Le Bal II

Le repas aurait pu bien se passer si Gilbert avait eu un jour un don pour la comédie. Mais celui-ci en était dépourvu au grand damne d'Arthur. Bon, ok Gilbert n'était pas si terrible que ça. Ces coups d'œils n'étaient pas discret mais au moins il avait pas encore commencé à parler. C'est juste qu'Arthur avait besoin de s'énerver sur quelqu'un. Il était stressé et avait Francis qui lui lançait des regards entendu dès qu'il le pouvait.

Plan A : se faire passer pour une fille et convaincre la fiancée. 50% du plan jusqu'à là avait échoué.

Ne parlons pas du gars aux cheveux noirs, un des invités à la même table qu'eux, qui était très aimable et mielleux lorsqu'il s'adressait à lui. D'accord il était peut être convaincant en fille mais c'était ce dont il avait besoin en ce moment. Et j'en ai marre qu'on me trouve bien en fille... ça va me suivre pour le reste de ma vie cette soirée.

« Alors dîtes moi Alice… » commença Francis. « Vous vivez en ville ?

« Ehhh Oui ? » fit Antonio en se tournant vers Gilbert, incertain. Gilbert reprit :

« Non, non ! Elle vit à la campagne.

« Vraiment ?

« Oui. Avec son père et sa mère. Une petite famille banale quoi. » Arthur les regarda tour à tour, de plus en plus inquiet.

« Et comment vous avez rencontré Jeanne. Récemment apparemment mais…. » continuait le français qui semblait bien s'amuser

« Euh… Au marché de noël ! » fit Antonio comme s'il avait trouvé la réponse à une énigme. Il s'était presque levé pour répondre. Francis se mordit les lèvres pour ne pas rire tandis qu'Arthur se retenait de prendre son visage dans ses mains de désespoir. « Oui ! Elles avaient une même idée de cadeau et elles ont commencé à parler comme ça.

« C'était quoi le cadeau ? »

Il y eut un silence et Arthur, d'une voix forcée marmonna :

« Une peluche. »

Tout le monde se tourna vers ''elle'' étant donné que c'était la première fois qu'elle parlait. Le murmure faisait penser à Mattiew et ne laissait pas entendre que la voix appartenait à un homme. Il rougit et baissa la tête. Le français eut un sourire encore plus grand :

« Mais c'est que vous avec une voix en fin de compte… »

L'anglais lui lança un regard noir mais Antonio intervint :

« Elle aura pas envie de parler si tu l'écrase par ta présence c'est sûr. »

Francis redressa la tête surpris devant le ton sérieux et sévère de son ami. Arthur laissa un soupir lui échapper, un peu de repos devant le regard insistant du bourgeois lui ferai pas de mal. Un invité, celui qui semblait bien aimer l' « anglaise », à ses côtés appuya ses dires.

« C'est vrai : depuis le début du repas tu la rends inconfortable avec tes questions et regards. On ne bouscule pas les gens ainsi, et surtout pas les belles colombes. » fit-il en lançant un clin d'œil à 'Alice'.

Il n'aurait pas dû rougir. Déjà, parce que ça a fait rire Gilbert, ensuite il aimait pas rougir en publique (cela le gênait et le faisait rougir encore plus) et parce que le jeune français se renfrogna et décida de ne plus regarder le travesti comme pour le bouder. Me dîtes pas qu'il est vexé parce qu'un autre gars a flirté avec moi ? Mais il sait même pas que je suis un homme l'autre con !

« Alice ? Un peu d'eau ? » proposa Antonio qui voyait bien qu'il était sur les nerfs.

L'anglais hocha la tête et voulu porter le verre à ses lèvres pour boire. Cependant lorsqu'Angela se jeta sur Francis pour X raison, Arthur sursauta et par la même occasion se renversa tout l'eau dessus en poussant un glapissement de surprise.

Il se releva, l'eau glissant dans le haut de sa robe et la rendant inconfortable.

« FFFFFF-» Les deux amis plaquèrent leur main en même temps sur ses lèvres avant qu'ils puissent jurer et révéler sa voix masculine.

La scène était des plus é et Gilbert leur main sur la bouche de l'anglais avait un grand sourire comme pour dire "Vous en faîtes pas c'est tout à fait normal!". Angela qui avait un léger sourire au vu de sa "rivale' (c'était elle qui dansait avec son fiancé après tout) trempée et honteuse. Francis quant à lui regardait le chemin que l'eau avait tracé sous la robe de son Némésis avec intérêt. Arthur, gêné, recula des mains et rentra dans quelqu'un. Il releva la tête en ouvrant la bouche pour s'excuser mais le regard vert forêt qu'il rencontra fit mourir sa voix dans sa gorge. Un homme blonds aux larges épaules l'avait rattrapé et avait les mêmes yeux et sourcils que lui. Il était imposant mais son regard était doux et inquiet. Derrière lui, se tenait un homme dans la vingtaine avec des cheveux bruns mais lui aussi doté d'iris émeraude. Carwin ?Ou Edward… Celui-ci secoua la tête comme pour lui indiquer quelque chose.

Daddy ? Why daddy ?

Je ne veux pas de ce meurtrier. Tout ce qu'il aura sera mon nom.

« Faites attention mademoiselle. » fit l'homme en donnant un sourire amical avant de s'éloigner. Laissant sans le savoir le fils qu'il avait abandonné il y a de cela 10ans.

Un froid immonde s'empara des membres de l'anglais. Les larmes lui piquant les yeux. La gorge serrée. Oh, combien il voulait se jeter sur cet homme et le supplier de l'accepter en tant que fils. N'a-t-il jamais regretté ? Arthur l'aurait pardonné s'il était revenu le récupérer. Il voulait tant une famille. Il n'oubliait pas Alfred mais cela ne comblait pas le vide de quelqu'un qui a grandi sans parents. Toutes ces nuits à avoir peur des cauchemars, à jalouser les enfants de la pension qui sautaient dans les bras de leurs parents lorsqu'ils venaient les voir. Ahlidita n'était pas toujours là pour le bercer. Peut être parfois le directeur qui était plus gentil avec lui, mais il savait en même temps. Il savait qu'Arthur n'aurait personne d'autres que lui-même. Il fit un pas en avant, regarda la silhouette disparaître parmi les invités. I hate you dad. I hate you ! Why didn't you love me ?

« Eh ? ça va ? A-Alice ? » Antonio remua les épaules de son ami avec inquiétude. Celui-ci se dégagea et d'un pas lent se dirigea hors de la salle.

Au détour d'un couloir, il se laissa glisser contre le mur et entoura son corps humide de ses bras. Il se sentait trembler. Revoir son père l'avait secoué mais ce n'était pas le moment. Oublie-le. Francis est la priorité pour le moment. … J'en reviens pas que j'ai pensé ça. Il calma sa respiration et se releva après un moment. S'il se souvenait bien, Jeanne avait une veste rouge pour la robe au cas où le soir soit frais. Autant la retrouver. Il tourna les talons et rentra de nouveau dans quelqu'un sauf que cette personne-là l'entoura de ses bras et ne le laissa pas reculer.

« ça va ? »

Avec espoir, le travesti leva les yeux mais ce n'était pas Francis. C'était son frère. Ces traits et ce regard un peu protecteur. Carwin. Il le regardait avec une légère tristesse et… un peu amusé ?

« Le rouge te va bien little brother…

« Carwin… S'il te plaît ne me demande pas pourquoi…

« Pour draguer le français blond ? Cherche pas, la moitié de la salle a remarqué qu'entre vous deux il y a un truc. » expliqua-t-il en riant devant le visage ahuri de son frère.

« Parfait. Vraiment ! Maintenant tout le monde le sait… Je pensais que j'étais un minimum discret.

« Toi oui, mais tes chers amis et Francis un peu moins. Juste un peu » ricana le brun.

« Parlant de ça, il faut que j'y retourne… Le dîner n'est pas fini.

« Laisse-moi au moins… » il enleva sa veste et le posa sur les épaules du plus jeune. « Voilà, au moins ça cache les dégâts et te tiendra au chaud. On est toujours en hiver.

« Thank you.

« No problem. Après cette soirée, essayons de se revoir. A propos de père… Et de tout ça.

« Tu… Et Scott et Edward ? »

Carwin lui tapota la joue. « Ils te considèrent toujours comme leur petit frère si tu t'inquiètes. You're are one of us, remember. Ok ? Allez, va les rejoindre, on se reverra."

Arthur fit un petit sourire et s'éloigna pour retourner vers sa table. Alors qu'il commençait à y aller il vit Francis, mains croisé sur son torse, une expression mécontente sur son visage.

« ça va ? Tu as finis avec ton beau brun ?

« E-eh ? » Arthur le regarda étonné de son humeur mais il comprit vite qu'il parlait de Carwin. Il est jaloux là ? Une autre pensée vint à lui. Il s'inquiétait et m'a suivit pour me voir dans les bras de quelqu'un d'autre.

« Jealous ? » mima-t-il de ses lèvres. Il osait pas parler, de peur qu'on les entende même si les discussions et la musique couvrait sa voix.

« Moi ? Tu me connais mal mon lapin. Ou si… Bref ! Je vois que tu es bien couvert. Retournons manger.

« Francis… »

Le bourgeois se retourna avec un air ennuyé. L'anglais rougit et murmura :

« Le beau brun… C'est mon frère. » devant le silence choqué de son français il sourit.

Francis fit la moue et marmonna :

« De toute façon j'étais pas jaloux. Tu m'as jamais parlé de ta famille en dehors d'Alfred et de la pension. » son regard se reporta sur le travesti.

Le regard mi-triste et mi-moqueur de son Nemesis lui serra le cœur. Il avait déjà voulu le voir en robe, c'est vrai, pour se moquer. Mais il savait pas que ça lui irait aussi bien. La façon dont la robe accentuait son corps frêle. L'eye-liner qui accentuait ses yeux perçant.

« Et maintenant ? Tu comptes faire quoi ? Tenter de convaincre Angela ? Désolé je sais qu'elle est pour nos fiançailles et est très têtue.

« Alors dis-moi ! Qu'es ce que…

« Va au milieu de la foule et dis qui tu es, pourquoi tu es là et enlève moi de façon romantique. »

Arthur soupira et s'apprêtait à lui dire d'être sérieux mais lorsqu'il regarda de nouveau le visage de son amant il comprit. Francis avait toujours son fichu sourire sur les lèvres mais son regard était incertain et il jouait avec ses mains révélant sa nervosité.

Wait… Il voulait vraiment…

« T'es pas sérieux ? Je… Non !

« Ecoute, je me moque de ce qu'ils peuvent penser à cet instant. Mais je peux pas prendre le risque de lâcher ma famille si je ne suis pas sûr que…

« De mes sentiments ? Tu doutes de moi maintenant ?

« Arthur… » il mordit ses lèvres. « Alors dis-moi. Pas par les gestes, c'est trop facile d'embrasser quelqu'un. Dis le moi avec les yeux et les mots. » il attrapa ses épaules et murmura, ses yeux bleus brillant. « Dis-moi que tu m'aimes. »

L'anglais ouvrit la bouche et la referma. Effectivement, il n'avait jamais dis à voix haute qu'il l'aimait mais était-ce si important ? C'était… Il n'était pas doué avec les mots. Il rougit et eut un mouvement de recul. Les mains de Francis le serrèrent plus fort, comme s'il avait peur qu'il s'enfuit. Lui dire ? Là, comme ça ? Il déglutit et murmura :

« C'est gênant… Mais ça veut pas dire… » il rougit encore plus et détourna le regard.

D'accord… J'arrive pas à le dire et alors ? C'est évidant non ?

Francis le lâcha, le visage fermé.

« Si c'est ta réponse…. » il se détourna et s'éloigna en direction des invités. Laissant Arthur seul.

La première réaction, ou plutôt sentiment fut une colère immense. Il l'avait planté là sans aucune explication en plus ?! Sans attendre sa réponse ? Après un moment, il se rendit compte que le français devait être déçu et triste devant l'incertitude du punk travesti.

OK. J'en ai marre. Il voulait enlever cette robe, se poser, et ne plus se compliquer la vie. Cet imbécile de frog ne voyait pas que ce n'était pas facile pour lui de dire ses sentiments ?! Ce genre de choses il n'avait jamais eu besoin de les exprimer avant. Il était un solitaire et n'avait eu que des relations superficielles. Merde, il s'était travesti, avait infiltré la fête et avait tenté de convaincre la fiancée, ça prouvait qu'il tenait à lui.

Tenir... Tenir... Pourquoi tu dis pas que tu l'aimes en bonne et du forme. C'est tout ce qu'il fallait pour qu'il ruine ses fiançailles et revienne à tes côtés.

Arthur sortit de ses pensées alors qu'il arrivait à l'entrée. Sortir lui ferait du bien. Ses pensées virevoltaient dans sa tête. Il aurait dû surmonter son appréhension et dire 'je t'aime' à Francis. Il avait juste besoin d'être rassuré. Il lui avait dit qu'il s'en fichait ce dont sa famille penserait. Il avait plus à perdre qu'Arthur. Et l'anglais avait plus peur d'avouer ses sentiments que lui.

Well Fuck !

Lorsqu'il arriva près de la porte d'entrée, il en caressa le bois avant de pousser et de sortir. Il repensait à tout ce qu'il avait fait pour ce frog. Pensait à tout ce qui c'était passé depuis. A ce qu'Ahlidita avait dit :

C'est comme la petite sirène qui se transforme pour son prince.

Ouais ben le prince il pourrait aussi faire des efforts.

Il se prit la tête entre les mains et laissa un sifflement de colère s'échapper de ses lèvres. Il entendit des pas derrière lui mais il se retourna pas, seul l'image de Francis s'éloignant de lui était présente dans son esprit. C'est seulement lorsqu'on le saisit par l'épaule qu'il se retourna près à mordre et à crier qu'on le laisse tranquille. Sa voix mourut dans sa gorge devant l'homme qui se tenait devant lui.

Des cheveux rouges feu, de grands yeux verts et des sourcils atypiques. Il faisait bien deux têtes de plus qu'Arthur.

« Quand Carwin m'a dit qu'il t'avait vu je pensais pas que t'étais en fille… Je l'ai pas cru. » Scott le regarda et renifla avec dédain. « Mais c'est bien ton genre de faire des trucs embarrassants »

ENFIN FINIT! Hale luja! Je vais pouvoir attaquer la dernière scène du bal avant de me concentrer sur l'histoire de famille de notre cher britannique. J'espère que ça vous a plu et, sachant que j'avais finit de l'écrire tard hier soir, désolée que la partie dîner soit un peu courte. J'aurai aimé la faire plus longue mais...

Arthur: t'avais la flemme. Comme d'habitude.

Toi je vais tellement pas te rater au prochain chapitre.