Relecture Brynamon.
Merci pour vos alertes et favoris.
Voici le dernier chapitre en deux parties car trop long. J'ai eu du mal à écrire cette première partie consacrée aux deux tiers à Jake.
Merci à Lea1985, Supergirl971, Caro19, Ezhra-June, Kalilah1, Jacoblover2, GunWiHarPoTwi, Lyylla et l'Anonyme pour leurs reviews toujours aussi divergentes, c'est fou comme un chapitre peut être perçu différemment !
En réponse à la tienne Marina : Je te remercie. Cela m'encourage à écrire. Mon Os sera je pense un Edward/Bella (le seul que je ferai) mais non romancé, pas de couple donc. J'écris déjà une fic HP (Ron/Hermione) qui est en cours de publication. Mon autre projet de fic concerne bien sûr mes chouchous Jake/Bella, cependant je ne la commencerai que quand j'aurais terminé Destins croisés et publié mon OS.
En réponse à la tienne Charlène : J'aime aussi les multi pov parce que ça permet d'avoir une vue d'ensemble mais c'est un jeu d'écriture difficile.
Un tournant décisif s'annonce…
Bonne lecture.
Chapitre 11 : Un lien destructeur 1/2
POV ALICE CULLEN WHITLOCK
J'étais avec Matt dans sa chambre, observant son attitude. Il n'était pas en forme c'est sûr. Il était content de me voir néanmoins.
-Tu n'es plus fâché avec maman ? Me questionna-t-il.
-Non.
-C'était dur pour toi ?
Surprise par son intérêt pour moi, je lui souris.
-Comme pour nous tous mais ne parlons pas de moi. Comment tu te sens ?
-Pas super. Mais c'est pas grave. J'ai hâte d'être à dimanche pour aller à la piscine avec Edward.
-Tu aimes passer du temps avec lui, constatai-je, heureuse de ce lien qui les unissait.
Il opina.
-C'était bien ce week-end chez lui, me confia-t-il. Mais je vois bien que maman lui manque.
-Tu as passé le week-end avec lui ? M'étonnai-je.
-Oui, je vais voir avec maman pour y retourner plus souvent.
Je ne savais pas si c'était une bonne idée, surtout si son père revenait. Je gardais toute mes remarques pour moi, je ne voulais plus me mêler de tout ça.
J'entendis Bella s'agacer, Matt se renferma de nouveau. Elle devait être au téléphone, elle aurait dû être plus discrète.
-Je vais voir ce qui se passe, finis tes devoirs.
Je quittai la chambre, refermant la porte derrière moi. Je me figeai, découvrant Jacob à l'entrée qui faisait face à Bella. Une Bella mécontente. Cela me fit drôle de le revoir. Je ne percevais que son profil mais il avait vraiment changé. Il restait debout sans un mot, subissant les paroles de Bella qui montait en pression face à sa non-réactivité. Une non-réactivité factice car lui-même montait aussi en pression. Je me permis d'intervenir.
-Je n'ai pas eu l'occasion de te souhaiter un bon retour Jacob.
Bella s'interrompit, il put se tourner vers moi et se troubla à ma vision. Il eut un sourire qui disparut aussi vite, me laissant mal à l'aise. Il se renferma. Je devais lui rappeler Edward.
Forcément…
-Alice. Me salua-t-il simplement.
Je n'aurais su dire s'il appréciait que je sois là alors qu'il était en plein conflit avec sa femme.
-J'en connais un qui sera surpris de te voir, déviai-je.
Je lui montrai la chambre d'un signe de tête, son expression se modifia, soudain stressé, il acquiesça.
-Je vais aller le voir, décréta-t-il défiant Bella de le contredire.
Il s'en allait déjà, eut un moment d'arrêt, jetant un œil en arrière vers elle qui se crispa. Je la tirai vers le salon, elle rechigna à venir, je la forçai.
-Pourquoi tu t'énerves, il est rentré, non !
Elle resta muette face à moi, colérique.
-La colère et les disputes ne servent à rien, vous n'avancerez pas comme ça !
-Je veux qu'il comprenne que son départ nous a fait souffrir.
-Il doit le savoir et je pense que lui aussi à dû en souffrir.
Elle se renfrogna comme si je l'avais trahie.
-Bella, allons, pourquoi tu persistes ? Ça ne te ressemble pas.
-Tu n'imagines pas ce que j'ai ressenti en voyant mon fils pleurer à cause de son père.
Elle se tut, bouleversée.
-Cette scène passe en boucle dans ma tête, continua-t-elle, c'est insupportable. Je ne pensais pas que cela aurait pu arriver un jour. Je me sens misérable de n'avoir pas su empêcher tout ça, de ne pas avoir su le protéger.
-Tu ne peux pas le protéger de tout.
-C'est mon rôle !
-Je comprends Bella. Mais…
J'hésitai, je devais rester en retrait.
-Ok, conclus-je. Je vais vous laisser.
Elle me raccompagna à l'entrée.
-Attends ! Me dit-elle subitement.
Elle courut vers sa chambre et revint aussi vite. Elle me tendit quelque chose.
-Garde-la.
C'était la bague de fiançailles.
-Il ne veut pas la récupérer, se justifia-t-elle devant mon air réprobateur, et je ne peux pas la garder.
-Bella …
-S'il te plait. Je ne te demande pas de la lui donner juste de la garder.
Je soupirai.
-Ok.
Elle me prit dans ses bras dans une étreinte intense que je lui rendis.
-Je suis heureuse d'avoir retrouvé ton amitié Alice.
-Je veux te voir heureuse Bella, alors prends sur toi et fais un pas vers lui, ne pus-je m'empêcher de lui conseiller.
OoooO
Je conduisais en direction du centre pour aller voir Edward. Jasper m'avait déjà laissé un message pour me demander si j'allais bientôt rentrer.
« Je dois voir Edward, je n'en ai pas pour longtemps. »
En sonnant à l'interphone, j'étais pleine d'appréhension. Il m'ouvrit, je pris l'escalier et fus devant sa porte où j'hésitai. Il ouvrit subitement.
-Pourquoi tu n'entres pas, c'était ouvert, tu le sais.
J'entrai à sa suite.
-Tu veux boire un truc ? Me demanda-t-il en s'élança déjà vers la cuisine.
Il semblait de bonne humeur. Cela me contraria de changer cela.
-Non.
Je le stoppai dans son élan, et l'obligea à me regarder.
-Il est rentré.
OoooO
Jasper se leva de devant son pc et vint m'accueillir avec passion comme chaque jour.
-J'ai cru que tu ne comptais jamais rentrer, plaisanta-t-il.
Moins tendue, je lui rendis toute cette affection. Il en fut heureux et m'interrogea car il n'était pas dupe.
-Tu as quelque chose à me dire Alice ?
-Je me suis réconciliée avec Bella et j'ai vu Jacob.
-C'est bien et… c'est bien ?
-Oui et oui, le rassurai-je. J'espère que ça va s'arranger pour eux. Mais Edward…
-Evite de t'en mêler, me conseilla-t-il.
-Je me suis dit la même chose mais c'est mon frère et je devais le prévenir.
-Je te connais bien, c'est pour ça que je te préviens. Comment l'a-t-il pris ?
-Mieux que je ne le pensais.
-Tant mieux. Il sait qu'il peut compter sur nous.
-J'en doute.
-Bien sûr qu'il le sait. Mais on va lui faire une piqûre de rappel.
-Que proposes-tu ?
-Un week-end en famille.
-Entouré de couples, il va « adorer »…
-Non, je parlais de vous cinq.
Ah…
-Pourquoi pas, ça fait longtemps que l'on ne s'est pas retrouvé tous ensemble. Je vais organiser ça.
Je m'animais déjà. Enthousiasmée.
-Tu vas être malheureux sans moi, le taquinai-je.
-Je vais dépérir mais c'est pour la bonne cause.
-Je sais que je t'en ai fait baver ces derniers temps, rajoutai-je. J'espère que tu me pardonnes.
-Je ne sais pas…dit-il avec un sourire en coin.
Je lui enserrai le cou.
-Vraiment ? Tu ne sais pas ? Je connais un bon moyen de te convaincre, lui susurrai-j à l'oreille.
POV JACOB BLACK
Un peu plus tôt…
Je quittai Bella et Alice pour aller voir Matt, fis un arrêt involontaire devant la porte de cette maudite pièce. Bella avait dû voir que je l'avais vidée entièrement. Je ne cherchai pas à y entrer, je jetai juste un œil en arrière, elle se braquait déjà. Si elle était énervée, je l'étais aussi. Heureusement qu'Alice était intervenue. Alice…dont la présence ne me rappelait pas que des bonnes choses.
J'hésitai à entrer dans la chambre de Matt. J'étais encore sous le coup des paroles de Bella. Avais-je tout gâché ? Croyait-il vraiment que je ne l'aimais pas ? Cette idée me brûla le cœur. Je donnerai tout pour lui, je pourrai mourir pour lui et il l'ignorait. Avais-je été si égoïste ? Moi qui voulais le protéger je n'avais fait que le contraire, le plongeant dans une insécurité qui le faisait souffrir.
Je soupirai.
J'étais son père, peu importe ces quatre années loin de lui. Je devais agir en tant que tel. Il avait été présent à chaque seconde près de moi, je n'avais jamais cessé d'espérer le serrer dans mes bras et pourtant…
J'avais fui…
Oui, moi. Quelle image je lui renvoyais ? Que pouvait-il en conclure si je ne lui expliquais pas les choses ? Je ne voulais pas qu'il grandisse en étant rempli de colère ou d'amertume. J'étais passé par là, je ne le souhaitais pas à mon fils. Je poussai la poignée et entrai. Il resta penché sur son cahier, occupé.
-Matt.
Il fit un bond, cligna des yeux, se redressa, me faisant face. Je fis un pas vers lui, il fronça les sourcils.
-Je suis rentré.
Il se rassit et recommença à travailler comme si je n'étais pas là. Je fermai la porte et pris une chaise pour me mettre à ses côtés. Il m'ignora comme il l'avait fait à l'école quand je n'avais pas accéder à sa requête.
-Je n'aurais pas dû rester chez grand-père. Je suis désolé de t'avoir laissé.
Il continua, imperturbable. J'en profitai pour le contempler, insatiable de sa vision comme à chaque fois.
-Maman m'a dit que tu étais triste.
Il se braqua instantanément, exprimant déjà cette fierté masculine.
-Non, j'étais pas triste !
Il affichait un air sur de lui.
-J'ai fait plein de choses avec…
Il s'interrompit.
-Dis-moi. Raconte ? L'encourageai-je.
-Non.
Je n'insistai pas.
-Je n'ai pas été très présent même quand j'étais à la maison. Tout ça va changer.
Il haussa les épaules, peu concerné.
-On n'a pas besoin de toi.
-Bien sûr que si. Tout comme moi j'ai besoin de vous.
-Si tu avais besoin de nous pourquoi tu es resté chez papi ? S'écria-t-il avec colère sans pour autant me regarder.
-J'avais besoin de réfléchir.
-Réfléchir à quoi ?
-A ce qui n'allait pas, je cherchais à comprendre ce qui me retenait loin de vous.
-Et c'était quoi ? Me questionna-t-il, méfiant.
-J'avais peur.
Il me prêta attention de nouveau. Je tressaillis, anxieux, il attendait beaucoup de ce que j'allais lui répondre.
-Je ne voulais pas te décevoir. Je suis comme tout le monde, je fais des erreurs, j'ai des défauts. Je ne suis pas le héro que l'on prétend que je suis. Je suis loin de tout ça. Est-ce que tu comprends ?
-Non.
-C'est pour ça que je suis là : pour repartir sur des bonnes bases. Je suis là pour toi.
Il se détourna.
-C'est pas la peine, tu peux repartir chez papi, Edward est là. Il s'occupe de moi. J'attends que maman lui dise de revenir. Je sais qu'elle va le faire et je ne serai plus jamais tout seul.
J'eus l'impression de me faire percuter par un train et réduire en charpie. Je ne pouvais plus émettre un seul son, restant paralysé. Il me jeta un coup d'œil, se troubla, se détourna de nouveau. Je parvins à me lever et quittai la pièce. Dans la salle de bain, je me passai un coup d'eau, mais rien n'y faisait, je me dirigeai vers la terrasse sans croiser Bella, et restai debout, fixant le ciel sans étoiles. J'étais mélancolique.
A mon arrivée il y a un mois, il était revenu vers moi spontanément. A cause de mes angoisses, je le perdais à nouveau et c'était intolérable.
Je cherchai à endiguer ma peine, mais c'était vain. Il se passa un moment avant que je retourne à l'intérieur.
-Je croyais que tu dormirais dehors, s'agaça Bella qui venait à ma rencontre. On va diner.
Je la suivis en cuisine, l'aidai sans entrain. Je m'assis, elle en fit de même face à moi.
-Matt ne vient pas manger ?
-Il n'a pas faim, me répondit-elle. Je lui emmènerai un encas tout à l'heure.
Elle me détaillait avec minutie, soupira, je détournai le regard, entamai le diner.
-Tu pensais qu'il t'accueillerait à bras ouvert ?
Silence.
-Il peut se montrer dur.
-Je sais que je le mérite…
-Non, ce n'est le cas. On est tous à cran et on dit des choses qu'on ne pense pas forcément.
Elle m'effleura la joue brièvement, puis sembla regretter son geste. Son propre rejet m'écrasait.
-Ce qu'il a dit n'était pas anodin, la contredis-je. S'il le pense réellement dis-moi que faisons-nous ici tous les trois ?
-Que t'a-t-il dit ?
-Qu'il est sûr que tu l'appelleras et que vous irez vivre avec lui, qu'il n'avait pas besoin de moi.
Les mots avaient un goût amer.
-Il a passé du temps avec Edward c'est pour ça qu'il t'a dit cela. C'était juste un moyen de t'atteindre n'y voit rien d'autre.
Elle persistait à le nommer.
-Comment ça, il a passé du temps avec lui ?
-Que croyais-tu ? Tu n'étais pas là ! S'emporta-t-elle. Je l'avais délaissé parce que ton absence me tuait. Il fallait que je répare.
-Et c'était le seul moyen ? M'emportai-je à mon tour.
-Oui. Tu dois faire avec.
Cela me rendit fou.
-Et avant que tu ne me poses la question : non ! Je ne suis pas retournée vers lui mais ce n'est pas l'envie qui m'en manquait !
J'enrageai sans un mot. Elle eut un éclair de satisfaction dans ses yeux. Je me rendis compte qu'elle cherchait à m'éprouver. Elle y parvenait sans mal tout comme Matthew. Je payais pour ma défection. Je découvrais une facette d'elle insoupçonnée, une dureté dont elle se servait comme carapace. Elle termina de diner rapidement et prépara un encas pour Matt.
OoooO
J'étais dans mon bureau, isolé. Je n'avais pas trouvé mieux. J'étais en terrain miné, chaque pas pouvait me mener à la catastrophe. Il faudrait du temps, pour que les choses aillent mieux en considérant que ce soit le désir de chacun mais l'était-ce ? Etais-je en train de lutter contre des moulins à vent ? L'intransigeance de mon fils était le plus dur à accepter.
Bella entra, je me raidis.
-Je vais me coucher, Matt dors déjà, bonne nuit.
Elle repartait déjà.
-Bella.
-Oui ?
-J'ai des choses à te dire, me lançai-je.
Elle hésita.
-Nous verrons cela demain, je suis fatiguée et je dois me lever tôt pour emmener Matt au centre.
-Il peut rester avec moi, saisis-je l'occasion.
Silence.
-Il faut que je passe du temps avec lui Bella, c'est le seul moyen de lui démontrer qu'il compte pour moi.
-Il va mal le prendre.
-Je suis rentré pour ne pas laisser les choses s'aggraver. Je dois agir, laisse-moi essayer.
-Ok.
Elle s'éclipsa, soucieuse.
Il était déjà tard quand je retournai dans notre chambre. Je fis une halte pour voir Matt, restai longuement près de lui. Il n'était pas loin de deux heures du matin quand je me glissai dans le lit. Elle dormait dans son coin. Je ne résistai pas à l'envie de la rejoindre profitant de ce moment de calme pour me laisser guider par mon cœur et non mon esprit. Je l'enveloppai de mon bras, m'apaisai à son contact. Elle se retourna sans vraiment se réveiller et se blottit contre moi. J'appréciai cette trêve.
Cette nuit là fut la première nuit sans cauchemar.
OoooO
Elle me réveilla avant de partir, elle avait retrouvée son attitude distante. Me réveiller et voir son visage était réconfortant. Je la contemplai, elle se troubla.
-Matt a déjeuné, il joue dans sa chambre, m'annonça-t-elle.
-D'accord, dis-je en m'asseyant.
-Je te préviens il n'est pas très content de rester ici.
J'opinai. Je n'avais pas envie qu'elle parte, me rappelant la nuit sereine que j'avais passé près d'elle. Je passai des doigts légers dans ses cheveux, me demandant pourquoi elle les avait coupés. Elle amorça un geste vers moi, se ravisa.
-J'y vais, à ce soir.
Elle s'en alla. J'étais frustré, je m'en rendis enfin compte. C'était d'autant plus difficile qu'elle-même se refusait à faire un geste vers moi alors qu'elle le désirait, je le voyais.
Je me recentrai sur Matt, cherchai comment l'aborder. J'étais complètement démuni face à son indifférence. Je pris une douche, me rasai, me préparai. Je frappai à la porte de sa chambre et entrai. Il jouait avec des Gi Joe, des tanks et des armes : des jeux de guerre, comme beaucoup de garçons de son âge. Ils étaient défraichis.
-J'avais les mêmes, lui confiai-je.
-C'est papi qui me les as donnés, se justifia-t-il sèchement en continuant à jouer.
Je m'assis au sol face à lui, étudiant sa façon de procéder. Je lui prodiguai quelques conseils qu'il considéra étonnamment avec attention, et déplaçai l'un de ses gars en avant.
-Tu dois toujours couvrir ton binôme.
Voyant qu'il ne comprenait pas je l'éclairai. Il approuva, concentré.
-Pas de dispersion, ni de déploiement anarchique, continuai-je, en rassemblant les Gi Joe, le groupe doit rester soudé face à l'ennemi qui approche, expliquai-je en lui montrant les petites figurines qu'il avait disposé à l'avant, bloquant le tank.
-On part ensemble, on revient ensemble.
Cette phrase si souvent répétée, était gravée au fer rouge dans mon esprit. Comme cette scène d'embuscade où j'avais mené mes frères à la mort en détruisant la cohésion de notre unité. Le bruit de l'explosion me vrilla les tympans, les cris, la fumée, le stress, le trou noir…
-Papa ?
Je revins vers lui, reprit contenance. Il était mal.
-J'ai fait des erreurs et mes amis sont morts là-bas, lui confiai-je sans réfléchir encore sous le coup de mes souvenirs.
-C'est pour ça que tu es triste ? Sembla-t-il réaliser.
-Oui.
-Tu penses à eux ?
-Oui. Moi je suis là et pas eux. Ça m'empêche de me sentir bien.
-Tu seras toujours triste alors. Constata-t-il.
-J'essaie d'améliorer ça, j'ai vu un docteur qui m'aide un peu mais c'est près de toi et de maman que j'irai mieux.
-Pourquoi tu es resté chez papi, je comprends toujours pas ? Me demanda-t-il de nouveau.
-Je n'acceptais pas que maman puisse aimer une autre personne que moi.
-Et moi ?
-Toi ?
-Tu es triste parce que j'aime Edward ?
Je n'avais pas envie de répondre à ça, je n'avais même pas envie d'y penser.
-Je dois plus le voir, c'est ça ? Se désola-t-il.
Oui, pensais-je, colérique.
-Je n'ai pas dit ça.
Je regrettais déjà mes paroles.
-Je vais en parler avec maman.
-Et vous disputer encore ?
-Non, nous avons déjà réglé ce problème, mentis-je.
Il continua à jouer, silencieux. Il n'était pas dupe.
-J'avais dans l'idée de monter une cabane dans le jardin, ça te dit ?
Il s'anima.
-Va prendre ta douche, on va faire des courses. Pendant que tu te prépares, je vais passer un coup de tondeuse pour rafraichir le jardin.
Je me levai. Il rangea ses jouets dans un carton qu'il glissa sous son armoire.
-Maman n'aime pas que je joue à ça, se justifia-t-il.
Je ne lui précisai pas qu'elle savait forcément ce qu'il y avait dans ce carton.
-Je pense qu'elle n'y verra plus d'inconvénient maintenant. Je lui en toucherai un mot.
-Tu vas rester cette fois ? Me demanda-t-il en se redressant à son tour.
C'était une question de père à fils, il me faisait face avec un air grave, ses yeux noirs me passaient au scan, prêt à détecter tout mensonge.
-Oui, je ne pars plus nulle part.
OoooO
Dans le magasin de bricolage, nous avions choisi tous les deux les matériaux. Cette seule action de sortir dans un magasin avec lui m'avait rappelé ce qu'était le bonheur. C'était si simple, revigorant, éliminant pendant un instant la noirceur du monde. Nous nous étions faufilés dans les rayons, incognito, il m'avait posé plein de questions, comme moi au même âge avec mon père. Il avait lui aussi prit le temps de me construire un cabane dans notre jardin, quand notre vie était heureuse, avant que ma mère ne meure.
Nous étions dans le jardin, le ciel était couvert, je craignais qu'il ne pleuve mais j'étais trop heureux de construire cette cabane avec Matt. Je galérais un peu, un peu malhabile avec mes doigts parfois engourdis mais on progressait. Nous faisions une pause casse-croute quand Bella téléphona.
-On a discuté, ça va pour l'instant.
-Vous comptez sortir ?
-Non, on a des choses à faire, éludai-je.
Le soir en rentrant, elle nous trouva en train de préparer le diner. Elle y fut sensible et se joignit à nous. Ensuite avant de diner, nous l'emmenâmes voir la cabane, elle n'était pas terminée mais ne payait pas de mine. Elle s'extasia devant, nous félicitant. Sa main glissa dans la mienne, provoquant toutes sortes d'émotions. Je la serrai à mon tour.
-Vous y avez passé toute la journée ?
-Presque.
Nous dinâmes sans tension, écoutant Bella parler de sa journée. Elle exprima son inquiétude à propos de Leah, accentuant le mien.
-Elle ne répond à aucun de mes messages. Je vais aller la voir.
J'acquiesçai, peu convaincu que Leah la reçoive. Elle opérait comme je l'avais fait, se renfermant parce que je l'avais blessée. Si je revenais vers elle, j'avais peur qu'elle l'interprète encore à sa manière, je préférai donc garder mes distances.
Matt alla ensuite regarder des dessins-animés. Bella en profita pour m'entrainer dans la pièce vide que je détestais. Elle alluma la lumière et s'assit en plein centre, les jambes croisées comme pour faire du yoga.
-Viens. Nous avons des choses à nous dire.
-Ici ?
-Ici oui, c'est bien. Décréta-t-elle.
J'appréciai cette assurance qu'elle avait, je la redécouvrais jour après jour comme un renouveau. Je m'assis face à elle, tendu, revivant certains évènements que je voulais oublier. Je fixai sa main nue. Je tendis la mienne vers la sienne, effleurant son annulaire vide. Elle suivit mon geste de son autre main couvrant la mienne.
-On ne peut pas revenir en arrière, dit-elle.
-Je sais.
-La question est : peux-tu accepter la situation ?
-Il est déjà difficile de penser que tu aies pu être dans les bras d'un autre mais je crois que mes doutes sont liés à cet amour que tu lui portes.
-Je ne peux rien y faire. C'est là en moi. C'est ce qui fait de moi ce que je suis mais j'ai fait un choix, je ne vais pas encore te réexpliquer mes raisons. Tu les connais. Je peux vivre sans lui mais je ne peux vivre sans toi. C'est difficile pour moi de te dire tout ça, d'avoir à me justifier alors que mon amour est si transparent. Je t'en veux de ne pas le comprendre. Je t'en veux aussi de ce que tu as fait subir à ton fils.
Silence.
-Tu es parvenu à t'entendre avec Matt, pourquoi tu ne le fais pas avec moi ?
Silence.
-Ne te mure pas dans ton silence habituel où cette fois c'est moi qui m'en vais.
-Je ne veux plus de disputes, cédai-je, ni de tensions, ni de rancune à propos de tout ça. Je sais que je dois vivre avec l'idée qu'il tournera toujours autour de vous…
-Mais…
-Mais je crains de ne pas me contrôler si je tombe sur lui et le fait que Matt veuille encore le voir me rend hargneux.
Elle soupira.
-Nous trouverons un moyen de gérer cela mais tu dois me faire confiance comme je dois te faire confiance.
-Crois-tu que nous y arriverons ?
-Nos erreurs sont là, elles doivent nous servir pas nous ralentir.
-Je suis d'accord.
Je devais lui accorder ma confiance et obtenir la sienne…
-J'espère que tu pourras me dire ce qui te ronge Jacob. Ainsi je pourrai t'aider et nous pourrons repartir de zéro.
OoooO
Le lendemain matin, Bella me trouva auprès de Matt. Il était brûlant de fièvre. Je l'avais entendu dans la nuit et lui avait donné du paracétamol mais la fièvre revenait.
-J'ai déjà appelé le médecin, il arrive dans un moment.
Elle opina.
-C'est sûrement à cause d'hier, quand on a passé toute l'après-midi dans le jardin, me culpabilisai-je.
-Peut-être. On verra ce que le médecin dira.
-Non, tu vas bosser, je m'occupe de lui, ne t'inquiète pas.
Elle expira un grand coup et acquiesça. Elle le câlina, et partit se préparer. Dès qu'elle fut sur le départ elle eut du mal à nous quitter. Le médecin arriva une heure plus tard. Il diagnostiqua une angine.
-Il y a une épidémie en ce moment. Il doit rester à la maison jusqu'à la fin de la semaine.
Il me donna une ordonnance et je réglai la consultation. Comment allai-je pouvoir chercher les médicaments ?
-Il y a une pharmacie en ville qui fait des livraisons, me révéla-t-il.
Il me fila le numéro, je le remerciai.
Il ne fut pas aisé de lui faire avaler le traitement. Je le veillai, soucieux. S'il était à l'agonie ce matin, il pétait le feu en fin d'après-midi. Par contre, il ne mangeait pas grand chose, je ne m'en formalisai pas, l'essentiel était qu'il s'hydrate.
Bella m'avait appelé toute la journée. J'avais fini par m'agacer.
-Papa ! Cria subitement Matt que j'avais autorisé à jouer à son jeu favori sur la console du salon.
Je fis un bond, m'élançai à sa rencontre.
-Ma dent, elle est tombée !
Il exhiba son trophée sanguinolent. Je lui souris participant à sa liesse.
-On va chercher une petite boite et la mettre sous ton oreiller.
Le fixe sonna régulièrement, mon père, Alice, une certaine Rosalie.
-C'est ma nounou quand j'étais à la maternelle, m'éclaira-t-il.
Bella avait affolé tout le monde…
Le soir, elle rentra plus tôt et elle le colla comme une sangsue. Il fit mine de s'agacer mais il appréciait. Il lui parla de sa dent, espérant que la Fée serait généreuse, et ce fut le cas…
OoooO
Tout doucement les jours passaient, les choses rentraient dans l'ordre. Je dormais mieux, je mangeais mieux, j'étais plus disponible affectivement. Matt aimait que je vienne le chercher à l'école, que je lui apprenne à jouer au basket, que l'on campe dans la cabane que j'avais enfin terminée. Je le couvrais comme un esquimau, il râlait à n'en plus finir.
Je continuai mes séances avec le Dr Moore et parvins à obtenir une copie du rapport médical que je lui avais demandé de récupérer pour moi. J'eus aussi un entretien avec le Commandant. Nous eûmes une conversation instructive, me laissant entrevoir des possibilités de reclassement.
-Je vais en parler avec ma femme. S'il faut déménager…
Le soir même, j'attendis que Matt soit au lit et lui en fis part. Elle parcourut le rapport, son expression se modifiant à mesure qu'elle le parcourait.
-Qu'est-ce que tu vas faire ?
-J'ai une possibilité de diriger une unité d'entrainement mais il faudrait qu'on déménage car je ne veux plus rester loin de vous.
Elle se figea.
-C'est ce que tu veux ? C'est vraiment ce que tu souhaites ?
-Je n'ai encore rien décidé mais ce serait une bonne opportunité.
-Quelle que soit ta décision on te suivra.
Ça lui coutait c'était évident.
-On pourrait tout recommencer là bas, lui expliquai-je. Et financièrement ce serait mieux.
-Est-ce la vraie raison ? Ou cherches-tu simplement à nous éloigner ?
-Ce n'est pas exclu, avouai-je.
Je voulais les éloigner de lui, sans compter Leah. J'hésitais à aborder le sujet avec Bella la concernant car je serai forcé de lui parler de Sam et je n'étais pas prêt. J'appréhendais sa réaction aussi.
-Ta raison de partir doit être professionnelle, sinon ne nous oblige pas à quitter notre foyer, nos amis, notre ville, conclut-elle en se levant du canapé.
Elle s'en alla dans notre chambre. Je réfléchissais à ses paroles. Elle avait raison…
Il se passa une heure, je regardai la télé, évitant les journaux télévisés, sans vraiment la voir. Je finis par l'éteindre, prêt à aller me coucher. Bella sortit de la chambre pour aller dans la cuisine.
-Je croyais que tu dormais ?
-Je vais prendre un verre d'eau.
J'hésitai du coup à aller dormir. Cela devenait de plus en plus difficile de rester près d'elle sans avoir envie de la toucher. Je me rappelai la dernière fois, ne voulait pas reproduire le même schéma et je ne savais pas comment lui en parler. Elle ressortit de la cuisine, me trouva toujours planté au milieu du salon. Elle vint vers moi, m'interrogea du regard, se troubla.
-D'accord, dit-elle simplement.
Elle éteignit les lumières, ferma la porte qu'elle ne fermait jamais et se déshabilla, j'étais submergé par une envie féroce. Elle se positionna sous mon œil étonné dans l'angle de meuble tv et attendit.
-Tu ne préfères pas…
-Non, ici et maintenant ! Exigea-t-elle.
Je m'exécutai, ôtai mes habits à mon tour, dans un brouillard de désir et la rejoignis. Je lui pris le visage dans mes mains pour l'embrasser, elle résista mais je persistai et elle me le rendit avec passion. Je tentai de rester calme, cherchant à être plus doux mais je n'y arrivais pas. Je fis la même erreur, enivré par son odeur, je rentrai en force et je la malmenai sans relâche, comme possédé. Elle s'en accommodait, gémissante, plantant ses ongles dans mon dos. Elle se cambra brusquement et m'emporta avec elle…
Je cherchai son regard, anxieux, y plongeait. Les secondes s'étirèrent.
-Je ne voulais pas ça, dis-je finalement.
-Je sais ce que tu veux, je veux la même chose. Et on l'aura quand on se fera confiance à nouveau…
OoooO
Je ne savais pas quoi décider. Les jours passaient, je sentais ma détermination diminuer. J'avais rencontré les amis de Matt, j'étais aussi allé à une réunion parents/professeur, je m'immergeai dans son univers quotidien.
Bella invita Alice et son mari (je n'en revenais toujours pas qu'elle soit mariée) et cette fois, je pris le temps de lui parler, de prendre de ses nouvelles. Je remarquai aussi la réserve de sa moitié.
-Il est un ami proche de mon frère, il ne se sent pas très à l'aise ici, me confia-t-elle.
-Ce n'est pas ce que je constate, répliquai-je, voyant Bella à ses côtés, riant aux éclats.
Elle suivit mon regard, sourit en les voyant.
-Ils se sont vite entendus quand je les ai présentés. Jasper est très taquin et Bella a fini par apprendre à avoir du répondant face à lui.
La voyant si épanouie, cela finit de me décourager de partir. Ses amis, son travail lui manquerait.
-J'avais prévu de partir loin d'ici avec eux, soupirai-je.
-Je sais, Bella me l'a dit.
Je n'en fus pas surpris.
-Et tu lui as dis je suppose.
Elle comprit à qui je faisais allusion.
-Je…
Elle rougit.
-Tu n'as pas besoin de partir, dit-elle enfin, il n'est pas une menace, il a tourné la page.
-Quand je l'ai vu il n'avait pas l'air de quelqu'un qui avait tourné la page.
Elle resta muette.
-Ce n'était pas une passade, il s'était engagé auprès d'elle.
-Oui mais tu es là maintenant, Bella t'aime, il le sait.
-Tu parles en son nom ?
-Oui, bien sûr.
-Je préfère lui parler directement. Fais-en-lui part.
POV LEAH CLEARWATER ULEY
Le lendemain
Je me levai aux aurores, pourtant nous étions dimanche mais je n'arrivais plus à dormir. Mes rêves de Sam s'alternaient, remplacés par ceux de Jake. En le quittant la dernière fois, j'étais furieuse. J'avais mal supporté son rejet. Je ne lui demandais pas de m'aimer, juste d'accepter que je sois près de lui. Avec du recul, j'avais compris que ce n'était pas possible. J'étais retombée dans une solitude que même Seth n'avait pu combler. Il avait compris la gravité de la situation et avait voulu voir Jake. Je le lui avais interdit sous peine de le bannir de ma vie.
-Il faut que tu coupes les liens avec lui dans ce cas. Ce sera dur un moment mais tu remonteras comme tu l'as toujours fait.
-Je sais que tu as raison.
J'avais suivis son conseil. J'avais lu tous les mails de Bella et tous ses sms. Elle m'informait de son retour et me remerciait de mon aide. Elle souhaitait que je vienne manger avec eux mais j'avais refusé. J'avais prétexté beaucoup de travail. Un soir que j'avais presque campé au boulot, Seth m'avait prévenue qu'elle était passée. Il était temps que je lui rende visite même si ça me coutait de voir Jake.
J'avais passé la journée du samedi avec Seth car il partait le lendemain. Il m'avait emmenée trainer dans Chinatown et Little Italy où l'on s'était enfilé une plâtrée de spaghetti. Il avait voulu m'emmener voir le dernier Batman encore à l'affiche mais on avait fait demi-tour en tombant sur la petite famille. De tous les cinémas fallait qu'ils aient choisi celui-là ! Les voir si unis m'avait cassé le moral. Je les enviais tellement.
-Viens, rentrons ! M'avait proposé Seth me voyant mal en point.
Je descendis à la cuisine, Seth déjeunait rapidement, sur le départ. Il fut surpris de me trouver debout.
-Je voulais te dire au revoir.
-Tu sais que je n'aime pas les adieux, marmonna-t-il.
-Je sais mais j'en avais besoin. Tu vas me manquer, dis-je en l'étreignant, mélancolique.
Il s'alarma, peu habitué à me voir pleurer, même à la mort de Sam je n'avais pas été démonstrative.
-Leah, reprends-toi sinon je vais m'inquiéter et ça c'est pas cool.
Je ravalai mon mal être et lui offris un sourire lui montrant tout l'amour que j'avais pour lui. Il se détendit.
-J'aime mieux ça. Je dois y aller maintenant.
Il prit son paquetage et partit en trombe, c'était sa façon de procéder mais dans sa voiture, il me jeta un dernier coup d'œil. Il était triste.
OoooO
Je me trouvai face à la porte de leur maison. A peine Seth partit, j'avais été me laver et j'avais filé chez Bella. J'étais stressée. Je ne savais pas ce que j'allais lui dire, espérant que ce soit elle qui vienne m'ouvrir. Raté…
-Leah, dit simplement Jake, étonné de me trouver sur le pas de sa porte.
-Je suis venue voir Bella.
-Elle dort, il est tôt et on est sorti hier voir un match des Bulls.
-Contre qui ?
-Lakers.
-L'équipe préférée de Sam, ne pus-je m'empêcher de préciser.
-Je sais.
Silence.
-Tu me laisses sur le perron ?
-Non, viens, entre.
Je n'étais pas à l'aise. Je me rappelai de notre dernière entrevue.
-Toujours fâchée contre moi ? Me demanda-t-il.
Je le suivis au salon.
-Non, mais j'ai pris mes distances parce que te voir me fais souffrir.
Déstabilisé par ma franchise, il se tut. Je pris place à ses côtés sur le canapé.
-Matt dort aussi ?
-Oui, on s'est couché tard hier soir, après le match, on a été au cinéma.
-Ça à l'air d'aller entre vous.
-J'essaie de me rattraper. Tu as bien fait de venir me secouer un peu, Matt avait besoin de moi. Bella aussi m'a passé un savon.
-Elle était furax quand j'étais passée la voir avant de débarquer chez toi.
-C'est bien elle qui t'avais envoyé alors ?
-C'était qu'un prétexte pour te voir.
-Leah…
-Non, je ne veux rien entendre Jake. Tu es rentré, c'est le principal, mentis-je. Occupe-toi bien de ton fils.
Je me levai déjà pour partir.
-Tu veux un café ? Me proposa-t-il subitement.
-Garde ta pitié, grognai-je.
-Ne dis pas n'importe quoi ! S'agaça-t-il fortement.
-Ok, pas la peine de t'énerver.
Dans la cuisine, je pris place tandis qu'il me servait une tasse.
-Comment tu as su que j'étais rentré ?
-Bella.
-Pourquoi tu ne répondais pas à ses messages ?
-A ton avis ?
Silence. J'en profitai pour boire mon café.
-Je sais qu'elle s'inquiète mais je ne peux pas la côtoyer comme avant.
-Elle finira par savoir pourquoi.
-Non, je lui dirai rien et toi tu gardes ça pour toi aussi.
-Non, je ne vais pas lui mentir.
-Ce n'est pas un mensonge puisqu'il ne se passe rien.
-Leah…je suis désolé, comment on a pu en arriver là ?
-Changeons de sujet, tu veux.
Silence.
-Seth est reparti ce matin aux aurores, lui confiai-je.
Je m'attristai de nouveau.
-Je suis à nouveau seule.
-Non, tu ne l'es pas.
C'était sortit du fond de son cœur, j'en étais persuadée. Pourquoi avait-il tant à cœur mon bien-être ? Sa sollicitude n'avait fait qu'accentuer ma confusion et je me sentais déjà replonger et piquer un sprint vers lui.
-J'y vais cette fois.
-Tu ne veux pas attendre Bella ?
-Non, dis-lui que je suis passée.
Il me raccompagna, soucieux. Je franchis le seuil et lui fis face une dernière fois essayant de cacher ma détresse.
-Ça va aller ? Me demanda-t-il, désemparé.
-Non, dis-je brusquement en l'étreignant avec force.
Il ne me repoussa pas. Je l'en remerciai mentalement. Je ne l'aurais pas supporté. Je me redressai enfin, lui pris le visage entre les mains, me laissant porter par un élan irrépressible et l'embrassai. Il se raidit instantanément, me laissant même pas profiter de la douceur de ses lèvres et me repoussa sans violence mais avec fermeté. J'étais mortifiée, je retins mes larmes par fierté mais avant de ne pouvoir dire quoi que ce soit, j'entendis la voix de Bella.
-Quelqu'un peut me dire ce qui se passe ! S'exclama-t-elle, les yeux flamboyant.
Je fis un bond, comme Jake qui fit volte-face. Elle nous observa tour à tour et eut la même réaction que moi jadis, elle me repoussa violemment hors de chez elle, furieuse. Je manquai de m'étaler. Elle levait déjà la main pour m'en mettre une mais Jake l'en empêcha.
-Tu es censé être mon amie, pourquoi fais-tu ça Leah ! Cria-t-elle.
Jake tentai de la faire rentrer. Je m'éloignai pour ne pas continuer à entendre ses paroles blessantes. Je savais que j'étais allée trop loin. Mais le plus atroce était que j'avais beau me persuader que j'étais en tord, je ne regrettais qu'une seul chose, j'allais le perdre…
Evitez de me maudire de couper à ce moment là !
La deuxième partie arrive dans quelques temps, je planche sur mon autre fic.
Donc patience…
