Auteur : Kitty Gets Loose
Traductrice : Arlia Eien
Rating : M
Disclaimer: Daiya no A ne m'appartient pas, évidemment, mais appartient à Terajima Yuuji.
Disclaimer bis : De mon côté, l'histoire est la création de Kitty Gets Loose uniquement ! Je ne suis propriétaire que de la traduction.
Being grown-up about it
Un regard d'adulte
Chapitre 11 – Arranger les choses
Où la responsable de l'équipe de restauration est folle furieuse.
Elle n'avait pas été aussi furieuse depuis des années. En fait, la responsable de l'équipe de restauration n'était même pas sûre de la dernière fois où elle avait été aussi folle de rage. Ça devait remonter au jour où cet étranger impatient avait bousculé violemment sa benjamine – qui n'avait alors que quatre ans – parce que la petite fille était restée un court instant dans l'ouverture de la porte, captivée par le joli jouet dans la vitrine du magasin. Elle avait ramassé sa petite, l'avait embrassée afin de la consoler, et était sortie en trombe derrière l'homme pour lui dire ses quatre vérités concernant le fait qu'il soit aussi méchant envers une petite fille.
L'incident actuel ne concernait pas ses enfants, qui étaient toutes de braves jeunes femmes à présent, capables de prendre soin d'elles-mêmes. Mais elle se sentait aussi bouleversée que si quelqu'un s'en était pris à la chair de sa chair, parce que ça concernait Sawamura-kun – le plus généreux, le plus gentil et le plus doux de tous les enfants qu'elle et son équipe aient jamais rencontré à Seidô.
C'était arrivé le matin même, et elle aurait pu ne jamais rien savoir si elle n'était pas venue ce jour-là assurer le service dominical, lequel était normalement supervisé par son adjointe. La moitié de l'équipe était en repos les vendredis et samedis tandis que l'autre moitié – elle compris – avaient les dimanches et lundis. Cependant, son adjointe l'avait appelée hier soir pour lui dire qu'elle commençait à ressentir les effets d'un mauvais rhume, alors elle était venue travailler à sa place aujourd'hui.
Et même ainsi, elle aurait pu ne s'apercevoir de rien si elle n'avait pas couru hors des cuisines dans une vaine tentative de rattraper la camionnette du réparateur de four qui avait oublié son téléphone portable sur un des plans de travail. Son inutile course folle derrière le véhicule qui s'éloignait rapidement l'avait amenée jusqu'aux terrains d'entraînement, qui étaient proches des cuisines, du réfectoire et des dortoirs.
C'est au moment où elle abandonna sa chasse et revenait vers les cuisines qu'elle aperçut Sawamura sur l'un des terrains et s'aperçut que quelque chose clochait. Elle n'y connaissait pas grand-chose en baseball, mais elle avait vu les enfants s'entraîner suffisamment souvent pour savoir que Sawamura lançait la balle d'une drôle de façon – qui n'avait rien à voir avec sa façon de faire habituelle, énergique, telle un claquement de fouet qui partait de derrière son dos et passait au-dessus de sa tête. Il lançait d'une façon vraiment bizarre, en jetant son bras de côté, en une pâle copie du style de lanceur aux joues rebondies qui était en deuxième année à Seidô.
Alors qu'elle s'approchait de la clôture, poussée par la curiosité, elle réalisa que la façon dont il lançait la balle n'était pas le seul signe indiquant que quelque chose n'allait pas. Il y avait aussi les regards que lui jetaient le reste des joueurs ainsi que les coaches qui étaient là à le fixer, l'incrédulité visible sur leurs visages.
Le pire restait sans doute l'expression de joie contrainte dans le sourire de Sawamura, qui avait l'air terriblement fausse couplée à l'alarmante étincelle de fébrilité dans ses yeux, toute la lumière et la flamme des iris ambrées transformées en un mélange troublant d'humiliation et de gratitude désespérée. Ça n'avait rien à voir avec la détresse et la colère envers lui-même qu'elle avait vu chez lui et chez tous les autres joueurs suite à la défaite de Seidô en finale lors du tournoi de qualifications pour le Kōshien d'été – ce genre de souffrances et de dépression étaient normales après un tel évènement, et les joueurs avaient surmonté cela un à un, certains plus vite que d'autres.
Ici, cela n'avait rien à voir. Le garçon arborait un air tel qu'on aurait dit que quelque chose de vital avait commencé à se flétrir en lui.
Quelqu'un – probablement Miyuki Kazuya, même si elle ne pouvait pas en être sûre, trop abasourdie par la lueur étrangère dans les yeux de Sawamura – lui demanda s'il s'agissait de son idée. Sa réponse mentionna quelque chose concernant « le sergent » qui l'avait aidé à réaliser qu'il avait encore ce moyen pour être utile à l'équipe. Elle vit une vague de choc et de malaise alors que les visages se tournaient vers le nouveau coach assistant – ce drôle de bonhomme à l'allure bizarre et la démarche pesante qui errait dans l'école en portant des t-shirts de mauvais goût, se frottant le menton en regardant dans chaque coin quand il n'était pas en train de paresser sur un banc. La confusion initiale qui avait paru sur les visages des autres joueurs changea tout à coup, et elle vit de la colère dans plusieurs regards – une émotion qui fut rapidement contenue au moment où chacun vit que manifestement Kataoka était le plus furieux entre tous.
Le coach sembla recevoir la colère de tous ceux alentours et l'exprima à leur place pour qu'ils n'aient pas à le faire – et il le fit sans dire un mot, en envoyant un long regard meurtrier au nouveau coach assistant.
Il y eut plusieurs échanges qu'elle ne parvint pas à suivre concernant le style de lancer et une situation de match entre le coach, Sawamura et Miyuki-kun, dont la conclusion fut que Sawamura devait retourner à son style de lancer habituel illico. En prime, Kataoka-kantoku gratifia le drôle de bonhomme d'un nouveau regard meurtrier.
Au début, la responsable de l'équipe de restauration ne comprit pas réellement. Elle attendit jusqu'à ce qu'elle voit le regard de Sawamura s'enflammer à nouveau, puis elle retourna dans les cuisines, se disant que peut-être que le nouvel assistant avait entraîné Sawamura avec une sorte de nouvelle méthode avec laquelle le coach n'avait pas été d'accord.
Ce n'est qu'au moment du déjeuner qu'elle apprit ce qui s'était vraiment passé. L'élève au comptoir était un jeune au physique ingrat, Kariba Wataru, et c'était lui qu'elle avait vu en train de recevoir les lancers de Sawamura ce matin, durant la séquence perturbante. Pendant les quelques minutes restantes avant l'arrivée du reste des élèves, tandis que Kariba-kun s'installait au comptoir, elle lui demanda ce qui était arrivé à Sawamura-kun.
A voix basse, Kariba lui expliqua que le nouveau coach assistant, Ochiai-san, traînait vers le gymnase juste après le petit-déjeuner, alors qu'il aidait Sawamura en recevant ses lancers. Ochiai avait en gros dit au lanceur qu'il n'avait aucune valeur propre à apporter à l'équipe puisqu'il n'arrivait pas à surmonter sa phobie de lancer « vers l'intérieur » (ce que la responsable comprit plus ou moins comme étant la trajectoire passant au plus près du batteur). Alors, avait dit Ochiai, Sawamura pourrait tout aussi bien se rendre utile à l'entraînement en lançant d'une façon qui permettrait aux batteurs de se préparer contre le lanceur de côté gaucher de l'équipe qui serait leur prochain adversaire.
Sawamura, se sentant déjà inutile car ne parvenant pas à lancer comme d'habitude, avait pris les paroles d'Ochiai très à cœur et avait en fait cru que c'était là l'unique manière dont il pouvait aider l'équipe à présent – alors même que lancer à répétition d'une façon qui lui était si étrangère pouvait en fait impacter sa capacité à lancer dans son style naturel, où il était le meilleur.
Fort heureusement, la colère de Kataoka-kantoku avait fait réaliser son erreur à Sawamura concernant le fait que ce serait la meilleure façon de contribuer à l'équipe, et l'entraînement habituel avait commencé juste après ça. Le coach Ochiai, dit Kariba en baissant encore plus la voix, n'avait pas l'air de faire grand cas de Sawamura.
Oh, elle avait été folle de rage quand elle avait su la vérité. Personne – et encore moins un adulte dont le métier était supposément de guider et de faire grandir des élèves – ne devrait parler de façon si cruelle dans le but de détruire le moral d'un enfant. Avant d'entendre la version de Kariba, elle avait pensé que ce nouveau coach assistant était peut-être juste un peu trop strict dans l'entraînement des joueurs, mais elle savait à présent que Ochiai n'avait pas été trop dur ou qu'il avait été trop vite en besogne – il n'avait juste pas les intérêts de Sawamura à cœur.
Si ça n'était pas rentré en conflit avec sa conscience professionnelle, elle aurait fait en sorte que l'homme avale quelques trucs désagréables comme… comme une bonne dose de laxatifs la prochaine fois qu'elle aurait eu le moindre contrôle sur son assiette. Bon, si elle ne pouvait pas faire ça, au moins elle pourrait… elle pourrait s'assurer que sa prochaine gamelle contienne autant de sel que de riz, ou… ou ajouter une bonne dose d'anchois dans son prochain smoothie.
Comment avait-il osé blesser Sawamura de cette façon ?
Avant qu'elle puisse rendre la monnaie de sa pièce à Ochiai, cependant, la responsable pouvait faire ce qu'elle savait faire de mieux – et aller préparer quelque chose de bon. Rien que pour Sawamura. Elle se dégagea de l'espace dans un coin de la cuisine, mesura rapidement, prépara et mélangea quelques un de ses meilleurs ingrédients, puis rejoignit la table de préparation de la cafétéria qui n'était pas utilisée le dimanche. Là-bas, elle prépara quatre cupcakes au chocolat, les sortant du four après vingt minutes, elle les décora avec la ganache au chocolat noir la plus délicate qu'elle put concocter, et se dépêcha de revenir dans le réfectoire des joueurs juste à temps pour voir Sawamura déposer son plateau sur l'un des chariots situés sur le côté de la cantine.
« Sawamura-kun ! » L'appela-t-elle, lui faisant signe d'approcher vers la cuisine. « Viens par là un instant, tu veux ? »
« Oui, m'dame ! » Répondit-il gaiement.
Cela la rendit heureuse de voir que ses yeux avaient repris leur lueur habituelle. Comme les autres joueurs, il s'était changé, abandonnant les uniformes tâchés et poussiéreux le temps du déjeuner, et était vêtu d'un pantalon de survêtement propre et d'un t-shirt rouge vif, ce qui, espérait-elle, reflétait un meilleur état d'esprit.
Elle le fit asseoir sur un tabouret devant un plan de travail, en dehors du champ de vision des autres joueurs qui quittaient peu à peu le réfectoire, et lui présenta les cupcakes dans une assiette.
« Chh ! » Murmura-t-elle en lui adressant un clin d'œil. Ne le répète pas à tes coéquipiers. Ils sont rien que pour toi – c'est une cadeau de ma part. Fais-toi plaisir ! »
Le visage du garçon s'illumina comme un arbre de Noël et il lui offrit le sourire le plus grand qu'il ait jamais vu.
« Pour moi ? Merci, m'dame ! Je ne dis jamais non à un dessert ! »
« Si tu ne veux pas trop perturber ton alimentation et ton après-midi d'entraînement en les mangeant tous d'un coup, je te mettrai le reste dans un sac en papier, comme ça tu pourras les manger plus tard. » Dit-elle, alors que la chef cuisinière, ses adjointes, et la personne en charge de la plonge lui envoyaient des regards interrogatifs.
Elles se demandaient sans aucun doute s'il s'était passé quelque chose pour qu'elle prenne Sawamura à part – le garçon était un des chouchous du staff entier, mais elles comprirent que quelque chose d'inhabituel avait dû se passer pour qu'elle décide de le gâter de cette façon.
Elle n'était pas sûre de savoir si elle devait leur donner ou non les détails – certaines personnes de son équipe n'étaient pas aussi modérées qu'elle, et elle craignait qu'en leur racontant toute l'histoire, Ochiai soit bientôt découvert à l'article de la mort dans une benne à ordure de Tokyo après avoir été largement torturé à l'aide de fourchettes émoussées, de baguettes et de woks bouillants.
Sawamura dévora deux cupcakes, déclara qu'il s'agissait des meilleurs qu'il ait jamais mangés, et reçut les deux restants « pour après dîner » dans un sachet. A ce moment-là, le réfectoire était vide, et le garçon jeta un œil vers la pendule fixée au mur pour s'assurer qu'il n'allait pas être en retard à l'entraînement. Pas de souci de ce côté là – il lui restait un quart d'heure. Et il n'était pas le seul à être encore dans les environs, parce que Miyuki revenait vers le réfectoire, à l'évidence à sa recherche. Le receveur n'avait pas encore repassé son équipement d'entraînement – il était tête nue, et portait un t-shirt bleu roi et un pantalon bleu marine.
« Sawamura. » Dit Miyuki avec un ton sérieux que l'équipe de restauration ne l'entendait pas souvent utiliser dans le réfectoire.
La responsable trouva de quoi s'occuper dans la cuisine et envoya un rapide regard d'avertissement pour indiquer à son équipe de ne pas bouger non plus, parce qu'apparemment Miyuki avait quelque chose d'important à dire au lanceur, et si cela concernait l'horrible incident de la matinée, elle ne voulait pas que quiconque s'en mêle.
Elle pouvait encore les voir et les entendre de là où elle travaillait, mais elle essaya d'avoir l'air aussi occupée que possible avec son nettoyage, savonnant et frottant, leur laissant de l'espace. Elle les observait depuis des mois, et avait remarqué que Chris-kun – qui ne déjeunait plus ici depuis le départ de l'équipe de baseball des troisième année – semblait rester en retrait pour le moment, laissant le champ libre à Miyuki en ce qui concernait Sawamura ; le bruyant Kuramochi également semblait laisser une certaine liberté de mouvement à son camarade de classe dernièrement.
Alors Miyuki avait sa chance avec Sawamura, et s'il la gâchait – ou pire s'il perturbait Sawamura, elle allait lui donner un bon coup sur sa jolie tête avec la plus lourde louche en bois qu'elle trouverait, peu importe les conséquences.
« J'ai parlé avec Kariba de ce qui s'est passé ce matin. » Dit Miyuki, sans montrer ne serait-ce que l'ombre de ses sourires moqueurs ou même ses simples sourires habituels tandis qu'il s'approchait du première année qui s'était arrêté près du mur adjacent dès que le plus âgé l'avait appelé.
« Ouais ? »
Sawamura regardait Miyuki d'un air plutôt circonspect, comme s'il n'était pas certain d'avoir envie de parler seul à seul avec lui.
« Ne refais jamais ça. » Lui dit le receveur, d'une voix grave et ferme, fixant son regard marron sur son coéquipier, se tenant juste devant lui.
« Faire quoi ? » Demanda Sawamura, prudemment.
« Ne sois plus secoué parce que quelqu'un te dit que tu ne vaux rien. Plus jamais. »
Miyuki gardait un ton et un volume stable, mais la responsable pouvait entendre la fureur sous-jacente qui menaçait de faire trembler sa voix – elle pouvait la reconnaître parce qu'elle-même avait lutté pour ravaler sa rage un peu plus tôt et la garder sous contrôle.
« N'importe qui peut te dire n'importe quoi, mais ne crois plus jamais quelqu'un qui te dit une chose pareille. »
Elle crut qu'à cette preuve de soutien Sawamura rougirait, ou rirait, ou peut-être même pleurerait – comme elle l'avait vu faire épisodiquement. Mais à sa grande surprise, il ne fit rien de tout cela. A la place, il foudroya Miyuki du regard et grogna :
« Eh bien, au moins celui-là avec ses sourcils de Droopy est suffisamment honnête pour me dire exactement ce qu'il pense, contrairement à d'autres. »
Sawamura fit mine de partir, mais, dans un réflexe comme seuls en avaient les sportifs, les paumes de Miyuki vinrent percuter le mur de chaque côté de Sawamura, forçant le lanceur à s'adosser sur la surface rigide.
« Miyuki ! B-bordel… » Balbutia Sawamura.
Miyuki se pencha jusqu'à ce que son visage soit proche de celui du lanceur, ses quatre centimètres supplémentaires lui permettant d'incliner légèrement la tête vers Sawamura. Ainsi, leurs fronts se frôlaient presque.
« Je ne sais pas comment faire. » Grommela Miyuki.
« Q-quoi ? »
« Tu as raison. »
« Hein ? »
« Tu as raison. » Murmura Miyuki. « Concernant le fait que je ne sois pas honnête avec toi. Mais je ne sais pas comment faire – comment dire, ou si je dois dire, ce que je voudrais. Il y a des choses que je ne peux pas verbaliser parce que j'ai peur que ça te perturbe, ou que le fait de les dire, moi, me perturbe. Et il y a des choses que je ne devrais pas dire parce que, pour une raison qui m'échappe totalement, j'ai fini capitaine de l'équipe, et je ne sais pas comment, mais dorénavant je suis responsable de vous tous. »
« Miyuki… » Souffla Sawamura, les yeux écarquillés, fixant directement ce regard perçant, si proche du sien.
« Laisse-moi du temps. D'accord ? Je ne veux pas que l'on foute en l'air le tournoi d'automne. Je ne veux pas me foirer en tant que capitaine. Je ne veux pas te perturber toi. Juste… laisse-moi juste me comporter comme d'habitude, de cette façon ironique et désagréable qui t'agace tellement un peu plus longtemps ? Jusqu'à ce que je vois un moyen de ne pas tout foutre en l'air ? »
A présent, la responsable et son équipe, malgré leurs plus fervents efforts pour se contenir étaient toutes entassées dans l'entrée de la cuisine, plutôt bouche bée.
Sawamura regardait Miyuki d'un air ahuri, les mots lui manquant. Puis son regard s'adoucit, il avala sa salive, et il bascula lentement la tête en avant pour appuyer délicatement son front contre celui de Miyuki.
Ils restèrent ainsi quelques secondes avant que Sawamura ne dise doucement :
« Je suis quasi sûr que je ne suis pas assez intelligent pour comprendre tout ce que tu viens de dire, mais je peux sentir que tu en pensais chaque mot. »
« Du coup… »
« D-du coup je vais attendre. Tu peux être aussi chiant que tu veux jusqu'à ce que tu aies réglé ce bordel dans ta tête. »
« Et si tu n'aimes pas ce que tu entendras quand je serai prêt à le dire…? »
« On… eh bien, on verra ça quand on y sera. »
« En attendant… »
« En attendant, tu continueras à me mettre hors de moi et je continuerai à t'attraper par le col pour te secouer les puces. »
« Ça m'a l'air bien. »
« Et… et je te laisserai me traiter d'imbécile autant que tu veux mais je ne te croirai plus quand tu le diras. »
« Uh-uh – c'est pourtant attesté – tu fais un bel imbécile. » Sourit Miyuki d'un air narquois.
« Miyuki Kazuya, espèce d'enfoiré. »
« Retournons à l'entraînement. On va être en retard. »
« Ah ouais ? Et qui est-ce qui me retenait ici ? »
« Ce n'est pas une odeur de gâteau au chocolat qui s'échappe de ce sachet ? »
« Bas les pattes. Ce sont mes cupcakes. »
Miyuki sourit et renifla, s'écartant de Sawamura et du mur, puis il marcha à côté du lanceur, leurs épaules se frôlant tous les quelques pas, alors qu'ils sortaient du réfectoire.
La responsable de la restauration et son équipe recommencèrent à respirer après avoir inconsciemment retenu leur souffle pendant presque une minute et elle se remit au travail en affichant le sourire le plus niais qu'elle se soit permis depuis bien longtemps.
Apparemment, elle n'aurait pas besoin de chercher sa louche en bois après tout.
Mais Ochiai aurait quand même son menu particulier à base de sel au riz et de smoothie aux anchois. Parce que c'était toujours une mauvaise idée de s'en prendre au protégé de personnes qui avaient leur mot à dire sur le contenu de votre assiette.
