Hermione s'extirpa de son lit à contre cœur au doux son du réveil, et se précipita sous une douche brûlante.
Encore un matin où elle se réveillait sans solution pour publier le livre de Drago. Elle s'habilla et enroula rapidement ses cheveux dans une serviette, avant d'aller se servir un café.
Elle se sentait bizarre. Nauséeuse, angoissée, coupable.
Un hibou l'attendait sur le rebord de la fenêtre, l'air courroucé. Le hibou de Pansy, sans aucun doute. Hermione détacha le mot qui était enroulé autour de sa patte et entama sa lecture :
"Heureusement que Ginny m'a prévenue que vous alliez bien ! Amis ingrats ! En tout cas, je te trouve très photogénique. Bisou !"
Hermione fronça les sourcils, ne comprenant pas ce que Pansy entendait par là. Avait-elle pris des photos pendant son moment de folie de la veille ? Elle en était bien capable, hélas. Le rouge lui monta aux joues au souvenir de sa folle soirée, mais elle chassa rapidement ces pensées négatives. Aujourd'hui, elle devait se concentrer sur son travail, et uniquement là-dessus.
Elle entendit Drago remuer de l'autre côté du mur, et se demanda ce qu'il fabriquait si tôt le matin. Aussi, pour éviter de le croiser, elle se dépêcha de finir de se préparer pour aller au travail.
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"J'avais prévu de te faire une haie d'honneur à ton arrivée mais j'ai pensé que tu allais mal le prendre, et puis j'étais tout seul alors... dit Blaise en l'accueillant dans le couloir, nonchalamment appuyé contre la machine à café.
- Qui te l'a dit ? Harry ? grinça Hermione, ravie que sa journée débute ainsi.
- Non, The Wizzard Post."
Hermione ouvrit la bouche, stupéfaite. Évidemment.
"Un exemplaire qui trainerait dans le coin ? lança-t-elle à la cantonade."
Quatre mains se tendirent aussitôt vers elle. TOUS ses collègues étaient donc au courant, ce qui la remplissait l'allégresse. Mais pas autant que la photo qui trônait en couverture du magazine... Elle, échevelée, débraillée, en train de vociférer sur Malefoy, entourés par des vigiles qui étaient en train de les soulever du sol.
"Splendide, souffla-t-elle en s'asseyant distraitement sur un tabouret. On dirait une furie. Une furie dépravée.
- Qu'est ce qui s'est passé, exactement ?"
Hermione tapota du bout des doigts la couverture.
"Voilà ce qu'il s'est passé. Il vaut mieux que tu te contentes de ça.
- Attends, la réalité est pire que la photo ? s'étrangla Blaise."
Hermione hocha la tête, mortifiée.
"Vous aviez trop bu, c'est ça ?
- Pas une goutte.
- Pas une goutte ? répéta Blaise, interloqué.
- Hermione Granger, dans mon bureau ! aboya Astoria, avant de disparaitre derrière la porte."
Blaise lui lança une grimace désolée et se précipita dans son propre bureau. Lasse, Hermione se leva en se préparant mentalement à passer un très, très sale quart d'heure.
Astoria était son amie, mais aussi sa patronne, et atterrir en couverture d'un tabloïd en position compromettante avec son ex, c'était une manœuvre risquée.
Hermione respira un bon coup et entra dans le bureau d'Astoria, refermant doucement la porte derrière elle.
"Je tiens à m'excuser, Astoria, je sais que ça renvoie une mauvaise image de moi et donc de l'entreprise, démarra Hermione.
- Assied toi, ordonna sa patronne d'un ton neutre."
Hermione obtempéra et posa ses fesses au bord d'un des fauteuils, attendant les cris.
"On s'est disputés, les choses se sont envenimées, et apparemment des journalistes traînaient dans le coin, poursuivit Hermione, qui avait l'impression de marcher sur des œufs.
- Bien sûr qu'il y avait des journalistes. Où est Drago, ils sont aussi, répondit Astoria comme une évidence.
- C'est entièrement de ma faute."
Astoria se leva prestement, ce qui fit sursauter Hermione.
"Non, c'est de la sienne comme toujours. Il sème la panique et la désolation sur son passage, il est comme une catastrophe nucléaire. Tout ce qu'il touche devient chaos.
- ...
- J'étais obligée de te convoquer pour te sermonner, je suis la patronne et j'ai des dizaines de personnes sous mes ordres, ils n'auraient pas compris que je ne sévisse pas. Mais comprends moi bien, Hermione, je te plains plus que je ne t'en veux. Il va détruire ta vie, ce n'est que le début."
Hermione écoutait, bouche-bée devant tant de hargne. Elle ne savait même pas quoi répondre.
"Il est nocif. Il a failli réussir à détruire cette boîte, c'est dire !
- C'est injuste Astoria... la contredit Hermione. C'est plutôt son père, le coupable. C'est lui qui a fait pression pour qu'on perde notre financement. Lucius, pas Drago.
- Comme on dit, le fruit pourri ne tombe pas loin de l'arbre maléfique !
- Ce n'est pas...
- Hermione, promets moi que tu vas te tenir à l'écart de lui. Il est dangereux ! la supplia Astoria en croisant pieusement les mains.
- Ce qu'il s'est passé hier soir, c'était de ma faute. J'ai perdu tout sens commun. Et Drago n'est pas dangereux, il a beaucoup de défauts mais ne mélange pas tout.
- Je le connais beaucoup mieux que toi ! C'est un être destructeur ! s'écria Astoria d'une voix aigüe."
Hermione recula instinctivement dans son fauteuil, essayant de comprendre quelle mouche avait piqué sa patronne.
"Tu ne trouves pas ça malsain, toi, de revenir pour m'utiliser des mois après ? De me demander l'impossible ? Il a failli gagner, j'étais à deux doigts de renoncer à ma boîte pour lui. Heureusement que je me suis ressaisie !
- Enfin Astoria, il n'aurait jamais accepté que tu fasses ça pour lui, il te l'a même dit l'autre jour, chez moi !
- C'est ce qu'il veut que nous pensions... Mais ça ne marche plus avec moi. Je n'agirai plus bêtement, en croyant en lui comme une ingénue. C'est le diable en personne !
- Tu exagères ! J'étais la première à douter de lui mais je t'assure, il est sincère. Tu le sais au fond, n'est ce pas ? essaya de la raisonner Hermione.
- Il t'a corrompue, à toi aussi ! l'accusa Astoria, un air horrifié plaqué sur le visage."
Hermione commençait sérieusement à douter de la santé mentale d'Astoria, à ce stade. Quelque chose clochait chez elle. Qu'elle ait de la rancœur envers Drago pouvait se comprendre, mais à ce point, c'était irrationnel.
"Tout va bien, Astoria ? demanda doucement Hermione.
- OUI, je vais TRÈS bien ! N'essaye pas de me faire passer pour une folle, je suis hyper consciente de ce qui se trame ici. Vous préparez quelque chose !"
Et maintenant, de la paranoïa... Hermione songea à alerter Blaise, mais n'osait pas provoquer un peu plus Astoria. Celle-ci semblait au plus mal, s'éventant avec un parchemin.
"Il fait chaud ici, c'est incroyable. J'étouffe !"
Hermione amorça un geste pour ouvrir la fenêtre, mais Astoria se rua pour lui bloquer le passage, collant son dos à la fenêtre.
"Ne l'ouvre pas ! Surtout pas !
- Mais un peu d'air frais te ferait peut-être du bien, tu ne crois pas ? insista Hermione.
- N'APPROCHE PAS ! RECULE ! A L'AIDE ! ON ME MOLESTE !
- Astoria voyons, calme toi ! la supplia Hermione en reculant prudemment."
Blaise ouvrit la porte à la volée, suivit d'un collègue, le front barré d'un pli soucieux. Il balaya rapidement la scène des yeux et, constatant le regard dément d'Astoria, se tourna vers Hermione.
"Appelle Sainte-Mangouste, souffla celle-ci.
- C'est un COMPLOT ! Je suis saine d'esprit ! Brûlez là, cette sorcière !
- Chef, vous aussi vous êtes une sorcière, lui signala un des collègues qui assistait à la scène."
Astoria fondit en larmes et s'écroula au sol, sous le regard impuissant d'Hermione et Blaise.
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"On lui a administré un sédatif, elle dort, leur expliqua Ginny."
Blaise et Hermione, qui avaient accompagné Astoria (contre son gré) jusqu'à l'hôpital, attendaient des nouvelles dans l'immense couloir d'un blanc immaculé. Leur patronne avait passé le trajet à hurler des propos sans queue ni tête, et avait fini par être attachée au brancard pour ne pas se blesser.
"Qu'est ce qu'elle a ? demanda Hermione, sous le choc.
- Une crise de démence, apparemment. On ne sait pas encore si c'est une pathologie provoquée par le stress, ou par une substance.
- Elle a été empoisonnée ? s'étrangla Blaise.
- C'est une possibilité. En tout cas, ce n'est pas un sort, on a vérifié. Depuis quand est-elle dans cet état ? demanda Ginny en s'asseyant près d'eux.
- On était ensemble hier, toute la journée. On a rendu visite à des tas de gens pour négocier, sans succès, alors vers 22h on s'est séparés et on est rentrés chez nous. Elle était déçue bien sûr, mais rien de surprenant. Et ce matin, je ne l'ai pas vue avant qu'elle n'appelle Hermione dans son bureau, résuma Blaise.
- C'est là qu'elle a commencé à dire des trucs incohérents... Elle en faisait des tonnes à propos de Drago, on aurait dit qu'elle le haïssait vraiment, compléta Hermione.
- Peut-être qu'elle le hait vraiment, souffla Blaise, atterré.
- On va attendre les résultats du labo, un médicomage va m'apporter ça rapidement. Si on trouve quelque chose, j'avertirai Harry, expliqua Ginny. Il y aura une enquête..."
Sonnés, Blaise et Hermione hochèrent la tête.
"Ça va aller pour elle, pas vrai ? s'inquiéta Hermione.
- On en saura plus avec les résultats. Malheureusement, je ne peux rien vous dire pour l'instant à part qu'elle ne souffre pas...
- Gin', garde cette merde pour tes patients. Dis nous la vérité, vas y, lui ordonna Blaise.
- Mais... Bon, honnêtement, vu le contexte, sa personnalité et la soudaineté de sa crise, je penche pour un empoisonnement. Ça ne ressemble pas à Astoria de péter les plombs de cette manière, elle est trop dans le contrôle. Et puis cette sensation que le monde entier complote contre elle... Ce n'est pas naturel. Mais je peux totalement me tromper, tempéra Ginny en croisant le regard épouvanté d'Hermione. Voilà pourquoi je ne dis jamais la vérité aux proches des patients...
- C'est Lucius. C'est son style. Je le savais ! Je l'ai senti tout de suite ! s'emporta Blaise en froissant son gobelet de café vide.
- Si elle a été empoisonnée... Qu'est ce qui va se passer pour elle ? s'enquit Hermione d'une voix tremblante.
- Dans le meilleur des cas, elle va se réveiller désorientée, sans se souvenir de quoi que ce soit, et les substances auront disparu d'elles-même de son organisme.
- Et dans le pire ? la poussa Hermione.
- Il a une possibilité, infime, qu'elle ait subit des lésions irréversibles, et que sa personnalité soit endommagée sur le long terme. C'est quasiment impossible, il faudrait une potion très rare et très forte, expliqua Ginny."
Hermione se leva, dévastée, et secoua la tête pour chasser cette possibilité.
"Rogue. Il nous faut Rogue ici, tout de suite.
- Allons le chercher, décida Blaise.
- Attendez, calmez-vous, les arrêta Ginny. On est même pas sûrs qu'elle ait été empoisonnée, il ne vaudrait mieux pas le déranger pour rien. Et je vous rappelle que vous êtes dans le meilleur hôpital sorcier de Grande-Bretagne, nous sommes formés pour ce genre de cas.
- Ginny, on ne peut pas jouer avec sa santé. Je prends le risque d'irriter Rogue si c'est pour la sauver. Personne dans cet hôpital n'est meilleur que lui, surtout en matière d'empoisonnement, tu le sais !"
Ginny soupira, et finit par abdiquer.
"Très bien, prévenez Rogue. Mais si Astoria se réveille et que personne n'est là...
- J'y vais, reste, indiqua Hermione à Blaise, qui hocha la tête en signe de reconnaissance.
- Je préviens Drago, eut le temps d'entendre Hermione avant de transplanner."
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Hermione traversa le hall du ministère comme une furie et se précipita dans un des ascenseurs, qu'elle fit démarrer sans attendre que tout le monde ait finit de monter. Une dame d'un âge avancé se retrouva propulsée contre les autres passager, sous le regard embarrassé d'Hermione qui, quoi que pressée, n'avait pas pour habitude de maltraiter les vieilles dames.
"Sans gêne... Plus d'éducation... Incroyable !" entendit-elle maugréer partout dans l'habitacle.
Mais pour une fois, Hermione s'en moquait d'être impolie. Elle patienta tant bien que mal jusqu'à ce que l'ascenseur s'arrête au bon étage et bouscula probablement quelques ministres pour sortir plus vite, déclenchant une nouvelle vague de protestations.
Elle n'écouta pas un traître mot de ce que disait la secrétaire d'Harry et ouvrit à la volée la porte de son bureau, interrompant une discussion entre Harry et une très belle jeune femme qui était en train de fourrer sa langue dans sa bouche.
De fourrer sa langue dans sa... bouche ?
Hermione écarquilla les yeux et s'arrêta net, affolée, les bras suspendus en l'air.
"Harry... souffla-t-elle ébahie, dévastée et furieuse."
Pris en flagrant délit, Harry mit fin à son étreinte et regarda Hermione comme si le ciel venait de lui tomber sur la tête.
Ce qui était un peu le cas.
"Hermione, ce n'est pas...
- ... ce que je crois ? Très original, Harry, rugit Hermione.
- Je suis désolée, vraiment, s'excusa la jeune femme, tremblante.
- Dehors, dit simplement Hermione, qui ne la regarda même pas décamper sans demander son reste.
- Hermione, il faut que...
- Je m'en fiche Harry, le coupa Hermione. Je n'ai pas le temps. Je veux savoir où est Rogue. Alors tu vas me l'indiquer tout de suite et je ne veux rien entendre de plus.
- Il est au deuxième sous-sol avec Ron, dans la salle des preuves."
Hermione hocha la tête et, après un dernier regard glaçant, reparti à fond de train vers les ascenseurs. Elle traiterait cette information plus tard, c'était beaucoup trop à gérer pour le moment. Harry trompait Ginny. C'était inconcevable.
Les portes s'ouvrirent enfin, et Hermione tomba nez à nez avec Ron.
"Hermy ! Ça... Bin qu'est ce qui t'arrive, on dirait que tu as vu un fantôme !
- Je reviens du bureau d'Harry, lui indiqua Hermione en sondant son regard."
Ron ne savait pas mentir. S'il était au courant de quelque chose, ce dont Hermione doutait puisque Ginny était tout de même sa sœur, elle le verrait aussitôt. Et Ron la regarda sans comprendre.
"J'ai interrompu un rendez-vous, ajouta-t-elle.
- Ah bon ? Avec quelqu'un d'important ? demanda naïvement le rouquin.
- Ça avait l'air. Ron, accompagne moi tout de suite voir Rogue, c'est urgent.
- Tu plaisantes ? Je viens juste de m'en débarrasser, ce n'est pas pour le retrouver aussitôt !
- Ron, tout de suite, c'est une question de vie ou de mort, insista Hermione en le poussant à l'intérieur de l'ascenseur.
- Encore ? s'exclama Ron en appuyant sur le bouton du deuxième sous-sol. Ah, les affaires reprennent pour de vrai ! gloussa-t-il en se frottant les mains. Qu'est ce qu'on sauve cette fois ? Le monde j'espère !
- Ron, c'est très sérieux. Astoria a été empoisonnée."
Le visage du rouquin se décomposa instantanément.
"C'est grave ?
- Ta sœur est d'accord pour qu'on mette Rogue à contribution, alors je suppose que oui."
Ron se passa une main sur le visage, anxieux.
"Lucius ?
- De fortes chances. On aurait dû en rester là hier, au lieu de rameuter tous les éditeurs de Grande-Bretagne. Il a prit ça pour une provocation, se lamenta Hermione.
- Il est prêt à tout..."
L'ascenseur s'arrêta sans un bruit et ils s'élancèrent dans un couloir marbré du sol au plafond, dans des tons très sombres.
"Je connais ce couloir... remarqua Hermione.
- Les auditoriums sont au fond. On y est venus quand Ombrage interrogeait cette pauvre femme qu'elle accusait d'avoir volé une baguette, parce que ses parents étaient moldus, tu te rappelles ?
- Bien sûr... Que sont-ils devenus, ces gens ? Tu avais pris du Polynectar pour ressembler à son mari.
- Elle m'avait embrassé, se remémora Ron dans un soupir. La belle époque ! Je ferai des recherches pour voir s'ils s'en sont sortis. Nous y sommes Herm', après toi."
Ron ouvrit une grande porte en acier à l'aide d'un code et ils pénétrèrent dans une immense pièce remplie d'étagères surchargées. On aurait dit la salle sur demande, mais en version un peu plus ordonnée.
Ron s'avança vers l'accueil et demanda où se trouvait Rogue à une jeune femme, pendant qu'Hermione observait les lieux. Peu de gens avaient la chance de pénétrer si loin dans le ministère. Mais vu les circonstances, ce n'était pas vraiment une visite touristique.
Ron l'interrompit en lui faisant signe de s'approcher.
"Attends-moi ici, tu n'es pas autorisée à aller plus loin, lui expliqua-t-il. Tu n'as qu'à discuter avec Geneva, je fais au plus vite."
Hermione se tourna poliment vers ladite Geneva et eut la surprise de se retrouver face à face avec la maîtresse d'Harry. Aussitôt, elle plaqua un sourire hypocrite sur ses lèvres et ravala sa rage. Elle n'avait pas le temps pour une esclandre, ce qui de toute manière était proscrit à moins de vouloir humilier Ginny auprès de tout le ministère.
"Tiens donc, mais vous êtes partout, siffla Hermione."
La fille se décomposa et attendit la suite, craintive.
"Vous connaissez bien Ron ? poursuivit Hermione, le plus poliment possible.
- ... Un peu, oui.
- Et bien vous allez rire, figurez vous que sa sœur, qui s'appelle Ginny Weasley, est la femme du ministre. Vous savez, Harry Potter. Quelle coïncidence ! ricana Hermione."
La fille déglutit, terrifiée.
"Mais ce genre de potins, ça ne doit pas vous intéresser, c'est tellement futile. Geneva, c'est ça ?
- Je euh oui, Ge...Geneva.
- Joli prénom, soyez sûre que je ne l'oublierai pas de si tôt.
- ...
- Vous travaillez ici depuis longtemps ?
- Oh euh, environ, un an...
- Bien, bien. Vous devez bien connaître Ron, ainsi qu'Harry alors, à force de collaborer...
- ... Un peu, en effet...
- Un peu seulement, vous êtes sûre ? C'est drôle, j'aurais juré il y a quelques minutes que vous étiez plus proches que ça.
- Je... Le téléphone sonne, Mademoiselle Granger, je dois répondre.
- Oh, allez-y, je ne compte pas m'en aller tout de suite, glissa Hermione."
Satisfaite, elle se détourna et tomba nez à nez avec Malefoy, qui l'observait avec un air narquois.
"Je peux savoir pourquoi tu tortures cette pauvre fille ?
- Comment tu es entré ?! sursauta Hermione, qui ne s'attendait vraiment pas à lui.
- J'ai soudoyé le type, là-bas, dit il en désignant un homme qui portait une caisse remplie de sabres rouillés."
Le fait que Drago ne voit aucun problème à soudoyer un type qui transportait des armes tranchantes pour pénétrer dans un lieu sous haute sécurité ne choqua même pas Hermione. Non, ce qui la choquait, c'était...
"Mais... Qu'est ce que tu fais ici ?
- J'arrive de l'hôpital, on a plus besoin de Rogue. Astoria s'est réveillée et ses analyses sont bonnes."
Dans un glapissement, Hermione se jeta à son cou en sautillant sur la pointe des pieds. Drago posa machinalement ses mains sur sa taille, essayant de suivre le mouvement tout en contenant les ardeurs de Granger.
Celle-ci recula, un grand sourire plaqué sur le visage. Puis elle sembla réaliser quelque chose et se décomposa.
"Si elle n'a pas été empoisonnée... Ça veut dire qu'elle est folle ?
- Elle a bien été empoisonnée mais les doses étaient infimes d'après Ginny, l'antidote a éliminé tous les résidus.
- Tu penses que...
- Non, si ça avait été lui elle serait morte ou en état de légume. Il ne fait pas les choses à moitié.
- Mais alors qui ?"
Hermione s'assit sur une boîte en carton et se frotta le menton, perdue dans les pensées. Drago fourra ses mains dans ses poches, comme d'habitude, et profita du silence de Granger pour jeter un œil à la fille qu'elle maltraitait auparavant. Il avait écouté la totalité de la conversation et avait peur de valider la conclusion qu'il avait tirée de l'échange. Elle était jolie, plutôt très jolie même.
Qu'est ce qu'elle pouvait trouver à Ron Weasley ?
Mais ce qui le chagrinait le plus, c'était qu'Hermione soit jalouse. Ça voulait dire qu'elle avait des sentiments pour Ron, comme à l'époque de Poudlard. Mais ces deux là, ils ne pouvaient pas finir ensemble, Drago en était persuadé. Trop évident. Hermione avait besoin de quelqu'un qui ait un fort tempérament, pas d'un rouquin gaffeur.
Non, Drago avait dû mal comprendre. Ron ne pouvait pas avoir de liaison avec cette fille derrière le bureau, elle était beaucoup trop sophistiquée.
"Mademoiselle. Granger. Ne vous asseyez pas sur des preuves je vous prie, ordonna une voix trainante et rocailleuse, reconnaissable entre milles."
Hermione se releva aussitôt comme si on l'avait brûlée, et fit face à Rogue.
"Professeur, bonjour.
- Bonjour Drago, fit Rogue sans adresser un regard à la pauvre Hermione.
- Bonjour Severus, répondit poliment Drago en inclinant légèrement la tête.
- La petite Greengrass a donc été empoisonnée, dit Rogue d'un ton laconique.
- Oui, en effet, mais il s'est avéré que c'était superficiel. Les médicomages ont réussi à la sauver, expliqua Drago.
- YAY ! s'exclama Ron, avant de se racler la gorge sous le regard condescendant de Rogue.
- Ce devait être très superficiel pour que ces incompétents puissent trouver l'antidote, dit Rogue dans un murmure.
- Les médicomages sont très compétents ! le contredit Hermione.
- Pourquoi êtes vous là, en ce cas ?"
Et dans un mouvement très digne de cape, Rogue leur tourna le dos et disparu dans le rangée étiquetée "armes ensorcelées, prudence".
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Attablés à la cafétéria de l'hôpital, Blaise, Drago et Hermione attendaient que Ginny vienne leur donner l'autorisation de voir Astoria, qui était en observation dans le service psychiatrie depuis son réveil.
Aux dernières nouvelles, la jeune femme était faible et très affectée, mais n'était pas en danger.
"En gros, vous avez subi la folie meurtrière de Rogue pour rien, conclut Blaise qui trouvait ça très drôle.
- C'est inquiétant qu'on laisse cet homme travailler au milieu de criminels et d'armes, comme ça... nota Drago en touillant distraitement son café.
- Il devient de plus en plus terrifiant en vieillissant, j'ai l'impression, ajouta Hermione.
- C'est pas le seul, glissa Malefoy en la regardant intensément.
- Ouh, mais qu'est ce que ça veut dire ça ? s'exclama Blaise, qui regrettait beaucoup d'avoir raté la bataille de la veille, et aurait bien aimé en déclencher une deuxième.
- Qu'il a peur de moi, siffla Hermione, foudroyant Drago du regard.
- Je suis pas le seul, quelque chose me dit que la nana de l'accueil tout à l'heure, elle...
- Oh regardez ! Voilà Ginny ! Coucou ! le coupa Hermione en faisant des grands signes.
- Où ça ? demanda Blaise en se retournant."
Drago croisa le regard d'Hermione et comprit directement qu'elle n'avait absolument pas vu Ginny. En temps normal, il l'aurait acculée en insistant, mais cette fois il se tut, malgré la tentation de la torturer un peu au sujet de Weasmoche. Weasley, se reprit mentalement Drago. Ron, rectifia-t-il finalement.
A propos de Ron... Il se rappela d'un coup qu'Hermione avait comploté pour que Ron et Pansy sortent ensemble, ce qui aurait été drôlement tordu si elle avait des sentiments pour lui. Elle était même plutôt investie ce soir là, Drago se rappelait très distinctement de l'avoir aidée.
"J'ai dû rêver, désolée, marmonna Hermione.
- On disait quoi ? Ah, oui, la nana de l'accueil ! reprit Blaise.
- GINNY ! COUCOU ! s'écria de nouveau Hermione."
Drago nota qu'elle manquait cruellement d'imagination.
"J'ai fait aussi vite que possible, s'excusa Ginny, bien réelle, en s'asseyant entre les garçons.
- Alors ?
- Elle est trop faible pour recevoir des visites aujourd'hui. Sa mère est passée à l'instant, et Astoria a fondu en larmes en la voyant, c'était terrible, on a dû faire sortir Madame Greengrass. C'est une réaction classique, pas d'inquiétude.
- Classique ? répéta Blaise.
- Oui, les victimes de sorts ou d'empoisonnement, qu'on a poussés à commettre des actes qu'ils réprouvent en étant conscients, développent un sentiment de honte. Ils ont du mal à tolérer les démonstrations d'amour, de soutien, parce qu'ils pensent ne pas le mériter. Mais ça va s'estomper au fil des jours. Pour l'instant elle a besoin d'intégrer ce qu'il s'est passé et de comprendre que c'est en aucun cas de sa faute. Des psychomages vont l'y aider."
Drago hocha la tête, avant d'ajouter :
"Hermione m'a raconté ce qu'Astoria avait dit... A propos de moi. Et, enfin je ne sais pas, mais il a un fondement de vérité dans cette démence, n'est ce pas ?
- Oui, la potion s'appuie sur les fêlures et les sentiments négatifs des gens pour les amplifier, et les pousser à se sentir victimes d'une injustice, trahis. Mais Astoria ne pensait pas un mot de ce qu'elle a dit, c'est le poison qui parlait.
- Tu viens de dire qu'il ne faisait qu'amplifier la vérité, la contredit Drago.
- Admettons que tu n'aimes pas quelque chose que fait Blaise. Par exemple euh... Tu n'aimes pas qu'il fasse craquer ses articulations. Et bien, cette potion, si tu l'avales, va te faire haïr tout l'être de Blaise et penser qu'il ne fait craquer ses doigts que pour te nuire. Et si quelqu'un essaye de te prouver le contraire, tu vas penser que Blaise a mis en forme un complot contre toi, expliqua Ginny sous les regards attentifs de Drago et Blaise. Mais ça ne veut absolument pas dire qu'en état de conscience, tu aies les mêmes sentiments vis à vis de Blaise.
- Promis mon vieux, je ne ferai plus craquer mes doigts, grogna Blaise.
- Merci Gin', c'est vachement plus clair, la remercia Hermione en lui serrant la main avec émotion."
Ginny regarda sa main d'un air surpris - en général, c'était plutôt à elle de réconforter les proches d'un patient, pas le contraire.
"Je dois retourner bosser. Est ce que quelqu'un a prévenu Harry, pour l'empoisonnement ?"
Hermione senti son sang se glacer à la mention de son meilleur ami, et se racla la gorge pour masquer son trouble.
"Je suppose que Ron l'aura fait, répondit Drago, qui ne quittait pas Hermione des yeux.
- Bien, rentrez chez vous alors ! On a les choses en main ici."
Ginny se leva et, avant même qu'elle n'ait eut le temps de repousser sa chaise, Hermione la serrait dans ses bras à l'en étouffer.
"Merci... Merci Mione, dit Ginny en lui tapotant le dos."
Hermione recula, et regarda Ginny s'éloigner d'un air attristé.
"Je repasse au bureau donner des nouvelles aux autres, vous n'avez qu'à rentrer, fit Blaise en donnant une accolade à Drago."
Hermione approuva distraitement et suivit Drago qui s'avançait vers l'aire de transplanage.
"Tout va bien ? demanda-t-il tout en connaissant la réponse.
- Oui oui."
Menteuse, songea-t-il.
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Hermione n'avait pas le moral et trouver une armada de journalistes devant son immeuble était la dernière chose dont elle avait besoin. Ils avaient relancé la machine médiatique lors de leur bagarre de la veille, attirant de nouveau l'attention sur eux. Et les choses n'allaient pas s'arranger, puisque la diffusion des Serpentards à Mykonos reprenait le lendemain. Hermione sursauta en recevant un flash dans les yeux et bouscula un photographe, exaspérée.
"Miss Granger ! Miss Granger ! Drago ! Drago ! hurlait la foule."
Soutenue par Drago, qui fendait la foule en la tirant derrière lui, elle parvint à avancer un peu, mais la marée humaine s'était refermée autour d'eux. Parmi toutes les questions des paparazzis, Hermione en saisit une qui lui glaça le sang :
"Est-ce vrai que Greengrass a tenté de vous tuer par jalousie ? Est-elle toujours amoureuse de Drago ?"
Hermione stoppa net sa course, arrêtant par la même occasion Drago qui n'avait pas entendu la question, et se demandait ce qu'elle fabriquait.
"Okay, okay, écoutez moi tous ! hurla Hermione, hors d'elle.
- Qu'est ce que tu fais ? Ne leur parle pas ! lui ordonna Drago en tentant de la tirer vers l'entrée de l'immeuble."
Elle dégagea sa main d'un geste brusque et profita du silence qu'elle avait créé pour répondre.
"Astoria ne m'a pas agressée. Elle n'a jamais été amoureuse de Drago, et elle n'aurait aucune raison d'être jalouse, d'accord ?"
Tous les journalistes se remirent à parler en même temps aussitôt, et une vague de flash les assailli de nouveau.
"Miss Granger, comment expliquez-vous que Greengrass soit internée à Ste Mangouste, dans ce cas ?
- Voilà pourquoi il ne faut PAS leur répondre, Granger ! l'engueula Drago en saisissant son bras.
- Avez-vous quelque chose à cacher ? lui hurla aussitôt un paparazzi en lui collant un micro sous le nez.
- On ne répondra plus à aucune question ! l'avertit Drago en repoussant sèchement le micro."
Et il raffermit sa prise sur le bras d'Hermione, la tractant aussi vite que possible vers l'immeuble. Ils s'y engouffrèrent tant bien que mal, et se précipitèrent dans l'ascenseur. Le bruit fut instantanément étouffé et ils profitèrent de la douce musique de l'ascenseur, les yeux fermés.
"Une conférence de presse, ça se prépare, Granger. On ne se jette pas au milieu des loups comme ça. Il faut réfléchir aux réponses qu'on donne AVANT. Ne refais plus jamais ça ! grogna Drago, passablement énervé.
- Tout va mal, bougonna-t-elle en réponse.
- Un quelconque rapport avec la fille de l'accueil ? demanda Drago d'un air faussement distrait."
Hermione le dévisagea, agacée.
"Où tu veux en venir, avec cette... fille ?
- Nulle part. Je ne te savais pas si douée en torture psychologique, c'est tout. Tu n'as rien à apprendre des Malefoy.
- C'est supposé être un compliment ?"
Les portes qui s'ouvraient permirent à Drago de masquer son demi-sourire. Elle mordait si facilement... Trois, deux, un...
"Je ne la torturai pas, nous discutions, reprit Hermione avec son ton supérieur.
- Tu la menaçais. Avec des sous-entendus qu'elle comprenait très bien, vu comme elle avait peur, insista Drago.
- Tu vois le mal partout.
- Tu es le mal, Granger.
- Tiens, c'est exactement ce qu'Astoria disait à ton sujet ce matin !
- Touché."
Postés l'un face à l'autre sur le palier, ils étaient une nouvelle fois en train de se livrer à une joute verbale sans issue, puisque aucun des deux ne prévoyait de céder. Drago parce qu'il était d'une curiosité maladive, et Hermione parce qu'elle ne voulait pas trahir Harry et Ginny.
"Tu m'invites à manger ? J'ai la flemme de cuisiner, proposa Drago, qui changeait de tactique.
- Tu changes de tactique ?".
Dommage, songea Drago. Il n'avait pas l'habitude d'échouer dans l'art de la manipulation.
"C'est d'accord, mais on commandera des pizzas, parce que moi aussi j'ai la flemme, abdiqua Hermione en entrant dans son appartement, Drago sur ses talons."
Elle déposa son sac, son manteau, son écharpe et ses chaussures par terre d'un seul mouvement et poussa le tout d'un coup de pied contre le mur. Drago la regarda faire, profondément choqué.
"Mais enfin... Qu'est ce que tu fais ? balbutia-t-il."
Hermione le toisa tout en s'écroulant dans son canapé en étoile de mer.
"Je suis anti-conformiste. Qui a besoin d'un porte-manteau quand on peut tout jeter par terre ?"
Drago resta les bras ballants dans l'entrée, ne sachant que répondre. Hermione était ordonnée, plutôt méticuleuse, à la limite du maniaque. Avait-elle été empoisonnée aussi ? Dans le doute, il ramassa ses affaire, les accrocha, et alla s'asseoir dans un des fauteuils.
Hermione avait fermé les yeux.
"Harry trompe Ginny, lâcha-t-elle.
- Mais POURQUOI tu me le dis, enfin ? s'écria Drago en sautant sur ses pieds.
- Parce que tu insistes depuis des heures, et que tu es la seule personne à qui je puisse en parler puisque tu n'es proche ni de l'un ni de l'autre, rétorqua Hermione en se redressant sur un coude. Assieds-toi, j'ai pas fini. Il faut que j'en parle, sinon je vais exploser.
- Mais je ne veux pas le savoir ! Je déteste les secrets ! glapit Drago, hors de lui. Je pensais que c'était un truc futile, nul, sans importance, à propos de Ron quoi !
- Ron ? Qu'est ce qu'il vient faire là dedans ?
- Mais Ron et la nana de l'accueil... MAIS C'EST LA NANA DE L'ACCUEIL ! Bien sûr, qu'est ce que je suis stupide, c'est évident ! J'étais persuadé que c'était Ron ! s'exclama Drago en se frappant le front du plat de la main.
- Tu es fou Malefoy.
- Tu n'es pas amoureuse de Ron ?"
Hermione éclata de rire et se laissa retomber en arrière, sur le canapé.
"Ça fait un moment que je n'ai plus 15 ans, donc non.
- Ouf. Ça serait drôlement inquiétant pour ta santé mentale, se justifia Drago.'
Hermione s'assit en tailleur sur le canapé et lâcha un soupir à fendre l'âme.
"Harry et la fille de l'accueil se polissaient les molaires dans son bureau et je suis entrée sans frapper, j'ai tout vu...
- Erreur fatale.
- ... et j'étais tellement sous le choc que je n'ai rien dit. Harry, c'est l'intégrité même, c'est l'incarnation de l'honnêteté, et Ginny et lui, ils s'aiment depuis... Toujours ! Ils sont faits l'un pour l'autre.
- Eh, Granger, je suis pas ta meilleure copine, j'ai pas envie d'entendre ce genre de trucs, la rabroua Drago.
- Fais un effort ! le supplia Hermione. C'est un mythe qui s'effondre.
- T'es trop naïve ! Ça n'existe pas, les gens prédestinés, les âmes sœurs, et toutes ces conneries. Encaisse ça, et tu te sentiras beaucoup mieux tu verras, lui expliqua Drago. Les gens sont imparfaits seuls, et encore plus imparfaits ensemble. C'est un miracle que ça marche un temps, alors toute la vie...
- T'es minable pour remonter le moral des gens, soit dit en passant.
- Je t'avais prévenue.
- Écoute moi sans me répondre, ça sera mieux.
- Bien, je peux fermer les yeux au moins ?
- Je sais pertinemment que l'amour ne dure pas toute la vie pour la grande majorité des gens, et je sais que rien n'est tout noir ou tout blanc, mais justement, Harry et Ginny, c'était un genre de repère stable dans la tempête, commença Hermione sans prendre la peine de lui répondre. Ils ont tout traversé ensemble. C'était... un fait établi. Un truc qui ne peut pas changer. Un truc qui dure toute la vie, et qui sert de modèle aux autres, un peu comme Brad Pitt et Angelina Jolie tu vois, un couple éternel.
- Qui ça...?
- Je pensais vraiment qu'il ne pouvait rien leur arriver, pas à eux, poursuivit Hermione, imperturbable. Harry était jusqu'à aujourd'hui la personne que je respectais le plus au monde, mon meilleur ami, on se connait depuis plus de 10 ans et on a tout vécu ensemble...
- Tout... Tout ? Je le savais, que vous folâtriez tous !
- Seulement maintenant il y a un truc brisé. Ce qu'il fait avec cette fille, ça ne correspond pas à l'image que j'ai de lui, et peut-être que c'est moi qui ait une image fausse ou incomplète, mais ça me parait inconcevable. Ce n'est pas un menteur, ni un lâche, et il ne supporte pas de voir les autres souffrir. Encore moins Ginny, sa Ginny, enfin... Quel égoïsme.
- A t'entendre on pourrait croire que c'est toi qui vient de découvrir que tu étais cocue. Tu trouves pas ça un peu malsain, ce transfert ?
- Remballe ta psychologie de comptoir ! T'es insensible, au fond. Tu ne sais même pas écouter sans intervenir sans arrêt.
- Parle toute seule si tu ne veux pas de réponse, je peux aussi rentrer chez moi, gronda Drago.
- Qu'est ce que je vais faire... Si je le dis à Ginny elle va être détruite, ils n'auront aucune chance de s'en sortir, et Harry ne me parlera plus jamais. Ron va le détester. Peut-être même le frapper ! s'inquiéta Hermione en se prenant la tête entre les mains.
- Tu ne vas rien dire du tout, Hermione, l'avertit Drago.
- Je ne peux pas, je sais bien...
- Non, tu ne peux pas. C'est à Harry de régler ça. C'était peut-être un accident, une erreur de passage, peut-être qu'elle lui a sauté dessus dans son bureau et qu'il n'a rien pu faire.
- Bien sûr ! Oups, elle a glissé, et sa langue a malencontreusement atterri dans sa bouche ! s'écria Hermione, agacée.
- Ça ne nous regarde pas du tout, quoi qu'il en soit. Il est adulte, responsable, et tu le connais assez pour savoir qu'il va arranger ça. Saint Potter ne va pas vivre dans le pêché."
Hermione lui jeta un coussin dessus en pouffant malgré elle.
"T'es tellement cynique...
- Et toi tellement optimiste !
- T'avais raison, on est tous des êtres imparfaits, gloussa Hermione.
- T'es la pire de tous. Tu m'obliges à porter un putain de secret, alors que j'ai rien demandé.
- Tu m'as tarabiscotée toute la journée pour que crache le morceau, Drago, ne fais pas l'innocent.
- Je pensais qu'il s'agissait de Ron, pas d'Harry. C'était moins dramatique."
Hermione approuva d'un hochement de tête. Vraiment, elle aurait préféré que ce soit Ron, avec cette Geneva plantureuse.
"On les commande ces pizzas ?
- Vas y, je te fais confiance. Je vais aller prendre une douche."
Et en se déplaçant vers la salle de bain, Hermione se fit la réflexion qu'effectivement, elle faisait drôlement confiance à Drago pour lui avoir lâché une telle information.
