Hey ! Si quelques un(e)s de mes merveilleux/ses lecteurs/trices reviennent, voici ENFIN la suite. Je suis navrée d'avoir fait une aussi longue pause. Je me suis rendu compte hier soir que cette fic me manquait, qu'écrire me manquait et j'ai djà écrit deux chapitres (alors que je suis en pleine révisions de partiels, c'est pas très malin !). J'espère que ce chapitre vous plaira, et que vous me resterez fidèle tout de même. Relire tous vos anciens commentaires m'ont fait hyper plaisir. Restez, je ne mords pas :D (Heather peut-être, enfin, ça reste à voir... dans ce chapitre, c'est un peu une méchante fille, je dois bien l'admettre).
Bonne lecture,
Futilement vôtre,
Hélène.
Chapitre 11 :
« Cela va vous coûter cher, jeune fille ! Vous ne couperez pas à l'exclusion ! »
Heather versa précautionneusement quelques fines particules d'ellébore dans son chaudron, qui prit immédiatement une agréable teinte dorée. Rogue ne put que hocher la tête d'un air appréciateur ; lui -même n'aurait pas fait mieux. Alors qu'il coupait en fines lamelles des racines de sauge, elle se perdit dans la contemplation du liquide couleur or qui clapotait indolemment dans son chaudron. Il s'en dégageait une subtil odeur de bois et de thym. Enfin une potion aux vertus médicinales qui ne donnerait pas envie de vomir aux patients de Mme Pomphresh.
Autour d'elle, la plupart des élèves n'avaient pas le sourire. Les remèdes tel que ce filtre contre la migraine n'étaient guère simples à réaliser, et seuls elle et Rogue s'en sortaient correctement.
L'art des potions était définitivement une discipline fascinante, songea-t-elle en remuant doucement de sa baguette le contenu du chaudron, qui arborait désormais une douce couleur bronze. Elle appréciait le calme de ces cours, la minutie que demandait l'exécution parfaite d'un élixir qui offrirait toutes les possibilités de pouvoir. Jamais elle n'avait oublié les mots de son professeur de potions à Prague. « Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon… »(*) L'art des potions était à la fois la branche la plus complexe et la plus puissante de la Magie ; la plus dangereuse aussi. Autour d'elle, les élèves peinaient en silence, à peine perturbé par les clapotements des chaudrons ou les incantations à peine murmurées. A pas lent, le professeur Slughorn passait dans les rangs, hochant la tête avec un sourire lorsque l'élixir était correctement réalisé, donnant quelques conseils lorsqu'il sentait poindre la catastrophe.
L'atmosphère studieuse des cachots fut soudainement rompu par un juron de Black. Sa potion fumait furieusement, et il semblait incapable de maîtriser les dégâts. Rogue eut un sourire moqueur.
- Et bien, Black, même pas capable de faire une potion de niveau B.U.S.E ? Décidément, plus le temps passe plus tes capacités intellectuelles s'amenuisent.
Ledit Black faillit se jeter sur le Serpentard qui ne put s'empêcher de reculer. Mais Lupin sembla trouver les mots pour le calmer, une main ferme posée sur son épaule. Heather n'avait esquissé un geste. Rogue était assez grand pour se défendre seul, malgré sa carrure chétive. Grand, et fin, des cheveux longs et sales retombant sur des yeux sombres, il paraissait fragile, mais soutenu par une colère qui semblait ne jamais s'éteindre. Elle poussa plus loin son examen, s'attardant sur le visage fin mais blême du Serpentard, sur ses mains fines mais puissantes. Sans doute aurait-il pu être très séduisant, avec un peu de sport et un hygiène plus poussée. Non pas beau, mais séduisant. Car ce sombre étudiant coléreux était doté d'une aura puissante et peu commune. Il n'était pas simplement le stupide Serpent que se plaisaient à décrire les Maraudeurs. Ses considérations furent interrompues par ledit Serpent.
- Mets la potion plusieurs fioles et donne les à Slughorn, c'est fini.
Heather haussa un sourcil. En quel honneur osait-il lui parler sur ce ton ?
- Au cas où tu n'aurais pas compris, Rogue, je ne suis ni ton chien ni ton esclave. Donc tu vas faire ça comme un grand garçon que tu es pendant que je range le bureau. Et n'essaye même pas de protester, moi il n'y aura pas de Lupin pour me retenir.
Un éclair de cruauté passa furtivement dans les yeux de la Gryffondor, et le Serpentard n'eut d'autre choix que d'obéir. A vrai dire, Heather ne s'en serait probablement pas pris à lui. Lily lui avait fait promettre de laisser Rogue tranquille. Comment ces deux-là avaient pu être amis dans un passé lointain, Heather n'avait pas trouvé de réponse ; et Lily n'avait pas manifesté l'envie de s'étendre sur le sujet.
Lorsque tout fut rangé et Black calmé, Slughorn les autorisa enfin à sortir. La journée était finie pour eux. Enfin, presque.
Heather traînait les pieds dans les couloirs sombres du rez-de-chaussée, percevant indistinctement le joyeux brouhaha du repas. Cette stupide heure de colle allait lui gâcher sa soirée. Sa moue boudeuse fut remplacée par un léger sourire, lorsque l'image de Lily s'imposa à elle. « Si tu étais moins impulsive, tu n'aurais pas été collée ! Si tu avais ignoré cette gamine, ça ne serait pas arrivé ! » Comme toujours, la Préfète en chef avait raison. Mais non, décidément, la jeune russe ne regrettait pas une seule seconde d'avoir fait ravaler ses insultes à cette troisième année présomptueuse.
A dix-neuf heures cinquante-neuf, elle frappait à la porte du bureau de Rusard. Inspirant à fond, elle dissimula sa colère sous un masque de contrition. Autant faire profil bas si elle voulait parvenir à ses fins. La suite fut plus facile qu'elle ne l'avait imaginée.
A genoux sur le sol du bureau, Heather agitait frénétiquement sa baguette, faisant s'envoler des casiers les dossiers concernant les Maraudeurs. Elle avait besoin d'informations que seuls les registres du concierge pouvaient lui fournir. En quelques secondes, un épais tas de parchemins était bien rangé sur le bureau. Se levant, la sorcière jeta un regard par-dessus son épaule. Rusard était toujours inconscient, malgré les miaulements plaintifs de Miss Teigne. Cette chatte était vraiment ignoble.
-Enervatum !
Rusard ouvrit des yeux hagards. Un filet de salive au coin des lèvres, il semblait sortir tout droite de la section psychiatrie de Ste Mangouste. Miss Teigne émit un bruit que Heather interpréta comme un ronronnement de soulagement. L'affreux Cracmol semblait reprendre ses esprits, et la colère se lisait dans ses yeux globuleux. S'il y avait bien des êtres qui la dégoûtaient, c'était les Cracmols, Rusard en particulier.
- Agression sur un membre de l'équipe professorale, séquestration ! Cela va vous coûter cher, jeune fille ! Exclusion définitive, vous n'y couperez pas ! Quand Dumbledore va savoir ça !
La voix rauque tremblait de colère et d'indignation. Le visage rouge, le souffle court, le vieux concierge semblait s'étouffer dans sa haine. S'appuyant contre le bureau, Heather eut un mauvais sourire.
- Ne vous énervez pas comme ça, c'est mauvais pour votre cœur. Il pourrait lâcher. Ça ne tient à rien. Ce serait si facile.
Sa baguette tournait dans sa main droite avec désinvolture. Dumbledore ne saurait rien, jamais. Le concierge pâlit.
- Oubliette !
Le corps du Cracmol se tendit sous l'impact du sort, et retomba au sol, inconscient. Heather eut un air ennuyé. S'il n'arrêtait pas de tomber dans les vapes, ça allait durer longtemps. Elle rassembla les divers parchemins et les glissa dans son sac, qu'elle dissimula sous sa cape. Miss Teigne feulait, le poil hérissé. D'un coup de pied, Heather la projeta contre un mur.
- Dégage, sale bête !
Elle ressortit de la pièce, referma la porte derrière elle et tacha de contenir son sourire victorieux. Maintenant, il s'agissait d'agir en bonne petite élève sage. Elle retoqua à la porte, et ce fut un concierge visiblement un peu perdu mais plein de hargne qui lui ouvrit.
- Vous êtes en retard !
«
lundi 23 septembre 1997
Archives de Rusard, fouillées. Il y a des centaines et des centaines de pages correspondant aux quatre imbéciles. J'ai éliminé toutes les punitions pour des conneries faites en journée, c'est-à-dire à peu près les trois quart, pour m'attarder sur toutes les fois où ils ont été surpris en dehors de la tour la nuit.
Ils sont hallucinants, je n'ai jamais vu un truc pareil. Ils tournent à environ vingt heures de colle par mois, enfin, pour Black et Potter. Les deux autres semblent plus sages. Concernant leurs escapades, elles sont finalement assez peu nombreuses. Ils doivent avoir un truc pour se faire si peu attraper. Depuis leur cinquième année, il leur arrive assez régulièrement de se faire chopper sans Lupin. En général au troisième ou quatrième étage. Qu'est-ce qu'ils peuvent bien manigancer là-bas, sans Lupin ? La fois où je les ai surpris, il n'était pas là non plus. Coïncidence ? Je ne crois pas.
Je sens qu'il va falloir que j'aille fouiner du côté des troisièmes et quatrièmes étages… »
Lily Evans ne sut jamais comment Heather avait réussi à obtenir tant d'informations sur les multiples sorties des Gryffondors. Et il valait mieux pour la Préfète en chef qu'elle continue d'ignorer les bas agissements de sa meilleure amie.
Et puis, ce matin-là, la jolie rousse se fichait bien des bêtises qu'avait pu faire son amie. Les joues un peu rouges, elle prenait son petit déjeuner avec James Potter.
A l'opposée de la table, Heather sirotait tranquillement son thé brûlant. Pousser Lily dans les bras de cet idiot de Potter serait faire d'une pierre deux coups : le bonheur de la préfète et le secret des Maraudeurs. Manipulation facile et rapide. Un sourire carnassier apparut sur son visage.
Mais sa bonne humeur fut rapidement effacée par les nouvelles apportées par hiboux.
Non seulement les attaques de Géants se multipliaient dans tous le Royaume-Uni, mais elle devrait passer ses vacances de Toussaint au manoir familiale. Le sourire se fit grimace, ravivant violemment une ancienne douleur au creux de ses reins. La lettre joliment calligraphié de sa mère se consuma au creux de sa paume.
S'il pensait pouvoir la faire plier par la menace ! Car Heather n'était pas la dernière des idiotes, elle savait lire entre les lignes. Son père avait l'intention de lui faire chèrement payer sa fugue estivale ainsi que sa compromission déjà connue avec une Sang de Bourbe. Il pouvait la manipuler autant que ça lui chantait, elle savait qu'elle n'aurait d'autre choix que d'obtempérer à un moment donné. Mais s'il pensait pouvoir lui faire peur… ! Elle n'était pas une Proskoff pour rien. Ne craindre rien ni personne, pas même la Mort, lui avait dit un jour Stanislav Proskoff. Le vieux Stan, comme elle l'appelait quand elle était petite. Son grand-père, dont les seuls sourires allaient à Heather, petite fille chérie et trop gâtée. La jeune russe eut un dur sourire.
Les vacances de Toussaint ne seraient certes pas une partie de plaisir, mais son père faisait une grave erreur en la sous estimant. Celui qui louait partout l'extraordinaire force de caractère de sa fille allait être servi.
