Bonjour ! Je viens de finir ma grosse semaine de bac blanc, qui s'est plutôt bien passée. J'ai uen bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle à vous anoncer.

La mauvaise d'abord. J'ai terminé The Long Way To Love, ce qui signifie que ce chapitre est le dernier. il ne restera que l'épilogue, que je publierai probablement la semaine prochaine. (ça peut être une sorte de bonen nouvelle aussi...)

La bonne nouvelle... En fait, il y en a deux. La première, c'est que j'ai eu une petite idée de one-shot que j'ai rpesque fini. Je le publierai sûrement la semaine prochiane aussi. La seconde... J'ai commencé une nouvelle fic ! Je ne vais pas la publier de suite, voulant prendre un epu d'avance et éviter des retards trop longs, mais j'ai plein d'idées donc ça devrait être assez rapide.

Voilà.

Disclaimer : Nada. Rien n'est à moi.

Sur ce, bon chapitre.


Chapitre 11 : Course contre la montre

Tony leva les yeux vers Ziva et McGee, occupés à écrire d'anciens rapports d'enquêtes et à en trier. Son regard se posa ensuite sur le bureau de Gibbs, forcé à deux semaines de congé, dont une passée à l'hôpital afin d'être sûrs qu'il la prenne. Il secoua la tête, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Il s'en était relativement bien sorti, aucun organe touché. Plus de peur que de mal, due à une balle qui l'avait traversé, touchant l'artère pulmonaire, d'où l'importante hémorragie. Ce qui faisait de Tony le chef temporaire de l'équipe, qui, pour l'instant, n'avait pas eu affaire à une enquête et se contentait des dossiers des affaires non-résolues à passer au crible, à revoir encore et encore.

Le coursier s'approcha, son panier rempli de lettres et colis devant lui, et s'arrêta devant le bureau de l'italien. Ce dernier tourna la tête vers lui et lui adressa un sourire, que le jeune homme lui rendit.

– Salut Mike.

– Salut Tony. J'ai ce colis pour toi, dit-il en le lui tendant.

– Voyons voir ça.

Il attrapa le colis et son couteau pour l'ouvrir. Une fois débarrassé du scotch, il souleva le carton et examina l'intérieur. Une grande enveloppe et une petite boite. Il fronça les sourcils et attrapa la première. L'ouvrant, il vit plusieurs photos et une lettre. Il sortit les clichés et écarquilla les yeux. Ava. Rapidement, il les passa en revue et constata avec effroi que sur chacun d'entre eux se trouvait sa fille. Il posa les photos sur son bureau et déplia la lettre, qui en fait ne comportait que quelques mots.

Désormais, la fille chérie est à moi,

Et le paquet-surprise est à toi…

Tony attrapa la boite, encore dans le paquet, et l'ouvrit rapidement. Il ferma les yeux et tenta de rester calme. Ziva et McGee, qui avaient observé la scène, froncèrent les sourcils. L'israélienne se leva et s'approcha du bureau. Son visage se décomposa à son tour lorsqu'elle vit ce qu'il se trouvait dans la boite. C'était un collier. Un collier qui aurait pu passer pour banal pour le couple, s'il n'était pas recouvert de sang et s'il n'appartenait pas à Ava.

Tony se ressaisit et remit tout dans son paquet avant de se lever et de se diriger vers l'ascenseur. Le coursier regarda tour à tour Tony et Ziva avant de s'éloigner, préférant ne rien savoir. Cette dernière fit signe à McGee de la suivre et se dirigea vers l'ascenseur également. Les deux agents virent leur coéquipier porter son portable à son oreille en entrant dans la cage de métal. Ils se faufilèrent à l'intérieur et observèrent l'italien, inquiets pour lui, bien que seule Ziva savait pourquoi il était aussi pâle et anxieux.

Tony ferma les yeux lorsqu'il entendit la voix d'Ava dire de laisser un message. Il retint un soupir et resta le plus calme possible. C'était dans une situation comme celle-là qu'il aimerait ne pas être le patron de l'équipe et pouvoir laisser Gibbs mener l'enquête, n'avoir qu'à s'inquiéter pour Ava et non en plus pour l'équipe et l'enquête à mener. Parce qu'à cet instant précis, il ne voulait qu'une chose, trouver Ava, peu importait ce qu'il faudrait qu'il fasse pour la retrouver en vie et indemne. Il rangea son portable et sortit de l'ascenseur.

La musique les assourdit aussitôt et Tony la coupa immédiatement. Abby se tourna vers lui, furieuse, ses yeux lui lançant des éclairs. Il ne prêta aucune attention à son regard et posa la boite sur le bureau de la jeune femme. Elle haussa un sourcil.

– Trouve tout ce que tu peux sur les différents objets à l'intérieur. Commence par… le sang. Je veux savoir à qui il est. Le plus tôt possible.

– Qu'est-ce qu'il se passe, Tony ? l'interrogea Abby, soudain inquiète.

– Fais juste ce que je te demande Abby, s'il te plait.

– Tony, dit Ziva, d'un ton ferme. Que peut-on faire pour t'aider ?

– McGee… Essaye de localiser le… Le portable d'Ava. Ziva, tu viens avec moi, on va à mon appartement.

La jeune femme hocha la tête et posa une main sur le bras de Tony. Il lui fit un faible sourire, sachant qu'il avait vraiment besoin d'elle.

– Ava ? souffla Abby. Ava a disparu ?

– Je veux savoir si c'est son… On y va, Ziva.

Il fit demi-tour et s'éloigna, avant de finir par craquer. Il détestait, plus que tout, cette situation. Savoir que sa fille avait été suivie, par sa faute, et que maintenant elle était quelque part avec un malade, qui souhaitait la tuer, pour le faire souffrir lui, le rendait malade. Abby et McGee s'échangèrent un regard inquiet et se mirent aussitôt au travail, souhaitant plus que tout aider Tony à retrouver sa fille.

***

Tony ouvrit la porte de son appartement et entra, suivi de Ziva. Son regard se porta sur son salon et ses meubles, mais il ne vit rien qui avait été déplacé, touché. Tout était tel qu'il l'avait laissé plus tôt dans la matinée lorsqu'il était parti. Il se dirigea vers la chambre d'Ava et hésita une seconde à ouvrir la porte, craignant de voir ce qu'il trouverait derrière. Il sentit la main de Ziva dans la sienne et souffla. Il ouvrit la porte.

Et s'arrêta net en voyant le lit entièrement défait, la table de nuit renversée et le sang sur les draps. Il sentit Ziva serrer sa main et le tirer en arrière. Il ne tenta pas de résister et se laissa entrainer hors de la pièce, loin de cette vision de cauchemar. Elle l'obligea à s'assoir sur le canapé et s'agenouilla en face de lui, prenant son visage entre ses mains pour le forcer à la regarder dans les yeux.

– Tony. On va la retrouver. Ne reste pas ici, retourne au NCIS.

Il secoua la tête et baissa les yeux vers ses mains.

– C'est à cause de moi qu'elle a…

– Tony, arrête. Je sais, souffla-t-elle. Va voir Gibbs, parle-lui de l'enquête, de ce que tu veux, mais tu vas le voir.

Il hocha faiblement la tête et se leva. Son sentiment de culpabilité était toujours présent, mais il savait que Ziva avait raison. Il ne pouvait pas rester à son appartement où tout lui rappellerait Ava. Il devait s'occuper et aller voir Gibbs qui l'aiderait ; l'ancien Marine ne le laisserait sûrement pas se noyer dans sa culpabilité. Il embrassa Ziva et lui tendit ses clés avant de quitter l'appartement.

Ziva souffla et se dirigea ensuite vers la chambre de la jeune fille. Elle s'arrêta sur le pas de la porte, observant la pièce, puis enfila ses gants. Elle attrapa l'appareil photo qu'ils avaient emmené et commença son travail, qui l'empêcherait de penser à Ava, de trop s'inquiéter pour elle.

Elle collectait les indices lorsqu'elle trouva un bout de papier sur le sol, tâché de sang, mais sur lequel les mots étaient encore lisibles. Elle le ramassa et ses yeux le survolèrent.

Le grand méchant loup est devenu la proie

Et je suis le cruel chasseur qui t'anéantira…

Elle se retint de transformer leur indice en boule de papier inutilisable. Cet homme, de toute évidence, jouait avec les sentiments de Tony impunément. Si elle mettait la main sur lui... Elle ferma les yeux et contint sa colère avec difficulté. Cet homme n'en sortirait pas indemne, quoi qu'il arriverait, elle se le jurait.

***

Tony entra dans la maison de Gibbs, qui n'était pas fermée comme toujours. Il se dirigea vers la cave, où il serait sûr qu'il le trouverait, occupé sur son bateau. Avant d'ouvrir la porte pour descendre, cependant, il s'arrêta et passa sa main sur son visage. Il souffla et finalement pénétra dans la cave. Il descendit lentement les marches, observant Gibbs poncer le bois du bateau. Celui-ci ne montra aucun signe lui indiquant qu'il l'avait remarqué, mais il savait que c'était le cas.

– Qu'est-ce qu'il t'amène Tony ?

– Ordre de Ziva, souffla-t-il en s'asseyant sur les dernières marches.

Gibbs haussa un sourcil et tourna la tête vers lui. Il vit immédiatement l'inquiétude qui ravageait le visage de Tony et la culpabilité dans les yeux verts de son agent. Il n'avait que très peu vu Tony et Ziva depuis qu'il était à l'hôpital, du moins, il ne les avait pas vus seuls et n'avait donc pas encore parlé avec eux de ce qu'il pensait de leur désobéissance. Mais, à cet instant, il sentit que ça allait être le dernier de ses soucis.

– Pourquoi ?

– Ava a été enlevée, murmura-t-il, tellement bas que Gibbs faillit ne pas l'entendre.

– Tu devrais être au NCIS pour la retrouver.

– Je sais qui l'a enlevé Gibbs.

Il était parvenu à surprendre son patron, chose qui n'arrivait que rarement. Ce dernier tourna une fois de plus la tête vers lui, fronçant les sourcils, ses yeux bleus glace fixement posés sur lui, mais Tony garda obstinément les yeux rivés sur ses mains.

– Alors pourquoi ne vas-tu pas sauver ta fille, DiNozzo ?

– Parce que je ne peux pas, répondit-il en levant des yeux remplis de larmes, qu'il refusait de verser.

– Tony, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda doucement Gibbs, touché par la détresse de l'agent, en s'approchant de lui.

– Je reconnaitrais le mode de ce type entre mille. Il est sorti de prison il y a un mois. Remise de peine de deux ans, souffla Tony avec dégoût.

– Tu ne sais pas où il est.

– Il est en ville. J'ai cherché dès que j'ai appris qu'il était sorti. Je sais où il vit.

– Alors qu'est-ce qu'il…

– La dernière fois, il avait ma coéquipière. Je l'ai arrêté parce qu'on avait des preuves qui menaient à lui.

Il marqua une pause, les souvenirs remontant en lui. Des souvenirs qu'il aurait préférés oublier. Il revit sa coéquipière, son amie, lui sourire, lui raconter des blagues pendant leurs enquêtes. Il secoua la tête, comme si ce simple geste pouvait enlever son visage de sa mémoire, comme s'il pouvait effacer l'image de la jeune femme sur la table d'autopsie. Comment ce tueur avait-il pu obtenir une remise de peine ?

– Mais elle n'était pas avec lui. Il n'a jamais dit où elle était. Pas avant deux semaines. Quand on l'a retrouvée… Elle était morte. Le médecin légiste n'a pas su dire si c'était parce qu'elle avait été saignée à mort ou parce qu'elle n'avait ni mangé ni bu pendant des jours.

Gibbs ferma les yeux, retenant sa colère. Des criminels comme lui ne devraient jamais pouvoir obtenir de remise de peine, ni même sortir un jour et revoir le soleil. Ils ne devraient pas avoir le droit d'être libres.

– Si tu l'arrêtes…

– Je perds toute chance de la retrouver en vie. Et il le sait.

– Comment ?

– Parkson. Thomas Parkson. Surnommé Bloody Tom.

Les deux hommes restèrent silencieux, aucun d'eux n'ayant ni l'envie, ni le besoin de parler à cet instant. L'italien avait besoin de la présence de son patron et celui-ci souhaitait juste que Tony sache qu'il était là pour lui. Tout comme il savait désormais qu'il ne dirait rien ni à Tony, ni à Ziva à propos de leur insubordination, sachant que le premier aurait autant besoin d'elle, qu'il avait eu besoin de venir ici pour parler. Pour l'instant.

***

Abby, Ziva et McGee se trouvaient dans l'open-space, attendant le retour de Tony pour l'informer de ce qu'ils avaient trouvé. La gothique faisait les cent pas au milieu des bureaux, ne tenant pas en place, tellement inquiète pour Ava, mais aussi pour Tony. C'est pour cette raison qu'elle sauta dans les bras de Tony lorsque celui-ci pénétra dans l'open-office. Il la serra en retour, sans rien dire, sachant qu'elle devait en avoir besoin.

– Tony, Tony, Tony ! commença-t-elle dès qu'elle l'eut lâché. J'ai tout analysé, même ce que Ziva a ramené il y a une demi-heure et j'ai tout un tas de résultats pour toi.

– A toi l'honneur, souffla-t-il en s'asseyant derrière son bureau.

– Le sang… c'est bien celui d'Ava, mais tu le savais déjà. Oh mon Dieu, j'espère…

– Abby, s'il te plait, la coupa-t-il.

Il n'était pas vraiment d'humeur à entendre un long discours inquiet d'Abby pour Ava.

– Oui. J'ai trouvé plein d'empreintes sur le paquet et ce qu'il y avait à l'intérieur et sur ce que m'a ramené Ziva. Je sais qui a enlevé Ava, Tony ! Tu vas pouvoir aller la sauver.

– McGee, le portable ? l'interrompit-il, se tournant vers le jeune agent.

– J'ai une adresse, répondit-il surpris qu'il n'ait pas écouté la fin. Elle correspond à…

– Ziva ? le coupa-t-il, sachant à qui elle correspondait.

– J'ai trouvé un autre mot.

Elle l'afficha à l'écran et Tony le lut, fronçant les sourcils. Il finit par secouer la tête et souffler. Elle l'observa attentivement, tentant de déchiffrer son expression, de savoir ce qu'il pensait, ce qu'il ressentait, mais elle n'y parvint pas. Abby échangea un regard anxieux avec McGee.

– Thomas Parkson, alias Bloody Tom, dit-il.

– Comment…

– C'est moi qui l'ai mis en prison il y a dix ans.

– Alors on va pouvoir aller l'arrêter, dit McGee, l'espoir présent dans sa voix. J'ai son adresse.

– Moi aussi, j'ai son adresse, souffla Tony.

– On va chez ce type et on ne retrouve plus Ava, dit une voix derrière eux.

Ziva, Abby et McGee se tournèrent, surpris, vers Gibbs qui se tenait à côté du bureau de Tony. L'italien se leva et attrapa la télécommande, sachant que le reste de l'équipe devait être plutôt confus. Il allait devoir les mettre à jour, étant le mieux placé pour cela : après tout ça avait été son enquête. Gibbs posa une main sur son épaule en passant, une main rassurante, et s'assit à son bureau.

– Thomas Parkson, dit Bloody Tom, a tué cinq femmes il y a dix ans. A cette époque, j'étais à Philly. Toujours le même mode opératoire. Les mots, qui narguaient la police, et des femmes qu'ils retenaient plusieurs jours, les saignant à mort et les laissant mourir de soif et de faim.

Les photos des cinq femmes s'affichèrent à l'écran. McGee et Ziva se levèrent pour les observer. Les yeux verts de Tony se posèrent sur la dernière photo, cependant que ceux de Gibbs ne le quittaient pas. Il inspira et reprit :

– Pendant deux mois, on n'avait pas une seule piste et puis, au moment où il a kidnappé l'inspecteur Jennifer Garcia, on en a eu.

– L'inspecteur ? releva Ziva.

– Ma coéquipière, dit Tony, sans quitter des yeux l'écran. On est parvenu à l'arrêter grâce à du sang qu'on avait retrouvé à son appartement. Elle s'était débattue, mais…

Sa voix se dissipa et il sentit qu'il aurait du mal à continuer. Il ferma les yeux et respira lentement, se calmant petit à petit. Pas une seule fois, l'équipe ne fit une remarque, ils l'observèrent simplement, comprenant que c'était dur pour lui de se rappeler de ces souvenirs.

– On ne l'a pas trouvée et Parkson n'a rien dit. Du moins pas de suite. Deux semaines après son arrestation, il nous a dit où elle était.

Il n'eut pas besoin de dire qu'elle était morte à ce moment-là, ils l'avaient tous compris. Tony sentit les bras d'Abby autour de ses épaules et tenta de se détendre, mais n'y parvint pas vraiment. Ziva hésita un moment. Elle ne savait pas si c'était vraiment une bonne chose qu'elle tente de réconforter Tony avec Gibbs à côté d'eux. Elle savait qu'il avait tout découvert deux semaines auparavant et était en colère. Mais finalement elle cessa de s'inquiéter là-dessus et attrapa la main libre de Tony. Il tourna la tête vers elle et vit son sourire réconfortant.

– McGee.

– Patr… Tony ? dit-il.

– Cherche dans les mots, le début d'une adresse ou du nom d'un bâtiment. Abby, aide-le en cherchant, dans toute la ville et ses alentours, un lieu susceptible de permettre de retenir quelqu'un.

– Une adresse ? s'étonna Tim.

– Oui. On a remarqué que, dans chaque « message » qu'il nous laissait, il y avait l'endroit où il retenait chacune de ses victimes.

– Okay.

Abby et McGee s'éloignèrent vers le labo de la première, exécutant les ordres de leur patron temporaire. Gibbs eut un léger sourire et secoua la tête. Tony se tourna ensuite vers Ziva.

– Vois avec tous tes contacts s'ils n'ont pas quelque chose. Oh et… les photos. Trouve où il les a fait développer. On ne sait jamais.

– Et toi ?

– Gibbs. Tu viens avec moi. On va faire un tour, dit-il en commençant à s'éloigner.

– Faire un tour où ? l'interrogea Ziva en rejoignant son bureau.

– Quelque part, dit-il évasif en entrant dans l'ascenseur.

Elle l'observa sans rien dire, tentant de le déchiffrer, sans grand succès. Elle finit par abandonner et vit disparaitre Tony et Gibbs dans l'ascenseur. Elle soupira et s'installa, attrapant son téléphone, prête à passer quelques coups de fil à ses contacts. Elle pouvait attendre parce qu'elle savait que Tony le lui dirait. Sa priorité était de trouver Ava saine et sauve.

***

Tony et Gibbs étaient assis dans une des voitures du NCIS, garée dans une petite rue de Washington, en face d'un bar. Chacun avait un café, qu'ils buvaient en silence, chacun occupé avec ses pensées. Gibbs tourna la tête vers Tony et l'observa, tentant de comprendre pourquoi ils se trouvaient là et ce qu'il pouvait passer par sa tête. Sans grand succès.

– Tu m'expliques ?

– Le patron de ce bar s'appelle Gino Mario Laurito. GML. Surnommé le "grand méchant loup", dit-il. Le bar s'appelle le chaperon rouge et le barman est surnommé le Chasseur.

– Les mots utilisés par Parkson.

– C'est ça.

Ils échangèrent un regard et sortirent de l'habitacle. D'un pas ferme, ils se dirigèrent vers le bar et y entrèrent. L'odeur d'alcool parvint immédiatement à leurs narines, mais ils n'y prêtèrent pas attention et se dirigèrent vers le comptoir. Tony s'installa sur un tabouret et examina chaque visage dans la salle. Cependant, il ne vit pas celui qu'ils cherchaient. Il se tourna vers Gibbs, qui avait déjà appelé un des barmen. Celui-ci s'approcha et les deux agents sortirent leur plaque, les lui montrant.

– NCIS.

– Je peux vous aider ? demanda-t-il en fronçant les sourcils, ne se souvenant pas avoir entendu parler d'une agence fédéral appelée NCIS.

– On cherche un homme qui s'appelle Parkson.

– Thomas Parkson.

– Oui, c'est un nouveau client. Depuis une semaine ou deux. Mais il n'est pas là.

– Si jamais vous le voyez…

Tony tendit sa carte et se leva. Le barman hocha la tête et prit le bout de papier, lui jetant un rapide coup d'œil. Gibbs imita son agent et tous deux sortirent. Ils s'avancèrent vers leur voiture, mais Tony s'arrêta à bonne distance, lorsqu'il vit un bout de papier sous un des essuie-glaces. Il scruta la rue, examinant chaque visage, ne laissant aucun détail lui échapper, mais il n'y avait personne. Il grogna et s'approcha de la voiture. Gibbs le suivit, ne comprenant pas vraiment pourquoi l'italien avait réagi ainsi. Néanmoins, tout devint clair lorsque, lui aussi, aperçut le mot bloqué par l'essuie-glace. Tony le prit et le déplia, le survolant des yeux. Il eut un sourire en coin, qui ne ressemblait à aucun de ceux que l'ancien marine avait déjà vus sur son visage. Il aurait préféré ne jamais le voir d'ailleurs.

– DiNozzo ?

– Comme un oiseau dans sa cage.

Tony se tourna vers lui et haussa les épaules. Il tendit les clés à son patron, qui les prit et monta dans le véhicule, tandis que Tony faisait le tour pour grimper côté passager.

***

Tony et Gibbs entrèrent dans l'open-office où ils trouvèrent Ziva, occupée au téléphone, des restes de plats à emporter devant elle. Elle raccrocha et tourna la tête vers eux, apercevant immédiatement le bout de papier dans les mains de Tony. Elle haussa un sourcil et il le lui tendit, tandis qu'il se dirigeait vers son bureau où il déposa son arme. Elle lut rapidement le mot et secoua la tête avant de se lever.

– Mes contacts n'ont rien. A vrai dire, ils n'avaient, pour la plupart, jamais entendu parler de Bloody Tom. Les photos viennent d'une petite boutique sur l'avenue Connecticut. J'ai été faire un tour et il se souvient effectivement l'avoir vu. Ça ne nous apporte rien de plus, cependant.

– On va voir McGee et Abby. Ils ont peut-être une piste.

Les trois agents se dirigèrent vers l'ascenseur, qui les conduisit au labo de la jeune gothique.

Ils pénétrèrent dans le labo, où la musique résonnait, forte comparée au silence qui régnait dans l'ascenseur. Gibbs s'occupa immédiatement de la couper, tandis que Tony venait donner à Abby un Caf'Pow. Elle sourit et le prit dans ses bras pour le remercier avant d'en prendre une grande gorgée.

– Abby a cherché tous les bâtiments susceptibles de correspondre et on les a éliminés un par un lorsque le nom ou l'adresse ne correspondaient pas.

– Ça nous en laisse une bonne dizaine, mais on ne pourra pas y réduire plus sans autres mots.

– Peut-être que si, souffla Tony.

– Comment ? demanda Ziva.

– Il faut un bâtiment qui soit à l'écart, sans trop l'être. A Philadelphie, il avait l'embarras du choix pour ce genre de bâtiments, y'en avait par dizaine. Ici…

– Il y en a beaucoup moins, on peut réduire la liste.

Abby et McGee commencèrent à taper rapidement sur leurs claviers, éliminant les bâtiments un peu trop à l'écart des endroits habités ou fréquentés. Bien sûr, la liste restait tout de même longue et ils ne pouvaient se permettre de perdre du temps à tout fouiller. Cela ne les avancerait pas. Et tous détestaient attendre.

***

Elle avait mal. Terriblement mal. Tout son corps la faisait souffrir.

Ava tenta de bouger légèrement son bras, mais une violente douleur l'arrêta immédiatement. Son épaule lui faisait un mal de chien. Elle inspira doucement, ne sachant pas si ses côtes ou quoi que ce soit d'autre était douloureux. Elle ouvrit les yeux, doucement, mais sa vision était floue, brouillée. Elle avait la tête baissée et n'osait pas la relever, tant qu'elle ne parviendrait pas à éclaircir ses idées. Son épaule l'élançait et une migraine impossible lui tiraillait la tête, l'empêchant de se focaliser sur quoi que ce soit.

Cependant, elle comprit qu'elle était attachée à une chaise, geste quelque peu inutile puisqu'elle n'aurait pas pu aller bien loin. Si son épaule la lançait, sa cuisse n'était pas en reste. A travers sa vision confuse, elle discerna très bien la couleur rouge foncé de son sang sur sa jambe, sur son pantalon déchiré. Elle entendit soudain du bruit sur sa droite et, par réflexe, tourna la tête dans cette direction. Elle regretta aussitôt son geste lorsqu'elle vit, à travers les formes confuses, la pièce tourner et lorsqu'elle sentit, son estomac se serrer sous l'effet de la violente nausée qui la prit et son goût amer dans sa bouche. Elle ferma les yeux, espérant silencieusement que son mal de tête et sa nausée passeraient.

Ava sentit une main sur son épaule meurtrie et ouvrit les yeux. Elle vit un visage, flou comme le reste, penché au-dessus d'elle. Malgré le manque de clarté de sa vision, elle devina le sourire qui se dessinait sur son visage.

– Enfin réveillée ? susurra-t-il.

– Qui êtes-vous ? demanda-t-elle, la voix rauque.

– Le pire cauchemar de ton père. Et actuellement le tien aussi.

Elle sut que son sourire s'était agrandi sans même avoir à le voir. Une violente douleur à son épaule déjà abimée la traversa et elle ferma les yeux en grimaçant. Rapidement, elle perdit pied avec la réalité – du moins le peu qu'elle avait –et n'eut plus conscience de sa douleur ou de quoi que ce soit d'autre.

***

Les trois agents étaient de retour dans l'open-space, ne pouvant rien faire de plus qu'attendre. Ziva aurait bien voulu aller fouiller l'appartement de leur suspect, mais Tony refusait catégoriquement que quelqu'un y aille. Elle patientait donc, avec les deux hommes, dans l'attente d'un nouveau message ou d'une piste de la part de leurs deux génies informatiques. Un soupir lui échappa.

– Soupirer ne fera pas avancer le temps plus vite, tu sais.

– Dommage, souffla-t-elle en levant les yeux vers l'italien.

Il allait répondre lorsqu'un bip s'éleva, provenant de son ordinateur. Il fronça les sourcils et tourna la tête vers l'écran pour voir qu'il venait de recevoir un mail. Il l'ouvrit, sachant qui en était l'expéditeur. Ses yeux survolèrent les deux lignes composant le message, avant qu'il ne l'affiche sur l'écran plasma, tout en envoyant une copie à Abby, espérant que cela pourrait les aider à rétrécir encore leur liste. Gibbs et Ziva se tournèrent vers l'image et lurent à leur tour.

Cours, vole, tu ne peux me fuir

Et bientôt tu ne pourras plus me nuire…

– Ce type est déglingué, dit Ziva.

– Le bon mot serait plutôt cinglé. Et il n'est pas cinglé, au contraire. Il est très intelligent et il le sait. Il s'est fait passé pour fou et a eu cinq ans de prison en moins. Bonne conduite et le voilà avec deux ans de moins encore une fois.

– Il a tout prévu ?

– Les pires tueurs en série, Ziva, sont ceux qui calculent et prévoient tout, souffla Gibbs.

Tony soupira et se leva, décidé à aller prendre un café. Ses yeux se posèrent sur une photo qui datait d'il y a peu. Ils survolèrent Abby et Ziva et s'arrêtèrent sur Ava, souriante comme à son habitude, simplement heureuse. Il ne supporterait pas de la perdre. Jamais il ne pourrait s'en remettre. Il ferma les yeux et attrapa sa veste. Il avait besoin de s'éloigner du bâtiment pour quelques minutes au moins. Il avait besoin d'un moment de paix, il avait besoin de sa fille.

Ziva l'observa pendant qu'il s'éloignait. Elle voulait l'aider, mais savait qu'il avait besoin d'un peu de temps seul. Elle vit une ombre du coin de l'œil et tourna la tête vers Gibbs. Elle haussa un sourcil, se demandant ce qu'il pouvait lui vouloir. Il posa les mains sur le bord du bureau et se pencha en avant.

– Tony et toi ? Depuis combien de temps ?

– Trois mois.

– Vous comptiez me le dire un jour ?

– Gibbs, nous sommes parfaitement capables de laisser notre relation en dehors du boulot. Pendant trois mois, même toi, tu n'as rien soupçonné, n'est-ce-pas une preuve ?

– Tout va très mal se terminer.

– Je ne suis pas Jenny et Tony n'est pas toi. Quoi que tu dises, rien ne changera.

– Ziva…

– Non, répliqua-t-elle fermement en se levant, le regardant droit dans les yeux. Tu ne pouvais rien faire pour empêcher que ça arrive et tu ne pourras rien faire pour nous séparer. C'est notre relation et elle ne concerne que nous.

Ils se fixèrent un moment sans parler, essayant de faire fléchir l'autre, sans succès. Tous deux étaient aussi têtus l'un que l'autre. Finalement, Ziva brisa leur échange et quitta l'open-office, en direction du labo d'Abby, où elle espérait pouvoir trouver des réponses sur l'endroit où se trouvait celle qu'elle considérait désormais comme sa fille, ou une jeune sœur.

***

Abby parcourait son labo, impatiente, tournant sur elle-même. McGee l'observait, légèrement amusé, mais également impatient. Tous deux n'attendaient qu'une chose : l'arrivée de Gibbs, Tony ou Ziva pour leur annoncer leur nouvelle, leur excellente nouvelle.

La porte du labo s'ouvrit et Abby se précipita immédiatement vers la personne qui entrait, la tirant vers l'ordinateur, où elle commença à taper rapidement. Ziva haussa un sourcil interrogateur vers McGee, qui lui sourit en haussant les épaules. Abby restait et resterait toujours Abby, quoi qu'ils disent ou fassent. Tony et Gibbs entrèrent à leur tour dans le labo, l'italien avec un café dans la main.

Sur l'écran plasma apparurent les trois mots que Tony avait reçus jusqu'à présent. Abby tapa encore un peu et certaines lettres se mirent en relief. Les trois agents froncèrent les sourcils. Désormais la fille chérie est à moi, et le paquet surprise est à toi, le grand méchant loup est devenu la proie et je suis le cruel chasseur qui t'anéantira. Cours, vole, tu ne peux pas me fuir et bientôt tu ne pourras plus me nuire. Seize lettres.

Les seize lettres restèrent et Abby les mit en place, pour former trois mots, dont un incomplet. Shepard Drive, Ster.

– Sterling, souffla Tony. Un complexe industriel se trouve là-bas. Il n'est pas abandonné, mais…

– On n'a pas besoin de la fin, Tony !

– Merci Abby.

Il déposa un baiser sur sa joue avant de s'éloigner, Ziva, McGee et Gibbs lui emboitant le pas. Ils allaient pouvoir sauver Ava. Ce n'était désormais qu'une question de minutes. Abby soupira de soulagement et sourit en posant son regard sur une photo de l'équipe où Ava était présente et qu'elle conservait toujours dans son labo. Ce type n'allait pas faire long feu.

***

Tony entra dans le bâtiment, son gilet pare-balles fermement attaché, son arme chargée et prête dans ses mains. Ses yeux se posèrent immédiatement sur la figure solitaire au centre de l'entrepôt. Une personne attachée à une chaise, recouverte de sang. Il en oublia sa sécurité et se précipita vers sa fille, inconsciente et à la respiration sifflante. Cependant, avant qu'il n'ait pu l'atteindre, il entendit le bruit d'une arme derrière lui et s'arrêta. Des pas se firent entendre et à la limite de son champ de vision, il finit par voir apparaitre Bloody Tom.

– Anthony DiNozzo, enfin nous nous retrouvons. C'est un immense plaisir.

– Non partagé, grogna l'italien.

Ses yeux verts brûlaient d'inquiétude pour Ava, mais il savait que s'il bougeait, il ne lui serait d'aucune aide. Il scanna rapidement ses blessures et en compta trois principales. Une épaule déchiquetée, une longue estafilade sur sa cuisse et une blessure sur son flanc gauche. Il ferma les yeux, tentant de rester calme et de contrôler la nausée qu'il sentait monter. Voir sa fille dans cet état lui était insupportable.

– Je n'avais jamais eu une victime aussi délicieuse, souffla Tom.

Tony releva immédiatement la tête et le vit debout à côté d'elle, un immense sourire sur son visage tandis qu'il tirait la tête d'Ava en arrière. Il sentit son poing se serrer et ses ongles s'enfoncer dans sa peau. Il ne tiendrait pas bien longtemps et espérait que les autres finiraient rapidement d'inspecter les trois bâtiments.

– Les autres criaient bien trop vite, mais ta fille… Elle est forte, il faut bien l'avouer.

Le doigt de Tony caressa la détente sans qu'il ne puisse le retenir. S'il le pouvait, il le tuerait sans attendre, mais il n'allait sûrement pas risquer la vie d'Ava, sur laquelle il pointait à présent son arme. Contenant sa colère à grand peine, il enfonça un peu plus ses ongles dans sa peau et serra les dents.

– Je vais me faire un plaisir de l'achever devant toi.

– Et moi, je me ferais un plaisir de raconter à ta fille, ce que tu n'as pas hésité à faire à une autre.

Ceci sembla arrêter Tom, qui le foudroya du regard. Il tira légèrement la détente, posant le canon contre la tempe d'Ava. Tony fit un pas en avant, avant de se stopper. Un sourire revint sur le visage du tueur, qui se délectait de l'impuissance de l'italien.

– Ma fille n'en saura rien parce que tu ne pourras pas lui dire, tu ne pourras pas ruiner sa vie pour te venger. Nous le savons tous les deux.

Malheureusement il le savait. Il entendit la porte derrière lui s'ouvrir et sut que McGee et Gibbs étaient entrés. Ceux-ci s'arrêtèrent à quelques pas de lui, arme levée et pointée directement sur leur homme. Mais il ne s'en préoccupa pas car il savait qu'il aurait le temps de tuer Ava avant, s'ils décidaient de tenter quoi que ce soit.

– Tu n'as même pas…

Un coup de feu retentit, le coupant. Tony se précipita vers Ava, avant même que le corps de Tom ne soit par terre. Ziva baissa son arme, derrière lui et s'avança vers le centre de la pièce à son tour. Tony commença à détacher les mains de sa fille et entendit vaguement McGee appeler une ambulance alors que Gibbs éloignait le corps de lui. L'israélienne s'agenouilla à ses côtés et ensemble, ils détachèrent la jeune fille et l'allongèrent sur le sol, tentant de ne pas toucher ses blessures, qui les inquiétaient tous deux.

– Ava… souffla Tony en repoussant les cheveux de sa fille hors de son visage trempé de sueur.

Elle sembla remuer légèrement, mais ne se réveilla pas, bien trop épuisée pour. Gibbs vint se placer au-dessus d'eux, avec McGee, et posa une main sur l'épaule de l'italien, qui ne quittait pas la jeune fille des yeux. Son regard se posa sur un bout de papier, légèrement plié, sous la chaise. Il se leva et le ramassa. C'était la fin du message de Tom. Fin qui s'était révélée fausse.

Tic Tac, le temps passe, pas la peine de te dépêcher

Parce que tu ne pourras jamais gagner…

Gibbs ferma le poing, transformant le mot en boule et l'envoya un peu plus loin, reportant son attention sur ses trois agents et Ava. Tous les quatre n'espéraient qu'une chose : qu'elle vive.

***

– J'ai fait aussi vite que j'ai pu ! s'exclama la voix hystérique d'Abby lorsqu'elle pénétra dans la salle d'attente et vit ses amis. Comment va-t-elle ?

– On n'a pas encore de nouvelles, murmura McGee.

Abby hocha la tête avant de s'engouffrer dans les bras de Gibbs, qui s'était approché d'elle. McGee soupira et tourna la tête vers Tony, assis par terre, contre le mur, la tête dans les bras, Ziva à ses côtés. Il ne savait pas s'ils se parlaient, mais à l'instant même, tout ce qu'il lui importait, c'était de savoir que l'agent avait quelqu'un sur qui s'appuyait, sur qui comptait, qui ne lui dirait pas seulement des platitudes inutiles, parce qu'il n'en avait vraiment pas besoin.

Ducky revint de l'accueil et s'approcha du couple. Ziva caressa la joue de Tony et lui murmura quelque chose que le vieux médecin n'entendit pas, mais qui le fit relever la tête.

– Ducky ? l'interrogea-t-il, la voix tremblante.

Il lui fit un sourire rassurant et s'abaissa à sa hauteur, sous les yeux du reste de l'équipe qui s'était approchée.

– Elle est encore au bloc, mais tout se passe bien. Ils se sont déjà occupés de sa blessure au flanc et sont en train de s'occuper de sa cuisse. A part une hémorragie importante, aucun organe vital n'a été touché, elle va s'en remettre très vite.

Tony hocha la tête, incroyablement soulagé d'entendre cette nouvelle. Ziva fit un sourire à Ducky pour le remercier et passa ses bras autour du cou de l'italien, le tirant à elle.

– Tel père, telle fille, souffla-t-elle.

Il eut un sourire et acquiesça. Elle posa son front contre le sien et ferma les yeux, se moquant du regard réprobateur de Gibbs sur eux, ou du sourire heureux d'Abby. Elle profitait simplement de cet instant d'intense soulagement : Ava n'était pas dans un état aussi critique qu'ils croyaient. C'était tout ce dont elle avait besoin de savoir : qu'elle allait s'en sortir et que bientôt elle la reverrait et qu'elles discuteraient, rigoleraient ensemble, comme elle ne parvenait à le faire qu'avec elle.

– Tu sais qu'elle m'a demandé si un jour elle pourrait t'appeler maman ? la questionna Tony, la tirant de ses pensées.

Elle releva les yeux vers lui, étonnée et émue à la fois.

– Vraiment ?

– Oui. Ava t'adore. Elle n'attend que ta réponse.

Ziva eut un sourire et hocha la tête avant de l'embrasser. Elle n'avait jamais été aussi heureuse de toute sa vie, avec l'homme qu'elle aimait et qui l'aimait et une fille, qui n'était pas la sienne, mais qu'elle considérait comme telle. La seule ombre au tableau semblait être Gibbs, qui ne voyait pas leur relation du bon œil, et dont l'avis comptait énormément pour Tony, elle le savait. Mais elle préféra oublier Gibbs pour l'instant, elle aurait tout le temps qu'elle voudrait plus tard.

***

Tony sortit de la chambre d'Ava, un sourire aux lèvres, laissant Ziva avec elle. Il devait parler à Gibbs et savait qu'il l'attendait à l'extérieur. Il s'avança vers la salle d'attente où ils s'étaient tous trouvés deux heures plus tôt avant d'entrer dans l'ascenseur pour aller dehors.

Une fois devant les portes, il observa les alentours et distingua Gibbs, assis sur un banc, à une dizaine de mètres de lui, son éternel gobelet de café à la main. Il alla s'assoir à côté de lui et patienta. Ce n'était pas à lui de commencer à parler et il le savait. Son regard se posa sur les quelques malades, qui prenaient encore l'air, malgré la fraicheur qui tombait peu à peu. Il n'aimait pas les hôpitaux, trop impersonnel et vide à son goût. Vide de sentiments autres que la tristesse et la peur. Il secoua la tête.

– Ava est avec Ziva.

Il hocha la tête et attendit encore. Son regard se posa sur un couple et il remarqua alors que c'était eux que Gibbs fixait depuis qu'il était arrivé. Il savait que cette conversation viendrait et avait réussi à l'éviter jusqu'à présent. Il ne pouvait y échapper éternellement et n'était pas sans savoir que l'ancien marine l'aurait attendu à cet endroit aussi longtemps qu'il l'aurait fallu pour avoir cette discussion. Autant s'en débarrasser tout de suite.

– Je vous avais dit de ne pas vous mettre ensemble.

– Ce n'est pas une décision prise à la légère. Ce n'est pas que du sexe non plus. C'est aussi une mère pour Ava, une confidente pour Ziva, une complicité accrue et…

Il soupira. Gibbs tourna la tête vers lui, son visage ne trahissant aucune émotion et ses yeux de glace.

– Je l'aime, Gibbs, et tu ne pourras rien faire pour changer ça.

Il sentit un coup derrière la tête et la secoua. Il ne pensait pas que ce serait aussi dur de lui faire ouvrir les yeux.

– Ne m'oblige pas à t'expliquer les raisons pour lesquelles tout ce cirque finira mal, DiNozzo.

Tony secoua la tête une fois de plus et se leva, se tournant vers Gibbs, qui fut surpris, mais le cacha. Il ne pensait pas que l'agent serait autant énervé.

– Laisse-moi t'expliquer une chose, patron. Si le NCIS n'avait pas été attaqué, tu n'aurais jamais su parce que tu n'avais rien vu. Ça fait trois mois, Gibbs ! Trois mois ! Tu peux dire tout ce que tu veux, mais ces trois derniers mois ont été les meilleurs de toute ma vie et je ne vais pas couper à tout ça juste parce que tu penses que c'est n'importe quoi et que ça finira mal. Tu ne le sais pas plus que nous et tu n'es pas en droit de nous dire quoi faire ou ne pas faire. C'est notre vie et on en fait ce qu'on veut.

Sur ces mots, il se retourna et commença à s'éloigner, laissant un Gibbs plus qu'étonné, mais fier. Fier de son agent, et reconnaissant l'erreur qu'il avait faite en voulant les empêcher d'être ensemble, puis en voulant les séparer. Il se leva, pour rattraper Tony, mais celui-ci se retourna, une lueur de tristesse dans les yeux.

– Mon père ne l'a jamais vraiment été… Depuis que je travaille avec toi, Gibbs… J'ai cru pendant un moment que peut-être tu étais le père que j'aurais toujours voulu avoir, mais… maintenant… Le père que je voulais aurait compris et toi… Tu n'as pas compris.

Il partit alors pour de bon et Gibbs sentit qu'il ne faisait pas que perdre son agent, mais qu'il perdait aussi celui qu'il avait considéré comme son fils. Le fils qu'il n'avait jamais eu et qu'il n'aurait jamais. Il avait toujours été là, sans qu'il ne le réalise vraiment, et désormais, il partait.

– Tony ! s'exclama-t-il.

L'italien s'arrêta, une main sur la porte, mais ne se tourna pas vers lui.

– Tu l'aimes vraiment ?

– Autant que j'aime Ava, Gibbs.

– Si je ne voulais pas, ce n'était pas pour cette foutue règle Tony.

L'agent tourna la tête vers lui en fronçant les sourcils. Gibbs se tenait à quelques pas de lui et il lui semblait plus vulnérable qu'il ne l'avait jamais vu. Il comprit alors, sans qu'il n'ait besoin de le dire à haute voix.

– Je sais ce que c'est de perdre celles qu'on aime. Tu as failli perdre Ava aujourd'hui, si tu ajoutes Ziva… On ne peut jamais s'en remettre.

– Je suis prêt à courir le risque Gibbs. Pour tous les moments de joie qu'on peut avoir. Pour le sourire d'Ava chaque matin quand elle se réveille, pour voir Ziva endormie avec l'expression sereine qu'elle n'a jamais au bureau. Pour les soirées où on est tous les trois devant la télé. Comme une famille. Pour la moindre petite chose…

– Insignifiante, mais merveilleuse parce que tu es avec les personnes qui te sont les plus chères. Je sais.

– Tu as une famille Gibbs. Mais tu l'éloignes en voulant garder tout pour toi et en essayant de les protéger, quand ils peuvent se débrouiller seuls.

– Je sais. Vous êtes ma famille.

Ils échangèrent un regard entendu en hochant la tête. Le visage de Tony s'illumina d'un sourire et il entra finalement dans l'hôpital, retournant auprès des deux femmes de sa vie. Gibbs le regarda s'éloigner, fier de son agent et heureux pour lui. Un sourire étira ses lèvres tandis qu'il s'éloignait vers sa voiture. Tout allait rentrer dans l'ordre. Il le savait.


Voilà. J'espère que ce chapitre vous convient. J'ai résolu toutes les grosses questions. Dites-moi ce que vous en pensez.

L'épilogue arrivera la semaine prochaine.

AngelShep