Tadaaam~ Reprise ou pas reprise, voilà mon chapitre, fidèle au post ! (La "panne" du site a respecté mon jour de publication, c'est gentil.)
J'espère que vous allez bien et que ce chapitre remontera le moral de celles (ceux... ?) qui ont eu leur rentrée ! Ce chapitre a été approuvé par Mamsayi, ma relectrice, et je crois que l'arrivée des Weasley était attendue ;) Je vais donc arrêter de vous retenir. Sinon, mention spéciale à Amista qui saute des chapitres et à miss damdam qui s'est emmêlée les pinceaux avec les naissances, ça m'a bien amusée :D
Bonne lecture !
Chapitre 10 : Arthur et Molly Weasley
- Maman ?
- Hein ? lâcha Sirius en regardant tour à tour les deux individus.
Dans ces circonstances, Molly et Percy avaient sensiblement le même âge. Ils ressemblaient de ce fait davantage à un frère et sa sœur qu'à un fils et sa mère, d'où l'étonnement de Sirius. Quant à Molly Weasley, née Prewett, elle crut avoir mal entendu.
- Comment vous m'avez appelée ? osa-t-elle demander après quelques secondes.
Percy ouvrit la bouche, la referma pour prendre le temps de réfléchir, avant de rectifier tant bien que mal son imprudence :
- « Maman » disais-je, vous allez devenir maman ?
De moins en moins rassuré par l'étrange comportement de Mr. Wistily, Sirius s'écarta d'un pas – simple mesure de sécurité – tandis que Molly intégrait l'information.
- Je... oui, les contractions deviennent plus douloureuses mais... tout compte fait... je vais... au revoir, conclut-elle en hochant la tête. Venez, les garçons.
- Maman, est-ce qu'il est fou le monsieur ? demanda Bill de sa voix fluette d'un garçon de cinq ans.
- Je ne sais pas, mon chéri.
Inquiète, Molly posa sa main droite sur son ventre rond (la gauche tenait fermement celle de Charlie version modèle réduit). Ses traits se crispèrent en une grimace enragée lorsqu'elle sentit la paume de Percy sur son épaule, et Sirius recula encore un peu.
- Vous êtes sur le point d'accoucher, mam... madame, se corrigea Percy.
- Ah oui ? Vous croyez ?!
- V-Vous ne voulez pas d'aide ?
- Non, à moins que vous soyez un maginécologue, je vous demanderai de rester loin de moi ! s'énerva Molly.
- Black, allez chercher votre moto, reprit-il sans l'écouter. Tout de suite ! [*]
Sirius avait assisté en silence à l'échange, perplexe, cependant il ne put que s'exécuter devant l'urgence dans la voix du plus âgé. Ce dernier laissa placidement sa mère planter ses ongles dans son avant bras alors que de nouvelles contractions lui faisaient serrer les dents.
- Est-ce qu'elles deviennent plus rapprochées ? demanda Percy.
Molly hocha lentement la tête.
- Mais enfin, pourquoi n'êtes-vous pas déjà à l'hôpital ?! s'emporta-t-il.
C'est un monde, ça, se dit-il. Ma mère s'apprêtait à accoucher de moi au milieu du Chemin de Traverse ?
- C'est le bébé... il est en avance... ! craqua la jeune femme en commençant à pleurer. Quand j'ai senti les premières contractions, je pensais que j'aurais le temps d'aller chercher mon mari au Ministère par le réseau de Cheminées, mais on m'a dit qu'il est parti régler une affaire d'abri de bus mangeur de Moldus. Alors j'ai voulu aller chez Andromeda et Ted, pour qu'ils gardent Bill et Charlie... et... et...
- Calmez-vous, tout va bien se passer. Il ira très bien votre bébé.
- Comment pouvez-vous le savoir ?
Percy hésita à lui dire qu'il était mieux placé que quiconque pour décréter que son enfant serait en parfaite santé. Heureusement, l'arrivée fracassante de Sirius sur sa bécane le sauva de cette question. Ils firent premièrement passer la moto et Molly par le Chaudron Baveur avec l'accord du propriétaire ; une fois à Londres, Percy recommanda à Sirius de foncer prudemment à Ste. Mangouste.
- J'emprunterai des petites rues pour éviter la circulation, expliqua Sirius en donnant son casque à Molly qui prenait place derrière lui.
La jeune maman n'était pas excessivement enthousiaste à l'idée de se faire conduire à l'hôpital par un étudiant sur un moyen de transport moldu, mais avait-elle le choix ? Elle s'efforça de sourire à Bill et Charlie afin de les rassurer.
- Le monsieur va vous emmener et nous nous retrouverons à Ste. Mangouste, d'accord ? Papa nous rejoindra là-bas.
- Accrochez-vous...
En regardant Patmol démarrer et partir à vive allure avec sa mère enceinte, Percy songea que le destin était bien malléable depuis qu'il s'en mêlait...
- Elle va à l'hôpital, maman ? fit Bill d'un air soucieux.
Percy lui sourit gentiment.
- Oui. Tu vas avoir un petit frère.
- J'aurais préféré une petite sœur.
L'adulte fronça les sourcils, un peu vexé.
- Et bien ce sera un petit frère, un point c'est tout. Si tu veux tout savoir, la petite sœur n'est pas pour tout de suite.
Charlie l'observait calmement en serrant contre lui un dragonneau en peluche.
Une heure plus tard, Arthur Weasley déboula dans le couloir de Ste. Mangouste où Sirius et Percy patientaient avec les deux « grands frères » de ce dernier. [**] Une nouvelle fois, Sirius regarda son professeur avec une étrange expression, tandis que le père de famille passait devant eux sans les voir.
Le jeune Black se racla la gorge.
- J'imagine que vous allez me dire que ça ne me regarde pas, mais le type qui vient d'arriver vous ressemble beaucoup, chuchota-t-il.
- Vous avez eu le bon pressentiment : ça ne vous regarde pas.
- Vous avez appelé cette femme « maman » et elle a perdu les eaux sur le siège de MA motocyclette adorée. J'estime avoir le droit d'en savoir un peu plus.
Devant le mutisme buté d'Ailazur, il reprit :
- On est amis, non ? Avec le nombre de secrets qu'on a partagés depuis qu'on se connaît, vous devriez savoir que vous pouvez me faire confiance.
- Je suis votre professeur, pas votre « ami », rétorqua Percy du tac au tac.
S'il ne s'était pas exprimé d'une voix aussi tremblante que mal assurée, Sirius aurait très mal pris cette dernière déclaration. Et quoi que Ouistiti en dise, s'il avait perçu la détresse cachée derrière cette réplique cinglante, c'est bien qu'ils étaient amis. Les derniers remparts de la vigilance paranoïaque de Percy s'effritaient de mois en mois.
Un silence irréel planait sur le couloir, bientôt brisé par des éclats de voix dans la chambre qu'occupait Molly et d'où Arthur ressortit très vite. La seconde d'après, Arthur réceptionnait dans ses bras deux boulets de canons roux, avant de s'asseoir à côté de Percy qui ne pouvait pas s'empêcher de le dévisager. Leur ressemblance avait toujours était frappante. En cet instant précis, il la trouva carrément assommante.
- Bonjour, je suis Arthur, le mari de Molly, dit Arthur en leur serrant la main. Je ne saurais comment vous remercier d'avoir été là... je suis venu aussi vite que j'ai pu dès que j'ai appris que Molly était passée au Ministère, mais si vous n'aviez pas été là...
- On ne va pas en faire toute une montagne, le coupa Sirius. Par contre, ce serait formidable si vous connaissiez un bon sortilège de récurage pour le siège de ma moto.
- Je m'en occuperai de votre siège, intervint Percy avant de s'adresser à Arthur. Je m'appelle Perceval Wistily et voici Sirius Black. Il est élève à Poudlard et je suis son professeur d'Étude des Moldus.
Les yeux du patriarche se mirent à briller tandis qu'il répétait :
- Moto ? Étude des Moldus ? Je travaille au Service des détournements de l'artisanat moldu, précisa-t-il.
Sirius s'applaudit intérieurement de ne pas avoir précisé qu'il faisait régulièrement voler sa moto, après quoi il jugea bon de changer habilement de sujet :
- Alors, ce bébé, vous comptez l'appeler comment ?
- On ne sait pas, avoua Arthur avec un sourire un peu niais. Molly aimerait bien « Ignatius » mais c'est un peu démodé.
Le sang Percy se glaça. C'était en train de se produire, sous ses yeux, la chose la plus invraisemblable qui soit – en dehors du fait de voir Bill et Charlie tenir chacun sur un genou d'Arthur.
- Est-ce que vous accepteriez de... enfin, je pense pouvoir parler au nom de ma femme pour dire nous serions honorés d'appeler notre fils « Perceval ».
Voilà. Il venait d'être nommé d'après lui-même. Et pendant que Sirius travaillait avec les pièces tordues du vaste puzzle qu'était la vraie identité de Mr. Wistily, l'intéressé se força à sourire.
- L'honneur est pour moi, articula-t-il d'un ton aimable.
Arthur répondit joyeusement à son sourire, puis il demanda à ses fils de se lever et fit de même.
- Même si Mollynette m'a dit de partir sous le coup de la colère, je pense qu'elle aimerait que je sois là. Je vais y retourner. Vous devriez aller faire un tour ; les tartelettes de la cafétéria sont excellentes. Et si vous le voulez bien, gardez les enfants à l'œil. Charlie a l'air de bien vous aimer alors qu'il est d'habitude très farouche...
Il se pencha d'ailleurs pour s'accroupir à la hauteur des garçons et leur ébouriffa les cheveux en souriant.
- Vous allez avoir un petit frère, mes chéris. Je vais vous demander d'être très sages, d'accord ?
- Et pourquoi pas une petite sœur ? demanda Bill.
- On ne peut pas choisir, je te l'ai déjà expliqué.
- Si tu veux tout savoir, la petite sœur n'est pas pour tout de suite, dit Charlie d'un air grave.
Percy coupa court à la conversation en proposant d'aller dehors.
Il était dix-huit heures, l'air était lourd à cause des orages annoncés et Percy commençait à se sentir mal. Pour se changer les idées, il lança plusieurs sorts différents destinés à nettoyer la moto de Sirius qui, malgré ses simagrées, devenait plus préoccupé pour la santé mentale de Ouistiti que pour son siège.
- On va faire un deal : je reste et vous me racontez ce qui vous met dans cet état.
Le cœur au bord des lèvres, Percy se contenta de secouer doucement la tête en signe de négation.
Commencèrent alors les cinq heures les plus longues de sa vie. Ses petits grands frères étaient irréprochables et prenaient très au sérieux la mission confiée par Mr. Weasley, là n'était pas le problème. En fait, il ne savait même pas pour quelle raison il se sentait si mal. Sirius faisait de son mieux pour amuser Bill et Charlie pour faire paraître le temps moins long, mais Percy le surprit plus d'une fois à le regarder bizarrement. Il allait comprendre... Patmol était un garçon intelligent, ce n'était plus qu'une question de temps... oui, de temps.
Percy devinait qu'il avait le teint blafard grâce à l'anxiété présente sur le beau visage du Black ; sa gorge était sèche néanmoins il savait que son estomac ne supporterait pas la moindre goutte d'eau ; ses mains poisseuses étaient parcourues de tremblements.
Est-ce d'avoir revu mes parents, de garder pour moi tant de secrets qu'ils me bouffent de l'intérieur, ou alors la simple perspective de rencontrer un second moi-même ?
Quand Arthur vint les chercher aux alentours de vingt-trois heures, fou de joie et légèrement à l'ouest, Percy crut que son cœur battait directement dans sa tête. Il suivit son père et ses frères sans vraiment les voir, à peine conscient de la main de Sirius entre ses omoplates qui l'aidait à avancer.
En entrant dans la chambre, ils trouvèrent une Molly visiblement exténuée qui serrait contre elle son bébé. Elle les gratifia d'un sourire radieux. Les deux hommes, l'adolescent et les deux garçons approchèrent en silence pour ne pas perturber l'enfant – Bill avait bien expliqué à Charlie et Sirius qu'on ne devait pas chahuter à proximité d'un nourrisson. Molly s'amusa de voir tous ces mâles presque religieusement agglutinés autour d'elle et de son petit.
- Merci pour tout, dit-elle à Percy et Sirius.
Mais Percy ne l'entendit pas ; il ne l'écouta pas plus quand elle invita Bill et Charlie à s'asseoir à côté d'elle pour rencontrer leur petit frère. Il fixait l'enfant avec un mélange de crainte et de curiosité.
- Il a failli être prématuré, mais les maginécologues disent que notre petit Perceval est un costaud.
Molly embrassa le crâne parsemé de quelques rares cheveux roux de son enfant.
Percy ne comprit qu'on lui parlait qu'à partir du moment où Sirius jugea bon de lui donner un coup de coude. Il leva la tête pour interroger Molly du regard, aussi réactif qu'un robot moldu.
- Vous voulez le porter ? répéta-t-elle.
Et avant d'avoir trouvé une excuse potable, Percy se retrouva avec un bébé dans les bras. Il cessa de respirer. Les larmes lui montèrent aux yeux. Alors... alors c'était ça ? C'était cette petite chose toute rose de deux kilos qui allait faire tant de mal à sa famille ? C'était lui qui décevrait son père, qui ferait pleurer sa mère et qui blesserait ses frères et sa sœur les uns après les autres ?
Le petit Perceval ouvrit les yeux. Le grand Perceval se vit dans ses propres iris bleu-gris. Et il comprit. L'Indicible, la date, l'événement qu'il aurait dû corriger et qu'il ne lui restait plus qu'à se pardonner, son mal-être, les incohérences... tout. C'était tellement évident à présent...
Sa vue se troubla. Il avait l'impression qu'on venait de lui asséner un coup qui lui avait coupé le souffle. Percy pensa crier, sauf que sa voix restait désespérément coincée dans sa gorge. Il se mordit la lèvre inférieure jusqu'au sang, les yeux qui débordaient, les oreilles qui sifflaient, les jambes qui menaçaient de céder.
Percy ne réalisa pas vraiment que Sirius lui enlevait son double des mains pour le rendre à sa mère. Un hurlement, celui du bébé qui se mettait à pleurer, l'ébranla. Sans un regard pour sa famille qui ne savait pas comment réagir à ça, il quitta la pièce en courant de toutes ses forces, certain que s'il passait une minute de plus là-bas, il étoufferait. Certains membres de l'équipe médicale tentèrent de l'arrêter afin de l'aider, d'autres le regardèrent passer avec stupéfaction, mais il ne cessa pas de courir avant d'arriver dehors.
Il s'enfonça davantage dans la rue déserte, suite à quoi il se laissa tomber par-terre, contre un mur. Il rejeta sa tête en arrière, haletant, puis plongea son visage entre ses mains en étouffant un sanglot. Quelques minutes plus tard, des bruits de pas attirèrent son attention. Il leva les yeux même s'il savait déjà confusément qui se tenait là, debout dans la pénombre, à le regarder en silence.
- Je leur ai dit que votre cousin est mort à la naissance alors que vous aviez six ans et que vous avez gardé des séquelles. Du coup, Arthur et Molly sont désolés, et Charlie m'a donné ça pour vous.
Percy conserva une expression impassible quand Sirius agita devant son nez le petit dragon en peluche de son frère.
- J'ai prévenu James que je rentrerai très tard. Ça me laisse le temps de vous ramasser à la petite cuillère, si vous voulez bien.
Ils s'observèrent sans mot dire, l'un par-terre, l'autre debout. Mr. Wistily se cramponna finalement à la main que le Maraudeur lui tendait afin de se relever précautionneusement. Sirius la serra en retour et, sans la lâcher, il conduisit Percy jusqu'à sa moto.
- Montez, monsieur.
- Pas envie... soupira-t-il.
- Sauf votre respect, je ne vous ai pas demandé votre avis, rétorqua le jeune homme avec un sérieux que son professeur ne lui connaissait pas.
Il posa son seul casque sur la tête d'Ailazur et l'attacha. L'aîné le laissa faire. Puis un simple « s'il vous plaît » murmuré d'une voix presque implorante ainsi qu'une tête de chien battu suffirent à faire céder Percy qui enfourcha la bécane en maugréant. Il planta ses doigts dans les rebords du siège, décidé à ne pas s'accrocher à son élève, jusqu'à ce que celui-ci démarre en trombe et s'élance dans les airs sans prévenir. Dès cet instant, avec un hoquet de stupeur, Percy noua ses bras autour du ventre de Sirius qui partait dans un de ses fameux rires.
- Black, vous êtes un vrai crétin ! siffla-t-il contre l'oreille du conducteur.
Sirius ne répondit pas. Au lieu de ça, il accéléra et gagna en altitude, apparemment indifférent aux glapissements furieux du rouquin. « Apparemment » seulement, parce qu'entre se faire traiter de tous les noms et voir Mr. Wistily recroquevillé sur lui-même dans une ruelle glauque, c'était vite vu.
Percy se blottit davantage contre Sirius quand ils se mirent à voler dans les nuages pour ne pas être vus par des Moldus insomniaques. Il ne portait que ses habits d'été ! Frissonnant, il ne remarqua pas que Sirius s'était quelque peu crispé, surpris, avant de se détendre avec un sourire stupide. Le professeur ferma les yeux, aussi effrayé par l'altitude que psychologiquement éreinté par toutes ces émotions, respirant l'odeur de l'adolescent à chaque bouffée. Il la trouva agréablement familière, sans pour autant se rappeler avoir été suffisamment proche de Sirius Black pour l'avoir sentie par la passé.
Ils roulèrent assez longtemps pour quitter la ville et ses alentours. Sirius ralentit afin de se poser en douceur au sommet d'une colline déserte. Le premier village se situait certainement à des kilomètres de là.
- Ça y est. Vous pouvez ouvrir les yeux, arrêter de prier et me lâcher, glissa-t-il d'un air hilare.
Effectivement, Percy desserra rapidement son étreinte puis se leva en quatrième vitesse de cet engin maléfique, ignorant délibérément l'expression moqueuse du Maraudeur. Ce dernier se laissa tomber dans l'herbe avec un soupir ravi. Après avoir retiré son casque, Percy l'imita silencieusement.
L'atmosphère était fraîche, l'herbe humide et leurs vêtements aussi – à cause des nuages. Le professeur régla cet inconvénient à l'aide d'un sortilège administrant quantité d'air chaud autour d'eux. Sirius l'en remercia.
- Vous n'en avez pas l'air, comme ça, mais vous êtes quelqu'un de très secret et mystérieux, attaqua-t-il.
Percy préféra se taire et garder le nez en l'air, cherchant les étoiles entre deux nuages.
- Ce n'est pas pour vous embêter qu'on vous pose des questions sur votre vie privée, avec les autres. C'est seulement qu'on a l'impression que vous en savez plus sur nous que l'inverse.
L'aîné accepta de croiser le regard de Sirius. Il ne chercha même pas à s'y soustraire. Abandonnant toute lutte, il se laissa happer par ses yeux sombres.
- Est-ce que je peux au moins vous demander ce que vous faisiez avant d'enseigner à Poudlard ?
- J'enseignais dans une école moldue en Amérique.
Sirius ne s'était pas attendu à obtenir aussi facilement une réponse franche.
- C'est vrai ? C'est pour ça que vous vous y connaissez tellement ?
- Je m'y connais autant que n'importe quel autre professeur d'Étude des Moldus, protesta Percy même s'il adorait qu'on le complimente sur son travail.
- Et vous vous êtes toujours intéressé aux Moldus ?
- Pas exactement, non. J'étais très ambitieux dans ma jeunesse mais certains... événements m'ont fait revoir ma position. J'ai eu envie de m'éloigner de la société sorcière pendant quelques temps.
- Vous avez quel âge ?
- Vingt-quatre ans.
- Si peu ?! s'exclama Sirius.
Percy fronça les sourcils.
- Vous me donniez combien ?
- Au moins dix de plus, pouffa-t-il. James ne va pas en revenir...
- À vrai dire, je préférerais que vous le gardiez pour vous, de même que tout ce que je pourrais vous confier. Si vous me promettez d'en parler à personne, pas même à Mr. Potter, j'accepte de répondre à toutes vos questions tant qu'elles sont correctes.
Plus touché par cette faveur qu'il ne laissa paraître, Sirius acquiesça en guise d'accord.
- Très bien. Votre matière préférée à l'école ?
- L'Arithmancie ; Mr. Lupin l'a deviné.
- Des phobies ?
- Le vide, l'infini et maintenant les motos volantes.
- Plutôt chat ou chien ?
- Chat, sans hésiter.
- Ça, c'était méchant. Vous avez déjà eu des copines ?
- C'est inconvenant.
- Des copains ?
- Je ne répondrai pas à cette question.
- Comme vous souriez, on va dire que c'est oui.
- C'est vous qui me faites sourire avec vos bêtises.
- Je vous plais ?
- Pardon ?
- Vous me trouvez séduisant ?
- Vous êtes beau garçon et vous n'avez pas besoin de moi pour le savoir.
- Je vous demande si vous me trouvez beau !
- Oui.
- Et bien voilà, ce n'était pas si difficile.
- Oh, la ferme.
Sirius lui adressa un grand sourire, tout à fait satisfait par cette réponse. Ailazur leva les yeux au ciel tout en secouant la tête. De sa baguette, il faisait apparaître de petites étincelles dorées qui éclairaient son visage presque aussi rouge que ses cheveux. Il finit même par éclater de rire en croisant le regard espiègle de Sirius.
- Sinon, quelle Maison ? s'enquit celui-ci en s'étirant.
- Gryffondor, aussi bizarre que cela puisse...
Percy s'était tu – trop tard. Il se figea, incapable de trouver quoi que ce soit à dire pour se sortir de ce pétrin. Mais en avait-il seulement envie ? Non, pas vraiment. Il était fatigué de surveiller ce qu'il disait et de faire des pieds et des mains pour cacher à tout le monde son voyage à travers le temps. Ce n'était même pas de sa faute ! Il n'avait pas eu recours à l'Indicible de lui-même !
Alors il n'ajouta aucune explication, pas la moindre pirouette maladroite, et attendit la sentence. Elle ne tarda pas.
- … « paraître », en effet. Je ne savais pas que la Maison Gryffondor existait dans les écoles de sorcellerie américaines, lâcha Sirius.
Mr. Wistily soutint son regard. Sirius lui offrait l'occasion de fuir une nouvelle fois mais il allait devoir décliner. Il prit une profonde inspiration ainsi que la décision de faire honneur à sa Maison.
- Il n'existe pas de Maison Gryffondor en Amérique. J'ai fait mes études à Poudlard.
Sirius posa sa main sur son épaule en guise d'encouragement.
- Je l'avais deviné. Votre accent est terriblement anglais.
Percy lui sourit faiblement, un peu apaisé, d'une certaine façon.
[*] Je pars du principe que les Sorcières enceintes ne transplanent pas.
[**] Tout est relatif, OK ?
*lance une musique de suspens* *et part en courant pour éviter les projectiles divers et variés* J'vous promets, c'était pas prévu de s'arrêter en plein milieu de cette scène... mais en fait ça se goupille bien xD La suite dans une semaine, portant le titre suivant : "Sans issue" :) Bisous !
