Et hop, un nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira, un peu de tendresse dans ce monde de brute :) !
Bonne lecture à tou(te)s
Dans les chapitres précédents :
Drago Malefoy a eu quelques déconvenues avec les Rouge et Or, et tout en particulier avec Ron Weasley. Le voilà fermement décidé à se venger. Alors qu'il tente, suivant les conseils de Blaise, de séduire Hermione Granger, cette dernière se voit confier la même mission par son petit ami. Sans s'en rendre compte, elle devient peu à peu l'instrument de la vengeance des deux jeunes étudiants. Après avoir rompu avec Ron, sa relation avec Dravo semble s'améliorer, mais ce dernier l'abandonne lorsque Pansy lui demande faire un choix.
Hermione se retourna une énième fois dans le lit que madame Pomfresh lui avait attribué à son arrivée, elle n'arrivait plus à trouver le sommeil. Elle ne pouvait s'empêcher de penser, de s'imaginer ce qui aurait pu se passer si Drago n'avait pas été ce qu'il était, elle revoyait la scène, elle ressentait encore les mains de Crabbe enserrer son cou, celles de Goyle lui administrer la correction de sa vie. Une unique larme coula sur sa joue.
Malgré tous les efforts de l'infirmière, le corps de la jeune Gryffondor gardait encore quelques séquelles des sévices qui lui avaient été infligées. Les os de son bras s'étaient parfaitement ressoudés, mais elle éprouvait encore quelques difficultés à faire des efforts avec. A chaque mouvement qu'elle faisait, une vive douleur la tiraillait dans tous le dos, en souvenir des trop nombreux coups de pied qu'elle avait reçu et du Diffindo qui lui avait laissé une énorme balafre assez profonde.
Les autres plaies et les nombreuses ecchymoses dont son corps et son visage avait été recouverts avaient presque toutes disparues. Les restes d'un œil au beurre noir finissaient lentement de disparaitre. Ignorant la douleur, elle passa une main dans ses cheveux et retint difficilement une seconde larme. Ils lui avaient brûlés les cheveux et à présent, sa coiffure ne ressemblait plus à rien. Elle ne ressemblait plus à rien.
Dépitée, elle se leva, grimaçant de douleur. Ses jambes aussi étaient douloureuses. En somme, elle avait subit un passage à tabac dans les règles de l'art. Elle n'en pouvait plus de rester ici, à boire des infectes potions de soin qui étaient loin d'avoir le goût de la Pimentine, de se faire reprendre par l'infirmière à chaque fois qu'elle tentait de se lever. Elle voulait retrouver son lit, retrouver Ginny, revenir en cours. Elle ne voulait plus repenser à cette histoire.
Elle avait mentit à tout ceux qui lui avait demandé ce qui s'était passé, en prétendant ne se souvenir de rien, et, à la vue de toute la violence qu'on lui avait infligée, personne n'eut de mal à la croire. Elle attrapa une paire de longs ciseaux et inspecta son reflet dans la glace. Sa coiffure asymétrique et partiellement brûlée lui donnait envie de vomir. A l'aide de sa baguette et des ciseaux, elle coupa le tout jusqu'à qu'elle ne puisse plus aller plus loin.
Elle soupira fortement en se regardant dans le miroir. Au final, les cheveux courts ne lui allaient pas si mal que ça… Elle avait laissé assez de longueur pour que ça reste féminin, mais elle pouvait définitivement tirer un trait sur sa longue chevelure. D'un geste de rage, elle balança les ciseaux contre la glace qui se brisa en milles morceaux. Elle essuya ses larmes d'un revers du bras. Quoiqu'il lui en coute, elle comptait bien obtenir réparation. Elle étranglerait elle-même Pansy Parkinson avant de s'occuper du gars de ses deux gorilles et fidèles serviteurs.
Elle ne voulait même pas penser à Drago. Ce dernier n'en valait même pas la peine. Ce lâche ne méritait même pas sa colère, juste sa pitié. Elle ne lui en voulait même pas d'avoir agit ainsi, c'était dans sa nature, elle avait presque de la peine pour lui. Elle n'aurait même pas besoin de se venger, la conscience de ce dernier s'en chargerait pour elle. Elle ne put retenir un ricanement désabusé en voyant son reflet. On lui avait souvent reproché son manque de féminité, mais là, cela atteignait des sommets.
Elle retourna jusque son lit récupéra toutes ses affaires pour les fourrer négligemment dans son lit. Elle ne resterait pas une minute de plus dans cet endroit. Elle posa sa baguette sur la table de chevet avant de se rendre compte qu'il y avait déjà quelque chose dessus. Un écrin enroulé d'un ruban rouge sang accompagné d'un morceau de parchemin plié. Suspicieuse, elle ouvrit sans mot le présent et écarquilla les yeux en constatant qu'il s'agissait d'un collier en argent. Une chaine toute fine avec un pendentif que les petits diamants qui le recouvraient faisaient scintiller.
Elle leva les yeux au ciel. C'était encore pire que ce qu'elle avait cru. Elle déplia le mot et le lut d'un œil distrait, sachant déjà très à quoi s'attendre.
Pardon. Retrouve-moi en haut de la tour d'Astronomie à 22h. D.
Elle chiffonna le papier et le jeta à l'aveuglette quelque part dans la pièce. Drago avait vraiment décidé de se payer sa tête jusqu'au bout. Elle regarda le collier. Est-ce qu'il pensait réellement pouvoir l'acheter avec ce genre de présent ? N'avait-il donc rien compris du tout ? A cette pensée, la jeune brune sentit son cœur se serrer, mais elle se reprit bien vite, elle ne devait pas se laisser aller.
Si Drago arrivait à se mentir à lui-même et à bloquer toutes ses émotions, elle pourrait facilement y arriver aussi. Avec un peu d'entrainement, elle réussirait.
« Donne-moi une seule bonne raison de ne pas assassiner Pansy dans l'heure qui vient » grinça Drago en avalant une gorgée de plus de Whisky Pur-Feu.
Il était ivre mort.
« Ton père te déshériterait dans la minute » se moqua ouvertement Blaise.
Furieux, le blond éclata son verre sur la table en marbre, grimaçant de douleur lorsque les bouts de verre lui rentrèrent dans la main.
« Tu as vu comme moi dans quel état elle est, ils auraient pu la tuer si tu ne l'avais pas emmenée à l'infirmerie ! » explosa le prince des Serpentards tout en retirant un à un les morceaux tranchants qui avaient pénétrés son épiderme.
Blaise ne put retenir un ricanement désabusé.
« Ce n'est pas elle la vraie coupable Drago… » expliqua Blaise d'une voix neutre.
Le blond ne prit même pas la peine de répondre, sachant parfaitement que son ami avec raison sur toute la ligne. Il n'avait pas le droit de rejeter la faute sur les autres : Pansy n'était pas responsable de ce qui était arrivé. Il soupira tout en se passant une main dans les cheveux. Pourquoi était-il dans cet état juste à cause d'elle ? Cela n'avait pas de sens.
Il n'arrivait pas à penser à autre chose, le sentiment de culpabilité qui grandissait en lui était vraiment quelque chose de nouveau. Blaise pouvait-il avoir raison ? Avait-il réellement des sentiments pour Hermione Granger ? Ce n'était pas impossible, jamais encore il n'avait ressentit une chose pareille pour une autre fille, mais de là à appeler ça de l'amour…
Il devait au moins lui parler, peut-être s'excuser, même s'il était conscient que ça ne changerait rien et qu'elle continuerait à lui en vouloir malgré tout. Il voulait la voir, la regarder encore et encore, la protéger, la défendre contre le monde entier. C'est à ce moment qu'il remarqua le décallage entre ses pensées et ses agissements. Il avait beau vouloir prendre soin d'elle, c'était plus fort que lui, il n'arrivait qu'à faire le contraire.
Il se sentit terriblement impuissant, faible, il ne pouvait pas le supporter. Il regarda l'heure, il serait bientôt temps de se rendre en haut de la tour d'Astronomie. Il n'était même pas sûr de la trouver la bas, mais ça valait le coup d'essayer. Il ne pouvait pas laisser la situation s'envenimer encore d'avanatage, au risque de perdre sa belle Gryffondor pour toujours. Il ne pouvait s'y résoudre, il fallait qu'il la retrouve.
Drago était assis sur le rebord d'une des fenêtres du septième étage depuis déjà une bonne demi-heure, et sa belle Gryffondor ne se montrait toujours pas. Pendant quelques secondes, il se trouva complètement stupide d'avoir cru ne serait-ce qu'une seule seconde qu'elle viendrait à sa rencontre après ce qui s'était passé. Il n'avait eu ni l'envie ni la force de se soulever contre ses camarades de maison, et encore moins contre la fureur de Pansy.
Dans un sens, il regrettait d'avoir réagit comme ça, parce qu'elle ne manquerait de lui rappeler pendant un bon moment à quel point il avait été lâche, et à quel point il s'était comporté en parfait petit Serpentard incapable d'avoir des idées propres. Il aurait pu la protéger, il aurait pu envoyer promener Pansy et sa meute sans le moindre mal, il aurait pu s'imposer et faire preuve de courage, mais il avait préféré s'enterrer la tête dans le sable et prétendre que tout allait bien.
Il était partit, elle avait simplement baissé les yeux. Elle ne l'avait pas regardé, elle ne l'avait pas supplié de revenir, elle avait affronté seule la situation. De toute façon, même si elle l'avait appelé, aurait-ce changer quoique ce soit ? Aurait-il fait demi-tour pour lui venir en aide ? Probablement pas, mais le sentiment de culpabilité qui le grignotait déjà petit à petit l'aurait probablement déjà achevé. Il était parti sans se retourner, parce qu'il aurait été incapable de supporter la vision de Crabbe et Goyle en train de s'en prendre à sa belle petite brune.
Lorsqu'il l'avait vu allongée dans ce lit d'infirmerie, endormie, avec son bras en écharpe et son visage tuméfié, il avait eu envie de commettre un meurtre, avant de réaliser qu'au final, il était le seul et unique coupable. Il était le seul à blâmer pour ce qui était arrivé à Hermione. Il était responsable. Alors qu'il avait voulu attendre son réveil pour la prendre dans ses bras et lui promettre qu'il ne laisserait jamais plus rien lui arriver, il avait préféré s'en aller lâchement, préférant éviter la confrontation.
Il avait posé son cadeau sur la table de chevet, tout en sachant au fond très bien qu'elle ne l'accepterait pas, qu'elle le jetterait ou qu'elle lui balancerait à la figure en hurlant qu'elle n'était le genre de trainée qu'on achète avec un bijou de luxe. Il le savait déjà, et pourtant il lui avait quand même laissé. Parce qu'il ne savait rien faire d'autre. Parce qu'il avait toujours agit comme ça, et que ça avait toujours suffit.
Mais Hermione était différente, et il fallait être stupide pour ne pas le remarquer. Elle était un mystère à elle seule et il ne la comprendrait probablement jamais. Ils n'étaient pas du même monde, ils n'avaient pas le même mode de vie, la même façon de penser, tout semblait les opposer. Il commençait à se demander ce qu'il faisait à attendre une femme qui ne viendrait jamais, et qui était probablement déjà avec ses amis en pensant à tout sauf à lui.
Mais avant qu'il ait eu le temps de se lever et de partir, une silhouette qu'il ne connaissait que trop bien apparut devant lui. Elle avait encore quelques hématomes dispersés ça et là sur le visage, et son regard semblait éteint. Elle n'avait plus la vivacité qu'il chérissait tant chez elle. Il s'approcha d'un pas mais elle l'arrêta, secouant négativement la tête. Elle se posta prêt de la fenêtre et observa le ciel : noir, et sans la moindre étoile, seule la lune faisait office de source de lumière.
Il vint se poster à côté d'elle et la fixa sans dire un mot. C'est sa douce voix qui perça enfin le silence. Sa voix était toujours aussi douce, aussi calme. Il avait pensé qu'elle lui en voudrait ouvertement et qu'elle refuserait de lui adresser la parole. Il se sentait mal à propos de ce qu'il avait fait, l'alcool embrumait son esprit et le désinhibait à tel point qu'il en envoyait valser son devoir envers son père, envers le Lord Noir lui-même, à cet instant précis, la seule chose qui comptait, c'était Elle.
« Ta vie est comme le ciel : triste, sombre, et sans lumière. » marmonna t-elle.
« Tu te trompes… »
« Tu ne connaitras jamais que la noirceur, et tu mourras comme tu auras toujours vécu : seul. » poursuivit-elle comme si elle n'avait pas entendu.
« Je suis bien entouré » se défendit Drago sans trop y croire.
« Certes, par tous ces gens qui te craignent ou que tu as acheté. Je n'ai pas peur de toi Drago, et tu ne pourras pas m'acheter… »
« Je ne souhaite pas t'acheter » déclara t-il en caressant la joue.
« C'est pourtant ce que tu fais. » répliqua t-elle d'une voix triste et le repoussant.
Elle plongea la main dans poche et en sortit le superbe collier que Drago lui avait laissé sur sa table de chevet. Elle attrapa la main de son homologue préfet et y fit très lentement glisser le bijou, sans pour autant détacher son regard du sien, elle voulait vraiment qu'il apprenne, qu'il comprenne que tout ne s'arrangerait pas parce qu'il en avait les moyens financiers. Elle ne lui pardonnerait pas toutes ses erreurs pour la simple et unique raison qu'il se rattrapait en la couvrant de cadeaux tous plus chers les uns que les autres.
Elle crut voir un voile de tristesse traverser les deux perles grises du prince des Serpentards. Pourtant, il se reprit bien vite et redevint impassible, rangeant sans un mot le collier dans la poche de sa veste. Sans lui laisser le temps de refuser ou de se débattre, il la saisit par la nuque et l'embrassa doucement à la commissure des lèvres. Il laissa sa tête tomber sur l'épaule de la brune, humant silencieusement son doux parfum. Il constata avec bonheur qu'elle ne tentait pas de le repousser, qu'elle se contentait de rester immobile.
Il releva la tête et la fixa avec intensité.
« Je t'aime » déclara t-il.
« Non, c'est faux » répondit-elle d'une voix neutre tout en se dégageant de son étreinte.
« Qu'en sais-tu ? »
« Tu n'as pas la moindre idée de ce que ces mots signifient… » se contenta t-elle d'expliquer alors que des millions de reproches lui venaient en tête.
Drago resta silencieusement pendant quelques secondes, comme perdu dans ses pensées.
« C'est vrai. » finit-il enfin par avouer.
« Mais ça n'est pas irrémédiable Drago »
« Au contraire, je pense qu'il est trop tard p… »
« Il n'est jamais trop tard. » le coupa Hermione d'une voix ferme.
« Tu vis dans un rêve ! » s'exclama t-il.
« Et toi tu ne vis pas. »
Drago sembla touchée par les mots de la lionne et ne sut quoi répondre. Pour la première fois de sa vie, il se sentait désarmé face à quelqu'un d'autre, qui pourtant lui était inférieur, et ça le mettait dans tous ses états. Au fond, peut-être qu'elle avait raison, peut-être qu'il se mentait à lui-même pour se protéger et se faire passer pour une personne qu'il n'était pas vraiment. Ou peut-être qu'elle avait tord, et que jamais il ne pourrait jamais changer.
Il regarda Hermione qui était venu s'appuyer sur le rebord de la fenêtre et qui regardait à présent la le ciel d'un air songeur. Seule la lumière de la lune, pâle et blanchâtre, éclairait son beau visage, et il lui donnait un aspect presque irréel. Ses cheveux coupés à la garçonne n'enlevait rien à son charme, au contraire, il la rendait encore plus féminine. Il s'approcha à nouveau d'elle. A cet instant, il ne la trouvait plus ni séduisante, ni même attirante, il la trouvait tout simplement belle. D'une main, il lui caressa la joue avant de l'embrasser tendrement. Malheureusement pour lui, elle se recula au bout de quelques secondes.
Elle en avait envie autant que lui. Elle voulait l'embrasser jusqu'à en perdre la tête, le sentir contre lui, pouvoir caresser sa peau si douce, mais elle n'en avait pas le droit. Par simple respect pour elle-même, elle devait prendre ses distances avec lui. Il ne lui apporterait que de la souffrance, de la douleur, il n'en ressortirait rien de constructif. Elle devait s'éloigner avant de tomber amoureuse de lui… Mais au fond, n'était-ce pas déjà trop tard ?
« Merci… »
« De quoi ? » demanda Hermione qui ne comprenait absolument pas où il voulait en venir.
« D'apporter un peu de lumière dans ma vie… » souffla t-il.
« Tu es ivre. »
« Un peu. »
Il l'était déjà beaucoup trop.
« Pourquoi tu as bu ? »
« Pour oublier… »
Hermione le regarda, l'incompréhension se lisant parfaitement dans ses deux grands yeux chocolat. Elle le sentait tellement fragile, tellement perdu, il avait l'air d'un enfant en bas âge abandonné à lui-même dans un monde hostile et inconnu. Il en était presque touchant. Non, elle ne devait pas penser ça de lui. Elle ne devait pas se laisser attendrir une fois de plus, elle ne devait plus espérer un quelconque changement dans le comportement de Drago, elle devait être forte.
« Pour oublier quoi ? »
A son tour, Drago sembla légèrement perdu et se tourna face à la fenêtre, laissant son beau regard se perdre dans l'immensité de la noirceur du ciel.
« Pour oublier la personne que je vois quand je me regarde à travers tes yeux… »
Voilà, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre ! Si vous avez des questions, un avis à donner, n'hésitez pas à laisser une petite review, ça fait toujours plaisir de voir qu'on écrit pas pour rien :) !
A bientôt pour le prochain chapitre : "Que Les Choses Soient Bien Claires"
