Bonjour à toutes!

Cocochon, Piitchoun, blupou, Nathea, Dame-heron, Zeugma, noumea, Aurelie Malfoy, chizuru300 et Prismiria, comme toujours, j'ai pris grand plaisir à lire vos réactions et votre fidélité me touche toujours autant.

Merci également à la grande Lasiurys qui corrige toujours mes chapitres en un temps record.

Quant à Hermione, Ron, Severus et Lucius, ils appartiennent évidemment à JKR. (J'ai oublié de le préciser dans les chapitres précédents, mea culpa.)

Bonne lecture!


Ni feu son oncle, qui, au crépuscule de sa vie, marmonnait constamment des reproches dans sa barbe, ni les vieux donateurs de Chelsfield qui houspillaient régulièrement quelques novices maladroites avec leur éternel regard concupiscent, n'avaient jamais atteint ce degré de brûlante fureur qui émanait en cette minute de Lord Snape : une veine palpitante s'était dessinée sur sa peau d'albâtre, sa mâchoire était serrée à l'extrême, devenant presque violacée, et une rage liquide noyait ses yeux, qui, si cela était encore possible, s'étaient assombris jusqu'à devenir plus noir que du charbon.

Idiote, idiote, idiote, martelait une petite voix dans sa tête. Tu ne pouvais pas simplement lire un poème de Lord Byron* ou de Coleridge* ? Tu ne pouvais pas te refréner, juste une fois ?

« Comment se fait-il que le journal de ma … sœur – il prononça le mot du bout des lèvres mais son impétuosité n'en demeurait pas moins palpable – soit entre vos mains ? » éructa-t-il, le visage tendu.

« Je … je suis réellement navrée, Monsieur », murmura Hermione en faisant un immense effort pour garder la tête droite, ses yeux ambrés voilés par l'anxiété rappelant ceux d'une biche prise au piège.

Elle se passa furtivement la main sur ses joues humides et se demanda si, finalement, il n'aurait pas été moins humiliant qu'elle soit découverte avec un ouvrage obscène en sa possession.

Était-ce l'ombre d'un rictus qui vint fleurir sur ses lèvres minces ? De toute évidence, Lord Snape semblait tirer un certain plaisir de son embarras, et il ne fit rien pour alléger son inconfort, prolongeant le silence jusqu'à ce qu'il se fasse insoutenable.

« Lorsque vous m'avez prévenu pour Georgiana » reprit-il d'une voix hostile, « j'ai cru un instant que vous étiez quelqu'un de sensé derrière vos manières un peu ... téméraires »compléta-t-il avec une moue de mépris. « Je vous ai presque estimée pour cela » articula-t-il, impassible, « alors qu'en vérité, vous n'êtes qu'une insupportable fouineuse pour qui la notion de décence est totalement étrangère. »

Hermione avait baissé les yeux, et n'ayant rien à dire pour sa défense, elle se contenta de mordre l'intérieur de sa lèvre jusqu'à ce que la saveur âcre du sang se répande dans sa bouche.

« Ne vous avisez jamais de dire ne serait-ce qu'un seul mot de ce que vous avez lu », conclut-il d'un ton aussi glacial qu'une lame d'acier.

« Bien sûr » s'empressa de répondre Hermione. « Je ne dirai rien, vous avez ma parole. »

« Votre parole ? » répéta-t-il, sarcastique. « Vous êtes décidément d'une naïveté et d'une effronterie sans bornes ! » Il la fixa durement, les narines frémissantes. « Votre parole ne vaut rien à mes yeux. » Il eut un autre silence orageux. « Contentez-vous de tenir votre place... et de vous taire » ajouta-t-il, menaçant.

Les jambes tremblantes, Hermione acquiesça précipitamment, plongeant en une profonde révérence alors qu'il s'apprêtait à quitter la pièce. Elle essuyait ses mains moites sur sa modeste robe de coton grise quand il s'arrêta une fraction de seconde, et, la dévisageant avec une morgue infinie, déclara sombrement :

« Ma sœur est décédée de la fièvre jaune douze jours après que j'aie commis mon premier meurtre. » Il eut une brève inspiration : « Votre insatiable curiosité est-elle satisfaite maintenant ? »

Le visage blafard, il tourna les talons sans même lui adresser un regard, laissant une jeune femme défaite, les yeux brillants de honte et de larmes refoulées.

Ce n'était pas un meurtre... oh, non. C'était une preuve d'amour.


Le lendemain, l'office dominical fut une véritable torture. Chaque mot du sermon semblait lui être destiné, les chuchotements indisciplinés de Becky et de Peter, assis derrière elle, ne pouvaient avoir d'autre objet que son inconduite, et, par-dessus tout, Hermione eut la nette impression que Lord Snape, alors qu'il remontait la nef, donnant le bras à son épouse endimanchée, l'avait gratifiée d'un regard prodigieusement venimeux.

Miss Olivan étant réclamée de tout côté pour veiller à la préparation du grand bal – cette débauche de mets raffinés et de parures rutilantes était annoncée pour le samedi suivant – Hermione se trouva particulièrement délaissée, et, dans une maigre tentative de rachat, redoubla d'attentions auprès de Georgiana.

D'autre part, Lady Snape avait formellement ordonné à Monsieur Christopher et Miss Catherine de se tenir à l'écart de leur sœur, tant et si bien que cette dernière aurait été condamnée à une profonde solitude sans la présence bienveillante de la gouvernante, qui, lisant à haute voix quelques légendes antiques, tentait d'égayer son quotidien.

Les journées semblaient infiniment mornes, uniquement rythmées que par les visites du médecin et les bougies que, chaque jour, l'on allumait un peu plus tôt. Avec une précision diabolique, le docteur Walton se faisait annoncer sur les coups de onze heures, et après avoir promené ses longs favoris et sa canne incrustée de nacre dans les multiples recoins de la demeure, il s'engouffrait en sifflotant dans la chambre de l'enfant.

S'il était encore trop tôt pour la déclarer guérie, il se plaisait à rappeler constamment que les accès de fièvre ayant diminué grâce à ses décoctions de thym, sa rémission ne serait en rien l'œuvre d'un miracle divin mais bien le fruit de sa science. Il abreuvait Hermione de théories diverses tout en la jaugeant d'un œil supérieur, et quand bien même son auditoire se résumait à une seule personne, il s'exprimait avec cette emphase que confère la vanité.

Ce manège durait depuis trois jours quand, brusquement, il délaissa son ton professoral et s'enquit d'une voix piquée de jalousie :

« Comment avez-vous su que l'état de Mademoiselle Georgiana nécessitait la plus grande attention ? »

Son assistante de fortune, réprimant un soupir exaspéré alors qu'il se préparait pour une énième saignée, répondit sobrement :

« Il y a cinq ans, une de mes camarades au pensionnat de Chelsfield est décédée des suites de cette maladie. » Elle rafraîchit délicatement le front de Georgiana avec un linge humide. « Je n'ai jamais pu oublier l'allure funeste de ces boutons. »

Le médecin hocha la tête, indifférent à sa voix qui s'était voilée de mélancolie. « Ah, je comprends mieux. » Il jeta un coup d'œil hautain à la jeune femme. « J'étais étonné qu'une fille de votre condition en sache autant sur ce noble art qu'est la médecine. »

Hermione, qui jusque-là s'en était tenue à une froide courtoisie, se sentit bouillir devant tant de condescendance – venant de Lord ou Lady Snape, elle n'avait d'autre choix que de l'accepter en silence, mais qu'un médecin de campagne, qu'un individu boursouflé d'orgueil et totalement incompétent se permette un tel jugement hâtif sur sa personne l'irritait au plus haut point.

« Je ne sais peut-être pas grand-chose » répliqua-t-elle, glaciale, « mais vous serez surpris d'apprendre que même une petite orpheline sans fortune est capable de lire – et voyez-vous, j'ai suffisamment lu pour savoir que ces saignées que vous pratiquez avec tant d'assiduité sont complètement démodées, néfastes qui plus est, et relèvent de l'absurdité la plus totale ! »

De nature introvertie, elle avait laissé derrière elle le souvenir d'une enfant sage, et plus tard, celui d'une jeune fille qui s'était distinguée par son intelligence et sa vertu ; mais à présent, pour la première fois, Hermione s'abandonna à ses émotions, à cette colère qui grondait sourdement, à cette certitude qu'elle n'était pas qu'une moins que rien – et il lui sembla que ce souffle de confiance et d'audace lui brûlant la poitrine était la chose la plus enivrante qui lui ait jamais été donnée d'éprouver.

Les joues rosies, elle se leva et gagna la porte avec assurance.

« Vous devriez lire Molière, vous qui êtes si savant !* », ajouta-t-elle avec un sourire éblouissant avant de quitter la pièce.

Et elle s'élança dans le couloir avec l'irrépressible envie de jouer un air de Mozart, quelque chose, peu importe quoi, de léger et de joyeux qui ne viendrait pas contredire son allégresse.


Avec une lenteur qui lui sembla décuplée par le temps maussade, le samedi tant attendu finit par arriver, amenant avec lui une impatience teintée d'amertume. Évidemment, il n'était pas question de danser, ni même de converser, de boire ou de manger en compagnie des invités: si ce n'était la présence de Monsieur Christopher et de Miss Catherine qui devaient nécessairement être accompagnés par leur gouvernante – Mademoiselle Snape étant toujours cloîtrée à l'étage, sa jeune sœur s'était empressée de réclamer la place vacante – Hermione n'aurait pas eu la moindre chance d'assister à un tel événement.

Avec un soupir résigné, elle se regarda une dernière fois dans le miroir, scrutant le moindre détail elle ne serait jamais une grande beauté – elle ne se leurrait pas sur ce point : elle n'avait ni la finesse et le teint de porcelaine de Mademoiselle de Fontdouce, ni cette gorge palpitante et le port altier de Lady Snape. Ses traits étaient réguliers, certes, mais hormis ses grands yeux caramel ourlés d'une épaisse rangée de cils, son visage n'avait rien de notable.

Cependant, avec sa robe café au lait – celle qui, retombant en de longs plis dans son dos, était délicatement resserrée sous la poitrine par un bandeau de fleurs dorées – avec ce collier de perles offert par sa tante qu'elle réservait pour les grandes occasions et l'alliance de sa mère qu'elle avait glissé à sa main droite, elle se sentait étonnement jolie.
Bien sûr, elle n'avait pas de peigne en ivoire ni de châle rebrodé d'argent, et ses manches, à la hauteur du poignet, n'étaient ornées que d'un mince liseré de dentelle ; néanmoins, ses cheveux ainsi libérés de leur austère chignon cascadaient sur ses épaules, lui conférant un air tendre et mystérieux qui rappelait les madones de Botticelli*.

Ses pas la conduisirent naturellement au rez-de-chaussée où se pressait déjà une foule d'invités : les salons d'apparat grouillaient de robes vaporeuses en mousseline des Indes et de queues-de-pie* qui déclinaient toutes les nuances imaginables du bleu, du carmin, du vert ou du noir.

Avec une rapidité stupéfiante, les domestiques déambulaient entre les soieries et les dorures afin de débarrasser ces messieurs de leur haut-de-forme et de leur canne, tandis que ces dames bavardaient par petits groupes, tenant avec délicatesse une coupe de vin, et faisant miroiter, sous les multiples chandeliers, les camées* qui ornaient leur décolleté ou les perles qui agrémentaient leur chevelure. Il y avait là une floraison d'élégantes de tout âge et de toute nationalité ; certaines avaient le front ceint d'un médaillon emprisonné entre deux rangées de perles, d'autres avaient glissé une aigrette d'améthystes ou de grenats dans leur chignon ; un peu plus loin, on pouvait voir une princesse russe coiffée d'un diadème dans le style kokochnik* assise à une table de backgammon* (ou peut-être était-ce un jeu de trictrac ? Hermione n'aurait su le dire) à côté de laquelle soupirait une jeune femme, vraisemblablement issue de la noblesse prussienne qui agitait d'un air las son éventail en corne blonde.

Tout ce beau monde, résidant habituellement entre Londres et Bath*, avait ainsi fait le fastidieux déplacement jusqu'à Ashton Court, en dépit des routes boueuses et parfois mal famées, et Hermione fut émerveillée par l'aura et l'influence des époux Snape qui réussissaient ainsi à s'entourer de la crème de la haute société.

Elle s'approcha de Miss Catherine et de Monsieur Christopher qui attendaient sagement dans un coin du vestibule, et leur rappela, souriante mais ferme, ce qui était attendu d'eux. Comme à son habitude, l'aîné de la fratrie acquiesça respectueusement, et, une fois n'était pas coutume, sa jeune sœur (qui fêterait d'ailleurs ses onze ans le surlendemain) demeura silencieuse, tant et si bien que Hermione remercia intérieurement Lord Malfoy et la vicomtesse de Rochechouart – leur arrivée avait médusé la totalité du salon – qui lui épargnaient ainsi quelques protestations véhémentes.

Mademoiselle de Fontdouce avait revêtu une robe à l'antique d'un blanc virginal, doublée d'un voile de coton quasiment transparent qui laissait nu ses bras laiteux : ce n'était pas sans évoquer ces Merveilleuses* du Directoire et c'était indubitablement français en plus d'être totalement démodé. En somme, c'était une délicieuse provocation, mais c'était porté avec tant de charme et de raffinement que personne ne songea à lui en faire outrage.

À ses côtés se tenait le comte de Pembroke, qui, abandonnant son frac* bleu marine à un domestique – un des rares qui semblaient avoir retrouvé ses esprits – entreprit de fendre la foule avec un sourire goguenard, offrant fièrement son bras à sa splendide amie.
Les conversations reprirent progressivement, et entre le bruissement des étoffes et le bruit des souliers de cuir glissant sur le parquet verni, l'on pouvait entendre, derrière les portes encore closes de la salle de bal, les musiciens s'accorder.

Quelques ladies d'un certain âge persiflaient déjà à l'approche du sémillant aristocrate, étincelant dans son gilet de soie grise (et toujours aussi scandaleusement célibataire), quand brusquement, les voix se tarirent. Il sembla que les invités se divisèrent d'instinct autour d'une ligne imaginaire : Hermione aperçut au loin les premières têtes se courber révérencieusement et elle comprit immédiatement que Lord et Lady Snape venaient de faire leur entrée.

Un murmure appréciateur parcourut l'assemblée devant la lourde parure de saphirs et diamants que portait la maîtresse de ces lieux, rehaussant ainsi la couleur de ses yeux aussi bien que celle de sa robe d'organsin.

Son mari, qui pour l'occasion avait renoncé à ses sempiternels gilets noirs pour un velours vert du meilleur effet, ne parut ni ému, ni affecté par les nombreux regards qui convergeaient vers lui. D'un air parfaitement neutre, il glissa à l'oreille de son épouse :

« Dois-je vous rappeler que vous êtes la maîtresse de maison ? »

Voyant que Eleanora ne réagissait pas, il ajouta entre ses dents : « Aussi douloureux soit-il de voir l'homme que vous aimez donnant le bras à une autre femme... » – il eut une inspiration irritée alors qu'ils venaient d'atteindre les monumentales portes en bois de cèdre : « Par tous les diables, souriez ! »


*Lord Byron (1788 – 1824) est considéré comme l'un des plus grands poètes anglais de la période romantique, avec notamment John Keats (1795 – 1821). Il serait trop long ici de vous raconter leur vie mouvementée mais je vous invite vivement à lire ne serait-ce qu'une courte biographie à leur sujet, tant leurs œuvres et leurs aspirations sont symptomatiques de ce « mal du siècle » qui a forgé tout le XIXè siècle.

*Samuel Taylor Coleridge (1772 – 1834), poète et critique britannique, malheureusement assez peu étudié en France. On le connaît principalement pour sa Complainte du vieux marin (1798).

*En effet, dans son Malade imaginaire (1673) Molière émet une vive critique sur les médecins de son époque et leurs pratiques qu'il juge archaïques en plus d'être inefficaces. En 1814, la saignée est de moins en moins répandue, voire clairement fustigée par les esprits éclairés : le docteur Walton incarne donc le parangon de la vieille bourgeoisie conservatrice.

*Sandro Botticelli (1445 – 1510) est un peintre italien de la Renaissance, connu notamment pour son Printemps et sa Naissance de Vénus. Il a réalisé également de nombreux tableaux d'inspiration biblique, comme l'Annonciation (dite) du Cestello, qui est, à mon sens, un vrai chef-d'œuvre.

*La queue-de-pie est un vêtement de cérémonie qui est encore porté de nos jours. Cependant, la couleur noire ne deviendra un standard que sous le Second Empire, dans les années 1860.

*Le camée est une technique de gravure ou de sculpture en très bas-relief existant depuis l'Antiquité. Elle consiste à faire apparaître des motifs sur une pierre possédant plusieurs strates colorées (comme la sardonyx, l'agate, la sardoine.)
À la fin du XVIIIè et au début du XIXè, c'est l'émergence du style néo-classique qui se caractérise par une fascination pour l'Antiquité : c'est l'époque des premières fouilles à Herculanum et à Pompéi ; par ailleurs, Champollion a déchiffré la pierre de Rosette (découverte pendant la campagne d'Égypte de Bonaparte) qui est exposée dès 1802 au British Museum, attirant une foule de visiteurs.
Ce style néo-classique s'exprime donc à tous les niveaux : en architecture (Théâtre de l'Odéon), en peinture (Jacques-Louis David [1748-1825] en est le chef de file) en sculpture (Psyché ranimée par le baiser de l'Amour, célèbre statue en marbre d'Antonio Canova [1757-1822]) et sur le plan vestimentaire (drapés à l'antique, abandon momentané du corset au profit de la coupe 'taille empire' qui souligne la poitrine.)
Tout cela pour dire qu'il n'est donc pas étonnant que les camées montés en pendentif aient connu un très vif succès à cette période.

*Le kokochnik est une coiffe folklorique russe qui a inspiré un nouveau type de parure sous le règne du tsar Nicolas Ier (1796 – 1855). Cette parure est constituée d'une coiffe en velours, légèrement bombée sur le dessus et parsemée de pierres précieuses ou de perles. Plus tard, on appellera 'kokochnik' les diadèmes composés d'aiguilles de diamants (qui reprennent donc la même forme.)

*Backgammon et trictrac sont des jeux dits de hasard raisonné et appartiennent à la famille des « jeux de tables », c'est-à-dire des jeux nécessitant uniquement deux joueurs. Ils sont très en vogue durant tout le XIXè siècle.

*Bath est une ville située à l'ouest de Londres et à une vingtaine de kilomètres de Bristol. Elle était très prisée par la bonne société anglaise qui y venait souvent en villégiature. (Pour mémoire : le domaine d'Ashton Court se situe non loin de Bristol.)

*Les Merveilleuses (pour les femmes) et les Incroyables (pour les hommes) constituent un courant éphémère de la mode française sous le Directoire (1795-1799.) En réaction à la Terreur qui avait induit une grande austérité, la jeunesse instaure un nouveau chic qui, prétexte à toutes les excentricités, se veut inspiré de l'Antiquité.
Parmi les « Merveilleuses » célèbres, on peut citer Madame Récamier ou Madame de Staël. Néanmoins, certaines ont poussé l'originalité si loin (robes en voile de gaze totalement transparentes, bagues au doigt de pied, bracelet aux chevilles, cothurnes aux pieds, etc.) que le public se scandalisa assez vite de sorte que le courant fut vite étouffé.

*Le frac est une version moins formelle de la queue-de-pie, il peut être utilisé pour l'équitation ou pour assister à des événements mondains en journée (à l'instar de la redingote qui est exclusivement un vêtement de jour.) On privilégie donc théoriquement la queue-de-pie pour les événements qui ont lieu en soirée, Lord Malfoy fait ainsi preuve d'une certaine décontraction en bousculant le « dress-code », à l'instar de Mademoiselle de Fontdouce qui laisse voir ses bras à une époque où les manches courtes se portent systématiquement avec des longs gants.


J'espère que vous n'êtes pas allergique aux petites notes car il y en a une tartine ce coup-ci.
Néanmoins, pour une fois, je n'ai pas grand-chose à ajouter, si ce n'est que j'attends impatiemment vos réactions et hypothèses (même les plus farfelues!) sur les derniers mots de Severus.

J'espère sinon que vous avez apprécié l'épique sermon de Lord Snape, ainsi que le passage où Hermione s'affirme face au docteur Walton. Cette esquisse psychologique fait bien sûr écho au portrait qui suit peu après; je ne sais comment vous vous représentiez notre jeune gouvernante, mais pour ma part, il me paraissait évident qu'elle ne pouvait pas être d'une beauté à couper le souffle (ce qui ne signifie pas qu'elle n'ait pas un certain charme, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit!)

Dans le onzième chapitre, des explications et de la danse jusqu'à en avoir le tournis, avec la participation active de Lord & Lady Snape, Lord Malfoy, Mademoiselle de Fontdouce et Hermione. (Perspective plutôt alléchante, non?)

à la semaine prochaine,

Ilda