Comme l'incongruité numéro dix était lamentablement courte (je me voyais mal décrire en détails la relation sexuelle Byakuran-Mukuro-choux-de-Bruxelles), je poste celle-ci à la suite, pour faire avaler la pilule… enfin, le chou, plus précisément ! (Pardon pour cette vanne déplorable…)

Pairing : Reborn x Colonnello.

Disclaimer : un thème umbrella ne saurait se faire sans citer, d'une part Gad Elmaleh, d'autre part Rihanna, donc globalement, les mots en anglais leur ont été volés.

Il pleuvait des cordes et Colonnello, considérant avec maussaderie le jardin détrempé, songea à sa non-envie de sortir aujourd'hui. Mais il fallait raccompagner l'ami de Reborn à l'aéroport, se monter poli et jovial quand il aurait voulu s'enfoncer dans son lit avec un bon roman et un chocolat chaud.

« Oh, it's raining today ! Where is my umbrella ? », s'exclama d'ailleurs avec enthousiasme Patrick lorsqu'il aperçut le temps déplorable par la fenêtre. Colonnello désigna sans un mot le porte-parapluies dans le vestibule. Le sémillant anglais se saisit d'une monstruosité verte qui fit hausser un sourcil circonspect à l'américain bougon. Patrick pensait que leur anglophonie commune faisait d'eux des compatriotes, mais l'excentricité ostentatoire des Anglais avait toujours agacé Colonnello et ce spécimen-ci était particulièrement exubérant.

Reborn descendit les escaliers à sa façon familière et languissante de pacha. Le reproche luisait dans les yeux de son petit-ami et il se permit un sourire.

« Tu pourras venir sous mon parapluie », proposa-t-il avec une sensualité ravageuse. Colonnello répondit avec une moue hargneuse. Il détestait que Reborn s'amusât de sa mauvaise humeur, et plus encore qu'il le provoquât ainsi en présence d'une tierce personne. Pourtant, lorsqu'ils sortirent, il fut contraint d'accepter la proposition et Reborn se fit un plaisir de se plaquer contre lui au maximum. Colonnello sentait sa chaleur à travers son manteau noir et son propre blouson. Il réalisa qu'il avait envie de lui, ce qui ajouta à son mécontentement. Ils auraient dû se trouver au chaud, au sec, à faire l'amour jusqu'à la suffocation.

Au retour, il ignora complètement Reborn. Ce dernier interrogea d'une voix volontairement innocente :

« Tu boudes ? »

Et sans attendre la réponse, il glissa une main badine sur la cuisse de son amant. Colonnello semblait obstinément décidé à jouer les indifférents. Aussi Reborn poussa-t-il sa caresse plus en avant, remontant lentement ses doigts. Il faillait oublier de tourner dans leur allée lorsqu'il constata que son amant bandait. Il se gara hâtivement, songeant seulement au moment où il pourrait déshabiller Colonnello. Ce qu'il entreprit de faire sitôt le seuil de leur maison franchi.

« Pas maintenant…

-Ose prétendre que tu n'en as pas envie. »

Reborn avait glissé sa main sur le sexe raidissant de Colonnello, coincé entre son corps svelte et le mur du vestibule. Il le caressa jusqu'au moment où, n'y tenant plus, son conjoint impatient se saisit de son visage pour l'embrasser à pleine bouche. Ce fut lui qui défit leurs pantalons hâtivement, lui également qui abaissa leurs caleçons et lui enfin qui attira Reborn dans un sursaut violent pour qu'il le pénétrât sans plus attendre. Grimaçant de n'avoir pas été lubrifié au préalable, Colonnello n'en bougeât pas moins le bassin avec vigueur, savourant la crispation des mains de Reborn sur ses fesses, sa bouche qui naviguait sensuellement entre sa gorge et ses lèvres et ses râles de plaisir étouffés. Quelques coups de reins plus tard, son excitation portée à son comble par le bruit répété de leurs corps heurtant le mur, Colonnello maculait le torse de Reborn de sa jouissance. Les yeux noirs de son amant, hurlant sa propre extase, s'ancrèrent dans les siens, et de sentir Colonnello venir contre lui, il ne mit qu'une poignée de minutes avant de jouir à son tour.

Colonnello entreprit de se rhabiller.

« Ramasse ton parapluie, il est en train d'imbiber le tapis », ordonna-t-il en désignant d'un geste le parapluie en soie noire Armani de Reborn. Ce dernier, après avoir ôté posément ses chaussures, son pantalon et son boxer, ramassa le luxueux objet. Le faisant tourner lentement, il se mit à fredonner.

« Because when the sun shines, we'll shine together… Told you I'll be here forever… »

Colonnello secoua la tête en se débarrassant de ses chaussures, les rangeant avec celles de Reborn, qu'il venait d'attraper. Avant qu'il ait eu le temps de noter la splendide quoique récente érection de son amant, ce dernier l'avait une nouvelle fois plaqué contre le mur. Il entreprit patiemment de défaire Colonnello des vêtements qu'il estimait superflus - soient ceux qui empêchaient un accès direct à son pénis et, lorsque ce fut fait, il glissa licencieusement le parapluie humide contre ses cuisses.

« Qu'est-ce que tu fais encore ? »

Colonnello maudit sa voix, qu'il aurait voulu strictement agacée, d'être corrompue d'une raucité pleine de désir.

« Je m'apprête à ranger mon parapluie », répondit Reborn sur un ton d'évidence.

Et il approcha l'extrémité en noyer verni de l'intimité de son amant. Colonnello le repoussa vivement.

« Il faudra que tu comprennes un jour que tu ne peux pas tout mettre à cet endroit. »

Adroitement, il se saisit de Reborn et le fit pivoter de concert, paralysant à son tour son petit-ami. Aussitôt, comme si l'attente était un poison, Reborn leva une jambe et incita Colonnello à le pénétrer.

« Ça faisait longtemps », soupira-t-il avec une béatitude qui ne lui ressemblait pas et qu'il compensa en attirant sèchement son amant au plus profond de lui.

« Plus fort », asséna-t-il et Colonnello d'obéir, un peu surpris par l'ardeur de Reborn. Il savourait le parfum de sa peau mâle échauffée, ses dents qui s'accrochaient à sa mâchoire, ses baisers volatils et enivrants, tant est si bien qu'il se répandit en lui au bout de quelques minutes, que Reborn sembla juger insuffisantes, considérant le flamboiement de ses yeux sombres.

Colonnello s'agenouilla et le prit dans sa bouche, le suçant si lentement, si adroitement, que Reborn fut secoué d'extase le temps d'un seul gémissement.

Finalement, leur après-midi sous la couette se profilait bien. Satisfait, Colonnello rangea lui-même le parapluie.