Bon matin, Bonjour, Bonsoir, Bonne nuit !

Bonne semaine ? Moi ? Vous vous en foutez ? Bin je ne dirai rien ! XP Bref, je vous laisse avec la suite !


Chpt X. Je ne savais pas

Un mois maintenant... Un mois maintenant que nous avons quittés Marine Ford.

- Amaryllis, tu te charges du ravitaillement.

- Compris... soufflais-je.

Une semaine que le Doc m'a retiré le bandage et que Garp a reprit mon entrainement, pas le soft, le vrai entrainement. Même si le Doc lui a bien mis quelques contraintes concernant mon épaule. Parce que même avec une semaine passée maintenant, j'ai toujours l'impression que c'est extrêmement sensible, c'est pour ça que le Doc m'oblige à des renforcements musculaires pour que ça ne se reproduise pas.

- Je vais venir avec toi, déclara Nad'.

- C'est bon, je vais y arriver.

- Juste pour surveiller que tu ne fasses pas de gestes brusques, rajouta-t-elle.

Je soufflai en secouant la tête.

- D'accord...

Elle n'est pas possible quand elle s'y met. Elle veut même observer nos entrainements pour être sûre que Garp ne me fasse pas faire l'impossible.

Quelques instants après, nous accostons à Clair. Clair est une ville portuaire, conquis par la noblesse, sur l'île de Shî. Les bâtiments sont blancs. Les vêtements sont blancs. Le pavé est blanc. Tout est blanc dans cette ville. J'ai presque besoin de lunette de soleil à cause du reflet du soleil sur le blanc, qui est partout... Beaucoup trop présent...

Après que les soldats ai placé la planche qui nous sert de passerelle, j'y descends avec Nad' et quelques soldats qui seront chargés de porter les caisses.

- On doit aller où d'abord ? me demanda Nad'.

- D'après la liste que m'a donné Garp, on doit... d'abord les provisions de nourriture, après les tonneaux, puis un rechange pour les voiles et... des... lus-je.

- Des quoi ?

- Des pâtisseries, soupirais-je suivie par les soldats.

Donc, nous partîmes pour la zone marchande, où nous rentrions dans plusieurs magasins pour négocier un prix avec les nobles. Les soldats finirent par tous être chargés de s'occuper d'une marchandise et je me retrouvais avec Nad'. Nous devions encore aller chercher les rechanges pour les voiles.

- Donc, t'aurais vu un magasin de tissu ou comme ça ? lui demandais-je.

- Pas vraiment...

- Mais t'es née sur une île noble, tu saurais à quoi ça ressemble, non ?

- Pas chaque île de noble est pareille, reprit-elle.

- Ah bon ? Les nobles ne respectent pas la mode ?

- Mais ils viennent d'où ces clichés ?! s'outra-t-elle.

- Bin... Des livres... répondis-je en relisant la liste.

Pas grand chose à relire, il manquait plus que les voiles. ... Et les pâtisseries, bien sûr...

- Tu lis des livres, toi ? se moqua Nad'.

- Bien sûr ! Je n'ai juste pas le temps maintenant ! rétorquais-je en fronçant les sourcils.

Quand j'étais petite, je ne faisais que ça. Je n'avais rien d'autre à faire de mes journées quand mes parents n'étaient pas là. Même si aujourd'hui, je ne sauterai pas de joie à l'idée d'ouvrir un livre...

- MAIS TU VAS AVANCER OUI !

Hein ? Je m'arrête et tourne la tête vers le cri de l'homme. D'ailleurs, ça se voit que c'est un noble pointu et à cheval sur son titre. Des cheveux soyeux, raides, bien tirés, blonds. Une moustache aux pointes roulées de la même couleur. Des sourcils épilés par endroit. Tout ce blond avec le décor blanc me donne presque mal à la tête... Un chapeau blanc haut de forme et un costume blanc. Des yeux pourtant noirs, fixant avec sévérité... une... une...

Une jeune fille ! Mais elle n'est pas du tout comme si elle appartenait à sa famille ! Des cheveux noirs trop longs, devenant fin aux pointes, les nœuds sont même apparents à l'œil nu. Une peau pâle, pourtant brûlé aux épaules découvertes et sur les avant-bras. Des cernes de trois mètres marquant ses yeux bleus clairs, exprimant de la souffrance. Un T-Shirt sale, déchiré ne ressemblant plus qu'à un tissu couvrant son torse. Un minishort sale, qui avant a certainement été un pantalon. Des coupures jonchent ses jambes. Elle est très maigre, sa peau lui colle aux os, ce n'est pas du tout joli à voir... Elle peine à rester debout et d'après la scène que je vois, je comprends qu'elle doit porter les courses.

Des hommes autour sourient. Des femmes ricanent en l'observant. Pourquoi ? Pourquoi elles rigolent ? Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?!

- Allons-y, Amaryllis... me souffla presque suppliante Nad'.

- Non.

C'était sortit tout seul, mais je ne pouvais pas rester insensible à cette scène. C'était beaucoup trop horrible. Et c'est maintenant que je remarquai un collier métallique autour du cou de la fille, relié à une chaîne, relié à des menottes, lui limitant quelques gestes. Une esclave ? Mais l'esclavage est interdit. Ce n'est pas autorisé par le Gouvernement. Alors pourquoi tout le monde trouve ça normal ici ?

Tant pis, je dois m'en charger de toute évidence ! J'inspire profondément.

- Hey !

Les regards convergent vers moi, mais je reste droite et regarde avec les sourcils froncés le noble. Je n'écoute pas Nad' qui tente encore m'en dissuader.

- De quel droit tu te permets de la traiter comme ça ?! demandais-je.

J'en oublie même la politesse.

- Comment ça de quel droit ? Je suis noble, je l'ai acheté, répondit-il avec évidence.

- Acheté ? répétais-je.

Je le jauge du regard. Il n'a pas l'air de savoir que c'est interdit. Est-ce que les lois arrivent au moins aux oreilles des personnes ? Sur une île protégée de la Marine ?

- Mais d'où une gamine comme toi se permet de me poser des questions ?! hurla-t-il.

Je ne suis pas une gamine ! Mes lèvres se pincent et ma main droite se lève toute seule, emportant l'homme, en usant de mon pouvoir. Des cris surpris retentirent, aussi des cris d'horreur, mais cela n'est pas ma préoccupation.

Le noble ne touche plus le sol et ma concentration n'est que sur lui. J'ai l'impression que tous ce qui nous entoure devint difforme et seulement la couleur blanche omniprésente règne désormais. Je n'entends pas Nad' me dire d'arrêter. Je n'entends pas les nobles s'écrier d'horreur. Je vois seulement l'homme devant moi, qui me fixe avec crainte.

- L'esclavage est interdit, déclarais-je brisant le silence dans lequel je suis.

- Dans quel siècle vis-tu, gamine ?! Avoir des misérables comme esclaves est tout à fait normal ! s'exclama-t-il.

- Le gouver...

AIE ! Mais qu'est-ce que... ?! Je me retourne toujours assise au sol, pour voir Garp le poing levé.

- Mais qu'est-ce qui te prends, Amaryllis ?! gueule-t-il.

Hein ? Qu'est-ce qu'il me prend ?

- Mais... Il...

- Quoi ?!

- Il esclavage une fille ! répliquais-je en pointant le noble du doigt.

Ayant été surprise par Garp, qui m'a frappé sur la tête, j'ai lâché le noble qui est tombé sur le cul. Mais comparé à moi, il s'est relevé vivement en époussetant ses vêtements.

Un éclair de compréhension traverse le regard du Vice-Amiral. Hein ? Il vient de comprendre quoi ? Je ne comprends pas moi-même la situation actuellement. Je voulais seulement l'empêcher de faire souffrir cette pauvre fille. Alors pourquoi Garp m'a arrêté ? Est-ce que j'ai trop rapidement perdu mon sang froid ?

- Vas t'occuper du ravitaillement et ne t'occupes pas de ce genre de futilités, déclara-t-il en tournant les talons.

Hein ?

- Hey ! Attends, Garp ! Comment ça, des futilités ?! Mais c'est de l'esclavage ! m'écriais-je en le suivant à de grandes enjambées pour rester à sa hauteur.

Il s'arrête soudainement et j'en fais de même. Je veux mes réponses. Je ne comprends pas pourquoi tu dis «futilités» mais je trouve que c'est un sujet très important, peut-être aussi important que le sujet «Empereur du Nouveau Monde», qui revient un peu trop souvent à mon gout.

- Écoute, Amaryllis, occupe-toi du ravitaillement et après je t'expliquerai tous ce que tu veux, mais ne t'occupes plus de ce genre de choses.

Je reste bouche-bée face à son calme et il en profite pour se barrer, me dépassant. Je réalise seulement après cinq minutes qu'il soit partit ce qu'il vient de dire.

«T'occupes plus de ce genre de choses»

Comment ça ? Je ne comprends pas... Mais il a dit qu'il m'expliquera tout quand le ravitaillement sera terminé, non ? Alors là, il peut compter là-dessus. Il va me donner les réponses que j'attends.

- Amaryllis, ça va ?

Je me retourne vers la voix familière pour voir Nad'. Son regard bleu laisse transpercer de l'inquiétude à mon égard. Je baisse presque honteuse le regard.

- ouais...

Pourquoi je me sens honteuse ? Est-ce que j'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas mais je ne le réalise pas ? Qu'est-ce que c'est ?

- Viens maintenant, nous devons encore aller chercher les voiles de rechanges, déclara-t-elle en posant une main sur mon épaule.

J'hoche simplement de la tête et laisse Nad' me trainer à travers les ruelles immaculés d'une seule couleur : le blanc.

- Tu sais tes cheveux vont parfaitement avec le décor, me sourit-elle.

Je vois, elle tente de me remonter le moral... Je laisse un fin sourire percé mes lèvres et relève la tête.

- Mais mon caractère n'y a pas sa place, répliquais-je avec mon sourire.

- Ça c'est bien vrai, rigola-t-elle.

En fin de compte, le trajet jusqu'au magasin fut un tantinet plus joyeux et le marchand n'avait pas encore entendu parler de mon altercation avec le noble, à ma plus grande joie.

- Dis Nad'... Tu as aussi été noble... alors est-ce que t'avais aussi un esclave ? Ou c'est vraiment que cet homme ? lui demandais-je en transportant les rechanges pour la voile avec elle.

Elle devint soudainement silencieuse et je la fixai. On avait chacune une caisse, dans laquelle se trouvait quelques voiles de rechanges, mais elle gardait le regard dans le vide après que je lui ai posé la question qui me brûlait presque les lèvres.

- Nad' ?

- oui... souffla-t-elle en baissant davantage la tête.

Hein ? Elle venait de me répondre ?

- Tu... Tu viens de me répondre ? demandais-je presque avec crainte.

- oui...

- donc... tu...

Tu avais un esclave... Je ne pensais pas. Je ne pensais pas que c'était normal... Je ne pensais pas ça du tout... Je pensais que... Je pensais que le Gouvernement ne laissait pas passer ce genre de choses...


- Je t'écoute, Garp, fis-je les bras croisés.

Garp avec son paquet de gâteaux, que je venais de lui donner, était simplement affalé dans son fauteuil avec les pieds sur le bureau. Comparé à moi, qui étais adossée à l'encadrement de la porte de sa cabine.

- Je sais que je ne t'ai pas tout dit, Amaryllis, débuta-t-il, mais je pensais que tu savais pour ça.

- Comment veux-tu que je le sache ?

- J'avais pensé que Sengoku t'en aurais informé, répondit-il en croquant dans une part de gâteau.

- Tu sais comment compliqué est ma relation avec lui, non ? fis-je les sourcils froncés.

- Je pensais tout de même qu'il t'en parlerait.

- De l'injustice dans le monde ? Garp ?! Il est l'Amiral en Chef de la Marine est laisse passer de l'esclavage !

- Le Gouvernement laisse passer ça, pas lui, me corrigea-t-il. Tu sais le Gouvernement Mondial est au-dessus de ton grand-père, il doit lui aussi obéir à des ordres.

- On parle d'esclavage ! D'innocent ! Des personnes innocentes sont esclavagées chaque année !

- La Marine ne peut rien n'y faire, répliqua-t-il avec nonchalance.

- Tu m'en parles comme si... ! Comme si... ! Comme si c'était le nez au milieu de la figure !

- Et bin... T'as eu du mal à la trouver celle-là, ria-t-il.

La ferme ! Même si toutes mes pensées étaient négatives, explosives, je n'arrivais pas à les extérioriser toutes. C'était trop. Peut-être que j'aurai dû me renseigner sur le monde avant. J'ai toujours été à Marine Ford, je ne connais presque pas les mers, seulement ce que j'en ai lu et même Sengoku m'y aide pas du tout. Il reste dans son bureau et ne me laisse avoir aucune information. Les seules que j'ai pus prendre, c'est parce que j'ai fouillé son bureau et qu'il était aux toilettes. Bien sûr, sa chèvre avait presque tout gâché. Mais actuellement je n'arrive pas à me concentrer sur autre chose que ma rage d'être impuissante devant une jeune fille en détresse qui se fait maltraiter.

Je vois encore ses cheveux noirs, emmêlés. Ses yeux bleus souffrant. Sa peau pâle, pourtant brûlée par le soleil. Ses cernes. Ses vêtements déchirés. Ses coupures certainement provoqués par un fouet. Ses mains frêles. Sa peau montrant comment elle était mince. Un collier emprisonnant son cou et des menottes masquant ses fébriles poignets. Cette image, où elle porte les courses avec toutes ses forces, se battant contre le sommeil, reste figé dans mon esprit.

- Je pensais pas que ça t'affecterait autant, déclara Garp.

- Si tu penserais que quelque chose n'existerait pas... Et que du jour au lendemain, quand tu t'y attends pas, tu découvres la dure réalité et tu vois une personne souffrante, qui ne peut rien faire face à sa situation... Tu ferais quoi ? lui demandais-je avec la voix tressautante.

Un long silence s'en suit. Ma tête se baisse et mes yeux jaunes se cachent derrière les quelques mèches. Peut-être que Garp y réfléchit vraiment...

- Zzz... zZzz...

Non, il n'a pas... Je relève tout de suite le regard pour le voir en train de roupiller, une bulle sortant de son nez, se levant au rythme de ses respirations.

Même si j'avais aimé le réveiller, je ne le fis pas. Au lieu de ça, un petit sourire apparut sur mes lèvres. Tu ne savais pas quoi répondre, Garp... Peut-être que tu me le diras un jour... Ou il ne voulait pas m'en parler ce qui est très probable.

Je ne vais pas me casser la tête plus longtemps là-dessus. Malheureusement je ne peux rien faire pour changer l'esclavage... Mais peut-être que si je monte en grade, je pourrais... Changer les choses ? Qui sait... Ça ne changera pas en un claquement de doigt et ça prendra du temps... Mais peut-être si j'en parle à Sengoku sur ce que je pense sur l'esclavage... Peut-être qu'il... Qu'il essayera quelque chose ?

Je ne pense pas...