Bonjour à tous !
Et voui, c'est bien moi. J'avais prévenu sur ma page FB qu'il était fort peu probable que je puisse poster le nouveau chapitre puisque j'étais au Canada, mais en fait, on fait beaucoup de route dans ce pays, donc j'ai du temps pour écrire.
Donc le voilàààà. Il est plus long que d'habitude, je suis désolée, c'est exceptionnel, vous y habituez pas. Mais je voulais mettre tout ce que j'avais prévu, et je ne pouvais pas couper.
Comme toujours, merci pour vos formidables reviews. Je les aime, je les adore, je vous adore. Et j'ai sauté de joie puisque la barre des 100 reviews a été passée (par Tyte Lee, tu as le droit de me demander un OS sur le couple de ton choix) ! Et puis, ça me fait plaisir de voir qu'on est quand même un certain nombre à apprécier le Sirius/Hermione. Donc continuez !
Sur ce, bonne lecture !
Le vent glacial lui fouettait le visage, et Hermione rentra un peu plus la tête dans son cou, tentant vainement de la faire disparaître sous son écharpe. La neige qui tombait drue s'infiltrait par tous les endroits possibles et la frigorifiait. Elle claquait des dents. Soulagée, elle finit par apercevoir l'enseigne du restaurant à une centaine de mètres, et accéléra le pas. Quelques minutes plus tard, elle poussa la porte de l'établissement et accueillit avec bonheur la chaleur immédiate. Elle se détendit et, peu à peu, retrouva l'usage de ses membres. Elle ôta son bonnet, ses gants et ouvrit son manteau, tandis qu'un serveur s'approchait d'elle. Il lui demanda son nom, et si elle avait une réservation, et elle lui répondit qu'elle venait simplement rejoindre quelqu'un. Pendant qu'il vérifiait, elle se rendit compte à quel point le monde moldu, où elle ne bénéficiait d'aucuns traitements de faveurs et où son seul nom ne suffisait pas à lui assurer la meilleure place où qu'elle aille, la reposait. Le serveur la guida finalement jusqu'à une table isolée du reste de la pièce par des tentures de velours rouge. Drago Malefoy l'y attendait, un verre de scotch dans une main, l'autre tenant le bord de la Gazette du Sorcier. Le journal était ouvert au milieu, et légèrement plié, ce pour dissimuler les photographies animées aux regards. Elle l'observait en s'asseyant, il avait l'air fatigué, de grandes cernes lui mangeaient le visage, qui lui semblait plus pâle que d'habitude.
_ Bonjour Malefoy.
Le jeune homme referma son journal en soupirant, vida son verre d'une traite, puis leva les yeux sur elle.
_ Tu es en retard Granger.
_ J'avais du travail, et contrairement à ce que tu parais penser, je ne suis pas à ta disposition.
Elle se souvint de la lettre qu'il lui avait envoyée le dimanche précédent, en réponse à son hibou d'excuses.
«Je me fiche pas mal de tes sautes d'humeur, ne t'inquiètes pas. Mais je dois te voir d'urgence.
Ce mercredi, rejoins moi à « l'Élégance » à midi.
M. »
Indisposée par le ton du courrier, elle avait failli refuser, mais la curiosité avait pris le dessus. Ainsi se retrouvait-elle face à Drago, attendant de savoir ce qu'il lui voulait.
Celui-ci soupira de nouveau, et se passa la main dans les cheveux.
_ Je ne suis pas là pour me battre. S'il te plait.
Son ton paraissait presque suppliant, et cela calma l'énervement passager d'Hermione. Elle fronça les sourcils, détailla son amant.
_ Malefoy, est-ce que ça va ? demanda-t-elle brusquement.
_ Je suis exténué. Le changement à l'euro il y a deux ans nous a foutus dans un capharnaüm commercial infernal. Même du côté sorcier. Et ça ne fait que commencer à se calmer… Je passe mon temps à mon bureau, et quand je n'y suis pas, je m'occupe du mieux que je peux de débarrasser ma famille de l'opprobre de la guerre. Tu ne te rends pas compte, mais que j'aie pu te voir autant ces derniers mois relève du miracle, et d'un sens relativement génial de l'organisation.
Il sourit, sans paraître plus joyeux pour autant.
_ J'ai besoin que ça se calme, que ce soit d'un côté ou de l'autre. Il le faut, je ne peux pas continuer indéfiniment ainsi. Mais… je crois avoir trouvé la solution.
Il s'interrompit quand le serveur vint prendre leurs commandes. L'ancien Serpentard demanda une bouteille de vin en plus, et attendit que celle-ci leur fut apportée en silence. Puis il servit deux verres, et contempla longuement le sien, sous le regard impatient de la jeune femme. Il semblait chercher ses mots, un instant convaincu, celui d'après nerveux et hésitant. Il finit par prendre une longue gorgée, et, les yeux rivés sur sa boisson, poursuivit.
_ Tout d'abord, je voudrais te demander pardon, pour toutes ces années. A vrai dire… pour toute notre scolarité. J'ai fait des choses dont j'ai honte, à toi, à Potter et Weasley, à Hagrid, et j'en passe… Je pourrais dire que j'étais jeune, et bourré d'idées préconçues toutes plus idiotes les unes que les autres, mais ça n'excuse rien. Une part de moi continue de croire à ces inepties, je suis toujours un mec détestable, lâche et égocentrique. Ne dis pas le contraire, fit-il en la voyant ouvrir la bouche pour protester. Regarde, nous ne sommes pas amis, et nous ne le serons jamais. Nous ne nous appelons même pas par nos prénoms ! Peu importe, je suis quand même désolé, pour tout. Je voulais que tu le saches, avant de t'expliquer pourquoi je devais te voir aujourd'hui.
Elle ne dit rien, mais une sourde appréhension grondait dans sa poitrine. Elle but un peu de vin en l'observant, à nouveau, il avait l'air de ne plus savoir comment continuer. Elle reposa son verre, et il en profita pour lui prendre la main. Surprise, elle tenta de la retirer, mais il serra.
_ Je… Je vais me marier Hermione. Dans trois mois, au début du printemps.
Elle sentit un petit bout de son cœur se briser, une parcelle où son ennemi avait réussi à s'abriter, presque malgré elle. Les larmes montèrent, perlèrent au coin de ses yeux, mais fièrement, elle les ravala. Elle n'allait pas pleurer devant lui, non, elle se le refusait. Quand en janvier précédent, alcoolisés et esseulés, ils s'étaient jetés l'un sur l'autre, sans mots inutiles, simplement l'accord silencieux qu'ils se détestaient toujours mais que, quitte à, autant se détester tout nus, elle s'était promit de ne pas tomber amoureuse. Elle ne l'aimait pas. Alors pourquoi avait-elle si mal ?
_ Je voulais te le dire moi, plutôt que tu l'apprennes par quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui n'aurait pas l'histoire entière, qui te laisserait penser, peut-être sans le vouloir, que je m'étais fichu de toi depuis le début.
_ Ce n'est pas le cas ?
Le ton se voulait sarcastique, mais sa voix était trop blanche pour l'effet escompté.
_ Non, Hermione, non, répondit-il aussitôt, semblant vraiment craindre qu'elle croie cela. Je t'assure. Ce n'était sans doute pas idyllique, mais j'aimais vraiment ce que nous avions. C'était reposant, une petite île de quiétude dans l'océan tumultueux qu'est ma vie depuis la guerre. Tu sais à quel point c'est le bordel.
Oh oui elle savait. Comme Harry et Ron, elle avait été tenue de témoigner au procès des Malefoy six ans plus tôt, et malgré leurs paroles indulgentes, malgré l'assurance du Survivant qu'il ne s'en serait pas sorti sans Narcissa, ils n'avaient pu empêcher la condamnation de Lucius à deux années d'emprisonnement, ni le nom, pour beaucoup associé aux Mangemorts, d'être traîné dans la boue de toutes parts. Depuis lors, Drago n'avait cessé d'essayer de se racheter, d'offrir une rédemption à sa famille.
_C'est la meilleure chose à faire. Je n'ai pas le choix, pas même l'envie. Mais quand Astoria m'a proposé de l'épouser, je n'ai pas pu refuser. Je n'avais pas le droit, cette union est bien trop avantageuse. Sa famille a œuvré aux côtés de Dumbledore durant les deux conflits, et c'est de notoriété publique. Si elle devient ma femme, c'est que je ne suis pas autant pourri que ça.
_ Astoria ? releva Hermione, cherchant dans sa mémoire le nom familier.
_ Astoria Greengrass, la petite sœur de Daphné, qui était dans notre année. Elles étaient toutes les deux à Serpentard.
« Et toutes les deux des Sang-Pur, bien évidemment » pensa-t-elle perfidement. Elle s'abstint toutefois de le dire à voix haute, et hocha la tête.
_ Pourquoi consent-elle à un mariage pareil ? Je comprends bien que ça te soit bénéfique, mais à elle ?
Elle était étonnée de paraître autant maitresse d'elle-même, alors qu'elle se sentait si vide à l'intérieur. Sa voix était calme, elle ne tremblait pas, se focalisant sur les points rationnels pour empêcher les émotions de prendre le dessus.
_ Elle aura la paix. En m'épousant, elle se débarrasse de la pression familiale. Il faudra simplement fournir un héritier en temps voulu, mais en dehors de ça, elle pourra mener sa vie comme elle l'entend, sans avoir ses parents constamment sur son dos.
On aurait dit qu'il parlait d'une transaction commerciale, et non de sa future épouse. Il lui serrait toujours la main, mais en dehors de ce contact, il semblait ailleurs. Brusquement, Hermione se sentit triste pour lui, son avenir s'annonçait misérable. Il retira sa main et la regarda pour la première fois dans les yeux.
_ Je ne peux pas continuer à te voir. Je ne peux pas permettre qu'une relation extra-conjugale vienne bousiller ce que je tente de construire. Si je voulais te voir, c'était pour te dire adieu, quoiqu'il m'en coute.
S'il restait quelque morceau du bout de son cœur qu'il occupait, il venait de les piétiner. Elle se mordit la lèvre, se retenant à grand peine de pleurer. Il la scrutait, attendait sa réaction, mais elle ne savait pas quoi dire. Finalement, elle se leva, et attrapa son manteau.
_ Compris. Je me tiendrais à l'écart.
Il voulut la retenir en bondissant de sa chaise pour lui attraper le bras, mais elle se dégagea.
_ S'il te plait. Laisse-moi digérer tout ça. Seule.
Il hocha la tête, mais ne se rassit pas. Il parut hésiter, quelques secondes, puis l'attira à lui pour l'embrasser.
_ Je suis désolée, chuchota-t-il. Sincèrement.
Elle acquiesça, elle savait qu'il l'était. Elle détourna la tête pour ne pas le laisser voir une larme couler sur sa joue, enfila manteau, bonnet et écharpe, et sans un mot, sans un regard, sortit du restaurant.
Comme assommée, elle laissa ses pas la ramener à son bureau. Elle ne faisait pas attention où elle allait, se dirigeait par automatisme, et fut surprise de se retrouver au Ministère. L'après-midi passa, sans qu'elle s'en rende vraiment compte, sans d'ailleurs qu'elle soit productive ou qu'elle ait avancé dans ses recherches. Vers dix-sept heures, elle ramassa ses affaires et s'en alla, toujours dans un état second. Une fois dans la rue, elle hésita, puis transplana, et se retrouva devant une porte de bois. Elle toqua, et attendit.
Nathan vint lui ouvrir quelques instants plus tard. Il l'observa des pieds à la tête, puis, sans un mot, il ouvrit les bras, et, toujours sans un mot, elle alla s'y nicher. Les larmes affluèrent de nouveau et cette fois-ci, elle ne les retint pas. Elle pleura, pendant une éternité lui sembla-t-il, tandis que son ami lui passait une main apaisante dans le dos tout en l'entrainant à l'intérieur de l'appartement, fermant la porte derrière eux.
Quand elle fut assez calmée pour qu'il puisse la laisser toute seule sans craindre qu'elle ne s'effondre, il l'assit dans le canapé, et partit à la cuisine. Il revint deux minutes plus tard, un énorme pot de glace à la framboise et deux cuillères dans les mains. Il lui en tendit une, prit place à côté d'elle, et tout en plongeant la sienne dans le sorbet, lui dit doucement :
_ Allez ma chérie, raconte. Fred n'est pas là, tu peux parler librement.
Hermione sourit avec reconnaissance. Elle ne savait pas comment il faisait, mais le jeune homme semblait avoir compris pourquoi elle était là. De son entourage, il était le seul à qui elle avait parlé de sa relation avec Drago. Peut-être parce qu'il était si facile de se confier à lui, ou peut-être parce qu'il était le seul à ne pas connaître personnellement l'ancien Serpentard, et qu'il ne la jugerait pas. Elle avait eu peur qu'il ne finisse par tout avouer à Fred, mais non, il avait merveilleusement bien tenu le secret, et elle ne l'en adorait que plus encore.
_ Il va se marier Nathan… Se marier, tu te rends compte ?
_ Il avait une copine et il ne t'en a pas parlé ? Quel goujat !
_ C'est un mariage politique. Mais quand même… Je… Je ne m'attendais pas à ce que ça fasse aussi mal. Pourtant, je ne l'aime pas, mais…
_ Mais ça faisait un an que vous vous voyiez, et malgré tout, tu t'étais attachée à ce que vous aviez. C'est normal ma chérie.
_ Tu crois ? Je me sens stupide. On n'avait pas grand-chose, à part des rencontres sous la couette épisodiques. Est-ce que ça mérite vraiment les grandes eaux ?
Elle plongea sa cuillère dans la glace et la mangea pensivement, coinçant le couvert entre ses lèvres pour enlever en même temps son manteau et ses chaussures. Elle s'installa plus confortablement dans le canapé et replia ses jambes, puis retira la cuillère de sa bouche.
_ Je veux dire, on ne sortait pas ensemble. Pourquoi je digère moins bien cette séparation que ma rupture avec Ron ?
_ Peut-être que c'est le cumul des deux, fit Nathan en lui attrapant les mollets pour les placer sur ses genoux. Tu perds en l'espace de quelques mois ton petit-ami et ton amant, qui sont dans le périmètre depuis des années, et tu dois en plus de tout ça composer avec un colocataire beau comme un dieu mais que tu ne portes pas particulièrement dans ton cœur. Ça fait beaucoup pour une seule personne, même pour toi. D'autant que tu vois tes amis se mettre en couple les uns après les autres. Fred et moi vivons une histoire d'amour exceptionnelle, Ron est amoureux de Lavande, même Harry, qu'on pensait perdu pour l'humanité, ou la gente féminine, semble avoir retrouvé un équilibre avec sa copine mystère. Tu as l'impression de nager à contre-courant, d'aller dans le mauvais sens.
Il avait pris un ton philosophe, et Hermione l'écoutait attentivement, tout en plongeant allègrement dans le pot de glace. A la fin de sa tirade, elle se devait d'avouer qu'il avait vu juste, comme d'habitude.
_ Je serais toujours stupéfaite de ta capacité à mettre des mots sur les émotions que je viens à peine de ressentir, dit-elle. C'est limite flippant parfois. Je me demande comment tu fais.
_ Et bien c'est simple, ma chérie. Un quart de siècle d'observation de l'humanité, et presqu'autant de gavage de comédies romantiques. Ça vous change un homme, crois-moi.
Elle éclata de rire, le cœur plus léger.
Ils passèrent la soirée tous les deux, affalés l'un sur l'autre dans le canapé à manger de la glace à la framboise devant les dites comédies romantiques, le jeune homme ayant fait l'acquisition d'une télé des années auparavant.
Vers vingt heures, quelqu'un frappa à la porte.
_ Ça doit être Fred, dit Nathan en se levant.
Il alla entrebâiller la porte et Hermione tendit l'oreille.
_ Bonsoir sunshine. Je suis désolé mais ce soir j'ai de la visite. Tu viens prendre le petit-déjeuner demain ?
_ De la visite ? Qui ?
_ Rien qui te concerne sunshine. Mais promis, ce n'est pas un homme.
_ D'accord, d'accord, je te vois demain matin alors.
Il y eut un bruit de baiser, puis la porte se ferma et Nathan revint sous les couvertures qu'ils avaient sortis un peu plus tôt.
_ Désolée, dit la jeune femme. Je peux partir si tu préfères rester avec Fred.
_ Ma chérie, ni toi ni moi n'avons envie que tu partes. Donc arrête de dire des bêtises et repasse moi le pot, j'ai besoin de sucre pour regarder Bridget courir en culotte dans un Londres enneigé.
Elle obtempéra et remit ses jambes sur celles de son ami. Elle l'observa plonger goulument sa cuillère dans la glace et lança, le plus sincèrement du monde :
_ Je suis contente que tu sois rentré dans nos vies.
Il rit et se replongea dans le film.
Elle ne rentra au Square que vers minuit. Ces quelques heures avec Nathan lui avait fait du bien, plus qu'elle ne l'aurait pensé en arrivant chez lui. Sa joie était communicative, il avait un don pour faire disparaître les tracas. Il était rêveur, mais d'un genre différent de celui de Luna. Lui donnait bien l'impression de vivre dans le même monde que les autres, il avait juste décidé de complètement l'ignorer. Il était un drôle de personnage, songea-t-elle en se glissant dans son lit, mais elle l'aimait de tout son cœur. Sur cette pensée, elle s'endormit.
Des tapotements sur le carreau de la fenêtre l'éveillèrent le lendemain matin. En grommelant, elle plongea sa tête dans l'oreiller, mais les bruits s'intensifièrent et, renonçant à son précieux sommeil, elle se leva.
Deux hiboux attendaient sur le rebord. L'un s'agitait en tous sens et hululait, l'autre l'observait et avait l'air de se dire que ce n'étaient pas des manières de se comporter quand on était un hibou postal digne de ce nom. Les deux avaient un bout de parchemin et un magazine enroulés et accrochés à la patte. Elle leur ouvrit, les débarrassa de leur chargement, et leur donna du Miam'Hibou, dont elle gardait toujours une petite provision au cas où.
Elle lut en premier la lettre du hibou à l'expression grave, puisque l'autre appartenait à Nathan et que celui-ci devait juste lui demander comment elle allait. A sa grande surprise, le courrier venait de Lavande.
« Chère Hermione,
Comme tu le sais sans doute, je reçois chaque jeudi SorcièreHebdo. Ne me juge pas, ça m'est parfois utile pour mon travail. Et puis… On a tous nos plaisirs coupables, non ?
Bref, j'ai pensé que la couverture de cette semaine allait grandement t'intéresser.
Oh, et attends toi à une visite de Ron, incessamment sous peu.
Amitiés,
Lavande. »
Avec appréhension, Hermione saisit le magazine et le déplia. Elle se figea. La une du journal était une photo d'elle, et de Drago. Prise au moment où elle allait quitter le restaurant la veille, on les voyait s'embrasser, puis le jeune homme lui chuchoter quelque chose à l'oreille. Le titre l'acheva : « LA LIONNE ET LE SERPENT AMOUREUX ! Rita Skeeter vous dit tout sur leur idylle secrète ! »
Sonnée, elle attrapa la lettre de Nathan.
« Ma chérie,
Je crois que tu devrais jeter un coup d'œil à ceci.
Si ça peut te consoler, tu es extrêmement photogénique.
Bisous mouillés tout partout,
Nathan. »
Elle n'eut même pas besoin de regarder pour savoir qu'il lui avait également envoyé un exemplaire de SorcièreHebdo. Elle sentit un énervement sans nom la gagner. En descendant les escaliers, chaussée de ses hippogriffes, elle réfléchissait aux meilleurs moyens de tuer Rita Skeeter. Au rez de chaussée, elle fut rejointe par Sirius qui devait probablement revenir de sa balade canine matinale.
_ Bonjour ! lança-t-il.
Elle grogna pour toute réponse, sans sortir de ses pensées meurtrières.
_ Ouh là, tu es de mauvais poil toi. Que se passe-t-il ?
_ C'est la guerre Sirius. Elle va me le payer.
Sans un mot de plus, elle dévala les marches qui menaient à la cuisine, et ouvrit la porte. Son colocataire était derrière elle, et elle se tourna vers lui.
_ Fais-moi penser à réactiver le sortilège anti-transplanage sur cette baraque.
Dans la pièce l'attendait un véritable comité d'accueil. Harry, Ron, les jumeaux mais aussi Lavande et Nathan qui lui lancèrent un regard désolé, lui signifiant ainsi qu'ils n'avaient pu empêcher la tempête Weasley de s'abattre sur elle.
Au centre de la table en bois trônait le magazine.
_ Vous ne me ferez pas croire que vous êtes tous des lecteurs de SorcièreHebdo, siffla Hermione en croisant les bras.
_ Lavande y est abonnée, répliqua Ron. Il est arrivé quand on prenait le petit-déjeuner, et j'ai immédiatement prévenu Harry.
_ Nathan aussi y est abonné, poursuivit Fred, mais c'est George qui me l'a raconté. Il l'a aperçu au kiosque en revenant de la boulangerie ce matin. Nous avons rappliqué tout de suite.
_ Alors ? dit George en s'avançant, qu'as-tu à dire pour ta défense.
Hermione leva la main, et plia son pouce.
_ Quatre mots. Pas. Vos. Foutus. Oignons !
Sirius lui, s'était assis sur un banc de bois, avait ouvert le journal, et lisait. Seuls ses éclats de rire allégeaient un peu la tension ambiante.
_ Ah si, s'exclama Ron. Ce sont mes oignons, parce qu'à priori, quand tu as commencé à le voir, on était encore ensemble !
_ Et alors ?! S'emporta la jeune femme, qui trouvait qu'il était bien trop tôt pour un tel procès. Tu te tapais bien Lavande à ce moment-là. Ne vas pas me faire croire que tu savais qu'elle était plus la cruche de Poudlard ! Sans offense Lavande, ajouta-t-elle après un instant.
_ T'inquiètes, répondit celle-ci, qui semblait sincèrement compatir.
_ Hermione, reprit Harry avec calme, personne ne te reproche d'être allée voir ailleurs du temps de Ron. C'était une situation particulière. Mais… Sérieusement, Malefoy ? Celui qui a fait condamner Buck à mort pour une égratignure au bras ? Qui t'as insultée je ne sais combien de fois ? Qui a tenté de tuer Dumbledore ?
_ C'est vrai, continua Fred. Après Ron, on pensait que tu ne pouvais pas faire pire. Et en fait si !
_ Mais bien sûr, ricana Hermione en ignorant la protestation indignée de son ancien petit ami. Vous, les juges suprêmes de la convenance, vous êtes bien placés pour parler n'est-ce pas ? Mais entre toi Fred qui n'arrive même pas à assumer l'existence de l'homme qui te rend heureux, toi Ron qui me fait des reproches, alors que, honnêtement, ça fait combien de temps que tu la vois Lavande ? Deux ans ? Et toi Harry, qui est tellement terrorisé à l'idée de tout foirer avec ta nouvelle copine que tu préfères la tenir dans l'ombre ! Non sans rire, vous êtes de si parfaits exemples ! Et pitié, pitié, ne me lancez pas sur nos années à Poudlard.
Les garçons s'apprêtaient à répliquer quand Sirius se leva brusquement, faisant claquer le magazine sur la table.
_ Bon maintenant ça suffit, aboya-t-il. Ce qui se passe dans le lit d'Hermione ne concerne qu'elle, et effectivement, je pense que personne ici n'est en mesure de la juger. D'autant que si vous aviez seulement prêté attention à la photo plutôt qu'au titre accrocheur et mensonger, vous auriez vu qu'au moment où Malefoy chuchote à son oreille, elle pleure. Ce baiser, c'est un baiser d'adieu, et aussi détestable qu'il soit, ça ne doit pas être facile pour elle. Je prierais donc tous ceux qui sont décidés à agir en gosses de dégager de ma cuisine. Je souhaiterais prendre mon petit-déjeuner avec ma colocataire. Merci.
Il posa son regard gris sur l'assemblée, défiant quiconque de répondre. Mais, assommés par la tirade, parce que Sirius avait raison ou plus probablement parce qu'il avait pris la défense d'Hermione, ce qui, de mémoire, n'était jamais arrivé, tout le monde obéit. Une fois la pièce vide, il se tourna vers la jeune femme en souriant.
_ Dix secondes pour les faire déguerpir, je crois que j'ai battu un record !
Celle-ci le regardait comme si elle ne l'avait jamais vu. Elle avait sans doute été la plus choquée par l'emportement de l'homme. Elle resta immobile plusieurs minutes tandis qu'il sortait de quoi manger. Des larmes montèrent à ses yeux, mais elle ignorait pourquoi. Sirius se tourna vers elle, une tranche de bacon dans la bouche.
_ Allez, souris Granger. C'est pas drôle quand t'es triste.
Voilà voilà…
J'aime bien ce chapitre à vrai dire, et j'aime Nathan un peu plus chaque jour.
N'hésitez pas à me donner votre avis, ça se voit peut-être pas, mais j'en tiens compte hein ! Par exemple je ne pensais pas ramener Drago si vite, et en fait si ! Bref, les reviews, c'est le bien !
Au plaisir,
Black.
