Note : Je vous retrouve pour un chapitre un peu plus court que d'habitude, mais je suis du genre à aimer l'action donc, si je voulais les faire plus long, on en aurait déjà fini avec cette histoire dans trois chapitre xD puis, bon, c'est pour laisser s'installer un peu de suspense aussi...

Je suis un peu pressée aujourd'hui, je ne peux pas répondre à vos reviews dans le détail, mais sachez qu'elles me font extrêmement plaisir, je vous aime (ouioui)


Seith Helfryn, district 4, les énergies renouvelables

Lilly me réveille en pleine nuit pour que je prenne mon tour de garde. Elle me fait un sourire en baillant et se couche à ma place après avoir jeté un coup d'œil au sac de couchage de Leïa. Oui, moi aussi ça m'a fait envie, mais j'imagine qu'on n'a pas notre mot à dire. J'entrevois déjà Jeremy nous sauter dessus pour défendre sa protégé. Je n'ai toujours pas compris à quoi ils jouent ces deux-là. Nous sommes ici pour nous entretuer, pas pour se pouponner comme des bébés. L'image de Gavyn se pose sur dans mes pensées. Je ferai tout pour le revoir. Tout.

Je lisse les plis disgracieux sur les jambières de ma combinaison tout en tremblotant légèrement. Si l'air est humide et chaud en plein jour, la nuit est, elle, glaciale.

Je revois le visage de Matthias dans le ciel. Plus que trois dans le clan des carrières – à moins qu'il n'ait enrôlé d'autres tributs plutôt que de les mettre à mort –. Le retour me semble possible, attendu. J'imagine le sourire de mon amant, ses bras autour de moi, ses yeux plantés dans les miens, et une douce chaleur s'insinue au creux de mon ventre.

J'entends un frémissement sur le sol et je me relève brusquement, armé de l'une des flèches du carquois. Je regarde tout autour de moi avec insistance jusqu'à réaliser que c'est simplement Leïa qui s'est réveillée. Elle se redresse, assise sur ses fesses, et ramène ses genoux contre sa poitrine en me regardant. A la lumière nocturne, je perçois les points brillants dans ses yeux. Elle lâche un gémissement avant de mordre dans son poing. Elle se glisse hors de son sac de couchage et marche jusqu'à moi puis s'assied.

- Ça ne va pas ?

Des larmes silencieuses dévalent les pentes de ses joues et elle se tient la tête.

- J'ai juste une migraine atroce, répond-t-elle sans me regarder.

Je n'insiste pas. Les minutes passent, lourdes et gênantes, accentuées par quelques gémissements étouffés puis, soudainement, elle se calme et soupire de soulagement.

- Ça vient toujours par crise, me renseigne-t-elle avant de reprendre : J'espère que tu reverras Gavyn.

Je la regarde, perplexe. Est-ce ironique ? Pour se faire bien voir ? Comment peut-on souhaiter le retour de quelqu'un quand cela signifierait sa mort ?

- Mais j'espère aussi que Jeremy reverra sa mère. Pourtant, j'espère que Lilly ne mourra pas et qu'elle pourra rentrer chez elle. C'est contradictoire tout cela, n'est-ce pas ?

Elle me lance un sourire teinté de tristesse.

- Et toi, tu ne veux pas rentrer ? je lui demande alors.

Elle hausse les épaules en regardant un Jeremy assoupi.

- Pas s'il faut que vous mourriez tous pour ça.


Nekael Harper, district 3, l'astronomie.

Nous marchons sans relâche dans la forêt, nous avons passé la nuit à marcher. Je n'en peux plus, mes jambes sont à deux doigts de me lâcher. Bien que Sidney ait repris ses esprits, elle est encore faible et il faut la soutenir quand elle se traîne. Wanda ferme la marche, ne cessant de se retourner avec la peur au ventre de voir Aiko surgir d'un buisson ou de derrière un arbre. Son bras est encore couvert de sang, la plaie que notre concurrente lui a faite est sale et encore ouverte. Je l'entends gémir à chaque pas lorsqu'un ruissellement réveille la soif qui assèche ma gorge. Je me précipite dans sa direction et après quelques minutes de pas de course dont je m'étonne d'être capable, je tombe sur une rivière.

Je m'agenouille sur la mousse et la boue de son bord et me jette sur l'eau, en avalant encore et encore sans plus m'arrêter. Je me rince le visage, les cheveux, les mains. L'air est étouffant et je me sens renaître. Wanda et Sidney arrivent peu après et se jettent à leur tour sur l'eau claire, pure et scintillante de la rivière.

La jolie blonde nettoie également son bras sans oser toucher à la plaie sans un rugissement de douleur. Elle prend le couteau qui était fiché dans son bras, alors à sa ceinture et le rince. Je vais dans l'eau qui me monte jusqu'à la taille et récupère des algues en son fond.

- Wanda, je lance, j'ai quelque chose pour toi.

Elle me regarde et je lui souris en lui montrant le tas vert et poisseux dans ma main.

Elle grimace lorsque je lui étale les algues sur sa blessure. Puis je m'assieds à mon tour dans l'herbe, profitant des rayons du soleil sur ma peau refroidie. Sidney est à quelques mètres de nous et nous regarde étrangement en silence. Puis, enfin, elle le brise :

- Pourquoi vous m'avez sauvée ?

Elle baisse les yeux et regarde un pissenlit qui s'agite avec le vent. Je ne sais pas vraiment quoi répondre. Je ne sais même pas pourquoi nous l'avons sauvée. Peut-être que la laisser là, s'étouffer et brûler de l'intérieur, sans rien faire, c'était participer à son meurtre ?

- Parce que, me prend de court Wanda, tu ne méritais pas de mourir. Nous ne méritons pas de mourir. Et si j'avais été dans ton cas, j'aurais aimé qu'on me sauve.

- Mais on va tous mourir.

Sa voix est tranchante, sans espoir. Au moins deux d'entre nous trois, c'est sûr. Wanda ne dit rien, elle regarde l'eau de la rivière. Cette eau qui sera encore là demain, dans une semaine, dans un an, toujours. Lorsque la poussière de nos os n'existera même plus.

- Comme Ella, reprend Sidney en sanglotant.

- Qui vous a empoisonné ? je lui demande alors, curieux.

- Ce connard d'Epelonias ! Depuis le début je savais que c'était une ordure, je suis dégoutée, on aurait jamais dû s'allier avec lui, je l'avais bien dit à Ella !

- Si ça peut te rassurer, il est mort, déclare Wanda d'une voix sans ton. Il est tombé sur mon chemin lorsque j'étais pourchassée par Aiko. Il a pris pile poil dans l'œil l'un de ses couteaux destinés à ma nuque, puis un autre dans la mâchoire. Il a hurlé tellement fort que je me suis dit que tout le monde devait l'avoir entendu. J'ai continué de courir, et je l'ai entendu pleurer, imploré derrière moi, puis hurler, encore et encore. En tout cas, il a arrêté Aiko. Et si ça peut venger Ella, je ne pense pas qu'il soit mort tout de suite vu la colère de cette fille qui n'a pas réussi à m'attraper.

Personne ne dit rien. J'ai lu dans un livre d'histoire que les américains avaient inventé une sorte de torture finale et psychologique qui s'appelait le couloir de la mort. C'est un peu ce dans quoi nous sommes. Je sais que je vais mourir. Je ne sais juste pas quand.


Exodus Keepling, district 6, la science.

Là, je ne bouge pas. Pas un geste. Je le fixe dans les yeux et nous nous regardons en chien de faïence. Il a un sac sur le dos, je pourrais le tuer et le lui prendre, mais le couteau qu'il tient dans la main m'en dissuade fortement. J'ai peut-être réussi à tuer cet imbécile de Dwayne, mais c'est simplement parce qu'il hurlait « il est où mon inventaire ? » sans s'arrêter et que j'en ai profité pour lui asséner un coup de poing qui lui a explosé la tête contre une pique dans les parois de la grotte. La suite, je préfère ne pas en parler.

Je sais néanmoins que si ce tribut du 10 est à priori inoffensif, sa partenaire, Aiko, est une tueuse sans merci. Je regarde tout autour de moi en attendant qu'elle apparaisse, je n'ose même pas partir en courant car, avec ma chance légendaire, je risquerai de lui foncer tout droit dessus. Coincé, je lui crache alors :

- Pourquoi vous ne me tuez pas, qu'on en finisse ?

Jusqu'alors raide et crispé, le corps de mon adversaire se détend.

- Tu es seul ?

Je hausse les épaules.

- Non, j'ai la bande des carrières avec moi, ils vont arriver et t'exploser la gueule.

Vright se met à sourire en coin.

- Qu'est-ce qui est drôle ?

- J'ai entendu Victor et Evy dire que tu étais un petit merdeux, ils ne se seraient jamais mis en alliance avec toi.

Piqué au vif, je m'apprête à lui sauter dessus quand je le vois se retourner subitement.

- Tu sens ? demande-t-il.

Au moment où j'allais lui dire « non », une odeur âcre m'agresse les narines, s'infiltre dans mon nez et dans ma bouche. Mes yeux commencent à piquer furieusement et je ne cesse de les cligner. Je commence à voir flou lorsque j'entends Vright hurler :

- COURS !

Je vois sa silhouette passer devant moi et sans attendre, je m'élance derrière lui.


Biba Clarke, district 7, la sidérurgie

Qu'est-ce qu'il se passe putain ? J'étais en train de mettre en place une des mines lorsque la terre s'est mise à trembler et qu'elle m'a explosé au visage. Je sens le sang couler et ruisseler le long de mon cou. J'ai tellement mal que je n'ose pas me toucher de peur de sentir les dégâts. Victor arrive droit sur moi et réprime une grimace de dégout. Je sais déjà que l'un de mes yeux m'a lâché et ma mâchoire me brûle violemment.

La terre continue de trembler et toutes les mines que j'ai posées sautent les unes après les autres dans un boucan infernal. La douleur commence à me donner des vertiges, des sueurs froides agitent mon corps. Victor tente de me soutenir et de m'emmener à l'intérieur mais je suis incapable de marcher.

Soudain, le paysage change, les arbres apparaissent dans toute leur hauteur et le ciel s'amenuise. La terre tremble toujours et je comprends que nous descendons. Mon cœur se met à battre la chamade et les pulsations se réfléchissent dans chaque point de douleur de mon visage. Le sol tombe, encore et encore, et j'ai l'impression d'être dans un ascenseur.

La douleur de mon visage me frappe et les vertiges me retournent l'estomac, la nausée se pointe mais je suis incapable ne serait-ce que d'ouvrir la bouche pour vomir. Je regarde dehors et voit le sable au loin. Nous approchons de l'eau et je revois le requin se jeter sur Diego, je revois tout le sang monter à la surface et teinté le bleu de la mer. Je vois son corps disloqué et dévoré remonter à la surface. Le paysage tangue. J'ai mal, mon dieu j'ai mal. Je sens un malaise m'envahir. Je dois résister, je dois être forte, je dois leur montrer que je peux survivre à tout, et même à une explosion en plein visage.

Nous avons atteint l'eau et Victor réapparait avec un sac à dos, sans doute celui que nous avons fait en vidant tous les autres sacs et en y concentrant le plus important, et une espèce de katana dans la main.

- On va devoir nager, Biba.

L'eau monte, monte, monte, elle s'infiltre dans le tunnel, j'ai les pieds dans l'eau, mais je suis incapable de me lever. Il y a le requin, je ne pourrais pas nager. Je ne peux plus parler. J'ai mal, tellement mal. J'essaie de me tirer avec les mains, l'eau est à ma poitrine. Je ne veux pas mourir, je ne veux pas, je ne peux pas. Je sens à peine les larmes sur ma peau brûlée. Je ne peux pas attendre la mort, je ne veux pas manquer d'air et souffrir, je ne veux pas mourir noyée. Je lance un regard suppliant à Victor et il me répond avec un regard désolé avant de lever son katana. Je sens à peine la lame me trancher le cou puis je m'effondre sur le sol.


Nonam Rodriguez, district 12, l'agriculture.

Assise en haut d'un arbre sur la plage, je suis fascinée par la descente du souterrain. Je vois l'aileron du requin rôder dans l'eau quand un coup de canon retentit. Je grimace, j'espère que ce n'est pas Evy, c'est de ma main qu'elle doit crever.

- Regarde le brouillard, me dit alors Jarod.

Je me retourne vers la forêt et voit une nappe presque transparente venir de la paroi du dôme et avancer tout doucement, se faufiler entre les arbres et couvrir tout l'espace.

Soudain, à notre gauche, apparait le groupe de Seith. Puis la folle du 3 sort toute seule et regarde le groupe de quatre. Elle s'apprête à se jeter sur eux quand l'asiatique du 10 apparaît à une centaine de mètres et leur fonce dessus. J'aurais presque voulu me joindre à la fête mais il ne manquerait plus que du pop-corn et nous serions comme devant un vrai spectacle. Aiko se jette sur la folle avec son couteau. Les lâches du 4 et du 5 se sont barrés à l'autre bout. Ils forment le groupe le plus nombreux, ils pourraient tous nous tuer, mais ils préfèrent la jouer tranquille. Amateur.

Un coup de canon retentit. Je regarde Nimue et Aiko qui se battent toujours, ah, c'était pas pour l'une d'elles.

Le souterrain est maintenant parfaitement englouti, il n'y a plus qu'une plateforme au milieu de l'eau, sur laquelle trône la corne d'abondance, qu'ils ont dû relever par un système mécanique.

L'aileron du requin a disparu et je vois le colosse du 1 nager en direction de la rive.

- Une barre séchée qu'il se fait bouffer, me lance Jarod.

Je suis plutôt d'accord avec lui, mais pour y mettre de l'enjeu, j'accepte le pari. Le suspense est insoutenable et je me retiens d'encourager mon pari comme le feraient des spectateurs dans un hippodrome. Je ne peux retenir un cri de victoire lorsque le colosse se relève sur le sable, la forme ombragée et gigantesque du requin alors à quelques mètres de lui. Il a le juge dans sa coupe celui-là ! Je suis néanmoins étonnée de le voir seul.

Un coup de canon. Je tourne la tête. Tiens, c'est Aiko qui est morte et c'est la folle qui a gagné. Monde étrange !

Des silhouettes apparaissent au bout de la plage, deux personnes, puis deux autres personnes. Je n'arrive pas à les distinguer, même en plissant les yeux, concentrée. Ils repartent dans deux directions opposées. Sérieusement ? Il est où le massacre ?

Un coup de canon. Ah bah voilà ! Je ne parviens pas à distinguer qui est mort, c'est frustrant.

Le brouillard disparaît soudainement et les différents groupes rentrent tous dans la forêt.

- Ne me dis pas qu'elle est morte !

- Non, me répond Jarod. Je l'ai vue sortir, elle était cachée derrière un des gros arbres à lianes là-bas. Par contre, Victor l'a rejointe.

Je hausse les épaules tandis que la plage se vide. Je n'ai pas peur de Victor. A vrai dire, je n'ai peur de personne. Depuis que la cervelle de mon frère a giclé sur mon visage, je n'ai plus jamais ressenti la peur, je ne suis faite que de haine.

Fin du chapitre


Pfiu ce fut violent xD Merci Haut-juge ! (genre il existe alors que c'est moi la sadique de l'histoire). De toutes façons, avec toute ma sympathie, ce sont des « jeux express », je n'ai pas dans l'optique de faire une longue histoire. Je pense qu'il n'y aura encore que 5 ou 6 chapitres Bon, avec ce total de 4 morts (dont deux sûres : Biba et Aiko (OUAIS JE TUE DU POTENTIEL ET ALORS – j'ai pas envie de faire des jeux prévisibles) et, sans dire les autres noms, petit indice : les morts sont exclusivement féminines…)

Plus que 12 tributs en jeu, la moitié a été joliment décimée x)

Pour l'instant, vous aurez sans doute remarquer que je ne tue pas vos préférés (enfin, ceux avec beaucoup de votes). Sachez que maintenant, les morts ne tomberont plus d'après vos votes, mais ces derniers comptent toujours pour les parachutes ;) (d'ailleurs le premier arrive dans le prochain chapitre)

Je ne sais pas si je pourrais publier la semaine prochaine, je pars en vacances dans le sud (du 5 au 15) et j'aimerais me « remettre » à ma fic originale (crossover de thèmes : zombie et vampires , qui fait actuellement 200 pages) que j'ai mis entre parenthèse pour écrire cette fanfic :) Donc, au plus tard, je vous revois dans deux semaines (au pire, vous n'avez qu'à vous inscrire en « follower » pour être avertis de la publication de la suite ^^

ps : oui, Nekael est un parachute humaine xD