Disclaimer : Voir chapitre 1.
Note d'auteur : J'ai eu énoooooormément de mal à avoir l'ordi pour poster ce chapitre, alors j'espère que vous êtes contents ! x) Un grand grand merci à tous ceux qui me lisent, et surtout à tous ceux qui m'ont laissé des reviews, ça me touche beaucoup chaque fois ! :) Brefouille, voici le chapitre 11, un flash-back des années Poudlard de Daphné ! Bonne lecture, j'espère, et on se retrouve en bas ! ;)
Septembre 1991 (1ère année)
— SERPENTARD !
À l'annonce du Choixpeau, Daphné se releva, un immense sourire aux lèvres. Elle se précipita vers sa table après avoir enlevé le chapeau miteux, et se glissa sur le banc à côté des autres premières années, qui s'étaient tous regroupés sur un coin de la table. Elle s'assit à côté d'une fille aux longs cheveux noirs qui avait été répartie avant elle, Tracey Davies, qui lui fit un sourire timide.
Drago Malefoy les rejoignit peu après. Daphné le connaissait un petit peu. Lucius Malefoy et sa femme venait parfois manger chez eux, les deux pères parlant affaires. Mais les enfants ne s'étaient jamais vraiment adressés la parole, beaucoup trop à cheval sur les règles devant leurs parents si sévères. Il n'empêche qu'elle avait toujours été fascinée par ses cheveux blonds et sa peau pâle. Elle avait souvent rêvé de lui cet été, et priait pour qu'ils soient dans la même maison. Elle était ravie que ce soit le cas.
La jeune Daphné fut tirée de ses pensées lorsqu'une autre nouvelle vint s'asseoir à côté d'elle. Elle se présenta comme étant Pansy Parkinson. Puis un silence de plomb se fit dans la salle. Harry Potter, le Choixpeau sur la tête, attendait d'être réparti. Sans beaucoup de surprise, il alla à Gryffondor. Leur table explosa en une ovation bruyante qui fit grimacer Daphné.
— Ne fais pas attention, conseilla une grande fille au regard froid en observant les incriminés d'un air dédaigneux. Les Griffons sont toujours un peu exubérants. Je m'appelle Elisabeth Blake. Je suis la préfète de Serpentard.
Daphné hocha vivement la tête, se redressant sur son siège pour ne pas paraître faible dès le premier jour. La maison des serpents étaient souvent impitoyable.
— C'est vrai alors ce qu'on dit ? demanda la dénommée Pansy à ses côtés, l'air curieuse. Les Gryffondor et les Serpentard se détestent vraiment ? Je croyais que c'étaient des rumeurs.
— Oh, oui on se déteste ! affirma vigoureusement Elisabeth en hochant la tête, ses boucles auburn brillant à la lumière des chandelles. Ils sont aussi téméraires et suicidaires que nous sommes rusés et malins. Eux préfèrent foncer dans le tas et réfléchir ensuite. De notre côté, on préfère faire l'inverse. Réfléchir, puis agir. Et si cela nécessite la fuite, c'est ce que nous faisons. Voilà pourquoi ils nous traitent de lâches. Et nous, nous détestons leur côté fonceur et arrogant.
— Mais on ne leur parle pas ? interrogea Tracey d'un ton innocent.
— Il y a quelques exceptions évidemment, grimaça la préfète d'un air dégoûté. Mais généralement, non. Nous sommes beaucoup trop opposés les uns aux autres.
Les trois petites filles hochèrent vivement la tête, retenant la leçon. Pendant qu'elles parlaient, la répartition s'était achevée par un certain Blaise Zabini à la peau noire, qui s'assit non loin des trois filles, à côté d'un autre garçon maigre et pâle aux cheveux bruns. Daphné pensait qu'il s'agissait de Théodore quelque chose. Elle ne se souvenait plus de son nom. À ce moment, le banquet commença.
Daphné s'amusa réellement. Elle se gava de riz et d'agneau, fit connaissance avec ses nombreux voisins. La plupart étaient vraiment sympathique, et elle eut la sensation qu'ils formeraient un bon groupe lorsqu'ils se connaitraient mieux. Ils harcelèrent Elisabeth de questions, sur les professeurs, les cours, le château. Celle-ci leur répondit du mieux qu'elle put, l'air amusé.
À la fin du banquet, le directeur fit un discours dont la jeune fille ne retint absolument rien. Elle suivit ensuite Elisabeth avec les autres premières années vers les quartiers des Serpentard. Le mot de passe leur fut donné, puis on leur montra la salle commune et la direction de leurs dortoirs. La décoration était un peu trop verte pour elle, mais elle était tellement contente qu'elle n'y prit pas vraiment garde.
Daphné descendit dans son dortoir, suivie de Tracey et Pansy, ainsi que d'une autre fille qu'elle n'avait pas encore remarqué. Elle crut comprendre qu'elle s'appelait Milicent. Pansy n'arrêtait pas de parler à toute vitesse de cette soirée, sans même reprendre son souffle. Avec un soupir de contentement, la jeune blonde se glissa dans ses draps et ferma les yeux, occultant sans mal le bavardage de sa camarade et glissant ainsi dans le sommeil.
— Daphné ? Tu as fini ton devoir de Métamorphoses ?
La voix de Pansy tira la jeune fille de sa contemplation.
— Hein ?
Peu élégant, elle devait en convenir. Mais elle était un peu dans la lune. En effet, Drago venait juste de s'installer en face d'elle dans la salle commune, accompagné des autres garçons. Et comme toujours, elle s'était perdue dans ses pensées en le regardant. Pansy poussa un profond soupir et tira la chaise en face d'elle pour s'asseoir, s'interposant entre elle et sa vue parfaite.
— Pourquoi est-ce que tu ne lui dis pas ?
— Tu es folle ! s'effara Daphné en rougissant, plongeant son nez sur son devoir, qu'elle n'avait même pas encore commencé.
— Non, je suis totalement saine d'esprit. Tracey dit comme moi. Pourquoi n'essayes-tu pas ? Il ne va pas te manger !
On était déjà au mois de janvier. Daphné n'avait pas vu passer le début de l'année. Depuis qu'elle était entrée à Poudlard, elle se sentait revivre. Loin de son éblouissante sœur, elle se sentait enfin appréciée à sa juste valeur. Comme elle l'avait pressenti en début d'année, Tracey, Pansy et elle étaient devenues inséparables. Elles passaient le plus clair de leur temps avec les garçons, Drago, Vincent et Gregory, et occasionnellement Blaise et Théodore. De son côté, Milicent ne les côtoyait pas, préférant les bouder. Tracey avait bien essayé de l'approcher, mais à chaque fois elle n'avait récolté qu'un regard noir.
Profitant de son air absent, Pansy l'avait traînée devant les garçons, assis dans les fauteuils devant la cheminée. Drago regardait Blaise et Vincent en pleine partie d'échecs. Ce dernier n'avait aucune chance. Daphné rougit en voyant les perles grises se poser sur elle. En voyant qu'elle n'ouvrirait pas la bouche, son amie se décida à agir :
— Salut les garçons, on peut se joindre à vous ?
— Bien sûr, acquiesça Théodore en se poussant pour leur faire de la place sur le canapé.
Pansy poussa son amie pour qu'elle s'asseye à côté de Drago, puis elle se glissa à son côté. Durant l'heure qui suivit, Daphné garda le silence, regardant Blaise battre simultanément Vincent, Gregory et Théodore. Drago refusa de jouer, se prétendant trop fort pour l'autre Serpentard. La conversation dériva ensuite sur le Quidditch, et bien évidemment sur Potter, qui avait eu le droit de jouer dans l'équipe alors qu'il n'était qu'en première année.
— Tout ça parce qu'il a perdu ses parents, lança Drago d'une voix méprisante. Dumbledore a eu pitié de lui, c'est tout !
— De toute façon, l'année prochaine, tu pourras être dans l'équipe, intervint Pansy en donnant un coup de coude à son amie. Et tu pourras enfin rabattre le caquet à ces saletés de Gryffondor !
— Oui, tu le battras à coup sûr ! renchérit Daphné en souriant avec maladresse.
Il lui rendit son sourire. Pas un rictus méprisant, non, un vrai sourire ravi, qui montrait qu'il était flatté par ses propos. Son cœur rata un battement avant de repartir à un rythme effréné. Elle ne se rendait pas encore compte à quel point elle était amoureuse de lui.
Juin 1994 (3ème année)
— Tu me ramèneras des friandises de Honeydukes, tu promets ?
— Oui, Astoria, je te le jure, soupira Daphné en levant les yeux au ciel face à l'air suppliant de sa petite sœur. Il faut que j'y aille maintenant, lâche-moi.
La petite brune hocha la tête et ôta ses doigts crispés de l'épaule de son aînée. D'un pas rapide et sans un regard en arrière, Daphné rejoignit Tracey et Pansy qui l'attendait un peu plus loin sur le chemin. Les trois amies se rendaient à Pré-au-lard pour la dernière sortie de l'année, voulant profiter du beau temps.
— Pas trop tôt, grommela Pansy en s'engageant dans le chemin qui conduisait au village.
— On a cru qu'elle ne te lâcherait pas, renchérit Tracey en passant son bras sous celui de Daphné.
— C'est ma sœur, soupira l'intéressée. Que veux-tu que je te dise ?
— Laisse tomber Tracey, on en a assez parlé ces derniers mois, les interrompit Pansy. Profitons de cette journée comme il se doit ! On n'a pas vraiment pu aller au village cette année à cause de Sirius Black, alors profitons-en !
C'est donc avec enthousiasme que les trois amies entrèrent dans le village. Elles déambulèrent quelques instants dans l'artère principale avant d'entrer chez Honeydukes. Comme promis, Daphné acheta quelques friandises à sa sœur, qui n'avait pas encore l'âge requis pour se rendre à Pré-au-lard. Pansy insista ensuite pour aller à Gaichiffon. Elle avait besoin d'une nouvelle jupe.
Après quelques heures passées à flâner dans le village, les trois amies se rendirent aux Trois Balais, où elles avaient rendez-vous avec les garçons. Elles les rejoignirent après avoir pris des Bièreaubeurres, zigzaguant entre les tables avec aisance.
— Vous êtes contents de vos achats ? demanda Daphné en s'asseyant aux côtés de Drago. Vous avez été où ?
— On a pris quelques pétards mouillés à Zonko pour le prochain cours de Flitwick, sourit le blond. Je vois que tu as fait le plein de friandises.
— Astoria voulait absolument un petit assortiment, soupira Daphné.
À son grand soulagement, quand Astoria était arrivée l'année précédente, ses amis ne lui avaient pas accordé plus d'attention que nécessaire. Pour une fois, ce n'était pas sa sœur qui était en première ligne. Au moins dans son groupe d'amis. Daphné aurait bien sûr aimé être plus qu'une amie pour Drago, mais elle n'osait pas faire le premier pas, bien que Pansy et Tracey la poussait dans ce sens. Elle avait trop peur d'être repoussée. Dans tous les cas, leur groupe était quand même soudé, et ils faisaient presque tout ensemble.
Sur le chemin du retour, ses deux amies se débrouillèrent pour occuper les autres. Daphné se retrouva donc seule à l'arrière avec Drago, ce qui la laissa un peu gênée, comme toujours lorsqu'ils étaient seuls.
— Je voulais te demander quelque chose, Daph', dit-il soudain, les mains dans les poches et le regard obstinément fixé sur les tourelles du château.
— Je t'écoute, fit l'intéressée, un peu étonnée.
— Voilà... Tu connais bien Tracey, non ? Vous êtes proches ?
— Oui. Pourquoi ?
— D'habitude je ne fais pas ça, mais là... J'ai besoin d'un conseil féminin et tu es une fille, donc... Tu sais si elle sort avec quelqu'un en ce moment ? Tu crois que j'ai ma chance ?
Daphné sentit son cœur chuter dans sa poitrine. Elle se sentait mal. Elle était à Serpentard, autant opter pour un évitement de la question. Elle ne pourrait pas lui mentir.
— Peut-être, répondit-elle, la gorge serrée, sous le regard déçu de Drago. Tu n'as qu'à lui demander directement. Ou sinon essaye avec Pansy, elle saura sûrement mieux que moi.
Drago hocha pensivement la tête. Le trajet jusqu'à Poudlard se déroula dans un silence de plomb. Daphné se sentait inexplicablement trahie. Tracey n'avait rien fait, mais elle ne pouvait s'empêcher de la jalouser. Dès qu'ils furent arrivés au château, ils se dirigèrent directement vers la Grande Salle pour le dîner. En voyant son amie s'arrêter, Pansy se retourna, un air interrogatif sur le visage.
— Allez-y sans moi, je n'ai pas faim, assura Daphné.
— Tu es sûre ? s'inquiéta Tracey en s'arrêtant également.
La jeune fille hocha la tête, sourit avec aisance et leur tourna le dos pour descendre aux cachots. Depuis ces trois années, elle avait réussi à se faire place chez les Serpentard. Elle avait très rapidement compris les règles. Mentir et avoir une façade impénétrable à tout instant. Et on te laissait tranquille. Le visage sombre, elle attendit ses amis dans la salle commune, recroquevillée en boule sur un canapé, le regard fixé sur les flammes dansantes de la cheminée. Ses deux meilleures amies furent les premières à arriver, l'air un peu inquiet.
— Daphné, tout va bien ? demanda Tracey en s'accroupissant devant elle.
— Oui, oui, je n'avais pas faim.
— Tu sais que tu peux tout nous dire ? fit remarquer Pansy en s'asseyant à côté d'elle.
Alors que Daphné ouvrait la bouche, excédée, pour les envoyer balader de façon peu amicale, sa sœur entra comme un boulet de canon dans la salle commune et se rua sur elle, sous le regard presque attendri de toute la salle. Seule Astoria suscitait de telles réactions chez les serpents. Sa joie de vivre sûrement, peu commune à cette maison.
— Alors Daph' ? Tu as ce que je t'ai demandé ?
— Bien sûr, grogna son aînée en fouillant dans son sac avant de lui tendre son paquet de friandises.
— Oh ! Merci ! Je t'adore !
Elle lui plaqua un baiser sur la joue et s'enfuit tel un feu follet dans son dortoir. Après quelques minutes, les autres Serpentard qui n'étaient pas encore couché se remirent à discuter. Les deux autres filles ne firent aucun commentaire, leurs sourcils levés parlant pour elles. Daphné allait leur lancer une remarque bien sentie lorsqu'elle se fit interrompre (encore !), par Drago, qui revenait de la Grande Salle.
— Dis Tracey, je peux te parler une seconde ? demanda-t-il sous le regard blessé de Daphné.
— Bien sûr, s'étonna l'intéressée en le suivant dans un coin isolé de la salle commune, assez loin des oreilles indiscrètes.
— Tu ne veux toujours pas me dire ce que tu as ? fit Pansy lorsqu'ils se furent éloignés.
— Tracey te le dira, répondit Daphné avec humeur.
Énervée, elle se leva, prit son sac et alla dans son dortoir d'un pas furieux. Elle claqua la porte, faisant sursauter Milicent qui grommela des insultes bien senties, puis se mit en pyjama, contrôlant soigneusement ses gestes et ses mains tremblantes. Lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrir sur ses deux amies, elle était déjà enfouie dans ses draps, les rideaux du baldaquin fermés. Elle poussa donc un grognement préventif signifiant « Attention, je ne suis vraiment pas d'humeur ! » lorsque lesdits rideaux furent brusquement ouverts.
— Arrête de bouder Daphné ! ordonna Tracey d'une voix autoritaire en la forçant à se retourner.
— Je ne boude pas, protesta la jeune fille en se redressant sur son séant, fusillant sa camarade de chambre du regard.
— Fais croire ça à quelqu'un d'autre, ironisa Pansy en levant les yeux au ciel, occupée un peu plus loin à enfiler son pyjama.
— Si tu es en colère, je suppose que c'est à cause de ce que Drago m'a demandé, fit la première en croisant les bras.
— Quelle perspicacité, grogna Daphné.
— Comment le savais-tu ?
— Il m'a demandé conseil figure-toi !
— Hé bien tu aurais dû t'y attendre ! Il te considère seulement comme une amie, et si tu ne fais rien, c'est vers toi qu'il se tournera pour avoir des conseils sur les filles !
— Je peux savoir ce que tu lui as répondu ?
Le ton de Daphné était sec, ainsi que ses yeux, mais son cœur se fendillait. Son premier chagrin adolescent. Tracey soupira, ferma un instant les yeux et passa une main dans ses cheveux.
— J'ai dit non bien sûr, finit-elle par dire en lui souriant d'un air attendri. Tu es ma meilleure amie, j'ai du respect pour toi. Et en plus, je n'aime pas Drago.
Aussitôt, le visage de Daphné s'illumina. Elle sauta au cou de son amie, la remerciant par des paroles incompréhensibles. Pansy souriait en se glissant sous ses draps, les yeux pétillants. Milicent finit par leur hurler de se taire car elle aimerait bien dormir, ce qui les ramena sur terre. Pouffant encore légèrement, les deux amies rejoignirent leur lit et s'endormirent lentement. Avant de glisser dans le sommeil, Daphné se dit que Tracey avait raison. Si elle ne se réveillait pas, Drago finirait par la considérer définitivement comme une amie, jamais comme une potentielle petite amie.
Décembre 1994 (4ème année)
Daphné se regarda une dernière fois dans le miroir, fin prête pour le bal. Elle avait trouvé une superbe robe au fond de son armoire, à la couleur vert sombre qui s'accordait avec ses yeux bleus et son teint pâle. Pansy l'avait aidé à se maquiller légèrement et elle se trouvait sublime.
La dernière semaine avait été plutôt éprouvante. À son grand regret, Drago avait demandé à Pansy d'aller au bal de Noël avec lui, en toute amitié, avait-il précisé. Son amie lui avait demandé la permission, et Daphné avait su rester calme et compréhensive. Elle avait compris qu'elle n'aurait aucune chance d'y aller avec lui et avait donc dit à son amie de ne pas s'en faire. Elle n'avait aucune envie de s'embrouiller avec elle. Et puis, depuis le début de cette année, Pansy était plus ou moins intéressée par Théodore. Elle n'avait donc aucun souci à se faire.
Daphné avait ensuite accepté la proposition d'Anthony Goldstein, un Serdaigle de la même année, qui avait été plus que surpris par son revirement. Un autre événement plutôt embarrassant était venu pointer le bout de son nez lorsqu'Astoria avait harcelé Théo pour qu'il l'invite au bal, étant donné qu'elle était trop jeune pour y aller, sauf si un élève plus âgé l'invitait. Lassé, le jeune homme avait fini par accepter, à la grande honte de Daphné, qui se sentait mal pour lui.
De son côté, Blaise y allait avec Tracey, qui lui tournait autour depuis le début de l'année. Les paris allaient bon train dans l'antre des serpents, chacun se demandant s'ils allaient finir ensemble. Personnellement, Daphné en doutait. Le garçon restait totalement insensible aux charmes de son amie et totalement imperturbable. C'en devenait désespérant !
Daphné secoua la tête, chassant ses souvenirs pas forcément plaisants. Avant de monter dans la salle commune, elle chassa le problème Drago de ses pensées. Ce soir serait une soirée de fête ! Elle avait bien l'intention de l'oublier et de s'amuser ! C'était parfaitement faisable. Enfin, elle essayait de se persuader.
Daphné rejoignit donc son groupe d'amis dans la salle commune, qui était tous très impatients. Tracey et Blaise se tenaient côte à côte, discutant avec animation d'un sujet qui semblait leur tenir à cœur. Pansy riait avec Drago et Théodore. Vincent et Gregory, renfrognés, étaient les seuls à ne pas avoir de cavalières. Astoria se tenait à l'écart du groupe. Son aînée salua ses amis puis la rejoignit en souriant.
— Ca va petite sœur ? la taquina-t-elle en lui remettant une mèche de cheveux derrière l'oreille.
— Bien sûr ! répondit Astoria. Je suis tellement contente que Théo m'ait invité, je voulais vraiment y aller ! Mes copines sont vertes de jalousie.
— Je n'en doute pas. Amuse-toi bien.
Elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de la tendresse à chaque fois qu'elle la voyait. C'était plus fort qu'elle. Malgré son attitude parfois égocentrique, elle adorait sa sœur. Daphné pressa ensuite ses amis pour rejoindre le hall, où elle retrouva Anthony quelques minutes plus tard. Pour un intello, il était vraiment bien habillé. Elle lui parla avec beaucoup d'aisance, comme si les maisons n'existaient plus, ce qui étonna fortement son cavalier.
À huit heures précises, les portes s'ouvrirent. À partir de ce moment, Daphné vécu la soirée en accéléré. Après le repas où Anthony semblait mal à l'aise au milieu de tous ces serpents, ils allèrent danser un petit peu. Bien vite, elle abandonna son cavalier pour se retrouver dans les bras d'un élève de Beauxbâtons très charmant. D'ailleurs, Goldstein n'avait pas l'air si anéanti que ça, car elle le vit danser un peu plus loin avec Padma Patil.
Daphné changea de cavaliers avec insouciance, passant d'un séduisant Poufsouffle aux bras d'un grand costaud de Durmstrang. Elle s'amusait tellement qu'elle ne fut même pas agacée en voyant Drago danser quelques temps avec Pansy. Elle ne pouvait s'empêcher de jeter quelques coups d'œil en direction de sa sœur, qui semblait beaucoup s'amuser.
La soirée passa vite. Sans même s'en rendre compte, Daphné vit qu'il était minuit. Les derniers élèves quittaient la Grande Salle, un air ravi sur le visage. Elle-même, les joues rosies d'avoir tant dansé, salua son dernier cavalier puis parcourut les environs du regard pour retrouver ses amis. Apparemment, ils ne l'avaient pas attendu. En cours de soirée, elle se souvenait vaguement que Pansy s'était dévouée pour ramener Astoria au dortoir car elle était fatiguée. Daphné la soupçonnait d'être lassée par l'indifférence de Théo. D'ailleurs, elle avait aperçu celui-ci s'éclipser avec Blaise il y avait à peine une heure. Mais elle n'avait vu ni Drago ni Tracey se diriger vers les dortoirs.
Haussant les épaules, Daphné sortit de la salle et prit la direction des cachots, ses escarpins à talons à la main. Elle n'avait pas vraiment l'habitude d'en mettre lorsqu'elle portait l'uniforme de l'école, et les garder toute la soirée avait été une torture. Comme personne ne traînait dans les parages, elle pouvait s'autoriser ce petit écart. La jeune fille était particulièrement fière d'elle. Pas une fois elle n'avait pensé à Drago.
À peine eut-elle formulé cette pensée qu'elle entendit des voix au détour du couloir. Fronçant les sourcils, elle se demanda qui pouvait se trouver dans les cachots à cette heure-là, aussi près du dortoir des Serpentard. D'habitude, la curiosité était un défaut purement Gryffondor, mais se sentant d'humeur de commère, elle s'approcha à pas de loups de la salle de classe vide et colla un œil sur le battant entrouvert, tendant l'oreille.
— Je peux savoir pourquoi est-ce que tu m'empêches de regagner mon lit Drago ? fit la voix lasse et fatiguée de Tracey. Ça ne pouvait pas attendre demain ?
— Non, répondit le jeune homme. Je voulais savoir. Ce soir. Ça fait trop longtemps que je repousse ces explications.
Sous ses yeux stupéfaits, Daphné vit Tracey, assise sur une table, bâillant à s'en décrocher la mâchoire. Drago la regardait avec tout son sérieux, encore en robe de soirée.
— Quelles explications ? soupira la jeune fille en le fixant dans les yeux.
— L'année dernière, quand je t'ai demandé de sortir avec moi, pourquoi est-ce tu as refusé ?
Il y eut un instant de flottement, puis Daphné vit son amie lâcher un petit rire fatigué sous les yeux plus qu'étonnés de Drago.
— Je te l'ai déjà dit, Drago. Je ne suis pas amoureuse de toi. Je te considère juste comme un ami.
— Je suis sûr que c'est faux, rétorqua-t-il en croisant les bras d'un air obstiné. Je sais que tu me mens.
— Crois ce que tu veux.
Tracey sauta à bas de la table et se dirigea vers la porte, mais son interlocuteur lui saisit le poignet, l'air encore plus en colère.
— Je veux la vérité ! réclama-t-il, furieux.
— Tu n'as qu'à observer ton entourage et réfléchir, tu trouveras tout seul, répliqua Tracey en se dégageant brusquement. Ce n'est pas bien compliqué pourtant. Passe à autre chose Drago. Oublie-moi.
Daphné eut le temps de se cacher derrière une armure avant que son amie ne sorte de la salle. Elle attendit en silence que Drago la suive avant de sortir de sa cachette, le cœur battant. Sa bonne humeur avait disparue. L'attitude de Tracey la touchait beaucoup, elle n'allait pas dire le contraire. Mais de voir que six mois plus tard, Drago ne l'avait pas toujours pas oublié, la peinait plus que de raison. Elle ne savait plus quoi faire. Même si elle tentait de se le cacher, son obsession était devenue encore plus importante au cours de ces derniers mois. Encore un peu, et elle allait finir par se croire complètement folle.
Daphné sursauta lorsqu'elle entendit un miaulement près de ses chevilles. Miss Teigne la regardait, ses yeux jaunes comme des lampes brillant dans le couloir sombre. La jeune fille se rua dans son dortoir avant que son maître Rusard ne rapplique, l'esprit encore embrouillé. Il fallait qu'elle passe à autre chose. Cette fois, c'était décidé. À la fin de cette année, Drago Malefoy serait sorti de sa tête et de son cœur.
Octobre 1996 (6ème année)
Daphné puisa dans les infimes traces de courage que son âme de Serpentard possédait. Cette fois, c'était décidé. Après plus de cinq ans à jouer à l'autruche, elle allait enfin le faire. L'année passée, elle avait vainement tenté d'oublier Drago. Elle était même sortie quelque temps avec un Serpentard plus âgé. Mais elle l'avait violemment repoussé lorsqu'elle s'était rendu compte que son seul objectif était de coucher avec elle. Cette expérience l'avait ébranlée. Et lorsque Drago l'avait consolé en compagnie de Tracey, elle n'avait plus eu de doute sur ses sentiments.
Tout l'été, Daphné avait essayé de rassembler son courage pour enfin aller lui parler. L'appui de Pansy et Tracey ce dernier mois avait été précieux, mais ce n'est que maintenant qu'elle se sentait prête. Enfin presque... Soit il acceptait, soit elle se prenait le râteau de sa vie.
Se promettant de ne pas flancher, Daphné traversa la salle commune. Elle vit Blaise mettre une raclée à Théo aux échecs, une fois n'est pas coutume. Elle ne s'approcha pas d'eux lorsqu'elle vit que Pansy était prête à l'embêter. En effet, depuis la fin de leur cinquième année et les BUSE (qu'elle avait eu avec plus ou moins de succès soit dit en passant), Théodore et Pansy ne faisaient que se chercher, se taquinant à propos de tout et de rien. Cela crevait les yeux qu'ils s'intéressaient l'un à l'autre, mais eux-mêmes ne s'en rendaient pas compte. Leurs disputes commençaient à fatiguer tout le monde. Mais Daphné et Tracey s'étaient jurées de rester en dehors de cette histoire. De toute façon, Pansy les enverrait balader sitôt qu'elles lui en parleraient.
Daphné parcourut la pièce des yeux. Elle aperçut ainsi Tracey qui aidait Astoria avec un devoir de Potions. L'année dernière, elle avait définitivement abandonné l'idée de séduire Blaise, et ce dernier en avait été extrêmement soulagé. Tout était redevenu normal dans leur groupe d'amis, ou autant que faire se peut. Commençant à s'impatienter, la jeune fille vit enfin celui qu'elle cherchait. Résolue, elle se dirigea vers lui.
— Salut Drago, je peux te parler une minute ?
L'intéressé acquiesça et la suivit, un air curieux sur le visage, laissant Vincent et Gregory finir leur bataille explosive seuls. Daphné l'entraîna dans le couloir, puis dans une salle de classe vide. Une fois la porte refermée derrière eux, elle prit une longue inspiration et se tourna vers le jeune homme, qui semblait plus qu'intrigué.
— Ce que tu veux me dire est si secret ? plaisanta-t-il, à moitié sérieux.
— Disons que ça dépendra de ta réponse, répondit Daphné avec un sourire crispé.
— Comment ça ?
— Si ta réponse est non, je préfère que cela reste entre nous, si tu n'y vois pas d'inconvénients.
— Je n'y comprends plus rien.
Un peu tendue, Daphné se rapprocha de Drago, celui-ci la regardant faire avec curiosité. Arrivée à un peu moins d'un mètre du beau blond, elle s'arrêta, reprit sa respiration et se lança. Enfin, autant qu'un Serpentard pouvait se lancer. Elle n'était pas une de ces Gryffondor qui ne prenaient pas de gants et n'avaient aucun tact.
— Tu te souviens le bal de Noël en quatrième année ? On s'était bien amusé ce soir-là !
— Euh... oui, approuva Drago avec hésitation, semblant se demander où est-ce qu'elle voulait en venir. Et alors ?
— Tu y étais allé avec Pansy, je m'en rappelle. Et quand je suis partie après minuit, tout le monde avait déjà regagné le dortoir.
— Tu voulais me parler d'une minable soirée d'il y a deux ans ? C'est pour ça que tu m'as amené ici ?
— Mais toi je ne t'avais pas vu partir, continua Daphné comme s'il ne l'avait pas interrompu. Je trouvais ça bizarre.
— Bon, où est-ce que tu veux en venir Daphné ? soupira Drago en croisant les bras.
— Je sais pourquoi Tracey a refusé de sortir avec toi.
— Comment est-ce tu sais que je lui ai demandé de sortir avec moi le soir du bal ?
Il semblait mi-furieux, mi-gêné. Il avait décroisé les bras et ses joues se coloraient de rouge.
— Elle me l'a dit, répondit tranquillement Daphné. Le lendemain en fait.
— Et tu sais pourquoi elle a refusé ? demanda lentement Drago en semblant se calmer légèrement.
— Oui, fit-elle en laissant le silence s'installer quelques secondes. C'était à cause de moi.
— De toi ?
Pendant un instant, Drago sembla tellement surpris qu'il ne put que rester la bouche ouverte, l'air de ne pas y croire.
— Je ne comprends pas, dit-il enfin, un peu déboussolé.
— Depuis notre première année, j'ai un énorme béguin pour toi, finit par dire Daphné avec franchise, évitant son regard dans lequel elle se perdait trop facilement. Tracey a refusé de sortir avec toi pour ne pas me faire de peine.
Silence. Inquiète, Daphné risqua un coup d'œil vers le jeune homme au bout de quelques minutes. Celui-ci semblait tellement abasourdi qu'il ne faisait plus un geste. Il se contentait de la regarder avec hébétude.
— Drago, s'il te plaît, dis quelque chose, le supplia-t-elle lorsqu'elle eut l'impression qu'elle allait exploser. N'importe quoi !
— Je... tu veux qu'on sorte ensemble ? finit-il par dire en secouant la tête pour reprendre ses esprits.
— Si tu refuses, j'aimerais que tu gardes ça pour toi. Après je te promets de tourner définitivement la page, je ne te demanderais plus rien. Tu seras juste un...
— D'accord.
— Pardon ?
— J'ai dit que je suis d'accord.
Il y eut un instant de flottement. Daphné écarquilla les yeux, n'arrivant pas à y croire. Elle ne fut convaincue que lorsqu'elle vit les yeux brillants de Drago, puis lorsqu'il combla la distance entre eux et qu'il l'embrassa. Son cœur sembla exploser de joie. Elle avait l'impression d'être enfin à sa place. Ses lèvres sur les siennes étaient si douces, si agréables, qu'elle en aurait pleuré. Elle attendait cela depuis tellement longtemps. Lorsque Drago se détacha d'elle, Daphné flottait sur un nuage. Il l'entraîna hors de la salle de cours, qu'elle embrassa une dernière fois du regard. Cette salle avait été témoin de la naissance de son histoire d'amour. L'histoire avec l'homme de sa vie.
Février 1997 (6ème année)
— Tu ne sais pas ce qu'il a prévu ce soir alors ? demanda Pansy avec curiosité.
— Non, il n'a rien voulu me dire, soupira Daphné, un sourire aux lèvres.
— Et moi qui suis seule un soir de Saint-Valentin, se lamenta Tracey en levant les yeux au ciel.
Les trois amies se serraient les unes contre les autres, dans un coin de la cour. C'était la pause et elles essayaient de savoir ce que Drago avait prévu pour sa soirée avec Daphné. Depuis qu'ils sortaient ensemble, celle-ci était plus qu'heureuse. Elle avait l'impression de vivre sur un nuage. Le plus beau rêve de sa vie s'était réalisé !
Daphné avait l'impression que la journée se traînait en longueur. Elle était tellement impatiente ! Drago n'avait rien voulu lui dire. En Botanique, le dernier cours de sa journée, elle trépignait presque d'impatience. Seules ses bonnes manières l'empêchèrent de se ruer dehors lorsque la sonnerie retentit. Durant tout le repas, Drago lui souriait d'un air sadique, semblant se réjouir de son impatience. Une fois hors de la Grande Salle, leurs amis les laissèrent seuls, leur jetant des coups d'œil moqueurs par-dessus leurs épaules.
— Alors ? demanda Daphné en scrutant son petit ami du regard. Je peux avoir ma surprise ?
— Suis-moi, répondit Drago avec un sourire mystérieux.
Il glissa sa main dans la sienne et l'entraîna dans les escaliers. Daphné eut l'impression de parcourir des kilomètres de couloir avant que Drago ne l'arrête devant... un mur nu. Elle leva un sourcil dubitatif sous le regard amusé de son petit ami, qui se mit à marcher devant le mur, faisant trois allers retours, les yeux fermés. Elle commençait à se demander si elle ne devait pas l'emmener à l'infirmerie, lorsqu'elle vit soudain une porte apparaître dans le mur.
— Tu viens ? lui proposa Drago en lui tendant la main, souriant largement devant son air abasourdi.
Daphné hocha vaguement la tête et entra dans la pièce, ne sachant pas vraiment à quoi s'attendre. Elle fut stupéfaite en voyant qu'elle se trouvait dans une grande pièce, meublée d'un lit, d'un canapé et d'une cheminée. Un petit plateau recouvert d'un drap était posé sur une petite table basse.
— C'est magnifique Drago, murmura Daphné. Mais où est-ce qu'on est ?
— Il s'agit de la salle sur demande, répondit-il, l'air très fier de lui.
— Comment l'as-tu trouvé ?
— Par hasard.
Daphné était tellement contente qu'elle ne s'aperçut même pas de la gêne de son petit ami. Elle le suivit dans le canapé et se blottit contre lui, heureuse d'avoir patienté toute la journée. Après quelques minutes, Drago finit par se dégager délicatement. Il se pencha vers la table basse et souleva le drap.
— J'ai un petit cadeau pour toi, annonça-t-il avec un sourire.
Le cœur battant, Daphné tendit une main tremblante vers la boîte que lui tendait Drago. Elle l'ouvrit lentement, savourant ce moment. Au cœur de l'écrin reposait un magnifique collier en argent et cristal. La gorge nouée, Daphné laissa le jeune homme l'attacher derrière sa nuque, le cœur du pendentif reposant sur sa gorge. Lorsqu'elle releva les yeux, émue, Drago posa sa bouche sur la sienne.
Daphné se sentait tellement contente et amoureuse, qu'elle ne réfléchit pas à ce qu'elle faisait. Ce soir était le meilleur moment pour le faire. C'était le plus cadeau qu'elle pouvait lui faire. Avant de réfléchir plus avant, elle le repoussa doucement et se mit à califourchon sur lui, approfondissant leur baiser.
— Daphné, attend, l'arrêta Drago, les yeux brillants. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
La jeune fille se contenta de sourire et l'embrassa encore, laissant courir ses mains sous sa chemise. Elle le sentait lentement céder.
— Tu es sûre ? lui souffla-t-il à l'oreille.
— Oui, répondit-elle de la même manière en lui embrassant la mâchoire.
Elle n'eut pas besoin de le répéter deux fois que Drago l'emportait déjà en direction du lit.
Le lendemain matin, Daphné se sentait heureuse. Même plus qu'heureuse. Elle eut l'impression qu'elle ne pourrait jamais redevenir triste. Hier soir, elle avait perdu sa virginité. Avec l'homme dont elle était follement amoureuse. Rien n'aurait pu la combler davantage. En sentant les longs doigts de Drago glisser lentement sur son épaule, elle se retourna, le sourire aux lèvres.
— Tu ne regrettes pas ? demanda-t-il, presque inquiet.
Pour toute réponse, Daphné l'embrassa tendrement.
— Je suppose que ça veut dire non, sourit-t-il en la serrant contre lui.
— Je t'aime, Drago, chuchota Daphné à son oreille, tellement heureuse qu'elle ne s'inquiétait pas de sa réaction pour une fois.
— Moi aussi, répondit-il après un court silence. Désolé de casser ce superbe moment, mais on va être en retard en cours.
Daphné grogna mais finit par se lever, s'arrachant à ses bras. Aussitôt, elle ressentit comme un manque. Elle poussa un soupir et rassembla ses affaires, rougissant quelque peu. Lorsqu'elle fut décente, elle se retourna vers Drago. Celui-ci était juste derrière elle, ce qui la surprit.
— Je dois aller chercher mes affaires dans le dortoir, on se retrouve dans la Grande Salle, souffla-t-il à son oreille.
Le corps parcouru de frissons, Daphné hocha la tête. Il déposa un dernier baiser sur ses lèvres avant de sortir. Un sourire idiot scotché aux lèvres, Daphné le suivit, rejetant ses cheveux derrière son épaule. Ce faisant, elle sentit ses doigts accrochés quelque chose. Curieuse, elle enleva ce qui la gênait, constatant ainsi qu'il s'agissait... d'une rose. Elle sentit son cœur exploser de joie. Elle était tellement amoureuse...
Juin 1997 (6ème année)
— Salut Pansy, tu sais où est Drago ?
En voyant son amie hocher négativement la tête, Daphné poussa un soupir. Elle avait conscience d'être un peu gonflante ces temps-ci, mais l'attitude de son petit ami ces derniers mois l'énervait. Ils avaient filé le parfait amour durant des mois, jusqu'en mai dernier. Elle ne savait pas pourquoi, mais Drago s'éloignait d'elle de plus en plus. Il avait l'air agité, préoccupé, mais il ne voulait pas lui dire pourquoi. Et cela l'agaçait de plus en plus. Elle était sa petite amie quand même, il pouvait se confier à elle !
— Il m'a dit qu'il t'attendait dans le parc, l'informa Blaise sans détacher les yeux de son livre.
Daphné le remercia brièvement et se dépêcha de se rendre dans le hall. Elle sortit par la grande porte, chassant un groupe de deuxième année qui campait sur les marches. Fébrile, elle se dirigea vers le lac, cherchant des yeux les cheveux blonds du jeune homme. Lorsqu'elle l'eut repéré, elle le rejoignit rapidement.
— Ah, Drago, tu es là, fit-elle, soulagée. Je t'ai cherché partout et Blaise m'a dit que tu m'attendais ici. Tu as quelque chose d'important à me dire ?
Le jeune homme se retourna pour lui faire face. Comme depuis ces dernières semaines, Daphné fut frappée par sa maigreur, son teint encore plus pâle que d'ordinaire et ses énormes cernes. Quelque chose le tracassait, c'était évident. Si seulement elle savait ce que c'était !
— Oui, répondit Drago, l'air fatigué mais résolu. Quelque chose d'important.
— Je t'écoute, dit Daphné bravement, pressentant une mauvaise nouvelle.
— J'aimerais qu'on fasse un break, Daphné.
— Un break ?
Les sons parvenaient sourdement à ses oreilles tout d'un coup. Elle se sentait déconnectée, comme si elle n'arrivait pas à intégrer ce qu'il venait de dire. Ce ne pouvait pas être possible. Il ne pouvait pas avoir dit ça !
— Pourquoi ? murmura-t-elle, sonnée.
— J'ai besoin de prendre des distances. J'ai quelque chose d'important à faire en ce moment, et je n'ai pas le temps de m'occuper de notre relation.
— Qu'est-ce qui te tracasse à ce point-là ?
— Je ne peux pas te le dire Daphné, je te l'ai répété plusieurs fois. Je n'ai pas dit que je voulais qu'on arrête. Je veux juste une pause. On verra après l'été.
Puis il la planta là. Déboussolée, Daphné resta immobile quelques secondes, les oreilles bourdonnantes. Elle finit par s'écrouler sur le bord du lac, le bout des doigts effleurant l'eau. Elle se repassait la scène en boucle dans sa tête, cherchant à savoir ce qu'elle avait fait de mal. Ce ne fut que quand le soleil fut couché qu'elle se releva, prise par surprise par la fraîcheur de la nuit. Elle regagna la salle commune en traînant les pieds. Elle n'arrivait pas à assimiler la réalité. Son rêve prenait fin.
Lorsqu'elle pénétra dans l'antre des Serpentard, Tracey et Pansy, déjà au courant (sûrement par Drago), la consolèrent du mieux qu'elles le purent. Daphné resta sourde à leurs paroles et partit se coucher, encore sonnée. Elle se promit d'aller le voir le lendemain, pour réclamer une explication plus précise. Savoir si c'était sans espoir, ou si elle devait juste attendre qu'il revienne vers elle. Mais elle n'en eut pas l'occasion. Car le lendemain, Drago s'était enfuit de Poudlard avec le professeur Rogue. Suite au meurtre de leur directeur Albus Dumbledore.
Octobre 1997 (7ème année)
Un silence de mort régnait dans la Grande Salle. Rogue, entouré des Carrow, promenait un regard noir sur les quatre tables, désertées du quart de leurs élèves. Une fois de plus, Daphné parcourut des yeux la table des Serpentard. Et comme à chaque fois, elle eut un coup au cœur en constatant son absence.
Cette septième année, censée être la plus joyeuse de toutes, était des plus déprimantes. Voldemort au pouvoir, Potter en fuite et Drago absent, enrôlé de force dans les Mangemorts. Tout pour la désespérer. Elle et sa famille n'avait jamais été du côté du mage noir, même s'ils ne le montraient jamais. Question de survie dans la maison des serpents. Quoi qu'il en soit, elle n'avait aucune nouvelle de Drago. Il ne répondait pas à ses lettres. Elle ne savait donc pas du tout comment il s'en sortait, ce qui l'inquiétait beaucoup.
Les cours étaient devenus une véritable épreuve, surtout ceux avec les Carrow. L'autre jour, ils avaient dû jeter un Doloris sur des deuxième année en retenue. Daphné avait prétexté un mal au ventre passager pour éviter cette torture. Les autres n'y avaient pas échappé. À part Vincent et Gregory, ils avaient été malades pendant tout le reste de la journée. Pansy n'avait pas mangé au dîner.
Et pour couronner le tout, Daphné avait récemment appris par Pansy que Blaise était amoureux d'elle. Ou tout du moins, qu'il avait un gros faible pour sa personne. Depuis longtemps. Cette précision l'avait déstabilisée et elle s'était éloignée de lui, gênée. Officiellement, elle était toujours « en pause » avec Drago, même si elle n'avait pas vu ce dernier depuis quatre mois, et cela la rendait mal à l'aise. Perspicace, Blaise avait tout de suite su de quoi il retournait. Il l'avait assuré qu'il ne tenterait rien tant qu'elle serait avec un autre et qu'il restait son ami. Mais quelque chose s'était brisé entre eux. Daphné n'arrivait plus à être naturelle, et avait préféré le fuir. C'était beaucoup plus simple. Une méthode typiquement Serpentard.
Si cela ne suffisait pas, Tracey aussi s'était éloignée. Elle passait de longues heures à la bibliothèque ou à la volière, recevant des lettres d'un parfait inconnu, qu'elle leur cachait soigneusement. Pansy et Daphné avait bien essayé de la cuisiner, mais elle n'avait pas lâché le morceau. Personne ne savait qui était l'auteur de ces mystérieuses lettres. Et Tracey était continuellement dans les nuages, refusant de se confier à qui que ce soit. Bref, c'était une année de pur bonheur !
Avec un soupir, Daphné sortit de ses pensées et suivit Pansy, très peu enthousiaste pour la suite du programme. Après ce repas déprimant au possible, ils avaient un cours obligatoire sur l'Étude des Moldus. Ils allaient encore devoir supporter pendant une heure les élucubrations de Carrow sur ces « vermines ». Un joyeux moment en perspective.
Mai 1998 (7ème année)
— Astoria ! Astoria !
Daphné criait, essayant de se faire entendre par-dessus le brouhaha ambiant. Sa jeune sœur, qui tournait la tête de tout côté au milieu de la foule, l'aperçut enfin et se rua vers elle, affolée.
— Daphné ! Qu'est-ce qui se passe ? Je n'y comprends rien ! Le professeur Slughorn nous a dit de nous diriger au septième étage, où il y a un passage pour Pré-au-lard, mais...
— Astoria, calme-toi, la tempéra Daphné, elle-même particulièrement agitée. Tu vas écouter ce qu'a dit le professeur Slughorn, d'accord ? Suit les autres Serpentard et rentre à la maison le plus vite possible, c'est compris ?
— Mais pourquoi ? Que se passe-t-il ?
— Tu-sais-qui est en train d'attaquer ! Il faut que tu t'en ailles, mets-toi à l'abri !
— Mais et toi ?
— Les autres ont disparu. Pansy va m'aider à les retrouver, surtout, fais ce que je te dis !
Sans laisser sa cadette protester davantage, Daphné s'extirpa de la longue file d'élève et se coula dans un couloir latéral, rejoignant ainsi Pansy, qui trépignait d'impatience.
— Dépêche-toi, lui ordonna son amie.
Elle lui saisit le poignet et l'entraîna en courant vers le hall par des passages secrets. Quelques minutes plus tard, essoufflées, elles arrivèrent à destination. Les combats faisaient rage. Les Mangemorts, vêtus de capes noires, certains avec un masque, se battaient contre leurs opposants : professeurs de Poudlard, élèves de septième année, membres de l'Ordre du Phénix…
Pendant plus d'une heure, les deux amies tentèrent de retrouver leurs amis, évitant autant qu'elles le pouvaient les différents sorts qui fusaient. Daphné cherchait frénétiquement Drago du regard, un mauvais pressentiment étreignant son cœur. Elles virent Vincent et Gregory combattre joyeusement leurs professeurs. Elles se contentèrent de les stupéfixer, un peu honteuses de leur comportement. Elles mirent leurs corps à l'abri à l'aide d'un sort de lévitation, puis attendirent sur le côté, essoufflées.
À ce moment-là, elles aperçurent la chevelure brune de Tracey de l'autre côté de la pièce. Traversées par un regain d'énergie, les deux amies traversèrent prudemment le hall, manquant se prendre un sort à chaque pas. Mais lorsqu'elles furent arrivées à l'endroit visé, Tracey avait disparue.
— Qu'est-ce qu'on fait ? se désespéra Pansy, se laissant tomber de fatigue derrière une armure, à l'abri. On ne peut pas attendre la fin des combats ! Théo va se faire tuer !
— Pas seulement lui, grommela Daphné en envoyant un sortilège d'entrave sur le dos d'un Mangemort qui menaçait d'achever Loufoca Lovegood.
Les deux amies essayèrent de récupérer quelque peu, encore à l'abri, envoyant de temps en temps un sort à un Mangemort lorsqu'il passait à portée de baguette. Pansy n'arrêtait pas de grommeler que son père allait la tuer s'il la voyait faire. Mais n'ayant jamais pris part à ses idéaux, elle ne pouvait se résoudre à attaquer ceux qui étaient des camarades de classe à peine deux heures plus tôt.
Lorsqu'elles furent enfin prêtes à replonger dans la bataille pour rechercher leurs autres amis, Blaise surgit devant elles, les prenant de court. Il les rejoignit à couvert, l'arcade sourcilière coupée et la chemise déchirée.
— Vous allez bien ? demanda-t-il, l'air pas plus affecté que ça par son état. Qu'est-ce que vous faites ici ?
— On vous cherche figure-toi, siffla Pansy, furieuse. Où sont Tracey et Théo ?
— J'ai perdu Théo de vue dans la bataille et Tracey a disparu après quelques minutes. Je ne sais pas où elle est. Mais je pense que ce sera bientôt fini.
— Comment tu peux en être aussi sûr ? Ça dure depuis des heures ! S'exclama Daphné, le cerveau un peu embrouillé.
— Si vous regardiez vraiment ce qui se passait autour de vous, ironisa Blaise, vous auriez remarqué que seule Bellatrix se bat encore, et que Potter est en train de se battre contre Vous-savez-qui.
Pansy resta bouche bée quelques secondes avant de fuser vers la Grande Salle, traversant le hall presque désert comme si elle avait un Hippogriffe aux fesses. Daphné et Blaise la suivirent, fébriles, bien que moins rapides qu'elle. Lorsque la jeune femme pénétra dans la salle, elle n'eut que le temps de voir un éclair vert toucher en plein cœur Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Un silence de mort pesa sur la salle. Puis tout le monde explosa en une joyeuse ovation.
— On a tout raté, regretta Blaise, l'air déconfit, sa baguette pendant au bout de son bras, devenue inutile.
Hébétée, Daphné n'arrivait pas à croire que c'était fini. La seule idée qui lui restait en tête était qu'il fallait qu'elle trouve Drago. Son regard s'arrêta un court instant sur Pansy, qui s'était jeté dans les bras de Théodore et l'embrassait de tout son cœur. Cette image la fit sourire. Pas trop tôt. Puis elle tourna la tête. Et une vision d'horreur s'imposa à elle. Drago, son Drago, qui embrassait fougueusement Tracey.
L'information eut du mal à pénétrer son cerveau. Elle n'en croyait pas ses yeux. Tracey. Sa meilleure amie. Celle qui l'avait soutenu avec tant de gentillesse quand elle avait des difficultés avec son couple. Celle qui lui disait de ne pas perdre espoir avant qu'ils sortent ensemble. Celle qui avait repoussé le jeune homme à deux reprises pour ne pas lui faire de peine. C'était cette fille-là qui embrassait SON petit ami.
Lorsque les deux fautifs se décollèrent l'un de l'autre, le regard de Tracey se posa sur son amie. Elle sembla mal à l'aise. Drago, les sourcils froncés, suivit son regard, rencontrant celui halluciné de Daphné. Il s'approcha d'elle, étonné et ne semblant pas du tout gêné, sa main dans celle de Tracey.
— Ça ne va pas Daphné ?
— Qu'est-ce que vous faites ? demanda l'intéressée d'une voix lente, le regard fixé sur leurs deux mains liées.
— Ne me dis pas que ça te gêne, rétorqua Drago, d'un air interloqué. Ça fait des mois qu'on a rompu.
— Rompu ?
L'information parvenait lentement à son cerveau. La tristesse et la colère l'envahissait.
— On avait décidé de faire une pause ! Je peux savoir quand est-ce que tu as décidé qu'on avait rompu ? Tu aurais au moins pu me le dire, tu ne crois pas ? s'exclama la jeune femme avec colère.
— Je croyais que c'était clair, s'étonna Drago, l'air sincèrement surpris mais pas vraiment repentant. Après plus d'un an sans nouvelles, je ne croyais pas que tu espérais encore.
— Je t'ai envoyé des dizaines de lettres ! Tu n'as jamais répondu !
— Tracey était déjà d'un grand soutien pour moi. Là où je me trouvais, elle m'a permis de m'accrocher.
Daphné se tourna vers Tracey, ses yeux lançant des éclairs. Sous son regard de tueuse, son ex-amie sembla se ratatiner sur place.
— Toi ! siffla la jeune blonde, furieuse. C'était donc Drago ton mystérieux correspondant ! Je comprends mieux pourquoi tu ne voulais rien nous dire !
— Sois pas si énervée, Daph', tenta de la tempérer Tracey.
— Ne m'appelle pas comme ça, se braqua Daphné. Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi. Après tout ce qu'on a vécu ces sept dernières années, j'ai cru que tu comprendrais.
— Je n'ai jamais voulu te le dire, répondit froidement Tracey. Mais moi aussi j'étais amoureuse de Drago. Je me suis retenue les premières années pour ne pas te faire de peine, mais maintenant c'est à moi d'être avec l'homme que j'aime.
Le menton en avant, Tracey se colla davantage à Drago. Plus sonnée qu'en colère à présent par ce soudain revirement, Daphné se sentait prête à s'évanouir. Elle sentit vaguement que Blaise la prenait par les épaules et l'entraînait à l'écart. La dernière vision qu'elle eut de Drago fut un regard coupable dans sa direction. Au moins, il semblait regretter ses actes.
Note de fin : Et valà c'est fini ! J'espère que ça ne vous a pas trop déçu... N'hésitez pas à me laisser un avis, j'aimerais savoir ce que vous en pensez ! ;)
C'est le dernier chapitre avant mon départ en vacances, je crois que jusque là c'est le plus long, de quoi vous faire patienter un petit peu ! :p Le douzième chapitre arrivera normalement le 3 août, si tout va bien. Au programme de ce prochain chapitre, ce ne sera pas la confrontation Drago/Daphné (pas taper), mais Daphné va se faire un nouvel ami ! (comment c'est impossible ? Mauvaises langues !). Bref, je vous souhaite de bonnes vacances et à la prochaine ! ;)
