11.

Dans l'envol de sa cape noire doublée de rouge, en cape, bottes et ceinturon d'armes étranges, le capitaine de l'Arcadia fit son entrée sur la Passerelle du Suprême, accompagné d'un massif gars en t-shirt rayé et d'une jeune femme blonde toute aussi armée.

- Où est Mylon ? C'est lui que je voulais voir !

- Il aborde le Massacreur, avec des commandos et quelques Aspirants.

- L'abordage est une affaire de Pirates ! jeta froidement Albator. Vous n'y connaissez rien, Militaires ! Pourquoi me fixez-vous ainsi, Capitaine Do ? Un problème ?

- Je n'ai pas l'habitude de parler à quelqu'un dont le masque d'argent me dissimule presque tout le visage !

- C'est ainsi, siffla Albator.

- Pour votre protection, ou celle d'autres personnes ? insista Irha.

- Le capitaine n'a pas de questions à supporter ! siffla la jeune Pirate blonde, toute de rose vêtue. Je m'appelle Kei Yuki.

- Nous sommes venus aider, si possible, mais si vous nous insultez, nous pouvons parfaitement repartir ! Moi, je suis Yattaran. Vous prenez l'aide de notre capitaine ou nous repartons ! La guerre de Pirates, nous connaissons, mais nous n'en risquerons pas une pour des Militaires si vous nous rejetez !

- Sur ce dernier point, je n'ai pas le luxe de refuser votre assistance, capitaine Albator.

Albator consulta sa tablette.

- Il y a un certain Anthénor Xendris à ce bord. Puis-je m'entretenir avec lui ?

Valandra s'avança, impressionnée, mais déterminée.

- Anthénor est parti avec le Colonel Desteyn !

- Oh non…

Battant en retraite, Albator quitta précipitamment les lieux avec son étrange escorte.

- Mais qu'est-ce que j'ai dit de mal ? s'étonna Valandra. Il va nous abandonner ?


Menant sa petite troupe dans une opération folle de tentative de s'assurer de la Passerelle du Massacreur et de son capitaine au passage, Mylon progressait lentement dans le labyrinthe du croiseur.

- Il faut tout surveiller, devant, derrière, et à tous les niveaux ! rappela-t-il. Les Pirates savent que nous sommes là, ils n'attendent que le meilleur endroit à leur bord pour nous piéger ! Il nous faudra faire feu les premiers ! Et aucune pitié !


Gwendaléone avait ramené un prisonnier volontaire à son capitaine.

- Erendal Thorpe. Je choisis volontairement mon camp !

- Pourquoi ? jeta Thorwald. Je ne peux que soupçonner une basse et prévisible manœuvre de la Flotte de Priam !

- Je vomis la Flotte qui accepte depuis trop longtemps des miséreux en son sein alors que seule l'élite de la société en a l'unique droit ! Je ne peux plus côtoyer la fange de la société, à mon niveau. Je préfère encore les Pirates ! Et je peux tout vous dire sur la position actuelle et la technologie de ce peuple que j'exècre à jamais ! Prenez-moi, capitaine Thornwald, ou faites-moi exécuter. Je ne veux aucune autre échappatoire à ma vie !

- En ce cas, selon la formule consacrée chez vous : bienvenue à bord !

- A vos ordres, capitaine Thornwald ! se soumit de son plein gré Erendal. Et me laissez-moi un jour l'espoir que je puisse faire gorge à ce traîne misère d'Anthénor !

- Je t'en fais la promesse. Tous peuvent aspirer à devenir Pirate. Mais ta Flotte, et celle de toutes les planètes indépendantes, ne peuvent tolérer d'accepter dans ses rangs la lie de la société ! Ils ne sont pas formés, ils n'ont pas la mentalité. Je me déshonorerais en affrontant un jour des ennemis aussi inférieur et sans classe !

Erendal sourit.

- En ce cas, nous nous comprenons parfaitement, Capitaine !

- Bienvenue à bord. Et pour première preuve de ta loyauté, va au-devant de ceux qui nous abordent, et parmi les Pirates qui les soutiennent, descends-moi le capitaine de l'Arcadia ! Tu le reconnaîtras facilement : un grand épouvantail noir, un échalas de première, un vagabond de l'espace !

- J'ai hâte de bouffer de la raclure !


Les Pirates progressant, à leur façon, en parallèle, avec les commandos du Suprême, Albator menait sa troupe restreinte mais d'élite en laquelle il avait la plus entière confiance.

Un tir venant de nulle part, visant sans nul doute sa tête, ne fit qu'effleurer son masque d'argent, le fissurant et le faisant tomber.