Titre : Shippu ! Konoha Gakuen Den !
Auteur : Mokoshna
Manga : Naruto
Crédits : Naruto est la propriété de Masashi Kishimoto.
Avertissements : UA High School, probablement du Yaoi par la suite, et du SasuNaru en prime. Un peu de Yuri aussi, tiens. Je tiens à préciser que je n'ai mis aucune volonté artistique ou quoi que ce soit dans cette fic, je le fais juste parce que je le peux.
Blabla de l'auteur : Voilà la suite, profitez-en parce que d'ici la semaine prochaine, je retourne au boulot et je ne pourrai plus suivre le même rythme de parution.
Merci de votre fidélité et bonne lecture !
11
Kick dans la face !
Tout se précipite !
Kakashi avait beau être un pervers et un incompétent pour bien des élèves du lycée Konoha, il n'était pas moins très impliqué dans leur développement et leur vie scolaire. En quelque sorte. D'accord, il n'allait pas souvent chez eux sauf s'il y trouvait un avantage quelconque (comme le fait de manger comme un roi chez les Akimichi ou de se voir offrir quelques petites herbes « spéciales » par Nara père), mais il veillait sur eux d'une autre manière, de loin. Enfin presque. Quoi qu'il en soit, il se souciait d'eux. Même si leur vie privée ne le concernait pas vraiment et qu'il aurait préféré se jeter d'un pont plutôt que de se voir confier la garde des plus turbulents, comme le jeune mais néanmoins perturbant Shino ou ce sac d'embrouilles sur pattes qu'était son ami Kiba. Et ne parlons pas du nouveau, Naruto, avec ses sales manies de vouloir défier tout ce qui bouge ! Mais ça, ce n'était pas important. Ce qui l'était, c'est qu'il était un bon prof, quoi qu'on dise. Ou presque. En tout cas, il n'était pas si mauvais que ça s'il était encore là.
La meilleure preuve ? Malgré les mauvais échos qu'il avait entendus sur Naruto Uzumaki et tout le bordel qui avait suivi son arrivée au lycée, Kakashi continuait de lui enseigner les bases de l'éducation. Il restait son professeur principal, quoi ! D'accord, c'était une bonne graine de voyou et il finirait sans doute au trou en sortant du lycée, mais c'était pas un mauvais bougre au fond même si ses notes et son comportement laissaient à désirer. Et en plus, c'était un vrai crétin dans son genre, ça oui. Quelle idée d'afficher ainsi ses origines, au risque d'attirer l'attention sur lui ! Cette ville était plutôt tranquille si ce n'est quelques échauffourées entre familles, la routine en somme, mais ce n'était pas une raison pour agiter les esprits comme il le faisait ! Tsunade avait vraiment eu une idée saugrenue en l'acceptant ici, alors qu'il était plus approprié de le mettre au lycée Kuroki qui était le coin à emmerdes où les jeunes les plus difficiles de la ville finissaient. Enfin, comme le disait souvent Asuma, il faut de tout pour faire un monde.
Quoi qu'il en soit, il fallait continuer à faire son taf. Rapport de la semaine : pas mal de combats impliquant Naruto, du raffut en veux-tu en-voilà, la présence illégale de stands de nourriture et de paris au sein de l'école, la création d'un club de cheerleading (que Kakashi approuvait à cent pour cent mais pas les parents d'élèves, allez savoir pourquoi), quelques plaintes notamment de la part de Mme Tsumon à cause de son fils qui avait fini à l'hôpital à cause de Shino Aburame. Que du bon plaisir, quoi. Fallait vraiment qu'il discute avec Naruto pour lui dire de se calmer. Et peut-être Shino, s'il était de bonne humeur et s'il consentait à lui parler plus de deux minutes. Peut-être Kakashi devait-il convoquer leurs parents ? Pourtant, ça s'était pas super bien passé la dernière fois avec Shiki Aburame, il avait encore des cicatrices de leur dernière confrontation directe...
Perdu dans ses pensées, Kakashi ne remarqua pas la présence d'un nouvel arrivant près de sa salle de classe. Du moins, c'était ce qui aurait sauté aux yeux pour tout observateur normal : qu'il était distrait, qu'il n'avait pas fait attention, tout bonnement. En réalité ? Il n'était pas du genre à se laisser surprendre comme ça par le premier venu ; et même s'il n'en avait pas forcément l'air au premier coup d'œil, il était sans cesse attentif à son environnement. C'était une vieille habitude qui remontait à sa jeunesse, avant qu'il ne devienne professeur, ou était-ce plus exact de parler d'instinct ?
Instinct ou pas, cet homme l'avait surpris, et ça c'était pas courant. Ça non.
— Bonjour.
Une voix douce mais ferme, sans accent notable. Kakashi avait affaire à un homme éduqué, ça s'entendait. Il posa les yeux sur un drôle de personnage habillé comme un employé de bureau. N'eût été ses longs cheveux bien serrés par un élastique et non coupés bien droit comme c'était l'usage et surtout la longue cicatrice en travers de son nez, Kakashi l'aurait pris sans problème pour un père de famille lambda venu s'enquérir des progrès de son enfant. Sa pose était humble, ses épaules affaissées en signe de soumission, et pourtant il y avait quelque chose en lui de pas banal. Kakashi n'arrivait pas à mettre le doigts dessus : était-ce le parfum de menace qui semblait empester l'air autour de lui ? Sa présence qu'il s'efforçait d'effacer derrière un masque de douceur et de politesse ? La manière particulière dont il regardait Kakashi, comme s'il voulait lire en lui ? Un peu de tout ça, peut-être. Une chose était sûre : Kakashi aurait eu tort de baisser sa garde.
— Bonjour, vous cherchez quelque chose ?
C'était pas terrible, comme prise de contact. L'inconnu lui fit un sourire innocent et s'inclina bien bas.
— Je m'appelle Iruka Umino, mon fils adoptif Naruto Uzumaki est arrivé récemment dans votre école. J'ai entendu dire que son professeur principal se trouvait encore ici. C'est vous ?
— Vous avez entendu dire ?
— Oui, par Mme Tsunade.
— Madame, hein ?
— Oui.
— C'est moi. Kakashi Hatake. Vous vouliez me parler ?
En voilà des manières ! Ça sonnait plus creux que la tête d'un mauvais élève un jour d'examen. Chacun se méfiait de l'autre, c'était assez amusant en fin de compte. Kakashi attrapa une chaise qu'il posa en face de son bureau. Tant pis pour le rapport et les corrections, elles pouvaient attendre. Il avait trouvé un nouveau sujet de distraction !
Umino s'installa pile en face de lui, sans le quitter des yeux et sans cesser de sourire. Ça commençait à devenir bigrement inquiétant. Kakashi toussa pour détendre l'atmosphère.
— Hum, je n'ai pas bien saisi... Quel est votre travail déjà ?
o-o-o
À l'heure qu'il était, les cours devaient être finis depuis bien longtemps. Hijiri avait suivi les instructions de son médecin et avait fait une sieste pour se remettre de ses émotions. C'est qu'il en avait besoin, de forces, s'il voulait être prêt à affronter ce qui l'attendait à son retour au lycée ! Des agressions en toutes sortes, c'était sûr, du moins le temps qu'il trouve Shino et qu'il s'explique. Serait-il accueilli par Kiba, comme quand il avait lancé un défi à Naruto ? Ou par les autres Plus ? Quelque part, ce serait un honneur de se faire attaquer par tous les Plus en même temps, mais il doutait qu'il fût assez intéressant pour apparaître sur leur radar... en particulier pour les filles. Il soupira. Dire qu'il avait toujours rêvé de sortir avec l'une d'elles, comme à peu près chaque mâle du lycée Konoha ! Il avait gagné le ticket gagnant... mais voilà, le Plus qui l'avait choisi se trouvait être un garçon, et le plus étrange de la bande par-dessus le marché ! À la limite, il aurait préféré que ce soit Sasuke, qui était plutôt mignon si on aimait le genre, ou Neji qui était responsable, un vrai modèle à suivre...
Pas la peine de se lamenter encore sur son sort, il l'avait déjà largement fait avant. Avec tout ce qui lui tombait régulièrement dessus, Hijiri avait appris à accepter tous les mauvais coups du sort qui lui arrivaient et à s'adapter pour survivre, ou du moins à laisser passer l'orage jusqu'à ce qu'il... quoi, au juste ? Dans les séries télévisées, les personnages passaient leur temps à dire que quand un mauvais événement arrivait, c'est qu'il y avait quelque chose d'heureux qui n'allait pas tarder. Ou alors c'était une épreuve pour eux le temps qu'ils trouvent le bonheur. Il aurait bien aimé être le héros de son drama préféré, celui où ce loser finissait avec la fille de ses rêves grâce à sa détermination et son bon cœur...
Ouais, fallait pas rêver éveillé non plus. Il espérait quoi, que Sakura ou Ino viendrait le réconforter pour ensuite lui tomber tout cuit dans les bras ? Et puis quoi encore ?
C'est alors qu'on frappa à la porte. Une infirmière qui voulait s'enquérir de sa situation ? Hijiri trouva cela très professionnel de leur part.
— Entrez !
Quelle ne fut pas sa surprise de voir apparaître les filles auxquelles il pensait, justement ! Tout sourires, Sakura et Ino vinrent se poster autour de lui. Hijiri était tellement abasourdi qu'il ne pensa même pas à les saluer ; il avait la bouche grande ouverte.
— Bonjour, Hijriri ! s'écria Ino en posant un immense panier de fleurs sur la table de chevet. Ça va mieux ? Tiens, un cadeau pour que tu te rétablisses.
— Et moi j'ai apporté ça ! fit Sakura en lui tendant une boîte de chocolats. Tu aimes le sucré, j'espère ?
— J'a... j'adore !
Hijiri était aux anges. Surpris, mais aux anges. Il ne comprenait pas bien ce qui se passait mais ce n'était pas grave, deux des beautés de sa classe étaient là, en sa présence ! Il se sentit soudain tout léger. Ino lui fit un grand sourire compatissant.
— Hinata n'a pas pu venir parce qu'elle devait rentrer avec son cousin mais elle te transmet ses amitiés.
— C'est... c'est très gentil de sa part !
— C'est normal, après ce que tu as fait pour nous hier, dit Sakura. On a été désolées d'apprendre pour Shino.
— Sakura ! la gronda Ino.
Sakura parut gênée.
— Oups, j'aurais peut-être pas dû remuer le couteau dans la plaie, désolée !
— C'est... pas grave, dit Hijiri.
Qu'est-ce qu'il était embarrassé ! Il avait sa sale tête du réveil, elles le considéraient sans doute comme un gars faible vu comme il s'était lamentablement évanoui en face de Shino et le prenaient en pitié, c'était sûr... mais bon dieu, que ça faisait du bien de se sentir le centre d'attention de ces demoiselles ! Si seulement Shino était aussi mignonne et surtout, une fille...
— On a parlé à Shino, dit Ino. Enfin, en quelque sorte. Il est désolé pour ce qu'il t'a fait.
— C'est vrai ? s'exclama Hijiri, abasourdi.
— Euh... enfin, il n'a pas dit tout à fait ces mots-là mais il avait l'air déprimé en revenant... pour Shino, je veux dire...
— Et ne t'inquiète pas pour Kiba, ajouta Sakura. Il prend la chose très bien. Il m'a dit de te dire qu'il ne te cassera pas la gueule par principe après ce que tu as fait pour nous, alors tu peux dormir tranquille. De toute façon, s'il essaye de te faire quoi que ce soit, dis-le moi et j'irai personnellement lui parler.
— Wow, c'est vachement héroïque de ta part, fit remarquer Ino.
Sakura serra le poing avec détermination.
— Bien entendu ! Je n'aime pas qu'on s'attaque aux faibles, tu le sais bien !
Elle avait dit cela sans trop réfléchir, en toute innocence. Il n'empêche, ça faisait mal bien là où il fallait. Hijiri en lâcha sa boîte de chocolats qui atterrit avec un bruit ronflant sur ses genoux.
— Euh, Sakura... fit Ino.
Sakura se rendit compte de sa gaffe.
— Ah... c'est pas ce que je voulais dire Hijiri, tu n'es pas faible, enfin pas exactement... et puis ton adversaire était Shino, alors c'est normal...
C'était le coup final pour Hijiri : il était si pathétique que les filles le prenaient en pitié et voulaient le défendre. Sa vie sociale était un désastre, son image irrémédiablement associée au « pauvre type qui s'était fait déclarer sa flamme par Shino tout ça pour finir à l'hôpital ».
— C'est décidé, s'écria-t-il en pleurs, demain je sors avec Shino !
Tout l'hôpital put entendre le cri de surprise de Sakura et d'Ino.
— Hein !!!
o-o-o
— Allez quoi, c'est pas la fin du monde ! T'en trouveras d'autres, des pauvres types à persécu... euh, à aimer !
Kiba tapa sur le dos de Shino, bien décidé à lui faire passer ce chagrin d'amour... ou quel que soit le nom qu'on aurait pu donner au truc qui plombait le moral de son pote. Ok, il avait été rejeté par ce gars qu'il aimait bien, mais c'était pas la première fois, fallait encaisser. Et revenir à la charge. C'est pourquoi, pour son bien, Kiba l'avait emmené dans un bon petit resto que lui avait conseillé sa sœur. Genre le coin où l'on servait de l'alcool à des mineurs comme eux sans leur poser de questions, même s'ils portaient encore leur uniforme. Tant qu'ils avaient la thune, c'était bon.
— Eh, pas la peine de rester comme ça. Bois un coup, tu verras ça ira mieux après.
— C'est ce que tu dis à chaque fois que Sakura te jette.
— C'est pas pareil, ok ? Elle est timide. Ton gars là, il a juste peur de toi.
— Hum.
Shino plongea le nez dans son verre.
— Et puis après ? Recommence quand il reviendra. J'suis sûr que ça ira mieux.
— Tu crois ?
Non, mais c'était pas la peine de rabaisser Shino en le lui disant. Kiba lui servit une autre rasade de sake en voyant que son verre était vide et commanda par-dessus une pleine assiette de brochettes pour accompagner le tout.
— Puis d'abord, qu'est-ce tu lui trouves, à ce bâtard ?
— Ce n'est pas un bâtard. Il est mignon.
— Ouais, si tu le dis. C'est quand même un bon gros lâche, hein. Il passe son temps à se faire racketter. Et il en fout jamais une après les cours.
— Il va à son cours privé.
— Tout ça pour les notes qu'il se paye !
— Aux dernières nouvelles, tu n'as pas non plus les meilleures notes de la classe, fit remarquer Shino.
— Ok, tu m'as eu. Mais c'est quand même un pauvre type. Pourquoi tu veux sortir avec ?
— Je ne sais pas.
— Sérieux ?
Là, Kiba comprenait plus rien. Quand on voulait sortir avec quelqu'un, c'est qu'il y avait une raison, non ? Comme pour lui avec Sakura. Il voulait sortir avec parce qu'elle était super mignonne, était bien gaulée et avait une super image auprès des gars du lycée. Il aurait formé une sacrée paire avec elle, genre couple le mieux assorti et le plus populaire. Ce qui n'était pas, mais alors pas du tout le cas de Shino et de Hijiri.
— Tu ne peux pas comprendre, dit Shino.
— Eh ! Me traite pas comme un demeuré ! Je déteste quand tu fais ça !
— Ce n'est pas le cas.
— Mes couilles !
— C'est vrai. Je le fais souvent mais là, ce n'est vraiment pas le cas. Si je te dis que tu ne peux pas comprendre, c'est que tu ne peux pas.
— Ah, parce que t'es pédé ?
Shino soupira. Ça ne lui arrivait que rarement et à chaque fois, c'était à cause de Kiba. Ils n'étaient pas amis d'enfance pour rien. Ceux qui ne les connaissaient pas disaient souvent que Shino ne traînait avec Kiba que pour lui en faire voir de belles, vu comme il le traitait en public. En vrai, ils étaient plus que ça : Shino reprenait Kiba sur sa connerie (et il était bien placé pour savoir qu'il était con, hein ! C'est juste qu'il n'aimait pas le dire tout haut.) et Kiba mettait un peu de piment dans sa vie. L'un dans l'autre, ils avaient une bonne relation, quoique pas banale à cause de leur personnalité opposée.
— Là n'est pas la question, dit Shino. Peu importe la sexualité, c'est une chose qui ne s'explique pas, tout simplement. On ne commande pas de qui on tombe amoureux.
— Bien dit !
Les deux garçons se tournèrent d'un bloc vers la grosse voix gaillarde qui avait repris Shino. Là, assis juste à côté d'eux devant le comptoir, un homme à la mine patibulaire levait vers eux son verre de sake, les joues déjà rosies par l'ivresse. Il avait de longs cheveux blancs qui lui battaient le dos et l'air ahuri d'un pervers dans la force de l'âge. Kiba remarqua qu'il était simplement habillé d'un kimono de voyage et de geta, comme ces samourai de l'ancien temps. C'était super démodé, tout ça.
— Il a raison, ton ami ! s'écria-t-il en les agrippant dans sa poigne. L'amour, le vrai, celui qu'on chante dans les karaoke, ça se laisse pas dicter sa raison ! Ça vous engloutit comme un tsunami pour vous recracher sur la plage, aussi nu et démuni qu'un nouveau-né ! Ah, c'est bien beau la jeunesse.
— Merci ? fit Shino, sans bouger.
Kiba n'était pas aussi gentil, ça non. Il se prenait pour qui, ce vieux schnock ? C'était du harcèlement sexuel !
— Hé, tu me lâches, le vieux ! hurla-t-il en se dégageant. Shino, reste pas là !
Pour lui faire plaisir, Shino voulut se dégager lui aussi mais l'homme ne lui en laissa pas le temps : il le serra plus fort et lança un regard de défi à Kiba.
— Eh, c'est mon nouvel ami, alors pas question de le laisser partir ! Là, tiens, mon garçon.
Sans demander son avis à personne, il colla un timbre pile sur le front de Shino. Une immonde grenouille rouge y était représentée.
— C'est la preuve que tu fais partie de mon fan-club !
Shino tâta son front, sans se débattre plus. Décolla le timbre et l'observa.
— Comme un insecte pris par une grenouille, grommela-t-il.
Son agresseur éclata de rire, ce qui tapa sur les nerfs de Kiba. Shino était donc déjà si saoul, qu'il ne faisait rien pour se défendre ? Eh bien, s'il ne réagissait pas, Kiba n'allait pas rester les bras croisés pendant que son meilleur pote se faisait agresser par cette enflure aux cheveux blancs !
— Je le répèterai pas, pépé, lâche mon ami ou j'te cogne !
L'homme lui fit un sourire de prédateur.
— Pourquoi pas, j'ai pas encore eu l'occasion de me frotter à la jeune génération du coin. T'en penses quoi, toi ? ajouta-t-il en se tournant vers Shino. T'es partant pour aider ton ami ?
Shino l'observa longuement.
— Non, fit-il en secouant la tête. Nous n'avons aucune chance. Tu ferais mieux d'oublier ça et de revenir boire, dit-il à l'intention de Kiba.
Cette fois, Kiba vit rouge.
— Tu plaisantes ! Ce type est venu sans qu'on lui ait rien demandé, il nous fait chier et tu le laisses faire !
— Nous ne sommes pas de taille.
— Ça c'est toi qui le dit ! Eh, pépé, j'te prends dehors quand tu veux !
— Pourquoi pas maintenant ? ricana le « pépé ». et pour ta gouverne, sache que j'ai un nom, mon garçon. Jiraiya. Souviens-t'en !
L'évocation de ce nom fit sursauter Shino, ce qui aurait dû mettre la puce à l'oreille de Kiba. Seulement, il était bien trop en rogne pour se soucier de ce genre de détails.
— Ouais, ben moi, c'est Kiba Inuzuka ! Tu ferais mieux de pas l'oublier, vieux schnock, parce que c'est le nom du gars qui va te botter le cul !
— Kiba...
— La ferme, Shino ! Si t'es pas cap' de défendre ton honneur tout seul, je vais le faire, moi !
Sans plus attendre Shino, Kiba et Jiraiya sortirent en trombe pour aller s'affronter dans la rue, là où ils ne pourraient rien casser (et par extension, payer les dégâts).
Shino soupira. Kiba n'était qu'un imbécile. En plus, il était parti sans régler la note alors qu'il avait dit qu'il invitait Shino !
— Le vieux non plus, il a pas payé, dit le patron en lui jetant un coup d'œil curieux.
— Je vais régler sa note.
— T'es sûr ? Je sais où trouver sa régulière.
— Oui, ne vous en faites pas. Je vous dois combien ?
Le montant que lui donna le patron était excessif, mais guère étonnant au vu des risques qu'il prenait en servant de l'alcool à des mineurs. Shino paya comptant, sans discuter.
— Ce genre de choses arrive souvent ? demanda-t-il pour meubler la conversation le temps qu'on lui rende la monnaie. Les bagarres, je veux dire.
Le patron haussa les épaules. Il était bien bâti quoique son visage fut truffé de cicatrices. Shino remarqua qu'il lui manquait le petit doigt de la main droite.
— Tout le temps. C'est encore pire ces derniers jours à cause des problèmes de succession des familles dominantes du coin. Vous devriez pas rester, avec ton copain. Dis à tout ceux que tu peux de pas venir pendant quelques temps dans le quartier, aussi. Faudrait pas que des civils soient mêlés à ça.
La curiosité de Shino fut piquée à vif.
— À quoi ?
Le patron lui rendit la monnaie.
— Rien que les flics savent pas déjà. Ce serait dommage qu'ils vous embarquent par erreur, hein ? Je vois souvent ton copain traîner dans le coin. Faudrait pas qu'il se prenne une balle perdue...
— Oh, ce genre-là.
— Ouais, ce genre-là.
Shino n'insista pas. Il salua le patron, le remercia comme il se devait et partit à la recherche de Kiba.
Une guerre des gangs s'annonçait donc. Décidément, la vie devenait de plus en plus intéressante dans la pas si paisible ville de Konoha...
o-o-o
Neji soupira tout en rangeant sur un même plateau les instruments de la cérémonie du thé. Ça ne s'était pas trop mal passé, si ce n'est la dernière partie. Quelle idée il avait eue d'agir de la sorte ! Preuve était faite que tout acte impulsif était à exclure. Que devait penser Shikamaru ? Certes, Neji avait remarqué depuis un bon moment déjà les œillades qu'il lui lançaient sans le vouloir mais ce n'était pas une raison pour agir en conséquence. Il aurait pu l'ignorer indéfiniment, après tout ! Que le fils aîné d'une famille telle que les Nara s'intéresse à lui était inconcevable, dangereux même...
Il délaissa le plateau pour s'enquérir de Hinata. La servante s'en chargerait, il était trop agité pour le porter jusqu'aux cuisines et ce n'était de toute manière pas son rôle. Chacun et chaque chose à sa place.
C'était ça le cœur du problème, pas vrai ? Neji savait pertinemment qu'il n'était pas de son ressort de s'intéresser d'aussi près aux affaires de leurs familles, mais il le faisait depuis si longtemps déjà pour protéger Hinata... et il avait tellement envie qu'on le reconnaisse enfin à sa juste valeur ! Tous ces carcans commençaient à lui peser, il voulait autre chose...
Non, il ne devait pas s'emporter de la sorte. Les responsabilités qu'on lui avait données en tant que président du Conseil des élèves lui avaient un peu trop monté à la tête. Ce n'est pas parce qu'il avait un peu de pouvoir dans un simple lycée local qu'il devait se croire le prochain héritier ! Cet honneur revenait à Hinata, personne d'autre.
Un bruit léger attira son attention, le frôlement léger du tissu sur les lattes en bois. Il était sur le point d'arriver dans la partie réservée aux membres de la famille principale quand il entendit un sanglot juste au détour du couloir. Hinata en surgit bientôt, le visage baigné de larmes. Elle se jeta sur lui en l'apercevant.
— Oh, cousin Neji !
Surpris, Neji la laissa pleurer tout son content contre lui, lui caressa le dos en guise de soutien. Hinata ne le lâcha pas une seule fois.
— Hinata, ne fais pas l'enfant !
Cette fois, ce fut la mère de Hinata qui apparut, vêtue de son plus beau kimono. Elle s'arrêta net en apercevant Neji.
— Oh, Neji. Je ne savais pas que mon époux vous avait convoqué.
— Il ne l'a pas fait. Je venais chercher Hinata pour le dîner.
— Vous n'auriez pas dû vous donner cette peine.
Ils s'affrontèrent du regard, conscients de ne pas jouer sur le même terrain. Sadako Hyûga était née Yamanaka ; c'est pourquoi ses cheveux à elle étaient blonds, contrairement à ceux de ses filles. Elle était très belle, quoique son type de beauté ne correspondît pas tellement aux critères des Hyûga qui préféraient un type plus traditionnel. En outre, son statut était largement plus élevé que celui de Neji mais elle n'était pas aussi bien acceptée et cela lui pesait, bien qu'elle ne le laissât que rarement voir. Neji, pour sa part, n'était pas de la famille principale mais la relation spéciale qu'il avait avec Hinata depuis l'enfance l'avait vite rendu indispensable.
— Cela ne me dérange pas, répondit-il. C'est mon devoir et je suis heureux de l'accomplir.
Sadako se mordit la lèvre.
— Comme vous pouvez le voir, Hinata est un peu perturbée. Je pense qu'il serait mieux si je lui apporte son dîner dans sa chambre.
Hinata leva vers lui ses yeux bouffis par le chagrin.
— Cousin Neji, je...
— Elle va se fiancer très prochainement, fit une voix profonde.
Hiashi Hyûga vint les rejoindre, aussi grave que d'ordinaire. Neji baissa la tête en signe de respect. Tout contre lui, Hinata se raidit.
— Cela peut paraître soudain, mais j'ai reçu une excellente proposition de la part du fils d'un associé. Il est un peu plus âgé, mais cela ne devrait pas poser de problèmes. Il vient d'une famille respectable.
— Il est ici ? demanda Neji, plus troublé qu'il ne le laissait paraître.
Pas étonnant que Hinata fût aussi bouleversée ! Elle qui était si romantique, qu'on lui impose ainsi le choix de son futur, cela devait lui briser le cœur ! Néanmoins, Neji ne pouvait pas montrer son mécontentement. Pas tant qu'il ne savait pas de quel parti il s'agissait, du moins.
— Il vient de partir. C'est un jeune homme respectable et j'espère que vous le traiterez comme tel.
— De quelle famille ?
— Uchiha. Itachi Uchiha, l'aîné. Je crois que vous connaissez son frère cadet ?
À suivre...
