Bonsoir tout le monde !

Non ce n'est pas un mirage, c'est bien un nouveau chapitre de MB ! :D Je suis profondément désolée de l'attente, mais faut vous en prendre aux techniciens internet de mon nouveau chez-moi qui n'ont pas fait que du bon boulot... Bref, passons. Et sachez aussi que mes cours ayant commencé très fort, j'ai peu de temps devant moi, alors le rythme de parution risque de ne pas suivre comme je l'espère... Qui vivra verra, mais un lecteur averti en vaut deux ;) Enjoy !


Mafia Blue II – Chapitre 11

« On peut savoir ce que tu fous ? s'écria Kagaho en repoussant brutalement Pharaon.

-Je t'embrasse, répliqua-t-il platement. Parce que je n'ai pas envie que tu partes.

-Me le dire ça n'aurait pas été plus simple ? rétorqua sèchement l'ancien assassin en se relevant d'un bond, furieux.

-Tu me plais, c'est si difficile à concevoir ? »

Kagaho se figea, dévisageant son camarade en se demandant clairement s'il ne se moquait pas tout simplement de lui mais le visage sérieux de Pharaon le convainquit que son compatriote était on ne peut plus sérieux.

« C'est ridicule, répliqua-t-il. Tu me connais à peine !

-Et alors ? Je n'ai pas besoin de tout savoir de toi pour avoir envie de passer une nuit en ta compagnie. »

A ces mots, la poitrine de Kagaho se serra de colère : alors c'était ça ? En lieu et place de l'amitié naissante qu'il avait imaginée, il ne serait qu'un coup d'un soir ?

« C'est tout ? siffla-t-il, les yeux plissés. Je ne suis qu'un plan cul ?

-Il ne tient qu'à toi que ça devienne plus, remarqua Pharaon.

-J'ai déjà quelqu'un dans ma vie, qui m'aime pour ce que je suis réellement, fit-il d'un ton froid.

-Ce n'est pas à cause de ce quelqu'un que tu as eu un imprévu qui t'a perturbé ? lança le propriétaire des lieux en haussant un sourcil. Je ne fais que constater l'évidence, ajouta-t-il en voyant l'éclat dangereux dans les yeux de son vis-à-vis.

-Je suis prêt à tout pour lui.

-Ce n'est pas une réponse, rétorqua Pharaon. Est-ce que tu as déjà connu quelqu'un d'autre que lui ? Autre chose que ce qu'il te fait vivre ? Tu es sûr que c'est de lui dont tu as besoin, Kagaho ? »

A peine avait-il fini sa phrase qu'il était plaqué contre le grillage, qui eut un cliquetis métallique assourdissant. L'oiseau de proie poussa un cri et s'envola d'un battement d'ailes se percher sur une branche, tandis que Cerbère se mettait à grogner, crocs à découvert, prêt à défendre son maître.

« Ecoute-moi bien parce que je ne le répèterai pas, gronda Kagaho en raffermissant sa prise sur la gorge de son compagnon. Ne t'avise plus de parler de lui de cette façon. Jamais. »

Pharaon hocha difficilement la tête. Kagaho le relâcha d'un geste brusque, lui permettant de respirer à nouveau normalement. L'énorme chien noir s'avança vers son maître et lui lécha la main, s'assurant qu'il allait bien. L'assassin tourna les talons et sortit de la volière, avant de lâcher d'un ton sec :

« Maintenant que tu n'as plus besoin de moi pour l'oiseau, ne t'attends pas à me revoir. »

Puis il partit définitivement.

#

Lorsqu'Aiolia revint du commissariat, il était exténué. La journée avait été désastreuse, et ce n'était pas un euphémisme. Aldébaran Constelação s'était au moins excusé de son retard et surtout de ne pas avoir prévenu ses collègues, mais le mal était fait, puisque Egidio Granchio l'avait déjà catalogué et l'avait définitivement à l'œil. Il ne savait pas ce qu'il avait contre les journalistes, mais ce n'était pas une raison de tout lui mettre sur le dos… Le jeune homme n'avait répondu à aucune de ses piques ouvertes, mais il en venait à se demander si son idée était vraiment une bonne idée.

Malheureusement, les confrontations n'étaient pas terminées pour autant, puisqu'il avait des révélations à faire cracher à son frère… Restait à espérer qu'Ayoros soit plus complaisant que cet abruti d'Italien.

Aiolia referma la porte d'entrée derrière lui et jeta un coup d'œil à la cuisine, avant de se diriger vers le salon. Il découvrit son ainé installé sur le canapé, des papiers étalés par terre, sur les genoux, sur la table, absolument partout.

« Tu essayes de refaire la déco ? se moqua-t-il en s'avançant.

-Déjà rentré ? s'étonna Ayoros en réponse.

-Il est tout de même presque vingt heures, rétorqua Aiolia en fronçant les sourcils. Ne me dit pas que tu as passé ta journée à trier des dossiers qui ne te regardent plus ! »

Le visage de son frère fut un aveu plus que suffisant. Avec un soupir, le cadet saisit une chaise et l'amena près du canapé, vu que tous les coussins étaient déjà occupés.

« Tu m'expliques ?

-Je voulais mettre de l'ordre, c'est tout.

-A ta place j'aurais tout mis à la poubelle. Mais ce n'était pas ce que je voulais savoir, tu le sais parfaitement. »

Ayoros rassembla quelques feuilles en un tas soigné, avant de prendre son inspiration :

« Hier, d'un commun accord, Saga et moi avons décidé que ce serait mieux pour la société que je parte.

-Donc tu as démissionné ? Ou tu as été viré ?

-Un peu des deux, avoua-t-il avec une certaine gêne. Ce n'était pas très clair.

-Pourquoi est-ce que tu aurais voulu quitter ce job ? s'étonna le plus jeune. Tu t'es toujours éclaté, là-bas… Qu'est-ce qui c'est passé ? J'espère que ton patron ne t'a rien fait, ajouta-t-il avec suspicion.

-Non ! s'écria Ayoros. Non, c'est juste qu'on était en… désaccord. Il y a quelques mois, Saga a eu un souci avec son frère et j'ai jugé bon d'intervenir, expliqua-t-il avec réticence. Si sur le moment le problème a été réglé, depuis ils ne se sont plus vus et j'en suis plus ou moins responsable.

-Mais tu as fait ça pour l'aider non ? Il est con ou quoi ton patron ? »

L'aîné eut un petit sourire et rétorqua :

« Si on devait être en froid à cause de Marine, est-ce que tu ne lui en voudrais pas un peu ?

-Mais Marine est ma petite-amie, riposta Aiolia. Ça ne compte pas. Ne me dis pas… » balbutia-t-il enfin.

Ayoros haussa les épaules et reporta son attention sur les papiers qui encombraient la table basse. Aiolia sauta sur ses pieds et s'installa sur le canapé, ignorant les froissements de protestation des feuilles sur lesquelles il s'était assis.

« Hey, regarde-moi ! Tu aimes ton patron ?

-Plus qu'il ne faudrait.

-Il le sait ? »

L'aîné rit, mais d'un rire sans joie et sarcastique :

« Evidemment non, qu'est-ce que tu crois ?

-Et tu as supporté ça depuis que lui et son frère ne se parlent plus ? Tu aimes souffrir ou quoi ? ajouta-t-il d'une voix désolée lorsqu'il vit qu'Ayoros hochait la tête.

-Il faut croire. Ça ne pouvait plus durer, Lia. On a pris la bonne décision.

-Là-dessus je suis d'accord, approuva le cadet. Mais alors il se passe quoi maintenant ?

-Rien du tout. Ne t'en occupe pas, Aiolia, c'est tout ce que je te demande. Fais moi confiance.

-Mouais, marmonna le journaliste avec une moue dubitative. Comment veux-tu que je te croie alors que tu as oublié de prendre du café ? »

Ayoros sourit d'un air désolé tandis que son frère éclatait de rire :

« C'est pas grave, je m'en occuperai demain. Viens là » ajouta-t-il en prenant son aîné dans ses bras.

#

« Bon sang, qu'est-ce que j'ai horreur des journées comme celle-là ! grommela Egidio en coupant le moteur de son véhicule.

-Dis aussi que me ramener chez moi était une corvée de plus dans ta vie, commenta Dokho en ouvrant la portière. Navré que ma voiture ait décidé de me lâcher précisément aujourd'hui. Tu entres boire quelque chose ?

-Tu me proposes un verre alors que je conduis après ? se moqua l'Italien en sortant à son tour. Ça marche, tant que tu me fais pas avaler du saké.

-Le saké est une boisson japonaise, sourit son collègue. Toi et la géographie ça fait deux, hein ?

-Bah, c'est dans le même coin tout ça : Chine, Japon, Corée… C'est pareil.

-Dis aussi que l'Italie et la France c'est la même chose !

-Ça na rien à voir ! » protesta l'ancien tireur en suivant son camarade jusque chez lui.

Dokho secoua la tête avec un rire amusé, avant d'inviter son ami à entrer. Parvenus dans le salon, il avisa Shion, installé sur le canapé, Mu assis à côté de lui. Leurs visages grave le figea quelques instants, mais Egidio avait déjà pris la parole :

« Mu ? Qu'est-ce que tu fais là ?

-Nous devons parler, répondit Shion à la place de son cousin. A propos de vous deux, ainsi que de Dokho et moi.

-En quoi ça vous concerne ? rétorqua l'Italien en fronçant les sourcils. Me dis pas que j'ai besoin de l'accord de la belle-mère ?

-S'il te plait, souffla Mu. Assieds-toi. C'est à propos de ce dont on a parlé hier soir. »

Egidio acquiesça et obtempéra à la demande du jeune homme, imité presque aussitôt par Dokho, qui esquissa un léger sourire à l'intention de son amant. Shion lui sourit en retour avant de soupirer :

« Mu m'a dit que tu avais remarqué la façon dont nous avions ouvert le coffre d'Hadès, Egidio. Il m'a dit également qu'il ne voulait plus rien te cacher. »

Le policier jeta un regard à son compagnon, qui planta ses yeux clairs dans ceux, plus sombres, de l'Italien.

« Je n'ai pas envie non plus d'avoir de secrets pour toi, Dokho, reprit l'Atlante. Mais il faut que vous sachiez tous les deux que ce que nous allons vous apprendre est dangereux. Il s'agit du secret le plus absolu de notre peuple, qui peut nous mener à notre perte. Vous comprenez ? »

Le Chinois hocha lentement la tête, ayant eut le temps de réfléchir à ce sujet et relativement préparé à ce qui allait suivre. Mais Egidio, lui, rétorqua sèchement :

« Mu m'a déjà fait la morale à ce sujet, j'ai compris que vous ne vouliez pas spécialement en parler. J'ai du mal à concevoir un truc aussi gros, mais admettons. Pourquoi nous le dire si c'est si important à vos yeux ?

-Parce qu'on a confiance en vous, déclara Shion. Parce qu'aussi bien moi que mon cousin, nous voulons nous donner une chance de vivre quelque chose avec vous, et que ce ne sera possible que si vous savez à quoi vous en tenir.

-Je crois pas que je suis prêt à ça. »

Mu écarquilla les yeux, visiblement blessé par les mots secs de l'Italien qui reprit aussitôt, ayant remarqué qu'il avait touché le jeune homme sans le vouloir :

« Je dis pas que je veux pas l'entendre, votre secret, hein ! C'est juste que… Mu et moi on a même pas dîné en tête à tête, encore ! C'est pas un peu précipité de me confier quelque chose d'aussi important pour vous ? » finit-il par avouer, un peu désemparé.

Mu se leva et alla s'agenouiller face à son compagnon et prit son visage entre ses mains, avant de souffler :

« Je t'aime. »

Dokho étouffa un rire en voyant son collègue rougir. Egidio lui jeta un regard noir, mais les mots du jeune Atlante avaient fait leur effet. Mu s'installa près de lui et attrapa sa main, avant d'acquiescer en direction de son cousin qui reprit la parole d'un ton grave :

« Vous savez déjà que la charge de grand prêtre nécessite une préparation particulière, expliqua-t-il. Parmi celle-ci, il y a le renforcement de capacités qui sont naturelles chez nous, pour les rendre plus puissantes… Beaucoup plus puissantes. C'est grâce à ces capacités que nous avons débloqué la serrure du coffre, que Mu m'a prévenu de ce qui était arrivé hier, que nous n'avons pas besoin de mots pour communiquer.

-Shion, de quoi est-ce que tu parles ? interrogea Dokho, perdu malgré lui.

-Je parle de télépathie, de télékinésie. Des dons que nous avons appris à maîtriser et qui pourraient se révéler dangereux pour nous si des personnes voulaient les utiliser à mauvais escient. Mais dangereux aussi pour les autres. C'est la raison pour laquelle notre peuple continue à vivre reclus, avec des contacts plus que limités avec d'autres populations. Dokho, je pourrais te tuer rien qu'en le pensant, souffla l'Atlante, le cœur battant. Je pourrais t'extorquer tes secrets, violer ta conscience, t'anéantir d'une simple pression mentale » termina-t-il d'une voix tremblante.

Un silence oppressant s'abattit sur le petit groupe. Les deux policiers, perplexes, se jetèrent un coup d'œil, sans savoir que dire après une telle révélation.

« J'ai du mal à y croire, murmura le Chinois. Même si tout s'accorde à te donner raison.

-C'est toi qui a bloqué l'ascenseur, l'autre fois ? l'interrompit Egidio en se tournant vers Mu.

-Elle n'avait pas à dire du mal de toi, répondit le jeune homme.

-Tu as fait quoi ? s'écria Shion. Mu ! Voilà précisément une mauvaise utilisation de la télékinésie, grinça-t-il en croisant les bras sur sa poitrine. Et encore, il n'est rien arrivé.

-Vous feriez des bons policiers, intervint Dokho, essayant d'apaiser la situation.

-Non, nia l'Atlante. Parce que notre première règle, celle que nous ne devons jamais transgresser, est de ne pas s'introduire dans l'esprit de quelqu'un sans son accord. Ce serait un viol pur et simple. C'est irréparable. Même si c'est fait pour une juste cause, il s'agit du plus abominable des crimes, Dokho.

-Je comprends, souffla-t-il. Enfin je pense.

-Je crois qu'un verre ferait le plus grand bien, soupira Egidio. T'as pas un truc bien fort ? Genre… Du coca ? »

Le Chinois haussa un sourcil.

« Hé, si je bois de l'alcool, je vais penser que j'ai imaginé cette conversation, s'écria l'Italien. Non, en fait, c'est prendre l'air qui ferait vraiment du bien, ajouta-t-il en se levant. Je te raccompagne ? demanda-t-il en se tournant vers Mu.

-Je veux bien, accepta celui-ci.

-Dokho, on se voit demain. A bientôt belle-mère » salua-t-il en agitant la main, avant de quitter l'habitation à grands pas.

Mu prit une grande inspiration, encouragé par un signe de la tête de son cousin, et le suivit à l'extérieur.

« Il l'a plutôt bien pris, commenta Dokho en poussant un long soupir.

-Trop bien, je dirais. Et toi ?

-Moi ? Tu n'as qu'à vérifier.

-Dokho ! s'exclama Shion.

-Excuse-moi, je ne devrais pas parler de vos… dons de cette façon. Laisse-moi du temps pour digérer ça, d'accord ? »

L'Atlante ferma les yeux et laissa sa tête retomber sur le dossier du canapé, brusquement exténué. Il sentait encore son cœur battre la chamade dans sa poitrine, même s'il se calmait petit à petit.

« Dokho… J'aimerais que tu me promettes quelque chose, chuchota-t-il, gardant les paupières closes.

-Quoi donc ? demanda le policier en se rapprochant de lui.

-De ne jamais me demander d'utiliser mes dons ou ceux de Mu pour vous aider dans une enquête. Promets-le-moi Dokho…

-D'accord, opina le Chinois. De toute façon, ça ne serait pas correct. Tu as ma parole, Shion. Je ne l'aurais pas fait de toute façon, tu sais.

-Je sais. Mais je préfère me fier à ta capacité de tenir ta promesse qu'en la mienne à te dire non. »

Dokho passa une main dans les cheveux de son amant, qui rouvrit les yeux et se tourna vers lui, un peu inquiet. Le policier lui sourit tendrement et chuchota :

« Merci d'avoir confiance en moi. »

Shion sourit en retour et rétorqua doucement :

« Merci à toi de m'accepter tel que je suis. »