ils transplana vers son hôtel.


Rahkesh, qui avait repris son apparence habituelle, se glissa dans le siège en face de Remus et Neville. Ils se trouvaient à Pré-au-Lard ; il leur avait envoyé une lettre pour qu'ils le rejoignent à l'auberge. Cela faisait déjà plusieurs jours qu'il avait quitté le Terrier. Il avait occupé ce temps à passer en revue les biens légués par les familles Potter et Black. Il retournerait plus tard à Gringotts pour étudier divers objets conservés dans les coffres.

« Qui êtes-vous ? » questionna Neville, « oh, Harry ? »

« J'ai un nouveau nom maintenant. Et ne crie pas celui-là. Si je suis déguisé il y a une raison. » annonça Rahkesh en souriant. « Désolé de ne pas pouvoir te dire le nouveau, mais moins tu en sais, mieux ça vaut pour toi. »

« Potion de croissance ? » interrogea Remus.

« Ouais. Très pratique. Oh, et la coiffure est permanente. » ajouta-t-il. Remus sourit.

« James a essayé pendant des années de trouver un moyen de les discipliner. »

« Où étais-tu ? » demanda Neville. Rahkesh consulta l'un des menus du restaurant.

« Commandons d'abord, je vous raconterai pendant le repas. »

« D'accord. »

Remus reprit la parole quelques minutes après qu'ils aient commencé à manger. « Alors qu'est-ce qui t'est arrivé ? »

« J'ai trouvé une nouvelle école. Une où j'apprends plus de choses que je ne l'aurais jamais pu à Poudlard. Je l'apprécie beaucoup, je l'adore en fait. Je suis à l'abri, en toute sécurité, hors de portée des assassins et de Voldemort. Je suis désolé de ne pas pouvoir vous en dire plus, mais c'est tout simplement dangereux, et nous n'y sommes pas autorisés. » s'excusa Rahkesh.

« Rien d'autre ? » demanda Neville. Rahkesh haussa les épaules et essaya de trouver autre chose.

« L'un de mes professeurs garde un lézard à collerette magique dans ses appartements. La directrice possède un léopard des neiges. J'espère apprendre des pratiques magiques qui me permettront de trouver et détruire les Horcruxes beaucoup plus facilement que je ne le peux actuellement. Sans me faire tuer en les détruisant. »

« La spiritumagie. » murmura Remus. « Dieu du ciel. Sois prudent Harry. »

« Je ferai attention. Je connais les risques. Et cela me prendra encore quelques années. »

« As-tu vu Ron et Hermione ? » questionna Neville ;

« Ouais. Ça ne s'est pas très bien passé. Ils étaient collants, ils n'arrêtaient pas d'essayer de me tirer les vers du nez. » déclara Rahkesh.

« Oui, mais tu ne peux pas leur en vouloir, cela fait des années que vous êtes amis. » intervint Remus.

« C'est justement pour cela que je leur en veux. Ils savent que je ne le ferais pas si je n'y étais pas obligé, et si je ne veux rien leur dire alors ils devraient respecter mon choix, ce ne sont pas vraiment leurs affaires de toute façon. » répliqua Rahkesh. Remus réfléchit un moment puis acquiesça. « Tu t'y plairais sûrement Remus. Il y a des étudiants de toutes les espèces et pas mal de lycanthropes. Ils prennent de la potion tue-loup tous les mois, et tout le monde apprend donc à la préparer. As-tu aimé mon cadeau ? » Le visage de Remus s'éclaira. Rahkesh lui avait offert l'équivalent de plusieurs mois de tue-loup. Une version développée récemment qui se conservait jusqu'à six mois.

« Oui, merci. Ça m'aide beaucoup. » répondit Remus.

« Et comment vas-tu Neville ? »

« Bien, bien. D'ailleurs Mamie te remercie pour la potion. Poudlard n'est plus la même sans toi, tu sais. Les Serpentards sont absolument horribles. Tout le monde a peur. » expliqua Neville « Mais personne ne sait vraiment pourquoi. C'est comme si les petites peurs individuelles étaient nourries par celles des autres jusqu'à ce qu'elles grossissent et que tout le monde se retrouve complètement terrifié. Personne ne veut s'attirer les foudres des Serpentards parce qu'ils ont peur de se faire tuer, eux ou leurs familles. Les Serpentards adorent ça. » continua-t-il. Cette description en apprenait plus à Rahkesh sur la situation à Poudlard que ce que tous les autres avaient pu lui raconter. Il se pencha au dessus de la table et glissa une feuille de parchemin à Neville.

« C'est une liste de sortilèges. Apprends-les et entraîne-toi, la Salle sur Demande est un lieu pratique pour ça. Ils sont très utiles. Très efficaces pour remporter un duel et parfaitement légaux. » expliqua-t-il. Remus jeta un œil sur la page et manqua s'étouffer.

« Les faire pisser dans leur culotte et ensuite faire pousser des furoncles sur leurs mains ? »

« Très humiliant. Et c'est dur de riposter quand on n'arrive pas à tenir sa baguette. » commenta malicieusement Rahkesh. « Le brise-poignet n'est pas mal non plus. Et même si tu écopes d'une retenue, Filch devrait être plus sympa avec toi si tu lui rappelles que les Serpentards veulent le tuer parce que c'est un Cracmol, ou presque. Oh, et le dernier en bas efface tous les sortilèges de la mémoire de la baguette, Priori Incantatum ne trouvera rien. Si on t'accuse, contente-toi de les mettre au défi de vérifier et ils penseront que tu es innocent. C'est un sort assez rare, alors n'en parle à personne d'autre. Le parchemin est enchanté pour que toi et Remus soyez les seuls à pouvoir le lire. »

« Machiavélique. » déclara Remus, pas du tout réprobateur. « Jamais entendu parler de ce sort. »

« Et tu n'en entendras plus parler. Tenez. » Rahkesh leur tendit deux petites fioles. « C'est un antidote contre le Veritaserum. Je sais, je sais, officiellement il n'y en a aucun de vraiment efficace, mais celui-là si. Je vous ai dit que mon école était très avancée. »

« Pourquoi cet antidote ? » demanda Neville.

« Au cas où ton nouveau professeur de défense, ou Ombrage, t'invite à prendre le thé et discuter dans son bureau. Ils rajouteront un petit supplément pour te faire parler. » expliqua Rahkesh. Neville rangea sa fiole et Remus glissa la sienne dans la poche avant de sa chemise.

« Remus, est-ce que l'Ordre surveille ou utilise le 12 Grimmaurd Place ? »

« Non, pas que je sache. » répondit-il. « Il y a quelque chose de bizarre, je sais que tu as dit à Dumbledore que tu donnais ton accord pour qu'on l'utilise, mais la maison ne veut pas nous laisser entrer. »

« Sans doute ce satané Elfe de Maison. » songea Rahkesh à mi-voix, repensant intérieurement aux soupçons qu'il avait formés quelques temps plus tôt et qui se révélaient malheureusement fondés. « Alors il va falloir que je tue Kreattur avant de repartir. Je ne peux pas le laisser révéler nos secrets à quelqu'un d'autre et faire empirer les choses. » Remus grimaça, et secoua la tête.

« Ce ne sera pas nécessaire, il est déjà mort. Depuis déjà quelques mois. Personne ne sait comment, ça pourrait être l'âge, ça pourrait être Dobby, personne n'a envie de demander. » Rahkesh sourit ; il avait envoyé à Dobby deux paires de chaussettes, une en soie et une en mohair, ainsi qu'une lettre de remerciements pour toute l'aide qu'il lui avait apportée ces dernières années. Il poussa son assiette de côté et posa la tête sur ses mains. « Remus, est-ce que tu connaissais le frère de Sirius ? »

« Hein ? Pourquoi cette question ? » demanda Remus.

« Les Horcruxes. Celui qui a pris le dernier a pour initiales R. A. B. » expliqua Rahkesh. Il avait longtemps repensé à ce problème pendant les premières semaines d'école.

« Oh. Regulus. Oui. Je n'ai jamais su son deuxième prénom. Plus jeune que nous, de plusieurs années. C'était un Serpentard. Sirius et lui se détestaient. Mais Sirius ne s'entendait avec aucun de ses frères ou cousins. C'était le mouton noir de la famille. Mais Regulus est mort Harry, c'était un Mangemort et il a quitté Voldemort. Voldemort l'a tué. »

« Vraiment ? » demanda Rahkesh. « Je ne pense pas, il a sans doute envoyé un Mangemort à sa place. Regulus aurait pu s'échapper, et personne n'oserait avouer à Voldemort qu'il a échoué. » Remus le fixa pendant plusieurs minutes.

« Harry, tu m'as parlé de ce mot » intervint Neville, « son auteur y disait qu'il serait sans doute déjà mort. » Rahkesh acquiesça.

« Oui, peut-être. Dumbledore a failli perdre sa main en détruisant l'un d'entre eux. Mais nous n'avons aucun moyen d'être sûrs que cet Horcrux tue celui qui le détruit. A ce propos, sais-tu où se trouve Fletcher ? »

« Mondingus ? Il est en Europe jusqu'à l'été. Aucune idée où exactement. » répondit Remus, « Pourquoi me poses-tu cette question ? » Rahkesh les regarda longuement, réfléchissant. Il ferait aussi bien de tester sa théorie sur eux. Personne d'autre n'était disponible.

« Il n'est pas impossible que Regulus soit vivant. S'il l'est, il aurait alors eu plusieurs années sans Voldemort dans les parages pour rassembler les Horcruxes. Puisque son frère était à Azkaban, Grimmaurd lui appartenait et il savait qu'il pouvait y cacher des affaires. Comme les Horcruxes qu'il aurait trouvés. Leur destruction est visiblement dangereuse, donc, s'il était décidé à mourir, ce qui semblait être le cas, il aurait certainement essayé de tous les détruire en même temps. Puisque Grimmaurd n'a pas été détruite, ni aucune des autres propriétés de la famille Black » - Harry les avaient visitées quelques jours plus tôt - « je dois supposer qu'il ne les a jamais détruits. Mondingus Fletcher volait des objets de la maison pour les revendre, peut-être a-t-il trouvé les Horcruxes et les a-t-il revendus sans réaliser ce qu'ils étaient ? Cela expliquerait pourquoi Regulus ne pouvait pas les détruire. » exposa Rahkesh. Il savait que ces hypothèses était peu, très très peu plausibles, mais il savait que Regulus était vivant.

« C'est une théorie intéressante, bien qu'invraisemblable. » commenta Remus.

« Il existe aussi plus d'une interprétation pour le mot « mort ». On appelle bien les vampires des morts-vivants, il se pourrait que Regulus soir devenu l'un d'entre eux. » continua Rahkesh. Il n'y avait encore jamais pensé.

« Toujours en supposant que Regulus est vivant. » fit remarquer Neville. « Voldemort, ou celui qu'il a envoyé, auraient très bien pu le tuer. »

« Si Regulus est vivant, il serait le seul à pouvoir contester les ordres que j'ai donnés à Grimmaurd. Il pourrait demander à la maison d'empêcher les gens de rentrer. » poursuivit Rahkesh. « Je ne vois rien d'autre qui puisse expliquer ce qui se passe. »

« C'est vrai qu'on a l'impression que quelqu'un annule ou contrecarre l'autorité que tu as sur l'endroit. » acquiesça Remus. Ils mangèrent le dessert dans un silence quasi complet, Neville rapportant à Harry les derniers faits et gestes de certaines personnes à Poudlard.

« Remus, Neville, est-ce que l'un d'entre vous a déjà envisagé de quitter l'Angleterre ? » demanda Rahkesh.

« Euh, non. » répondit Neville. « Mamie refuserait. » Rahkesh répéta ce qu'il avait dit aux autres, sur la qualité, ou plutôt l'absence, de l'enseignement à Poudlard.

« Et toi Remus ? »

« Oh, je ne sais pas. J'aimerais rester dans le coin, pour aider à stopper Voldemort. » expliqua-t-il. Rahkesh eut la nette impression que le loup-garou ne connaissait pas, ou ne s'intéressait pas, aux autres possibilités qui s'offraient à lui.

« Tu sais que presque tous les pays hors d'Europe accordent aux lycanthropes les droits civiques pleins. » commenta-t-il. Il déduisit de son air surpris que Remus l'ignorait.

« Ah bon ? Vraiment ? »

« Le Canada, les Etats-Unis, tous les pays d'Amérique du Sud, le Japon, la Chine, l'Inde, la Corée… euh, en tous cas la Corée du Sud… la Russie. Tu pourrais aller n'importe où. » lui annonça Rahkesh. Et c'était vrai. Les changements de nationalité étaient beaucoup plus faciles dans le monde magique puisque les populations étaient si réduites que de nouveau arrivants étaient toujours bienvenus. A l'inverse de la plupart des pays moldus, qui restreignaient l'immigration.

« Mm. Je n'ai jamais vraiment songé à quitter définitivement l'Europe. Peut-être. Mais je veux d'abord voir la fin de cette guerre. » déclara Remus. Rahkesh hocha la tête ; le ton adopté par le loup-garou lui indiquait qu'il ne changerait pas d'avis.

Après que Remus et Neville soient partis, Rahkesh se laissa glisser un instant au fond de son siège, remarquant, bien qu'il fasse semblant de l'ignorer, l'individu dissimulé par une cape d'invisibilité qui s'était assis en face de lui.

« Harry » Il acquiesça et se leva, sentant l'invisible personne faire de même, et sortit. Dehors, il fit nonchalamment le tour de l'auberge. Maugrey ôta sa cape et la rangea dans une poche. Tous deux se promenèrent alors dans les rues de Pré-au-Lard, Rahkesh très soulagé d'avoir repris son déguisement.

« Tu nous écoutais. » commença-t-il simplement. Maugrey ne s'excusa nullement, il semblait seulement ravi que Rahkesh l'ait repéré.

« Ouais. Et ta théorie est intéressante. Personne n'a jamais retrouvé le corps de Regulus. Je le sais, parce que je ne pensais pas qu'il soit mort. J'ai vérifié le cercueil pendant l'enterrement, au moment où tous les autres avaient le dos tourné. » exposa Maugrey. Rahkesh dut se forcer à ne pas rire ni lever les yeux au ciel. « Ils avaient mis un corps à l'intérieur, mais ce n'était pas celui de Regulus. Sans doute le pauvre type chargé de le tuer. Regulus était plutôt doué en métamorphose et potions. »

« Ce n'était pas un animagus ? »

« Je ne pense pas. Pas à l'époque en tous cas, peut-être maintenant. »

« Tu as rempilé chez les Aurors ou est-ce que tu te retires définitivement ? »

« Je donne un cours ou deux à leur Académie. Les jeunes de nos jours… impossibles… ils ne survivront pas à leur premier duel. » déclara Maugrey en secouant tristement la tête.

« Recrute des anciens étudiants. » proposa Rahkesh, sans avoir à préciser de quelle école.

« Peut-être. La plupart n'en ont rien à faire de ce qui se passe ici. Ils pensent que Voldemort va gagner, qu'ils s'en débarrasseront ensuite et prendront sa place. Ou autre chose du même genre. Les loups-garous sont tous contre lui, les vampires s'en moquent éperdument, et ne parlons même pas des vélanes. » répondit Maugrey.

« Mondingus. »

« Je te préviendrai quand il reviendra. S'il a déjà vendu ces Horcruxes… pour peu qu'ils aient été à Grimmaurd. Je crois que je le tuerai. »

« Pas avant qu'il ne nous ait dit à qui il les a vendus. Je veux qu'on extraie ses souvenirs pendant qu'il est sous l'influence d'un sérum de vérité, rien de moins. » lui dit Rahkesh. Maugrey acquiesça. « Je vais installer un réseau de surveillance à l'intérieur de Grimmaurd demain, voir si quelqu'un y passe. »

« Bonne idée, est-ce qu'il peut être contrôlé depuis une si grande distance ? »

« Nous verrons. Je vais bientôt au Brésil. Si je n'arrive pas à le contrôler de là-bas, alors peut-être que Remus pourra le faire. »

« Je pourrais en faire une partie moi aussi. »

« Merci. Je te préviendrai si ça marche. » répondit Rahkesh, heureux que l'Auror lui propose son aide. Maugrey hocha la tête et transplana brusquement quand un sort isolé passa près de lui. Rahkesh jeta un œil par-dessus son épaule ; un petit garçon se faisait gronder par sa mère pour avoir voler sa baguette. Devinant que Maugrey ne reviendrait pas, il transplana à son tour vers une petite maison appartenant aux Potters qui était située non loin de Pré-au-Lard. Un simple cottage mais cela lui suffisait. Il y avait déménagé ses affaires ainsi que les articles de surveillance qu'il avait achetés dans l'Allée des Embrumes – puisqu'ils étaient aussi conçus pour exploser quand leur propriétaire le désirait, ils comptaient pour des bombes. Il les installerait le lendemain.


Harry explora le coffre de la famille Potter. Outre l'argent, il trouva à l'intérieur divers objets intéressants. En commençant par trois œufs de dragon, conservés dans une capsule temporelle pour stopper leur croissance. Il ne reconnut pas leur espèce ; ils n'étaient pas représentés dans le livre sur les dragons installé à côté de la capsule. Harry préféra les laisser tranquilles.

Il y avait aussi deux tortues magiques, également protégées par des cages atemporelles, un mâle et une femelle. Le petit journal situé à côté indiquait qu'elles figuraient parmi les dernières représentantes d'une espèce extrêmement rare. Elles avaient été enlevées et cachées par son arrière-arrière-grand-père à cause de leur grande valeur. Harry les avait déjà remarquées lors de sa première visite le jour précédent, et avait depuis mené quelques recherches. Il en restait officiellement cinq, toutes en captivité. Deux aux Etats-Unis, deux en Australie, et une en Angleterre, dans le parc zoologique public consacré aux animaux magiques. Avec les deux tortues du coffre il y avait deux œufs. C'étaient eux qui avaient le plus de valeur ; et les coquilles, et les yeux, et les cerveaux, et les griffes : l'animal entier pouvait être utilisé dans des potions. C'était pour cela que cette espèce avait été chassée jusqu'à extinction, et aussi parce que les œufs pouvaient être écrasés, réduits en poudre, trempés dans diverses autres substance telles que du sang d'Acromantule, et enfin séchés et tissés. La soie la plus rare au monde. Ces deux spécimens étaient des trésors vivants. Il se promit en cet instant qu'il trouverait le temps de les réintroduire dans la nature et de les surveiller. Il ne savait pas quelle était la durée de leur cycle de reproduction, mais cette espèce semblait valoir la peine d'être sauvée.

Il découvrit aussi une série de quatre courtes lames identiques qui lui plurent beaucoup. Et il y avait une paire de minuscules couteaux d'un genre qu'il n'avait encore jamais rencontré. A côté se trouvaient plusieurs livres sur les arts martiaux indonésiens, en particulier les techniques de combat dites Pentjak Silat. Un lot important, un de ses ancêtres devait avoir été un véritable enthousiaste. En feuilletant l'un d'entre eux, il tomba sur des illustrations enchantées et des démonstrations de mouvements. Il prit un certain nombre de manuels qui semblaient être destinés aux débutants, et laissa les couteaux. Peut-être trouverait-il à l'intérieur de quoi l'aider à vaincre les vampires.

La veille il avait déjà récolté une pile assez importante de livres, certains sur la nécromancie, d'autres sur la sanguimagie, et quelques uns en plus. Pourquoi ils n'étaient pas conservés dans la librairie familiale, c'était une question intéressante. Harry supposa que c'était à cause de leur rareté. Il les avait rapportés au cottage et recopiés pendant la nuit et la matinée en utilisant des plumes enchantées. Il pouvait désormais remettre les originaux à leur place. Il trouva une série de fourreaux pour couteaux destinés à être attachés sur les bras, les jambes, les épaules, le dos, et les emporta. Il prit également des graines de Dyalnos, qui étaient conservées au sec dans une boîte remplie d'autres végétaux rarissimes. Le Dyalnos, connu dans diverses langues sous le nom d'arbre-qui-saigne, donnait un savon puissamment magique ; ses feuilles et racines étaient utilisées dans des potions et enchantements ; son bois servait à la fabrication de baguettes. Son surnom d'arbre-qui-saigne était lié à la couleur rouge sombre de sa sève et de ses feuilles. Et lorsqu'il était arrosé exclusivement avec du sang, les baguettes ou bâtons produits avec son bois avaient l'unique propriété de ne pouvoir être utilisés que par le donneur. Une plante extrêmement puissante et exceptionnellement rare. Harry estima qu'il pourrait faire pousser un ou deux de ces arbres sur son balcon. Il avait déjà commencé à tirer un peu de son sang, chaque jour depuis qu'il avait remarqué les graines. Ainsi il pourrait continuer à l'arroser même sans être sur place.

Il ramassa quelques autres objets et quitta le coffre, remerciant d'un hochement de tête poli le gobelin qui conduisait son wagon – si tant est qu'on puisse appeler cela « conduire ».


Grimmaurd était vide, noir et silencieux. Rien ne bougeait. Rahkesh posa une sphère contre le mur sous le porche ; elle s'enfonça dans le bois de la porte et devint invisible. Il entra et plaça une deuxième à l'autre bout du couloir, en direction de l'entrée. Une autre dans les escaliers. Deux sur la cheminée pour observer toute personne entrant ou sortant par les fenêtres. Une au sous-sol. Et trois autres dans divers endroits de la maison. Il ne s'attarda pas pour explorer les pièces, il y avait peu d'objets alentour dont il ait le temps de découvrir la cachette ou de défaire les enchantements.

Les sphères transmettaient toutes les informations enregistrées à une autre plus grande, qu'il transportait avec lui. Cette dernière affichait ce que les plus petites voyaient, et si quelque chose bougeait, l'image changeait automatiquement pour suivre l'intrus. Il pouvait contrôler son réseau de surveillance via neuf minuscules boules serties dans le socle en cuivre de la plus grande.

Alors qu'il quittait la maison, quelque chose, une présence, lui fit lever les yeux. En observant le ciel, il vit une grande forme sombre glisser au-dessus de sa tête, et brusquement, une chauve-souris se matérialisa, pendue à son bras. Un petit harnais était accroché sur son dos. Rahkesh prit la créature dans ses mains, tira la lanière qui fermait la sacoche dorsale, et en tira une enveloppe. La chauve-souris se suspendit à son épaule pendant qu'il l'ouvrait et lisait le message sous un lampadaire.

Rahkesh,

Tu connais le mot de passe. Neuf heures du matin, dans ton fuseau horaire.

Daray

« Tu peux repartir. » commanda Rahkesh à la chauve-souris postale, et elle s'envola. Il regarda à l'intérieur de l'enveloppe et trouva une espèce d'immense écaille. Elle était vert foncé avec des touches dorées et un reflet rouge sombre sur les côtés. Vraiment belle. Très chatoyante, un serpent ou peut-être un dragon.

Le lendemain matin, Rahkesh avait rangé toutes ses affaires et fermé le cottage. Il enroula Sygra autour de son cou et sur ses épaules, et fourra ses valises préalablement réduites dans une poche.

« Ocelot. » Il ressentit l'habituel et agaçant crochet le saisir, et le vent siffla à ses oreilles.

L'air chaud et humide l'assomma comme la chute d'un piano sur sa tête. Il était debout dans une clairière, au milieu des arbres les plus hauts qu'il ait jamais vus. Des géants végétaux qui s'élevaient dans des tuniques de lianes. Tout était étonnamment vert, avec toutes les nuances imaginables, et des fleurs aux couleurs vives s'épanouissaient dans les feuillages. Devant lui se dressait un palais, construit en marbre et roches nobles, surmonté d'un dôme en panneaux de verre reliés par des nervures en or, qui dessinaient comme une toile d'araignée. C'était un monument imposant, mais il n'y avait aucune fenêtre près du sol. Ce n'était pas un palais, réalisa lentement Rahkesh, c'était une forteresse. Les murs lisses s'incurvaient pour que tout projectile rebondisse. Les fondations étaient enfouies dans la terre pour que personne ne puisse creuser par-dessous. Les fenêtre s'ouvraient en hauteur, immenses, mais, comme celles de l'Académie Magique de la Montagne Akren, elles étaient surmontées de larges blocs de pierre qui pouvaient être abaissés en cas d'attaque pour les murer. Les balcons pouvaient apparemment être rentrés dans la masse du bâtiment. Une fois les fenêtres couvertes, les balcons rentrés et également condamnés, la place se transformait en un fort imprenable. Même les verrières des tours possédaient ces volets de pierre massive. C'était un bâtiment gigantesque, mais pas démesuré.

Vlam ! Rahkesh fut projeté au sol par une chose qui s'était jetée sur son dos. Il roula aussitôt sur lui-même et tira un couteau ; il y eut un grondement doux et il sentit de la fourrure contre sa peau. De la fourrure noire. C'était Nuri, la jeune panthère.

« Très bien, Nuri. » La voix satisfaite de Silas provenait de quelques mètres à sa droite. Rahkesh montra sa lame au vampire alors qu'il la remettait dans son fourreau, signifiant sans un mot à quel point il avait été proche de la plonger dans le félin.

« Tu penses que c'est mignon, hein ? Ce n'est même pas encore un adulte, un de ces jours il va tuer quelqu'un. » gronda-t-il violemment.

« Je lui ai dit d'attaquer, sans les griffes. Il est très bien dressé. N'est-ce pas mon amour ? » Nuri ronronna et frotta la tête contre le genou de son maître. « Tu vois ? » Rahkesh jeta à l'animal un regard furieux. La panthère avait beaucoup grandi ces six derniers mois, il n'avait plus sa taille de petit chat domestique. Et il grandissait encore ; Rahkesh aurait pu parier sans risque de le voir atteindre un jour une longueur de six pieds. Peut-être plus, il commençait à se demander si Silas ne lui avait pas faire boire une potion de croissance. Après tout, il parlait déjà d'essayer des runes sanguimagiques sur le félin, pour lui donner des pouvoirs magiques. Rahkesh lui avait fait remarquer que, étant donné la nature particulière du sang vampirique, il pouvait se contenter d'en ajouter un peu aux repas de Nuri.

Sygra se dressa et déploya son capuchon alors que Rahkesh se relevait, sifflant contre le vampire et son compagnon. Rahkesh lui caressa doucement la tête, essayant de lui demander silencieusement de ne pas attaquer.

« Je t'avais dit de ne pas lancer le chat contre lui. » Daray venait d'apparaître à la porte et descendait les rejoindre. « Cela fait plusieurs heures que Nuri est posté dans cet arbre pour s'entraîner à sauter et te faire tomber. »

« Silas. » gronda Rahkesh entre ses dents.

« Désolé, mais il a besoin de s'entraîner. »

« Il pourrait aussi bien s'entraîner sur toi. »

« Pas aussi marrant. » répondit Silas avec un large sourire.

« Viens Rahkesh, il va bientôt pleuvoir. » proposa Daray. « Laissons cet amoureux des chats dehors à se jeter sur tous les intrus qui nous menacent, même si nous nous trouvons à des centaines de miles du plus proche village. »

« C'est bon, c'est bon, moquez-vous. » Silas les suivit à l'intérieur. A travers les fenêtres on pouvait voir de gigantesques nuages noirs s'accumuler dans le ciel.

« Bienvenu dans le château ancestral de la famille Ateres. La plupart du temps nous le déplaçons selon que nous voyageons ici ou là. » annonça Daray en conduisant Rahkesh à travers une enfilade d'immenses salles, puis en haut d'un gigantesque escalier en marbre.

« Grand-mère est là en ce moment. Les parents de Daray reviendront bientôt, ils sont partis s'occuper d'un groupe de vampires à éradiquer. Ma sœur est quelque part ici. Et grand-oncle Saforin et tante Tashanna. » continua Silas, comptant les personnes présentes dans le palais. « Il y en quelques autres qui vont et viennent, il se peut que tu les rencontres, ou non. Voici ta chambre. »

C'était une chambre d'ami spacieuse, un lit, un bureau, plusieurs chaises, une cheminée et la fourrure d'un énorme ours polaire. Il possédait aussi sa propre salle de bains, avec une baignoire en marbre. Rahkesh sortit la cage de Sygra – sans les rongeurs – d'une de ses poches, la posa sur le sol et l'agrandit. Puis il prit la boîte contenant les deux souris et les lâcha à l'intérieur. Sygra s'installa, observant ses proies d'un œil affamé.

« Nous avons une piscine au rez-de-chaussée, envie d'aller nager ? » demanda Silas depuis le seuil.

« Ouais, bien sûr. »

La dite piscine se révéla être un immense bassin en pierre, chauffé. D'une profondeur constante de dix pieds et avec un rebord pour s'asseoir. Il y avait des chaises-longues et, dans des pots, de petits arbustes d'intérieur et des fleurs tropicales. L'eau jaillissait de la gueule de deux lions rugissant, installés du côté où les vaguelettes heurtaient directement le mur. La salle était remplie de la buée due à la chaleur, et Rahkesh était très soulagé de ne plus avoir à porter de lunettes. Nuri sautait dans les flaques près du bord, chassant les petits poissons présents dans la piscine, une centaine au moins, qui s'efforçaient de rester hors de leur chemin pendant qu'ils nageaient.

« Les poissons nettoient le bassin en mangeant tout ce qui tente de pousser sur les parois, l'eau est entièrement filtrée toutes les cinq minutes, » expliqua Silas à Rahkesh, « ils sont aussi là comme ornement, bien sûr, ils sont magiques. » Les petits habitants revêtaient toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, avec de longues nageoires traînantes. Rahkesh plongea pour en observer certains à l'œuvre au fond, mordillant tout ce qui ressemblait à des algues ou des mousses sur la pierre. Un profond grondement de tonnerre secoua l'édifice.

« On reçoit parfois d'énormes tempêtes par ici. » commenta Daray, en levant les yeux vers le plafond loin au-dessus de leurs têtes. « Avec un peu de chance, il n'y aura pas de nouvelles inondations. La seule chose que je n'aime pas en vivant dans la jungle, c'est que nous sommes aussi au bord d'une zone inondable. » Rahkesh se laissa détendre par l'eau chaude, observant un oiseau tropical d'espèce inconnue voleter d'arbuste en arbuste, c'était tellement plus agréable que la froide Angleterre.

« Avez-vous fini votre prochaine série de dessins pour la sanguimagie ? » demanda Rahkesh. Il savait que les deux cousins voulaient terminer leur ensemble aussi tôt que possible, et avec autant de morceaux différents cela signifiait qu'ils devaient travailler vite.

« Ouais. Namach dit que nous devrions attendre encore un peu avant de fixer définitivement quoi que ce soit. Je te l'avoue, ce sera sympa de pouvoir passer plus de quelques jours au soleil. » répondit Daray. « As-tu fini ta prochaine série ? »

« Oui, je terminerai la séquence pour la vision nocturne dans trois semaines. » annonça Rahkesh.

« Tu sais que Namach pense que tu es un génie. Il a parié sur les tablettes des professeurs que tu décrocherais un doctorat en sanguimagie, nécromancie, et spiritumagie. » déclara Daray.

« Comment le sais-tu ? » demanda Rahkesh, très heureux de l'apprendre, cela rendrait son passage dans les classes supérieures beaucoup plus facile.

« Une jeune et jolie professeure vampire qui enseigne les doctorats de botanique. » répondit Daray avec un sourire en coin. Rahkesh leva les yeux au ciel pendant que Silas secouait la tête.

« Vous avez bien prévenu tout le monde que mordre le mortel était inacceptable ? » s'enquit soudainement Rahkesh, vaguement inquiet.

« Oui. Pas sûr que ma sœur ait écouté, et Grand-Mère pourrait essayer de toute façon, juste pour s'amuser, vérifier l'efficacité de tes techniques de défense. Inutile de te retenir, elle joue les assassins depuis près de deux mille ans, plus tu arriveras à lui infliger de dégâts, plus elle sera heureuse. Elle apprécie un adversaire enthousiaste. » expliqua Silas. Rahkesh grogna mentalement, génial, un Ancien susceptible de l'attaquer pour se divertir.

« Jusqu'à quel point exactement est-ce qu'elle s'attend à ce que je me débatte ? » questionna Rahkesh.

« Aucune idée. Elle est effroyablement violente, Grand-Mère. » répondit Daray. « Elle a insisté l'an dernier pour que nous commencions notre entraînement, alors tu pourras te joindre à nous cette semaine. C'est un bon professeur et elle n'a plus été vaincue depuis, ooh, 1280 après JC, ou quelque chose comme ça. Ça c'était la dernière fois où elle s'est battue avec Namach. » Rahkesh secoua la tête, les vampires étaient tous cinglés. Bon, au moins, il avait pensé à apporter ces tasers…