Avant que vous ne me balanciez des pierres au visage parce que je suis en retard, laissez-moi vous expliquer. En rentrant de vacances j'avais finis deux chapitres : le 10 et le 11 que voici. Sauf que l'ordi avec lequel je postais mes chapitres à rendu l'âme. Donc je n'ai rien publié, et j'ai finalement réussis à avoir l'ordi de mon père, donc voila… Ouais, j'avoue, ce chapitre est en ligne sur Skyrock depuis lundi ^^ A partir de maintenant je mets des titres à mes chapitres… Ca m'a pris comme ça. Je ne sais pas si j'en mettrais aux chapitres précédents, mais si c'est le cas, je vous préviendrais. On se retrouve en fin de chapitre !

Mots : 5356

Rating : K

Disclaimer : Pandora Hearts ne m'appartient malheureusement pas, sinon Elliot ne serait jamais mort, tout comme Oscar, et notre blond préféré serait en couple avec Léo. Sarah, Itami, Chrissy, Elita, et les autres O.C m'appartiennent


Chapitre 11 : When the nightmare comes...

Une semaine était passée depuis mon retour au lycée. J'avais passé la plus grande partie de mon temps dans ma chambre à apprendre toutes les leçons que j'avais manquée, sous la houlette stricte d'Itami. Oui, Elliot c'était plus ou moins désisté pour ce rôle, puisqu'on avait réussit à se prendre la tête pour une raison dont je ne me souvenais pas. Elita et Chrissy s'étaient montrées plutôt sympas et m'avaient laissée dormir lorsque j'étais fatiguée. Mes plaies me faisaient de moins en moins mal, sauf peut-être ma brûlure, qui semblait à vif de temps à autre. Un peu comme un coup de soleil, quand on y touche, ça fait mal. Mais c'est un coup de soleil vachement coriace...

-Sarah, reviens sur terre, tu vas tomber.

Je secoua brusquement la tête et pila net, suite à la recommandation de mon valet. Un pas de plus et je descendais l'escalier tête la première...

-Tu es sûre que tu n'es pas trop fatiguée ? voulu s'assurer Itami, qui marchait à côté de moi.
-Ca va je te dis, il ne reste plus qu'une heure de cours.
-Et on n'est qu'au début de la semaine. Tu ne tiendras jamais.
-Bien sûr que si. Tu t'inquiète trop, je vais bien.

Elle soupira et commença à descendre les marches en direction de la salle de mathématique. Vous savez, la fameuse matière que je n'aime pas trop ? Et avec le professeur un peu bizarre qui nous sert de professeur principal ? C'est bon, ça vous revient ? Oui, parce qu'en plus, il faut que je vous précise quelque chose : c'est aujourd'hui que nous savons qui seront les deux délégués. Et comme promis, je vais vous expliquer comment ça fonctionne. Il y a deux délégués par classe, un garçon et une fille pour respecter la mixité. Jusque là rien de bien compliqué, sauf qu'il faut rajouter à ça les deux chargés de discipline. Ils sont forcément en quatrième année, ils ont forcément été délégués l'année précédente, et ils forment forcément le même binôme que cette même année précédente. Le travail ne change pas vraiment de délégué à chargé de discipline, si ce n'est que ces derniers ont une suite qui leur est réservée, et qu'ils ont trois tonnes de travail administratif en plus. Et il ne suffit pas de vouloir être délégué, ou au contraire de ne pas le vouloir, pour être exaucé. Ce sont les professeurs et le directeur qui décortiquent tous les dossiers un par un, par niveau et par classe, afin de choisir les deux personnes qui assumeront ce poste pendant l'année. Et moi, je ne veux pas être déléguée. Non merci.

-Sarah... soupira Itami.

Je me poussa juste à temps pour éviter un élève visiblement en retard, et je regarda mon valet, qui m'attendait en bas de l'escalier. Inutile de préciser que je ne suis qu'à la moitié des marches...

-Quoi ?
-Tu étais encore perdue dans tes pensées... Essaye de rester un peu concentrée.
-Pour qui tu te prends pour me donner des ordres ? Ca devrait être l'inverse normalement !
-Eh bien affirme-toi un peu.

Cette dernière réplique me fit intérieurement bouillir de colère, mais je pris sur moi et arriva bien vite en bas.

-Je ne te permets pas.
-Je ne te demandais pas de permission, se contenta-t-elle de répliquer en reprenant sa marche.

Je soupira et la suivis à travers les couloirs un peu moins bondés qu'à l'accoutumé, puisque la plupart des élèves avaient finis leur journée. On arriva donc bien vite devant la salle de monsieur Zelt. Notre classe était attroupée dans le couloir, et pour une fois, nous étions assez calmes. Peut-être parce qu'ils sont tous pressés de savoir qui sera délégué... Oui, on a beaucoup de prétendants au titre, cette année...

-Entrez.

Le professeur de maths nous regarda franchir la porte de sa salle, et je me dirigea vers ma place habituelle qui avait été délaissée pendant longtemps, tout au fond, loin des deux Nightray, à côté d'Itami.

-Bien, comme vous le savez tous, les professeurs et monsieur le directeur ont nommés les délégués de toutes les classes, ainsi que les deux chargés de discipline la semaine dernière. Je vais donc vous annoncer les noms des deux élèves qui ont été choisis dans votre classe, ainsi que les deux nouveaux chargés de discipline.

Un long silence suivit son petit discours, où tout le monde retenu son souffle. Pitié, faites que ce ne soit pas moi... Pitié, faites que ce ne soit pas moi...

-Elliot Nightray et Sarah Sword.

J'arrêta de respirer pendant quelques secondes, alors qu'Itami marmonnait un léger "aïe aïe aïe...". C'est quoi ce délire ?! Moi délégué ? Avec l'autre Nightray en plus ? Sans moi, désolé. C'est non, impossible, inimaginable. Non mais à quoi ils ont pensés en nous nommant tous les deux délégués ?! Ils se sont dit "Si on les met ensemble ils deviendront les meilleurs amis du monde ?" ?! Non non et non ! Tous les regards étaient braqués soit sur moi soit sur l'autre idiot de blond.

-Et les deux chargés de discipline sont Andrew Lister et Elizabeth Delford.

Il y eu quelques murmures dans la classe, et je croisa le regard d'Elliot alors qu'il s'était tourné vers moi. Et je crois que nous nous sommes dit la même chose : "on est mal barré...".

-Silence ! Maintenant que cette affaire est close, ouvrez vos livres page quarante-deux, ainsi que vos cahiers, nous reprenons le cours.

Plusieurs protestations s'élevèrent, bien entendu, mais tout le monde était trop choqué par l'annonce qui venait d'être faite pour vraiment se rebeller. Je me tourna doucement vers Itami. Depuis la semaine dernière, elle avait repris un peu de poids, et ses cernes avaient disparues, mais je continuais de me dire qu'au moindre problème, elle ferait une rechute. Quoi que, je n'avais pas trop à m'inquiéter de ce côté là, visiblement Léo gérait la situation lorsque je n'étais pas là. Il faudrait que le remercie pour s'être occupé d'elle d'ailleurs... Je le ferais à la fin du cours.

Le cours de maths fut d'un ennui mortel, surtout pour les personnes qui ne comprennent rien comme moi, et ce fut donc un véritable soulagement lorsque la cloche annonçant la fin de la journée se déclencha. Je me leva lentement de ma chaise pour ménager ma brûlure, je rangea mes affaires, et m'étira. Je vais vite fait faire mes leçons, je file à la bibliothèque, je vais faire du piano, je mange, et je dors directement. Je n'en peux plus de ces journées surchargées...

-Miss Sarah, est-ce que vous pouvez venir s'il vous plait ? Vous aussi d'ailleurs messire Elliot.

Je me tourna vers le prof, qui était assis à son bureau, et je fis signe à Itami de partir devant. Je posa mon sac sur mon épaule et me dirigea vers monsieur Zelt, en même temps qu'Elliot alors que Léo se dirigeait vers la sortie.

-Le directeur vous fait confiance pour assurer votre rôle de délégué de manière sérieuse et honorable, ce qui implique que vous devez montrer l'exemple. Donc, plus de bagarre entre vous, est-ce bien clair ?
-Oui monsieur, marmonnais-je.
-Vous aurez des formulaires à remplir dès ce soir normalement. Vous pouvez y aller.

Je sortis de la pièce, fatiguée, épuisée, et franchement démoralisée. Moi qui voulait me coucher tôt, je crois que c'est mal partit...

-Alors ? me demanda Itami, qui m'attendait dans le couloir avec Léo.
-Des papiers, des papiers, et encore des papiers... soupirais-je.

Je me frotta les yeux, avant de me diriger vers les escaliers au bout du couloir.

-Sword !

Je me retourna et regarda les deux Nightray s'approcher.

-Quoi ?
-Elliot voulait se proposer pour t'aider à remplir les fiches. Vous irez plus vite à deux, et vous pourrez vous coucher plus tôt, expliqua Léo, alors que ledit Elliot avait les mains dans les poches et un air contrarié sur le visage.

J'haussa les épaules, avant de me frotter de nouveau les yeux. Pas pour longtemps, puisqu'Itami avait vite fait de me saisir les poignets pour que j'arrête. Soit disant que ça irrite.

-Tu es sûr que c'est lui qui veut, ou c'est toi ? demandais-je.
-Un peu des deux, répondit le noiraud.

Nouveau haussement d'épaule de ma part. Je repris ma route sans plus rien dire et descendis mollement les marches de l'escalier. Je n'avais plus aucune force... Je reprenais doucement du poids, mais il y avait une certaine limite que je ne pouvais pas franchir, et mes repas étaient assez maigres. Si bien que je me fatiguais vite. Et de drôle de cauchemars m'empêchaient de dormir correctement. Rien à voir avec l'incendie, quoi que des fois tout se mélangeait, mais je revivais sans cesse ma défaite contre Karina, en déformée de temps à autre.

J'arriva bien vite dans les jardins, et sans vraiment me préoccuper de si oui ou non Itami me suivait, je me dirigea vers le dortoir. La pluie semblait s'être un peu calmée, ce qui n'était pas étonnant vu la tempête qui s'était déchainée ce midi. Je pénétra dans le grand internat des filles, dont les portes étaient encore et toujours ouvertes. La gouvernante était dans son bureau, et je monta les marches de l'escalier pour rejoindre le premier palier. Arrivée en haut, j'étais hors d'haleine, et je dû m'arrêter pour reprendre mon souffle, une main au niveau de la gorge. D'après Itami, si je dormais mal c'était parce que j'appréhendais mon retour au manoir dans deux semaines. Les vacances commençaient le vendredi soir, mais comme tous les élèves partaient justement à ce moment là, il avait été décidé que je ne rentrerais que le samedi matin, pour éviter la foule. Encore deux semaines de cours, pour avoir ensuite deux semaines de vacances chez moi. Je ne savais pas trop si je devais être heureuse ou non. Qui disait manoir disait mon père, et il était vrai que j'avais peur. Mais un problème après l'autre, d'abord les cours, le reste attendra.

Je repris ma marche dès que je me fus calmée, et je me traina jusqu'à ma chambre. Elita était déjà là, mais visiblement, Chrissy venait de finir les cours et ne devait pas encore être arrivée. Elle prenait toujours son temps...

-Alors ? me demanda Elita.
-Alors quoi ?
-Ta journée de cours ?
-Fatigante.

Elle était assise sur son lit, un cahier grand ouvert devant elle, que j'identifia comme étant de la sociologie. Je lâcha mon sac au pied de mon lit et m'étala mollement sur mon matelas une fois que j'eu envoyé mes ballerines dans un coin. Oui, j'avais dit que je ferais mes leçons, mais là j'ai comme qui dirait la flemme. Elita se tu et travailla en silence pour me laisser me reposer, et je resta ainsi allongée sur le flanc, puisque me mettre sur le ventre était douloureux.

-Je suis délégué... marmonnais-je alors.
-Pardon ?

Elita se tourna vivement vers moi, les yeux grands ouverts. Non, je n'avais toujours pas digéré ça...

-Avec l'autre attardé... précisais-je.

Elle grimaça et me regarda fermer les yeux.

-Et il n'y a pas moyen que tu te désistes ?
-Ce n'est pas les élèves qui choisissent, une fois qu'on est nommé, on est nommé, point.

Je rouvris les yeux, et arqua un sourcil en la voyant regarder dans le vague.

-Pour continuer dans la série des mauvaises nouvelles... commença-t-elle, on a reçu les invitations au bal d'automne.

J'enterra ma tête dans l'oreiller en gémissant. Journée de merde...

-J'irais pas.

Elle me regarda de travers, mais je n'y prêta pas attention.

-Tu es obligée, tu es délégué. Encore, si ça n'avais pas été le cas, tu aurais peut-être pus y échapper, mais là...

Je soupira de dépit. Au même moment, la porte s'ouvrait et Chrissy débarqua.

-Je suis délégué... souffla-t-elle, visiblement troublée.
-Tant mieux pour toi, déclara Elita, qui semblait réellement le penser, bien qu'elle se soit repenchée sur son cahier.

Je releva la tête de mon oreiller et le regarda traverser la pièce pour aller s'assoir sur son lit.

-Tu ne voulais pas ? demandais-je.
-Bah en fait je n'avais pas imaginé que je pourrais l'être...
-Si ça te rassure, moi aussi je suis délégué.

Elle tourna la tête vers moi, et je roula pour changer de flanc et la regarder.

-Avec qui ?
-L'abrutis de Nightray.
-Ah...
-Et toi ?
-Un gars que je ne connais pas bien.

J'hocha la tête et m'allongea confortablement sur l'oreiller.

-Si je m'endors, réveillez-moi dans dix minutes, il faut que j'aille à la bibliothèque.
-Tu n'as pas encore fait tes leçons, soupira Elita.
-Je les ferais après manger.

Je ferma les yeux et vida mon esprit pour ne penser à rien et m'endormir.

-Alors chasseuse, comment tu te sens ?

J'ouvris vivement les yeux. J'étais sous l'eau, je distinguais très nettement la surface brillante du lac, loin au dessus de moi. Mais il n'y avait pas de fond, et je tombais doucement, toujours plus profondément. Bizarrement, j'arrivais à respirer. Ou tout du moins, je ne souffrais pas du manque d'air.

-Qu'est-ce que ça fait de mourir ?

Je me tourna vers celle qui parlait. Elle ressemblait à Karina, mais je ne saurais dire pourquoi, il y avait également quelque chose qui me disait que ce n'était pas tout à fait elle.

-Je ne meurs pas, je...

Qu'est-ce que je fais au juste...? Soudain, un sourire dément s'installa sur son visage, et une douleur atroce me déchira le ventre. Une morsure brûlante, comme un coup de poignard dans l'abdomen.

-Tu as échoué, tu as lamentablement perdu... Tu couvres ta famille de honte...

Soudain, je ressens clairement le manque d'air. J'ai l'impression de peser une tonne, je ne peux pas bouger, et l'eau s'infiltre en moi. Je coule de plus en plus vite, et la tâche scintillante de la surface ne devient plus qu'un point lumineux loin de moi.

Je panique, j'essaye vainement de bouger, de me débattre, de faire quelque chose, mais rien. Dans l'élan du désespoir, je me tourne vers Karina, mais peu à peu, son visage devient flou, pour devenir un homme dont je ne distingue que la silhouette et le médaillon de Pandora qui pend à son cou. L'homme de l'incendie... Il tend la main vers moi, et je cesse de bouger, les yeux écarquillé, attendant la suite.

-Sarah...

-Sarah !

J'ouvris d'un coup les yeux et me redressa vivement, haletante.

-Hey, ça va ?

Je posa maladroitement une main sur ma gorge, comme pour essayer de trouver plus d'air.

-Je vais chercher Itami.

Chrissy quitta la pièce, sans doute paniquée, tandis qu'Elita m'aidait à m'assoir correctement.

-Respire doucement.
-Elle n'est pas dans sa chambre, cria Chrissy, les larmes aux yeux.
-Va voir à la bibliothèque, en courant.

La rose s'exécuta et partit comme une dingue.

-Ca va aller ? me demanda doucement Elita.

Je ne répondis pas, la gorge serrée, les larmes dévalant doucement mes joues. Je posa ma main droite sur le matelas et serra les draps aussi forts que je le pouvais, tandis que la gauche quittait ma gorge et cherchait désespérément les doigts d'Elita.

-Respire, calmement.


Chrissy courait comme une folle à travers les jardins, se moquant bien de la pluie où du manque d'air qui l'étreignait toute entière. Il fallait qu'elle trouve Itami, et vite. Très vite. Elle entra dans le bâtiment des salles de cours, et traversa le rez-de-chaussée sans ralentir, tournant de temps à autre pour emprunter un nouveau couloir. Elle fit une entrée tonitruante dans la bibliothèque et, ignorant les protestations de la dame qui s'occupait de l'endroit, elle chercha la noiraude des yeux. Elle couru de long en large, regardant dans tous les rayons, et finit par trouver la jeune fille, assise par terre, pas très loin de la table où étaient les deux Nightray.

-Itami !

L'interpellée releva la tête de son bouquin, et fronça les sourcils en voyant l'air paniqué de Chrissy, ainsi que les légères larmes qui coulaient le long de ses joues.

-Qu'est-ce qui se passe ?

Elle se releva et s'approcha de la pauvre fille. Les deux garçons, qui avaient évidemment entendu Chrissy, s'approchèrent également, plus parce que Léo avait trainé Elliot qu'autre chose.

-Il y a un problème ? demanda le noiraud.
-C'est... C'est... haleta la rose.
-Calme-toi Chrissy.

Itami posa doucement sa main libre sur l'épaule de la jeune fille, tenant toujours son livre dans l'autre.

-Sarah... Elle...

Pour le coup, la noiraude n'attendit pas. Elle laissa son livre tomber par terre, et elle partit en courant, laissant là la pauvre Chrissy qui sanglotait et les deux Nightray.

-Va avec elle Elliot.
-Pourquoi ?
-Parce que Melt ne devrait pas courir normalement, elle est trop fragile. Et puis Sarah ne va pas bien, alors va donner un coup de main, je m'occupe de Miltaw.

Le blond soupira, mais partit tout de même à la recherche d'Itami.

-Calme-toi.

Léo aida Chrissy à s'assoir sur la chaise la plus proche, et alla ramasser le livre que la noiraude avait laissé tomber.

-Explique-moi ce qu'il s'est passé tu veux ?
-Elle... Elle...
-Respire Miltaw.

La rose ferma les yeux et inspira profondément. C'est vrai, il fallait qu'elle se calme... Elle prit son temps, et lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle put voir que Léo lui souriait amicalement.

-C'est bon, tu te sens mieux ?
-Oui... Désolé...
-Je t'en pris, tu n'as pas à t'excuser.
-C'est... C'est juste que Sarah a fait un cauchemar, et on n'arrivait pas à la calmer avec Elita...

Léo fronça les sourcils derrières ses imposantes lunettes.

-Ca lui arrive souvent ?
-Ces derniers temps, oui.

Le noiraud hocha la tête.

-Repose-toi un peu, je vais rejoindre Elliot.
-D'accord.

Elle regarda le garçon partir et souffla un bon coup.

De son côté, Léo avançait rapidement, et il traversa au pas de course les jardins. Il se faisait beaucoup de soucis pour Sarah, mais aussi pour Itami. Elle ne devait pas courir, c'était pour cela qu'elle était dispensée de sport. Mais elle était partie comme une flèche tout à l'heure, et ce n'était pas une bonne chose. Elle avait pu faire un malaise, ou quoi que ce soit du même genre. Inconsciemment, il accéléra jusqu'à se mettre à courir. Il arriva au dortoir des filles sans voir personne, sauf la gouvernante, l'air contrarié.

-Ah non, ça suffit, plus de garçon ici !
-Excusez-moi madame, mais c'est urgent... haleta le noiraud.
-Il m'a dit la même chose, le Nightray.

Sans attendre, Léo partit vers l'escalier, qu'il grimpa quatre à quatre. Personne dans le couloir. Il savait où était la chambre de Chrissy, puisqu'il y avait été quelques fois pour lui rendre des livres. Il poussa la porte entrouverte et s'arrêta, peinant à respirer. Itami était assise sur le lit d'Elita, dos à lui, mais il voyait ses omoplates se soulever au rythme de sa respiration chaotique, tandis qu'Elliot était près de Sarah avec la brunette.


C'est insupportable... Cette impression d'étouffer... Les bouffées de chaleur qui ne veulent pas disparaitre... L'impression de me noyer encore... Et puis l'impression d'étouffer dans la fumée de l'incendie...

-Respire doucement Sword.

Cette voix... C'est celle d'Elliot... Enfin je crois... Pourquoi mes oreilles sifflent-elles autant ? J'ai l'impression de basculer, que ma tête tourne et que je vais tomber. C'est peut-être ce qui se passe...

-Sarah...

Ca c'est Elita, je peux la reconnaitre puisqu'elle est avec moi depuis le début. Mais depuis le début de quoi au juste ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Une main froide se pose sur mon front, et on me force à me rallonger. Une couverture se pose sur moi, l'oreiller contre ma tête me fait du bien, et je distingue les visages d'Elita et Elliot qui se découpent sur le plafond blanc. Quoi que, c'est presque comme si je voyais à travers un voile d'eau : tout est trouble. Je cligne des yeux, une fois, deux fois, mais tout reste brouillé. Alors je ferme les yeux pour de bon et attend. Pourquoi est-ce que j'ai si peur ? Ma gorge est tellement nouée que je n'arrive pas à inspirer à fond. Il faut que je respire... Respirer...

-C'est bon Sword, tout va bien...

Mes poumons semblent peu à peu me laisser respirer, et je me calme petit à petit. J'ouvris presque timidement les yeux, et constata que ma vision s'éclaircissait.

-C'est bon Melt, elle va bien, assura Elliot après un soupir.

Je tourna la tête vers le lit voisin, et regarda mon valet, les yeux embuées de larmes, la respiration affreusement saccadée, bien que Léo ne cesse de lui demander de respirer calmement.

-Je t'amène de l'eau, déclara Elita.

Elle quitta le bord du matelas et sortit de mon champ de vision, tandis qu'Elliot se penchait de nouveau sur moi.

-Tu te sens mieux ?

J'ouvris la bouche pour répondre, mais je ne pus émettre qu'une vague plainte à demi étouffée.

-Ne bouge pas, tu es fatiguée, il faut que tu te reposes.
-Je... N'ai pas que ça à faire... murmurais-je.
-Si tu parles de tes leçons, on peut s'arranger, assura Elita en revenant de la salle de bain.

Je vis le Nightray lui lancer un vague regard, et il me redressa avec mille précautions pour que je sois assise contre mon oreiller. Depuis quand la cicatrice dans mon dos me lançait-elle exactement ? Un liquide froid glissa dans ma gorge sans que je ne m'en rende vraiment compte, et je faillis m'étouffer.

-Vas-y doucement Nightray, râla Elita.
-Oh ça va hein ?!

Je repoussa faiblement le verre qui était contre mes lèvres et regarda le blond le poser sur la table de chevet.

-Tu devrais te reposer encore un peu, il faut que tu récupères. Je peux m'occuper des fiches qu'on a à remplir ce soir si tu veux dormir, assura-t-il.
-Je veux pas de ton aide...

Il soupira et leva les yeux au ciel, avant de m'aider à me rallonger.

-Je ne te demandais pas ton avis.
- Alors ferme-la.

Il me fusilla du regard, et je le vis froncer les sourcils, signe très clair qu'il allait s'énerver.

-Elliot, coupa Léo, ce n'est pas le moment.

Soudain ramenée à la réalité, je me tourna vivement vers lui pour voir dans quel état était Itami. Léo l'avait forcée à poser sa tête sur son épaule, et elle avait les yeux fermés, tentant de reprendre au mieux sa respiration.

-Je vais la ramener dans sa chambre, assura le noiraud en suivant mon regard.
-Merci...
-Je t'en pris, c'est normal.

Mon valet ouvrit les yeux et je croisa son regard malgré ses lunettes.

-Ca va aller, il faut juste que je me repose un peu, assurais-je avant qu'elle ne puisse protester.
-Tu es sûre ?
-Oui, je t'assure.

Elle baissa la tête, et laissa Léo l'aider à se lever. Alors qu'ils passaient la porte, Chrissy entra, et adressa un maigre sourire au noiraud. Il y en avait du monde... Léo et Itami disparurent dans le couloir et je réorienta ma tête vers le plafond. J'avais mal au crâne tout à coup...

-Essaye de dormir, me conseilla Elliot, bien qu'il semblait bouder.
-Je te réveillerais pour aller manger, assura Elita.

Je vis du coin de l'œil Chrissy aller s'assoir sur son lit, visiblement encore un peu chamboulée.

-Je vais bien, lui assurais-je.
-Mais tu...

Je détestais qu'on s'inquiète pour moi... C'était une forme d'attachement, et je ne voulais m'attacher à personne. S'attacher apporte toujours plus de douleur que de bonheur. Je soupira d'exaspération et ferma les yeux. Me couper du monde... C'est lâche, j'assume. Je ne fais que reporter une bataille. J'ai l'impression d'en reporter beaucoup ces derniers temps... Le sommeil m'absorba rapidement, ou peut-être était-ce l'inconscience qui avait fait de moi sa compagne pour quelques temps, je ne saurais le dire. Toujours était-il que je ne fis aucun cauchemar. Ou je ne m'en souvenais pas. Ma tête me faisait penser à une grosse pastèque prête à exploser. Combien de temps me restait-il avant qu'elle n'éclate ?


-Tu te sens mieux ? demanda doucement Léo.

Itami ne pu répondre. Elle était toujours essoufflée et n'arrivait pas à retrouver une respiration stable.

-Assied-toi.

Le noiraud l'aida à s'installer sur son lit et lui retira sa veste d'uniforme. La chambre était déserte, Rica et Stassy devaient être à la bibliothèque pour faire leurs leçons.

-Respire doucement Melt.

Il s'assit à côté d'elle et la regarda fermer les yeux. Sa tête dodelinait doucement, elle tremblait, ses vêtements et ses cheveux étaient mouillés, mais elle ne semblait pas s'en soucier.

-Allonge-toi Melt, et essaye de te calmer.

La jeune fille entrouvrit à peine les yeux pour le regarder, et Léo se pencha pour lui retirer ses ballerines. Il les posa doucement près du lit et passa une main sous ses genoux pour poser ses jambes sur le matelas, et il l'aida à s'étendre entièrement sur les draps.

-Ca va ?
-Hm...

Elle hocha faiblement la tête et soupira en sentant l'oreiller contre sa tête. Ses poumons étaient comprimés, et la veste doublée du gilet qu'elle portait n'aidait pas. Elle avait toujours la fâcheuse tendance à prendre une taille en dessous de ce qu'elle devait mettre pour ses vêtements, puisqu'elle avait passé son enfance avec des habits trop grand pour elle. C'était juste une habitude qu'elle avait prise. Mais dans l'immédiat, elle avait l'impression d'étouffer. Elle porta difficilement une main à sa gorge comprimée, et en haletant, elle essaya de défaire les premiers boutons de son gilet.

-Attends, je vais le faire, intervint Léo.

Il retira gentiment les doigts de la noiraude et défit le premier bouton. Il ne savait pas trop jusqu'où il devait aller, et il décida de juste retirer le gilet pour l'instant. Il s'étonna d'ailleurs de voir la chemise si serrée autour de la taille fine de la jeune fille. Il ne posa cependant aucune question, jugeant que cela ne le regardait pas. Chacun avait ses habitudes et ses secrets, lui le premier. Il écarta le gilet noir et le plia, avant de le poser sur le lit voisin.

-Tu veux que j'ouvre ta chemise ? demanda-t-il.
-Je veux... Bien...

Il hocha la tête et s'attarda quelques secondes sur le visage de la jeune fille. Ses joues étaient rougies par l'effort, sa bouche s'ouvrait un peu plus à chaque inspiration, une fine perle de sueur glissa le long de sa joue, et ses lunettes cachaient ses yeux. Il sourit un peu malgré lui, trouvant qu'elle lui ressemblait vraiment. Il se pencha vers elle, dénoua le ruban autour de son cou et défit les quatre premiers boutons de sa chemise blanche, dévoilant sa peau maladivement pâle ainsi que le haut de son soutien-gorge clair.

-C'est mieux comme ça ?
-Hm...

Elle tourna un peu la tête sur le côté, la respiration un légèrement plus calme. Léo tendit doucement une main vers son visage, et il retira les lunettes de la jeune fille pour qu'elle ne soit pas gênée. Il avait déjà remarqué que la jeune fille gardait toujours les yeux fermés lorsque les deux verres épais n'étaient pas là pour les cacher. Un peu comme lui d'une certaine façon.

-Essaye de dormir, je serais là quand tu te réveilleras, promit-il.

C'était ridicule ce qu'il venait de faire, il le savait. Il venait de promettre quelque chose dont il n'était pas sûr. Ce serait le destin qui déciderait. C'était comme se trouver dans une impasse, où seul la chance et le cour des choses pouvaient construire une issu. Pourtant, il ressentait le besoin de lui promettre quelque chose, peu importait quoi. Le besoin de se raccrocher à elle alors que ce devrait être elle qui devrait se raccrocher à lui. L'envie de la protéger. Pourquoi ? C'était une impulsion, quelque chose de totalement incontrôlé, quelque chose contre laquelle il ne pouvait pas lutter. Et en même temps, il y trouvait des avantages. La relier à lui voulait également dire qu'elle ne pouvait pas partir. Il la rattachait à autre chose qu'à Sarah, ainsi il s'assurait qu'elle irait bien même si le pire devait arriver à la blonde. Comment il en était arrivé là, il n'en savait rien. Peut-être était-ce l'état dans lequel elle s'était retrouvé après la mission à Dumb qui avait finit de le convaincre qu'il devait agir, peut-être n'était-ce pas ça. Comme savoir après tout ? Lui qui était d'habitude lucide se retrouvait avec une tonne de questions sans réponses qui tournaient dans sa tête. Il essayait d'y trouver des réponses, censées ou non.

-D'accord...

Elle remonta doucement la couverture sur elle et se tourna doucement sur le flanc. Inquiète, elle l'était. Pour Sarah. Ses cauchemars ne semblaient pas vouloir la laisser en paix, et elle seule savait ce qui se cachait réellement derrière la carapace d'arrogance et de mépris de la jeune blonde. Et si elle venait à perdre cette protection, Itami ne voulait même pas imaginer ce qui se passerait. La Sword était tourmentée, incapable de faire le deuil de l'incendie, incapable de contrôler ses émotions, incapable de se comprendre et de savoir qui elle est. C'était sûrement normal à leur âge, mais pas à leur époque. Une jeune femme est construite par son père, et toute sa vie est décidée par cette même personne. On ne contrôle rien. Et ce manque de contrôle, Sarah le ressentait trop. Et la jeune noiraude craignait plus que tout le moment où elle exploserait.


Honnêtement, ce chapitre, je voulais qu'il soit plus long, et ce pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'au début, je n'avais pas vraiment prévu tout ce qui s'est passé à partir de la bibliothèque. Ensuite, parce que j'ai longtemps hésité à ce que Sarah aille à la bibliothèque avec Elliot pour les feuilles de délégué. Peut-être dans le prochain chapitre, allez savoir ;)

Deuxième chose, à partir de maintenant, il y aura quelques chapitres où ce ne sera que la description des journées banales de lycéen, et tout, parce que j'estime qu'il faut que je prenne mon temps, et qu'il faut que la pression retombe doucement après tout ce qui vient de se passer.

Troisièmement, je ne pense pas m'avancer en disant que cette fiction comptera deux saisons bien distinct, mais ne vous en faite pas, la première est loin, très loin, d'être terminée. Du coup, le rating M ne sera justifié que dans la saison 2.

Et enfin, j'ai commencé une school-fic, reprenant un peu le modèle de celle de Coeurs-de-Pandora (sur Skyrock), bien que je ne prétende absolument pas atteindre son niveau. Elle ne sortira que lorsque j'aurais plusieurs chapitres d'avance, donc je vous tiendrais au courant.

Et donc, juste une question capitale : le passage entre Léo et Itami, comment il est ? Non parce que j'ai longtemps hésité sur la relation qu'ils allaient entretenir. Je ne voulais pas que ce soit immédiatement le grand amour, ou quoi que ce soit de ce genre, alors j'ai trouvé une alternative, et je vais exploiter leur relation autant que je peux, j'espère. C'est aussi pour ça que je ne peux pas prévoir combien de temps je vais mettre avant de poster un chapitre : je ne veux vraiment pas me foirer sur cette fic et je prends mon temps pour qu'il n'y ait aucune incohérence, et pour pouvoir vraiment exploiter mes idées autant que possible.

Le chapitre 12 est déjà écrit, je n'ai plus qu'à le corriger, et le 13 est presque terminé, mais avec la rentrée (je rentre au lycée, yeah !) je ne sais pas quand je posterais. Bye ~