L'auteure de la version originale et moi-même sommes contre le port de fourrure et nous nous s'opposons aux traitements infligés aux animaux pour les obtenir.
Elle s'excuse par avance si cette histoire si cette histoire offense qui que ce soit.
XII-Luxe
« Sherlock, » chuchota John avec colère, « je croyais que tu avais dit qu'on avait l'accord du propriétaire d'être ici »
C'était peu après minuit et John commença à penser que le « coup d'œil » sur les vêtements luxueux allait interrompre sa nuit de sommeil finalement. A peine arrivés, ils entendirent un bruit de pas et le cliquetis d'un trousseau de clefs. Sherlock l'avait emmené dans la seule cachette disponible, un dressing de cinq mètres par sept. Au moins, on était en hiver et les fourrures leur tiendraient chaud avec les 7°C de température intérieure ici.
« L'un des propriétaires nous a donné la permission. L'autre est suspect, d'où la visite tardive et ici il n'y a pas besoin de chuchoter. Les parois du coffre sont en ciment et la porte d'acier est de 8 centimètres d'épaisseur. On peut dire…ou faire…n'importe quoi sans risque de se faire prendre.
Les yeux de Sherlock pétillaient, son sourire était taquin John connaissait ce regard, et il appréciait et même vivait pour se regard. Mais parce que maintenant, entouré de deux rangées de fourrures vison, zibeline, hermine et renard, toutes appartenant à leur client, et valait bien plus que trois mois de salaire à la clinique, rendait John nerveux.
« Et qu'est-ce qu'on fait si quelqu'un de la boutique entre ici ?» demanda John, essayant de rester calme et maître de lui-même si sa voix semblait un peu étouffée.
Avec un petit sourire satisfait, Sherlock sortit une cale de caoutchouc de sa poche et la glissa sous la porte.
« On s'en occuperait. Tu sais, John, j'ai toujours beaucoup aimé les fourrures. Maman me laissait mettre les siennes. » Sa voix était un bas ronronnement mélancolique. John haussa les sourcils et sourit, amusé par l'image qu'il se faisait de son amant et de ses aventures précoces dans le travestisme. Sherlock l'ignora et commença à contempler les manteaux.
« J'étais assez jeune, on m'avait prétendu têtu. La seule manière qu'elle avait de me faire prendre mon bain était de me permettre d'enfiler son manteau de vison après celui-ci. Et c'est comme ça que j'ai découvert la sensation unique de la fourrure sur une peau nue. » Les yeux à demi-fermés, Sherlock promenait sur sa joue une manche de vison.
John ne pouvait pas se décider quand à savoir s'il était moral d'être excité juste à regarder Sherlock se dévêtir sans précipitation au fur et à mesure de son avancée dans la rangée de manteaux , les frôlant de ses longs doigts exquis. L'une des raisons qui faisait que leur relation amoureuse fonctionnait était qu'ils ne la laissaient jamais interférer dans une enquête. Ou si c'était le cas, c'est toujours intentionnel.
De temps en temps, l'un deux glissait mais l'autre le rattrapait toujours. Se trouvant dans le rôle du « rattrapeur », John s'admonesta lui-même dans un discours sur l'importance de retarder l'autocongratulation et sur le travail de première importance qu'était celui de Sherlock.
Mais sa voix intérieure bégayait de distraction, Sherlock, maintenant seulement vêtu de son boxer, laissait échapper un grognement de plaisir alors qu'il enlevait de son cintre un long manteau d'hermine blanc comme neige. John avait dû grogner quand quelques secondes plus tard, le boxer était enlevé et Sherlock et le manteau ne faisaient plus qu'un.
« On ne peut pas faire ça » John secoua la tête et essaya en vain de calmer Sherlock qui n'était que malice et désir et qui s'avança vers lui dans la lumière tamisée du coffre. Les boucles brunes et les yeux bleus de glace semblaient flotter au-dessus de la fourrure immaculée.
« Pas faire quoi, John ? »
Cette simple question l'amena à penser à trois positions favorites (tant les siennes que celles de Sherlock) chacune était plus tentante par l'ajout de la longue pièce de fourrure. Il était clair pour John que Sherlock ne voulait être en aucun cas dérangé de son but de rendre John fou de désir, et ce le plus rapidement possible. Il n'aurait pas d'autre choix que d'accepter cette connaissance plus intime dans ce paradis isolé et bordé de fourrure. Il ne se faisait pas d'illusions –il allait succomber.
Profitant d'avoir l'esprit encore relativement clair, il réfléchit à la manière de satisfaire son exigence à limiter les dégâts. Même l'odeur des peaux, une plaisante et sensuelle fragrance musquée, commençait à faire effet sur lui. John s'était dit qu'il avait environ une minute avant de renoncer totalement à résister. Prenant l'arme la plus persuasive à sa disposition, John reprit le contrôle. »
« Des préservatifs, chéri, c'est tout ce que je demande. Et ça, » dit-il en prenant la chemise purpurine de Sherlock. « Si jamais les choses tournent au vinaigre. Je te laisse décider, mais tu ne touches pas ! »
« Mais bien sûr » dit Sherlock, les yeux rivés sur les lèvres de John, humectées d'un coup de langue anticipé.
John avait trouvé la soirée intéressante, un peu riche en émotions mais pas mal du tout.
Sa prudence l'avait empêché d'être trop humide.
Ce n'est qu'à trois heures du matin que John et Sherlock purent se coucher. John laissa échapper un long soupir de soulagement lorsqu'il posa la tête sur l'oreiller.
« Bonne nuit Sherlock » murmura-t-il alors que les mains familières dessinaient des petits cercles sur sa peau. John avait mis du temps à se faire à l'idée que même lorsqu'il dormait, Sherlock enquêtait.
« Au moins, il ne ronfle pas » se dit John s'endormant vite.
En un rien de temps, il était plongé dans un rêve. Pas un rêve remplit d'images de l'Afghanistan ou de la guerre. Non, c'était plutôt un rêve délicieux, un peu étrange, dans le genre de ceux qui étaient de plus en plus fréquents depuis que Sherlock et lui partageaient un lit.
Dans le rêve, John dormait, comme c'était le cas dans la réalité, mais il n'y avait pas Sherlock à ses côtés. Il était pourtant en compagnie de deux minuscules hermines blanches aux yeux en amande bleu de glace qui furetaient continuellement, explorant sa petite personne et parlant sans cesse de l'endroit où elles s'installeraient pour la nuit.
« Mmmh, là c'est doux. »
« Y'a pas assez de place. »
« T'a remarqué qu'il fait plus chaud là-haut ? »
« Bien sûr, c'est plus chaleureux, on dirait un fourneau. »
« Pourtant, c'est pas une lumière, pas vrai ? »
« Oui, mais il est doux. T'as visité la taille ? C'est délicieux. On dirait un matelas en plumes duveteuses. »
« Bien d'accord, c'est très confortable là ! »
« Pas d'expériences ce soir ? »
« Demain peut-être. Si on se mettait là …»
« Je dois le toiletter ?»
« Non, ça le pourrait le réveiller, et il a besoin de dormir, sans ça il sera grognon. Et oublie pas, c'est pas une lumière. Il a besoin de turbiner à plein régime pour garder le niveau. »
« Oui, mais je l'aime bien.»
« Moi aussi, il est adorable. »
« Et puis, il sent bon. »
« Oui, très bon. Maintenant décale-toi …»
« Que c'est doux ! »
Avant de sombrer plus profondément dans ses rêves John sentit les deux créatures s'installer, délicatement, doucement, une sur son torse et l'autre sous son menton, leurs petits cœurs fragiles ayant trouvé comme refuge le battement constant et vigoureux du sien.
