Note : * Baisse les yeux en une attitude plus qu'honteuse * Bonjour .. ( vous noterez que c'est un tout petit bonjour, qu'on entend à peine et qui tente d'être mignon pour se faire pardonner ). Je suppose que vous dire que je suis sa mère désolée, la race de sa grand-mère, ne suffira pas, n'est-ce pas ? émoticône frown Vous avez bien raison. Je mérite vos insultes, vos caillasses, et tout ce que vous voulez.
Surtout que je sais pas si ce chapitre va vous plaire .. * pars vite en courant avec une chaise sur la tête dans l'espoir de protéger son intégrité physique *
Chapitre 9 : Putain d'état second !
Lorsque Stiles s'effondra sur le sol, entraîné par l'élan du corps lourd de Derek qui tombait, sa tête heurta violemment le rebord du lit sur lequel il avait grimpé. Un brin sonné, il fut tenté de céder à l'envie de se laisser aller sur le sol en attendant que quelqu'un arrive, mais un sentiment d'urgence l'en empêcha. Il savait qu'il s'était passé quelque chose de grave et qu'il fallait qu'il agisse.
...
Oui mais quoi ?
Stiles essaya de se concentrer, mais c'était de plus en plus difficile. Un bourdonnement, d'abord diffus, puis de plus en plus fort, comme si un essaim d'abeilles se précipitait vers lui a une vitesse vertigineuse, emplit ses oreilles et il vacilla lorsqu'il tenta de se redresser. Ses yeux eurent tout de même le temps de se poser sur une forme inerte à côté de lui, et il se souvint brièvement.
Derek.
Lorsqu'il se redressa, une violente envie de vomir l'assaillit, et il dut retenir un haut-le-cœur. Il réussit, par on ne sait quel miracle, à ramper vers l'homme à côté de lui, ne sachant pas très bien quoi faire. D'accord, en tant que médecin, il aurait du savoir comment s'y prendre, mais vous l'excuserez mais les cours de secourisme lui paraissaient bien lointains à cet instant, surtout qu'il avait déjà du mal à se remémorer son prénom.
Il se traina donc vers Derek, et il eut l'impression que ça lui prenait des heures. D'autant que ça se bousculait quelque peu dans son cerveau commotionné et il se demandait comment il arrivait encore à réfléchir. Et surtout, il se demandait pourquoi il réfléchissait au fait de réfléchir, bordel !
De plus, des tréfonds du brouillard qui l'enveloppait petit à petit, il se sentait paradoxalement plus lucide que jamais et se rendait compte de chaque émotion qu'il ressentait, sans les comprendre et sans réellement chercher à les comprendre d'ailleurs.
D'abord, cette sourde inquiétude qui pulsait au même rythme que son cœur, se propageant dans ses veines à une vitesse folle et lui glaçant le sang au fur et à mesure de sa progression. Puis la douleur, assez forte mais plus diffuse, qui prenait sa source sur sa tempe droite et qui émanait dans toute sa tête, tentant de prendre possession de ses neurones afin de le paralyser totalement et de l'empêcher d'agir. Il savait qu'il devait lutter et l'interrogation du pourquoi il pensait à Derek avant sa propre blessure lui facilitait sûrement la tâche pour ne pas perdre connaissance. Il se rendait compte que si la respiration de l'homme affalé à côté de lui avait eu le temps de s'arrêter, il ne s'en remettrait probablement pas.
C'était un sentiment tout nouveau pour lui. Il en avait perdu des patients, des personnes qui avaient réussi à se suicider malgré les mesures de sécurité, ou même des personnes qu'il avait fallu abattre lors d'une énième crise de folie plus violente et destructrice que les autres, et Stiles s'était toujours senti blessé, d'abord dans son humanité et son empathie naturelle, mais aussi dans son ego de médecin. Seulement cette fois, c'était différent.
Il avait l'impression qu'il était sur le point de perdre un proche, quelqu'un qu'il avait toujours connu, quelqu'un à qui il tenait. Or, c'était ridicule puisque c'était à peine s'il ne venait pas de rencontrer Derek Hale. Bon, ça faisait un peu plus d'un mois, mais ses échanges avec son patient avaient été limités, notamment parce que lui-même en avait posées, des limites.
Les paroles de Lydia lui revinrent en mémoire et il se demanda si, au final, elles n'avaient pas du sens. Lorsqu'elle les avait prononcées, Stiles s'était demandé si elle ne nageait pas en pleine nébuleuse, mais il devait maintenant se rendre à l'évidence : premièrement, Lydia Martin le connaissait comme sa poche, et deuxièmement, il connaissait son esprit cartésien ( et surtout sa répulsion à passer pour une conne si elle était prise en flagrant délit de paroles insensées ) et savait que si elle disait quelque chose, c'était après une période de longue réflexion et d'élaboration d'une thèse pour laquelle elle pouvait te citer des exemples, des contre-exemples, te donner la définition des termes clés et elle était même capable de te soumettre à des expériences. Et enfin mais pas des moindres, il connaissait les deux règles qui permettaient de comprendre et de ne pas faire de bourdes avec elle et les avait toujours appliquées à la lettre.
Règle numéro 1 : Lydia Martin a toujours raison.
Règle numéro 2 : Dans le cas contraire, se référer à la règle numéro 1.
Il savait donc qu'il y avait au moins un peu de vrai dans ce que sa meilleure amie lui avait annoncé tout à l'heure et que, même s'il ne voulait pas l'admettre, il devrait quand-même affronter la vérité un jour. Alors, est-ce que la, avachi par-terre à côté d'un semi-cadavre, c'était le bon moment pour l'affronter, cette vérité, il n'en était pas convaincu, mais c'est un autre débat.
De plus, n'est-ce pas quand on a perdu ou qu'on est sur le point de perdre quelque chose qu'on aime qu'on se rend compte à quel point on l'aime ? Était-il possible qu'il aime Derek Hale ? Était-il prêt à remettre sa carrière en cause si jamais ça venait à se savoir ? Pourquoi était-il en train de tomber amoureux de cet homme si différent de lui, si complexe ? Pourquoi le trouvait-il si fascinant ?
Ce flot de questions ininterrompu aurait pu rendre le jeune médecin fou à son tour s'il n'était pas enfin arrivé aux côtés de son patient. Il se hissa sur lui dans le but de l'examiner et ses gestes étaient plus machinaux et désespérés que réfléchis et professionnels. Pour preuve, il ne prit même pas la peine de vérifier si l'homme à qui il devait venir en aide respirait avant de faire la première chose qui lui passa par la tête et se poser ses lèvres sur celle de Derek. Il essaya de se souvenir de comment on pratiquait un bouche-à-bouche, mais même du fond de son état second, il avait plus ou moins conscience qu'il était plus en train de céder à sa propre pulsion plutôt que d'effectuer un geste d'altruisme pur en essayant de sauver la vie de son prochain. Bien sûr, c'était mieux si celui-ci restait en vie, se rendit-il compte.
Quelque peu perturbé par les lèvres charnues mais douces sous les siennes, il tenta de se redresser et prit appui sur le coude du bras qui n'était pas " posé " ( comprenez plutôt " qui entourait le torse de Derek " ) sur son patient et prit enfin la décision de commencer à insuffler de l'air dans la bouche de l'autre homme. Il n'aurait évidemment pas été si surpris lorsque les lèvres sur lesquelles il se reposait presque commencèrent à bouger, s'il avait pris la peine de remarquer que la poitrine sur laquelle il était couché se soulevait - irrégulièrement certes, mais se soulevait quand-même -, signe que Derek était en vie. Ivre de soulagement, Stiles se détacha de son patient et, après avoir été happé par des yeux verts, il sombra dans l'inconscience avec cette dernière image dans la tête.
Inconscience, ô inconscience chérie, qui vient me cueillir lorsque je suis fatigué de lutter et que je sais que tout va bien. Et surtout, grâce à toi je peux échapper à ce moment gênant, n'est-ce pas ?
Stiles savoura les instants qui précédaient son accès aux limbes brumeuses de son esprit. Ce moment qu'il venait de vivre était lourd de sens et surtout de conséquences futures, mais il décida qu'il s'en occuperait plus tard.
Note : Ouais, parce qu'en plus d'avoir écrit un tout petit chapitre, je vous ai fait languir pendant les trois-quarts du truc. Je suis vraiment une connasse hmm ? Comme d'hab, les reviews sont dispos si vous voulez m'insulter, moi je vous aimerai quand-même !
