Chapitre 11 Retours

Après deux semaines de vacances chez les Dursley, Dumbledore vint chercher Harry pour l'emmener au Terrier. Il l'informa qu'il avait hérité du 12, square Grimmaurd, qu'il laissa à l'Ordre, de Kreattur, qu'il envoya aux cuisines de Poudlard et de Buck, qu'il laissa à Hagrid.

Harry n'avait pas reçu de nouvelles de Laurence et Dumbledore n'en savait pas plus que lui. Ils allèrent au Terrier et Mrs Weasley les accueillit à bras ouvert.

Après avoir suffisamment mangé, Harry monta se coucher. Juste avant de monter les escaliers, il vit une forme humaine couchée sur le divan du salon à quelques pas de lui. Malgré la noirceur, il réussit à voir le visage de porcelaine de Laurence qui dormait paisiblement.

- Laurence… s'étonna-il et Molly se précipita auprès d'Harry en faisant «Chut !». Désolé…

- Laisse-la dormir, murmura-t-elle en l'emmenant dans la cuisine.

- Elle n'était pas supposée être en Finlande ? demanda Harry, étonné.

- Oui, elle y est allée, mais elle est revenue pour recevoir le résultat de ses BUSE. Elle repartira tout de suite après… répondit-elle.

- Les guérisseurs finlandais ont-ils trouvé quelque chose ? demanda Harry, dont le cœur battait fort.

- Ils ne savent rien encore… Elle recevra les résultats de ses tests quand elle y retournera, dit-elle, inquiète, malgré elle.

- D'accord… dit Harry. Comment va-t-elle maintenant ?

- Pas tellement mieux, répondit-elle. Franchement, son cas a empiré. Elle peut à peine dormir… Malgré tout les trucs que nous connaissons autant magiques et que moldus. Elle dort très peu et c'est un miracle qu'elle puisse réussir à dormir quelques heures. La seule place où elle a réussi c'est sur le vieux canapé.

Elle lui sourit tristement, sans conviction.

- Elle est tellement rendue fragile… dit-elle en laissant échapper un sanglot. Désolée, Harry, rajouta-t-elle en cachant son visage dans un mouchoir. Va dormir maintenant, il est tard…

Harry acquiesça et alla prendre place dans la chambre des jumeaux, maintenant inoccupée. Harry se réveilla en sursaut après avoir fait un cauchemar qu'il n'arrivait pas à se rappeler. Il regarda sa montre et il était 5h04 du matin. Il ne réussit pas retrouver le sommeil, donc il descendit à la cuisine, silencieusement. Il passa devant Laurence qui dormait toujours et alla dans la pièce voisine, vide.

- Salut, Mr Potter, dit une voix faible derrière lui.

Il se retourna et vit Laurence qui le regardait, toujours couchée confortablement. Il lui sourit et vint s'asseoir par terre près d'elle.

- Salut, murmura-t-il. J'espère que…

- Non, ne t'en fait pas. Tu ne m'as pas réveillée, le devança Laurence, toujours d'une voix sans vigueur.

Il lui sourit et le perdit peu à peu en remarquant que son teint était vide de vie, que ses joues étaient nettement plus creuses et qu'elle avait des cernes bleutés sous ses yeux brun vert qui, eux, n'avaient pas perdu leur vivacité. Son estomac se crispa de la voir dans cet état et il tenta de ne pas le laisser paraître.

- Alors les funérailles de Sirius se sont bien passées ? demanda-t-elle soudainement, ce qui surpris et attrista encore plus Harry de devoir en parler.

- C'était… correct… dit-il sans la regarder. La cérémonie fut petite et intime avec les amis et la parenté proche.

Une larme brûla le long de sa joue.

- Je suis désolée de ne pas avoir été présente, Harry… dit-elle, attristée. C'était un moment très important pour toi et je n'étais pas à tes côtés pour t'aider dans cette épreuve.

- Tout comme Hermione, dit-il. Ce n'est pas grave, tu venais à peine de partir pour la Finlande. C'était et c'est encore important pour moi que tu guérisses, Laure…

Elle le quitta des yeux, triste, et il lui prit la main pour lui donner du courage. Cette dernière était osseuse et froide.

- Tout ce que je sais pour le moment, c'est que c'est une sorte de maladie dégénérative, dit Laurence en voyant plusieurs questions dans son regard. Ma magie à elle seule ne peut pas y faire grand-chose, mais ceci pourra sans doute m'être utile.

Elle sortit de sous sa couverture un gros livre brun et un autre plus petit vert forêt. Laurence lui sourit d'excitation, en sortant la vieille clé qu'elle avait trouvée dans son balai.

- J'ai résolu l'énigme pendant mon séjour à Ste-Mangouste avant de partir pour Helsinki, dit Laurence. Elle disait : «Derrière les yeux peints d'HI, se cache le cœur d'Anni.» HI c'est en fait Helena Iranovick et «ses yeux peints» se trouve au salon de Ste-Mangouste !

- C'était avec elle que tu parlais à chaque visite de Mr Weasley, comprit Harry.

- Exactement, si je ne l'avais jamais connue, je n'aurais jamais deviné que c'était d'elle que la clé parlait.

- Comment pouvais-tu être sûre que c'était elle ?

- Parce que dès que je lui ai montré la clé, ses yeux devinrent ronds comme des œufs et elle me dit que mon intuition ne m'avait pas menti lorsque j'avais essayer de trouver quelque chose derrière son tableau.

- Mais tu n'avais rien trouvé la première fois, je m'en rappelle, dit Harry.

- Il me manquait la clé et une instruction qu'Helena me donna après s'être assurée que la clé m'appartenait réellement.

- Laquelle ?

- Qu'en touchant le mur derrière le tableau, il fallait que je manifeste mon désir d'y trouver quelque chose de précieux, tout en illuminant ma main pour confirmer mes pensées et ma véritable identité. C'est ce que j'ai fait au beau milieu de la nuit à l'abri des guérisseurs et avec le peu de force que j'avais. Alors une serrure est apparue sous ma main. Elle était dans le même style que la clé. J'ai ouvert la petite porte métallique et je sortis ces deux livres. Le plus gros est un livre de guérison que possédait tout guérisseur qui se respect et l'autre est le journal intime d'Anni Saravo … ma mère !

Harry demeura ébahi devant une telle découverte.

- J'ai réagi comme toi en le découvrant, mais avec plus de larmes de joie ! dit Laurence en souriant devant son attitude. Helena était mon arrière-grand-mère et j'ai appris d'elle que ma magie s'était transmise de mère en fille à partir de sa génération pour arriver jusqu'à moi. Ma mère était guérisseuse, comme sa grand-mère. Grâce à leurs pouvoirs, elles accomplirent de grandes choses dans leur profession. C'était son livre de guérison avec ses modifications personnelles étant propre à sa magie, donc la mienne. J'espère y trouver quelque chose pouvant m'aider à guérir.

- As-tu trouvé quelque chose pour le moment ?

- Non, pas encore, mais j'en ai appris énormément sur ma magie et sur ma mère également, dit-elle.

- Connais-tu l'identité de ton père ?

- Oui ! dit-elle, excitée. Il s'appelle Nicholas, c'était un artisan important et un fabricant de balai au niveau européen. Par contre, ma mère ne mentionne pas son nom de famille, qui est le mien en fin de compte… C'est décevant et mystérieux à la fois. De plus, elle a arrêté d'écrire un an après avoir rencontré mon père. Donc je ne sais rien me concernant ou concernant leur mort…

- Au moins tu les connais, maintenant, l'encouragea Harry. C'est déjà inouï que ta mère t'ait légué ses livres de cette manière et que tu aies réussi à les trouver !

- Mais je trouve tout de même cette façon étrange, tu ne trouves pas ? dit Laurence. Comme si mes parents voulaient absolument que personne ne les trouve mis à part moi… Ce qui est déjà un miracle que j'habite maintenant l'Angleterre pour être si près du tableau… C'est peut-être qu'un hasard, mais un hasard extrêmement chanceux…

Harry l'approuva et un silence s'installa où Laurence s'assit sur le divan, tout en demeurant emmitouflé dans ses couvertures.

- Laurence, est-ce que tu sais où est Hermione ? demanda Harry. Selon Dumbledore, elle serait dans un endroit hors d'état de nuire.

- C'est le cas, dit Laurence. Elle n'est pas entre les mains de Voldemort ni à Azkaban… Elle est à…

- Elle est à ?... l'encouragea Harry.

- À Poudlard…

- À Poudlard !? s'exclama Harry.

- Oui, dans une cellule sous haute surveillance, protégée par ma magie et par celle de Dumbledore. C'est moi qui l'ai emmené là pour pouvoir la faire revenir à elle-même… enfin, dès que j'irai mieux…

- Comment Dumbledore a réagi quand tu lui as dit ? demanda Harry en redoutant la réponse.

- Euh… Il fut très surpris… et même presque fâché de constater mon imprudence… dit-elle. Mais il a fini par se calmer et il a accepté la motivation de mon acte. Au moins, elle n'est pas avec Voldemort pour comploter contre nous et parmi nous.

- Commence par bien te soigner d'abord… dit Harry.

Elle acquiesça.

Dans la matinée, ils virent Fleur qui allait se marier avec Bill l'été prochain. Ils reçurent leur résultat de leur BUSE, sauf Laurence dont la lettre était sans doute chez ses parents adoptifs. Ces derniers n'allaient pas tarder à venir la chercher. On cogna à la porte du jardin.

- Qui est-ce ? demanda Molly, derrière la porte.

- C'est Amélia et Christian Dubois, nous sommes venus chercher Laurence, dit une voix féminine.

- Laurence, pourrais-tu leur poser une question pour vérifier que c'est bel et bien eu et non des Mangemorts ? demanda Molly en se tournant vers elle.

- Bien sûr, dit-elle en s'approchant de la porte et Molly la prit par le bras au cas où elle aurait une faiblesse. Euh… Attendez que je réfléchisse… Qu'elle est le nom de ma mère biologique et son métier ?

- Anni Saravo était guérisseuse, répondit Amélia sans hésitation.

Laurence les laissa entrer et ils embrassèrent leur fille adoptive avec amour.

- Tu nous as manqué, ma puce, dit Amélia. Désolée, j'ai oublié les bonnes manières. Bonjour, madame Weasley.

Elle serra la main de Molly et celle d'Arthur. Son mari fit de même.

- C'est très généreux de votre part de l'avoir hébergé pendant quelques jours, dit Christian. On aurait bien voulu venir plus tôt, mais les moyens de transports sont très restreints ces temps-ci…

- Je n'en doute pas, approuva Arthur. Le ministère tente de tout faire pour empêcher une attaque de Mangemorts.

L'autre acquiesça.

- Ce fut un plaisir, madame Dubois, dit Molly à Amélia. Elle sera toujours la bienvenue parmi nous. Qui voudrait laisser ce cher ange dehors en ces temps si incertains ?

L'autre sourit. Les conversations durèrent encore quelques minutes et les Dubois partirent enfin avec Laurence.

- Au revoir ! dit Laurence en saluant tout le monde. En espérant que je vous revois avant la rentrée.

- Sûrement ! dit Ron, confiant. Tu vas guérir assez tôt, j'en suis persuadé.

Elle lui sourit avec espoir, mais elle ne semblait pas aussi convaincue que lui. Harry pensait la même chose, mais il gardait la foi malgré ses doutes.

- Est-ce que tu vas nous écrire pour nous donner de tes nouvelles ? demanda Harry avec espoir, n'ayant reçu aucune nouvelle auparavant.

- Ce serait trop risqué qu'un Mangemort intercepte une telle information. Personne ne sait que je suis très vulnérable et c'est mieux ainsi.

Harry comprit malgré sa déception. Christian prit la valise de Laurence et cette dernière prit William dans ses bras.

Deux heures plus tard, ils arrivèrent enfin devant une maison à deux étages en briques grises avec des volets blancs. C'était leur maison et Laurence monta directement dans sa chambre, épuisée par le voyage.

- Veux-tu quelques chose, Laurence ? demanda Amélia du bas des marches, légèrement inquiète comme toutes les mères. Quelque chose à manger, à boire, une couverture de laine, une tisane relaxante ?

- Tu ne trouves pas que je suis assez zen comme ça ? dit Laurence moqueuse, étant rendue en haut des marches, un peu haletante.

- Tu es sûre que ça va aller ? demanda sa mère adoptive qui avait remarqué sa faiblesse.

- Oui… dit-elle en marchant normalement dans le couloir.

Elle fut parcours subitement d'un frisson et resserra encore plus sa veste autour d'elle. Sa tête se mit à tourner et elle tomba au sol, épuisée. Elle entendit une voix familière l'appeler et des pas précipités dans l'escalier. Quelques secondes plus tard, elle vit un visage crispé et flou au dessus d'elle juste avant de perdre conscience.

Le reste de l'été se passa assez bien du côté du Terrier. Harry, Ron et Ginny jouèrent souvent au Quidditch et aux échecs. Par contre, ils ne reçurent aucunes nouvelles de Laurence et tous s'en inquiétèrent un peu, surtout Harry. Ils allèrent au chemin de traverse pour chercher leurs livres d'école et pour voir le nouveau magasin des jumeaux.

Le lendemain, ils se rendirent à la gare et Harry, Ron et Ginny prirent le train. Ginny et Harry allèrent dans la cabine du professeur Slughorn pour la réunion de son club, tandis que Ron remplissait ses devoirs de préfet sans Hermione, ce qui l'attrista encore plus que d'habitude.

Le train s'arrêta et tous les élèves sortirent, sauf Harry qui était tombé dans un piège de Malefoy. Il était figé sous sa cape d'invisibilité avec le nez cassé. Par chance, Tonks vint le sortir de là. Il remarqua qu'elle avait le regard triste au travers de ses cheveux grisâtre. Elle avait été grandement affectée par la mort de son cousin Sirius. Harry ne sut pas quoi dire pour lui remonter le moral. Ils se rendirent vers la barrière de l'enceinte de Poudlard et Tonks envoya un message prévenant qu'Harry était en retard. Lorsqu'ils arrivèrent devant la barrière cadenassée, Harry vit une ombre noire se diriger vers eux à leur droite. Elle semblait avoir une lourde valise et un autre petit paquet dans l'autre main, ainsi qu'un balai que Harry reconnu aussitôt. L'ombre s'arrêta à quelques mètres d'eux, déposa ses affaires et retira son capuchon.

Harry n'en crut pas ses yeux, même s'il savait que c'était elle. C'était Laurence avec un visage rayonnant de santé et de couleurs. Ses yeux pétillèrent en voyant Harry et elle s'approcha un peu pour constater qu'il avait beaucoup grandi.

- Salut, Harry ! dit-elle, rayonnante.

Il ne prit pas le temps de lui répondre et fit un geste qui le surprit tout comme Laurence qui ne s'y attendait pas. Il la prit dans ses bras et la serra fortement tellement il était content de la voir rétablie selon les apparences en tout cas.

- Est-ce que tu es guérie ? demanda Harry en la lâchant.

- Oui ! dit-elle, souriante. Je te raconterai tout un peu plus tard.

- D'accord, dit Harry, compréhensif et curieux.

- Pourquoi tu as du sang sur la figure ? demanda-t-elle, intrigué.

- C'est un coup de Malefoy, je te raconterai ça plus tard également.

- D'accord, dit-elle en levant sa main lumineuse et rosée devant les yeux d'Harry qui sentit tout le sang se volatiliser avec chaleur. C'est beaucoup mieux ainsi.

- Merci.

Rogue vint les chercher avec un regard rempli de fierté. Ils saluèrent Tonks tout particulièrement Laurence qui l'étreignit malgré l'état las de Tonks qui s'efforça de sourire faiblement. Ils partirent avec Rogue qui ne se gêna pas de les harceler sur leur retard et il envoya magiquement les bagages de Laurence au château.

- Je me vois dans l'obligatoire de vous enlever 50 points chacun pour votre retard… dit-il, avec un ton qui voulait tout dire.

- Je viens à peine de rentrer de Finlande, professeur… répliqua Laurence, poliment.

- Et 20 autres points pour votre accoutrement de moldu, poursuivit Rogue comme s'il n'avait pas été coupé.

Laurence présenta sa main à Harry à côté de lui sans quitter Rogue des yeux qui était devant eux. Il la prit avec hésitation, ne sachant pas ce qu'elle allait faire.

- De quoi parlez-vous, professeur ? demanda Laurence qui avait subitement changé de vêtement, tout comme Harry qui fut pris par surprise.

Elle lâcha sa main, tandis que Rogue se retourna et fut surpris de les voir dans leur robe pendant une fraction de seconde, ce qui satisfit Laurence.

- Ne faites pas la maligne avec moi, Dubois, dit-il en se retournant. Ce n'est pas parce que vous avez frôlé la mort que tout vous est permis…

Laurence ne laissa pas sa colère prendre le dessus. Ils arrivèrent devant les portes de la Grande Salle. Laurence et Harry se dépêchèrent d'entrer pour rejoindre Ron. Par contre, leur entrée en surpris plus d'un. Ils ne passèrent pas inaperçus comme ils l'auraient souhaité. Ils s'assirent en vitesse en face de Ron qui les questionna, mais ils lui dirent qu'ils en parleraient plus tard où il n'y aurait pas d'oreille indiscrètes comme présentement.

- Alors, tu es guérie pour de bon, Laure ? demanda Ron, très content de la voir en forme.

- Chut ! s'écria Laurence sévèrement.

« Il n'y a que l'Ordre et ceux qui étaient avec nous au ministère qui savent que j'ai été souffrante cet été ! dit-elle par la pensée. Je ne veux pas que toute l'école soit au courant et encore moins La Gazette… Ce fut assez éprouvant comme ça…»

« Ta guérison fut éprouvante ?» s'inquiéta Ron.

- Plus tard, murmura-t-elle en regardant les plats devant elle.

Ils mangèrent avec appétit, même Laurence. Par contre, Harry et Ron remarquèrent qu'elle ne prit que les aliments sains.

Lors du discours de Dumbledore, ils apprirent à leur grand désespoir que Rogue enseignerait la DCFM et que Slughorn se chargerait des Potions. Le trio regagna la Salle commune de Gryffondor et les gars bombardèrent Laurence de questions. Elle parut soudainement épuisée.

- Ça va, Laure ? demanda Harry.

- Oui, c'est juste que le voyage fût long et pénible. Le temps n'était vraiment pas propice pour le vol, mais je ne voulais tellement pas arriver en retard pour la rentrée…dit-elle en se frottant les yeux.

- Dit-moi… commença Harry, gêné de lui demander. Quand vas-tu t'occuper d'Hermione ?

- Dès demain, si je suis en forme, répondit-elle.

- D'Hermione ? s'étonna Ron. Tu sais où elle est ??

- Oui…

- Elle est dans… commença Harry, mais il fut coupé par Laurence.

- Elle est dans un lieu secret… dit-elle et elle regarda subitement autour d'elle.

La salle était bondée et les conversations étaient trop bruyantes pour qu'on les entende, mais Laurence n'était pas rassurée. Elle se leva ainsi que ses mains lumineuses et blanches. Elle fit apparaître un globe insonorisé autour d'eux en prononçant : « Vockbell !».

- Tu prononces encore tes formules ! s'étonna Ron.

- Je suis trop fatiguée pour faire des sortilèges informulés, répliqua-t-elle. Dites… Cela ne vous dérange pas que je vous raconte tout un peu plus tard ? Je suis trop fatiguée pour raconter tout ça…

- Non, voyons ! dit Harry, compréhensif.

- On comprend, dit Ron.

Laurence leva le sort qu'elle avait mis pour rien en constatant après qu'elle n'était pas apte à parler.

Elle alla se coucher avec grand plaisir en tentant de ne pas trop se remémorer les durs évènements de cet été. Cette nuit-là, Laurence ne dormit que 6 heures. Par contre, c'était mieux que les nuits précédentes. Elle allait tranquillement reprendre un régime de vie normale. Il était 2h46 selon sa montre et la Lune commençait à se coucher. Laurence se leva sachant qu'elle ne dormirait pas davantage et elle se vêtit. Elle quitta la tour et descendit jusqu'aux donjons dans un couloir presque banni. Elle rencontra Peeves.

- Qu'est-ce que la jeune demoiselle fait ici à cette heure ? demanda-t-il en s'approchant d'elle.

- Ce n'est pas de vos affaires, répliqua Laurence. De plus, j'ai la permission de Dumbledore de faire ce que je veux, peu importe le moment. Alors laissez-moi passer !

Elle ne prit pas la peine d'attendre quoi que ce soit de sa part, elle le traversa avec déplaisir. Elle poursuivit son chemin dans ce lugubre et humide couloir, rempli de cellules vides sauf la dernière à droite. Peeves s'en alla et elle regarda par une petite fente, Hermione dormait sur un futon. Elle était dans un état lamentable de saleté.

- La voilà dans un triste état, dit Dumbledore, en robe de nuit, qui se trouvait juste derrière elle, la baguette allumée.

Elle sursauta et Dumbledore fit : «Chut !».

- Désolée… murmura-t-elle pour ne pas réveiller Hermione. Que faites-vous ici à une heure pareille ?

- Tu as franchis une de mes barrières de sécurité en entrant dans ce couloir, donc je suis venu voir qui passait par là à une telle heure, répondit-il.

Elle lui sourit.

- Je voulais…

- Je sais ce que tu voulais faire, la coupa Dumbledore, poliment. Je n'ai rien tenté, car je savais que tu voulais avoir ta part de responsabilité dans son rétablissement. C'est ton amie et je respect cela. La seule chose que j'ai faite, c'est d'avoir évalué jusqu'à quel point elle avait changé mentalement.

- Qu'avez-vous trouvé ? demanda-t-elle, même si elle savait un peu déjà la réponse.

- Son savoir, ses souvenirs et une partie de sa personnalité sont restés intacts, répondit-il. Il y a seulement sa façon de pensée par rapport au bien et au mal qui est différent. Par conséquent, sa personnalité s'est modifiée inévitablement.

- Avez-vous une idée de comment lui « rendre la raison » ?

- Oui, quelques hypothèses tout au plus… Et toi ?

- La même chose… Le livre de ma mère et les guérisseurs, avec qui j'en ai discuté en Finlande, m'ont aidée.

- Bien, je suis sûr que nous allons trouver quelque chose à nous deux, dit-il, encourageant.

- J'espère, dit-elle en lui souriant.

- Que dirais-tu que l'on se rencontre quelques soirs pour en parler plus en détails et lorsque nous serons vraiment prêts, nous passerons à la pratique ?

- Euh… D'accord… dit Laurence, heureuse de sa générosité. Je ne pourrais pas demander mieux surtout de votre part, professeur.

- C'est tout naturel, Laurence. Alors demain soir, 7h, te conviendrais-tu ?

- Oui, professeur !

- Alors à demain soir, dit-il. Bonne première journée d'école dans… quelques heures !

Il partit. Laurence retourna à la tour et poursuivit sa lecture du livre de guérison de sa mère. Pendant cette lecture, qu'elle avait commencée après avoir lu le journal intime de sa mère cet été, elle en apprit plus sur la guérison que dans n'importe quel autre matière scolaire. Sa mère était une guérisseuse minutieuse selon les notes qu'elle avait rajoutées dans son livre. Elle en sait davantage également sur sa magie.

Elle releva les yeux de sa lecture vers 7h03 et regarda fixement le lit vide d'Hermione. Une larme déborda de son œil sans prévenir et elle chassa ses idées noires tout en se levant. Elle se prépara. Elle rejoignit les garçons à la table de Gryffondor et mangea encore une fois que des aliments légers. Les gars lui racontèrent que Malefoy aurait supposément une mission à accomplir pour Voldemort.

- Ça ne me surprend pas vraiment ! Son père est à Azkaban, alors il a besoin de quelqu'un d'autre pour le remplacer… dit-elle. De plus…

Elle réfléchit et se tourna vers la table de Serpentard où elle vit Malefoy rigolé avec sa bande.

- De plus quoi ? demanda Ron.

- De plus, c'est ingénieux de la part de Voldemort, car Malefoy peut aussi agir en tant qu'espion, répondit-elle.

- C'est vrai, il peut représenter un danger, approuva Harry.

- Il va falloir ouvrir l'œil et le surveiller, dit Laurence.

- Bon, miss Dubois, dit McGonagall en s'approchant d'elle, un horaire vierge en main. Je vois que vous avez réussi dans toutes les matières et même dans celles dont vous n'avez pas besoin pour poursuivre vos études pour devenir Auror ou guérisseuse. Souhaitez-vous poursuivre tout de même en divination, soins aux créatures magiques, en astronomie et en histoire de la magie ?

- Euh, non, professeur. Je ne préfère pas, dit Laurence. Je veux vraiment être guérisseuse, donc je vais prendre le strict nécessaire, sauf pour astronomie.

- Très bien, dit-elle en lui tendant son nouvel horaire. Pourquoi l'astronomie ?

- Tout simplement parce que c'est une passion.

- Bien, monsieur Potter…

Elle lui donna les mêmes cours que Laurence, sauf astronomie. Ron eut la même chose que son meilleur ami.

- Super, on est en pause dès maintenant ! dit Ron en parcourant son horaire.

- Eh bien, bonne pause les gars, moi j'ai astronomie, dit Laurence en se levant. À tout à l'heure !

- À plus tard ! dirent les gars qui allèrent dans la Salle commune.

Son heure de cours passa vite et Laurence regrettait presque son choix. Il n'y avait qu'une quinzaine d'élèves un peu étranges. Elle était obligée de travailler avec un excentrique de Poufsouffle. Elle rejoignit les gars au cours de DCFM et elle s'assit avec Neville, toujours seul. Dans la salle devenue très sombre, Rogue fit un discours peu encourageant. Ils commencèrent à aborder le sujet des Sortilèges Informulés. Tous se mirent en équipe de deux et pratiquèrent, ce qui plongea la classe dans un silence inconfortable. Laurence devait attaquer Neville et y arriva en deux secondes. Il n'eut aucune chance malgré ses efforts. Ensuite, ils échangèrent de rôle et après dix minutes d'attente, Laurence n'était plus du tout concentrée. Elle fixait un cadre derrière la tête de Neville où l'on voyait des Inferi s'en prendre à un couple. Ce n'était pas du tout un beau spectacle.

- Miss Dubois, sortez de vos rêveries et demeurez concentré sur votre travaille ! dit Rogue dans son dos.

- Ça ne vaut pas la peine, professeur, dit-elle poliment en se retournant. Je sais parfaitement comment faire ce type de sortilèges.

- Ha oui, j'oubliais… Encore une miss-je-sais-tout, mais qui, en plus, pratique une toute autre magie, répliqua froidement Rogue. Je ne vous demande pas de pratiquer votre magie pour exécuter un Sortilège Informulé. Votre magie n'est pas reconnue parmi la nôtre.

Laurence bouillait tranquillement de rage, mais elle se maîtrisa parfaitement.

- La pratique des Sortilèges Informulés est présente dans toutes les magies du monde, répliqua Laurence, un peu plus sèchement. Et pourquoi, selon vous, je suis revenue étudiée ici ? Malheureusement pour vous, professeur, je maîtrise ce type de sort peu importe la magie…

- Alors, prouvez-le, miss Dubois, dit Rogue, impénétrable. Debout en avant de la classe !

Laurence s'exécuta et Rogue lui fit face, la baguette levée.

- Baguette parée ! ordonna-t-il.

- Je n'en ai pas besoin, monsieur.

- J'insiste ! répliqua-t-il.

Elle sortit sa baguette.

- Prête ?

- Toujours…

La seconde après, Rogue lança un sort informulé et Laurence répliqua avec un bouclier. Le sort ricocha vers Rogue qui le contra avec un bouclier. Le sort retourna sur Laurence qui le reçu de plein fouet et elle tomba durement sur le mur derrière elle.

- Arrêtez, professeur, dit Harry en se levant subitement. Vous savez parfaitement qu'elle…

- Harry ! lança Laurence en se redressant. Laisse tomber…

- Je suis au courant, Potter, répliqua Rogue. Vous voyez bien qu'elle n'a rien votre petite amie !

Harry fulminait et Ron lui tapota le bras pour qu'il se calme.

« Assied-toi, si tu ne veux pas une retenue » lui dit Laurence par la pensée.

Harry se rassit à contre cœur et ne put que continuer à fusiller Rogue.

- Bien… poursuivit Rogue. Merci, miss Dubois, pour cette petite démonstration. Vous êtes en mesure d'aider ceux qui sont les plus lamentables dans ce type de sort. Je vous conseille fortement d'aider le cas désespéré de monsieur Potter. Continuez.

Harry fulminait de plus bel et Laurence alla rejoindre Ron et lui en silence. Les gars continuèrent à se concentrer, mais Harry n'en était pas capable, il rageait encore trop contre Rogue.

« Concentre-toi, Harry…»

« J'essais…» rumina Harry.

« Ça ne parait pas en tout cas…»

- Je fais des efforts, d'accord ! s'écria Harry contre Laurence, surprise de le voir s'emporter de la sorte.

- Je crois que vous avez du mal à saisir les directives, monsieur Potter, dit Rogue. J'ai demandé le silence. Ce n'est pas parce que vous êtes l'élu que tout vous est permis. Vous saurez en retenue samedi soir à 7h à mon bureau.

Harry était au paroxysme de la colère. Pendant tout le reste du cours, Harry fit semblant de se concentrer et ne prononça pas un seul mot. En sortant, Laurence tenta de le calmer, mais elle n'eut pas grand succès. Il finit par se calmer lui-même en passant à autre chose. Ils allèrent au cours de Potions et s'assirent avec Ernie à une table à l'opposée de celle des Serpentard. Ils remarquèrent que la classe était remplie de chaudrons dans lesquels mijotaient différentes potions. Slughorn salua Zabini et Harry, bien entendu. Il tourna son regard vers Laurence et son visage s'illumina.

- Je suis enchanté de vous rencontrer en personne, miss Dubois, dit-il, rayonnant en lui serrant la main. J'aimerais savoir, miss, pourquoi vous n'avez pas accepté mon invitation à prendre le thé avec moi dans le train ?

- Euh… Parce que je n'étais pas de train, professeur, répondit Laurence, désolée et surprise. Je suis arrivée un peu en retard lors du dîner de la rentrée, car je revenais de mon voyage en Finlande.

- Ah… Je vois, vous êtes retournée aux sources, n'est-ce pas ?

- On peut dire ça… dit-elle.

- Bien ! dit-il, puis il se retourna vers toute la classe. Je vous demanderais le silence, s'il vous plait…

- Vous ne m'aviez pas dit que je faisais partie de son club, murmura Laurence aux gars à côté d'elle.

- Nous n'étions même pas au courant ! répliqua Harry. De plus, ça ne me surprend pas, il aime les gens célèbres et tu l'es, alors…

Elle soupira, montrant qu'elle ne voulait pas de cette célébrité. Harry et Ron empruntèrent du vieux matériel de Slughorn, n'ayant pas pensé qu'ils pourraient suivre son cours. Slughorn parla des potions dans la salle tout en posant des questions sur ses dernières. Laurence y répondit à la grande joie du professeur.

- On croirait que c'est Hermione qui est à côté de toi, murmura Ron à l'oreille d'Harry.

Harry sourit tristement et Laurence les avait entendus, sans réagir. Slughorn parla de la potion Felix Felicis et celui qui réussira le mieux la potion Mort Vivant en aura un flacon. Les élèves se mirent à l'œuvre. Après une demi-heure, Harry avait toujours de la difficulté à déchiffrer les instructions au travers des notes de son ancien possesseur, mais sa potion avançait bien comparée à celle de Ron qui prenait une couleur inhabituelle. Laurence était bien avancée et l'aspect de sa solution était parfaite comme toujours. Harry se risqua à suivre des instructions plus précises, écrites main et sa solution demeura dans les mêmes aspects écrits. Laurence et Ron l'avaient vu exécuter des étapes d'une manière un peu différente. Laurence le conseilla de mieux suivre le livre plutôt que de tout faire à peu près. Harry ne s'en préoccupa pas et tous poursuivirent.

Quelques minutes plus tard, la potion de Ron vira en gélatine au lieu d'être encore liquide et celle de Laurence prit une couleur bleutée à sa grande surprise. Elle avait pourtant bien suivi les instructions et s'impatienta en constatant que ses efforts pour rendre sa solution plus claire ne marchaient pas. À la fin du temps écoulé, la potion de Ron et celle d'Ernie furent désastreuses, celle de Laurence était presque limpide et celle d'Harry fut impeccable. Harry reçu le Felix. Les autres demeurèrent abasourdis et les Serpentard étaient furieux.

Au déjeuner, Harry expliqua comment il s'y était pris et les deux autres comprirent enfin.

- Il me semble entendre Hermione dire : «Ce ne serait pas de la tricherie ça ?», dit Ron en imitant sa voix rempli de reproches.

Les trois sourirent. Le soir même, Harry alla à son premier cours avec Dumbledore où ils parlèrent des parents de Voldemort. Après, Harry raconta tout à Ron et Laurence. Le lendemain soir, ce fut au tour de Laurence d'aller voir Dumbledore. Pendant toute la soirée, ils parlèrent des quelques possibilités qui s'offraient à eux pour libérer Hermione de l'emprise psychologique de Voldemort.