Bonjour tout le monde !

Un grand désolé pour cette absence, j'ai eu pas mal de boulot ces dernières semaines, et encore, ce n'est pas terminé ^^ Mais j'ai essayé de vous écrire un petit bout de ce que devait être le chapitre onze. Bon, la suite sera pour le chapitre suivant car je n'ai pas trop le temps de m'occuper de l'écriture.

Promis, tout ceci devrait rapidement se tasser et mon rythme d'écriture sera bientôt de nouveau régulier ! :) (Bon, au final, je pense que vous commencez à le remarquer, mais je ne me tiens jamais aux chapitres que je prévois, donc il y en aura encore un ou deux après celui-ci ;)

J'espère que cela vous plaira quand même.

Bonne lecture :D


Elle le regardait avec un air angélique, cet air qui venait de plus en plus s'échouer sur son visage lorsqu'elle l'observait. Negan dormait, paisiblement, ses traits obscurcis par la violence de ses actes semblaient maintenant apaisés. Il était tourné vers elle, la nuque enfoncée dans le moelleux de l'oreiller. Un sourire se dessina sur les lèvres de Julia, alors qu'elle se tassait dans le fond du lit pour venir un peu plus vers lui. Elle eut envie de s'approcher, toujours plus, afin de distinguer nettement les détails de son visage, les distinguer nettement afin de les ancrer dans sa mémoire. Car il fallait s'attendre à tout avec son bourreau, et la jeune femme avait bien retenu la leçon. Sa main imita le pourtour de son visage, disposée au dessus, à quelques centimètres de sa peau. Lentement, elle l'amena à ses cheveux, qu'elle effleura d'un geste timide, elle le trouvait beau, ainsi étendu. Ses mèches sombres ébouriffées, venaient se confondre avec sa barbe négligée. Il avait été doux la veille, étrangement. Au final, le meneur n'était pas cet animal tant redouté qu'il aimait s'imaginer. Toutefois, peut-être changerait-il ? Mais Julia s'en moquait, car elle avait réussi à le dompter, et elle savait au fond d'elle, que Negan, si elle le lui demandait, accepterait ses demandes. Non pas qu'elle le tenait comme un chien en laisse mais presque. Cependant, les chiens pouvaient mordre, c'est pour cela qu'elle préférait ne pas y penser, quitte à rester sur ses gardes. Ses yeux, cette arme qui lui permettait d'intimider ses adversaires, désormais clos, lui donnaient un air complètement différent. La jeune femme découvrait cet aspect qui cassait avec ce genre qu'il se donnait : Negan était en réalité comme tout le monde. Lui aussi avait ses faiblesses et ses peurs, et il n'était pas infaillible. Elle se sentit soudainement en bonne posture lorsqu'elle repensa à sa réaction vis-à-vis de Sherry. Mais le sentiment qui l'envahit quand elle se rendit compte des dommages qu'il avait causé à Tom, lui retourna le cœur. Julia ferma les yeux, un instant, essayant d'ignorer les images qui envahissaient son esprit. Non, Negan n'était pas comme cela, il avait un bon fond. Tom avait dépassé les limites. Elle ouvrit une bouche ronde de surprise quand elle comprit qu'elle venait de penser comme lui, le pauvre adolescent qui auparavant avait sa défense, se retrouvait le fautif. La jeune femme soupira, alors que son visage se contractait. Le regard toujours planté sur l'homme, elle finit par déposer une légère caresse sur sa nuque, quand sa voix rauque retentit :

- Arrête de me mater Julia chérie, tu me ferais presque rougir.

Gênée de s'être faite surprendre, elle se dégagea instinctivement, comme si de rien n'était. Ses doigts quittèrent la peau chaude pour retrouver sa figure, qu'elle palpa nerveusement. Elle qui le pensait endormit, se trompait sur toute la ligne. Negan ouvrit les yeux, amusé par la réaction obtenue. Il se redressa dans le lit et la fixa, alors qu'un silence s'installait. Comme il avait envie de rire, en voyant le regard fuyant de Julia. Il avait l'impression de voir une enfant s'être faite surprendre par son parent :

- Tu ne dormais pas... se défendit-elle en relevant le menton, tentant d'assurer ses arrières.

- Comment veux-tu que je dorme avec une putain de femme dans mon pieu. Il explosa de rire. T'as pas pu t'empêcher de me toucher hein. Bordel, c'est toujours l'effet que je fais... Sa main vint s'échouer dans ses cheveux, elle soupira. Quoi ?

- Tu ne peux pas t'empêcher d'être comme ça...

- D'être comment Julia chérie ? Ça ne te plaît pas comment je suis ? Il leva un sourcil aguicheur en la toisant. Elle acquiesça d'un mouvement de tête. Menteuse, je sais quand tu mens. Et là tu es en train de mentir... Mais elle ne répondit pas, lui arrachant un soupir prétentieux, alors qu'il plaçait ses mains derrière sa tête, prenant appui contre le mur. Vous êtes toutes pareilles de toute façon... Vous nous dites non, mais vous en mourrez d'envie. Julia écarquilla de grands yeux ronds en attrapant le coussin près de son visage, pour lui balancer à la figure, taquine.

- Espèce de macho !

- Hé ! Hé ! gueula t-il en lui attrapant les poignets alors qu'elle continuait à le frapper de l'oreiller moelleux. Arrête ça Julia chérie, tu veux.

Mais elle continuait en riant aux éclats, devant l'attitude maladroite de l'homme, qui tentait d'esquiver. Lorsque ses mains se retrouvèrent encerclées sous son épaisse poigne, un sourire victorieux naquit sur son visage. Negan lui rendit, en en profitant pour la maîtriser, étendant son être sur elle. Ainsi, elle se retrouva immobilisée dans les bras de son bourreau :

- Tu ne me frappe pas, et encore moins avec cette merde. Il attrapa l'objet du délit pour le jeter au sol, autant utiliser quelque chose d'efficace comme Lucille.

Lorsque son regard revint dans sa direction, et capta son attention, un frisson lui traversa le corps, masquant cette tendresse abondante à son égard. Mais il le remarqua aussitôt, un rictus moqueur se dessinant au coin de sa bouche :

- Regarde toi, lança t-il en se calant un peu plus contre elle, regarde ces putains de joues rosées que nous avons là ! T'es amoureuse ou quoi ma belle ?

- Tu dis n'importe quoi...

- Oui, ça je le sais, je dis n'importe quoi et je suis un connard. Je commence à le retenir, tu n'es pas la seule à me le répéter.

- Alors pourquoi ne pas changer ? l'interrogea t-elle, le déstabilisant.

Cette phrase le plongea dans une attitude qui rarement l'animait, lui qui contrôlait à merveille ce qui l'entourait. Voir Julia ainsi, le conseiller le mit mal à l'aise et il combla sa gêne en l'embrassant, la faisant taire :

- J'espère pour toi que tu n'es pas amoureuse bordel. Il n'y a de la place que pour Lucille dans mon putain de cœur de pierre... termina t-il en murmurant, entre plusieurs baisers.

Il soupira en roulant sur le côté, retrouvant son oreiller en se décollant de la jeune femme. Negan resta immobile quelques secondes, reprenant sa respiration, avant de reprendre calmement, en se penchant pour attraper une bouteille, siégeant à son chevet :

- Bordel, que c'est bon de passer sa journée au pieu. Il but quelques gorgées d'eau et la reposa au sol. Pas de cadavres de merde à buter, ça change pour une fois, j'y prendrais presque goût !

Julia ne répondit pas, fixant le plafond avec amertume : elle n'arrivait pas à oublier ses paroles précédentes. Il avait un cœur de pierre, certes, elle le savait depuis longtemps, toutefois, l'entendre lui dire, de sa propre bouche, avec cette voix si grave qu'elle appréciait lui laissait une sensation désagréable, de ne pas être dans le même univers que lui. Au même instant, elle s'en voulut atrocement de s'être laissée attendrir, et ne souhaitait qu'une chose : fuir avant de souffrir. Car tôt ou tard, la vérité éclaterait et elle savait qu'elle serait difficile à accepter. Negan avait plusieurs femmes, à quoi s'attendait-elle ? Mais les romans à l'eau de rose qu'elle avait dévoré plus jeune avaient laissé leurs empreintes, profondément ancrées en sa personne, et ce prince charmant, qu'il soit parfait ou non, elle l'avait au final, toujours attendu :

- Amber est enceinte, lâcha soudainement l'homme en se tournant vers elle, en s'appuyant sur son avant bras.

- Je sais, répondit-elle sèchement, constatant qu'il enfonçait un peu plus le couteau dans le plaie.

Il se mordit la lèvre en ricanant, roulant des yeux l'air exaspéré :

- C'est vrai que vous les femmes, vous parlez souvent entre vous, de tout et de rien... Merde alors, je ne suis pas prêts pour être un putain de père... D'ailleurs j'en serai un très mauvais. C'est pour ça que je ne le serai jamais...

Elle haussa des épaules, faisant semblant de se moquer éperdument de ses propos. Puis, tout en continuant à l'ignorer, elle ouvrit le tiroir de son chevet pour en sortir un livre. Ses sourcils se froncèrent, elle ne s'attendait pas à y trouver un ouvrage. Negan remarqua son comportement et se justifia, au moment où elle consultait curieuse, les pages :

- Qu'est-ce que tu crois ma belle ? Moi aussi j'aime lire, tu n'es pas la seule à bouffer des bouquins de temps à autres... On se fait tellement chier dans ce monde désormais...

Elle ne put retenir un ricanement en l'imaginant tenir un livre en main, s'évadant dans la lecture, tel un cliché, assit au coin d'un feu de cheminée, un soir d'hiver. Il n'appréciait pas son attitude et soupira, en remontant la couverture sur son corps. Elle qui le considérait comme une brute, désintéressée par l'intellect, se retrouvait étonnée au lieu de le féliciter. Son caractère ne lui laissait pas la patience pour essayer de comprendre, au final, que voulait-elle ? Julia voulait-elle du romantisme et venir se blottir dans ses bras ? Il éclata de rire en imaginant la scène, tout en constatant qu'elle lisait désormais le résumé, au dos du livre. Vexé de ne plus être le centre d'intérêt, il se rapprocha d'elle et caressa taquin son épaule. La jeune femme lui adressa un regard perplexe avant de replonger, concentrée dans cet ouvrage qui lui semblait si intéressant. Mais ne faisait-elle pas exprès justement ? Sa réflexion commença à se mélanger dans son esprit, ainsi, en ayant marre de tenter de la percer à jour, il continua, amusé par sa réaction inhabituelle. Provoquant, ses caresses se firent plus libres et il contourna sa poitrine pour venir au bas de son ventre. Il s'arrêta brusquement, et constata sa cicatrice. Ainsi, il eut une idée afin d'avoir son attention, si désirée :

- Et si je te faisais un gosse ? Elle eut un mouvement de recul et le dévisagea soudainement. Un sourire victorieux se dessina sur les lèvres de Negan. Ouais, si je te faisais un putain de gosse, tout de suite... Là, maintenant, ça te plairait ? C'est ce que tu voudrais ? Elle hésita durant quelques secondes avant de répondre, cherchant une potentielle réponse en son regard.

- Mais je croyais que tu n'aimais pas les enfants... Elle tentait de camoufler cette lueur d'espoir, qui brillait dans ses yeux, d'une incroyable intensité, non, jamais Negan n'avait vu une telle réaction, émanant de sa protégée.

- Ça te plairait ? reprit-il en contournant sa césarienne maladroitement recousue.

- Je ne sais pas quoi dire... bégaya t-elle. Tu te moque de moi, c'est ça ? Tu me fais marcher... essaya t-elle de se convaincre, commençant à connaître la nature de son bourreau. Ce dernier partit dans un profond fou rire, il venait d'avoir la confirmation de son interrogation.

- Bien sûr que je me moque de toi Julia chérie ! Qu'est- ce que tu crois ?! J'en veux pas de tous ces gosses, il n'y a pas de place pour eux dans cette merde apocalyptique. Il se rapprocha d'elle hautain, mais en tout cas, ce dont je suis certain, c'est que toi, t'en veux vraiment un !

- Tais toi ! se défendit-elle en repoussant sa main baladeuse, alors qu'il continuait à se vanter de son exploit.

- Ouais, j'en suis sûr, vu la tête que t'as tiré... Et maintenant, je peux dire que cette putain de cicatrice, comme avait dis le doc', c'est une putain de césarienne. Mais pourquoi tu n'as pas de putain de gosse avec toi alors ? Il a été bouffé par l'infection ? Ton mari y était pour quelque chose ?

- Je n'ai pas envie d'en parler Negan.

- Non ! jeta t-il menaçant en la pointant du doigt, c'est moi qui décide des règles ma belle. Et depuis le putain de début de notre rencontre, je veux connaître cette histoire. J'ai tellement de questions qui trottent dans ma tête, c'est pénible... Ouais, c'est vraiment chiant, surtout quand tu n'as aucune putain de réponse ! Alors je t'écoute. Elle resta muette, il commença ses théories. Si je récapitule, tu veux être mère, mais t'as pas de gosse... En plus, Simon t'as recousu, donc tout ça est récent... Bordel t'es tombée enceinte il n'y a pas si longtemps que ça en fait ! Oh merde... finit-il, choqué par sa découverte, un doigt trônant sur le coin de ses lèvres, sous la surprise. Attends, mais qui est le putain de père ? Elle continua à garder le silence, attendant les bras croisés et le regard vide. Si c'était ton putain de mari, ce serait trop simple... Il s'arrêta un instant avant de reprendre comme s'il avait eu une révélation. C'était le putain de Gouverneur ! La vache, alors il était au final comme moi, on se serait certainement bien entendu ! Il n'en voulait pas, donc t'as avorté... Mince alors, tu l'aimais à ce point ? Au point de perdre l'enfant que tu désirais ? Tu m'impressionnes Julia chérie, vraiment, je dois te l'avouer, t'es une sacrée nana ! Amber s'est mise à chialer dès le début, mais toi, t'es vraiment une putain de combattante. Satisfait, il voulut déposer un léger baiser sur sa joue, mais elle le rejeta violemment.

- J'en ai assez entendu ! lança t-elle à vif, après tous ces souvenirs passés. Je ne veux plus t'entendre ! D'un bond, elle se leva et quitta la chambre pour la salle de bain.

- Attends ma belle, ne sois pas fâchée, reviens !

Mais la jeune femme, profondément marquée par cet événement, elle qui ne souhaitait rien évoquer, continua son chemin, pour s'enfermer dans la pièce. L'homme la rejoignit devant la porte, et colla son visage contre la paroi en bois. En entendant l'eau couler, il comprit qu'elle s'apprêter à prendre une douche, il lança alors, aguicheur :

- Je peux entrer ?

- Non ! ! cria t-elle sous les gouttes qui glissaient le long de son corps.

- Allé Julia chérie, ne me laisse pas en plan comme ça devant la salle de bain, j'ai vraiment l'air d'un con, à parler à une porte...

- Laisse moi tranquille Negan ! termina t-elle en colère.

Il se décolla de l'encadrement en soupirant, puis passa une main indécise dans ses cheveux :

- Très bien...

Rapidement, il retrouva la chambre pour attraper d'un geste rapide ses vêtements, afin de se rhabiller :

- Je me tire, je vais prendre l'air, répondit-il vexé, d'une voix forte. N'oublie pas que tu as ta putain de visite médicale tout à l'heure. Simon est au courant, il t'attend... Tu pourras sans gêne te confier à lui...