L'interception
Chapitre X:
John dormait profondément. Il n'entendit pas le téléphone sonner ni le message sur le répondeur. Cela faisait une bonne semaine qu'il été cloîtré chez Marie. Il n'avait pas mit le nez dehors une seule fois. Marie lui avait trouvé quelques vêtement discrètement. Il dormait beaucoup, beaucoup trop selon lui. Marie pensait que c'était à cause de la drogue qu'on lui avait forcé à ingurgiter lors de sa captivité et qu'il faudrait certainement un certain temps pour que son corps se purge totalement du produit.
Il ne se réveilla que le soir lorsque Marie revient avec le repas.
"ça a été aujourd'hui ?" Lui demanda-t-elle.
"Oui, j'imagine que oui..." Soupira le blond. "J'ai encore dormi toute la journée."
"Eh bien, je ne sais pas ce qu'ils t'on donnés... Mais c'était du costaud !" Déclara Marie. " tu a dû grandement les agacer en tout cas."
"Je n'allais pas leur faciliter la tâche non plus !"Marmonna-t-il.
Marie mit le répondeur en route et entendit le message qui y avait été laissé.
""Le message date de ce matin ! Viens vite !"S'écria-t-elle.
Elle prit rapidement son manteau et John prit le sien. Ils sortirent de l'appartement avec précipitation. Marie scrutait les rues avec attention et l'entraînat avec elle. Ils prirent le bus et le métro à la hâte, jusqu'à ce qu'ils atteignent un autre appartement. Marie verrouilla toutes les entrées possibles avant de soupirer un instant.
Dans la rue plus loin une voiture sombre se gara non loin. Trois hommes en costumes en sortirent et se dirigèrent vers l'appartement. John s'assit sur l'un des fauteuils les mains tremblantes.
"Je suis désolé, si je ne m'étais endormi nous n'en serions pas là." grommela le blond à bout de nerfs, il était en colère contre lui-même.
"Ce n'est pas de ta faute. J'aurais dû être plus vigilante." Dit Marie avec une voix tendue.
"Tu devrais partir." Répondit John. "Je me débrouillerais."
"Ne dit pas n'importe quoi ! Si ces hommes te trouvent ici, que croyez-vous qu'ils vous feront ?!" S'écria la blonde.
"Moi ils ne me tueront pas tout de suite. Mais toi... Ils n'hésiteront pas !" Répondit John qui refusait de la voir mourir. "Il faut que tu t'en aille d'ici ! Je refuse d'être responsable de ta mort !"
"Écoute, je vais sortir chercher une cabine téléphonique pour prévenir Irène. Toi... Tu reste ici bien sagement sans bouger, tu ne risques rien en restant ici. Je vais faire vite !" Déclara-t-elle en se dirigeant vers la porte.
"Bonne chance." Lui dit John en la regardant sortir, au moins maintenant elle était hors de danger.
Marie reprit son manteau avant de ressortir silencieusement dehors. Il ne se passa que quelques minutes avant que quelqu'un ne frappe à la porte.
"Elle a dû oublier ses clefs." Dit John en se levant.
Il ouvrit la porte pour se retrouver subitement propulsé au milieu de la pièce par deux hommes. Bien évidemment il en reconnut un sur les deux. Mais ce fut surtout le troisième qui le terrifia le plus.
"Moriarty !" S'écria-t-il.
"Je vois que vous vous êtes bien débrouillé finalement pendant ces quelques jours," Fit celui-ci en entrant. "Peut-être que je vous ai trop sous-estimé au final."
John recula d'effroi, mais les deux hommes l'attrapèrent rapidement et le ramenèrent devant lui.
"Je te propose un marché." Dit l'irlandais avec un petit sourire en scrutant les environs. "Je laisse votre amie qui vient de sortir en vie, à condition que vous suiviez bien gentiment mes directives. Je n'ai pas besoin je pense, de vous prouver que je ne plaisante pas."
John baissa la tête. Il comprit qu'il n'avait qu'un seul choix. Moriarty ne plaisantait certainement pas et mettrait sa menace à exécution sans problème. Il n'avait pas le droit de risquer la vie de Marie. Il fut entraîné jusqu'à leur voiture et se retrouva installé à l'arrière avec Moriarty qui sorti un verre et un cachet qu'il présenta au blond.
"Je vous conseille de le prendre parce que nous allons passer devant votre amie de tout à l'heure." Expliqua calmement le criminel. "Ce serait vraiment fâcheux si elle se faisait tuer maintenant sous vos yeux."
John prit le verre et le cachet. Il l'avala rapidement et bu un peu d'eau.
"Bien." Dit Moriarty en reprenant le verre. "Constatez par vous-même."
La voiture démarra et sorti du stationnement. Ils passèrent dans la rue suivante, John aperçut Marie qui revenait de la cabine téléphonique. Le blond eut une boule au ventre lorsque la voiture la dépassa, il regarda la blonde courir après le véhicule une lueur de panique dans ses grands yeux bleus. Le chauffeur accéléra et ils perdirent rapidement de vue la jeune femme.
John se retourna et baissa la tête. Il commençait soudain à avoir des vertiges.
"Je vois que cela commence à faire effet."Constata l'irlandais.
Le blond dut s'appuyer la tête conte le dos du siège arrière.
"Je vous ai fait faire un splendide petit gilet de nitroglycérine pour notre retour au pays."Ricana-t-il. "Sherly aura droit à un beau feu d'artifice rien que pour lui, constitué essentiellement de morceaux humain."
John tourna la tête de l'autre côté, il ne voulait plus voir cet homme. Il commença à sommeiller. Il luttait désespérément pour ne pas dormir, la voiture roula un bon moment et freina brusquement. Le blond sursauta en entendant des coups feu, il fut soudain brutalement tiré du véhicule. Moriarty l'entraînait avec lui en direction d'un entrepôt, qui se trouvait non loin. John eut juste le temps d'apercevoir la voiture de Moriarty qui perdait de la fumée, plus loin, un groupe d'hommes armés s'approchaient en courant. Mais ce fut l'homme du milieu qui attirait son attention par sa forme fine, svelte, presque squelettique et surtout son regard luisant comme ceux d'un fauve.
"Shr-lock..." Réussit-il à dire.
Moriarty l'entraîna à l'intérieur de l'entrepôt sans ménagement. John n'avait plus aucune force, il voulait se débattre mais n'y arriva pas, ce fut le grand fracas de l'ouverture des grosses portes en aciers qui le fit sursauter. Le blond entendit immédiatement des coups de feu, il sentit subitement qu'on le transportait et qu'on appelait son nom. Il tenta d'ouvrir les yeux, mais il ne pouvait plus bouger, son corps ne lui obéissait plus, il voyait trouble autour de lui luttant pour ne pas dormir. Il voulait voir ce qui allait se passer, il voulait se battre. Sherlock était venu le chercher malgré la distance. Il était venu le chercher au Japon.
Moriarty le jeta au sol dans un cockpit inconnu, alors que ses hommes couvraient ses arrières.
"Sherlock !" Réussit soudain à crier John en voyant le brun vaciller sous les coups de feu.
Mais l'un des hommes de Moriarty l'installa dans un siège, malgré les faibles gigotements du blond.
"John !" L'appela le brun en continuant d'avancer vers lui, laissant des traces de sang derrière lui.
Le blond entendit vaguement le bruit d'un hélicoptère qui décollait avant de sombrer dans le néant.
Shelock fut réveillé par une voix qui criait son nom.
"Sherlock !" Cria la voix. "Reveille toi !"
Le brun reconnut la voix de Greg, il ouvrit lentement les yeux et tenta de se redresser.
"Je n'ai pas le temps pour vos jérémiades ! " Grogna-t-il. "Nous dev-..."
"Je sais ! Je sais !" Dit Lestrade en aidant le brun à se relever. "On le retrouvera je vous le promes !"
"On va d'abord s'occuper de vous."Déclara Mycroft froidement. "Mlle Hooper veuillez vous occuper de lui."
"Non !" Gronda le brun en tentant de se redresser. "Je veux..."
Mais Molly lui fit rapidement une injection et le brun ferma les yeux presque immédiatement, il fut installé sur une civière et transporté loin du champs de tire. Alors que plusieurs hommes débarrassèrent les corps compromettant...
John ne savait pas depuis combien de temps c'était écoulé, mais il se sentait complètement vaseux. Il se rappela la voiture fumante et les coups de feu, le reste était floue. Il tourna la tête sur le côté pour voir, Moriarty qui l'observait un moment et semblait rassuré de le voir ne pas réagir. Le battement rapide des ailettes de l'hélicoptère bourdonnait dans la tête du blond.
Des images tournaient en boucle dans son esprit, il revoyait la mince silhouette de Sherlock en sang, il entendait la voix de baryton l'appeler dans son esprit obscurcie... Il se positionna plus profondément dans le siège où il était, tandis que les images dansaient autour de lui sans cesse.
Il se redressa subitement, sous le regard noir du criminel. John sentit le stress qui augmentait de plus en plus depuis qu'ils volaient vers une destination inconnue. Il prit soudain peur et sauta sur le conducteur de l'hélicoptère, le faisant ainsi dévier de sa trajectoire. Les doigts froids de l'irlandais s'emparèrent de lui en tentant de le maitriser. John s'accrochait au manche et s'efforça de faire descendre l'hélico, celui-ci se mit à tourner sur lui-même un moment, le projetant tantôt contre la porte, tantôt contre Moriarty. Mais le blond restait fermement accroché, jusqu'à ce que le criminel ne l'assomme brutalement...
Sherlock entendit vaguement qu'on s'activait autour de lui. Il avait subitement mal à plusieurs endroits, puis ce fut de nouveau le trou noir. Lorsqu'il se réveilla de nouveau il se trouvait allongé dans un lit identique à celui d'un hôpital.
"Comment vous sentez vous ?" Demanda Molly qui remettait sa perfusion.
"D'après vous ?" Grogna le brun.
"Dans une section isolée d'un hôpital. Vous avez pris plusieurs balles." Expliqua-t-elle en l'inspectant. "Mais je pense que Moriarty n'a pas voulu vous tuer, juste vous ralentir je suppose."
"Eh bien grâce à vous ! C'est une mission accomplie "Déclara Sherlock soudainement en tentant de se relever sans succès.
"C'est inutile, vous ne pouvez pas bouger." Dit Mycroft. "Vous n'êtes pas en état."
"Je n'ai que faire de votre avis !" S'exclama le brun. "Je ne peux pas rester ici ! Je dois..."
"Vous ne quitterez pas ce lit." Coupa le rouquin sombrement. "Même si pour cela je dois vous y forcer mon cher frère."
"Mycroft..." Grommela Sherlock en s'endormant le regard emplit de colère.
Molly avait rajouté un produit dans la perfusion du brun.
"Nous le retrouverons." Affirma Greg le regard peiné.
Quelques Jours plus tard.
Quand le blond se réveilla, il ne pouvait pas bouger tellement il était faible. Il scruta lentement le lieu où il se trouvait, c'était une grande salle aux murs froids et insonorisés, l'obscurité ambiante ne calmait en rien John qui se démenait contre les liens qui le retenaient contre son gré.
Sherlock ! s'écria-t-il dans son esprit.
"Bien dormi Johnny-boy ?" Entendit-il.
John reconnut cette voix, mais il aurait préféré ne pas l'entendre.
"Je crains que notre cher Sherly ai quelques problèmes à l'heure qu'il est."Ronronna la voix."Vous savez, vous semblez plus divertissant que prévu."
John ferma les yeux et revoyait le brun marcher alors qu'on lui tirait dessus, il serra les dents devant son impuissance.
"Je vois que cela vous affecte beaucoup."Constata l'irlandais en s'approchant.
"..."
"Votre petite crise dans l'hélicoptère a faillit nous couter chère." Dit-il en le regardant.
"..."
"Mais je doit avouer que vous êtes fort distrayant." Déclara le criminel.
"Je ne suis pas un jouet..." Murmura le blond.
La porte s'ouvrit soudainement, laissant apparaître la silhouette musclée de Moran. Celui-ci se dirigea vers son patron avec un gilet étrange dans ses grandes mains calleuses. Le blond regarda l'objet avec effrois c'était une véritable bombe ce gilet, était bourré de nitroglycérine. Il tenta de reculer sans succès son corps refusait de réagir, même lorsque deux hommes vinrent le détacher afin de le lui mettre. Il était plus qu'une poupée de chiffon, qu'on habillait.
"Soyez heureux Johnny-Boy ! Nous allons, voir Sherly." Annonça le brun en souriant. "Ce petit gilet est de rigueur. N'est-ce pas ? J'ai pris du temps pour le faire fabriquer rien que pour vous. C'est du sur-mesure vous savez. Il faut que vous soyez à votre avantage."
John fut emmené à l'extérieur sous bonne garde, le cœur battant à tout rompre et pour cause il portait sa mort sur le dos.
à suivre ...
