Salut salut !
J'ai presque oublié qu'il fallait que je poste le nouveau chapitre (oups lol). Je n'ai pas répondu à toutes les reviews et je m'en excuse, mais promis elles me font toutes super plaisir et je suis ravie de voir que vous attendez à chaque fois la suite avec impatience.
Je sais que certains aimeraient que je poste plus souvent, mais me connaissant, pour l'instant ce n'est pas possible. A partir de septembre par contre... Je passerai sûrement à un chapitre toutes les 2 semaines (voir moins si j'ai la volonté lol). :)
Je remercie encore et toujours ma bêta Nanola qui prend son mal en patience alors que je la fait attendre éhontément (désoléééééeeee).
Sur ce, bonne lecture (et passez un bel été!)
Ox'
Chapitre 11
Laisse la culpabilité te quitter
Cher Harrison,
Aucun mot ne peut décrire à quel point je suis heureuse que tu aies fini ton entraînement et que tu sois maintenant un Voyant à part entière. J'ai fait un bon travail, n'est-ce pas? Hélas, si tu n'avais été si avide d'apprendre et aussi sérieux, j'aurai eu bien plus de mal à t'aider à devenir qui tu es aujourd'hui. Tu as progressé à pas de géant, et cela me restera en mémoire pour le reste de ma courte existence. Mais je vais garder mes félicitations pour le moment où Blaise et moi rentrerons de notre voyage d'été. Il est impatient de te revoir, je peux le Voir... je sens son excitation et sa curiosité.
Par rapport à tes questions sur nos visions, c'est à toi de voir. Les Voyants sont des créatures très puissantes, Harrison. Nous pouvons voir derrière le voile du passé et aussi être les témoins d'un futur encore incertain. La Mort n'est que le plan du Destin, pour chacun d'entre nous. Comme je te l'ai déjà dit, j'ai vu la mort de mes nombreux époux dans mes visions. De la même manière que tu as Vu Drago se faire tuer par un Avada Kedavra, tout mes époux ont été assassinés. J'ai essayé d'arrêter la maladie et de guérir les morsures de serpents, mais j'ai échoué à chaque fois. Cela me faisait vraiment mal. Peu importait la force avec laquelle j'essayais d'empêcher leur mort, mes visions se réalisaient toujours.
Ce que j'essaie de te dire, mon cher élève, c'est qu'il est possible que tu réussisses ou que tu échoues. Même si le Destin a une main de fer, seuls les Voyants sont capables de l'adoucir et de lui demander grâce. Mais je me dois te prévenir. Même si tu réussis à sauver ton frère, tu dois te rappeler que tu as joué avec le Destin. Il est écrit dans son destin, que Drago doit mourir jeune. Et cela ne doit pas changer. Peu importe le nombre de fois que tu le sauveras, le Destin continuera son travail jusqu'à ce qu'il meure.
C'est toujours une situation à double tranchant lorsque l'on joue avec le Destin. Il déteste profondément les Voyants. Garde la tête haute, Harrison. Et profite bien de ton anniversaire.
Continue de méditer,
Pythia Zabini
Harry défroissa la lettre et soupira profondément. Sa lettre l'avait réconforté mais l'avait en même temps beaucoup perturbé.
Harrison posa la lettre sur sa table de chevet. Cela en valait-il la peine ? Drago était un imbécile avec lui, alors pourquoi devrait-il se sentir concerné? Et surtout pourquoi sauverait-il ce morveux blond ?
Il tourna sur lui-même et se regarda dans le miroir. Son magnifique visage lui rappelait celui de sa mère. Et penser à la belle Narcissa lui fit se rendre compte que Drago était son frère. Sa mère aurait voulu de lui qu'il protège sa famille, peu importe à quel point ils étaient cruels. « Vous gagnez, mère, » chuchota Harry, la voix mélodieuse. « Je sauverai votre fils, et ce simplement parce que vous l'aimez. » Ou plutôt, il essaierait de sauver Drago. Comme l'avait dit Pythia, elle avait essayé d'innombrables fois de sauver ses époux, et elle avait échoué à chaque fois.
« Harry, » la tête de Sirius apparu dans l'entrebâillement de la porte de sa chambre. Après que ses yeux d'un argent foncé se posèrent sur lui, l'homme sourit d'une oreille à l'autre. « Tu es resplendissant, » sa voix était provocatrice et aiguë. Harry fit une grimace moqueuse à l'attention de l'homme, tirant sur ses robes.
« Que veux-tu, Sirius ? » lui demanda Harry, ennuyé. L'homme était terriblement agaçant depuis quelques jours. Depuis que Harry s'était rendu compte du côté sombre de Sirius, Black semblait être devenu l'homme le plus désagréable de la maison. Bon, il était vrai que l'homme semblait passer plus de temps avec Harry et il l'aidait à trouver les livres les plus sombres de sa bibliothèque, mais il était … eh bien … assez irritant.
Sirius s'avança dans la chambre, portant des robes blanche et noire. « Tu es en retard, » il haussa les sourcils. « Tu aurais dû y être depuis déjà dix minutes. » Un sourire contrit étira ses lèvres. « Essais-tu d'être en retard pour te venger de ton père ? Est-ce pour ça que tu as pris une robe avec ces couleurs ? »
« Je ne vois pas de quoi tu veux parler. » Harry essaya de réprimer un sourire narquois. « Je vais être en retard avec 'style'. Et ma robe est très bien. » Sirius avait raison, mais Harry ne l'admettrait jamais haut et fort. Que ce soit par son retard, sa robe et le fait d'avoir Ginny à son bras …tout était fait pour faire glapir son père d'horreur. (Harry Serpentard, miam)
Sa robe le flattait parfaitement bien. Elle serrait ses courbes avec douceur et attirait l'attention sur ses yeux. Elle était verte émeraude et argentée. Malgré le fait qu'il s'agissait des couleurs de Serpentard, Lucius allait trouver ça dur à avaler que son propre fils ne porte pas les couleurs des Malefoy, autrement dit azur et argent. Mais Harry aimait sa robe tout en ignorant la façon dont elle soulignait son corps menu. Elle était richement sophistiquée.
Les mèches de cheveux ondulées tombant devant ses yeux, Harry se retourna pour regarder Sirius. « Ginny est-elle prête? » Il avait choisi sa robe également. Puisque Sirius venait en tant qu'« invité », Harry lui avait interdit de porter du bleu. Sirius avait simplement accepté de bon cœur.
« Elle court dans toute la maison avec frénésie, » Sirius grimaça. « Je ne comprends toujours pas comment tu as réussi à convaincre Molly de laisser sa petite fille chérie aller au bal des Malefoy. »
Harry sourit sarcastiquement et rit sombrement. « Et je ne le sais pas non plus, Sirius... » Ses yeux verts le fixèrent en retour lorsqu'il se regarda de nouveau dans le miroir.
Ceci.
Allait être très amusant.
-SSC-
La nuit était magnifique. Le manoir Malefoy était totalement éclairé, contrastant de manière extrême avec la nuit noire au dehors. Tous les invités étaient réunis dans le jardin extravagant. Une des fontaines était en marche. Chaque goutte d'eau ressemblait à des diamants chatoyant sous les lumières délicates de la fontaine. Tout autour du jardin se dressaient des lampes impressionnantes et de couleurs variant entre le bleu marin et l'argenté. Et pour rendre les lumières encore plus impressionnantes, aucun nuage ne venait cacher les étoiles qui brillaient et des petites fées volaient au dessus de la piste de danse.
Celle-ci avait été prise d'assaut par un nombre incalculable d'invités qui dansaient au rythme du groupe de musique plutôt convenable. Leurs robes de soirées étaient impeccables. Les mets, débordant presque des plats, occupaient le temps des invités sans cavaliers. Seuls les meilleurs chefs avaient eu l'honneur de préparer les plats ainsi que les boissons alcoolisées.
Tout était absolument magnifique. A chaque fois que Narcissa Malefoy organisait un bal, tout le monde savait qu'il surpasserait tous les autres s'étant tenus durant l'année.
Mais tout le monde n'était pas heureux. Les invités savaient tous qu'ils attendaient de souhaiter la bienvenue au deuxième invité d'honneur avant que la soirée ne commence réellement. Des cadeaux étaient entassés sur la longue table principale et le symbole des Malefoy se dessinait fièrement derrière la plate-forme. Mais un Malefoy manquait à l'appel.
Harry sourit, se tenant près des arbres. Personne ne pouvait le voir de là où il était, mais il était sûr que Voldemort pouvait sentir son odeur de lilas. Néanmoins, il dirigea son regard sur le masque impassible qu'avait son père. Il fallait faire partie de la famille pour savoir ce que les autres pensaient réellement, et pour faire court, son père était très fâché. Il n'était même pas nécessaire d'être un Voyant pour sentir les émotions de son père, tout était dans ses yeux. Sa mère était absolument merveilleuse aux côtés de son mari. Ses cheveux pâles étaient attachés et retombaient dans des boucles élégantes, montrant son cou gracile.
Et ils portaient tous deux des robes bleu marine et argentée. Son frère portait une fièrement également alors qu'il se tenait aux côtés de sa cavalière, Pansy Parkinson. La jeune fille avait grandi.. beaucoup grandi. Harry savait qu'elle devait être plus grande que lui. Merlin, tout le monde le dépassait en taille...
« Je vous présente Sirius Black, » l'introduisit le Majordome à l'entrée du jardin. Sirius descendit l'allée bordée par des sculptures de glace et des fleurs sauvages avec arrogance, un sourire espiègle sur le visage. Tous les invités se tournèrent vers lui pour le regarder. Certains affichaient une expression de curiosité alors que d'autres le regardaient avec dédain. Harry rit doucement, regardant la grimace méprisante se dessiner sur le visage de son père.
« Es-tu prête, Ginny? » Ils s'approchèrent du Majordome. L'homme regarda Ginny avec une légère moue dédaigneuse.
La jeune fille accrochée à son bras hocha la tête nerveusement et Harry resserra sa poigne, lui envoyant des émotions de calme et sérénité. Elle avait l'air convenable. Une partie de ses cheveux couleur vin était attachée bassement alors que le reste descendait en boucles dans son dos. Elle portait une robe argentée qu'elle avait attachée autour de sa nuque, avec des ornements émeraudes sur les ourlets. Sa mère avait minaudé de surprise lorsqu'elle avait vu Ginny. Harry dû admettre qu'elle était très belle.
« Et finalement, » le Majordome leva la voix et fit un regard insistant à Harry qui souriait narquoisement. « Je vous présente Harrison Regulus Malefoy et sa cavalière, Ginevra Weasley. »
Harry poussa Ginny vers l'avant, bien conscient que son corps se relaxait lorsqu'il la touchait. Ils avaient parlé... de leur entrée. Harry avait dit à Ginny de ne pas sourire, de ne pas parler... elle devait avoir l'air d'une sorcière qui s'ennuyait. Elle avait ri mais s'était vite calmée lorsqu'il lui avait dit qu'ils allaient devoir se rendre sur la piste de danse dès qu'ils auraient fini de descendre l'allée. Elle lui avait alors avoué ne pas savoir danser. Ils avaient ainsi passé toute la journée suivante à se familiariser avec les danses qu'ils allaient devoir faire avec ses parents et son frère.
Son visage perdit son sourire au fur et à mesure qu'il descendait l'allée. Sirius venait juste d'arriver au bout et il leur fit un clin d'œil avant de se mêler à la foule. La foule en elle-même était silencieuse, regardant simplement les deux nouveaux arrivants s'avancer vers eux depuis l'entrée du jardin. Certains chuchotaient en échangeant des regards scandalisés, en voyant une Weasley au bras d'un Malefoy. Alors que Harry s'approchait des autres invités, les chuchotis se firent plus fort lorsqu'ils virent sa marque de Voyance.
« Tu arrives juste à temps, » l'accueillit Narcissa doucement, un sourire rusé sur le visage alors qu'il passait près d'elle. On aurait dit qu'elle savait ce qu'il faisait et Harry savait que sa mère était suffisamment intelligente pour comprendre très exactement la raison de son retard. Lucius lui jeta un regard froid avant de leur tourner le dos.
Narcissa et Lucius menèrent Drago, Pansy, Harry et Ginny jusqu'à la piste de danse. C'était la coutume que pour l'anniversaire de l'héritier des Malefoy, les membres de la famille devaient danser tous ensemble pour ouvrir le bal. Les spectateurs se positionnèrent tous autour de la piste, jugeant d'un regard intense la famille lorsqu'elle passait près d'eux dans toute sa gloire.
« Tu es parfaite, » chuchota Harry à Ginny, la rassurant en lui caressant gentiment le bras.
Ses yeux chocolat le regardèrent et elle lui fit un petit sourire. « Tu as quelque chose d'apaisant, Harry. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais ça m'aide vraiment, surtout dans des moments comme celui-ci. » C'est une bonne chose que tu ne saches pas ce que c'est, ma chère. Harry sourit sarcastiquement.
Les trois couples se placèrent côte à côte, les hommes face à leur partenaire féminine. Les trois hommes de la famille Malefoy se tenaient bien droits, fiers et stoïques, attendant que la musique commence. Harry leva paresseusement les yeux au dessus de l'épaule de Ginny pour observer les invités. Il repéra certaines personnes qu'il connaissait, mais autrement, il y avait beaucoup de femmes et d'hommes que son père ne lui avait pas encore présentés. Sirius se trouvait en première ligne. Étonnamment, il avait une expression pensive au visage alors qu'il le regardait en retour. Pas le moindre éclat de bonheur ne se voyait dans ses yeux.
Derrière Sirius se tenait un homme blond et Harry su instantanément que c'était Lord Voldemort. Il ne le regarda pas bien longtemps, la musique venait de commencer.
C'était le pire moment de ce foutu bal. Danser ne lui posait pas de problème, c'était de devoir le faire avec charme et devant des sorciers coincés qui les jugeaient du regard, qui l'était. Réprimant un soupir, il s'inclina devant Ginny. Comme le voulait la coutume, elle fit la révérence à son tour, délicatement. Puis, Harry s'approcha d'elle et les tourbillonnement de robes commencèrent. Il la regarda dans les yeux durant toute la danse. Une partie bien cachée de lui le faisait pour embêter Voldemort, mais l'autre était pour garder les apparences. Ginny n'était pas une mauvaise danseuse, c'était vrai, elle semblait répondre à ses gestes facilement et suivait ses pas.
Ils passèrent à côté de Pansy et Harry réprima une grimace. Sa tête n'arrivait même pas à son menton. A quel point était-ce pathétique ? Pourquoi était-il si petit ? Et Drago... Drago semblait aussi avoir grandi. Ginny avait un an de moins que lui et peut-être allait-elle atteindre la taille de sa mère et des jumeaux. Mais jusqu'à présent, elle était un peu plus petite que lui, ce qui faisait là une autre bonne raison d'avoir choisi Ginny comment cavalière.
Honnêtement, pour quelle autre raison l'aurait-il choisie ?
Ah oui, pour énerver la petite tête laide de Londubat. Et à la vue du visage stoïque de son père...
Il devait se dérider. Il allait bientôt s'amuser et peut-être pourrait-il s'amuser un peu avec Voldemort avant que les mimes n'arrivent.
La musique s'arrêta et Harry s'inclina bassement une nouvelle fois devant Ginny. Hochant la tête avec respect en direction de ses parents et de son frère, il prit Ginny par la main et la guida hors de la piste de danse. Il ignora les murmures des invités et la mena vers la fontaine à cocktails. « Étonnamment, tu n'es pas tombée tête la première, » la taquina Harry, se comportant comme un gentleman alors qu'il lui préparait un verre. Il pouvait sentir sa fatigue, mais sa nervosité était complètement partie. Ceci était à la fois dû à sa magie de Voyant et la confiance qu'elle avait regagnée en ne trébuchant pas pendant la danse.
« Tu as été un très bon professeur, » lui sourit-elle en réponse tout en acceptant le verre de champagne en cristal.
« N'est-ce pas adorable, » claqua une voix moqueuse à leurs côtés. Ah, c'était donc à ce moment-là que le jeu commençait. Du coin de l'œil, Harry vit Ginny se tourner vers la voix et elle rougit en regardant le bel étranger. Harry versa du punch d'une teinte argentée dans un verre et cacha son sourire narquois derrière la coupe.
Il se tourna lentement et leva les yeux vers l'homme blond. « Le blond vous va bien, » commenta Harry, entourant la taille de Ginny de son bras pour irriter l'homme davantage. Ses yeux vagabondèrent avec amusement le long du corps du grand homme à ses côtés. Ses cheveux courts étaient maintenus dans le creux de sa nuque et ses yeux bleus clair étaient saisissants et brillants. Même lui, l'Héritier de Serpentard, portait du putain de bleu marin avec de l'argenté.
« Ginny, je te présente mon-, »
« … L'oncle au second degré de Harrison et Drago, Kareem Malefoy. » Lucius et Narcissa s'arrêtèrent aux côtés du Voldemort déguisé. Tous en bleu et argenté...
« Ah, » Harry sourit. « Eh bien, Ginny, j'aimerai te présenter Kareem, mon oncle, Lucius, mon père et enfin ma mère, Narcissa. Chers Oncle, Père, Mère, je vous présente Ginny Weasley. » Les deux hommes la considérèrent froidement alors que son sourire tremblait. Harry jeta un coup d'œil à Lucius, voyant sa beauté à priori sans imperfections se crisper dans une grimace froide. Si Harry n'était son fils, il aurait été autant intimidé par son regard glacial que Ginny l'était. Et Voldemort... L'homme ne gagnerait sûrement pas le « Sourire le Plus Chaleureux » par Sorcière Hebdo non plus.
Sa mère leur fit un sourire affectueux et elle lui tendit une main délicate. Harry sourit en voyant la main pâle qui semblait fragile, sachant que sa mère était l'exacte opposée de son apparence.
Ginny sourit et la serra, heureuse de pouvoir détourner son attention des deux hommes intimidants.
« C'est un plaisir de vous rencontrer, Mlle. Weasley, » Narcissa porta son attention sur Harry après avoir lâché la main de Ginny. Son visage magnifique resplendissait et les ténèbres dans ses yeux disparurent. « Harrison, mon fils, je suis tellement heureuse de te revoir. » Elle soupira, ses yeux bleus s'illuminant. « J'ai l'impression que ça fait très longtemps que je ne t'ai pas vu. »
« Mère, » Harry lui fit un véritable sourire et s'avança. « Vous êtes toujours aussi resplendissante. » Il ferma les yeux en lui embrassant la joue. A ce moment là, il avait l'impression qu'il était seul avec sa mère. Il pouvait vraiment être lui-même avec elle, il pouvait baisser son masque et lui sourire franchement. Elle était tout pour lui. Malgré le fait qu'elle lui avait caché des informations sur Regulus, elle était la seule personne en qui il avait confiance.
Elle posa une main douce sur sa joue, caressant sa marque. « C'est tellement bon de te revoir, » répéta-t-elle, plus doucement cette fois. A ses côtés, Harry pouvait sentir que Ginny les regardait avec intérêt. Il n'y avait aucun doute qu'elle ne pensait pas qu'un lien si fort l'unissait à sa mère. Il n'avait pas honte de ce lien. Après tout, Narcissa était la sorcière la plus puissante qu'il avait rencontré. Et elle sentait la vanille, c'était intoxicant..
« Voyez-vous ça, » fit une autre voix traînante. « Harrison s'est retrouvé forcé de prendre une adolescente pré-pubère pour avoir l'air plus grand qu'elle, et une adolescente pré-pubère vraiment repoussante qui plus est. » rit Drago avec une joie malsaine alors qu'il s'approchait du groupe. Bordel de merde, c'était une véritable réunion de famille.
Le visage de Ginny vira au rouge brique et Harry se sentit écrasé par son embarras. Cette émotion n'était pas exactement la pire qu'il avait pu expérimenter chez les autres, mais c'était définitivement... inconfortable. Il lui envoya des vagues de confiance, voyant la couleur disparaître de son visage et elle leva la tête haute. Même lorsque Pansy rit d'une façon perçante, Ginny ne baissa pas le regard.
« Drago, » le sermonna Narcissa, les lèvres pincées.
« Ce n'est pas grave, mère, » se moqua Harrison. « Drago nous montrait simplement le nouveau vocabulaire qu'il a appris pendant l'été. Vraiment, Drago, pré-pubère ? C'est un mot très long pour toi, n'est-ce pas ? Et moi qui pensais que tu aurais plutôt suggéré « sans forme », un trait que ta cavalière semble posséder. » Pansy prit une horrible teinte de rouge et Harry lui envoya encore plus de honte et de vulnérabilité, voyant avec une joie malsaine, les larmes monter aux yeux sur ce visage habituellement figé par une expression coincée typique des Sangs-Purs.
« Harrison, » le sermonna Narcissa à son tour, choquée. Lucius resta silencieux, suivant le déroulement des événements avec un air passif. Kareem, ou plutôt Voldemort, avait ses yeux posésur Lucius, plissés. Des vagues de colère brute et d'irritation venaient du Seigneur des Ténèbres et Harry se demanda brièvement pourquoi cette colère était dirigée contre son père.
Il passa outre un moment plus tard lorsqu'un bras s'enroula autour de lui, le collant contre un flanc dur. « Un garçon reste un garçon, Cissy, et il n'y a rien que tu puisses y faire. » C'était Sirius et l'homme avait son maudit sourire niais au visage. Tous les membres du groupe, à l'exception de Ginny, lui lancèrent tous un regard exaspéré. « Je suis ravi de tous vous revoir aussi. Cissy, tu es toujours aussi belle. Lucius... » Sirius s'arrêta, ne sachant quoi adresser au chef de la famille Malefoy.
C'était dans des moments comme celui-ci que Harry détestait le jeu d'acteur de Sirius. Certes, l'homme avait la fibre humoristique, mais là … c'était carrément forcé. Il se cachait.
« Comment va la vieille brebis galeuse en ce moment, Black? » lui demanda Lucius, les lèvres crispées.
« Pourquoi ne le demande-tu pas à ton fils, Malefoy? » Oh, Sirius ne jouait plus franc jeu... « Après tout, il vit dans mon manoir, pour s'éloigner de toi. Et il voit Albus à de nombreuses occasions. »
De la jalousie transparue chez son père et Harry baissa la tête en cachant un sourire ravi. Lucius Malefoy était réputé pour avoir tout ce qu'il voulait et avec une grande facilité. Il était enfin temps qu'il se batte pour avoir ce qu'il voulait, même si c'était de récupérer son fils. Harry refusait de ramper à ses pieds si Lucius ne s'excusait pas pour tout les tords qu'il avait eu durant l'enfance de Harry.
« Le directeur Dumbledore va exceptionnellement bien, » Harry leva la tête et jeta un coup d'œil à Voldemort. L'homme était parti. « C'est vraiment dommage qu'il n'ait pas été invité. L'homme apporte tellement de vie pendant une fête... » Il s'arrêta pour regarder au dessus de l'épaule de Lucius, ignorant le regard insistant de l'homme. « Ginny regarde ! Annabelle Jackals est ici, tu sais l'auteur que tu aimes. Pourquoi n'irions pas la voir pour la saluer ? » Il prit la main de Ginny et la tira loin de ce bordel qui constituait sa famille.
Merlin. Ils étaient pathétiques. Et ils dissimulaient tous leurs petits secrets et leurs émotions ténébreuses. C'était assez drôle de s'en prendre à eux.
-SSC-
Harry s'ennuyait.
Non, il était désintéressé, épuisé et juste… blasé. Il s'était écoulé une heure, une maudite heure, depuis que la moindre chose intéressante était arrivée. Une heure de discussion sans esprit entre des politiciens et de danses. Pouvait-il rêver de mieux ? Eh bien, quelque chose de moindrement excitant aurait été déjà bien. Peut-être une petite joute verbale entre un homme et une femme, une bonne petite bagarre avec du sang, une mort et un peu de tortures … Merlin, voir même un rat s'échapper avec de la nourriture aurait été agréable. Il méprisait la politique et n'aimait pas danser.
Ce n'est qu'après la dernière danse que Harry se décida à provoquer son propre amusement. Avec sa magie de Voyant, il s'intéressa de plus près à quelques femmes et hommes sur la piste de danse et plus particulièrement les sorciers les plus coincés, des gens comme Pansy. Il les rendit vulnérables, les regardant avec joie lorsqu'ils trébuchaient et tombaient au sol. Ginny trouvait ça drôle, malgré le fait qu'elle ne sache pas que c'était son cavalier qui provoquait un tel remue-ménage.
Le Ministre de la Magie était arrivé peu de temps auparavant et Harry suivit du regard l'imbécile bien trop bavard, se pavaner, accompagné d'un troupeau de sorciers. Cornelius Fudge avait l'air extatique d'être entouré d'autant de monde et Harry trouvait amusant le fait que toutes ces personnes veuillent vraiment le saluer. Ce n'est qu'à partir du moment où il aperçu Kareem, Lord Voldemort, s'avancer vers lui, qu'il devint suspicieux. Le Seigneur des Ténèbres s'arrêta devant l'homme et ils se serrèrent la main.
Les yeux verts de Harry s'écarquillèrent face à la scène, ayant cette impression de déjà-vu. S'il y regardait de plus près, il pouvait voir le petit insecte sortir de la manche du Seigneur des Ténèbres et grimper sur la main de Fudge.
Le Seigneur des Ténèbres échangea quelque mots avec l'autre homme puis il s'en détourna. Instantanément, ses yeux colorés se verrouillèrent à ceux de Harry. Un sourire tordu étira les lèvres de l'homme.
Harry se tourna vers Ginny. La jeune fille parlait à l'un des collègues de Arthur avec qui il travaillait au Ministère. Pensant que cela ne poserait pas de problème s'il la quittait quelques minutes, Harry fit un regard insistant au Seigneur des Ténèbres puis il s'échappa de la fête. Il s'enfonça loin dans le labyrinthe de vignes et de fleurs, tout à fait conscient que le Seigneur des Ténèbres le suivait avec impatience. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine alors qu'il réfléchissait au fait qu'il allait se retrouver seul à seul avec le Seigneur des Ténèbres. Il n'aurait pas dû se sentir ainsi... mais il ne pouvait empêcher l'effet que lui faisait l'homme sur son corps.
Il se stoppa dans une petite clairière, jetant un regard à la baignoire de pierre en forme d'oiseau, pleine à ras bords d'eau aussi claire que le cristal. Des fleurs sauvages pleines d'épines poussaient ici et là … c'était un endroit parfait pour rencontrer le Seigneur des Ténèbres.
Harry pu sentir l'homme avant de le voir. Voldemort glissa doucement entre les ronces, ayant l'air aussi gracieux que la mort. Le sourire que l'homme avait, était tout sauf rassurant et réconfortant. « Harrison, » siffla-t-il doucereusement, regardant la robe du plus jeune avec un éclat de luxure. Avec des mouvements contrôlés, il tourna autour de Harry tel un prédateur.
« Je savais que vous aimeriez ma robe, Monseigneur, » sourit Harry, ne bougeant pas alors que Voldemort continuait de lui tourner autour.
« Tu la portesjuste pour moi, je suis flatté. » Son souffle chaud lui chatouilla l'oreille et ses mains baladeuses encerclèrent sa taille fine de façon provocatrice.
« Malheureusement non, je la porte pour irriter mon père. » Il tourna légèrement la tête, leur nez se touchant presque. « Mais j'aimerai savoir quel insecte vous avez injecté sous la peau du Ministre de la Magie. »
Ses yeux bleus clair fixèrent la marque sur sa joue. « Tu l'as Vu, » déclara Lord Voldemort, semblant légèrement déconcerté. « Peu importe, tu poses trop de questions. Je ne te donneraipas cette information tout de suite. » Harry fit la grimace, s'éloignant du Seigneur des Ténèbres pour garder une distance de sécurité.
Croisant les bras devant la poitrine, il regarda l'homme dans les yeux, les yeux plissés. « Vous n'êtes pas drôle, vraiment pas drôle. » Il renifla, regardant ailleurs. « Eh bien, dans ce cas, vous n'avez pas besoin de savoir ce que j'ai appris en vivant avec Sirius. »
« As-tu vraiment récolté des informations, Harrison ? » Le ton de la voix de l'homme s'était fait dangereux. « Ou apprécies-tu, tout simplement, un peu trop le temps que tu passes là-bas, en particulier avec cette petite garce rousse ? » Oh, de la jalousie. Mais non, Voldemort n'était jamais jaloux, juste possessif à ses heures. « De ce que j'ai pu voir ce soir, je trouve que vous avez l'air un peu trop proches. » Harry n'avouerait jamais à l'homme qu'il appréciait vraiment la vie chez Sirius, mais simplement parce que si c'était le cas, c'était parce qu'il en faisait ses petites marionnettes.
« N'en faites-pas tout un plat, Monseigneur. »Harry sourit en voyant l'expression enragée sur le visage de l'homme. Personne, absolument personne n'avait jamais osé parler ainsi au puissant Seigneur des Ténèbres. « Je ne fais que mon devoir, j'agis en parfait gentleman. Et puis j'ai découvert que Londubat avait des sentiments pour Ginny Weasley. En l'amenant au bal avec moi, je pouvais lui montrer qu'elle est attirée par moi... et énerver mon père en même temps. » Il haussa délicatement les épaules. « Vous pouvez l'utiliser pour tendre un piège mortel à Londubat. »
Il y eut un silence.
Harry regarda intensément l'homme. « Quoi? »
Voldemort, de son côté, était froid et nonchalant. « Je ne veux pas tuer Londubat. »
Harry sentit son cœur rater un battement et il bafouilla, chose qui ne lui ressemblait pas du tout. « Excusez-moi ? » Avait-il bien entendu ? Mais qu'avait Londubat qui faisait que tout le monde l'aimait ? Pourquoi tout le monde avait-il désespérément besoin de Londubat ? Qu'est-ce qui faisait de lui quelqu'un de foutrement génial ? Harry sentit sa haine pour le garçon grandir face à l'aveu de Voldemort.
« Tu te souviens de ce que je t'ai dit à propos de mes Horcruxes, n'est-ce pas ? » Voldemort avait parlé en Fourchelangue, au cas où quelqu'un pouvait les entendre.
« Oui. » répondit Harry sombrement. Il était toujours plus ou moins conscient de porter le lourd médaillon autour de son cou.
« Il est l'un de mes Horcruxes. Un Horcruxe non intentionnel, mais un Horcruxe quand même. Il porte une partie de moi. » Harry eut l'impression que de la glace coulait dans sa gorge et son estomac vacilla et alla s'écraser à ses pieds. Londubat était un des Horcruxes de Voldemort ? Harry ne savait pas vraiment quoi en penser, mais il ne put s'empêcher d'être un peu… jaloux. Comment pouvait-il se sentir jaloux que Londubat porte – sans le savoir – un morceau de l'âme du Seigneur des Ténèbres ?
Tout simplement parce qu'il l'était.
Dès à présent, Neville Londubat allait recevoir un traitement très spécial, non plus seulement par le côté de la Lumière, mais aussi du côté des Ténèbres. Il était un maudit prince couronné dans cette guerre. Surtout que tout ce qu'il faisait était de s'asseoir sur ses grosses fesses, riant avec ses plus proches amis – amis qui feraient n'importe quoi pour lui.
Harry eut l'impression qu'il allait vomir. Voldemort allait tout essayer pour attirer Londubat de son côté, et si ça ne marchait pas, il le capturerait, mais il ne le tuerait pas. Tuer et torturer Londubat avait été l'une des plus grandes envies de Harry depuis si longtemps, depuis que le garçon-qui-avait-survécu l'avait rejeté aussi durement en fait. Voldemort ne le voulait pas mort. C'était un aveu déconcertant, un aveu dont Harry prendrait une éternité à se remettre. Cela faisait du sens, ceci dit. Il comprenait mieux maintenant pourquoi Londubat avait toujours ces drôles de visions dont il avait entendu parler, pourquoi il avait des rêves étranges, pourquoi il pouvait voir au travers des yeux de Voldemort... Ils partageaient une connexion. Et c'était cette petite chose que Harry ne pouvait supporter. Neville Londubat avait une connexion avec l'Égal de Harrison Malefoy.
Ils avaient un lien que Harrison et Voldemort n'auraient jamais.
Et cela lui fit bien plus de mal qu'il aurait voulu l'admettre. Et cela lui fit mal de voir que son Égal voulait garder l'ennemi de Harry, vivant.
« Je vois, » dit Harry silencieusement, son émoi sous contrôle. Il dissimula si bien sa jalousie et son sentiment de trahison que même Pythia n'aurait pu les détecter. « Je vois... » répéta-t-il. « Et vous voulez que je l'attire dans notre camp ? » Sa voix était faible, dénuée de la moindre émotion.
Une main se posa sur sa joue, attirant son regard sur le Voldemort déguisé. Une étrange part de Harry, enterrée profondément, pensait que le Seigneur des Ténèbres allait être compatissant et qu'il comprendrait que Harry ne voulait pas de Londubat de leur côté. Mais c'est ce qu'il dit ensuite qui enragea Harry davantage. « Oui, ce serait parfait. Et si cela ne marche pas, nous mettrons au point un plan pour le capturer. »
Harry rit sèchement, acquiesçant et étirant ses lèvres dans un sourire froid. « Bien entendu, Monseigneur. »
Il avait pensé à d'innombrables scénarios de ce qu'allait être cette rencontre. Il mourrait d'envie de sentir les lèvres de Voldemort sur les siennes, il voulait goûter de nouveaule sang du Seigneur des Ténèbres... il voulait lui demander ce qu'il prévoyait de faire des 'cinq élus' et en particulier de son frère. Mais tous ses désirs les plus sombres s'étaient évanouis au moment où l'homme avait parlé de Londubat. Comment avait-il pu penser vouloir d'une relation avec le Seigneur des Ténèbres ? Tout cela lui passait au dessus de la tête.
Tout ceci était... purement professionnel. C'était la seule chose qui pourrait se passer entre Voldemort et lui.
Harry repoussa vivement la main sur sa joue. « Bonjour père, » l'accueilla-t-il froidement en regardant au dessus de l'épaule de Voldemort.
Lucius avançait lentement dans la clairière, sa peau et ses cheveux clairs semblaient briller d'une lueur mystique. « Harrison, Monseigneur, » il s'inclina bassement. « Je suis venu te chercher, Harrison. Le dîner va être servi et il sera temps de recevoir tes cadeaux. » Voldemort fixait son père avec une froideur menaçante, une grimace marquée sur le visage.
« Lucius, » Voldemort fit claquer sa langue de désapprobation. « Ne vas-tu pas dire à Harrison ce que tu avais prévu de faire avec Pansy Parkinson ? »
Harry haussa un sourcil, contournant Voldemort pour se rapprocher de son père. Il se tint devant Lucius, dévisageant l'homme qui lui avait donné la vie. Lucius était un homme très beau, mais Harry pouvait voir les ombres qui se terraient dans ses yeux. Quelque chose n'allait pas. « Harrison, » Lucius fit un pas en avant, levant une main avec une expression étrangement désespérée. « J'ai beaucoup réfléchi depuis le début de l'été, pendant ton absence, sur la manière dont je t'ai élevé. »
Les yeux verts de Harry s'écarquillèrent légèrement. Lucius Malefoy était-il en train de lui faire des excuses ? Il n'avait pas prévu ceci. Il avait pensé qu'en arrivant en retard, ne portant pas les couleurs des Malefoy et avec Ginny à son bras, que son père aurait voulu se tenir encore plus éloigné.
Lucius jeta un coup d'œil au Seigneur des Ténèbres, espérant pouvoir avoir cette discussion en privé, mais l'homme ne semblait pas décidé à bouger. « Je me suis rendu compte de mes erreurs, » commença-t-il, sa main retombant. « Tu es un fils idéal, Harrison. D'où me vient l'idée du contraire, je ne le sais pas moi même. Je pense que c'était lié à ton apparence au début... » il s'arrêta et Harry regarda ailleurs, ses yeux se posant sur les ronces. « Mais... d'autres choses m'ont aveuglé. » Harry ne manqua pas le coup d'œil rapide qu'il lança au Seigneur des Ténèbres. Il savait très bien de quoi Lucius voulait parler. Drago avait été choisi par le Seigneur des Ténèbres pour être quelqu'un de très spécial... mais ce que c'était … Harry n'en savait rien.
« Lorsque tu es parti pour rejoindre la maison de Sirius Black, je me suis rendu compte de toutes les erreurs que j'ai fait. Tu es brillant, Harrison, pas seulement parce que tu excelles en classe, mais aussi parce que tu brilles dans tous les autres aspects. Exactement comme un Malefoy est supposé l'être. Ta mère pense que tu tiens tout des Black, mais je sais que ce n'est pas le cas. Seul un Malefoy est aussi équilibré. »
« Va droit au but, Lucius, » siffla Voldemort avec impatience et colère.
Lucius jeta un coup d'œil distrait à Harry. « Bellatrix m'a raconté ce petit incident qui a eu lieu entre toi et notre Maître. » Harry grimaça, jetant un coup d'œil rapide à Voldemort. « J'étais inquiet pour toi, alors j'ai demandé sa permission à Mr. Parkinson de me laisser faire le Rituel Intouchable sur toi et Pansy. Il a refusé, bien entendu, mais l'intention était là. Je dois l'admettre... » Harry ne bougea pas, sidéré, laissant le silence s'installer.
Il avait souvent vu cette caractéristique propre à Lucius, mais cela ne concernait que sa mère et Drago. Mais jamais Lucius n'avait montré cet instinct protecteur envers lui. Lucius était un homme fier de sa famille, et Harry savait qu'il ferait n'importe quoi pour protéger ses enfants et sa femme. Et en faisant ce Rituel Intouchable, Lucius pensait faire la bonne chose en protégeant son fils du mal que le Seigneur des Ténèbres aurait pu lui faire sexuellement et émotionnellement. Et Lucius était allé contre son Maître, pour son fils...
Harry secoua la tête, tout à fait conscient que Voldemort le regardait avec attention. « Je suis déçu de voir que vous avez tenté de faire quelque chose sans m'en avoir parlé au préalable, père. » Lucius devait s'y attendre puisqu'il hocha simplement la tête, les yeux durs. « Mais, cela me montre que vous avez vraiment réfléchi à notre relation et que je compte suffisamment pour vous, pour vouloir me protéger ainsi. Je comprends pourquoi vous l'avez fait, père, et je vous respecte malgré vos décisions. »
Les yeux de Lucius s'écarquillèrent légèrement alors que le Seigneur des Ténèbres sifflait de colère.
Harry ignora Voldemort et s'approcha davantage de son père. « Je suis désolé de t'avoir négligé lorsque tu étais enfant, Harrison. Cela n'arrivera plus jamais. » A ces mots, Lucius tendit la main pour serrer la sienne. Harry fit un petit sourire, s'avançant d'un pas et il enlaça son père totalement guindé, brièvement. Il le relâcha rapidement et commença à entraîner Lucius hors de la clairière.
« Vous n'avez pas besoin de vous inquiétez pour le Seigneur des Ténèbres et moi, père. La scène que Bellatrix a vu restera la seule et unique de ce genre, vous pouvez me faire confiance là-dessus. » Ils passèrent aux côtés de Voldemort et Harry ignora son regard qui lui picotait la nuque.
Il n'avait plus le cœur à penser aux liens entre Londubat et Voldemort alors que son père, Lucius Malefoy, lui avait fait des excuses. C'était un événement sans précédents, un souvenir que Harry allait chérir pour toujours. A la façon où Lucius s'était excusé et était venu à lui, Harry savait qu'il était sincère.
Harry n'oublierait jamais la douleur que lui avait infligée Lucius lors de son enfance, mais il comptait passer outre pour le moment. Il pourrait voir à quel point il pouvait lui pardonner et lui faire confiance, en construisant leur nouvelle relation.
Pendant ce temps là, Voldemort le regarda partir pensivement.
-SSC-
Harry avait fini de manger et regardait, de la plate-forme surélevée où il se trouvait, les invités s'amuser et discuter de choses et d'autres, entre eux. Ils semblaient vraiment apprécier le temps qu'il faisait et surtout la nourriture, ce qui était plus que ce que Harry pouvait dire. La nourriture était bonne, oui, mais il s'ennuyait de nouveau. Drago et lui étaient les seuls à manger sur l'estrade alors que leurs parents et leurs cavalières étaient assis à une autre table.
Et Drago était quelqu'un de totalement ennuyeux.
« As-tu hâte de retourner à Poudlard ? » demanda-t-il brusquement. Drago avait le dos raide, grignotant un morceau de viande. Harry ne s'était pas rendu compte à quel point les manières de Drago à table lui avait manquées avant de se souvenir des Weasley et de leur bouche pleine. C'était la vérité, Drago – ou plutôt une part de lui – lui avait manqué. Quelle surprise. Devrait-il le lui mentionner ? Ou Drago allait-il l'ignorer comme il le faisait depuis le début de la soirée ?
« Je vois que tu t'es réconcilié avec père, » Il l'avait dit durement. « Tu dois être extatique d'avoir finalement nos deux parents à tes pieds. »
Harry déchira la serviette en soie, plissant les yeux en regardant son frère. « C'est quoi ton problème maintenant, Drago ? Vraiment, j'aimerais savoir ce que tu as contre moi. » Il ne s'en serait probablement pas soucié si en ce jour, son père ne lui avait pas présenté ses excuses. Cela lui avait fait ouvrir les yeux, se rendant compte que sa famille serait toujours là pour lui. C'était un peu mièvre, mais sa mère lui avait depuis toujours répété que la famille, c'était sacré. Ils étaient toujours là, que l'on les aime ou non. Ou peut-être était-ce le fait de savoir que Drago était destiné à mourir jeune... et sa culpabilité lui donnait l'envie … de créer un certain lien entre son frère et lui.
Drago et lui s'étaient toujours tenus à l'écart l'un de l'autre. Harry le détestait parce que Lucius favorisait le garçon et Drago détestait Harry parce que... eh bien, il ne savait pas exactement. Au début, Harry pensait qu'il embarrassait beaucoup Drago, mais il n'en était pas vraiment certain.
« Tu veux savoir ce que j'ai contre toi, imbécile ? » Eh bien, il y avait bien une autre raison du pourquoi Harry n'appréciait pas Drago. « Peut-être est-ce parce que tu te balades toujours dans Poudlard comme si l'école t'appartenait, ou que tu as un lien avec mère que je ne peux même pas rêver d'avoir, ou encore peut-être que le Seigneur des Ténèbres est supposé m'aimer plus que toi mais qu'il te regarde toujours avec obsession ? Peut-être parce que ma propre promise, Pansy, a le béguin pour toi. Ou peut-être que c'est parce que tu as de meilleurs notes que moi malgré le fait que j'étudie fort et que j'ai droit à des leçons privées. Peut-être parce que tu es le frère le plus désagréable qu'on puisse avoir et que tu as tout ce que tu veux sans même le réaliser. »
Harry cligna des yeux.
Et sourit narquoisement.
Merlin, il n'aurait pas dû trouver ça amusant, mais que Drago soit jaloux de lui. C'était si... mignon.
« C'est toi l'imbécile, » cracha finalement Harry. « Tu te focalises trop sur moi sans même balayer devant ta porte. Grandis, Drago. »
Ce fut au tour de Drago de cligner des yeux. Mais il ne sourit pas, contrairement à Harry, il se renfrogna. « Et voilà que tu recommence à penser que tu sais tout sur tout. »
« Je suis un Voyant, je sais beaucoup de choses, » souligna Harry avec un sourire en coin. Drago lui lança juste un regard noir de désintérêt et reporta son attention sur sa nourriture.
Ce n'est qu'au moment où Drago posa sa fourchette après avoir fini, que Harry se rendit compte qu'ils avaient de très spéciaux nouveaux invités. Ils entouraient tout le monde, prêt à attaquer d'une seconde à l'autre. Mais si Harry était le seul à savoir qu'ils étaient là, c'était parce qu'il savait qu'ils devaient venir. Peut-être que Voldemort s'en rendrait également compte quelques secondes avant que quelque chose n'arrive, mais ils étaient plutôt discrets. Il ne pouvait cependant sentir ni leur magie ni leurs émotions, ce qui était étrange...
Drago poussa son assiette un peu plus loin et attrapa un cadeau. C'était ce même cadeau que Harry avait Vu dans sa vision. C'était à ce moment là qu'ils allaient tuer son frère. Mais Harry se sentait d'humeur généreuse. Il allait sauver son blondinet de frère.
Ledit frère le regarda puis lui fit une grimace méprisante. Ses doigts agiles desserrèrent le ruban et Harry repoussa sa chaise en arrière, le meuble allant s'écraser au sol. Avec un cri, pensant que c'était déjà trop tard lorsqu'il vit la lumière verte du sort, il plaqua Drago contre la table. Ils roulèrent sur la nappe de satin, tombant de l'estrade avant de s'écraser lourdement contre le sol. Derrière eux, la chaise de Drago explosa, touchée par l'Avada Kedavra.
Des cris troublèrent le calme paisible de la nuit et Harry sauta sur ses pieds, sa baguette dégainée. Les mimes, dans leurs robes d'un carmin brillant, sortaient des ténèbres et pointaient leur baguette en direction des quelques invités complètement hystériques. Ils n'attaquaient pas contrairement à sa vision, ils se tenaient juste raides, ressemblant presque à des poupées. Ce qu'il avait vu de leur apparence était erroné aussi. Ils n'avaient pas de masques mais leurs visages étaient peints de manière très précise. Leur peau était d'un blanc craie étonnant, et une larme coulait de leurs yeux et leurs joues étaient décorées d'arabesques tourbillonnantes, alors que leurs lèvres avaient une moue ou boudeuse ou heureuse. C'était facile de les confondre avec des masques, parce qu'ils ne bougeaient pas le moindre muscle de leur visage... même leurs yeux sans vie ne clignaient pas.
Leur tenue consistait en une longue robe carmin, mais en dessous ils portaient un tee-shirt noir et blanc avec un pantalon noir. Chacun des mimes avait un gant noir et l'autre blanc.
« Pas d'alarme, pas d'alarme... » chuchota une voix, mais elle était suffisamment puissante pour arriver aux oreilles des invités. Harry frissonna au son de sa voix, plissant les yeux alors qu'il regardait la forme s'avancer vers lui. « Nous ne vous voulons aucun mal... enfin pas tout de suite. Nous avons seulement besoin de prendre possession de votre Voyant. »
Des yeux se posèrent sur Harry, mais il se cacha rapidement dans les ténèbres. L'homme qui s'approchait était dos à lui, Harry le regardant de haut en bas. Il n'arriva pas à croire ce qu'il voyait... l'homme était vraiment unique en son genre, surtout dans son accoutrement. Il était sans aucun doute le leader de tous les mimes.
« Harrison Malefoy, où est-il ? » Les invités restèrent silencieux, regardant l'homme de grande taille avec horreur et fascination.
L'adrénaline faisait battre le cœur de Harry alors qu'il sortait de l'ombre. « Et qui êtes-vous ? » demanda-t-il.
L'homme tourna sur lui-même et Harry recula, ses yeux s'écarquillant.
