Chapitre 11
C'était dimanche... le jour de repos et de détente, le jour que la plupart des moldus considéraient comme sacré. C'était aussi la veille de l'annonce du nouveau Ministre. Et pour la population ignorante de Grande-Bretagne, ce dimanche était aussi la veille du jour où Lord Voldemort monterait au pouvoir et ferait des ravages à travers tout le pays.
Izar pouvait presque goûter à l'enthousiasme de Voldemort; sentir sur son palais la saveur âpre et acidulée de la jubilation sadique. Le Mage Noir le cachait cependant parfaitement, mais Izar le connaissait trop bien pour feindre l'ignorance. C'était amusant de le voir si excité par quelque chose. Néanmoins, peut-être que l'excitation n'était pas le mot le plus approprié. L'anticipation et le plaisir convenaient mieux pour décrire ce que l'homme ressentait.
Et Izar pouvait comprendre ses émotions, car il les éprouvait aussi.
La base du Seigneur des Ténèbres était plus occupée qu'elle ne l'avait jamais été, à l'exception des nuits où se déroulaient les rites d'initiation des futurs Mangemorts. Izar se souvint du sien à l'âge de quinze ans. Il s'était demandé dans quoi exactement s'embarquait-il. Étrange, et presque cruel, comment les choses pouvaient changer en si peu de temps.
"J'ai besoin de te parler," une voix attira son attention et le fit revenir au présent.
Izar se tourna nonchalamment, ses glamours remis en place dès qu'il avait quitté l'aile privée du Seigneur des Ténèbres. Une réunion de Mangemorts avait lieu, avec la participation de tous. Voldemort allait informer ses membres du raid prévu pour demain, mais ne divulguerait son emplacement que lundi soir. Il était méfiant envers ses partisans, et à juste titre. Izar serait déçu si l'homme se mettait à trop compter sur ses serviteurs.
Ses lèvres s'incurvèrent tandis qu'il apercevait Drago Malefoy, appuyé contre une alcôve dans le couloir sombre où ils se trouvaient, dégageant un parfum d'eau de Cologne. Ils étaient tous deux vêtus de leur robe noire de Mangemort et tenaient négligemment leur masque respectif entre leurs mains. Izar avait un masque en argent alors que celui de Drago était en charbon*.
"Drago," salua-t-il prudemment. Il se rapprocha du garçon blond et se servit de l'obscurité environnante pour les protéger des regards indiscrets. "De quoi veux-tu me parler ?" Inutilement, Izar s'approcha encore plus de lui, dominant le plus petit sorcier avec sa taille.
L'héritier Malefoy grimaça légèrement avant de retrouver un visage impassible, typique d'un sang-pur. "Je voudrais mettre les choses au clair entre nous." Drago releva le menton avec dédain, ignorant le sourire moqueur qui lui faisait face. "L'année dernière, à Noël, ce baiser entre nous ne signifiait rien pour moi."
Izar eut un rire bas puis se pencha et alla agacer la figure de Drago avec son souffle froid. "Bien," énonça-t-il. "Parce que ça ne signifiait rien non plus pour moi. Est-ce tout ?"
Alors qu'il s'apprêtait à faire demi-tour, une main retint son épaule. "Je veux être sûr que tu comprennes mes raisons et pourquoi j'ai voulu une relation entre nous." Ses yeux argentés parcoururent le visage inexpressif d'Izar. "Je ne suis pas gay," lâcha-t-il calmement. "Mon père était intéressé par toi et je pensais que si je... m'emparais de toi, il me considérerait avec plus de respect."
Les lèvres d'Izar se retroussèrent. Il avait déjà soupçonné que l'héritier Malefoy n'était pas gay, d'où sa surprise pour son soudain baiser à Noël dernier. "Ton père n'est pas homosexuel, Drago," murmura-t-il, poussant la main qui reposait toujours sur son épaule. "Et moi non plus."
Il était clair que vu son expression, le blond ne le croyait pas. "Je ne suis pas aveugle. Je vois la façon dont mon père te regarde, je vois la façon dont tu joues avec lui," grogna-t-il.
"Ta mère, Narcissa, est une femme impressionnante," continua Izar comme s'il n'avait pas entendu sa remarque. "Lucius serait idiot de détruire la solide relation qu'il a établie avec elle, et il le sait très bien. Il admire la beauté physique, que ce soit celle d'un homme ou d'une femme. Mais cela ne veut pas dire qu'il aurait cherché à avoir les faveurs sexuelles de la personne en question, tout comme il n'aurait jamais trahi Narcissa de cette façon. Laisse-moi t'assurer Drago, que ton père et moi ne serons jamais amants. C'est juste un petit jeu cruel auquel nous aimons nous adonner."
Et c'était vrai. Izar savait que Lucius n'était pas gay et il ne toucherait probablement jamais personne d'autre que Narcissa. L'homme admirait la beauté et cela l'excitait sexuellement quand il tombait sur un spécimen attirant. Ses intérêts étaient semblables à ceux d'Izar; sauf que leurs réactions ne se manifesteraient jamais de la même façon. Lucius empestait juste la séduction et l'énergie sexuelle.
La confession de Drago expliquait au final sa possessivité à l'égard d'Izar lorsqu'ils étaient à Poudlard. Il voulait être proche de lui, peut-être par curiosité et surtout pour prouver à son père qu'il avait des amis acceptables.
"En tout cas," commença le jeune Black d'une voix traînante. "Je crois que ton père serait plus déçu qu'autre chose par toi s'il découvrait ce qu'il s'est passé entre nous. C'est pourquoi tu dois arrêter d'avoir ce comportement fuyant. Est-ce que tu comprends ?" Il plongea ses doigts dans la lourde cape de Drago et le plaqua contre le mur. "Je ne veux plus avoir affaire à ton étalage pathétique d'émotions."
Drago bouillonnait intérieurement, ses joues se colorant de rouge face à ses propos menaçants. "Tu as peut-être grandi de quelques centimètres cet été, Izar, mais je reste toujours le meneur."
C'était du très mauvais bluff et le dénommé haussa les sourcils, amusé. "Tiens donc ?" Il relâcha Drago, lui permettant de se recomposer. "As-tu déjà considéré de prendre Daphné Greengrass comme épouse ?" demanda-t-il brusquement.
Comme prévu, le garçon tressaillit et une grimace déforma ses traits. "Greengrass ? Sa petite sœur est passable. Elle est beaucoup trop franche pour une femme."
Le blond était tombé tout droit dans le piège d'Izar. Il se détourna de lui, ricanant faiblement. "C'est bien ce que je pensais," grinça-t-il.
"Qu'est-ce que tu veux dire par là ?" s'enquit Drago avec aigreur et suspicion. Il ne vit pas le sourire satisfait qu'arborait son interlocuteur.
Avec un air supérieur, Izar lui envoya un regard froid par dessus son épaule. "Eh bien, tu n'es simplement pas à la hauteur du défi." Il haussa légèrement les épaules en voyant la stupeur peinte sur les traits de Drago.
Il avait vraiment été choyé et gâté. Narcissa et Lucius avaient-ils trop couvé leur fils ? Les Malefoy formaient-ils une famille plus affectueuse que ce qu'ils montraient ? Izar avait cru que le fils de Lucius suivrait les pas de son père, mais il semblait plutôt être celui qui restait à couvert. C'est pourquoi il pensait que Daphné tirerait avantage d'un mariage avec lui. Elle pourrait facilement lui marcher sur les pieds si nécessaire.
"Daphné est une femme très influente, très... semblable à ta mère. Elle serait une épouse appropriée pour un Malefoy. Lucius a remué ciel et terre pour avoir Narcissa; il serait logique tu en fasses de même pour quelqu'un qui en vaille la peine."
Ses yeux se plissèrent tandis qu'il considérait ses paroles, tout comme Izar l'avait prévu. Il ne reculerait pas devant un défi, et en courtisant Daphné, Drago découvrirait au final le vrai caractère de la jeune femme. Et bientôt, plein de petits Malefoy blonds se mettraient à courir dans les couloirs du Manoir Malefoy.
Izar ressentit une brève pointe de tristesse avant de la repousser avec colère. Daphné était la seule femme à qui il pouvait s'identifier et qui le comprenait. Elle le charriait d'être toujours absorbé par ses livres et ses projets, mais elle comprenait son besoin d'intimité et d'assouvir sa curiosité. Il était rare de rencontrer quelqu'un comme ça, mais Izar savait qu'il devait s'y résigner.
Les sacrifices étaient souvent douloureux mais étaient au final indispensables.
"Mais," poursuivit-il d'un ton léger. Il plaça son masque en argent et rabattit sa capuche. Ses yeux de nouveau gris-vert fixaient Drago à travers les fentes de son masque. "Je peux comprendre que ça soit trop difficile pour toi. Après tout, qui voudrait faire tant d'efforts pour la future mère de ses enfants ? Pour la femme qui contrôlerait la moitié des chambres fortes des Malefoy ?"
Il quitta le couloir et se fondit dans la masse de Mangemorts. Sa Marque des Ténèbres le brûlait sans relâche, lui indiquant que Voldemort convoquait ses serviteurs. Ceux qui ne connaissaient pas l'emplacement de la base pouvaient transplaner directement ici si leur Marque était activée. C'était utile, et Izar était émerveillé par l'idée de génie qu'avait eu l'homme.
Il entra dans la salle glaciale avec ses hauts plafonds avec voûtes en encorbellement et son ambiance sombre. Il y avait deux grandes chandelles de part et d'autre de Voldemort, mais leur flamme était à peine suffisamment grande pour projeter de la lumière à travers toute la pièce.
Tout comme lors de son rite d'initiation, les Mangemorts étaient ordonnés de manière hiérarchique. Les douze Mangemorts du Premier Cercle se trouvaient devant le Seigneur des Ténèbres, placés en un demi-cercle serré et uni. Ils étaient immobiles, leurs genoux et leur visage collés contre le sol.
Ils formaient une image glorifiée du pouvoir et donnaient le sentiment qu'ils étaient inestimables.
S'inclinant directement derrière le Premier Cercle, les Mangemorts masqués d'argent étaient assemblés de façon tout aussi parfaite. Izar se fraya un chemin à travers la mer de corps et croisa brièvement le regard de Voldemort avant de se détourner avec indifférence. Ce dernier, en royal emmerdeur qu'il était, demeurait assis majestueusement sur son trône, l'observant comme un prédateur surveillerait sa proie.
Agenouillé sur le sol froid et dur, Izar se pencha à contrecœur et appuya ses paumes puis son front masqué contre les dalles. Il pouvait deviner les innombrables corps des Mangemorts aux masques en charbon s'aligner derrière lui, au fond de la salle.
Cela sembla durer des heures. Mais il ne se passa en vérité que quelques minutes avant que l'agitation ne se calme. Après tout, les Mangemorts ne feraient pas attendre Voldemort. Izar se demanda comment celui-ci pouvait savoir si tous ses partisans étaient présents. Il pouvait y avoir des étudiants qui n'avaient pas pu quitter Poudlard pendant le week-end pour se rendre à la réunion. Ils ne seraient donc pas non plus là pour l'attaque se déroulant lundi.
C'était pour le mieux.
"Bienvenue," la voix de Voldemort effleura leur dos, semblable à celle d'un glaçon qui glisserait le long de leur colonne vertébrale. "Vous pouvez vous relever."
Personne n'osa émettre un soupir de soulagement. L'atmosphère de la salle sembla toutefois moins pesante tandis que les Mangemorts s'asseyaient à genoux.
Izar leva les yeux vers Voldemort, l'apercevant entre les corps qui lui barraient la vue. Il remarqua que l'homme se tenait désormais au centre du Premier Cercle. Izar savait que sa position était intentionnelle. La plupart des Mangemorts voulaient être proches du Seigneur des Ténèbres, être assez importants pour pouvoir se trouver à proximité de lui. Et Voldemort utilisait leur désir contre eux. Il se tenait près de ses favoris pour montrer aux autres serviteurs que cela pourrait un jour être eux à leur place, s'ils prouvaient leur valeur et loyauté.
"Avant de commencer, nous avons un nouveau membre à intégrer dans notre équipe."
Équipe.
Izar ricana, ignorant le regard du Mangemort agenouillé à ses côtés.
"Regulus Black."
Izar tourna brusquement la tête, le poids de son masque devenu sans importance. Son père était escorté par deux Mangemorts masqués d'argent. Malgré sa lourde robe noire et ses pieds nus, Regulus se tenait avec dignité. Izar espérait juste que Voldemort ne la fragiliserait pas plus que nécessaire. Son père devait souffrir pour sa trahison, oui, mais par un rapide Endoloris et rien de plus. En tout cas, c'est ce qu'il espérait.
Si son père était torturé jusqu'au point de non retour, Izar se détournerait de Voldemort sans hésitation. Ce dernier était également conscient de ça. Il avait tous les droits de tuer Regulus... il devrait le tuer pour ce qu'il avait fait. Mais à cause d'Izar, le Seigneur des Ténèbres devait garder à l'esprit que Regulus était intouchable sans qu'il ne puisse rien y faire.
Izar s'inclina en avant; ses doigts caressèrent le sol en béton alors que Regulus s'agenouillait devant le Seigneur des Ténèbres. Derrière son père, une femme éclata de rire et tout le monde savait que c'était Bellatrix Lestrange. Il n'y avait qu'elle pour trouver hilarant un moment si solennel.
"Quelques années trop tard, mais néanmoins, tu es courageux... et suffisamment stupide pour revenir à moi." Voldemort s'était adressé à Regulus et au Premier Cercle. Ses paroles n'auraient pas dû atteindre les oreilles d'Izar, mais grâce à son audition améliorée, il avait pu les entendre. "Parce que je suis un seigneur miséricordieux, je te donne une seconde chance de rédemption. En attendant, tu seras puni pour ta trahison, comme toi Severus, pour l'avoir aidé."
Une action inattendue venant du Seigneur des Ténèbres, mais compréhensible. Izar se remit sur ses talons et se pencha pour voir Severus Rogue quitter sa place parmi le Premier Cercle.
L'aura du Seigneur des Ténèbres flamboya et Izar eut le souffle coupé devant sa beauté maladive. Il frémit au moment où il ressentit une fois de plus la magie, et pas seulement celle que dégageait l'aura du Seigneur des Ténèbres, mais celle de tout le monde autour de lui. Izar baissa la tête et haleta, euphorique, au même moment où son père et Rogue se mirent à hurler. Leurs cris étaient horribles et perçants, mais la magie qui l'entourait le réconforta et lui transmit de la force.
Il lui fallut fermer les yeux pendant plusieurs minutes pour repousser les distractions alentours. Son noyau s'était séparé depuis l'accident... s'il pouvait juste localiser sa magico-sensibilité...
Et puis, elle fut partie. Tout comme les cris.
Insatisfait par la tournure des événements, Izar leva les yeux et vit son père être parcouru de spasmes incontrôlables. Rogue qui se remettait lentement en position n'était pas mieux. Même avec un Relaxeur de Muscles, les deux hommes ne s'en remettraient pas avant quelques jours. Le Doloris de Voldemort était, selon la rumeur, encore pire que celui de Bellatrix.
Voldemort s'accroupit à côté de Regulus, lui saisit le bras et y apposa la Marque des Ténèbres. Regulus étouffa un cri de souffrance et Izar se souvint de son propre marquage. Il n'avait pas crié et, en retour, il avait été privé de l'onguent qui soulageait la douleur.
A travers les fentes de son masque, il regarda Rogue appliquer le baume sur le bras de son père. "Bienvenue dans mes rangs, M. Black," susurra Voldemort, lui tendant le masque en charbon avec un sourire suffisant.
Il ferait partie du Troisième Cercle. Une insulte évidente.
Izar pinça les lèvres et détourna les yeux alors que son père remerciait le Seigneur des Ténèbres à travers sa mâchoire serrée, luttant pour se lever. C'était éprouvant de voir Regulus si vulnérable, et à cause de cela, il était trop lâche pour observer la scène. Même si son attention était tournée vers le sol, il pouvait entendre son père reprendre son souffle et Voldemort se diriger vers le fond de la salle.
"Je vous ai tous réunis pour vous informer que notre heure est arrivée. Demain."
Des chuchotements se répandirent parmi la foule, l'excitation presque aussi palpable que la joie sadique de Voldemort. Izar garda la tête baissée, fixant avec ennui le sol. Maintenant qu'il était très proche du Seigneur des Ténèbres, ce dernier charmant une foule entière n'était rien comparé à leurs plaisanteries habituelles. Mais il pouvait comprendre le sentiment des Mangemorts. Ils étaient avides de toute sorte d'attention venant de lui. Entendre la voix de leur maître s'adresser à eux, répondait à leur besoin jusqu'à ce qu'un désir plus fort ne le remplace.
"Demain sera le jour où la Grande-Bretagne craindra les Mangemorts," poursuivit le Seigneur des Ténèbres. "Nous ne serons armés que de nos baguettes et de nos objectifs... détruire, massacrer et semer la terreur parmi ceux qui s'opposent à nous." Ses paroles étaient profondes, ce qui plongea les Mangemorts dans un silence révérencieux. "Nous ne reculerons devant rien pour obtenir le monde que nous désirons, un monde où la magie noire sera tout autant acceptée que la magie blanche, un monde où les moldus seront complètement coupés de nous, les êtres supérieurs."
Cet homme changerait le monde, Izar n'en doutait pas. Cela n'avait pas d'importance si Voldemort n'y parvenait pas; il aurait toujours une influence sur la façon dont le monde sorcier fonctionnerait. Mais il avait planifié, conspiré et manipulé pendant trop longtemps pour échouer.
Et Izar était impatient de voir le Seigneur des Ténèbres instaurer cette nouvelle société soigneusement agencée.
"Et vous tous, qui vous agenouillez devant moi, aurez l'honneur de participer à la construction de ce nouveau monde. On se souviendra de vous comme les sorciers et sorcières qui se sont battus pour la société dans laquelle grandiront vos enfants et petits-enfants. Mais pour que ce monde voit le jour, des sacrifices doivent être faits et des vies doivent s'éteindre. C'est un chemin difficile à parcourir, mais à la fin, nous obtiendrons ce que nous méritons à juste titre."
Aucun des Mangemorts ne fit de bruit alors que le discours de Voldemort résonnait entre les murs de la salle. Ils étaient agenouillés dans le noir, noyés par l'excitation et la peur. Même les sorciers moins éminents savaient que ce moment était le calme avant la tempête; l'air était lourd et oppressant à cause de l'approche de la guerre. Ce serait une guerre harassante, avec beaucoup de sacrifices et de morts.
Izar savait que l'angoisse courait dans les veines des plus jeunes Mangemorts. L'atmosphère était saturée d'anticipation et d'effroi. Ils commenceraient à remettre en question leur décision d'avoir rejoint les rangs d'un Seigneur des Ténèbres. Mais cette hésitation se muerait en un sentiment de devoir, en un désir de changer la perspective du monde sorcier.
Les Mangemorts plus âgés, qui accompagnaient Voldemort depuis plus longtemps, ressentaient seulement un intense soulagement et une joie cruelle. Après tout, ils avaient assisté à la plupart des rites d'initiation et avaient vu les partisans de Lord Voldemort passer d'un petit groupe de novices à une armée redoutable.
Mais personne n'avait attendu aussi longtemps que Tom Jedusor. Après des années et des années de patience et de machination sournoise, son heure était enfin venue.
"Lundi soir nous frapperons," continua le Seigneur des Ténèbres, réduisant l'intensité de sa voix. "L'endroit sera dévoilé la nuit même. Préparez-vous. Et ce soir, réfléchissez à ce pour quoi vous vous battez."
Izar leva finalement les yeux et regarda l'homme serpenter jusque son siège et s'y asseoir. D'un geste de la main, il ouvrit les portes de la salle. "Vous pouvez disposer."
Dès qu'il se remit sur ses pieds, sa Marque brûla violemment, ce qui le fit hésiter. Des sorciers le bousculèrent légèrement en quittant la pièce, apparemment peu affectés par leur Marque. Plus loin dans la salle, les douze membres du Premier Cercle étaient de nouveau inclinés devant leur maître, immobiles. Deux autres Mangemorts masqués d'argent étaient également dans cette position, probablement ordonnés de rester à travers leur Marque.
Repoussant sa fierté, Izar se laissa tomber à genoux et se pencha en avant, redonnant toute son attention au sol en béton. Il pouvait entendre des chuchotements curieux à l'entrée. Des Mangemorts avaient remarqué les disciples qui étaient restés en arrière. Le spectacle. Les humains étaient attirés par le spectacle comme un papillon de nuit par la lumière. Plutôt amusant et tellement, tellement prévisible.
La porte claqua une fois de plus, les enveloppant dans le silence. Izar se trouvait à quelques mètres du groupe principal, englouti par l'obscurité mais il pouvait entendre les flammes des torches vaciller à côté de Voldemort et du Premier Cercle.
"Je vous ai demandés de rester pour que nous remédions à un... problème," ronronna Voldemort. "Il a été porté à mon attention que j'avais douze membres du Premier Cercle. J'aimerais en avoir treize. Nott étant mort à Azkaban l'année dernière, je voudrais nommer son successeur."
Izar savait qu'il ne serait pas choisi pour devenir membre du Premier Cercle. Il était trop jeune, trop inexpérimenté et les Mangemorts deviendraient suspicieux face à son escalade rapide des rangs. Il n'avait pas encore fait ses preuves auprès d'eux et de Voldemort. Il était quand même curieux de savoir pourquoi il était présent.
"Croupton, je t'en prie, approche."
Les yeux d'Izar s'écarquillèrent à ce nom, inclinant la tête de telle sorte qu'il puisse voir une silhouette souple se lever et s'approcher du Seigneur des Ténèbres. Barty Croupton ? Comme le haut fonctionnaire du Ministère ?
Non, ça ne se pouvait pas. La personne était trop mince, trop jeune. Au vu de ses pas bien trop confiants, Izar en déduisit qu'il était le fils unique de Barty Croupton. On ne savait pas grand-chose de Barty Croupton Jr, seulement qu'il ne baignait pas autant dans la politique que son père.
"Mon Seigneur," murmura-t-il avec dévotion. "Je... c'est le plus grand de tous les honneurs. Vous m'avez béni; je vous jure en retour mon allégeance et ma loyauté indéfectible."
Izar renifla sèchement et détourna la tête quand l'homme embrassa les pieds de Voldemort et que celui-ci lui remit un masque en or. Il était clair d'après la voix du jeune homme qu'il était quelque peu dérangé. La folie se propageait au sein de la lignée Black, peu importe si le gène était éloigné. D'après ce qu'Izar savait, Charis Black était sa grand-mère.
"J'ai désormais treize membres du Premier Cercle, et pourtant, nous avons encore deux Mangemorts du Deuxième Cercle avec nous," annonça Voldemort. "L'un recevra un cadeau, tandis que l'autre devra prendre une décision vitale." Le Seigneur des Ténèbres fit inutilement une pause avant de tapoter ses doigts sur son accoudoir. "Izar Black, avance-toi."
Le dénommé se leva et s'approcha à contrecœur. Ses yeux défièrent Voldemort alors qu'il remarquait le sourire satisfait sur son visage. Ils savaient tous deux qu'Izar était trop appliqué dans son rôle pour aller jusqu'à le défier au grand jour. C'était trop public, trop déplacé.
Bellatrix se tordit de rire, écartant les bras sur le sol. "Récompensez-le, mon Seigneur, s'il vous plaît !"
Voldemort afficha un sourire plein de dents, son attention ne s'éloignant jamais de la forme d'Izar qui approchait. "Je crains que M. Black ne soit pas encore prêt à monter en grade, Bella." Le Seigneur des Ténèbres inclina la tête sur la côté et le détailla. "Mais il m'aidera à faire un choix nécessaire."
"Tout ce que vous voulez, Maître," répondit sèchement Izar, avec dérision. Il s'arrêta près du Premier Cercle et resta debout jusqu'à ce que l'homme le force à s'agenouiller.
Voldemort haussa un sourcil, son sourire se déformant avec cruauté avant qu'il ne se retourne pour examiner ses partisans. "Vous êtes peut-être mes favoris, mais permettez-moi de vous rappeler que votre rang élevé ne vous donne pas le droit de vous dresser contre mes ordres ou de les manipuler en votre faveur." Tout amusement l'avait quitté alors que son regard était braqué sur un Mangemort en particulier. "Une telle trahison est impardonnable parmi mon Premier Cercle."
Izar se raidit, ayant une idée sur quoi cela allait aboutir et à qui le Seigneur des Ténèbres s'adressait.
"Avery, lève-toi."
La silhouette étirée de Read Avery se leva. Izar fut absorbé par la scène, son attention se focalisant sur ce dernier. La haine tordait et réchauffait ses entrailles tandis qu'il se rappelait de l'homme au cours de la Troisième Tâche, l'année dernière. A l'époque, Avery avait pris l'apparence de Lukas Steinar.
"Ne sois pas pudique, Avery, enlève ton masque. Montre à Izar ce qu'il a fait à ton visage."
Avery Senior relâcha la pression sur ses épaules, ne sachant que trop bien qu'il était la cible de la colère du Seigneur des Ténèbres. Avec une réticence telle qu'elle ankylosait ses bras, il retira son masque en or et exposa son...
Eh bien...
Izar ne pouvait pas vraiment qualifier de 'visage' ce qui n'en était pas un, n'est-ce pas ?
Certains membres du Premier Cercle ricanèrent du malheur qui frappait Read Avery. Le côté droit de son visage n'existait plus, révélant seulement une fine couche de muscle et d'os déchirés. Le globe oculaire qui avait roulé aux pieds d'Izar durant la Troisième Tâche n'avait manifestement pas été récupéré, dévoilant son orbite vide qui montrait beaucoup plus d'Avery que ce qu'il aurait aimé voir. Vu qu'il n'avait plus de joue, le jeune sorcier pouvait distinguer le muscle rose de sa mâchoire et les innombrables dents manquantes. C'était une vision qui retournait l'estomac mais il en éprouva également du plaisir.
"Ça te va bien," murmura Izar, en croisant l'œil gauche d'Avery qui le regarda avec fureur. Oui, l'homme était plus qu'en colère.
"Bâtard," cracha-t-il, sa voix sonnant tout aussi meurtrie que son visage.
Voldemort siffla, assis paresseusement sur son trône. Sa posture était peut-être décontractée, suggérant l'indifférence, mais Izar savait en réalité qu'il était ivre d'enthousiasme. Le Seigneur des Ténèbres prévoyait quelque chose et il ne pouvait que supposer ce que c'était. "Allons, Avery, le garçon n'est pas celui qui ignorait mes ordres." Ses yeux rouges se posèrent sur Izar. "Je te donne le choix de rétrograder Avery au Troisième Cercle ou... de le tuer. Choisis judicieusement."
"Mon Seigneur !" s'écria Avery qui s'effondra à genoux. "Je ne faisais que m'amuser avec le garçon. C'est tout ! Je n'irais jamais à l'encontre de vos ordres pour quelque chose d'aussi insignifiant."
Izar sourit avec mépris derrière son masque. C'était une pathétique tentative de sauver sa peau et que Voldemort serait loin d'apprécier…
"D'aussi insignifiant ?" répéta-t-il calmement. "Tu as presque réussi à tuer l'héritier politique de Tom Jedusor, Avery. C'est suffisamment important." Le Seigneur des Ténèbres redirigea son attention sur Izar, toute trace de sarcasme envolée. "Choisis."
Il y avait une raison pour laquelle Voldemort lui donnait ce choix. Peut-être était-ce par engagement, par volonté de lui offrir... un cadeau que seul un Seigneur des Ténèbres serait capable d'apporter à son amant. Cela pourrait aussi être pour le tester. L'homme avait déjà déclaré qu'il possédait un sens de la morale trop élevé au sujet de la guerre, de la vie en général. Voldemort pensait que cette décision affecterait ses valeurs éthiques.
Mais ce ne serait pas le cas. Le choix était facile. Izar ressentait suffisamment de rancœur envers Avery pour l'avoir agressé et pour tout ce qui en avait découlé. Il pensait aussi que ce dernier deviendrait amer et déloyal s'il était placé dans le Troisième Cercle.
Izar leva le menton, ses yeux gris-vert rencontrant ceux pourpres. "Tuez-le, mon Seigneur."
"Tom," haleta Avery. "Je te suis fidèle depuis nos jours à Poudlard. Qu'est-ce que le garçon possède que je n'ai pas ?"
"Un visage certainement," souffla froidement celui-ci à voix basse. Il était stupéfait qu'Avery ait le culot de tutoyer et d'appeler le Seigneur des Ténèbres par son prénom moldu, dans la salle du trône.
Voldemort semblait tout aussi mécontent, mais ne laissa transparaître que de l'insensibilité. "Tu as été à mes côtés pendant un certain temps, et pour cela, je vais t'accorder un acte de pitié." Un immense soulagement envahit le Mangemort à ses pieds. "Un duel à mort entre toi et Izar Black. Je vous laisse tous deux trois minutes. Read, si tu sors vainqueur dans le temps imparti, tu pourras continuer à vivre en tant que Mangemort du Troisième Cercle. Si vous tenez tous les deux debout à la fin des trois minutes, je rétrograderai M. Black au rang de son père et je te tuerai moi-même. Est-ce clair ?" formula Voldemort, ennuyé, ses doigts pressés contre sa joue.
Les lèvres d'Izar s'amincirent et ses paupières se fermèrent brièvement à l'entente du marché. L'homme présentait cela comme une manière de s'amuser et peut-être pour montrer à son Premier Cercle qu'il y avait des conséquences si les ordres n'étaient pas respectés.
Read Avery se leva brusquement, ses mouvements nullement ralentis par la perte de son œil. "Oui, mon Seigneur, très clair."
Izar se décala pour faire face à l'homme empressé et désespéré. N'était-ce pas évident pour Avery que Voldemort jouait encore avec lui ? C'était comme si l'on faisait pendre un morceau de poulet subtilement parfumé devant une personne affamée avant de le lui retirer. Izar avait très peu envie de servir de marionnette pour le simple divertissement de Voldemort, surtout quand ils savaient tous deux que ce n'était pas un défi.
Le point positif était qu'il aurait sa revanche. Son expérience avec les Détraqueurs avait brisé son esprit en une multitude de fragments. C'était à cause de cet homme qu'Izar avait été forcé de revivre ses jours à l'orphelinat alors qu'ils avaient été soigneusement enterrés.
Un sablier transparent brillait au dessus de Voldemort, le sable s'égrainant déjà.
Avery grogna agressivement, prit une position d'attaque et lança le Sortilège de la Mort sur Izar.
C'était la première fois qu'il participait à un duel depuis qu'il était devenu une créature immortelle, et ceci allait l'avantager. Izar put voir le maléfice vert fuser vers lui avec une clarté et une lenteur qui n'avaient jamais été là auparavant. S'assurant que ses mouvements étaient suffisamment lents pour qu'ils passent pour ceux d'un être humain, Izar pivota sur lui-même et esquiva le sortilège qui frappa le mur derrière lui. Il s'accroupit rapidement pour éviter un autre sort qui se dirigeait directement entre ses yeux.
Il se pencha en avant, appuyant le bout de ses doigts contre le sol. Il pouvait voir avec précision l'aura d'Avery, la sentir, la goûter. Sa sensibilité à la magie semblait refaire surface plus souvent, ou peut-être était-ce juste au moment où l'adrénaline inondait son corps.
"Sors ta baguette, putain !" fulmina Avery. La magie autour de lui indiquait qu'il se sentait humilié.
Izar sourit faiblement derrière son masque et lui assena un regard moqueur, tandis qu'il s'éloignait d'un autre sortilège mortel. Il se souvint de l'homme l'année dernière, lors de la Troisième Tâche, quand il lui avait dit à quel point il était pathétique, que le favoritisme du Seigneur des Ténèbres était injustifié... gaspillé. Mais qui était pathétique maintenant ? Avery n'arrivait même pas à toucher directement Izar, qui n'avait même pas encore dégainé sa baguette.
"Fais-la moi sortir," dit-il avec provocation. De toute façon, si les trois minutes étaient écoulées et qu'ils étaient encore en vie, Avery allait mourir de la main de Voldemort.
Avery poussa un cri de frustration alors qu'Izar se mettait à genoux pour éviter un autre maléfice qui explosa le béton juste à côté de lui. Finalement, l'homme sembla comprendre que les sortilèges directs ne marcheraient pas et décida de recourir au Feudeymon... un sort qui couvrait une bonne distance et qui obligerait son adversaire à réagir.
Sortant rapidement sa baguette, Izar analysa rapidement la situation, sachant que Feudeymon était de la magie noire et ne serait pas facilement déjouer avec un simple Aguamenti. Aqua Eructo fonctionnerait mieux, mais Izar voulait essayer quelque chose d'un peu plus risqué et qui le stimulerait, maintenant qu'il avait sa magico-sensibilité.
Se concentrant sur les flammes ardentes, il rassembla sa magie et tendit la main vers l'aura peu séduisante d'Avery, puis tira. Ce dernier perdit le contrôle du Feudeymon, comme l'avait commandé Izar avec son geste.
La chaleur des flammes commença à irradier sa peau et il les guida gracieusement loin de son corps avant de les rassembler au dessus de sa tête, attendant qu'elles s'accroissent. Avery recula d'un pas, choqué, son œil écarquillé.
Izar renvoya le feu à son incantateur et celui-ci se dépêcha de tendre sa baguette pour lancer l'Aqua Eructo qui éteignit les flammes. Un nuage épais de vapeur se forma et Izar jeta un coup d'œil au sablier, remarquant qu'il lui restait moins d'une minute.
Sautant du côté gauche et vulnérable de son assaillant, Izar caressa sa baguette avec tendresse alors qu'il se concentrait sur le sort qu'il avait inventé pendant l'été. Cela empestait la magie noire, mais c'était tellement agréable.
"Animus," murmura-t-il. Sa baguette devint brûlante alors qu'une lumière dorée grossissait en son bout. "Lapis !" Le sort fondit sur Avery, qui jeta en même temps le Sortilège de la Mort. Izar l'esquiva au dernier moment, puis entendit le sablier s'arrêter et Voldemort se lever.
Le jeune Black s'accroupit au sol et regarda avec impatience et appréhension son sort foncer vers le faible bouclier que son opposant avait érigé. Le sortilège doré ressemblait à une balle et traversa avec aisance ledit bouclier, avant de frapper celui qu'il protégeait. Avery fronça les sourcils, s'étant attendu à mourir, mais adressa finalement un rictus à Izar.
"Espèce d'imbécile, tu penses pouvoir t'en sortir une deuxième fois avec tes petits sorts ?" cracha-t-il, le regard devenu dément. "Tu n'es rien d'autre qu'un..." ses mots furent coupés alors qu'il commençait à suffoquer.
Izar se leva, fier de son accomplissement. Le sort se mettait lentement à agir sur le corps d'Avery. Cela commença par ses jambes qui se durcirent, et le maintinrent immobile. Le Mangemort chercha pour sa baguette mais le maléfice, une fois qu'il se répandit dans son bras, le figea à son tour. Il ne fallut pas longtemps avant que l'homme ne se retrouve entièrement pétrifié. Ce qui restait de son visage revêtirait à tout jamais le choc pur.
"Que…?" souffla quelqu'un, ébahi.
Izar marcha jusqu'à la statue qu'il effleura du bout des doigts avant de la pousser. Avery, raide comme une planche, figé dans sa position, chuta. Dès qu'il entra en contact avec le sol, il se disloqua. Ses membres se séparèrent du reste de son corps comme une roche érodée et creuse le ferait à l'impact.
L'homme était une pierre vivante. Son sang, ses tissus mous et ses organes s'étaient solidifiés, stoppant son cœur et son cerveau. C'était l'un de ses sorts les plus meurtriers, mais l'un des plus utiles. Un contresort existait si quelqu'un arrivait à atteindre la victime à temps. Mais si elle était détruite... il n'y avait aucun moyen de la ré-assembler.
Izar leva les yeux vers le Seigneur des Ténèbres. "Est-ce tout ce que vous voulez de moi, mon Seigneur ?"
Il pouvait discerner la surprise que ressentaient les Mangemorts du Premier Cercle, alors qu'ils fixaient le corps en pièces d'Avery. Izar refusa de montrer son autosatisfaction et rencontra à la place le regard prédateur de Voldemort. "Tu peux prendre congé, Izar." Mais à en juger par son excitation évidente, le Seigneur des Ténèbres devait penser à beaucoup de choses que le jeune sorcier aurait pu faire pour l'aider.
Avant qu'Izar ne quitte la salle, il entendit le nom d'un autre membre du Premier Cercle. "Evan Rosier, avance je te prie."
Il ferma la porte derrière lui et remarqua la silhouette solitaire qui se tenait dans le couloir. "Regulus ?" questionna-t-il. Tout ce qui s'était passé précédemment devint un souvenir lointain à l'instant où il vit son père.
Le dénommé avait la tête baissée et ses cheveux épais voilaient son visage. A l'entente de sa voix, Regulus leva le menton et ses yeux gris fatigués s'illuminèrent d'une vie retrouvée. "Izar, mon fils," souffla-t-il, en s'avançant. Les membres tremblants, il serra Izar contre lui.
Izar sourit doucement et étreignit son père avec ferveur. Le revoir lui rappela son rêve de la nuit dernière, qui l'avait d'ailleurs poussé à chercher du réconfort entre les bras de Voldemort. Ce dernier n'avait rien dit à ce sujet ce matin, mais là encore, le Seigneur des Ténèbres était probablement préoccupé par le raid à venir.
Le rêve en lui-même était inhabituel et avait laissé Izar bouleversé et vide. Il savait que celui-ci avait personnifié ses peurs et ses incertitudes dues à son immortalité. Être l'une des deux seules âmes immortelles existantes, avoir seize ans pour toujours, regarder sa famille et ses camarades de classe vieillir puis mourir... cela avait eu un impact sur lui. Izar n'admettrait jamais ça à voix haute, craignant la réaction de Voldemort. Mais la nuit dernière, il soupçonnait que l'homme avait exactement su ce qu'il ressentait.
Il repoussa ses pensées. Regulus se recula, luttant pour se tenir droit. Izar enroula rapidement son bras autour de son père et soutint la majeure partie de son poids alors qu'ils remontaient lentement le couloir frais. "J'ai un Relaxeur de Muscles qui pourrait t'aider," murmura-t-il, heureux d'avoir toujours son masque de Mangemort en place.
"Tu n'as pas besoin de t'occuper de moi," admonesta Regulus. "Je suis ton père, Izar." Pourtant, même s'il avait dit ça, son corps s'appuya plus lourdement sur son fils, ce qui permit au jeune Black de mener la marche.
"Sauf que tu es incapable de transplaner chez toi sans encombre, père. Laisse-moi te préparer du thé et te procurer quelque chose pour tes nerfs et tes muscles tendus." Izar observa les murs gris, ne prenant pas la peine de lui mentionner qu'ils seraient en train de se 'reposer' dans l'aile personnelle de Voldemort. Le Seigneur des Ténèbres ne s'en soucierait pas.
"Izar," Regulus avait du mal à respirer correctement. "Qu'as-tu convenu ? Avec Lily ?"
Il fit une pause et fixa son père avec perplexité. "Je ne comprends pas. Je n'ai rien convenu du tout."
Le visage de Regulus se déforma de douleur et un tremblement secoua son corps mince. "Izar," murmura-t-il. "Lily a abandonné l'affaire. Elle a abandonné la bataille pour obtenir ta garde ce matin." Les yeux gris charbon qui se tournèrent vers lui devinrent presque noirs. "Sur quoi êtes-vous tombés d'accord ?"
Izar se crispa et détourna les yeux.
C'était impossible.
*L'auteure a remplacé le masque en nickel des Mangemorts du Troisième Cercle par un masque en charbon. Elle s'est faite la réflexion que le nickel était très semblable à l'argent (qui est déjà utilisé pour ceux du Deuxième Cercle) alors elle a fait cette petite modification !
Note de l'auteur : Il y a beaucoup de choses que j'aurais aimé faire différemment pour cette histoire... notamment la bataille pour obtenir la garde d'Izar. Vu que je poste un à un les chapitres, je ne peux retourner en arrière et modifier l'histoire comme je le voudrais. A cause de ça, je me rends compte que si je faisais la bataille pour sa garde maintenant, cela serait en toute honnêteté, une perte inutile de temps. Si je voulais l'écrire, j'aurais dû l'insérer pendant la dernière année d'Izar à Poudlard. Je sais que je vais décevoir certains lecteurs, mais je ne peux plus mettre ça dans l'intrigue.
Cependant, ce n'est pas parce que cela ne correspond plus à l'histoire que je vais laisser tomber le sujet de Lily. Ou de James d'ailleurs. Ils ont toujours une place dans l'intrigue. Ainsi que Sirius.
