D.G-SCHOOL
Sushi-la-seule-l'unique : Je suis en vacances ! Enfin, plus pour longtemps... mais bon, c'est la vie. Ayant pas mal glandouillé (désolée v.v), ce chapitre arrive bien après toutes mes estimations. Je pense que vous commencez à avoir l'habitude.
Merci aux revieweuses et revieweur ! : Naru12021, Synmelya, TakuArohaKiAKoe, Yosshi-chan, Mako Take, Zyukage, Chou, Miyu, Yuvifan et Chibisuke-kun.
Un petit lime dans ce chapitre mais juste une touche. Bonne lecture !
On se demande ce qu'il y a de nouveau. Il y a de nouveau que c'est toujours la même chose.
Antoine Désaugiers
Le Noel de Komui
Les deux hommes passèrent les portes des Lee sans plus se préoccuper de l'albinos.
- Je pense qu'on va prendre ta voiture... Enfin, j'en suis sûr.
- Pour ça il te faut la clé, répondit Kanda, joueur.
- Yuu, donne-moi tes clés.
- Viens les chercher.
Lavi hésita un instant puis se laissa finalement tenter. Coinçant le brun contre un mur, il glissa une main entre les plis de ses vêtements. Pressés l'un contre l'autre, le Japonais soupira de bien-être jusqu'à ce que le roux se sépare de lui, victorieux, la clé dans la main.
- J'ai jamais dit que t'avais l'autorisation de la prendre, Usagi.
- Tant pis. Il est l'heure de rentrer maintenant.
Le professeur d'Histoire eut moins de mal durant le reste du trajet. Même éméché, Kanda pouvait se montrer assez docile. Le kendoka avait appuyé son front contre la vitre du côté passager. Les paupières closes, il semblait sur le point de s'endormir profondément.
Une fois arrivé en bas de son immeuble, Lavi se demanda pourquoi il habitait au troisième étage. Secouant doucement son Japonais par l'épaule, celui-ci finit par ouvrir un oeil, puis un second. Son attitude respirait l'"enthousiasme". C'est en montant les escaliers en le soutenant que le beau roux se rendit compte que Kanda n'était pas aussi léger qu'il le paraissait. Il pouvait sentir le souffle chaud du brun dans son cou alors qu'il tentait tant bien que mal d'introduire la clé dans la serrure.
L'autre homme avait enroulé les bras autour de ses épaules. Ainsi, il dût l'entraîner à sa suite à l'intérieur de l'appartement. Apparemment, le petit voyage avait quelque peu réveillé le Nippon plus quelques idées nées d'un peu de perversion et d'alcool. Il faisait nuit, et la chaleur ambiante ne faisait que renforcer l'envie de retirer ses vêtements. Il chuchota quelque chose au creux de l'oreille de Lavi, faisant remonter un long frisson le long de l'échine du rouquin qui peinait déjà à se retenir. S'il ne saisit point le début de la phrase, sa fin lui fit perdre pied.
- ... nee, Rabi-kun ?
Le Japonais avait toujours été discret sur ses origines et n'avait jamais utilisé sa langue maternelle en présence de qui que ce soit, mis à part quelques injures.
Lavi fit basculer le bretteur sur le matelas de sa chambre, appliquant fermement ses lèvres sur celles légèrement entrouvertes du brun. Leur étreinte devint de plus en plus passionnée. Kanda acueillit avec joie la langue de son partenaire tandis qu'il cherchait à lui ôter sa chemise. L'homme à l'oeil vert se laissa faire alors que ses lèvres commençaient à parcourir le cou d'une blancheur délicate de celui qu'il désirait depuis si longtemps.
- Rabi, j'ai...envie de toi.
Celui-ci s'arrêta brusquement, se mordant la lèvre inférieure. Qu'est-ce qu'il faisait exactement ? Profiter de Kanda dans un moment pareil. Il avait envie de se frapper. Il était clair que ce soir, il n'avait pas son brun boudeur et réservé entre ses bras. Si l'on prenait en considération son petit coup dans le nez, les chances que le kendoka regrette ce qui avait été sur le point de se passer étaient trop élevées pour courir le risque. Avec regret, il déposa un baiser chaste sur les lèvres de son Japonais qui l'observait, interrogatif puis se rassit sur le bord du lit.
- Je te ferai tout ce que tu veux mais seulement lorsque tu auras dégrisé.
- Rabi...
- C'est trop tôt. Bonne nuit, Yuu.
Le professeur de Français sembla s'accomoder de cette réponse et trouva bien vite le sommeil entre les couvertures du lit de Lavi. Ce dernier referma la porte de la chambre en prenant soin de ne faire aucun bruit. Après une douche froide, il finit par s'endormir dans son canapé.
Le lendemain matin, Kanda se réveilla dans un lit inconnu avec des maux de tête monstrueux. Sentant la panique monter, il fut rassuré de découvrir que ses vêtements n'avaient pas quitté leur place. Ses chaussures gisaient près du lit et, même s'il n'avait jamais mis les pieds à cet endroit auparavant, l'ambiance que la pièce dégageait lui disait quelque chose. Une ancienne photo sur la table de nuit le renseigna sur l'identité de son hôte. Lavi. Rien d'étonnant.
Décidant de ne pas passer la journée au lit, d'autant plus d'un autre, le kendoka se leva non sans difficultés. Erreur système. Une fois sur pieds, il vascilla. L'impression d'être sur un bateau en train de tanguer s'empara de lui... et son estomac n'appréciait pas beaucoup. Plaquant une main sur sa bouche, il se précipita hors de la chambre. Trouvant Lavi sirotant son café à la cuisine, ce dernier lui indiqua une direction sur sa droite. La Terre Promise, ce matin-là, ressemblait étrangement au lavabo d'une salle de bain.
- Tout va bien, Yuu ?
- Mmbrl...
- T'y es pas allé de main morte sur le saké, hier soir.
Ca, il l'avait deviné au fait d'avoir des souvenirs flous de la soirée mise à part la, voire les, bouteilles en question et cette irrépressible envie de son estomac de se défaire de son contenu.
Prévenant, Lavi revint quelques minutes plus tard avec une serviette et des vêtements propres qu'il déposa dans un coin. S'approchant de son copain, il lui caressa doucement le dos en signe de soutien alors que Kanda, prostré en face du lavabo, semblait fonder un culte bizarre. Lorsqu'il se rendit enfin compte du contact, il le rompit en envoyant un regard noir assez peu réussi au rouquin qui se dit que son Kanda était revenu.
- Je t'ai laissé une serviette et des vêtements. Prends une douche. Ca te fera du bien, dit-il en quittant la pièce.
Encore un peu barbouillé, il suivit tout de même le conseil du roux et se glissa sous une douche brûlante comme il les aimait. Tout d'abord, se remettre les idées en place. On était le 25 Décembre. La pendule dans un coin de la pièce indiquait joyeusement 14 heures. Il en concluait qu'ils étaient rentrés plutôt tard de chez les Lee. Le brun dirigea le jet d'eau chaude vers son visage comme pour l'aider à se rappeler de la veille.
Il ne sut jamais si l'une des propriétés de l'eau chaude était de rendre la mémoire car la minute d'après, il rougit au possible puis se mit à se traiter mentalement de tous les noms. Finalement, il aurait préféré ne se souvenir de rien pensa-t-il en se cognant à répétition le front contre les carreaux au cas où cela aurait pu arranger les choses. Stupide. L'alcool rendait stupide. Le sake avait-il tué ses derniers neurones hier au soir pour le laisser faire autant de conneries ?
Kanda avait réellement envie de se baffer. Pour commencer, il avait dansé - chose qu'il n'avait pas osé faire depuis le lycée, la dernière fois étant une boîte avec l'autre rouquin qui l'avait, là aussi, fait boire - et d'une façon assez... expressive. Ensuite, il avait ouvertement fait des avances à Lavi. Et le pompon : il avait été à un cheveu de commettre une erreur monumentale. Heureusement, le professeur d'Histoire n'en avait pas profité. Sur ce point, le Japonais se félicita de son choix, la confiance qu'il avait en Lavi n'étant pas mal placée. Mais comment se représenter devant lui après ce qui s'était passé même si rien ne s'était réellement passé ?
Il fallait assumer; après tout, il était adulte. Le brun enfila le jean noir dont il dût retrousser le bas car un peu trop long pour lui ainsi que la chemise blanche. Prenant le temps de se regarder dans le miroir, il ne fut pas mécontent de voir qu'il ne ressemblait plus à un zombie, quoique plus pâle qu'à l'habitude. Machinalement, il commença à rassembler ses cheveux en une haute queue de cheval. Mais évidemment, il avait trouvé le moyen de perdre le lien qui lui permettait de les attacher. Le bretteur soupira en laissant retomber ses mèches de jais.
Lavi sirotait un deuxième café à la cuisine lorsque Kanda daigna enfin sortir de la salle de bain. Apparemment, il allait un peu mieux. Une douce fragrance envahit le petit appartement à mesure que la vapeur s'échappait de la salle d'eau ou bien était-ce dû à la présence du beau professeur de Français.
- Du café ? Ou du thé, peut-être ?
Kanda hocha la tête à la seconde option. S'asseyant à la table, il prit soin de laisser une chaise entre lui et le borgne. Geste que ce dernier ne manqua point de relever avec un léger amusement. Le roux déposa le thé devant son "invité" puis rejoignit sa place.
- Pas trop mal dormi si l'on exclut ces maux d'estomac ?
- Hn.
C'était sa façon de dire que ça allait. Depuis le temps qu'ils se connaissaient, Lavi s'était transformé en décodeur, rajoutant la langue de Yuu à son panel; en troisième langue, juste après le Français et l'Anglais. Le Japonais se sentait gêné mais ne s'attarda pas longtemps, préférant arborer son perpétuel air énervé.
- Tiens, Lenalee m'a téléphoné y a pas longtemps. A ce qu'il paraît, quelque chose de remarquable a eu lieu après notre départ, hier soir. Ca te dirait d'aller faire un tour chez Komui ?
A l'instant, la seule envie de Yuu Kanda était de retourner chez lui, s'enfermer à double tour et sombrer dans un sommeil réparateur. Pourtant, il acquiesça. Il était redevable à Lavi, il fallait le reconnaître. De plus, seule l'acceptation pouvait effacer cette stupide expression suppliante du visage du rouquin... pour être remplacée par celle d'un curieux ravi.
Une fois dans la voiture, Kanda eut vraiment l'impression de s'être fait avoir comme un bleu. Lui qui voulait s'éloigner du lapin stupide pour ne pas rougir comme une collégienne tout aussi stupide à cause de ses faits et gestes plus que déplacés... Bref, le voilà qui les conduisait à la demeure des Lee pour il ne savait quelle raison.
Sur le siège passager, le professeur d'Histoire contemplait discrètement son petit ami. Malgré son côté assez impulsif, sa façon de conduire était extrêmement calme. Il ferma un moment son unique oeil. Cette nuit n'avait pas été la plus longue de sa vie et il n'avait pas eu sa dose de repos. Cependant, la curiosité le tenait éveillé comme la plus efficace des drogues, accompagnée par l'excitation d'avoir Yuu à ses côtés.
Ils arrivèrent enfin à la demeure des Chinois. Kanda rechigna à descendre de la voiture mais accompagna tout de même "Poil de carotte". Dans la salle de réception, les grandes tables étaient toujours dressées et il régnait alentours un certain désordre. Allen prenait son petit déjeuner tranquillement en compagnie de quelques amis chimistes de Komui. Lorsqu'il aperçut les deux arrivants, les yeux de l'albinos se mirent à briller.
Et l'impossible eut lieu chez les Lee, un 25 Décembre, date choisie pour être l'anniversaire du Christ.
- Kanda, s'écria le dénommé Môyashi.
Il abandonna son monticule de nourriture pour le prendre dans ses bras. Maintenant, prenons en compte le démarrage énergique du jeune homme, l'élan pris lors de sa course folle, son freinage soudain puis sa collision avec le Japonais. En plus de l'avoir entre ses bras, il s'était littéralement jeté sur lui. Ne considérant pas sa position, il continua à adresser ses remerciements à un Yuu tellement ahuri qu'il en avait oublié de s'emporter.
Lavi, quant à lui, toussota, passablement énervé tout en tapotant l'épaule d'Allen en guise d'avertissement. Le plus jeune releva enfin les yeux vers son ami et prit enfin conscience de la situation. Il se releva avec empressement et tendit la main à Kanda pour l'aider à se relever. Main qui fut refusée et suivie d'un flot d'injures diverses et multilingues dont la cible était la "pousse de soja".
- Tomber sur les gens comme ça de si bon matin... pas possible ! ... Môyashi de...
- Assez, assez.
Lenalee était arrivée de la cuisine avec son plateau. Vêtue d'une petite robe d'intérieur et les cheveux lâchés, la jeune femme resplendissait. Elle s'avança vers Kanda et déposa un bisou sur sa joue.
- Je crois que je te dois ce bonheur, Kanda.
- Q-quoi ? Mais je comprends plus rien... D'abord Môyashi puis toi...
La Chinoise préféra l'action à l'explication. Elle saisit la main de l'Anglais, l'entraînant vers elle et l'embrassa au milieu de tous. Un silence choqué emplit la salle. Dix secondes passèrent, trente, puis une minute. Rien ne se passa. Pas la moindre trace d'un Komulin, d'un cri monstrueux de frère bafoué hurlant à la guerre sainte. Rien.
- Ne me dis pas que... , commença Lavi en regardant Allen.
- Qu'est-ce que j'ai à voir avec cette affaire, demandait encore le brun.
- Ce que tu m'as dit hier soir à causé un déclic chez moi, avoua enfin l'albinos.
- Tu veux dire...
- "Sois enfin un putain d'homme, Môyashi !" Tu avais raison. J'ai trop longtemps laissé traîner la situation. Il fallait que j'agisse "en homme".
- Et il n'a pas fait semblant, souligna Lenalee avec un sourire radieux.
- Tch' Tu t'es enfin réveillé. T'en auras mis du temps, baka.
- Tu me cherches, Bakanda ? Après Komui, je peux en battre dix comme toi au p'tit déj.
- C'était Komui ton boss final ? Me fais pas rire, Môyashi. Tu sais pas encore ce que c'est souffrir...
Alors qu'une nouvelle bagarre s'amorçait sous les regards à la fois attendris et désespérés de Lenalee et Lavi, ces derniers prirent le temps de discuter.
- C'est étrange. Ta peau me semble plus lisse, Lenalee.
- Hn ?
- Ne fais pas l'innocente. Tu as le regard de celle qui a fait certaines choses cette nuit...
- La-Lavi, voyons, ça ne te regarde pas. Et puis je pourrais dire la même chose. Kanda et toi êtes bien rentrés ensemble, non ?
- Et bien tu te trompes.
- Ah... Tu as fait le bon choix. Rien ne sert de se presser, reprit la Chinoise.
- Hn. Sinon, tu me racontes en détail ce qui s'est passé après notre départ ?
- Comme tu le sais, j'étais descendue aux cuisines pour aider Jeryy. J'ai donc dû me contenter du récit de Marie et Miranda.
- Je suis preneur.
- Alors. Juste avant votre départ, Allen était aux prises avec grand-frère. Le "conseil" de Kanda lui a apparemment fait réaliser qu'il ne pouvait plus se laisser faire éternellement et il a... comment dire...
- Mis les points sur les i avec ce cher Komui.
- Oui. C'est la première fois que quelqu'un réussit à lui clouer le bec. Enfin, quand je suis revenue, Allen m'a prise par la main et...
- Et ?
- Il m'a embrassée devant grand-frère. Ensuite il lui a dit : "Que tu le veuilles ou non, il faudra t'y faire."
- Qui aurait pu croire que notre petit Allen grandirait autant ? Je suis heureux pour toi, Lenalee. J'espère que tu es prêt à recevoir des menaces de mort quotidiennes, Allen, cria-t'il à l'albinos toujours en train de se crêper le chignon avec le Japonais.
- Je me suis rendu compte que j'avais l'habitude avec Bakanda ! Mais t'en fais pas, je me méfie.
Lenalee et Lavi éclatèrent de rire alors que Kanda se maudissait pour avoir aidé l'Anglais, même d'une manière détournée.
- Ah. Il y en a un qui a l'air un peu moins en forme, fit remarquer le petit-fils de Bookman.
En effet, Komui descendait les escaliers d'une démarche de mort-vivant, se marmonnant quelque chose. Il se laissa tomber lourdement sur une chaise pour le petit déjeuner. Lenalee leva les yeux au ciel, ce qui amusa grandement le roux puis se dirigea vers son aîné pour lui servir du café.
- Bonjour grand-frère ! Bien dormi ?
Le Chinois contempla le visage éblouissant de sa petite soeur avant de fondre en larmes.
- Ma petite Lenaleeee ! Faire ça à ton grand-frère !
- Elle n'a rien fait de mal. Cesses un peu ton cinéma, Komui, dit le nouvellement "beau-frère", ayant enclenché le mode "dark Allen".
Semblant se rappeler d'une information importante, la jeune femme chuchota à son frère :
- Ah. Reever est arrivé depuis un petit moment. Il t'attend dans le salon du premier étage.
Le scientifique fou fut comme électrifié par la nouvelle. Il se leva, vida sa tasse d'un trait.
- Tous mes voeux de bonheur, chantonna-t'il en tapotant les épaules de Lenalee et d'Allen qui n'en revenait pas.
Le directeur de la quitta la salle sous les regards effarés des personnes présentes.
- Ca c'était du revirement, apprécia Jeryy qui avait assisté à la scène.
- Tiens Jeryy ! Content de voir que tu n'aies rien. On a croisé Lenalee qui volait à ton secours hier soir, enfin, tôt ce matin.
- Il n'a pas eu tant besoin de mon aide, avoua la jeune femme. Quand je suis arrivée, Chaoji était étalé par terre avec trois bosses, un oeil au beurre noir, les bras et jambes attachés avec du fil à rôti.
- Un véritable artiste, Jeryy.
- Merci, merci. Il ne remettra pas un pied dans ma cuisine avant longtemps.
C'est sur cette note de bonne humeur que Kanda décida de prendre congé de tout ce petit monde. Franchissant le portail, Lavi le rattrapa. Ne lui laissant pas le temps de réagir, il lui imposa ses lèvres, ne le relâchant qu'après une bonne minute.
- Joyeux Noel, Yuu.
- ... 'Noel, bredouilla le brun en s'éloignant.
Fin du chapitre 11 !
Il m'aura pas mal embêtée celui-là. Plus j'écris et plus je trouve des idées. Cette aventure ne touche pas encore à sa fin. Alors, chers lecteurs, laissez-moi vos avis. ^^
