Enfin les vacances ! Très attendues vacances (je suis sûre que vous pensez comme moi ! sauf si vous n'êtes pas dans la même zone XD)
Merci à tous ceux qui continuent à lire et à commenter cette fic. Sirius ne vous a pas laissé indifférents au dernier chapitre. Il faut dire qu'il est vraiment abusé quand il s'y met mais ça doit être pour ça que j'adore ce personnage.
Réponse à Guest : Merci pour ta review. Sirius va loin, c'est vrai, mais c'est probablement parce qu'il ne se rend pas vraiment compte : il n'était pas dans la cabane hurlante avec James et Rogue, il n'a jamais connu le Remus loup-garou. Il ne doit pas mesurer le danger qu'il représente réellement. En plus, comme Rogue s'en est finalement sorti indemne, ça a eu encore moins d'impact sur l'esprit de Sirius. Il aurait peut-être besoin d'une bonne leçon. XD.
Voici l'un des chapitres les plus importants : le face à face Rogue-Remus. Les grandes confrontations sont les moments clés de cette histoire. Après celui qui a opposé Remus à Sirius quelques chapitres auparavant, j'espère que celui-ci va vous plaire.
Bonne lecture !
Chapitre 11 : Face à face
Le temps continua de s'écouler. Inexorablement.
Un matin, alors que Remus s'affairait dans son casier dans le hall de Poudlard, il aperçut Rogue, plongé dans le sien. Cette vision le fit sursauter. C'était la première fois qu'il voyait le Serpentard depuis la pleine lune. Non en réalité, la dernière fois qu'il l'avait vu, c'était même avant la pleine lune, lorsque celui-ci était venu le narguer à la sortie du cours de Doherty. Mais naturellement, entre temps, il y avait eu le fameux incident.
Une émotion terrible enserra la gorge de Remus comme un étau et accéléra sensiblement son rythme cardiaque. Ce n'était pas un hasard s'il croisait Rogue ce matin-là. C'était un signe, le signe que l'heure de la mise au point avait sonné. Depuis le lendemain de la pleine lune, Remus s'était douté qu'il lui faudrait aller parler à Rogue, ne serait-ce que pour s'excuser d'avoir involontairement failli le dévorer. Mais il redoutait cet entretien. Plus que cela, il en était terrifié. Il ne se sentait pas le courage d'affronter le regard de son ennemi, quelle qu'en serait sa réaction.
Certain qu'il n'échapperait pas éternellement à cette épreuve, Remus avait longuement préparé ce qu'il pourrait lui dire. Il s'était passé de nombreux films de cette discussion dans sa tête sans en trouver un seul qui fût plus enviable qu'un autre. Dans tous les cas, il savait pertinemment que le moment à passer serait pénible. Rogue ne lui ferait aucun cadeau. Et Remus n'était pas particulièrement courageux quand il s'agissait de sa… maladie.
Prenant une profonde inspiration, il ferma son casier d'un geste sec comme pour se donner de l'entrain et se dirigea vers Rogue mais à peine fit-il quelques pas qu'il tourna aussitôt les talons et repartit dans la direction opposée, saisi d'un violent coup de trac.
- Allez ! s'admonesta-t-il tout seul. Tu ne vas pas te dégonfler.
Il prit une seconde goulée d'air et tenta d'y retourner. Cette fois, il fut soulagé de sentir que ses jambes ne faiblissaient pas. Il fit un pas, puis un autre, puis un autre jusqu'à n'être plus séparé de Rogue que par quelques mètres. Merlin ce que c'était dur ! Plus encore que d'aller demander à Doherty une rallonge pour ses devoirs à cause de la pleine lune. À cet instant, Remus songea qu'à choisir, il aurait largement préféré aller demander à Doherty de l'adopter plutôt que de faire ce qu'il avait amorcé.
- Severus ?
Celui-ci avait toujours la tête dans son casier mais son violent sursaut indiqua qu'il avait parfaitement reconnu la voix qui l'appelait. Il émergea aussitôt et referma la porte avec un claquement sonore. Remus se demanda si c'était un effet de son imagination mais le teint de Rogue lui sembla plus livide qu'au naturel.
- Toi, siffla le Serpentard entre ses dents.
- J'aimerais juste que…
- Garde tes distances ! prévint aussitôt Rogue en lui faisant signe de ne pas avancer.
Remus se figea comme s'il craignait de tomber dans un gouffre et considéra Rogue avec gravité.
- Je veux seulement parler, assura Remus de sa voix la plus velouteuse.
Disant cela, il fit malgré lui un tout petit pas supplémentaire. Cela mit Rogue dans un état proche de l'hystérie.
- N'approche pas, j'ai dit !
- Tu n'as rien à craindre, insista vaillamment Remus.
Que n'aurait-il pas donné pour fuir ? C'était l'un de ces moments pénibles de sa vie qu'il aurait troqué contre n'importe quoi. N'importe quoi ! Rogue, d'ordinaire inébranlable, semblait véritablement effrayé. Lui qui avait tenu tête aux plus redoutables Serpentards dès son arrivée à Poudlard, lui qui luttait chaque jour avec bravoure contre les facéties de James et Sirius, il courbait l'échine devant un enfant de moldu qu'il avait si souvent toisé avec mépris.
Ce n'était pas le premier qui réagissait ainsi. Remus se rappelait avoir lu la même terreur sur les visages des trois adolescents qu'il avait provoqués en duel pour les beaux yeux de Tristan… et sur le visage de Tristan en personne lorsqu'il était venu lui demander des comptes. Ses parents aussi avaient eu des frayeurs par le passé. Et maintenant c'était Rogue. Ce dernier paraissait de loin le plus bouleversé. Il faut dire qu'il avait appris la vérité d'une façon beaucoup plus brutale que les autres.
Rassemblant tout son courage, Remus outrepassa ses ordres et continua de réduire progressivement la distance qui les séparait.
- Si tu fais un pas de plus, je hurle ce que je sais ici même ! prévint Rogue d'un ton menaçant.
- Tu n'as pas le droit de le dire, répliqua Remus d'une voix faible. Dumbledore te l'a interdit.
- Ah tu crois ça ? Avance un peu pour voir !
Remus hésita. Il était certain que Dumbledore avait formellement interdit à Rogue de révéler son secret à quiconque mais est-ce que cela serait suffisamment dissuasif ? Rogue semblait tellement en colère à cet instant qu'il paraissait être capable de tout.
- Tu seras renvoyé de l'école, dit Remus en essayant de garder contenance.
- Peut-être mais ça m'est égal. Si tu t'approches encore, je crie la vérité à tout le monde, même si c'est la dernière chose que je fais à Poudlard.
Il avait l'air vraiment déterminé. Pour autant, Remus s'efforça de rester maître de lui-même et de ne pas céder. Il était évident que Rogue bluffait. Il ne risquerait pas sa place à Poudlard pour une bête histoire de vengeance. Fort de cette idée, Remus mit un pied hésitant devant lui. Voyant qu'il continuait à le braver, la réaction de Rogue ne se fit pas attendre.
- Eh vous tous écoutez-moi ! beugla-t-il aussitôt à la cantonade. Lupin est un…
- Arrête ! l'interrompit Remus en reculant tout à coup, pris de panique. D'accord, je te crois, tu as gagné. Je fais marche arrière. Tu vois, j'ai reculé. Ne dis rien, je t'en prie !
Rogue se tut. Satisfait d'avoir réussi à tenir son adversaire en respect, il le toisa d'un air de défi. Remus, lui, conserva son expression la plus neutre car il n'avait aucune intention belliqueuse. Au contraire, c'était animé des meilleurs sentiments qu'il venait à son vieil ennemi.
- N'aie pas peur ! lança Remus. Je veux seulement qu'on parle.
- Je n'ai rien à te dire.
- Alors tu vas m'écouter.
- Je ne vois pas ce que tu pourrais m'apprendre de plus, grinça Rogue en toisant son interlocuteur avec une profonde répulsion.
Remus se sentit blessé par ce regard qu'il connaissait pourtant bien. Les yeux noirs de Rogue brillaient d'un éclat si intense que le jeune loup-garou avait l'impression d'en sentir la chaleur désagréable sur sa peau, comme une marque au fer rouge.
- Severus, je suis sincèrement désolé, dit-il la gorge nouée.
Une légère ride se forma à la jonction des sourcils noirs du Serpentard mais ce fut la seule marque qu'il laissa transparaître sur son visage de marbre.
- Pour ce qui est arrivé…, poursuivit vaillamment Remus.
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- … Cela n'aurait jamais dû se passer ainsi.
Rogue fixa le jeune homme d'un regard térébrant. Ce dernier sentit son sang se glacer dans ses veines. Incroyable comme ce type pouvait être intimidant quand il s'y mettait !
- Je n'en doute pas, répondit-il d'une voix à peine plus élevée qu'un murmure. J'imagine que je n'étais pas censé m'en sortir.
Remus déglutit avec difficulté.
- Tu te trompes…
- Je suis étonné que vous n'ayez pas fait ça plus tôt, coupa Rogue en s'efforçant d'adopter un ton détaché. On se déteste depuis la première année et tu étais déjà un loup-garou de longue date à l'époque. Au fait, je suis le combientième à passer sur le grill ? J'imagine que je ne suis pas le premier.
- Mais pas du tout, bredouilla Remus, il n'y a eu personne.
- Oh je t'en prie ! soupira Rogue en roulant des yeux. Je dois au moins être le deuxième. Il y avait ce garçon qui partageait votre dortoir en première année, Icarius. On ne l'a plus jamais revu celui-là. Je comprends mieux ce qu'il est devenu maintenant.
- Tu dis n'importe quoi ! glapit Remus d'une voix faible.
Icarius Vane avait effectivement cohabité avec les maraudeurs durant la première année. Il s'était d'ailleurs très lié avec Peter et Remus, puis plus tard avec James et Sirius. Durant quelques mois, il partagea le secret de Remus avec eux mais il commit la terrible erreur de parler de cette découverte à ses parents. Mr et Mrs Vane ne purent admettre que leur enfant soit exposé au danger d'un loup-garou. Ne pouvant éradiquer cette menace de l'école, ils prirent le parti de retirer Icarius de Poudlard et on n'entendit plus jamais parler de lui.
- Je n'ai jamais fait de mal à personne, poursuivit Remus dont la gorge était tellement nouée à présent que le souffle lui manquait. Ce qui est arrivé l'autre nuit… c'était un accident. Ca ne se reproduira pas. Dumbledore ne saurait le tolérer.
- Tu crois ça ? fit le Serpentard avec fiel. Moi, je trouve que Dumbledore tolère un grand nombre de choses intolérables. Par exemple, je ne comprends pas qu'il accepte de mettre en danger toute l'école pour que tu puisses jouer au petit humain ordinaire.
- Je suis humain !
- Non, trancha Rogue d'un ton sans réplique. Désolé si je t'apprends quelque chose mais tu n'as rien d'un humain. Tu es un hybride, une espèce de mutant mais tu n'es pas des nôtres. D'ailleurs qu'est-ce que tu fiches ici ? Tu ne serais pas mieux dans la forêt avec les autres monstres ?
Remus sentit une douloureuse contraction dans sa poitrine. Il s'était douté que Rogue ne mâcherait pas ses mots mais tout de même, avait-il vraiment mérité de subir cela ?
- Je suppose qu'il est inutile de chercher à te convaincre, soupira l'adolescent en retenant ses larmes tant bien que mal.
- Oh pitié ! soupira Rogue en roulant des yeux exaspérés. Tu n'espères tout de même pas m'attendrir avec ton petit numéro. Peut-être que ça marche sur Dumbledore ou sur ces cervelles de Veracasses qui te servent d'amis mais ça ne prend pas avec moi. Maintenant que j'y réfléchis, je me demande comment j'ai fait pour ne pas m'apercevoir plus tôt de la vérité. Au fond, c'est évident. Toutes ces absences répétées, j'aurais dû faire le rapport avec la pleine lune. Et puis, cet air que tu te donnes…
- Quel air ?
- Ta façon de te tenir, de t'habiller, de paraître toujours bien propre sur toi, énuméra Rogue en désignant tantôt cheveux ou vêtements. C'est trop surfait, j'aurais dû me douter que c'était de la comédie.
- Ce n'est pas de la comédie, protesta vaillamment Remus en ravalant ses larmes autant que possible. C'est vraiment moi.
- Tu ne m'embobineras pas, s'entêta Rogue, le regard flamboyant. Tu oublies que j'ai vu ta véritable apparence.
Remus ferma les yeux en priant très fort pour pouvoir transplaner loin de ce couloir tout en sachant que c'était impossible. Il prit une profonde inspiration avant de pousser un long soupir qui lui servit à évacuer le trop plein d'émotions sous lequel il menaçait de s'écrouler.
- Severus, poursuivit-il avec une ténacité qu'il ne se connaissait pas, ma véritable apparence, c'est celle sous laquelle tu me vois à ce moment précis.
Le sourire narquois de Rogue indiqua qu'il n'était toujours pas convaincu. Remus comprit alors qu'il était inutile de faire durer le supplice davantage. Soit qu'il fût encore sous le choc de la pleine lune qu'il avait enduré, soit qu'il fût totalement intolérant, le Serpentard refuserait de lui laisser une chance. Pouvait-on vraiment lui reprocher cela après ce qu'il avait traversé ? Conscient que le débat glissait sur une pente savonneuse, Remus estima plus judicieux de le clôturer là.
- J'étais venu te présenter mes excuses, je l'ai fait, dit-il d'un ton résolu. Maintenant, j'en ai fini avec toi.
Sur cette grandiose conclusion, il tourna les talons et commença à s'éloigner mais à peine fit-il un pas qu'il entendit une sorte de signal d'alarme retentir dans sa tête. Le jeune homme se figea brusquement. Il ne connaissait trop bien cet avertisseur interne : c'était son sixième sens de lycan. Il signifiait qu'un danger imminent le menaçait.
En l'occurrence, le danger était si imminent que Remus n'eut même pas le temps de l'esquiver. Ses pieds décollèrent tout à coup du sol et il se retrouva violemment plaqué contre le mur avant même d'avoir compris ce qui se passait. Un regard vers Rogue, muni de sa baguette magique, pointée sur son ennemi, l'aida à rattraper son retard.
- Une minute, Lupin ! Moi, je n'en ai pas fini avec toi, siffla le Serpentard, qui semblait contenir une rage effrayante. Tu as essayé de me tuer au cas où tu l'aurais oublié. Ne crois pas t'en tirer aussi facilement. J'ai peut-être juré à Dumbledore de tenir ma langue mais ce n'est pas pour ça que je ne peux pas t'en faire baver.
- Severus…
- Tu te crois fort mais détrompe-toi ! Les humains aussi peuvent être très dangereux, surtout quand ils sont en supériorité numérique. Ici, t'es tout seul, Lupin ! Tu es seul. Et un loup-garou n'est pas invincible. Je connais chacune de tes faiblesses. Tu crois que c'est terminé, ça ne fait que commencer. Je vais faire de ta vie un enfer.
C'était bien ce qu'avait redouté Remus.
Pourquoi suis-je allé lui parler ? Je suis vraiment un idiot, regretta le jeune homme en se mordant l'intérieur des joues pour ne pas hurler de désespoir. Il s'était sottement jeté entre les griffes de Rogue et à présent, il était à sa merci. Trop heureux de le tenir en son pouvoir, le Serpentard agita sa baguette magique et l'adolescent se retrouva balloté dans tous les sens comme une maracasse. Luttant bravement contre la nausée, le représentant de la maison rouge et or s'efforça de garder bonne figure.
- J'ai quand même deux petites questions à te poser, continua Rogue.
Et pour les poser tout à son aise, il fit léviter Remus la tête en bas et les pieds en l'air.
Encore ce maudit sort !
Il était très à la mode, comme cela arrivait fréquemment avec les maléfices et on ne pouvait plus faire un pas dans les couloirs de Poudlard sans se retrouver pendu par les chevilles par le premier petit malin qui avait compris comment le jeter.
Rogue s'approcha de Remus. Leurs têtes, tellement proches qu'elles semblaient sur le point de se toucher, étaient exactement à la même hauteur mais comme ils n'étaient pas dans le même sens, cela faisait un effet des plus étranges.
- Première question, murmura Rogue avec un drôle de sourire, pensais-tu vraiment t'en sortir après m'avoir mis en pièces ? Tu croyais donc qu'il n'y aurait aucune conséquence ?
Remus fronça un instant les sourcils avec perplexité.
- Que veux-tu dire…
Soudain, il comprit et écarquilla de stupeur ses yeux couleur miel.
- Attends, il y a un malentendu là ! bredouilla-t-il. Je n'ai rien à voir avec cette blague idiote, moi ! Je n'étais pas au courant.
- Bien sûr.
- Il faut que tu me croies, supplia Remus. Je n'aurais jamais organisé une chose aussi monstrueuse. Je me suis fait avoir autant que toi.
- Donc, tes amis se seraient servis de toi ? Tu devrais songer à mieux les choisir.
Sur ce point, Remus ne pouvait pas franchement lui donner tort mais bien sûr, il était hors de question de lui faire cette confidence. De toute façon, Rogue n'en avait pas besoin. Le silence du jeune lycan lui sembla suffisamment éloquent comme cela.
- Tu veux que je te dise comment je vois les choses ? reprit Rogue d'un ton étonnamment détaché. Je pense que vous avez monté ce coup ensemble, les quatre mousquetaires. C'était un moyen commode pour vous débarrasser de moi. Je suis presque étonné que vous n'y ayez pas songé avant. Seulement Potter a dû avoir un élan de lucidité au dernier moment. Il a sûrement compris que vous ne vous en seriez jamais sortis si vous m'aviez tué alors il a tenté de stopper les dégâts… un revirement qui a failli lui coûter un bras. Ce qui me conduit à la deuxième question.
Il s'approcha si près que Remus dut réprimer un frisson de dégoût. Il avait une vue plongeante à présent sur les dents jaunies de son camarade et c'était un spectacle des moins ragoûtants. Ses paroles eurent vite fait cependant de chasser toute pensée dérangeante.
- Quel goût avait le sang de Potter ?
Remus ne put garder son calme plus longtemps. Il eut un mouvement brusque pour se libérer de l'emprise du sort comme s'il cherchait à briser des liens ou un filet invisible. Au passage, il faillit asséner un coup de tête à Rogue mais celui-ci eut l'heureux réflexe de reculer à temps. Il avait brusquement pâli devant la réaction soudaine de Remus mais son impuissance lui rendit aussitôt contenance. Rogue parvint même à esquisser un de ses odieux sourires.
- C'est bien ce que je pensais.
Tout se passait exactement selon ses vœux : il allait réussir à pousser le loup-garou dans ses derniers retranchements et à le faire sortir complètement de ses gonds.
Comme s'il avait subitement pu lire dans les pensées de son vieil ennemi, Remus comprit soudain où le Serpentard voulait en venir et parvint à se contenir.
Oh non ! Rogue ne l'aurait pas si facilement. Le professeur Doherty avait déjà essayé à de nombreuses reprises, persuadé qu'il l'aurait à l'usure mais personne ne pouvait le vaincre à ce jeu-là. Remus avait passé la moitié de son existence à réprimer la bête qui sommeillait en lui alors ce n'était pas les petites remarques acerbes de quelques affreux qui allaient lui faire perdre la tête.
Rogue parut un peu déçu. Il avait espéré voir la colère submerger sa cible. Nul doute que les émotions de Lupin étaient plus verrouillées que les coffres-forts de Gringotts mais le Serpentard n'avait pas dit son dernier mot. Sortir un être de lui-même entrait dans ses spécialités, il était très doué pour cela. Obliger un loup-garou à se trahir, cela devait être un jeu d'enfant.
C'était tellement facile d'ailleurs que Rogue songea qu'il valait mieux faire durer le plaisir. Après tout, Lupin lui avait fait une réelle frayeur lors de leur entrevue au clair de lune. Cela méritait une vengeance exemplaire. Ne disait-on pas que la vengeance était un plat qui…
Sans crier gare, Rogue leva le sortilège. Un être humain se serait sûrement étalé au sol en un tas informe mais Remus avait d'excellents réflexes du fait de ses capacités hors du commun, aussi atterrit-il sur ses deux pieds.
Malgré la brièveté de l'acrobatie, au moment où il se redressa, Rogue avait déjà fuit à l'autre bout du couloir. Avant de disparaître pour de bon cependant, il se tourna une dernière fois vers son ennemi et formula quelques mots à voix basse, sachant bien que les oreilles de loup de Remus les entendraient en dépit de la distance.
- Tu vas regretter de ne pas être resté dans la Forêt Interdite, dit-il d'un ton lourd de menace. Je serais toi, je resterais sur mes gardes en permanence. Chaque chose que tu mangeras, chaque porte que tu pousseras, chaque nuit de pleine lune où tu sentiras ta raison vaciller, attends-toi au pire ! Qui sait dans le sang de quel malheureux tu pourras te réveiller la prochaine fois ?
Il s'octroya quelques secondes pour regarder le visage de sa victime devenir livide puis disparut au détour d'un couloir d'un pas satisfait.
Et voilà, encore un chapitre très joyeux pour Remus. J'espère que Rogue a été à la hauteur de sa réputation ^^.
Alors ça vous a plu ? Laissez-moi votre avis !
Le prochain chapitre arrivera avec un peu de retard pour cause de voyage (moins de retard que la dernière fois quand même, je vous rassure).
Et le prochain de Venom of the Vanity devrait être achevé au cours de ces vacances.
Merci à tous pour votre fidélité !
