Chapitre 11 – Mauvais karma, mauvaise journée
Une alarme se déclancha dans le cerveau de Riza. Le cœur emballé, elle ouvrit les yeux d'un coup.
Une main lui obturait la bouche, l'empêchant de hurler. Par pur réflexe, elle mordit violemment dans la chair, arrachant un grognement de douleur au propriétaire de la main mais sans pour autant lui faire lâcher prise.
« Bon sang Hawkeye ! C'est moi. »
Riza tourna un regard encore un peu fou vers Mustang qui était penché sur elle. De sa main libre, il mit un doigt devant sa bouche pour lui intimer le silence.
Riza cligna des yeux en assentiment.
Roy lui libéra enfin la bouche.
Riza calma son souffle et les battements de son cœur reprirent une pulsation normale.
Elle lui adressa un regard interrogatif auquel Roy répondit en chuchotant :
« J'ai entendu des voix et des bruits de pas. »
Le professionnalisme reprit immédiatement le dessus chez Riza. Elle lui demanda succinctement :
« Quelle distance ? »
« Suffisamment près pour que je comprenne qu'il ne s'agissait pas de soldats de notre camp. »
Riza le regarda enfiler ses gants marqués de cercles de transmutation, puis son regard migra jusqu'à son visage. Elle s'attarda sur les angles de ses pommettes, les légères marques d'inquiétude sur son front, son regard fixe et déterminé.
Il ne restait plus rien du jeune homme qu'elle trouvait encore insouciant il y avait… tient d'ailleurs, il y avait combien de temps ?
Elle n'avait plus aucune notion du temps. Alors qu'elle s'était plongée dans sa rêverie, elle avait dû s'endormir.
Un bref coup d'œil par la fenêtre lui indiqua que le soleil avait déjà bien entamé sa course dans le ciel et qu'il ne devait pas être bien loin du milieu d'après-midi !
Elle avisa la montre en argent de Mustang :
« Quelle heure est-il ? »
Il tourna un visage étonné vers elle :
« Nous allons très certainement être confrontés à une bande de rebelles et vous voulez savoir l'heure ? »
Riza hocha la tête :
« Ca donne bien l'heure ce truc là ?! » lui dit-elle en désignant du menton la montre à gousset.
Roy soupira.
« Effectivement, ça donne aussi l'heure. »
Il l'ouvrit d'un coup sec.
« Il est un peu plus de 15h30. »
Riza enregistra l'information. Le soleil se couchait tôt dans cette région. Il faudrait faire attention à bien l'avoir toujours dans le dos et veiller à leurs ombres sur le sol… Sans compter que la visibilité serait bientôt rendue difficile.
Elle fit mentalement l'inventaire des munitions qu'elle avait avec elle. De ce côté-là, il ne devrait pas y avoir trop de problème.
« Avez-vous pu déterminer leur nombre ?
« Je dirai environ cinq hommes. Mais ils peuvent être plus. »
Bon.
Environ cinq ishbals… autant dire peanuts…
Peut-être était-ce seulement une famille qui cherchait à se mettre à l'abri des combats par ici…En même temps, la zone étant sous contrôle de l'armée, c'était plutôt risqué.
Cinq ishbals…
Non, ça ne colle pas. Que font-ils par ici ?
Est-ce que cela valait la peine de courir le risque d'aller à leur poursuite ?
C'était faisable, mais il serait sans doute plus judicieux d'aller quérir du renfort. Ils n'étaient pas très loin du camp.
Il leur faudrait moins d'une heure pour faire l'aller retour. Mais une heure était aussi largement suffisante pour permettre à ces rebelles de faire'on ne sait quoi' et disparaître…
A ce stade de sa réflexion, Riza se tourna vers Mustang. C'était lui l'officier supérieur, c'était à lui de décider de la suite à donner.
« Que voulez-vous faire ? »
Roy semblait lui-même réfléchir au problème et peser le pour et le contre. Ses idées avaient suivi le même chemin car il lui répondit :
« Nous devons au moins découvrir ce qu'ils font ici dans cette zone qui est sensée être sous contrôle. Si nous repartons chercher du renfort au campement, ils risquent de se volatiliser.
« Ok. Vous avez un plan ?
« Nous ne sommes que deux. Il n'y a pas trente-six solutions. Moi je vais les débusquer, vous, vous couvrez mes arrières. »
Riza arma son fusil.
« Je vous suis, Major. »
Ils s'approchèrent de l'entrée de la maison et jetèrent un coup d'œil pour s'assurer que les rues étaient désertes.
Puis l'un derrière l'autre, ils sortirent et longèrent les murs, tous leurs sens aux aguets, écoutant le moindre son, surveillant le moindre mouvement.
Soudain Roy se stoppa et tendit son bras pour retenir la progression de Riza.
Il lui fit des signes de ses mains pour lui intimer le silence et lui indiquer une direction.
Ils lui parla en formant silencieusement les mots : « Ils sont là. Six hommes armés. »
Riza s'approcha de lui pour se rendre compte par elle-même.
Six hommes se tenaient en effet au milieu d'un petit campement improvisé dans une baraque qui n'avait plus de toit et dont les murs étaient pour la plupart éboulés.
Des caisses étaient disposées un peu partout, certaines servant de table ou de chaises.
Ils discutaient tranquillement sans montrer de signes d'appréhension. Visiblement, ils ne s'attendaient pas à tomber nez à nez avec des soldats.
Roy lui murmura à l'oreille.
« Ils ne sont pas sur leurs gardes. Approchons-nous. »
Riza aurait voulu le dissuader de faire quelque chose d'aussi dangereux, mais Roy s'était déjà élancé.
Elle n'eut d'autre choix que de le suivre.
Accroupis sous les restes d'une fenêtre, ils écoutèrent un moment la discussion :
« Nous allons enfin faire savoir à ces arrogants de Central de quoi le peuple ishbal est capable.
« Ouais, on va leur porter un coup fatal. Ils verront s'ils viendront encore se frotter à nous quand ils n'auront plus de tête. Ca risque de les déstabiliser un moment.
« Deux jours encore à attendre. Deux petits jours. »
Une autre voix où l'inquiétude perçait se fit entendre :
« Hey Juani, fait gaffe avec ça ! »
« Tant fait pas, j'ai l'habitude. »
La discussion partit ensuite sur des thèmes beaucoup plus basiques.
Roy se tourna alors vers Riza et lui murmura en lui désignant du menton une baraque un peu plus loin.
« J'en ai assez entendu. Replions-nous. »
Dans le campement des rebelles, l'un des hommes fit signe aux autres de se taire et se leva pour inspecter les alentours du regard.
« Qu'est-ce qui t'arrives, Bono ?
« J'ai cru entendre du bruit. Je n'aime pas trop ça.
« Bah, tu es juste un peu nerveux, c'est normal.
« Ouais sans doute. »
Une fois à l'abri, Riza demanda :
« De quoi parlent-ils ? »
« C'est une information confidentielle.
« Tellement confidentielle qu'ils sont au courant ?!
« Oui, c'est étrange.
« De quoi s'agit-il ?
« De la visite du Généralissime et de ses généraux ici à Ishbal. Il vient inspecter par lui-même la situation sur place et vérifier l'efficacité des alchimistes au combat. C'est la première fois qu'ils pourront juger sur pièce de notre pouvoir de destruction et de mort en temps de guerre. C'est une occasion à ne pas rater pour eux.
« Ces hommes seraient donc en train de préparer un attentat.
« On dirait bien. Mais que peuvent six hommes contre toute l'élite de l'armée d'Amestris ?
« Beaucoup de dégâts. Croyez-moi. Je suis depuis suffisamment longtemps ici pour l'avoir appris. Le problème de l'armée a toujours été de sous-estimer les ishbals. Le résultat en est que cela fait des années que les combats s'enlisent. »
Riza laissa le temps à Roy de réfléchir à la question, avant de lui demander :
« Que faisons-nous ? Toujours partant pour intervenir dès maintenant sans chercher de renfort ?
« Vous êtes réputé pour être le meilleur tireur, et moi je ne suis pas mal dans ma partie non plus. Par-dessus tout, ils ne nous attendent pas. »
Roy marqua une pause avant de reprendre :
« On tente le coup. »
Riza regarda par une ouverture les environs avant de revenir vers lui :
« J'ai repéré un bâtiment qui surplombe leur campement. Laissez moi le temps d'y prendre place et je couvrirai vos arrières. »
« Comment saurai-je que vous y êtes ? »
Riza réfléchit un instant à la question :
« Donnez moi votre montre.
« Ma montre ?
« Oui, elle est en argent, elle réfléchira la lumière. Je vous ferai un signal lorsque je serai prêt.
« Bonne idée. »
Roy défit sa montre et la tendit à Riza.
« Faites-y attention. J'y tiens.
« Vous en faites pas. J'en prendrai soin, comme à la prunelle de mes yeux. Je ne voudrais pas que vous m'en vouliez à mort juste parce que je l'aurai perdue ou abîmée. »
Riza prit son fusil dont elle passa la sangle à l'épaule, et avec un dernier regard vers Roy s'élança dos courbé dans les rues.
Tout en s'assurant qu'il n'était pas repéré, Roy suivit la progression du tireur jusqu'à l'entrée du petit immeuble puis le perdit de vue lorsqu'il s'engouffra à l'intérieur.
Il lui sembla attendre une éternité avant qu'il ne repère le signal lumineux. Hawkeye était en place. C'était à lui d'entrer en jeu à présent.
Il attendit encore quelques minutes pour laisser le temps à Riza de prendre ses marques.
Il prit une grande inspiration et ajusta une nouvelle fois ses gants. Puis il s'approcha du campement des rebelles le plus discrètement possible.
Dos au mur, il s'apprêtait à faire « feu ».
Riza avait pris position sur la toiture du bâtiment qu'elle avait repéré. Un genou à terre, fusil épaulé, elle observait les hommes qui n'avaient pas encore conscience du piège qui se refermait sur eux.
L'œil collé à son viseur, elle passa de l'un à l'autre. Quelque chose clochait… Elle repassa à nouveau chacun des rebelles au viseur… Cinq hommes ! Où était passé le sixième ?
Un brin paniquée, Riza vit Roy se déplacer le long du mur prêt à intervenir. Elle n'avait aucun moyen de le prévenir. Elle se remit frénétiquement à la recherche de l'homme manquant.
Se tenait-il dans un angle caché à sa vue ou bien était-il sorti ?
Sa tension monta encore d'un cran lorsque son regard tomba sur la caisse que tenait l'un des rebelles devant lui.
Des explosifs !!!
Il lui revint immédiatement à l'esprit que l'alchimie pratiquée par Mustang était en relation avec le feu !
Comment n'avaient-ils pas repéré ce détail important, pour ne pas dire vital ?
Ils avaient été trop sûrs d'eux et pressés d'agir. Et voila le résultat.
Si jamais il…
Un bruit dans son dos la fit se retourner vivement…
La sueur coulait sur les tempes de Roy. Il lui fallait neutraliser ces hommes avant qu'ils ne puissent réagir.
Au moins, avait-il pour lui l'effet de surprise. Encore fallait-il agir rapidement pour ne pas perdre son avantage.
Il refit ses calculs mentalement pour doser suffisamment son attaque pour mettre hors service les rebelles sans pour autant les tuer.
Il comptait bien pouvoir les capturer pour en apprendre d'avantage.
Trop tard, l'homme, le sixième, était déjà sur elle.
Riza réfléchit à cent à l'heure. Malgré la présence de cet homme devant elle, tout était calme dans le campement, il y avait donc encore une bonne chance pour que l'alerte n'ait pas été donnée.
Mais si elle usait de son arme, le coup de feu ne manquerait pas d'attirer l'attention des autres et mettrait la vie de Mustang en danger.
Ne lui restait plus qu'à lutter comme elle pourrait contre cet homme qui faisait bien une tête de plus qu'elle et qui brandissait un long couteau cranté.
Alors qu'il se jetait sur elle, Riza bascula sur le dos et roula sur le côté pour lui échapper.
L'homme qui ne s'y attendait pas, tomba lourdement sur le sol en grognant. Elle ne put malgré tout totalement éviter le coup et la lame entailla son bras.
Avec une grimace de douleur, elle reprit son équilibre et se tint accroupie prête à bondir pour anticiper la prochaine attaque.
Alors que l'ishbal essayait de se redresser à genoux, d'un bond félin elle se propulsa en avant et lui asséna un violent coup de pied dans les côtes, le faisant lâcher son arme.
Elle esquissa un geste pour s'en saisir, mais il fut plus prompt qu'elle et le ramassa avant qu'elle n'ait pu l'atteindre.
A présent ils se tenaient l'un face à l'autre, l'ishbal agitant son couteau de droite à gauche en faisant jouer la lumière sur la lame, pour lui faire peur… et Riza devait bien avouer que ça marchait plutôt bien.
D'un rapide mouvement circulaire, il voulut en porter un coup à la poitrine de Riza… Elle recula en arrière pour éviter le coup, mais la lame la frôla tranchant son uniforme et le son métallique qui se fit alors entendre les surprit tous les deux.
Riza se ressaisit la première et de son bras gauche bloqua le bras droit de son assaillant tout en lui assénant un coup de genoux dans les testicules.
L'effet fut immédiat. Le couteau tomba alors que l'homme se tordait de douleur à terre.
Riza aurait voulu profiter de ce maigre répit pour reprendre son souffle mais son regard fouillait déjà le sol pour y chercher l'arme.
Elle l'aperçut un peu plus loin derrière elle. Elle s'y traîna difficilement et se pencha pour le prendre lorsque deux bras la saisirent par derrière et la soulevèrent dans les airs.
La force de l'attaque et l'élan les entraîna tous deux dans une chute. Ils roulèrent sur le sol, Riza se cramponnant de toutes ses forces au couteau.
Ne pouvant plus bouger les bras, elle donna de violents coups de talon. Enfin l'étau se desserra et elle put se libérer.
Elle s'écarta le plus vite possible.
Essoufflée, le cœur affolé, elle faisait face à présent à l'homme qui s'était redressé et lui souriait d'un rictus diabolique.
« T'es un homme mort. »
Riza déglutit alors qu'il faisait un pas dans sa direction. Tant bien que mal, elle essaya de calmer les tremblements de sa main qui tenait toujours le couteau.
Comment allait-elle pouvoir s'en sortir ? Il était encore plus grand que ce qu'elle croyait. Cet homme était un vrai taureau ! Le couteau lui semblait bien dérisoire dans sa petite main. Elle était épuisée alors que lui, malgré tous les coups qu'elle lui avait donnés, n'accusait aucun signe de faiblesse.
Jamais elle ne pourrait faire le poids.
Riza fit un pas en arrière en jetant un coup d'œil par-dessus son épaule. Elle n'était plus qu'à un mètre du rebord du toit.
Si elle reculait encore, elle finirait écrasée en bas. Elle regarda avec envie son fusil… mais l'utiliser donnerait l'alerte et signerait probablement l'arrêt de mort de Mustang.
Il fallait qu'elle se batte, coûte que coûte. Rassemblant tout son courage et sa volonté, elle s'élança à son tour sur l'homme, au moment même où une formidable explosion se produisait…
Roy s'approcha un peu plus de l'ouverture, prit une nouvelle inspiration et rassembla son courage. Avec un dernier coup d'œil vers l'endroit qu'il supposait être celui où se tenait Riza, il plaça ses doigts en position et fit un pas dans l'ouverture…
Les hommes tournèrent leurs regards étonnés vers Roy lorsqu'il s'immisça dans l'entrée de leur repère.
A la surprise suivit une grande confusion, chacun se précipitant vers son arme.
Mais Roy ne leur laissa pas le temps de s'en saisir, il claqua des doigts et des flammes envahirent le campement, passant d'un rebelle à l'autre telles des feux follets, les faisant se tordre de douleur sur le sol.
Finalement, ça aura été plus simple que je ne l'avais imaginé, pensa Roy avant d'être projeté en l'air et de retomber plusieurs mètres plus loin, complètement sonné.
L'explosion prit au dépourvu le rebelle qui détourna instinctivement son attention de Riza pour regarder avec ahurissement la fumée et les flammes s'élever dans le ciel.
Riza vit là son unique chance de s'en sortir.
Elle s'élança vers son fusil, l'arma et tira.
Le silence envahit l'espace après cette ultime détonation.
L'homme porta une main à son front puis incrédule regarda ses doigts pour y découvrir du sang.
Il releva une dernière fois son visage vers Riza, une expression déconcertée affichée sur son visage, puis lentement s'affala sur le sol.
La balle l'avait atteint en plein front.
N'en croyant pas encore ses yeux, Riza se remit péniblement sur ses jambes et s'approcha du cadavre pour le retourner et s'assurer qu'il était bien mort.
Plus aucun signe de respiration ne soulevait la poitrine. Ses yeux grands ouverts affichaient encore la surprise. Le sang coulait abondamment du trou à son front et des bulles sanglantes fleurissaient à l'encoignure de sa bouche.
Riza poussa un soupir de soulagement.
C'était enfin fini. Ses pensées revinrent à Mustang.
Elle se traîna jusqu'au bord du toit pour regarder la scène en contrebas.
Elle adressa une prière pour qu'il soit sain et sauf et chercha à travers à la fumée jusqu'à ce qu'elle l'aperçoive enfin…
Roy commença à se relever à quatre pattes, crachant et essayant de reprendre son souffle. Sa poitrine le faisait incroyablement souffrir, sans parler de son cerveau et de ses oreilles qui bourdonnaient.
Il secoua sa tête pour essayer de reprendre ses esprits et comprendre ce qui avait bien pu se passer.
Il ne lui était même pas venu à l'esprit que préparant un attentat, ils pouvaient stocker des explosifs et pourtant, c'est sans doute de cela qu'ils parlaient tout à l'heure quand le type avait demandé de « faire gaffe avec ça »…
« Merde »
Il reprenait appui sur sa jambe lorsqu'il sentit un coup le frapper à l'estomac et l'envoyer valser une nouvelle fois au sol.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, un rebelle, ou plutôt ce qu'il en restait, s'approchait de lui. La peau cloquée de son visage à moitié brûlé dégoulinait de sa joue entraînant avec elle un œil d'un blanc laiteux, offrant un spectacle d'horreur indescriptible, figeant Roy d'effroi sur place.
La bouche tordue hurla : « Espèce d'enfoiré d'alchimiste, crevure ! Je vais te faire la peau. »
L'homme se précipitait sur Roy, ses bras cramés tendus en avant.
Un coup de feu résonna et arracha un morceau de son oreille dans une gerbe de sang.
Riza vit l'homme s'attaquer à Roy alors qu'il était encore au sol.
Elle réarma son fusil, et tout en cherchant à calmer sa respiration, prit position.
Elle vida son esprit pour ne se concentrer que sur l'homme qu'elle devait abattre avant qu'il ne soit trop tard.
Elle visa et fit feu.
Malgré son oreille arrachée, l'homme ne cilla pas et se jeta sur Mustang, se servant à présent de lui comme d'un bouclier en le tenant d'un bras à la taille, de l'autre pressant un couteau sur sa carotide.
La poigne de l'homme, rendu fou par la colère et l'esprit de vengeance, était trop puissante. Plus Roy se débattait, plus il sentait la lame lui entailler la peau, faisant perler le sang.
Et il était trop proche de son assaillant pour utiliser son alchimie.
Au moins il pouvait se rassurer quand à la survie de Riza. C'était sûrement lui qui avait feu. Il était donc en vie.
Sa propre vie ne dépendait donc plus que du jeune tireur.
Roy se prit à prier pour que sa réputation ne soit pas surfaite et qu'il soit réellement très bon.
Il cessa de se débattre et se tourna comme il put vers l'endroit où se tenait Riza, cherchant à lui adresser un message du regard.
Riza arma de nouveau son fusil.
Elle vit Mustang qui cessait de se débattre et tenter de se tourner vers elle. Le regard rivé droit sur le sien.
« Ok, Roy. »
Riza visa une nouvelle fois. Bloqua sa respiration et fit feu.
Roy sentit la brûlure à l'endroit où la balle le frôla avant de se ficher dans la gorge du rebelle qui le relâcha et tomba à la renverse dans un dernier râle. Un gargouillis échappa de ses lèvres avant qu'il ne rende l'âme.
Roy se laissa tomber au sol en se tenant le cou, toussant et crachant, et s'écarta aussi vite qu'il put du corps.
Il bascula sur le dos en cherchant à retrouver son souffle.
C'est ainsi que Riza le retrouva quelques minutes plus tard.
