Je dois reconnaître mettre du temps entre deux chapitres. Cela s'explique en fait par le manque de review et commentaires qui me donne l'impression de ne pas avoir de lecteurs. Poster une suite me semble sans intérêt si personne ne lis ! Voila !
J'espère tout de même que vous appréciez la lecture !
Chapitre XI
Mon cœur accéléra de surprise. Pourtant je n'arrivais à savoir si c'était de la joie ou de l'inquiétude que je ressentais. Moi qui voulais tellement lui parler, c'était ma chance, et pourtant quelque chose au fond de moi m'empêcha de dire un seul mot.
« - Luka ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ?! Tu es recherchée, pourquoi ne pas t'être rendue l'autre jour !
- Ce n'est pas ce que tu cr…
- C'est ici que vont devoir s'arrêter tes petites aventures ! Me coupa-t-il soudainement. »
Ma gorge se serra. Il ne voulait pas m'écouter, pourquoi ?! Je sentais l'inquiétude monter en moi quand j'entendis des bruits de pas derrière moi. C'était ma camarade rester encore quelques minutes à l'intérieur. Pour une fois que c'était elle qui était à la traine, pensais-je nerveusement.
« - Qu'est-ce que ça veut dire ?! Tu viens avec la preuve de ta culpabilité en plus ! »
Dés que son regard croisa celui de mon amie, il mit la main sur sa ceinture pour en saisir son arme de poing, mais je connaissais mon supérieur par cœur, je reconnaissais ce geste sans problème. Alors j'en fis autant, presque par automatisme de voir quelqu'un braquer son arme sur moi. Face à face dans un duel qui ressemblait à ceux que l'on voyait dans les films de gangsters, nous nous braquions sans fléchir. Je n'aimais pas tellement l'idée de menacée mon supérieur et ami, mais à ce moment précis, je ne pouvais prendre le risque de laisser passer une telle menace.
« - J'avais confiance en toi ! Fit le garçon aux yeux mauves. Nous nous connaissons depuis des années, j'étais proche de ton père, et proche de toi ! Comment as-tu peux nous faire ça ? J'avais confiance en toi !
- Confiance ? La même confiance à mon égard que lors de votre témoignage, Commandant ?
- Tous les faits sont contre toi, rends-toi maintenant !
- Je ne peux pas me rendre, quelqu'un essaye de vous monter contre moi, tout cela n'est qu'une énorme erreur ! Lui criai-je de toutes mes forces.
- Si tu baisse ton arme, nous pourrons discuter ! »
Mon cœur battait la chamade, qu'allait-il se passer si je lui obéissais ? Mon esprit me torturait, je ne savais pas quoi faire, j'étais incapable de réfléchir, incapable de prendre une décision.
« - Et si vous baissiez plutôt la votre ? Prononça très calmement ma camarade de délit. »
Je n'avais pas pu faire très attention, mon regard braquée sur mon commandant, mais je remarquai l'arme que pointait maintenant la jeune fille sur lui. Elle avait du en prendre un dans le sac avant de me rejoindre, bien trop curieuse. Je déglutis difficilement alors que la situation semblait prendre une tournure que je n'aimais pas trop. J'espérais seulement que la voleuse ne se transforme pas en tueur en série subitement.
« - Regarde dans quel état tu es, Luka… souffla mon patron. Est-ce là ce que tu rêvais de devenir ? Penses-tu que ton père serait fier de toi en te voyant ? »
Je ressentis comme un coup de poignard enfoncé profondément dans mon cœur à ses mots. Si mon père était là… tout serait différent. Jamais il n'aurait douté de moi, jamais il n'aurait laissé sa propre fille passer pour une criminelle aux yeux de tous.
« - C'est terminé, nous sommes deux contre vous, vous avez perdu, reprit la voleuse. »
Je savais que le commandant Kamui était un homme déterminé, mais aussi réfléchi, il devait maintenant prendre la bonne décision. Je le vis serrer soudainement les dents, bien obliger de se rendre à l'évidence. Il était désavantagé dans cette situation. Il baissa le bras, s'aprêtant à ranger son arme.
« - Posez la par terre et faite la doucement glisser vers nous. »
Miku me surprenait, c'est comme si elle avait l'habitude d'être dans cette situation. Elle prononçait ses phrases de façon tellement calme, comme par automatisme.
Une fois l'arme récupérée, je m'approchai de mon supérieur, le fouillant pour être sure qu'il ne cachait rien d'autre sur lui, en profitant pour récupérer ses clefs au passage.
« - Je suis désolée… soufflais-je à contrecœur.
- Tu fais une terrible erreur. »
Peut-être avait-il raison, mais c'était encore la meilleure décision que je pouvais prendre à l'heure actuelle. Je ne pouvais pas le laisser interférer dans mes recherches et le laisser m'inculper pour complicité de vols et maintenant pour piratage et mise en danger d'autrui. Braquer un policier, un commandant, me couterait des années de prison.
« - Aller, rentrez là dedans, et sans geste brusque, ordonna la fille aux cheveux cyans en tirant la porte derrière elle pour lui faire signe.
- Toi… tu me le payeras… »
C'était la première fois que je voyais cet homme vexée. Son regard trahissait la fureur qu'il ressentait de s'être fait ridiculiser par une gamine. Il avait perdu face à une criminelle… ou plutôt face à deux. Je soupirai sur cette pensée. Il était trop tard, cette fois je ne pourrais définitivement plus revenir en arrière. J'entendis la porte de métal se refermer et nous nous assurâmes de bien la fermer à clef. Cela nous permettrait au moins de gagner du temps.
« - Aller, dépêchons-nous maintenant. »
J'acquiesçai avant de me mettre à courir derrière ma complice sur le même chemin que nous avions emprunté à l'allée même si cette fois nous y mettions bien plus d'énergie. J'étais déjà à bout de souffle lorsque nous arrivâmes à la voiture. Comme si mon entrainement physique à l'école de police n'avait jamais existé. J'entendais bientôt ronronner le moteur de la voiture.
« - Je t'avais dit de ne pas toucher au sac d'armes, fis-je en me sentant obliger de la réprimander.
- C'est tout ce que tu trouves à dire alors que j'ai encore sauvé des fesses ? »
C'est elle qui semblait maintenant vexée. Je n'avais pas vraiment envie d'admettre qu'elle avait raison. Elle resta silencieuse quelques secondes avant de me regarder du coin de l'œil.
- C'est nous qui l'avons prévenus que quelque chose clochait, entendis-je dans mon oreille. N'oublie pas que nous pouvons entendre tout ce qu'il se passe ! Même si elle avait surement déjà la main dans le sac avant. »
J'en étais sûre, même si ma camarade essayait de nier. C'était pour ça qu'elle trainait derrière… heureusement pour moi. Mais tout de même, tout cela aurait pu très mal se passer.
« - Très bien. Mais tu vas devoir me le rendre, ce n'est pas un jouet et je ne veux pas qu'une situation dégénère à cause de ta curiosité.
- Je sais me servir d'une arme, ce n'est pas la première fois ! Tu me traites comme une enfant alors que tu ne sais rien de moi ! »
J'entendais la colère dans sa voix me lacérer l'estomac. Comme si cette fois mes paroles l'avaient vraiment blessée. Je la traitais comme une enfant qui ignorait tout de la vie alors que j'ignorais tout de son passé, mais c'était plus fort que moi. Quand je la voyais, je ne voulais pas admettre qu'elle était sans doute par de terribles épreuves. Je ne voulais pas l'imaginer dans une situation où elle risquait sa vie. Je ne voulais pas la savoir armée alors que c'était tout autant dangereux pour elle que pour les autres. Je refusais d'admettre que depuis le début, elle m'avait plus souvent tiré d'affaire que je ne l'avais moi-même fait. J'étais désemparée, la confiance que j'avais si souvent en moi s'était envolée. Je me sentais incapable de quoi que ce soit. Pas même de me défendre. Cette situation m'énervait, je perdais le contrôle de ma vie et je ne le supportais pas ! Je ressentais de la haine au fond de moi pour tout ce qui m'entourait, la rage d'être victime de toute une affaire manigancée qui allait ruiner ma vie, si ce n'était déjà fait. Je savais qu'elle m'aidait, mais je refusais l'évidence, je refusais d'accepter que pour m'en sortir, j'aurais besoin d'elle et que je ne pourrais pas le faire toute seule.
Mon monde s'écroulait péniblement dans un silence pesant.
