Hop hop, livraison hebdomadaire ! Ce chapitre est un peu plus court, mais il est important, et contient la très fameuse épreuve des clochettes que plusieurs d'entre vous attendaient avec impatience. Bonne lecture !
Le lendemain matin, je contraignis mes deux frères adoptifs – c'était si étrange et si plaisant à penser à la fois ! – à manger un petit-déjeuner correct. Maman nous avait toujours répété pendant nos classes supplémentaires avec elle qu'un repas avalé puis vomi valait mieux que pas de repas du tout, et m'aida à les convaincre, même si elle-même devait se presser pour rejoindre sa propre équipe. Elle semblait si heureuse d'être de retour en service actif… Elle n'avait pas dû apprécier énormément de mettre sa vie sur pause pour avoir un enfant, mais la mort de mon père ne lui avait pas donné le choix. J'espérais tout de même qu'elle était heureuse d'avoir suivi ce chemin avec moi.
Nous arrivâmes à l'heure au terrain d'entraînement. Comme je savais que Kakashi-sensei n'arriverait pas avant un moment, je proposai à mes camarades de faire nos exercices d'assouplissement ensemble. Il fallait être deux pour certains, qui nécessitaient une poussée au-delà de ce que le corps pouvait fournir seul. Ensuite, parce que le professeur n'arrivait toujours pas, nous fîmes quelques tours du terrain pour nous échauffer, avant de nous mettre à nous battre au dernier debout pour passer le temps. Nous étions prévenants les uns avec les autres, bien conscients que nous devions garder des forces pour ce qui nous attendait.
— Salut les jeunes ! Je vois que vous êtes en forme !
— Vous êtes en retard !
Ce fut Naruto qui lança cette pique d'un air agacé en se relevant après que je l'aie poussé au sol d'un revers de la main. J'avais accompagné sa chute de tout mon corps pour qu'il n'y ait pas de choc, mais cela comptait tout de même comme une victoire à mon nom. Le sensei ne se donna pas la peine de répondre, se contentant de sortir de son sac un petit réveille-matin qu'il posa sur une souche.
— Ok, il sonnera à midi pile. J'ai ici deux clochettes. Vous devez vous en emparer avant que le réveil ne sonne.
Dire qu'il était déjà dix heures cinq… Je grognai de mécontentement. Peut-être était-ce éventuellement faisable, mais j'aurais aimé avoir plus de temps, même si ma stratégie était déjà prête.
— Ceux qui n'auront pas réussi à me prendre une clochette d'ici-là seront privés de déjeuner. Ils seront ligotés à l'une de ces souches et je mangerai juste sous leur nez.
Il parut surpris de notre absence de réaction – nous savions tous les trois que nous pouvions toujours manger en rentrant chez nous et puis nous n'avions même pas faim – mais continua tout de même son petit discours. Je me demandais pendant combien de temps il avait bien pu le répéter. Je savais grâce à Maman que les guerres et le fait d'être propulsé au rang de Jônin si jeune avaient causé des dégâts chez Kakashi, notamment dans sa manière de socialiser. Si un homme si abîmé avait été réquisitionné comme professeur, il devait réellement avoir des connaissances exceptionnelles à partager.
— Comme vous le voyez, je n'ai que deux clochettes. Par conséquent, l'un de vous trois sautera forcément le repas. Ceux qui n'auront pas de clochette seront recalés ! Il y en a donc au moins un parmi vous qui retournera astiquer les bancs de l'école…
Je sentis Naruto se tendre nerveusement près de moi et posai une main sur son épaule. Je ne laisserais pas cela arriver. Plutôt y retourner moi-même que le laisser souffrir de cet échec.
— Vous êtes autorisés à utiliser toutes vos armes. Il va falloir vous battre sérieusement pour avoir une chance de réussir.
Je réprimai à grand-peine une exclamation moqueuse. Si nous réussissions, ce serait seulement parce qu'il aurait décidé que nous avions fait assez d'efforts pour le mériter.
— Préparez-vous à démarrer quand je donnerai le signal.
Sasuke fut le premier à se mettre en position de garde, mais Naruto et moi suivîmes à peine un instant plus tard. Je dégainai mon tantô et mon ami blond en fit de même avec son énorme épée. Il l'avait affûtée pendant plus d'une heure la veille. Il la traitait avec un amour révérencieux qui imposerait le respect même aux maîtres épéistes, attaché qu'il était au premier cadeau que Kurenai lui faisait.
— Allez, on commence… Prêts ? Partez !
Aussitôt, d'un même élan, nous nous précipitâmes vers les arbres. Les clochettes brillaient à la ceinture du sensei, mais nous n'avions aucune chance en attaquant de front comme ça. Par habitude, je pris la tête des opérations. Même Sasuke s'inclinait devant mon intellect. Dans notre génération, Shikamaru était le seul à me surpasser en termes de stratégie. Mon âge me donnait un avantage que je ne me gênerais pas pour pousser autant que possible.
— Sasuke, tu vas prendre toutes nos bobines de fil d'acier et tracer une toile d'araignée dans les arbres. Je veux que l'ombre donne sur le sol de la forêt. Si nous nous battons ici, je pourrai l'immobiliser avec la manipulation des ombres. Je vais servir d'appât, et tous les deux, vous serez prêts à agir. Naruto, tu lui tiendras les mains immobiles en posant ton épée dessus, quitte à faire couler le sang. Sasuke, tu es le plus rapide de vous deux, c'est donc toi qui prendras les clochettes.
Immédiatement, le brun fronça les sourcils.
— Et toi ? Il n'y a que deux clochettes. Je n'ai pas envie que tu retournes à l'Académie, surtout si c'est grâce à toi que nous décrochons le droit de continuer…
Je l'interrompis aussitôt, le menton légèrement dressé en une posture qui ne devait pas manquer d'arrogance.
— Je ne pense pas que l'un de nous retournera à l'Académie. Ces équipes ont été soigneusement conçues en fonction de nos forces et de nos faiblesses. Mais même si c'était le cas, avec ce que je suis en train d'apprendre, il ne se passerait sans doute pas six mois avant que je me trouve un mentor qui me fasse entrer à terme dans les forces spéciales. Je ne manque pas d'options. La seule chose sur laquelle je refuse de plier, c'est vous. Je veux que vous me rendiez fiers et que vous preniez la place qui vous revient parmi les forces d'élite du village, et pour ça, vous ne pouvez, ni l'un ni l'autre, vous permettre de perdre un an à l'Académie.
Si Kakashi voulait de la fidélité, je venais de lui en donner un excellent exemple. Je doutais qu'il eût été capable, lui, à l'époque, de céder sa place pour Rin ou Obito. Mais les temps étaient différents alors. On ne pouvait se permettre de retarder l'apprentissage du moindre ninja. Et tant pis si on les détruisait.
— Vas-y, Sasuke. Je fais diversion avec Naruto. Si tu entends le miaulement d'un chat sauvage, rapplique aussitôt.
Nous nous séparâmes d'un commun accord. Je guidai mon ami vers l'orée de la forêt. Je m'arrêtai juste avant le moment où les arbres devenaient plaine pour invoquer le premier des apprentis qu'Aotsuki m'avait assignés. Je coupai la peau tendre de mon pouce et plaquai ma main ensanglantée au sol en diffusant mon chakra dans le liquide carmin et, bien vite, dans un nuage de fumée, un chat haut d'une centaine de centimètres au garrot à la robe d'un gris fumée et aux épaules trapues apparut à mes côtés.
— Salut, Hanehaîro ! Je t'ai appelé pour un entraînement spécial. Je te présente Naruto, il va nous aider à faire diversion pendant que mon autre compagnon prépare un piège. Je compte sur toi !
D'un même élan, nous nous précipitâmes dans la clairière où Kakashi-sensei lisait tranquillement son livre. De ma main libre, je lui jetai deux volées de shurikens tandis que de l'autre j'assenai un coup de mon tantô vers sa gorge. Je le ratai, bien évidemment, et très vite, il fut derrière moi.
— Bravo, tu vises les points vitaux sans hésitation… On va peut-être pouvoir faire quelque chose de toi en définitive.
Je ne me laissai pas déconcentrer par l'insulte, me jetant au sol avant de me relever plus loin d'une pirouette pour laisser la place à Hanehaîro qui, toutes griffes dehors, se lançait de toute ses forces à l'assaut du professeur. Je vis un éclair de compréhension dans l'œil du Jônin et, alors qu'il aurait pu choisir de blesser mon compagnon, il se contenta de le repousser d'un revers de la main. Je savais que Kakashi considérait ses chiens comme sa famille. Jamais il n'aurait blessé les invocations d'un de ses camarades.
— Maintenant, Naruto !
Je savais que mon ami n'avait pas le niveau pour se battre contre un Jônin et espérer la victoire, mais vu la longueur de son épée, le sensei était obligé de se déplacer s'il voulait esquiver. Il avait beau garder les yeux sur son livre, il n'en restait pas moins vif, et redoutable.
L'escarmouche dura un certain temps, celui que nous devions donner à Sasuke pour installer notre piège. Pendant ce laps de temps, je crus toucher le sensei une ou deux fois, mais à la dernière seconde, j'échouais. Je devais garder la tête froide, mais c'était difficile quand il me semblait si loin de notre propre niveau.
Enfin, j'entendis le cri d'oiseau de proie qui signifiait que nous pouvions rompre. D'un bond, suivi de mon chat et de mon ami, je rejoignis le couvert des arbres. Si je ne me trompais pas, Kakashi nous y rejoindrait bientôt. Je retrouvai Sasuke au point de rendez-vous. Je n'avais pas besoin de lever la tête pour inspecter son travail : je pouvais voir les croisillons presqu'invisibles au sol.
— Et maintenant ?
— Maintenant, on se tient prêts, et on attend. Cachez-vous dans les arbres et dès que je vous le dirai, attaquez.
Je les regardai disparaître dans les feuillages avec un petit sourire fier. Naruto s'était battu de toutes ses forces, et il avait tellement progressé depuis le début de l'académie ! Avec un petit soupir, je me laissai tomber contre le tronc d'un arbre en position assise, feignant un épuisement brutal. J'avais congédié Hanehaîro après l'avoir remercié pour ne pas épuiser tout mon chakra, mais je le regrettais à présent : je me sentais terriblement vulnérable ainsi exposée.
Le professeur finit par arriver. Je prétendis qu'il m'était difficile de bouger alors que je me relevais. Maman m'avait appris comment assimiler un peu plus d'oxygène dans mes muscles et, de l'extérieur, cela ressemblait à un halètement fatigué. Kibaki n'aimait pas me voir faire ça, elle prétendait que c'était un déshonneur pour un apprenti de se comporter comme un chiot, mais elle n'avait jamais contesté l'efficacité du procédé, après tout.
Le combat fut bref, parce que tout était minutieusement préparé de notre côté. En un instant, je l'avais attrapé dans le filet de mes ombres. Je hurlai mon signal à mes camarades, bien plus fort que je ne l'avais prévu, tant la lutte de ma proie et sa vigueur me surprirent. J'avais l'impression que du feu courait sur mon corps là où le sien bougeait pour tenter de se dégager, mais je tins le coup jusqu'à ce que Sasuke attrape le sésame avant de m'écrouler dans l'herbe, épuisée par la perte brutale d'une bonne partie de mon chakra. Naruto me rattrapa et m'appuya contre son épaule tandis que je cherchais mon souffle.
— Hitomi, tu es sûre… ?
Je ne laissai même pas le temps à Naruto de finir sa phrase : je hochai faiblement la tête et attrapai la clochette que Sasuke nous tendait pour la fourrer dans la main de l'autre garçon.
— Il est… hors de question… que tu retournes à l'Académie !
Kakashi me fixait d'un regard intense, mais je l'ignorai.
— Eh bien, eh bien… On dirait que vous savez déjà travailler en équipe, tous les trois. Je n'ai donc pas besoin de vous faire mon petit laïus… Félicitations, vous êtes tous les trois acceptés ! Je vous attends demain à huit heures pour votre première mission !
Il disparut dans un nuage de fumée sans même nous laisser le temps de répondre. Après avoir échangé un regard entendu, nous nous dirigeâmes vers la maison. Sasuke prit place à ma droite, tandis que Naruto continuait de me soutenir du côté gauche. Je savais qu'avec eux deux, je ne risquais pas de tomber.
Et sur ces mots un peu naïfs mais pleins d'espoir, je vous laisse ! N'oubliez pas que les reviews sont importantes pour les auteurs et que je réponds à toutes. Mettez l'histoire en favori pour ne rien rater, les alertes par mail c'est le feu. À la semaine prochaine !
